9 mai : suivez le transit de Mercure devant le Soleil

Le 9 mai vous pourrez observer pendant un peu plus de 7 heures le transit de Mercure devant le Soleil en prenant un certain nombre de précautions.

Le lundi après-midi 9 mai vous serez sans doute très nombreux à suivre l’un des rares passages de Mercure entre la Terre et le Soleil (on compte entre 13 et 14 transits de Mercure par siècle). Ce sera l’occasion d’admirer avec un filtre le petit point noir de la première planète du Système solaire devant le disque éclatant de notre étoile, un spectacle qui nous rappellera le transit de Vénus du 6 juin 2012.

En vidéo : revivez le transit de Vénus du 6 juin 2012

Mercure et Vénus circulant entre la Terre et le Soleil, il leur arrive de passer devant notre étoile. Si elles orbitaient autour du Soleil dans le même plan que la Terre, le plan de l’écliptique, nous assisterions à un transit lors de chaque conjonction inférieure, soit tous les 116 jours dans le cas de Mercure.

Mais en raison de l’inclinaison de leurs orbites les transits sont plus rares. Le dernier transit de Mercure visible en Europe a eu lieu le 7 mai 2003 et le prochain se produira le 11 novembre 2019.

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En France métropolitaine le  transit de Mercure du 9 mai 2016 débutera à 13 h 15 et s’achèvera aux alentours de 20 h 40 (heures locales). Remarquez comme notre pays est bien placé sur la carte de visibilité proposée par l’IMCCE. Mercure représentera un point noir environ 160 fois plus petit que le disque solaire qu’un montage de Pete Lawrence permet de comparer à la tache  AR 2529.

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Un deuxième satellite pour l’astéroïde (130) Électre

Le Very Large Telescope a permis de dénicher un second satellite autour de l’astéroïde (130) Électre, un morceau qui se serait détaché.

(130) Électre circule dans la ceinture principale d’astéroïdes, un ensemble de petits corps qui orbitent entre les planètes Mars et Jupiter. (130) Électre  a été repéré le 17 février 1873 par l’astronome américain Christian Peters (1813-1890), un des premiers chasseurs d’astéroïdes avec 48 découvertes à son actif en un peu moins de trois décennies.

En vidéo : la NASA projette de capturer un astéroïde pour le mettre en orbite lunaire

Une équipe internationale d’astronomes conduite par Bin Yang a utilisé au mois de décembre 2014 l’un d’un télescopes géants de l’ESO (Melipal, l’un des 4 réflecteurs de 8,2 m qui constituent le VLT) pour étudier (130) Électre.

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Représentation d’artiste d’un astéroïde triple comme (130) Électre 

Melipal est équipé de l’instrument SPHERE (Spectro Polarimetric High contrast Exoplanet REsearch), lequel a été conçu pour fournir directement des images des planètes extrasolaires ainsi que leurs caractéristiques spectrales et colorimétriques.

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Ces observations (dont les résultats sont présentés sur arXiv) ont d’abord permis de préciser la taille de (130) Électre (197 ± 20 km) et de S/2003 (130) 1, un petit satellite de 6.0 ± 1.5 km qui avait été détecté y a 13 ans par le télescope Keck II. L’équipe de Bin Yang a également découvert un second satellite (qui a été baptisé S/2014 (130) 1) dont la taille est estimée à 2.0 ± 1.5 km. Continuer la lecture

Voie lactée au-dessus des nuages depuis l’île de La Palma

Au sommet de l’île de La Palma, la Voie lactée est splendide. Un point de vue unique qui accueille l’un des plus grands télescopes au monde.

L’archipel des Canaries se compose de sept îles d’origine volcanique dans l’océan Atlantique à 150 kilomètres des côtes du Maroc. Deux îles ont les faveurs des astronomes : l’île de Ténérife avec l’Observatoire du Teide et l’île de La Palma avec l’Observatoire du Roque de Los Muchachos. Ces deux observatoires, gérés par l’Institut d’astrophysique des Canaries, bénéficient du ciel le plus pur de l’hémisphère nord à 2400 m d’altitude, loin de toute pollution lumineuse.

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L’Observatoire du Roque de Los Muchachos, qui héberge le Gran Tecan (un télescope de 10,4 m de diamètre que je vous invite à découvrir dans ce diaporama), est adossé à la caldeira vertigineuse de Taburiente qui constitue les restes d’un stratovolcan en partie effondré côté sud-ouest.

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Le miroir du JWST se dévoile lentement

Les ingénieurs de la NASA sont en train de découvrir l’un après l’autre les dix-huit segments du miroir principal du JWST (James Webb Space Telescope).

Successeur du télescope spatial Hubble, le James Webb Space Telescope (nommé en hommage à James Edwin Webb, administrateur de la NASA entre 1961 et 1968) est un instrument qui sera doté d’un miroir de 6,5 m de diamètre. Il doit être lancé en octobre 2018 par une fusée Ariane 5 depuis le centre spatial guyanais de Kourou.

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L’assemblage du télescope se poursuit dans la salle blanche géante du Goddard Space Flight Center à Greenbelt dans le Maryland. La monture du télescope est opérationnelle et le module ISIM (Integrated Science Instrument Module) qui regroupe les principaux instruments destinés à la bonne marche du télescope (caméra infrarouge, spectromètre, capteurs de guidage..) a été testé dans une enceinte à -254° C destinée à reproduire les conditions que subira le télescope dans l’espace.

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Pour réaliser un miroir principal deux fois et demie plus large que celui du télescope spatial Hubble (soit 6,5 mètres de diamètre) sans qu’il soit plus lourd, les ingénieurs de la NASA on choisi d’utiliser du béryllium, un des métaux les plus légers au monde, dont les propriétés thermiques et mécaniques sont adaptées aux températures cryogéniques (- 223 °C) qui seront nécessaires pour que le JWST puisse également observer dans l’infrarouge et surpasse l’observatoire spatial Herschel de l’ESA. Continuer la lecture

La constellation du Scorpion se dévoile depuis Cassis

Il faut se rendre au bord de la mer Méditerranée pour pouvoir admirer la totalité de la constellation du Scorpion avant le lever du jour.

Dans la mythologie grecque le scorpion est l’animal qui piqua et tua le vaniteux chasseur Orion. Les deux ont ensuite été placés à l’opposé dans le ciel pour ne jamais se rencontrer : la constellation du Scorpion se lève quand la constellation d’Orion se couche.

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La constellation du Scorpion est une constellation du zodiaque située dans l’hémisphère sud que le Soleil traverse du 23 octobre au 29 novembre. Elle est placée entre la Balance à l’OUEST et le Sagittaire à l’EST.

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Elle compte 171 étoiles dont 13 ont une magnitude supérieure à 3 et sont donc aussi brillantes que les sept étoiles de la Grande Ourse. Mais le Scorpion est moins célèbre car aux latitudes moyennes d’Europe il rase l’horizon et sa queue n’est pas visible au-dessus de 45° de latitude NORD.

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En vidéo : AR 2529 se couche derrière la plateforme Troll A

Le 12 avril dernier un photographe a saisi le coucher du Soleil et de la tache AR 2529 derrière la plateforme Troll A dans la mer du Nord.

AR 2529 est une belle tache solaire en forme de cœur que je vous avais invité à suivre il y a quelques jours. Elle a été visible sur le Soleil entre le 9 et le 20 avril avant que la rotation de notre étoile ne la rende invisible à nos yeux.

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Comme de nombreux photographes, Roar Inge Hansen a voulu immortaliser AR 2529. Le 12 avril il est monté à 477 m d’altitude sur le Løvstakken, l’un des sept sommets qui entourent Bergen, une ville du SUD-OUEST de la Norvège.

Depuis ce belvédère il pouvait apercevoir à 95 km de distance la plateforme Troll A derrière laquelle s’est couché le Soleil (on assiste d’ailleurs à plusieurs mirages avant la disparition complète de notre étoile), un spectacle qu’il a pu filmer.  Continuer la lecture

Le 22 avril admirez la Pleine Lune des poissons

Quatrième Pleine Lune de l’année, la Pleine Lune des poissons est aussi la plus petite de l’année 2016 avec un diamètre apparent de 29,4 minutes d’arc.

Comme la Lune tourne autour de la Terre sur une orbite elliptique, sa distance n’est jamais la même. Au plus loin (c’est l’apogée), la Lune est à plus de 406.000 km de nous alors qu’au plus près (c’est le périgée) sa distance n’est plus que de 356.400 km.  Ces variations de distance se traduisent par un diamètre lunaire apparent qui va de de 29,4 à 33,5 minutes d’arc.

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En 2016 la Pleine Lune la plus proche de l’apogée est celle du 22 avril, appelée Pleine Lune des poissons, Pleine Lune de l’œuf ou Pleine Lune rose. La Pleine Lune la plus proche du périgée, la Super Lune, aura lieu le 14 novembre 2016 avec un diamètre apparent de 33,52 minutes d’arc. Même si la Pleine Lune des poissons 2016 aura subi une sérieuse cure d’amincissement d’environ 14% par rapport à la Super Lune du 14 novembre prochain, ce n’est pas une raison pour la négliger !   Continuer la lecture

Encelade et Janus au-dessus des anneaux de Saturne

La sonde Cassini se trouvait à un peu plus d’un million de km de Saturne quand elle a photographié les satellites Encelade et Janus.

Cassini, la sonde américaine qui a commencé à explorer Saturne et sa banlieue en 2004, nous offre une nouvelle image de la planète aux anneaux et de deux de ses satellites, Encelade (le plus gros à gauche) et Janus (dont la luminosité a été rehaussée d’un facteur 2 pour qu’il apparaisse sur la photo).

En vidéo : un sous-marin sur Titan, dans les profondeurs du lac Kraken Mare

Encelade (505 km de diamètre) a été découvert par l’astronome germano-britannique William Herschel en 1789. Ce satellite intrigue beaucoup les astronomes depuis qu’on a découvert il y a une dizaine d’années que sa croûte glacée laissait échapper des geysers composés de vapeur d’eau et de matière organique. Les scientifiques en sont arrivés à la conclusion qu’Encelade abrite un océan global sous une banquise épaisse de 30 à 40 km.

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Janus n’a été découvert qu’à la fin de l’année 1966 par l’astronome français Audouin Dollfus (1924-2010) en utilisant le télescope de 1m de l’Observatoire du Pic du Midi lors d’un des rares passages de la Terre dans le plan des anneaux de Saturne : vus par la tranche, les anneaux disparaissent presque complètement à cette époque et les plus petits satellites comme Janus (une pomme de terre de 194×190×154 km) deviennent repérables. Continuer la lecture

Escalade nocturne sous la Voie lactée dans le Tyrol

Le photographe Nicholas Roemmelt a réalisé une très belle composition nocturne sous la Voie lactée depuis une via ferrata dans le Tyrol.

Nicholas Roemmelt est un photographe patient qui a attendu un an pour réaliser une image qu’il avait en tête. C’est seulement au mois d’avril que la Voie lactée est bien orientée par rapport à un superbe point de vue sur une cascade et la vallée depuis la via ferrata surnommée « Lehner Wassefall » dans le Tyrol, cette région de l’Autriche où le massif alpin offre de magnifiques randonnées.

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Lorsque la météo a annoncé du beau temps durable il y est revenu en milieu de nuit avec sa femme Christina qui a accepté de réaliser cette randonnée sportive nocturne avant de jouer les alpinistes pour cette image. L’appareil photo attaché sur une étroite paroi, le couple a cru que l’expédition allait tourner court quand des nuages ont envahi le ciel. Continuer la lecture

Clair de Lune sur le pont des Arvaux

Voici une image réalisée dans la soirée du 18 avril avec la Lune gibbeuse et la planète Jupiter photographiées depuis le pont des Arvaux en Bourgogne.

Le pont des Arvaux est un petit aqueduc construit entre 1212 et 1221 par les moines pour approvisionner en eau l’abbaye de Cîteaux. Les moines décidèrent de creuser un canal d’une dizaine de kilomètres pour amener l’eau d’une petite rivière, la Sansfond. La construction du pont des Arvaux s’avéra indispensable pour que le canal puisse franchir une autre rivière, la Varaude, à la hauteur de la commune de Noiron-sous-Gevrey. Très abîmé, le pont a été restauré en 1746.

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l’image ci-dessus (30 sec de pose à 800 iso avec un objectif de 12 mm de focale résultante) a été réalisée dans la soirée du 18 avril, soit 4 jours avant la Pleine Lune. Continuer la lecture

En vidéo : Skylight, un hommage à la beauté du ciel

Avec Skylight, le photographe Chris Pritchard vient de réaliser une superbe vidéo qui nous permet d’apprécier la beauté du ciel, de jour comme de nuit.

Skylight, c’est un peu le film de tous les superlatifs : plus de 5 années de prises de vues, des milliers d’images qui représentent 36 heures de vidéo résumées en 3 min grâce à la technique du time-lapse, 42 lieux de tournage, la plupart aux États-Unis mais également en Australie, en Nouvelle-Zélande, à Tokyo ou encore Singapour.

Comme le dit Chris Pritchard, qu’on habite en ville ou à la campagne, quel que soit notre mode de vie, nous partageons tous le même ciel. Même si nous n’y voyons pas la même chose depuis le centre d’une mégapole ou au cœur d’un désert, le ciel a le pouvoir d’élargir notre horizon en nous révélant des merveilles dans notre atmosphère et beaucoup plus loin.

Contrairement à d’autres vidéos comme Scintillaris ou encore Mount Fuji, Skylight nous montre également la beauté de  la danse des nuages dans le ciel nocturne (comme c’est un peu le cas dans Yikáísdáhá) ainsi que les effets de la pollution lumineuse qui masque aux citadins la plus grande partie du ciel étoilé.

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Le volcan de Fuego en éruption sous la Voie lactée

Vu de nuit sous les étoiles, l’un des volcans les plus actifs d’Amérique centrale, le volcan de Fuego au Guatemala, est particulièrement photogénique.  

C’est un géant qui ne s’endort jamais ; culminant à 3763 m d’altitude dans la Sierra Madre de Chiapas (une chaîne montagneuse qui borde le Mexique, le Guatemala, le Salvador et le Honduras), le volcan de Fuego est entré 15 fois en éruption l’an passé et déjà 5 fois depuis le début de l’année 2016.

En vidéo : quels sont les différents types d’éruptions volcaniques ?

Sa plus grosse éruption depuis 35 ans a eu lieu le 8 février 2015 avec des colonnes de cendres jusqu’à 5.000 m d’altitude qui ont nécessité la fermeture de l’aéroport de Guatemala, la capitale située à une cinquantaine de km, et de plusieurs écoles, alors que les villes et les plantations de café aux alentours se retrouvaient sous une épaisse couche de cendres.

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Cette superbe image nocturne a été réalisée le 18 mars par le photographe Jonathan Schiralli. Le volcan connaissait alors une activité éruptive de type strombolienne avec de fortes explosions (accompagnées de secousses sismiques ressenties jusqu’à une quinzaine de km), un panache de fumée et plusieurs coulées de lave.

Situé à moins de 15° au nord de l’équateur, le Guatemala permet d’admirer la plupart des constellations de l’hémisphère sud. La Voie lactée se déploie au-dessus de la Sierra Madre de Chiapas loin de toute pollution lumineuse. Les lumières que l’on devine au loin sous les nuages sont celles des villes situées dans la plaine.

Sur la planète Mars, le vent fait son œuvre

La caméra de la sonde spatiale Mars Reconnaissance Orbiter (MRO) a saisi une nouvelle preuve du travail du vent à la surface de la planète Mars.

On sait depuis bien longtemps que les vents soufflent sur la Planète rouge. Depuis que les télescopes terrestres sont assez puissants pour observer les grands reliefs martiens, les astronomes ont assisté à plusieurs tempêtes suffisamment importantes pour soulever d’importantes quantités de poussières et masquer les paysages durant plusieurs semaines sur Mars. En 1971 une tempête se produisit lors de l’arrivée en orbite martienne de Mariner 9, obligeant la NASA à retarder le travail cartographique assigné à la sonde.

En vidéo : MRO, 10 ans d’images sublimes de la Planète rouge

En plus de ces tempêtes spectaculaires il existe une grande variété de vents qui façonnent lentement le relief de la planète Mars. Les planétologues ont d’abord pensé que la visualisation de ces manifestations éoliennes demanderait du temps et se révélerait en comparant des images prises à plusieurs années d’intervalle. Ils ont découvert une action bien plus rapide ; des vents sont capables de nettoyer en quelques semaines la poussière déposée sur les panneaux solaires des astromobiles comme Spirit ou Opportunity et même d’effacer en moins d’un mois leurs empreintes de roues !

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L’image ci-dessus, présentée sur le blog de Lori Fenton, a été obtenue grâce à la caméra HiRISE installée à bord de l’orbiteur MRO. Ce cliché nous montre comment le vent (venant de la droite de l’image) a recouvert de sable une zone entourant un dôme conique d’environ 1400 mètres de diamètre, laissant à découvert une bande de terrain cratérisée protégée du vent par cette colline.

Exoplanètes : des indices sur un spectre stellaire de 1917

En examinant un spectre de l’étoile de van Maanen pris en 1917, un chercheur a découvert des indices en faveur de l’existence d’exoplanètes. 

Le 6 octobre 1995 les chercheurs suisses Michel Mayor et Didier Queloz découvraient la première planète extrasolaire, 51 Pegasi b, à l’aide du télescope de 1,93 m de l’Observatoire de Haute-Provence. Mais la première preuve de l’existence d’exoplanètes est peut-être beaucoup plus ancienne.

En vidéo : qu’est-ce qu’une exoplanète ?

En 1917 l’astronome néerlando-américain Adriaan van Maanen (1884 – 1946) découvre dans la constellation des Poissons une naine blanche située à un peu plus de 14 années-lumière du Soleil. Le spectre de cet astre, qui prend le nom d’étoile de van Maanen, est enregistré sur une plaque de verre peu après à l’Observatoire du mont Wilson par Walter Adams (1876 – 1956), l’astronome qui en deviendra le directeur quelques années plus tard.

Ce spectre est archivé comme 250.000 autres plaques et ne revoit le jour que dernièrement à la demande de Jay Farihi (University College of London), un chercheur qui conduit une étude sur les exoplanètes autour des naines blanches (voir sa publication sur Arxiv).

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En examinant le spectre de l’étoile de van Maanen réalisé en 1917, Jay Farihi a la surprise de découvrir deux raies d’absorption (voir ci-dessus) comme on en observe dans les spectres des naines blanches dites « polluées », des astres entourés de vastes anneaux composés de débris planétaires mais également d’astéroïdes (voir par exemple les observations de la naine blanche WD 1145+017 réalisées en 2014 par le télescope spatial Kepler), de comètes et même de planètes. Continuer la lecture

Suivez AR 2529, la belle tache solaire en forme de cœur

Apparue depuis quelques jours, une très grosse tache solaire en forme de cœur numérotée AR 2529 est visible à l’œil nu avec un filtre.

Observée pour la première fois sur le bord de notre étoile le 9 avril, la tache AR 2529 est actuellement surveillée par de nombreux télescopes solaires. C’est d’abord sa taille qui attire l’attention : actuellement cinq fois plus grande que la Terre, AR 2529 est visible sans instrument à l’aide d’un filtre.

En vidéo : de superbes images du Soleil pour fêter les 5 ans du satellite SDO

Si l’horizon est assez absorbant vous la verrez peut-être même au lever ou au coucher du Soleil sans filtre. Mais attention, c’est une observation à tenter uniquement si la lumière solaire est considérablement atténuée et que l’éclat de notre étoile ne vous éblouit pas !

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Notez que depuis le 13 avril cette tache a une jolie forme de cœur qui va sans doute se modifier progressivement.

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Rappelons que les taches solaires (numérotées dans l’ordre d’apparition par la NOAA, National Oceanic and Atmospheric Administration, AR signifiant Active Region) sont des anomalies magnétiques moins chaudes que le reste de la surface du Soleil, ce qui les rend plus sombres. Ces taches sont à l’origine d’éjection de matière solaire dans l’espace qui se traduit sur Terre par de très belles aurores boréales.

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Vous pouvez suivre sans danger l’évolution de la tache AR 2529 sur la page des satellites solaires SOHO (SOlar and Heliospheric Observatory) ou SDO (Solar Dynamics Observatory).

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Clair de Lune dans la calanque de Port-Miou

Le 10 avril en soirée une jeune Lune passait devant l’amas des Hyades au-dessus de la calanque de Port-Miou du côté de Cassis.

La calanque de Port-Miou, située sur la commune de Cassis, abrite un petit port de plaisance et une ancienne carrière qui fut exploitée de 1900 à 1981 : le calcaire y était extrait pour la fabrication de la chaux. Dans cette calanque, la plus orientale des côtes entre Marseille et Cassis, on a découvert une importante source sous-marine dont le débit varie de de 5 à 100 m³/s en fonction de la pluviométrie locale. Il s’agit d’une des plus grandes galeries noyées d’Europe ce qui explique qu’on ne connaisse toujours pas l’origine de ce fleuve souterrain malgré de nombreuses plongées de reconnaissance.

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Le dimanche 10 avril en soirée, 3 jours après la Nouvelle Lune, le jeune croissant se trouvait à proximité d’Aldébaran (juste au-dessus à gauche), occultant au passage plusieurs étoiles de l’amas ouvert des Hyades dans la constellation du Taureau. Continuer la lecture

Un flash Iridium depuis le château de la Tour

Lundi 28 mars en début de soirée j’avais rendez-vous au pied du château de la Tour pour admirer un flash Iridium de magnitude -6.

Si vous observez régulièrement le ciel à l’aube ou au crépuscule, peut-être vous est-il arrivé d’être surpris par un point se déplaçant dans le ciel et dont l’intensité lumineuse croît rapidement avant de diminuer.

Vous avez sans doute assisté à un flash Iridium, du nom de cette armada de satellites de communications dont la mise en service a débuté fin 1998 et qui possèdent trois antennes rectangulaires réfléchissantes. Il arrive que la lumière solaire qui frappe ces panneaux soit renvoyée vers la Terre, produisant un faisceau lumineux d’environ 10 km de diamètre sur le sol. Il suffit de vous trouver dans cette zone pour observer le flash.

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L’image ci-dessus montre un flash Iridium de magnitude -6 photographié dans la soirée du 28 mars depuis le château de la Tour, non loin du château du Clos de Vougeot en Bourgogne.

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Comme les paramètres orbitaux de ces satellites sont parfaitement connus, il est possible de prédire avec précision à la fois l’heure et la luminosité d’un tel événement pour un point quelconque à la surface de la Terre. Continuer la lecture

En vidéo : la lumière zodiacale dans le désert d’Atacama

Une nouvelle vidéo proposée par l’ESO nous explique ce qu’est la lumière zodiacale, cette faible lueur qui se révèle sous le ciel noir du désert d’Atacama. 

L’observation de la lumière zodiacale remonte fort loin ;  le savant et poète persan Omar Khayyam, qui vécut au XIème siècle, l’avait surnommée la main gauche de l’aube. On l’appelle aussi fausse aurore, tant sa forme triangulaire pointée vers le zénith en fin de nuit peut créer la confusion avec l’aube naissante. Mais le phénomène est observable également le soir :

Avant d’aller dormir, nous avons fait ensemble quelques pas sur le sentier qui conduit au cimetière… Maman a dit : « Cette clarté du ciel est la lumière zodiacale, l’été sera long et chaud ». (extrait de l’Âme de l’épervier de Jean Carrière).

La lumière zodiacale est la diffusion de la lumière solaire par la poussière interplanétaire constituée de minuscules grains de glace et de poussière abandonnés par les comètes. Ces particules se concentrent principalement dans le plan de l’écliptique, une bande céleste où l’on trouve le Soleil, la Lune, les planètes et les constellations du zodiaque, d’où son nom. Continuer la lecture

Pleine Lune à Turin derrière la basilique de Superga

Le photographe italien Stefano de Rosa a immortalisé le lever de la Pleine Lune du corbeau avec au premier plan la basilique de Superga.

Distante d’une dizaine de kilomètres du centre de Turin, la basilique de Superga est perchée sur une colline à 670 m d’altitude. Les visiteurs qui y montent (ils peuvent choisir de le faire en empruntant un chemin de fer à crémaillère) découvrent ce chef-d’œuvre de l’architecture baroque dont la construction débuta en 1717 sous la conduite de l’architecte Filippo Juvarra.

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L’édifice était dédié à la Vierge Marie en remerciement après la victoire des armées piémontaises et autrichiennes lors du siège de Turin par l’armée française de Louis XIV. Depuis la basilique on a une vue panoramique sur la ville de Turin et sur le massif des Alpes. Continuer la lecture

252P/Linear, la comète qui a surpris les astronomes

Passée a un peu plus de 5 millions de km de notre planète le 21 mars, la comète 252P Linear a vu son éclat augmenter de 200 fois en quelques jours. 

La comète 252P/Linear est une comète périodique qui a été découverte le 7 avril 2000 dans le cadre du programme Lincoln Near-Earth Asteroid Research (LINEAR) destiné à traquer les astéroïdes qui s’aventurent un peu trop près de la Terre.

En vidéo : Hedgehog, le robot explorateur de comètes

Circulant autour du Soleil sur une orbite elliptique en 5,3 ans, 252P/Linear devait normalement passer discrètement au plus près de nous le jour du printemps avec une magnitude prévisionnelle d’environ 10, nécessitant au moins un bon télescope d’amateur pour l’observer. Mais aux alentours du 19 mars des observateurs l’ont aperçue à l’œil nu sous un ciel dénué de pollution lumineuse. Elle était alors de magnitude 5, ce qui la rendait 200 fois plus brillante que l’éclat qui était attendu.

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Ce n’est pas la première fois qu’une comète déjoue les pronostics et devient beaucoup plus lumineuse. On doit le sursaut d’éclat le plus impressionnant à 17P/Holmes,  un astre chevelu qui circule autour du Soleil avec une période de 6,9 ans et qui brille en général faiblement autour de la 15ème magnitude. Continuer la lecture