Insolite : le Rubin Observatory sur une “little planet”

Un photographe a réalisé une image stéréographique (appelée aussi “little planet”) du ciel étoilé au-dessus du Rubin Observatory.

“Little planet”, c’est quoi ?

Voici un singulier cliché que nous propose le photographe Petr Horálek. Il s’agit d’une image stéréographique, un procédé également appelé “little planet”. Comme nous l’explique Jérôme Pouille sur son blog, c’est un peu comme si on décidait d’écraser une image sphérique sur un plan avec un rouleau à pâtisserie !

Le Rubin Observatory sur une “little planet”. © Petr Horálek

Techniquement, le photographe réalise plusieurs images en tournant sur place. Le mieux consiste à utiliser une rotule panoramique installée sur un pied photo bien stable. Il faut ensuite assembler les clichés pour obtenir une image panoramique de 360° x 180°. Ce long travail réalisé sur ordinateur est décrit par Jérôme Pouille sur son blog. Continuer la lecture

Curiosité : le site de la sonde Odysseus aux jumelles

Ce weekend de Pleine Lune est idéal pour rechercher aux jumelles le cratère dans lequel s’est posée la sonde américaine Odysseus. 

Retour sur la Lune :

C’est fait ! Depuis la nuit dernière, l’atterrisseur Odysseus est posé au pôle Sud lunaire, au fond d’un cratère. Plus d’un demi-siècle après la mission Apollo 17, les Américains signent leur retour sur la Lune :

https://twitter.com/NASA/status/1760811461943722132

Conçu par la société privée Intuitive Machines, Odysseus, un atterrisseur d’un peu moins de deux tonnes, est le premier engin commercial à se poser sur la Lune. Le choix du site, un cratère au pôle Sud, doit permettre de préparer les futures missions du programme Artemis. Pourquoi le pôle Sud ? Parce que c’est là que l’on trouve de l’eau sous forme de glace, indispensable aux futurs astronautes. Outre son rôle comme boisson, cette eau fournira également de l’oxygène pour respirer et de l’hydrogène comme carburant pour fusée. Continuer la lecture

La belle galaxie australe NGC 55 voit rouge

L’APO (Atacama Photographic Observatory) a immortalisé NGC 55, une galaxie irrégulière vue par la tranche dans la constellation du Sculpteur.

Cap sur le ciel austral :

La galaxie NGC 55 (magnitude 8) a été découverte par l’astronome écossais James Dunlop en 1826. Elle est située à 6 millions d’années-lumière dans le Sculpteur (tout comme la Roue de chariot), une modeste constellation du ciel austral. Si vous n’avez pas la possibilité d’aller l’observer depuis l’hémisphère Sud, vous pouvez admirer les images proposées par l’APO. Elles sont l’œuvre de Thierry Demange, Richard Galli et Thomas Petit. Depuis 2014, ces trois amateurs alsaciens pilotent à distance une lunette astronomique de 150 mm de diamètre installée en plein désert d’Atacama au Chili :

La galaxie australe NGC 55. © Atacama Photographic Observatory

Pour obtenir cette superbe image de NGC 55 (cinquante-cinquième entrée du New General Catalogue), ils ont accumulé plus de vingt heures de poses. Mais la moitié du temps de prises de vues s’est fait en H alpha, une raie d’émission de l’atome d’hydrogène. Continuer la lecture

Henry de Graffigny, la science à la portée de tous

Henry de Graffigny fut un écrivain-journaliste scientifique particulièrement prolifique à cheval sur les XIXe et XXe siècles.

Un écrivain méconnu :

Henry de Graffigny : ce nom ne vous dit peut-être rien. C’était le cas pour moi, jusqu’à ce que j’achète un petit livre (130 pages), “L’astronome amateur“. Son auteur y présentait les bases de l’astronomie au tournant du XXe siècle. Bien que l’ouvrage ne soit pas daté, il y était question de la SAF “fondée il y a 27 ans”, ce qui signifie que le texte avait été écrit en 1914 :

Une petite recherche sur le web m’a permis d’en savoir un peu plus sur cet auteur méconnu. Mes infos sont extraites du blog Mémoires 52, association de recherches historiques en Haute-Marne. C’est en effet dans ce département qu’est né Raoul Marquis le 28 septembre 1863. Il s’agit de l’homme qui prendra plus tard le nom de Henry de Graffigny. Continuer la lecture

La comète 12P/Pons-Brooks dévoile ses charmes

Continuant de se rapprocher, la belle comète 12P/Pons-Brooks devient une cible de choix pour les astrophotographes.

Belle visiteuse :

C’est une évidence : les comètes sont des apparitions célestes éphémères qui ont fasciné toutes les grandes civilisations. Comme aime à le rappeler Michel Ory, les comètes sont un peu comme les dinosaures. Les deux exercent une fascination manifeste sur les foules. Tout enfant, de tout pays, de toute culture, a les yeux qui brillent lorsqu’on lui montre une photographie de dinosaure ou de comète. Il n’a aucun mal à les dessiner. Ces sujets de science sont devenus au fil du temps des éléments de la culture populaire :

La comète de 1577 au-dessus de Prague, dessin d’après une gravure. © Christine Sasiad

Et ce n’est pas la belle visiteuse du moment, 12P/Pons-Brooks, qui va déroger à la règle. Rappelons que cette comète a été découverte en 1812 par Jean-Louis Pons et retrouvée en 1883 par William Robert Brooks. Elle repasse nous voir tous les 71 ans environ. Continuer la lecture

Au Mont Palomar, on a perdu trois étoiles !

C’est un mystère vieux de plus de 70 ans. En 1952, trois étoiles ont disparu en moins d’une heure sur des clichés réalisés au Mont Palomar.

Surprise dans le POSS :

En cette nuit du 19 juillet 1952, les astronomes du Mont Palomar s’affairent autour du télescope Samuel Oschin (1,22 m). Ils participent au Palomar Observatory Sky Survey (POSS1), un important relevé photographique du ciel nocturne commencé en 1949 qui prendra fin en 1958. À l’aide de plaques photographiques carrées de 14 pouces de côté (soit environ 35 centimètres), ils photographient chaque région du ciel deux fois. Une première fois avec une plaque sensible au rouge, la seconde fois avec une plaque sensible au bleu. C’est à l’époque la seule technique disponible pour enregistrer la couleur des objets célestes :

Où sont passées les trois étoiles ? © Palomar Observatory/Solano, et al

En comparant les deux plaques d’une même portion de ciel, les astronomes font une étrange découverte. Trois étoiles de magnitude 15 présentes sur une plaque sensible au rouge ne sont plus visibles sur la plaque suivante sensible au bleu. Continuer la lecture

D’étonnants piliers lumineux photographiés en Alaska

Au-dessus d’Anchorage, la plus grande ville d’Alaska, des piliers lumineux produits par des cristaux de glace ont fait leur apparition.

Un phénomène récent :

En Alaska, il n’y a pas que les aurores polaires qui illuminent la nuit. L’astrophotographe Todd Salat (Aurora Hunter) a photographié des piliers lumineux. Comme ils se produisent dans l’atmosphère, ces “light pillars” font partie de la famille des photométéores (du grec phôtόs « lumière » et meteôros « dans les airs ») :

À la différence des aurores boréales qui naissent de l’interaction entre le vent solaire et la haute atmosphère, c’est la pollution lumineuse qui est à l’origine de ces piliers. C’est pour cette raison qu’on observe ce phénomène seulement depuis quelques décennies. Continuer la lecture

Éphémérides : le ciel du mois de février 2024

En ce mois de février 2024, je vous propose de profiter de quelques jolis rendez-vous célestes à l’aube ou au crépuscule.

L’Hexagone d’hiver :

Et si vous commenciez ce mois de février 2024 en découvrant l’Hexagone d’hiver en début de nuit ? Nul besoin d’instrument, vos deux yeux suffisent pour ce voyage cosmique, si possible sans trop de pollution lumineuse. Vous avez plusieurs soirées pour en profiter avant que la Lune ne devienne gênante. Observez-le avant le 16 février, date du Premier Quartier, puis après la Pleine Lune du 24 :

En février, l’Hexagone d’hiver est parfaitement visible en début de nuit. © Jimmy Westlake

Cet astérisme se compose de sept étoiles en commençant par Capella et en tournant dans le sens horaire :

  • Capella : la plus brillante étoile de la constellation du Cocher (magnitude 0,7) est distante de 42 années-lumière.
  • Aldébaran : à 66 années-lumière, c’est la plus brillante étoile de la constellation du Taureau (magnitude 0,9).
  • Rigel : c’est l’astre le plus brillant de la superbe constellation d’Orion. La nébuleuse Messier 42 se trouve à sa gauche.
  • Sirius : principale étoile de la constellation du Grand Chien, la plus brillante du ciel (magnitude -1,5).
  • Procyon : la plus brillante étoile de la constellation du Petit Chien (magnitude 0,4), située à 11,4 années-lumière.
  • Castor et Pollux : ces deux étoiles ont donné leur nom à la constellation des Gémeaux mais ce sont de fausses jumelles. Castor est distante de 50 années-lumière (magnitude 1,3) et Pollux de 38 années-lumière (magnitude 1,1).

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