Que voir dans le ciel nocturne au mois de février 2021

Si les planètes ont déserté le ciel en février, la Lune reste fidèle. Et quand elle se fait discrète, c’est pour laisser la place à Orion.

Un début d’année calme :

En 2020, le ciel nocturne nous avait offert une succession d’événements rarissimes. Un passage de Vénus à proximité des Pléiades qu’on ne peut observer qu’une fois tous les huit ans, la Grande conjonction (c’est tous les 20 ans), ou encore la belle comète Neowise. Dans ce dernier cas, la fréquence est aléatoire, la dernière grande comète étant Hale-Bopp en 1997. Ce début d’année est beaucoup plus calme et ce mois de février le confirme.

Le passage de la comète Neowise en 2020 (ici depuis le Parc Naturel Régional du Morvan). © Jean-Baptiste Feldmann

Pour autant, il est toujours possible d’admirer notre satellite naturel. Si ce n’est déjà fait, je vous encourage à lire ma chronique sur les Rendez-vous à ne pas manquer avec la Lune en 2021.

En attendant, c’est avec la chaîne YouTube Astroculus que je vous propose de faire le point sur le ciel de ce mois de février :

Continuer la lecture

Steeven Chapados, l’artiste qui dessine la Lune en (très) grand

Steeven Chapados a réalisé un immense dessin du Premier Quartier de Lune. Rencontre avec cet artiste québécois.

Dessine-moi la Lune :

En 1985, l’astronome amateur français Georges Viscardy publiait son Atlas-guide photographique de la Lune. L’ouvrage, monumental, était accompagné d’un magnifique dessin de la Pleine Lune réalisé par Jacqueline Ciffreo. Cette astronome française, qui a découvert la comète 108P/Ciffreo, était parvenue à restituer une multitude de formations lunaires sur un disque de 50 centimètres de diamètre. Un travail monumental qui alliait rigueur cartographique et esthétisme indéniable.

L’artiste Steeven Chapados aux côtés de son Premier Quartier de Lune. © S. Chapados

Trente-cinq ans plus tard, Steeven Chapados (voir sa page Facebook) fait encore mieux : un Premier Quartier de Lune de 2,30 mètres de haut ! Continuer la lecture

En Suède, une aurore boréale danse derrière un halo lunaire

Coup double pour le photographe suédois Magnus Emlén qui a saisi une aurore boréale en train de se déployer derrière un halo lunaire.

Froide nuit suédoise :

La scène se déroule la nuit du 25 janvier dans la région de Gällivare, à l’extrême nord de la Suède. Il fait -29°, une température qui ne rebute pas pour autant le photographe Magnus Emlén (voir son compte Instagram). Ce photographe aime traquer les aurores boréales, assez courantes à cette latitude. La reprise de l’activité solaire depuis quelques mois ne peut que favoriser l’apparition de ces belles draperies célestes. Mais cette nuit-là, le photographe sait qu’il faudra composer avec la clarté lunaire, trois jours avant la Pleine Lune.

En Suède, une aurore boréale danse derrière un halo lunaire. © Magnus Emlén

Il faut croire que la chance sourit aux audacieux. Alors qu’un halo lunaire ceinture notre satellite naturel, Magnus Emlén voit se former une aurore. Il décide d’aligner les deux phénomènes et de les immortaliser avec un objectif grand angle (14 millimètres de focale) pour les intégrer dans un paysage enneigé. Continuer la lecture

Exoplanètes : des indices sur un spectre stellaire de 1917

En examinant un spectre de l’étoile de van Maanen pris en 1917, un chercheur a découvert des indices en faveur de l’existence d’exoplanètes. 

Des exoplanètes par milliers :

La recherche d’exoplanètes est un sujet qui mobilise de nombreux instruments astronomiques depuis un peu plus d’un quart de siècle. C’est en effet le 6 octobre 1995 que les chercheurs suisses Michel Mayor et Didier Queloz ouvraient le bal avec la détection de la première planète extrasolaire. En utilisant le télescope de 1,93 m de l’Observatoire de Haute-Provence, ils révélèrent l’existence de 51 Pegasi b. Il s’agit de la toute première exoplanète repérée à proximité d’une étoile comparable à notre Soleil.

Représentation des sept exoplanètes détectées autour de l’étoile Trappist-1. Trois d’entre elles ont des conditions compatibles avec la présence d’eau.  © NASA/R. Hurt/T. Pyle

Au 1er janvier 2021, plus de 4.300 exoplanètes ont été confirmées dans 3.242 systèmes planétaires. 720 d’entre eux sont des systèmes planétaires multiples. Mais la première preuve de l’existence d’exoplanètes est peut-être beaucoup plus ancienne. Continuer la lecture

Avec LASCO, suivez Jupiter et Saturne qui glissent derrière le Soleil

Après leur conjonction, les planètes Jupiter et Saturne sont désormais derrière le Soleil. On peut les suivre grâce au coronographe LASCO.

Un rapprochement rare :

Souvenez-vous ! Le 21 décembre dernier, nous avions rendez-vous avec la Grande conjonction. Un événement exceptionnel, au cours duquel Jupiter et Saturne étaient collées l’une à l’autre. Les plus belles images de ce rapprochement planétaire sont à revoir ici. Chacun a pu suivre au cours des mois précédents le lent rapprochement entre les deux astres.

La Grande conjonction du 21 décembre photographiée pendant une brève éclaircie :  la planète Jupiter (la plus brillante) est à côté de Saturne. © Jean-Baptiste Feldmann

Depuis leur rencontre dans la soirée du 21 décembre, les deux géantes gazeuses ont plongé derrière l’horizon OUEST. Vues de la Terre, elles sont en train de rejoindre le Soleil et de passer derrière. On dit qu’elles sont en conjonction avec notre étoile. Saturne était en conjonction avec le Soleil ce dimanche 24 janvier. Pour Jupiter, la conjonction se produira le 29 janvier. Continuer la lecture

Le Cerro Tololo, un observatoire dans la Cordillère des Andes

L’Observatoire du Cerro Tololo au Chili fait partie du National Optical Astronomy Observatory. Il dispose d’un télescope de quatre mètres. 

Sommet chilien :

Le CTIO (Cerro Tololo Inter-American Observatory) est installé à 2.200 mètres d’altitude sur le Cerro Tololo. C’est l’un des sommets qui encadrent la vallée de l’Elqui au Chili. L’air y est très sec et la pollution lumineuse absente. C’est ce qui explique la présence d’autres installations astronomiques dans la région. Le Gemini sud et le LSST (Large Synoptic Survey Telescope) sont construits sur un autre sommet, le Cerro Pachón. Le Cerro Tololo Inter-American Observatory est l’un des quatre observatoires rassemblés au sein du NOAO, une institution dont le siège est à Tucson, en Arizona.

L’Observatoire interaméricain du Cerro Tololo domine la Cordillère des Andes. © KPNO

Le CTIO compte une dizaine de coupoles qui abritent des instruments entre 50 centimètres et 1,5 mètre de diamètre. Mais le fleuron de cet observatoire est le télescope Blanco dont on voit la grande coupole sur ce cliché. Continuer la lecture

L’époustouflante image de la Station spatiale prise avec un télescope

Comment photographier la Station spatiale avec un télescope d’amateur alors qu’elle file à 28.000 km/h ? Réponse avec ce superbe cliché. 

Meccano géant au-dessus de nos têtes :

La Station spatiale internationale (ISS en anglais pour International Space Station) circule à environ 400 kilomètres au-dessus de nos têtes. Elle est le fruit d’une coopération entre les agences spatiales américaine, russe, européenne, japonaise et canadienne. L’assemblage de cette structure de plus de 300 tonnes grande comme un terrain de football a commencé en 1998. Elle est occupée en permanence par des astronautes qui la rejoignent désormais avec la capsule Crew Dragon.

L’ISS passe du côté de la brillante Vénus en début de soirée. © Jean-Baptiste Feldmann

Il est très facile de suivre régulièrement à l’œil nu le déplacement dans le ciel de l’ISS. La Station est en effet aussi brillante que Jupiter en raison de ses nombreux panneaux solaires qui renvoient la lumière du Soleil vers nous. Il suffit pour cela de connaître ses heures de passage au-dessus d’un lieu donné en consultant le site Heavens Above. Continuer la lecture

La comète Leonard va-t-elle tenir ses promesses en 2021 ?

La première comète découverte cette année, C/2021 A1 (Leonard), présente des caractéristiques très prometteuses selon les astronomes. 

Nouvelle visiteuse :

Le 3 janvier, l’astronome Greg Leonard a découvert une comète de magnitude 19 sur des images réalisées à l’Observatoire du Mont Lemmon en Arizona. L’astre chevelu , désormais enregistré sous le matricule C/2021 A1 (Leonard), circule actuellement entre les orbites de Mars et Jupiter. Il a été découvert dans la constellation des Chiens de Chasse, connue pour héberger la superbe galaxie Messier 51.

La comète C/2021 A1 (Leonard) imagée par le jeune amateur russe Filipp Romanov (23 ans) avec un télescope automatique, 3 jours seulement après sa découverte officielle.

En se plongeant dans leurs archives, les astronomes ont retrouvé la trace de cette comète : elle se cachait sur de nombreux clichés réalisés depuis avril 2020 ! Continuer la lecture

Cannibalisme galactique sous le regard du télescope Hubble

Parmi la riche moisson d’images prises par le télescope Hubble, voici une étonnante scène de cannibalisme entre deux lointaines galaxies.

Voyage aux confins du Lynx :

L’image, spectaculaire,  immortalise une scène de cannibalisme dans le cosmos. En cause, les galaxies NGC 2799 (à gauche) et NGC 2798. Elles sont localisées dans la petite constellation du Lynx, à l’ouest de la Grande Ourse. Si vous souhaitez vous y rendre, comptez un trajet de plus de 70 millions d’années à la vitesse de la lumière. Ces galaxies font partie de l’imposant New General Catalogue of Nebulae and Clusters of Stars qui regroupe près de 8.000 objets du ciel profond.

Scène de cannibalisme entre les galaxies NGC 2798 et 2799. © ESA/Hubble/NASA/SDSS

Légèrement plus brillante, NGC 2798 (à droite) a été découverte en 1788 par William Herschel. Il faudra attendre 1874 pour que l’astronome Ralph Copeland distingue NGC 2799 dans son télescope. Continuer la lecture

Rendez-vous avec la Lune : ce qu’il ne faut pas manquer en 2021

Qu’elle soit pleine ou en croissant, la Lune nous offre de jolis rendez-vous tout au long de l’année. Voici ceux qu’on pourra vivre en 2021.

Faire ses classes sur la Lune :

Noël vous a peut-être apporté une longue-vue ou un petit télescope. Pour étrenner cet instrument, quoi de mieux que de belles observations lunaires ? Rien de plus facile : pas besoin de s’éloigner de la pollution lumineuse. Une simple fenêtre ouverte, un balcon ou un coin de jardin pour poser votre instrument, et vous voilà devenu sélénographe. Le pointage est rapide, le spectacle est garanti même avec du matériel modeste (pensez aux jumelles).

Avez-vous déjà pensé à regarder la Lune avec des jumelles ? © Jean-Baptiste Feldmann

Et si vous n’avez rien trouvé au pied du sapin, rassurez-vous, de nombreux rendez-vous avec notre satellite naturel sont déjà possibles à l’œil nu. Passons maintenant en revue ce que vous allez pouvoir admirer en 2021. Continuer la lecture

Voici PitRanger, un rover conçu pour explorer les grottes lunaires

Des chercheurs américains ont mis au point le petit rover PitRanger. Sa mission : étudier le sous-sol de la Lune.

Des trous dans la Lune :

Les missions d’exploration lunaires par les orbiteurs LRO (américain) et Kaguya (japonais) nous ont permis de connaître les moindres détails de la surface de notre satellite naturel. Grâce aux télescopes embarqués sur ces sondes, il a été possible de découvrir de nouvelles formations géologiques. Les plus énigmatiques sont des puits. On a identifié environ 200 trous dont le diamètre varie de quelques mètres à un kilomètre.

Quelques exemples de puits photographiés par l’orbiteur lunaire LRO. Chaque image fait 200 mètres de côté. © NASA/Goddard Space Flight Center/Arizona State
Refuges pour futurs colons :

Ces gouffres correspondent à l’effondrement d’une partie du plafond d’anciens tunnels de lave. Des grottes géantes qui peuvent s’étirer sur des dizaines de kilomètres. Voilà une aubaine pour de futurs colonisateurs qui pourraient s’y abriter des radiations intenses et y construire de véritables villes souterraines.

PitRanger est un petit rover conçu pour explorer les grottes lunaires. Il pourrait rejoindre la Lune dans un futur proche. © William Whittaker/ USRA/ Carnegie Mellon University

Pour le moment, aucune des missions au sol n’a pu s’approcher de ces puits. Mais leur exploration pourrait bien être au menu des prochaines aventures lunaires. Continuer la lecture

D’où viennent les curieux cratères inversés sur Mars ?

Au chapitre des curiosités que nous dévoile la planète Mars, les cratères inversés sont des formations qui intriguent les planétologues.

Le passage au plus près de la planète Mars au mois d’octobre nous a donné l’occasion d’en explorer les paysages. En effet nous avons déjà évoqué le sourire du cratère Galle, la fonte de la calotte polaire sud, le gigantisme du volcan Olympus Mons ou encore la beauté des dunes. Voici maintenant les cratères inversés. Ces étranges formations nous ont été révélées par MRO, cet orbiteur qui scanne à haute résolution les reliefs de la Planète rouge.

Exemple de cratère inversé sur la planète Mars. © NASA/JPL/University of Arizona

Les planétologues ont imaginé un scénario pour expliquer ces cratères inversés. Selon eux il s’agit probablement d’anciens cratères d’impacts qui se sont remplis de lave. Ce magma refroidi et solidifié a mieux résisté à l’érosion. L’abaissement du niveau du reste du paysage aurait ainsi laissé apparaître ces monticules circulaires. Continuer la lecture