J-30 : la Lune dans une paire de jumelles, mode d’emploi

Avez-vous déjà songé à diriger votre paire de jumelles en direction de la Lune ? Voici quelques conseils pour réaliser de belles observations.

Dans 30 jours ce sera On The Moon Again. Deux nuits de fête sur la planète pour rendre hommage à la Lune les 12 et 13 juillet prochains. Cinquante ans après l’alunissage d’Apollo 11, les astronomes du monde entier vous inviteront à observer notre satellite naturel dans un télescope. CIELMANIA débute une série de chroniques pour vous accompagner jusqu’à cet événement.

Comment ça marche ?

On ne pense pas toujours à la paire de jumelles quand on veut débuter en astronomie. C’est pourtant un instrument beaucoup plus simple à utiliser qu’une lunette ou un télescope. Une paire de jumelles comporte deux objectifs qui collectent la lumière et deux oculaires derrière lesquels il faut placer ses yeux. L’écartement entre les deux oculaires (qui correspond à la distance interpupillaire) est réglable.

Trois paires de jumelles : des 8X22 légères pour un premier repérage, des 8X42 (compromis idéal entre grossissement, diamètre et poids), et de lourdes 16X70 à installer sur trépied.

Sur l’instrument on trouve en général deux nombres, par exemple 10X50. Le premier indique le grossissement, 10 fois dans ce cas : c’est comme si la scène que vous observez était 10 fois plus proche. Le second indique le diamètre, ici 50 millimètres. Plus le diamètre est important et plus vous collectez de lumière.

On procède de la façon suivante :

  • pointer un sujet lointain
  • régler la distance interpupillaire pour faire correspondre les deux oculaires aux deux yeux
  • ajuster la mise au point avec la molette centrale en utilisant l’œil gauche (œil droit fermé)
  • faire ensuite la correction dioptrique pour l’œil droit (œil gauche fermé)

Grossir mais pas trop :

On pourrait être tenté de choisir les jumelles qui grossissent le plus pour observer la Lune en espérant voir le maximum de détails. Mais il faut savoir que le moindre mouvement de l’observateur est amplifié dans la même proportion. Quand le grossissement dépasse 10 fois il est impératif de disposer d’un appui. Une bonne position consiste à être assis avec les coudes posés sur une table. On peut aussi fixer les jumelles sur un pied photo, ce qui rend l’observation beaucoup plus confortable.

Que voir sur la Lune :

En fonction de la phase lunaire vous pourrez admirer les plus grands reliefs de notre satellite naturel. En début de lunaison ne manquez pas la lumière cendrée. Puis vous découvrirez chaque soir de nouveaux paysages : les fausses « mers », les cratères les plus imposants (Copernic, Clavius, Tycho…) ainsi que les grandes chaînes de montagnes. C’est toujours aux alentours du terminateur (la séparation entre la partie éclairée et celle dans l’ombre) que les reliefs sont les plus saisissants.

La lumière cendrée est magnifique dans une paire de jumelles. © Jean-Baptiste Feldmann

Pour vous guider n’hésitez pas à visiter la collection de paysages lunaires que je présente au fil des mois. Vous y trouverez pour chaque site une carte (et photo) de repérage, les caractéristiques du lieu ainsi que la meilleure période pour l’observer. La boutique de Stelvision vous propose également des outils intéressants : guide Le ciel aux jumelles, carte de la Lune et même une paire de jumelles 10X50 si vous n’en avez pas encore !

C’est le long du terminateur (la séparation entre la partie éclairée et celle dans l’ombre) que les reliefs sont les plus marqués : l’éclairage solaire y est rasant et allonge les ombres.

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