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Non, il n’y aura pas de “Super Lune rose” la nuit du 26 au 27 avril !

Ne vous emballez pas : contrairement à ce qu’annoncent certains médias, il n’y aura pas de “Super Lune rose” la nuit du 26 au 27 avril.

Plusieurs médias se copient mutuellement un sujet racoleur, celui de la “Super Lune rose”. On fait le point pour savoir de quoi il est question et ce que signifient les termes employés.

Une Lune pas vraiment rose :

Personne n’a jamais vu la Lune rose. Tout au plus, elle se pare d’une belle couleur orangée à son lever, comme peut le faire le Soleil. Lorsque ces astres sont sur l’horizon, leur lumière est décomposée en traversant une couche d’atmosphère beaucoup plus importante. Les rayons de courte longueur d’onde (vert, bleu) sont plus déviés que les rayons de grande longueur d’onde (rouge, orange) qui sont les seuls à nous parvenir.

Plus l’astre s’élève et plus cette dispersion se réduit, comme le révèle le montage ci-dessus réalisé à raison d’un cliché toutes les deux minutes. Vous ne verrez donc pas la Lune rose : cette appellation fait uniquement allusion à la couleur de certains arbres en fleurs à cette époque de l’année.

Super Lune ou pas ?

En raison de son orbite elliptique, la Lune n’est pas toujours à la même distance de la Terre. Au plus près, le périgée, cette distance est de 356.700 km. Au plus loin, l’apogée, la Lune se trouve à 406.300 km. Cette variation de distance induit automatiquement une variation du diamètre lunaire apparent. Il oscille entre 29,5 minutes d’arc à l’apogée et 33,5 minutes d’arc au périgée, soit une différence de 12%. Lorsque le  périgée  coïncide avec la  Pleine Lune, les astronomes parlent de périgée-syzygie. Quant aux journaux, ils préfèrent le terme de Super Lune.

Sur son blog, l’astrophysicien Fred Espenak signale que cette Pleine Lune du 27 avril est la seconde des quatre SuperMoon de l’année (celles dont le diamètre apparent dépasse 33 minutes d’arc). La première a eu lieu le 28 mars,  les autres se produiront les 26 mai et 24 juin. Concrètement, la différence du diamètre apparent de la Lune ne peut se voir qu’en comparant des photographies. C’est ce qu’a fait l’astronome amateur Philippe Moussette ci-dessus. Visuellement, le spectacle reste le même, notre cerveau étant incapable de se souvenir du diamètre apparent d’une ancienne Pleine Lune !

Conseils pour admirer la Pleine Lune :

La Pleine Lune se produisant le 27 avril à 3 heures 30 du matin, vous pouvez l’admirer pleine les soirs du 26 et 27 avril. Le 26 elle sera levée à l’EST avant que le Soleil ne soit couché à l’OUEST. Le 27 son lever interviendra plus tard, une quarantaine de minutes après la disparition du Soleil. N’attendez pas que la Lune soit trop haute pour admirer le spectacle et éventuellement le photographier. Ensuite, elle deviendra rapidement très brillante dans un ciel de plus en plus sombre.

Pleine Lune derrière le clocher de l’église de Brochon. © Jean-Baptiste Feldmann
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Voici le croissant de Lune qui annonce le début du Ramadan

Dans le calendrier lunaire musulman, le 13 avril 2021 est le premier jour du mois de Ramadan. Cette date dépend du retour de la Lune.

Fin croissant à saisir :

Les éphémérides nous l’enseignent : la Nouvelle Lune s’est produite le lundi 12 avril 2021 à 2 heures 31. En théorie, le premier croissant pouvait être observable dans la soirée du 12. En pratique, son repérage moins de 20 heures après la Nouvelle Lune est très délicat. Particulièrement fin, l’arc lunaire est en effet noyé dans la luminosité du ciel. Il faut alors le rechercher aux jumelles dans un ciel exempt de toute brume. En février 2015, j’avais eu la chance de photographier un croissant âgé de 18 heures seulement, ce qui reste mon record à ce jour.

Les conditions étaient réunies en février 2015 pour photographier un minuscule croissant de Lune, 18 heures seulement après la Nouvelle Lune. © Jean-Baptiste Feldmann

C’est donc dans la soirée du 13 avril 2021 que l’on pouvait espérer voir facilement le premier croissant de cette nouvelle lunaison. Il était effectivement bien visible au-dessus de l’horizon OUEST un peu après le coucher du Soleil. Le voici photographié au-dessus des Monts du Beaujolais avec un boîtier Nikon D7100. La focale de l’objectif est de 300 millimètres, pose de 1 seconde à 2000 iso.

Premier croissant de la nouvelle lunaison le 13 avril 2021. © Jean-Baptiste Feldmann

Ce mois d’avril, les musulmans attendaient l’observation de ce mince croissant pour démarrer le Ramadan. Comme le préconisait le Prophète : “ne jeûnez que lorsque vous verrez le croissant lunaire et rompez le jeûne lorsque vous le verrez aussi”. Continuer la lecture

Le croissant de Lune rejoint Jupiter et Saturne à l’aube du 7 avril

Les planètes géantes gazeuses sont de retour en fin de nuit ! Et le vieux croissant de Lune est venu les saluer à l’aube de ce 7 avril.

Fin de lunaison :

Avant la Nouvelle Lune du 12 avril, c’est en fin de nuit qu’il faut rechercher le croissant de Lune. La scène se déroule sur l’horizon EST, et la grosse virgule lunaire est accompagnée par la lumière cendrée. Un spectacle dont on ne se lasse pas et qui fascinait déjà Léonard de Vinci. Cette délicate lueur qui éclaire le reste du disque lunaire s’apprécie encore mieux avec une paire de jumelles.

Le croissant de Lune accompagne Jupiter et Saturne le 7 avril. © Jean-Baptiste Feldmann

Mais ce matin 7 avril, c’est la présence de Jupiter et Saturne qui attirait les regards. Après leur Grande conjonction de décembre, les planètes géantes gazeuses sont de retour. De quoi réjouir tous les astronomes amateurs de visions planétaires. Continuer la lecture

De curieuses caldeiras lunaires intriguent les géologues

Les géologues les ont surnommées Irregular Mare Patches (IMP). Ces zones volcaniques lunaires encore mal connues restent une énigme. 

Paysages lunaires :

Tout a commencé en 1971. Au cours de leur survol lunaire, les astronautes de la mission Apollo 15 ont photographié une étrange structure. Il s’agit d’une caldeira située au SUD-EST de la chaîne des Apennins lunaires, dans le Lacus Felicitatis. Elle est très difficile à observer depuis la Terre en raison de sa petite taille (moins de 3 kilomètres) et de son faible contraste. L’orbiteur LRO a pu ultérieurement nous en offrir des clichés détaillés.

Localisation de Ina, une petite caldera volcanique lunaire. © NASA/LROC

Cette dépression surnommée Ina est constituée de plusieurs zones lisses et rugueuses. Les zones lisses sont des collines avec des sommets plats, les zones rugueuses sont en revanche un peu plus basses. Continuer la lecture

Le 28 mars, vous pourrez admirer la Pleine Lune du printemps

Le 28 mars, c’est la troisième Pleine Lune de l’année. Voici quelques conseils pour observer cette Pleine Lune du printemps. 

Pourquoi donner un nom à la Pleine Lune ?

En raison de son importance dans la vie quotidienne de nos ancêtres, la Pleine Lune porte des noms différents depuis très longtemps. Les noms encore utilisés aujourd’hui nous viennent d’Amérique du Nord. On les trouve dans l’Almanach du fermier du Maine, une publication annuelle qui existe depuis 1818.

Lever de Pleine Lune avec un cliché toutes les deux minutes. © Jean-Baptiste Feldmann

Il y a un nom pour chaque Pleine Lune de l’année, en lien avec la météo, les récoltes ou les animaux. Cette troisième Pleine Lune de l’année devrait être celle du ver. Je trouve que Pleine Lune du printemps est quand même plus poétique ! Continuer la lecture

Les astronomes amateurs ont photographié le “X” sur la Lune

Ce weekend, les astronomes amateurs se sont mobilisés pour photographier le “X” sur la Lune, un curieux jeu d’ombre et de lumière.

La Lune à la portée de tous :

La Lune est une source infinie d’observations faciles qui ne demandent même pas un gros télescope. La plupart sont réalisables avec une simple longue-vue ou même une paire de jumelles calée sur un trépied photo. Si vous ne disposez pas de cet accessoire, contentez-vous de prendre appui sur un manche à balai coincé entre vos genoux en observant assis.

Le “X” et le “V” sur la Lune dans la soirée du 20 mars. © Pierre-Olivier Castille

Un peu avant le Premier Quartier, vous avez la possibilité de découvrir un amusant jeu d’ombre et de lumière. C’est le « X » lunaire, observable quelques heures le long du terminateur. Cette ligne sépare la partie éclairée de la partie sombre de notre satellite naturel. Le phénomène était observable samedi soir 20 mars.

Jeu de lumière sur les crêtes :

Voici  la description qu’en fait l’astrophotographe Denis Huber : “le X lunaire correspond à l’illumination de crêtes en avant du terminateur, au lever du Soleil, les terrains environnants moins élevés restant donc dans le noir. Son principal intérêt réside dans son caractère évolutif : des changements sont perceptibles en 20 minutes seulement, la séquence complète d’observation ayant une durée d’environ quatre heures.

Les rayons du Soleil éclairent les crêtes des cratères Purbach et Blanchinus. © Denis Huber

Les crêtes du cratère Purbach sont les premières illuminées, formant en une heure environ les deux bras les plus à l’ouest du X. Puis il faut 30 à 40 minutes supplémentaires pour que celles du cratère Blanchinus s’éclairent aussi, formant les deux autres bras. Une fois entièrement apparue, la croix est particulièrement brillante et visible, mais il faut en profiter très vite car l’inexorable lever du Soleil sur les terrains alentours la fait ensuite disparaître en un peu moins de deux heures. En 2021, seulement six soirées offriront les conditions propices à l’observation de ce phénomène.” 

L’astrophotographe Jean-Paul Godard signe ce portrait du “X” sur la Lune.
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Espagne : qui a volé le précieux “Sidereus Nuncius” de Galilée ?

Le plus célèbre des traités d’astronomie, le “Sidereus Nuncius” rédigé par Galilée, a disparu de la Bibliothèque nationale d’Espagne.

Le Messager volatilisé :

L’histoire pourrait prêter à sourire tant elle est rocambolesque. Un ouvrage de Galilée écrit en 1610 a été volé à la Bibliothèque nationale d’Espagne. Ce fascicule, le Messager des étoiles (Sidereus Nuncius), est un véritable trésor. C’est le plus ancien manuel d’astronomie présentant des observations à la lunette. Les traités antérieurs (comme l’Atlas de Dunhuang) sont basés sur des observations à l’œil nu.

Cet exemplaire du Messager des étoiles (Sidereus Nuncius), publié par Galilée en 1610, se trouve au Musée d’Histoire des Sciences à Florence. © Jean-Baptiste Feldmann

En 2014, les responsables de la bibliothèque ont découvert que l’exemplaire qu’ils possédaient était un faux. Par recoupement, ils ont estimé que l’usurpation avait sans doute eu lieu vingt ans plus tôt. Ils ont pourtant attendu 2018 pour en informer la police. Qui mène depuis l’enquête en toute discrétion. Les Espagnols, quant à eux, viennent de découvrir cette histoire grâce à un article du quotidien El País. Continuer la lecture

Le retour du croissant de Lune en soirée entre deux giboulées

Les nuages ont fait place à un fin croissant de Lune ce lundi soir. Le début d’une nouvelle lunaison avec quelques temps forts.

Lune de mars :

Il fallait bien viser ce soir entre deux ondées pour saisir le croissant de Lune ! Peu après 19 heures, une éclaircie m’a permis de le voir, petite virgule argentée au-dessus de l’horizon OUEST. J’ai essayé de l’immortaliser de façon originale à travers une boule en verre. Le cliché a été réalisé avec un boîtier Nikon D3200, un objectif 18-105 millimètres et une pose de 1 seconde à 400 iso.

en cette période de giboulées et de couvre-feu, photographier les spectacles célestes est une véritable prouesse ! Continuer la lecture

Insolite : LRO photographie un rocher qui a roulé sur la Lune

La haute résolution de la caméra qui équipe l’orbiteur lunaire LRO saisit d’incroyables détails, comme ce rocher et la trace de ses rebonds.

La Lune en très gros plan :

Observer la Lune est à la portée de tous. C’est déjà possible avec une longue-vue, un instrument que je vous recommande car il est facile à utiliser. Il pourra vous servir à vous lancer dans la découverte d’une série de paysages lunaires à explorer. Mais aucun télescope ne vous montrera la surface de la Lune comme le fait LRO. Cette sonde d’environ 2 tonnes a été lancée en 2009 au cours de l’Année mondiale de l’astronomie. Elle orbite depuis à une altitude de 50 kilomètres au-dessus de la Lune.

La sonde LRO permet de photographier le sol lunaire en très haute résolution. © NASA

Elle étudie la surface lunaire de façon très détaillée grâce à sa caméra haute résolution LROC. Elle a même été capable de nous révéler les sites d’atterrissage d’Apollo. Continuer la lecture

Les trésors oubliés de l’Observatoire de Copenhague

Retrouvées par hasard, des plaques photographiques de l’Observatoire de Copenhague montrent le ciel tel qu’il était il y a plus d’un siècle.

La patrie de Tycho Brahe :

Au Danemark, l’astronomie a connu ses lettres de noblesse avec Tycho Brahe, le premier grand observateur des temps modernes. En 1642, quatre décennies après sa mort, l’Université de Copenhague se dote d’un observatoire installé à Rundetårn. Puis en 1861, un nouvel observatoire le remplace, celui d’Østervold. Le Bureau central des télégrammes astronomiques (CBAT), fondé en 1882, s’y installe de la Première guerre mondiale jusqu’en 1964.

L’instrument double (un télescope associé à une lunette) de l’Observatoire d’Østervold permettait d’observer le ciel tout en le photographiant sur des plaques en verre dont on voit le châssis sous le porte-oculaire. © Niels Bohr Institute, University of Copenhagen

L’Observatoire d’Østervold a été équipé en 1895 d’un instrument double. Il s’agissait d’un télescope associé à une lunette astronomique. L’un servait à l’observation visuelle, l’autre à la photographie du ciel sur des plaques en verre de 16 centimètres de côté. Continuer la lecture

Ce samedi 27 février, c’est la Pleine Lune des neiges

Seconde Pleine Lune de l’année, la Pleine Lune des neiges s’est levée ce soir dans une atmosphère refroidie par le vent du nord. 

La Pleine Lune des neiges (ou de neige) fait traditionnellement suite à la Pleine Lune des loups du mois de janvier. Ce samedi 27 février, la Pleine Lune s’est produite à 8 heures 17 dans la constellation du Lion. Notre satellite naturel se trouvait alors à une distance de 370.596 kilomètres de nous. Mais tomber du lit un samedi matin n’est pas du goût de tout le monde. Les photographes pouvaient patienter jusqu’à ce soir pour admirer notre satellite naturel.

La Pleine Lune du 27 février vient de se lever. Sa coloration rouge est provoquée par l’atmosphère terrestre, très épaisse à l’horizon. © Jean-Baptiste Feldmann

Ce cliché a été réalisé avant 19 heures, un peu après le lever de la Pleine Lune. Boîtier Lumix FZ82, zoom réglé sur 800 millimètres et pose de 1/5e de seconde à 200 iso. C’est le meilleur moment pour saisir la coloration rouge de l’astre dont la lumière doit traverser une épaisse atmosphère. En s’élevant, la Lune devient rapidement d’un jaune intense.

À savoir :

En raison de son importance dans la vie quotidienne de nos ancêtres, la Pleine Lune porte des noms différents depuis très longtemps. Les noms encore utilisés aujourd’hui nous viennent d’Amérique du Nord. On les trouve dans l’Almanach du fermier du Maine, une publication annuelle qui existe depuis 1818.  Il y a un nom pour chaque Pleine Lune de l’année, en lien avec la météo, les récoltes ou les animaux.

Image de la Pleine Lune du 27 février. En s’élevant dans l’atmosphère, notre satellite naturel perd sa coloration rouge et jaunit rapidement. © Jean-Baptiste Feldmann

Pleine Lune du loup, de neige, du ver, rose, des fleurs, de fraise, du cerf, de l’esturgeon, du maïs (ou de la récolte), du chasseur, du castor, froide. Rien ne vous empêche de renommer la Pleine Lune à votre guise. Celle de ce 27 février pourrait s’appeler la Pleine Lune des amoureux !

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Spectaculaire cliché du lanceur Falcon 9 passant devant la Lune

Un nouveau vol de la fusée Falcon 9 a eu lieu le 4 février. L’occasion d’immortaliser le lanceur passant devant le Dernier Quartier de Lune.  

Un lancement de plus :

C’est devenu la routine : le 4 février une fusée Falcon 9 s’est envolée avec à son bord une soixantaine de satellites. Une étape de plus dans la création de la mégaconstellation de satellites Starlink. Ce projet inquiète beaucoup les astronomes, même si Elon Musk se veut rassurant. Le Falcon 9 est un lanceur dont la taille varie entre 53 et 70 mètres selon les versions. Cette fusée en partie réutilisable peut placer plus de 22 tonnes en orbite basse.

Le photographe Michael Cain (Coldlife Photography), qui s’est spécialisé dans la photographie des lancements spatiaux, était au rendez-vous. Il a saisi le Falcon 9 au moment où il passait devant le Dernier Quartier de Lune. Continuer la lecture

Que voir dans le ciel nocturne au mois de février 2021

Si les planètes ont déserté le ciel en février, la Lune reste fidèle. Et quand elle se fait discrète, c’est pour laisser la place à Orion.

Un début d’année calme :

En 2020, le ciel nocturne nous avait offert une succession d’événements rarissimes. Un passage de Vénus à proximité des Pléiades qu’on ne peut observer qu’une fois tous les huit ans, la Grande conjonction (c’est tous les 20 ans), ou encore la belle comète Neowise. Dans ce dernier cas, la fréquence est aléatoire, la dernière grande comète étant Hale-Bopp en 1997. Ce début d’année est beaucoup plus calme et ce mois de février le confirme.

Le passage de la comète Neowise en 2020 (ici depuis le Parc Naturel Régional du Morvan). © Jean-Baptiste Feldmann

Pour autant, il est toujours possible d’admirer notre satellite naturel. Si ce n’est déjà fait, je vous encourage à lire ma chronique sur les Rendez-vous à ne pas manquer avec la Lune en 2021.

En attendant, c’est avec la chaîne YouTube Astroculus que je vous propose de faire le point sur le ciel de ce mois de février :

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Steeven Chapados, l’artiste qui dessine la Lune en (très) grand

Steeven Chapados a réalisé un immense dessin du Premier Quartier de Lune. Rencontre avec cet artiste québécois.

Dessine-moi la Lune :

En 1985, l’astronome amateur français Georges Viscardy publiait son Atlas-guide photographique de la Lune. L’ouvrage, monumental, était accompagné d’un magnifique dessin de la Pleine Lune réalisé par Jacqueline Ciffreo. Cette astronome française, qui a découvert la comète 108P/Ciffreo, était parvenue à restituer une multitude de formations lunaires sur un disque de 50 centimètres de diamètre. Un travail monumental qui alliait rigueur cartographique et esthétisme indéniable.

L’artiste Steeven Chapados aux côtés de son Premier Quartier de Lune. © S. Chapados

Trente-cinq ans plus tard, Steeven Chapados (voir sa page Facebook) fait encore mieux : un Premier Quartier de Lune de 2,30 mètres de haut ! Continuer la lecture

En Suède, une aurore boréale danse derrière un halo lunaire

Coup double pour le photographe suédois Magnus Emlén qui a saisi une aurore boréale en train de se déployer derrière un halo lunaire.

Froide nuit suédoise :

La scène se déroule la nuit du 25 janvier dans la région de Gällivare, à l’extrême nord de la Suède. Il fait -29°, une température qui ne rebute pas pour autant le photographe Magnus Emlén (voir son compte Instagram). Ce photographe aime traquer les aurores boréales, assez courantes à cette latitude. La reprise de l’activité solaire depuis quelques mois ne peut que favoriser l’apparition de ces belles draperies célestes. Mais cette nuit-là, le photographe sait qu’il faudra composer avec la clarté lunaire, trois jours avant la Pleine Lune.

En Suède, une aurore boréale danse derrière un halo lunaire. © Magnus Emlén

Il faut croire que la chance sourit aux audacieux. Alors qu’un halo lunaire ceinture notre satellite naturel, Magnus Emlén voit se former une aurore. Il décide d’aligner les deux phénomènes et de les immortaliser avec un objectif grand angle (14 millimètres de focale) pour les intégrer dans un paysage enneigé. Continuer la lecture

Rendez-vous avec la Lune : ce qu’il ne faut pas manquer en 2021

Qu’elle soit pleine ou en croissant, la Lune nous offre de jolis rendez-vous tout au long de l’année. Voici ceux qu’on pourra vivre en 2021.

Faire ses classes sur la Lune :

Noël vous a peut-être apporté une longue-vue ou un petit télescope. Pour étrenner cet instrument, quoi de mieux que de belles observations lunaires ? Rien de plus facile : pas besoin de s’éloigner de la pollution lumineuse. Une simple fenêtre ouverte, un balcon ou un coin de jardin pour poser votre instrument, et vous voilà devenu sélénographe. Le pointage est rapide, le spectacle est garanti même avec du matériel modeste (pensez aux jumelles).

Avez-vous déjà pensé à regarder la Lune avec des jumelles ? © Jean-Baptiste Feldmann

Et si vous n’avez rien trouvé au pied du sapin, rassurez-vous, de nombreux rendez-vous avec notre satellite naturel sont déjà possibles à l’œil nu. Passons maintenant en revue ce que vous allez pouvoir admirer en 2021. Continuer la lecture

Voici PitRanger, un rover conçu pour explorer les grottes lunaires

Des chercheurs américains ont mis au point le petit rover PitRanger. Sa mission : étudier le sous-sol de la Lune.

Des trous dans la Lune :

Les missions d’exploration lunaires par les orbiteurs LRO (américain) et Kaguya (japonais) nous ont permis de connaître les moindres détails de la surface de notre satellite naturel. Grâce aux télescopes embarqués sur ces sondes, il a été possible de découvrir de nouvelles formations géologiques. Les plus énigmatiques sont des puits. On a identifié environ 200 trous dont le diamètre varie de quelques mètres à un kilomètre.

Quelques exemples de puits photographiés par l’orbiteur lunaire LRO. Chaque image fait 200 mètres de côté. © NASA/Goddard Space Flight Center/Arizona State
Refuges pour futurs colons :

Ces gouffres correspondent à l’effondrement d’une partie du plafond d’anciens tunnels de lave. Des grottes géantes qui peuvent s’étirer sur des dizaines de kilomètres. Voilà une aubaine pour de futurs colonisateurs qui pourraient s’y abriter des radiations intenses et y construire de véritables villes souterraines.

PitRanger est un petit rover conçu pour explorer les grottes lunaires. Il pourrait rejoindre la Lune dans un futur proche. © William Whittaker/ USRA/ Carnegie Mellon University

Pour le moment, aucune des missions au sol n’a pu s’approcher de ces puits. Mais leur exploration pourrait bien être au menu des prochaines aventures lunaires. Continuer la lecture

En Alaska, magnifique jeu de lumière autour de la Pleine Lune

La Pleine Lune n’est guère appréciée par les photographes. Sauf si elle s’accompagne d’étonnants jeux de lumière comme sur ce cliché réalisé en Alaska.

Pleine Lune nordique :

Le photographe Sebastian Saarloos est surtout connu pour ses images d’aurores boréales. C’est une vocation assez logique quand on vit comme lui en Alaska. Et le nouveau cycle solaire devrait offrir plein de belles opportunités. Mais pour lui comme pour beaucoup d’astrophotographes, la présence de la Pleine Lune est une gêne sérieuse. L’éclat de notre satellite naturel efface la plupart des étoiles. Et je ne vous parle même pas des discrètes nébuleuses ou des lointaines galaxies ! Alors, peut-on réconcilier les amoureux du ciel nocturne avec la brillante Séléné ?

Je pense que la réponse se trouve dans cette étonnante image. Elle montre notre satellite naturel peu après son lever, auréolé d’un cercle lumineux. Les tons sont renforcés sur ce cercle de part et d’autre de la Lune. De quoi s’agit-il ? Continuer la lecture

La Lune avale une étoile de la constellation du Scorpion à l’aube

Ce dimanche 13 décembre à l’aube le mince croissant de Lune a occulté une brillante étoile du Scorpion, Graffias (magnitude 2,6) à 7h30.

Les occultations d’étoiles offrent un joli spectacle facile à observer. C’est d’autant plus intéressant quand l’astre est lumineux et la Lune en croissant. Deux conditions réunies ce matin avec l’une des plus belles occultations de l’année. Elle concernait une étoile de la constellation du Scorpion. Il s’agit de Graffias (Beta Scorpii), la septième étoile la plus brillante de la constellation. Les astronomes savent que ce système sextuple (6 étoiles liées gravitationnellement) se situe à 400 années-lumière.

La vieille Lune va passer devant l’étoile Graffias du Scorpion. © Jean-Baptiste Feldmann

La Lune quant à elle achève sa lunaison, 35 heures avant la Nouvelle Lune. Ce matin la lumière cendrée était parfaitement visible comme on peut le constater sur ce cliché. Une pose d’une seconde à 3200 iso avec une focale de 300 millimètres. L’objectif était monté sur un boîtier Nikon D7100. Continuer la lecture

Pleine Lune : l’étrange succès d’un très médiocre montage photo

Le partage d’un montage photo sur les réseaux sociaux a parfois des conséquences inattendues. Exemple avec cette Pleine Lune au bout d’une route.

Le succès de cette photo est indéniable. Des centaines de milliers de “like“, une multitude de partages, la publication sur des pages d’organismes de nature… Serai-je en train de vous parler de l’une des superbes images primées au concours BigPicture Natural World ? Pas du tout ! Le cliché en question n’est qu’un très mauvais montage photo. On y voit la Pleine Lune dans un ciel d’encre au bout d’une route enneigée.

Curieusement, personne n’a osé signer ce chef-d’œuvre. Personne non plus pour en revendiquer la paternité après coup. Pourtant aucun photographe ne rechignerait à voir son travail mis en valeur.  Que sait-on vraiment sur ce cliché ? Continuer la lecture