Une Super Lune, ça existe ou pas ?

Le débat refait surface régulièrement lorsque la Pleine Lune est proche de son périgée : peut-on parler de Super Lune ? Éléments de réponse.

En raison de son orbite elliptique, la Lune n’est pas toujours à la même distance de la Terre. Au plus près, le périgée, cette distance est de 356.700 km ; au plus loin, l’apogée, la Lune se trouve à 406.300 km. Cette variation de distance induit automatiquement une variation du diamètre lunaire apparent qui oscille entre 29,5 minutes d’arc à l’apogée et 33,5 minutes d’arc au périgée, soit une différence de 12%. Au fil des lunaisons cette variation du diamètre apparent lunaire concerne donc toutes les phases de notre satellite naturel (croissant, Quartier, Lune gibbeuse…) sans que personne ne s’en émeuve… sauf quand le périgée coïncide avec la Pleine Lune (laquelle a lieu lors de l’alignement Soleil-Terre-Lune, un phénomène appelé syzygie).

Pour les astronomes cette coïncidence entre Pleine Lune et plus petite distance à la Terre est donc logiquement appelée phénomène de périgée-syzygie, un terme qui avouons-le n’est pas très sexy et ne risque pas d’inciter le grand public à lever les yeux au ciel. 

Depuis quelques années on a donc pris l’habitude de nommer Super Lune les 2 ou 3 plus grosses Pleines Lunes de l’année, lorsque notre satellite naturel est assez proche pour que son diamètre apparent dépasse 33 minutes d’arc. L’expression dérive de Supermoon, un terme employé par les médias scientifiques américains depuis longtemps et qu’on retrouve régulièrement dans les publications de la NASA (A Supermoon Trilogy) ou encore de l’ESO (Supermoon at La Silla).

La Super Lune du premier jour de l’année 2018. © Jean-Baptiste Feldmann

Ce n’est donc qu’une expression, au même titre que « Soleil noir » désigne une éclipse totale de Soleil (et pourtant le Soleil n’est pas noir) ou encore « trou noir » qui désigne un objet céleste tellement compact que même la lumière ne peut s’en échapper (mais qui n’a rien d’un trou).

différence de diamètre apparent entre la Pleine Lune au périgée à gauche et à l’apogée à droite. © Eliot Herman

Ce qu’on peut regretter quand les médias généralistes parlent de Super Lune (on ne peut pas leur reprocher de parler sciences de temps en temps et de la rendre un peu plus accessible au grand public), ce n’est pas d’utiliser le terme mais de ne pas expliquer aux lecteurs que ce phénomène est imperceptible à l’oeil nu. En effet, même si une différence de taille de 12% n’est pas anodine, impossible quand on regarde une Super Lune de la comparer mentalement à une Pleine Lune à l’apogée observée six mois plus tôt. Ce comparatif n’est possible qu’à l’aide d’un montage photo comme ci-dessus.

Pleine Lune des chasseurs sur le château de la Tour le 3 novembre 2017. © Jean-Baptiste Feldmann

Il ne vous reste plus qu’a attendre les prochaines échéances (le 19 février 2019, diamètre apparent de la Lune  33,49 minutes d’arc puis le 08 avril 2020, diamètre apparent de la Lune : 33,47 minutes d’arc) pour vous faire votre propre opinion. En attendant je vous invite quand même à mettre le nez dehors à chaque Pleine Lune car c’est toujours un magnifique spectacle…

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