Pourquoi voit-on clignoter la nébuleuse planétaire NGC 6826 ?

La nébuleuse planétaire NGC 6826 présente une curieuse particularité quand on l’observe au télescope : elle semble clignoter !

Dans l’aile du Cygne :

Avez-vous envie de dessiner la nébuleuse planétaire NGC 6826 comme le fait Bertrand Laville sur son blog ? Pour la localiser, plongez dans l’aile du Cygne, mais choisissez la bonne. L’aile qui s’étire en direction de Pégase est connue pour ses célèbres Dentelles. Pour dénicher NGC 6826, soulevez l’autre aile, celle qui se déploie au-dessus de la Lyre :

L’objet céleste que vous allez essayer d’observer a une magnitude de 9 et un diamètre de 25 secondes d’arc. Vous l’aurez compris, cette nébuleuse planétaire s’adresse aux possesseurs d’un télescope d’au moins vingt centimètres de diamètre.  Continuer la lecture

Grande Ourse : un immense pont de matière relie deux galaxies

Dans la constellation de la Grande Ourse, les galaxies en interaction NGC 5216 et NGC 5218 sont reliées entre elles par un pont de matière. 

Découverte délicate :

En 1935, l’astronome américain Philip C. Keenan publie un article dans l’Astrophysical Journal. Il explique qu’il a remarqué un pont lumineux entre deux galaxies de la Grande Ourse, NGC 5216 et NGC 5218. Il a fait cette découverte en étudiant un cliché réalisé un an plus tôt par le télescope de soixante centimètres de diamètre de l’Observatoire Yerkes. Les deux galaxies en question étaient connues et référencées depuis 1790. Elles avaient même été étudiées en 1926 par Edwin Hubble, mais le pont de matière était trop ténu pour être détecté avec les moyens photographiques de l’époque :

Sur ce cliché réalisé le 20 février 1934 avec un télescope de 60 centimètres, on devine un filament lumineux entre les galaxies NGC 5216 et 5218. © Yerkes Observatory

Les astronomes vont redécouvrir ce filament en 1958 et le nommeront alors Système de Keenan. L’ensemble sera intégré ultérieurement dans l’Atlas of Peculiar Galaxies imaginé par l’astronome Halton Arp sous le matricule Arp 104.     Continuer la lecture

Ciel de feu sous le dernier croissant de Lune

Le lundi 21 novembre au lever du jour, un magnifique ciel de feu accompagnait le dernier croissant de Lune depuis le Beaujolais.

Incendie atmosphérique :

Vous avez sans doute déjà eu l’occasion d’admirer un ciel en feu à l’aube ou le crépuscule. Pendant quelques minutes, on assiste à un magnifique embrasement de l’atmosphère. Le Soleil est sous l’horizon, mais ses rayons allument le feu dans les nuages. Le spectacle est aussi beau qu’éphémère, et il vaut mieux avoir son appareil photo à portée de main. J’ai eu la chance de connaître ce plaisir lundi 21 novembre à l’aube. Peu après 7 heures du matin, le ciel à l’Est a commencé à rougir. Depuis les hauteurs du Beaujolais, on voyait un éventail rouge vif se déployer au-dessus de l’horizon :

Plus haut dans le ciel, un petit croissant de Lune était là pour nous rappeler que nous étions deux jours avant la Nouvelle Lune. Je suis arrivé à l’inscrire dans le haut de mon image. La silhouette des arbres dénudés m’a permis de remplir l’espace, pour ce cliché réalisé avec un boîtier Panasonic FZ82.

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Pendant trois semaines, admirez plus de trente passages de l’ISS !

Nous abordons une nouvelle fenêtre d’observation de l’ISS à la tombée de la nuit. Un joli spectacle visible même en ville !

Meccano géant :

l’ISS (International Space Station) est un assemblage de modules et de panneaux solaires de la taille d’un terrain de football. Elle passe régulièrement au-dessus de nos têtes à plus de 300 kilomètres d’altitude. La première mission de longue durée, Expédition 1, s’est déroulée il y a vingt ans. Depuis, la Station est occupée sans interruption. Il est possible de la voir passer dans le ciel lorsqu’elle nous survole en début ou en fin de nuit. C’est à ce moment que le Soleil (sous l’horizon) éclaire toute la structure :

Passage de la Station spatiale en soirée avec la Lune et Vénus. © Jean-Baptiste Feldmann

Certains astronomes amateurs se sont spécialisés dans la photographie de la Station avec un télescope. Un véritable défi, puisqu’il faut parvenir à suivre l’ISS qui file à près de 28.000 km/h ! Continuer la lecture

Trois galaxies s’enlacent du côté de l’étoile Fomalhaut

Le Groupe galactique compact Hickson 91 se niche dans la constellation du Poisson Austral, à 320 millions d’années-lumière.

Une célèbre petite constellation :

Sous le Carré de Pégase, au ras de l’horizon, la petite constellation du Poisson Austral fait assez pâle figure. Elle est pourtant célèbre pour son étoile principale, Fomalhaut. Les astronomes ont en effet découvert qu’elle est entourée d’un anneau qui se compose de glace et de poussières. On imagine qu’il s’y produit de multiples collisions entre des comètes et de futures planètes, des planétésimaux. En combinant les données du réseau ALMA et du télescope Hubble, on obtient une fascinante image de cet anneau qui fait penser à un œil gigantesque (ci-dessous). On le surnomme d’ailleurs l’Oeil de Sauron, l’un des personnages du Seigneur des Anneaux :

Un anneau de glace et de poussière entoure l’étoile Fomalhaut. © ALMA/NASA/Hubble

Légende ou histoire véridique ? On raconte qu’il y a 3.000 ans, en Perse (l’actuel Iran), Fomalhaut était l’une des quatre étoiles royales. Elle trônait dans l’une des quatre régions célestes, les autres étant gouvernées par AldébaranRégulus et Antarès. Continuer la lecture

Dernier Quartier de Lune : le long du terminateur au pôle Sud

De belles formations s’offrent à l’observateur qui pointe son télescope vers le pôle Sud lunaire lors du Dernier Quartier.

En route pour la Lune :

Ce matin du 16 novembre 2022, alors que la Lune affiche son Dernier Quartier, le pas de tir de Cap Canaveral est en effervescence. La fusée la plus puissante du monde, SLS, décolle dans le cadre de la mission Artémis 1. Cinquante ans après la dernière mission Apollo (Apollo XVII en novembre 1972), l’Homme repart pour la Lune. Pour l’instant, il ne s’agit que d’un vol inhabité pour tester la capsule Orion. Si tout se passe bien, un équipage rejoindra notre satellite naturel dans quelques années :

La puissante fusée SLS s’arrache de son pas de tir le 16 novembre 2022. © T. Mahlmann

En attendant de pouvoir y marcher à nouveau, nos télescopes nous permettent d’admirer quotidiennement cette magnifique désolation. Continuer la lecture

Saisissant : l’ombre de la Terre pendant une éclipse de Lune

Un très astucieux montage photographique permet de visualiser la taille du cône d’ombre terrestre durant une éclipse totale de Lune.

Entre ombre et lumière :

À chaque éclipse de Lune (il y en a en moyenne deux par an), les photographes rivalisent d’imagination pour immortaliser ce spectacle. Car loin de disparaître totalement dans le cône d’ombre de notre planète, la Lune se pare de magnifiques teintes rouges. Le phénomène s’explique par la réfraction des rayons solaires lors de leur traversée de l’atmosphère terrestre. Les rayons rouges sont déviés à l’intérieur du cône d’ombre, les autres couleurs du spectre se dispersent à l’extérieur :

Il y a éclipse quand la Lune passe dans l’ombre de la Terre. © Jean-Baptiste Feldmann

Tous les astronomes savent que la traversée du cône d’ombre terrestre par la Lune dépend de la position de la Lune dans ce cône. Mais comment visualiser ce cône ?  Continuer la lecture

Sur Mars, des nuages recouvrent le pôle Nord

Un mois avant qu’elle ne soit au plus près de la Terre, la planète Mars présente une importante couche nuageuse qui recouvre son pôle Nord.

Opposition très favorable :

En 2022, l’opposition de la planète Mars se produit le 8 décembre. À cette époque, la quatrième planète du Système solaire aura un diamètre apparent d’environ 17 secondes d’arc. Avouons-le, c’est peu à côté des 49 secondes d’arc que Jupiter arborait fin septembre. Mais Mars se situant cette fin d’année dans la constellation du Taureau, elle est idéalement placée pour les observateurs européens. Ils échappent ainsi aux turbulences atmosphériques qui dégradent les images des planètes basses sur l’horizon. C’est d’ailleurs d’Autriche que nous vient ce beau cliché :

Il a été obtenu le 7 novembre avec un télescope Celestron 14 par l’astrophotographe Michael Karrer (ses images sur Flickr). On y voit très nettement une importante couche nuageuse au pôle Nord. C’est également le cas sur les images de Dominique Gering, Simon Labergère ou encore Robert Cazilhac.

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De puissants jets de poussière balaient la nébuleuse NGC 7027

C’est un véritable bijou cosmique qui se cache dans la constellation du Cygne. Zoom sur l’étonnante nébuleuse planétaire NGC 7027.

Dans la queue du Cygne :

Si vous levez les yeux une nuit d’été, vous remarquez immédiatement la présence de trois brillantes étoiles qui constituent les jalons du Triangle d’été. L’un de ces astres est Deneb, une supergéante blanche qui marque la queue du Cygne. Les astrophotographes connaissent bien cette région céleste qui héberge de célèbres Dentelles. On y trouve aussi, bien que beaucoup plus discrète, une nébuleuse planétaire qui mérite le détour. NGC 7027, c’est son nom, fut observée pour la première fois en 1878 par Édouard Stephan :

Position de la nébuleuse planétaire NGC 7027 (cercle rouge) à proximité de Deneb, la plus brillante étoile du Cygne. © Sky and Telescope

Cet astronome français, qui fut pendant plus de quarante ans le directeur de l’Observatoire de Marseille, est surtout connu pour avoir découvert un Quintette de galaxies. Continuer la lecture

08 novembre : en Asie, on a admiré une éclipse de Lune et d’Uranus !

Coup double pour les astronomes installés en Asie : aujourd’hui, ils ont pu admirer une éclipse totale de Lune passant devant Uranus ! 

Mécanique céleste :

Le 14 septembre dernier, comme je vous l’annonçais ici, la Lune passait devant Uranus. Une belle occultation délicate à observer, en raison du très grand écart de luminosité entre les deux astres. Ce phénomène s’est reproduit aujourd’hui, mais cette fois le spectacle était encore plus intéressant, puisque la Lune était éclipsée ! Avouez que l’occasion était trop belle, et que les observateurs installés en Asie ne devaient pas la manquer :

Uranus juste avant sa disparition derrière la Lune éclipsée. © Sean Wang

Cette fois, l’éclat lunaire était tellement atténué qu’il devenait beaucoup plus facile de photographier Uranus. Encore fallait-il échapper aux nuages !

Minuscule mais visible :

Comme à chaque événement astronomique, c’est la météo qui a le dernier mot. La chance était du côté de l’astrophotographe chinois Sean Wang (voir sa page Facebook et sa page internet). À l’aide d’une caméra Uranus (ça ne s’invente pas !) reliée à une lunette de 80 millimètres de diamètre, il a immortalisé la planète découverte en 1781 par William Herschel (magnitude 6) avant et après son passage derrière la Lune. Notez l’arc de cercle que forme l’ombre terrestre à la surface de notre satellite naturel. Il a permis aux Hommes de savoir depuis l’Antiquité que la Terre est ronde :

Uranus redevient visible alors que la Lune sort du cône d’ombre terrestre. © Sean Wang

Pour admirer une éclipse de Lune en Europe de l’Ouest, il faudra attendre le 14 mars 2025. Mais pour une occultation d’une planète par la Lune, je vous donne rendez-vous dans un mois. Le 8 décembre en fin de nuit, la Pleine Lune occultera la planète Mars. Ce sera assurément un magnifique spectacle !

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NGC 6717, l’amas globulaire qui scintille dans le Sagittaire

Les étoiles de l’amas globulaire NGC 6717 semblent scintiller sur cette magnifique image réalisée par le télescope spatial Hubble. 

Vestiges cosmiques :

Les amas globulaires intéressent beaucoup les astrophysiciens. Avec des âges compris entre 10 et 14 milliards d’années, ils font office de fossiles des galaxies dont ils occupent la périphérie. On en compte environ 200 en orbite autour de notre Voie lactée. Le plus célèbre d’entre eux est Messier 13, visible dans la modeste constellation d’Hercule, à l’ouest du Triangle d’été. Mais c’est dans le Sagittaire que se cache un autre spécimen, NGC 6717 :

L’amas globulaire le plus connu dans le Sagittaire est Messier 55 mais aujourd’hui nous allons nous intéresser à NGC 6717. Il se situe légèrement  au-dessus de la poignée de la théière que semble représenter cette constellation. Continuer la lecture

Un grand télescope permet d’explorer le ciel du Morvan

Il est désormais possible d’admirer l’Univers à l’aide d’un grand télescope sous le beau ciel étoilé du Parc Naturel Régional du Morvan.

Une future Réserve de ciel étoilé :

Le Parc Naturel Régional du Morvan (site internet) se situe au cœur de la région Bourgogne-Franche-Comté. Idéalement placé entre Paris et Lyon, le PNR est riche de ses lacs et forêts. Ceux qui aiment le patrimoine culturel pourront découvrir de nombreux édifices à visiter, comme l’Abbaye de la Pierre qui Vire, le Château de Bazoches ou encore la Basilique de Vézelay. Cette dernière est le point de départ de l’une des principales voies de pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, la Via Lemovicensis :

Vézelay et sa basilique, but incontournable d’un séjour dans le Morvan. © O.T. de Vézelay

Les amoureux des nuits étoilées y trouvent également leur compte. Le Morvan est l’une des rares régions françaises à échapper à une envahissante pollution lumineuse. Porté par le PNR et de nombreuses associations, un projet de Réserve de ciel étoilé est d’ailleurs à l’étude. Il a pour but de préserver les nuits noires et d’en faire un enjeu touristique. Continuer la lecture

02 novembre 2022 : en photo ou en dessin, Jupiter fait son show

Quand Jupiter se donne en spectacle, à chacun sa technique pour en garder un souvenir. Photo ou dessin, tout est possible !

Une géante qu’on admire :

Quand on pointe Jupiter avec un télescope, le spectacle est souvent au rendez-vous. Si la Grande Tache Rouge (GTR) est invisible (en raison de la rotation de la planète), il reste le ballet des satellites. En effet, Io, Europe, Ganymède et Callisto présentent chaque nuit une disposition différente. Pour savoir à quoi s’attendre, il suffit d’utiliser une application comme Shallowsky. Elle nous permet de visualiser la position des quatre lunes découvertes par Galilée :

Un simulateur permet de visualiser les déplacements des lunes de Jupiter. © Shallowsky

Imaginez de conjuguer tous ces phénomènes le même soir : un passage de la GTR et trois lunes collées à la planète. C’est le spectacle auquel on pouvait assister le 02 novembre 2022. Continuer la lecture

Spectaculaire : Mercure et Vénus au milieu des éruptions solaires

Actuellement derrière le Soleil, les planètes Mercure et Vénus sont observables sans danger au milieu des éruptions solaires.

Observatoire solaire :

L’observatoire solaire SOHO (Solar and Heliospheric Observatory) a été lancé le 2 décembre 1995. Depuis, il fournit quotidiennement un bulletin de santé de notre étoile dans différentes longueurs d’onde. Il est notamment équipé de deux coronographes LASCO (Large Angle and Spectrometric Coronagraph) destinés à étudier la couronne solaire. Un cache central leur permet de masquer le Soleil, trop lumineux, de façon à pouvoir observer ce qui se passe autour. Des éruptions solaires principalement, mais également des étoiles et parfois des planètes :

C’est dans le champ de LASCO C3 que l’on peut observer Vénus et Mercure en ce moment. Les deux planètes se trouvent derrière le Soleil par rapport à nous (à respectivement 1,7 et 1,4 Unité Astronomique). Comme elles sont assez lumineuses, elles saturent le capteur du coronographe (trait lumineux de part et d’autre). Pendant ce temps, différentes éruptions solaires se produisent. On peut les visualiser par périodes de 24 heures sur cette page.

Soleil actif :

Si nous observons de nombreuses éruptions dans le coronographe de SOHO, c’est parce que le Soleil s’approche du maximum de son cycle d’activité de 11 ans, prévu en 2025. Pour s’en convaincre, il suffit de regarder les images obtenues dans certaines longueurs d’onde à l’occasion de l’éclipse partielle du 25 octobre 2022. D’ailleurs, la Chaîne Astro nous propose une excellente compilation de tout ce qu’il ne fallait pas manquer à cette occasion. Dans cette vidéo, on découvre un Soleil accompagné de taches, protubérances, filaments et spicules :

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Éphémérides : que voir dans le ciel au mois de novembre 2022

Durant ce mois de novembre 2022, Mars continue de se rapprocher de la Terre, il pleut des Léonides et la Lune croise trois planètes.

Éclipse de Lune invisible :

Le plus beau phénomène astronomique de ce mois de novembre 2022 est une éclipse totale de Lune. Elle se produit le 8, quinze jours après l’éclipse partielle de Soleil du 25 octobre. Malheureusement, cette éclipse ne concerne pas l’Europe. Seuls quelques privilégiés installés sur les bords de l’océan Pacifique pourront profiter du spectacle. Quant à nous, il faudra attendre l’aube du 14 mars 2025 pour voir ce phénomène en France :

L’éclipse de Lune du 27 juillet 2018 avec la planète Mars. © Jean-Baptiste Feldmann

Rassurez-vous, nous allons cependant avoir de quoi nous occuper pendant les nuits de novembre 2022. N’oubliez pas d’utiliser la carte du ciel étoilé en temps réel pour vous orienter sous les étoiles. Et si vous venez de faire l’acquisition d’un instrument d’astronomie, le Ciel au télescope vous sera d’une aide précieuse. Continuer la lecture

Des étoiles vont naître dans la nébuleuse du Fantôme

Dans la constellation de Céphée, Sh2-136 porte bien son nom de nébuleuse du Fantôme. Elle devrait donner naissance à de nouvelles étoiles.

Fantôme de gaz et de poussière :

1.500 années-lumière : c’est la distance qui nous sépare de Sh2-136, la nébuleuse du Fantôme. Il s’agit d’une nébuleuse par réflexion, c’est-à-dire que ce sont les nuages de poussière qui réfléchissent la lumière des étoiles environnantes. L’objet se cache dans Céphée, la constellation qui héberge également NGC 2276, la galaxie qui ne tourne pas rond. Sh2-136 est loin d’être facile à imager, et ce ne sont pas les astrophotographes amateurs qui vous diront le contraire. Comptez une vingtaine d’heures de poses avec un petit télescope pour l’immortaliser. Et visuellement, ça donne quoi ?

C’est Bertrand Laville qui nous livre la réponse. Il en a fait un dessin (ci-dessus) avec un télescope de 63,5 centimètres de diamètre depuis l’Observatoire des Baronnies Provençales. Continuer la lecture

L’incroyable histoire d’un télescope géant en Irlande

Construit en 1845 en Irlande, le Léviathan resta le plus grand télescope du monde (1,83 mètre de diamètre) jusqu’en 1917. 

La passion d’un comte :

Il fut un temps au XIXe siècle, où le plus grand télescope du monde se trouvait en Irlande. À deux heures de route de Dublin, près de la ville de Birr, vivait William Parsons, troisième comte de Rosse. Ce riche astronome irlandais avait décidé de construire un télescope de 1,83 mètre de diamètre. Il supplanta alors celui de 1,20 mètre réalisé en 1789 par William Herschel.

William Parsons, troisième comte de Rosse. © Christine Sasiad

En 1839, William Parsons disposait déjà d’un télescope de 92 centimètres de diamètre. Son miroir avait été coulé dans un mélange de cuivre et d’étain. Trois ans plus tard, il décida de réaliser un miroir deux fois plus grand. Le premier miroir se brisa. Par prudence, le comte en fit recouler deux autres. L’instrument, le Léviathan, entra en service en 1845, au moment de la Grande Famine. Continuer la lecture

Au Rajasthan, on a vu le Soleil se coucher partiellement éclipsé

Le photographe Abhinav Singhai a immortalisé le coucher du Soleil partiellement éclipsé le 25 octobre 2022 au Rajasthan. 

À l’Ouest de l’Inde :

Le Rajasthan est le plus grand d’une mosaïque de trente-six États et territoires qui constituent l’Inde. Il se situe à l’Ouest du pays, à la frontière avec le Pakistan. Le Rajasthan est célèbre pour ses palais et ses forts, vestiges des nombreux royaumes qui se sont longtemps disputés la région. Le plus grand de ces forts est celui de Chittorgarh. S’étendant sur 280 hectares, il est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Chaque fois qu’ils ont été assiégés dans le passé, les habitants du fort ont fait le choix de se donner la mort par le feu plutôt que de se rendre :

Une partie du fort de Chittorgarh avec la Tour de la Victoire (Vijaya Stambha). © Wikipedia

Le site est dominé par deux tours, la Tour de la Renommée (Kirti Stambha), haute de 22 mètres, et la Tour de la Victoire (Vijaya Stambha), haute de 37 mètres. Continuer la lecture

25 octobre : l’éclipse partielle de Soleil a tenu ses promesses

Retour en images sur l’éclipse partielle de Soleil de ce 25 octobre 2022 que j’ai eu la chance d’observer depuis le Beaujolais.

Rendez-vous céleste :

Les astronomes amateurs ne voulaient manquer à aucun prix cette éclipse de Soleil, même si elle n’était que partielle. Car c’est toujours très émouvant de voir la Lune grignoter lentement le bord du Soleil. N’oublions pas que les deux astres ont sensiblement le même diamètre apparent, puisque la Lune est 400 fois plus petite et 400 fois plus proche que le Soleil. Comme c’est souvent le cas, c’est la météo qui conditionne la réussite d’une observation astronomique. Et cette fois, il a fait beau !

J’ai donc pu installer tôt ce matin mon matériel : un télescope Perl 102/1300 protégé par un filtre solaire ASTF 80. L’instrument était fixé sur une monture motorisée (celle de mon Célestron Nexstar 6 SLT) pour assurer un suivi confortable du Soleil. Continuer la lecture

On a retrouvé des fragments du catalogue d’étoiles d’Hipparque

Des extraits d’un célèbre catalogue d’étoiles attribué à Hipparque seraient cachés dans un manuscrit chrétien médiéval.  

Hipparque, père de l’astronomie :

L’astronome grec Hipparque (190-120 avant J.-C.) est considéré comme le premier astronome de l’Histoire. Son œuvre est considérable. Il est surtout connu pour avoir établi le premier catalogue astronomique contenant la position et la magnitude de nombreuses étoiles. Mais il avait également pressenti que les étoiles naissent, se déplacent au cours de leur vie et finissent par mourir. Mathématicien, il s’appuya sur la trigonométrie et des observations antérieures pour développer une méthode fiable de prédiction des éclipses. Tous ses travaux étaient réunis dans une quinzaine d’ouvrages dont il était l’auteur :

Hipparque est considéré comme le premier astronome de l’Histoire. © Christine Sasiad

Mais de tout cela, nous n’avons que des évocations dans les écrits de ses successeurs. C’est surtout l’astronome grec Claude Ptolémée, trois siècles plus tard, qui nous a révélé l’immense travail de son illustre prédécesseur. Seuls trois ouvrages d’Hipparque nous sont parvenus, mais rien sur le fameux catalogue. Jusqu’à une singulière découverte…  Continuer la lecture

"J'ai en moi un besoin terrible. Dirais-je le mot? La religion. Alors, je sors la nuit et je peins des étoiles." Vincent van Gogh