Mission DART : les télescopes du monde entier mobilisés

C’est dans la nuit du 26 au 27 septembre que la sonde DART doit entrer en collision avec Dimorphos, un astéroïde de 160 mètres.

Mission kamikaze :

DART (Double Asteroid Redirection Test) est une mission de défense planétaire imaginée par la NASA. Elle a pour objectif d’observer les effets de l’impact d’une sonde sur un petit corps céleste, Dimorphos. Ce dernier est la lune d’un astéroïde plus volumineux, Didymos (lire à ce sujet les astéroïdes avec plusieurs lunes seraient très courants). En effet, le risque de voir un petit corps céleste entrer un jour en collision avec la Terre n’est pas nul. N’oublions pas ce qui s’est passé le 15 février 2013 au-dessus de la ville russe de Tcheliabinsk :

Dimorphos (160 mètres de diamètre), future cible de la mission DART, est la petite lune d’un astéroïde plus volumineux, Didymos (780 mètres de diamètre). © NASA

Avec DART (qui signifie “fléchette” en anglais), les planétologues veulent voir si l’impact d’une sonde sur un astéroïde est suffisant pour le faire légèrement dévier de sa trajectoire. Patrick Michel, directeur de recherche au CNRS, nous présente les enjeux de cette mission :

Continuer la lecture

À ne pas manquer : Jupiter au plus près de la Terre

C’est l’opposition de Jupiter, la meilleure période pour admirer la planète géante gazeuse. Ne manquez pas ce rendez-vous !  

Une planète géante au plus près :

Le  26 septembre 2022, Jupiter est à l’opposition (alignement Soleil-Terre-Jupiter) à 591 millions de kilomètres de nous. Il s’agit de la plus courte distance Terre-Jupiter de tout le XXIe siècle. La planète gazeuse géante nous présente un diamètre apparent de 49,8 secondes d’arc et une magnitude de -2,9. Autant dire que vous n’aurez aucun mal à la repérer au milieu des étoiles de la constellation des Poissons :

Position de Jupiter à minuit au moment de son opposition. © Stelvision

Comme nous allons le voir, son observation est possible avec de petits instruments. Ne vous privez pas de la pointer, de belles surprises vous attendent ! Continuer la lecture

En vidéo : plongée dans la nébuleuse planétaire NGC 3132

Les premières images du JWST ont dévoilé la beauté en infrarouge de la nébuleuse planétaire NGC 3132 dans la constellation des Voiles.

Nébuleuse planétaire australe :

Cataloguée sous le nom de NGC 3132 (ou Caldwell 74), la nébuleuse de l’anneau Sud est le pendant austral de la célèbre nébuleuse de la Lyre. C’est une nébuleuse planétaire, le linceul d’une étoile mourante située à environ 2.500 années-lumière de la Terre. L’étoile moribonde à l’origine de cet anneau de gaz et de poussière n’est pas celle que l’on voit briller intensément au centre. Elle apparaît faiblement juste à côté, noyée dans la lumière d’un des pics de diffraction (flèche rouge sur l’image suivante) :

NGC 3132 imagée par le James Webb Space Telescope. © NASA/ESA/CSA/STScI/NIRCam

Vouée à devenir une naine blanche, l’étoile mourante éjecte des coquilles de gaz et de poussière depuis des milliers d’années. Son mouvement orbital autour de sa brillante voisine a donné lieu aux structures complexes de la nébuleuse (présentée dans l’APOD). Cette dernière s’étend sur une superficie d’environ 0,5 année-lumière. Continuer la lecture

Ombre géante pour une montagne lunaire

La Lune nous offre sans cesse de nouveaux paysages éphémères. Exemple avec cette ombre géante derrière le mont Piton.

Ombre et lumière sur la Lune :

Nous connaissons les mouvements de la Lune, sur elle-même et autour de la Terre. Ce sont eux qui sont responsables des variations de lumière à sa surface. Il en résulte que les paysages lunaires ne reçoivent jamais le même éclairage. On connaît le célèbre “X” lunaire, un éphémère jeu d’ombre et de lumière. Il se produit quand les rayons du Soleil viennent caresser les bords supérieurs des cratères BlanchinusLa Caille et Purbach. Aujourd’hui, je vous propose de découvrir une ombre géante dans la mer des Pluies :

L’ombre du mont Piton s’étire dans la mer des Pluies.© Jean-Baptiste Feldmann

Les images qui illustrent cet article ont été prises avec un Celestron Nexstar 6 SLT. J’ai installé au foyer du télescope une webcam (pour la vue rapprochée) ou un boîtier Nikon D3200 (pour la Lune en entier). Continuer la lecture

Pourquoi peut-on voir la lune Callisto au-dessus de Jupiter ?

Le 27 août dernier, Dimitris Kolovos obtenait un cliché de Jupiter montrant la lune Callisto près du pôle Nord. Explications.

Quatre lunes célèbres :

En 1610, après les avoir découvertes, Galilée les avaient surnommées « étoiles médicéennes » en l’honneur de la maison de Médicis. Mais les quatre plus grosses lunes de Jupiter prendront finalement les noms proposés par l’astronome allemand Simon Marius. Par ordre d’éloignement à la planète, on trouve, Io, Europe, Ganymède et Callisto. C’est un régal d’observer leurs déplacements quotidiens dans une petite longue-vue. On les voit tantôt à gauche, tantôt à droite de la planète. Et quand il en manque, c’est qu’elle (s) passe (nt) devant ou derrière la géante gazeuse. Mais Callisto est une lune facétieuse. Comme c’est la plus éloignée, l’inclinaison de son plan orbital par rapport à la Terre nous la montre parfois au-dessus ou au-dessous de Jupiter :

Ainsi, le 27 août, Callisto semblait flotter à proximité du pôle Nord de la planète géante gazeuse, ce qu’on appelle une conjonction inférieure. Une curieuse configuration que l’astrophotographe grec Dimitris Kolovos a pu immortaliser. Il se produit une conjonction en moyenne tous les 8, 35 jours (la période de rotation de Callisto autour de Jupiter étant de 16,7 jours) : tantôt inférieure (passage près du pôle Nord) ou supérieure (passage près du pôle Sud). Pour admirer les prochaines conjonctions, utilisez un simulateur comme Shallowsky :

Ce simulateur permet de visualiser les déplacements des lunes de Jupiter. © Shallowsky
Vous pourriez aimer :

Suivez l’actualité astronomique et découvrez mes images du ciel en vous abonnant à Cielmania sur Facebook.

Insolite : les (fausses) nébuleuses de l’artiste Kevin Matagne

Artiste touche-à-tout, l’astrophotographe belge Kevin Matagne crée d’étonnantes images numériques de fausses nébuleuses. 

Artiste protéiforme :

Comment définir Kevin Matagne ? Sa biographie sur le site du Théâtre Denise-Pelletier nous offre déjà un bel aperçu de ses compétences. On y apprend que “Kevin Matagne (accessoires, vidéo, régie et photo) est designer et artiste polyvalent. Ces dernières années, il a été laborantin, restaurateur de meubles, programmeur, web designer, professeur de photographie… Il peut tout faire et on peut donc lui demander n’importe quoi.” Si on retrouve son nom dans ce théâtre canadien, c’est parce qu’il fait partie de la troupe du spectacle belge La convivialité. Mais ce que ne dit pas cette glorieuse présentation, c’est qu’il est également astronome amateur :

La nébuleuse de la Méduse dans la constellation des Gémeaux. © Kevin Matagne

Observant le ciel avec un télescope de 35 centimètres, il a vite été limité par la pollution lumineuse autour de Bruxelles. Qu’à cela ne tienne, il s’est lancé avec succès dans l’astrophotographie. Et l’on peut découvrir ses débuts très prometteurs sur son compte Facebook. Continuer la lecture

Exceptionnel : le 14 septembre 2022, la Lune occulte Uranus

C’est un spectacle qu’il ne faudra pas rater : ce mercredi 14 septembre, nous assisterons à une occultation d’Uranus par la Lune.

Planète masquée :

Une occultation de planète par la Lune est toujours un événement ! S’il n’est pas rare de voir notre satellite naturel nous masquer des étoiles (comme ici), le phénomène est beaucoup moins fréquent avec les planètes. Ce mercredi 14 septembre 2022, c’est la petite bille bleue d’Uranus qui va disparaître pendant près d’une heure. Un spectacle à ne pas manquer, d’autant plus qu’il devrait être visible dans une simple paire de jumelles. L’écart entre l’éclat de la Lune et celui d’Uranus (magnitude proche de 6) est en effet trop grand pour pouvoir observer l’occultation à l’œil nu :

Commencez à pointer la Lune un peu avant 23 heures (Temps local). Le petit point d’Uranus ne sera plus très loin du bord lunaire, à proximité de l’océan des Tempêtes. Continuer la lecture

En Sicile, dernière Pleine Lune de l’été au-dessus de Castiglione

Le photographe Dario Giannobile a immortalisé la Pleine Lune en train de se lever dans l’axe du joli village de Castiglione en Sicile.

Harvest Moon :

Samedi 10 septembre, le photographe Dario Giannobile (voir son site internet) avait rendez-vous avec la Pleine Lune en Sicile. Pour la photographier à son lever, il a choisi comme premier plan le village de Castiglione, situé sur le flan Nord de l’Etna. Cette Pleine Lune, troisième et dernière de l’été, est la plus proche de l’équinoxe. On la surnomme Harvest Moon, la Pleine Lune des récoltes. Une fois le Soleil couché après une chaude journée, le village s’est paré de mille et une petites lumières :

La Pleine Lune de septembre se lève derrière Castiglione en Sicile. © Dario Giannobile

Sur sa page Facebook, le photographe raconte :  “Déjà classé parmi les plus beaux villages d’Italie, Castiglione peut aussi se vanter d’un passé millénaire… Lorsque la Pleine Lune de septembre s’est levée sur la petite ville, le jour déclinait, mais une lumière chaude éclairait encore le paysage avant de laisser la place au crépuscule. Le village s’est illuminé, mettant en valeur son architecture médiévale. On reconnaît sur la gauche le château de Lauria, et à droite le clocher de l’église des Apôtres Pierre et Paul. En traversant les basses couches de brume, la lumière de la Lune était également teintée de rouge“. Continuer la lecture

Fascinantes nébuleuses obscures dans la Voie lactée

Au milieu des myriades d’étoiles qui peuplent la Voie lactée, d’étonnantes nébuleuses obscures se dessinent à l’encre noire.

Dentelles noires :

Si vous admirez la Voie lactée une nuit d’été, elle vous fera penser à une bande laiteuse, à l’origine de son nom. Armé d’une paire de jumelles, vous découvrirez que sa lumière est produite par une infinité d’étoiles :

L’artiste flamand Pierre Paul Rubens nous a laissé une représentation de la Voie lactée qui s’inspire de la mythologie gréco-romaine : Zeus profita du sommeil de sa femme légitime, la déesse Héra, pour lui faire allaiter Hercule. En s’éveillant, Héra repoussa l’enfant qui n’était pas d’elle et le lait se répandit dans le ciel, formant la Voie lactée.

Pourtant, au milieu de cette rivière de lumière, on trouve de nombreuses nébuleuses obscures. Au début des années 1960, l’astronome Beverly Turner Lynds décida de les recenser. Près de 1.800 nébuleuses obscures sont ainsi rassemblées dans le LDN (Lynds Catalog of Dark Nebulae). Ces vastes nuages moléculaires (on y trouve de l’hydrogène moléculaire, appelé aussi dihydrogène) produisent un effet saisissant. Très riches en poussières, ils occultent la lumière de presque toutes les étoiles qui brillent derrière. Comme si un artiste cosmique avait fait couler de l’encre de Chine en pleine Voie lactée. Continuer la lecture

M83 : quinze amateurs s’unissent pour un magnifique portrait

Quinze astronomes amateurs ont mis en commun leurs compétences pour réaliser une superbe image de la galaxie spirale M83.

Une galaxie flamboyante :

M83 (NGC 5236) est une galaxie spirale intermédiaire vue de face et située dans la constellation australe de l’Hydre. Elle se trouve à environ 15,2 millions d’années-lumière de la Voie lactée et ressemble beaucoup à la galaxie du Moulinet, M101. C’est pour cette raison que M83 est parfois appelée la galaxie australe du Moulinet. Elle a été découverte en 1752 par Nicolas-Louis de Lacaille. La même année, cet astronome français dénichait également la célèbre nébuleuse de la Carène. En 2014, le télescope spatial Hubble avait immortalisé cette galaxie :

La galaxie australe du Moulinet (NGC 5236) photographiée en 2014 par le télescope spatial Hubble. © NASA/ESA/The Hubble Heritage Team (STScI/AURA)

Mais comment rivaliser avec les grands télescopes professionnels pour tirer le portrait de cette flamboyante galaxie ? C’est le projet un peu fou qui a mobilisé quinze astronomes amateurs italiens. Continuer la lecture

Vaguelettes gazeuses dans la nébuleuse du Spirographe

Dans la nébuleuse planétaire du Spirographe, le gaz soufflé par l’étoile centrale produits d’étonnants motifs géométriques. 

Sous les pieds d’Orion :

La discrète nébuleuse du Spirographe (alias IC 418) est blottie sous les pieds du chasseur Orion, dans la constellation du Lièvre. En général, les astronomes n’ont d’yeux que pour Messier 42, la plus belle nébuleuse du ciel nocturne. Il leur suffirait pourtant de pointer leur télescope sept degrés plus bas pour découvrir IC 418. Mais il est vrai qu’avec une magnitude de 11, cette petite nébuleuse planétaire est bien plus modeste que la célébrissime nébuleuse d’Orion :

La petite nébuleuse planétaire IC 418 se trouve dans la constellation du Lièvre, sept degrés en dessous de la célèbre nébuleuse d’Orion, Messier 42. © Sky and Telescope

Pour découvrir visuellement IC 418, il faudra réunir plusieurs conditions : un ciel bien noir et un télescope d’au moins 30 centimètres de diamètre. Une autre option consiste à feuilleter les archives photographiques du télescope Hubble. La nébuleuse du Spirographe y dévoile ses curieuses volutes gazeuses (ici). Continuer la lecture

Une tornade de plasma géante s’est échappée du Soleil

Fin août, les astronomes ont pu suivre une spectaculaire éjection de plasma sur le bord Sud du Soleil. Un spectacle de toute beauté.

Gaz brûlant :

Le Soleil éjecte en permanence du gaz ionisé, le vent solaire. C’est un plasma, c’est-à-dire que les atomes sont si chauds qu’ils se scindent en ions (de charge positive) et électrons (de charge négative). Ce vent particulier s’échappe de la haute atmosphère de notre étoile dans toutes les directions, en suivant les lignes du champ magnétique solaire. Fin août, c’est une véritable tornade de plasma que les astronomes ont pu suivre. Vingt fois plus grande que la Terre, cette impressionnante masse de gaz ionisé se détachait parfaitement sur le bord du Soleil :

La tornade de plasma solaire photographiée le 30 août 2022. © Philippe Tosi

L’astrophotographe français Philippe Tosi a réussi de magnifiques clichés du phénomène, visibles sur son blog Photoastro. Notez que ce genre d’observations n’est possible qu’avec des instruments et des filtres spéciaux, jamais à l’œil nu.

Conséquences fâcheuses :

Lorsqu’il pénètre dans l’atmosphère terrestre, ce plasma est à l’origine des aurores polaires. Il peut aussi endommager les satellites ainsi que les systèmes électriques et informatiques au sol. Je vous laisse relire ce qui s’est produit lorsque la plus grande tempête solaire a frappé la Terre en 1859 :

Une éruption solaire (flash lumineux) photographiée par la sonde SOHO. © NASA

Cette fois-ci, l’éjection de gaz n’était pas dirigée en direction de la Terre, mais perpendiculairement. L’activité du Soleil ne cessant de croître (le maximum du cycle est attendu pour 2025), d’autres événements de ce type sont à prévoir.

Vous pourriez aimer :

Suivez l’actualité astronomique et découvrez mes images du ciel en vous abonnant à Cielmania sur Facebook.

Que voir dans le ciel nocturne au mois de septembre 2022

En septembre, les nuits continuent de s’allonger et les températures restent clémentes. Le ciel nocturne est à vous !

Le retour des nuits sombres :

En septembre, l’été touche à sa fin, mais ce n’est pas une raison pour ne plus lever les yeux au ciel. Bien au contraire, puisque les nuits s’allongent ! Après son opposition en août, la planète Saturne continue de briller toute la nuit. Si vous ne l’avez pas encore fait, pointez une longue-vue dans sa direction. C’est un spectacle dont on ne se lasse pas. Et ce mois-ci, c’est au tour de Jupiter d’être au plus près de la Terre. Il y a là aussi de belles observations à réaliser :

Jupiter et Antarès en début de nuit à la fin de l’été 2019. © Jean-Baptiste Feldmann

Quand la Lune se fera discrète, éloignez-vous des lumières des villes. En début de nuit (qui arrive de plus en plus tôt), vous pourrez admirer la Voie lactée qui serpente au-dessus de vos têtes. Et avant l’aube, la belle constellation d’Orion est de retour. Continuer la lecture

Insolite : Jupiter et ses environs sous le regard du JWST

Le télescope spatial James Webb a imagé la proche banlieue de la planète gazeuse géante Jupiter. Décryptage d’une image insolite.

Un nouveau regard sur Jupiter :

La mise en service du James Webb Telescope nous permet d’imaginer d’incroyables découvertes au fin fond de l’Univers. Les astronomes espèrent également de grandes avancées dans l’étude des exoplanètes. Mais le JWST peut également nous surprendre en visant des cibles beaucoup plus proches, dans le Système solaire par exemple. La preuve avec ce cliché de la banlieue de la plus grosse planète réalisé le 27 juillet 2022  (JWST infrared image of Jupiter system) :

Le JWST nous dévoile les alentours de Jupiter : deux petits satellites et des anneaux découverts en 1979. © NASA/European Space Agency/Jupiter Early Release Science team

On peut y admirer en infrarouge (ce qui fausse les couleurs) la Grande Tache rouge (en bas à droite du globe jovien). On notera également toute la richesse et la complexité au sein des bandes nuageuses qui ceinturent la géante gazeuse, ainsi que la présence de spectaculaires aurores polaires. Mais ce plan large permet également d’observer les anneaux autour de la planète. Continuer la lecture

NGC 2276, la galaxie qui ne tourne pas rond dans Céphée

NGC 2276 est une galaxie particulière dans la constellation de Céphée. Curieusement, son noyau n’est pas au centre des bras spiraux.

Tout au bout de Céphée :

La constellation de Céphée (le roi des Éthiopiens dans la mythologie grecque), recèle quelques beautés célestes. La nébuleuse de l’Hippocampe (Barnard 150) en fait partie, tout comme plusieurs amas d’étoiles. Parmi eux, Palomar 1, première découverte réalisée en 1954 par le télescope américain de 5 mètres de diamètre, est le plus célèbre. Céphée est une constellation circumpolaire, ce qui signifie qu’elle est visible toute la nuit et toute l’année. Très proche du pôle céleste, elle ne passe jamais sous l’horizon pour les observateurs européens :

NGC 2276 est une galaxie spirale particulière située dans la constellation de Céphée, non loin de l’étoile Polaire. © IAU/Sky & Telescope magazine

Mais c’est une galaxie qui nous intéresse aujourd’hui. Il s’agit de NGC 2276, une spirale repérée en 1876 par l’astronome allemand August Winnecke, grand découvreur de comètes. Elle n’est qu’à quelques degrés de la célèbre étoile Polaire, à 120 millions d’années-lumière de nous. Continuer la lecture

Mille et une nuances de lumière cendrée à l’aube

La lumière cendrée (ou clair de Terre) est une délicate lueur qui éclaire le globe lunaire à l’époque de la Nouvelle Lune. Explications.

Une douce clarté :

Qu’est-ce que la lumière cendrée ou clair de Terre ? Alors que le croissant lunaire reçoit directement les rayons du Soleil, le reste du globe est très légèrement éclairé par la lumière solaire que la Terre renvoie dans l’espace, comme le ferait un miroir. Ce joli phénomène est particulièrement perceptible à l’époque de la Nouvelle Lune. Admirez-le à l’aube deux ou trois jours avant, puis en soirée deux ou trois jours après.

Le cliché ci-dessus a été réalisé ce 25 août 2022 à 6 heures du matin, à l’heure bleue. J’ai utilisé un boîtier Nikon D3200 placé au foyer d’un télescope Maksutov de 100 millimètres de diamètre et 1300 millimètres de focale. La pose était de 5 secondes à 400 iso avec une occultation manuelle du tube du télescope pour éviter les vibrations. Une heure plus tôt, le ciel était beaucoup plus sombre :

Compositions pour photographe :

Si les clichés ci-dessus ont nécessité l’emploi d’un télescope, le phénomène est facile à saisir avec un simple appareil photo. Comme toujours, l’important est de bien choisir son premier plan, pour réaliser une composition harmonieuse. N’hésitez pas à cocher sur votre calendrier les périodes qui encadrent la Nouvelle Lune. Vous pourrez alors immortaliser ces instants particulièrement poétiques :

Vous pourriez aimer :

Suivez l’actualité astronomique et découvrez mes images du ciel en vous abonnant à Cielmania sur Facebook.

Nuages noctiluques et aurore boréale dans le ciel de Finlande

En Finlande, un photographe a capturé l’étonnant spectacle d’une aurore boréale se déployant au-dessus de nuages noctiluques.

Lumières dans le ciel de Finlande :

Le photographe Matti Helin (découvrez ses images) arpente la Finlande pour en révéler la beauté. Il y a toujours une part de poésie dans ses clichés de paysages et de nature. Et quand il lève les yeux, c’est par exemple pour saisir une curieuse couronne de pollen autour de la Pleine Lune. Réalisé le 8 août et posté sur SpaceWeather, son dernier cliché présente deux phénomènes lumineux atmosphériques rarement saisis ensemble :

On peut y voir les belles draperies vertes d’une aurore boréale danser au-dessus de quelques nuages noctiluques. Continuer la lecture

Zoom sur Véga, la plus belle étoile du ciel d’été

Plus brillante étoile du ciel estival, Véga est l’une des pointes du Triangle d’été. C’est le moment de lever les yeux pour l’admirer.

Carte d’identité :

Véga (Alpha Lyrae) est la cinquième étoile la plus brillante (magnitude zéro). Depuis nos latitudes, on peut même dire qu’elle est la troisième après Sirius et Arcturus. Elle est située à environ 25 années-lumière, ce qui en fait la sixième plus proche de toutes les étoiles brillantes. Un observateur remarque tout de suite sa couleur bleue. Elle correspond à une température de surface d’environ 9.400° C, soit 4.000° de plus que notre Soleil. Bien que Véga ne soit âgée que d’environ 500 millions d’années, elle est déjà à la moitié de sa vie :

Véga est la cinquième étoile la plus brillante du ciel nocturne. © Jose Mtanous

Selon une légende japonaise, Véga, la plus jeune fille de l’empereur céleste, est tisserande. Elle est amoureuse d’Altaïr (il est bouvier, c’est-à-dire conducteur de bœufs). Mais le père de la jeune fille ne veut pas et place entre eux une rivière d’étoiles, la Voie lactée. Voyant sa fille inconsolable, l’empereur finit par accepter qu’ils se retrouvent une fois par an. C’est le 7 juillet, septième jour du septième mois de l’année. Au Japon, cette fête est l’occasion de nombreux festivals. Continuer la lecture

Dans la Carène, le JWST scrute les rivages d’un océan cosmique

L’une des premières images réalisées par le James Webb Space Telescope nous montre une petite partie de la nébuleuse de la Carène.

Image iconique :

Le cliché fera date : le 12 juillet 2022, les astronomes dévoilaient un stupéfiant cliché de la Carène réalisé par le JWST. Il s’agit d’une toute petite portion de l’une des plus grandes nébuleuses, découverte par un Français. En effet, c’est Nicolas-Louis de Lacaille qui mentionna le premier la nébuleuse de la Carène (NGC 3372) en 1752. L’astronome français était alors en mission dans l’hémisphère austral pour mesurer l’arc du méridien :

La nébuleuse de la Carène déploie ses pétales rouges au-dessus d’une des antennes du réseau ALMA (Atacama Large Millimeter/submillimeter Array). © ESO/Babak Tafreshi

Cette nébuleuse en émission est l’une des plus grandes régions H II (hydrogène ionisé) de la Voie lactée. Imaginez : elle couvre une surface apparente de 3 degrés, soit six fois la Pleine Lune ! À la distance où se trouve la Carène (près de 9.000 années-lumière), cela représente une taille réelle d’environ 460 années-lumière. Continuer la lecture

Célèbre chasseur de comètes, Donald Machholz est décédé

L’astronome amateur américain Donald Machholz, connu pour avoir découvert douze comètes visuellement, est mort le 9 août 2022.

Un incroyable observateur :

Son épouse l’a annoncé sur ses comptes Twitter et Facebook :  Donald Machholz est décédé le 9 août 2022 des suites du Covid-19 à l’âge de 70 ans. Cet astronome amateur californien restera célèbre pour les douze comètes qui portent son nom, toutes dénichées visuellement. Sa dernière découverte remonte au 7 novembre 2018. À l’époque, Donald Machholz avait repéré l’astre chevelu de magnitude 10 à l’aide d’un télescope de 47 centimètres de diamètre. Un exploit à l’heure des instruments automatisés qui scrutent la totalité de la voûte céleste chaque nuit :

Donald Machholz pose ici à côté d’une paire de jumelles dédiée à la recherche de comètes.

Il partageait cette dernière découverte avec les japonais S. Fujikawa et M. Iwamoto, d’où le nom donné à l’astre chevelu : C/2018 V1 Machholz–Fujikawa–Iwamoto. Continuer la lecture

"J'ai en moi un besoin terrible. Dirais-je le mot? La religion. Alors, je sors la nuit et je peins des étoiles." Vincent van Gogh