Au sein de la nébuleuse planétaire Abell 78, la renaissance d’une étoile moribonde a provoqué une seconde éjection de matière.
Linceuls célestes :
Abell 78 fait partie du catalogue publié en 1958 par l’astronome américain George Ogden Abell. Elle est située à environ 5.000 années-lumière (AL) dans la constellation du Cygne. Toute petite (moins de deux minutes d’arc, le quinzième du diamètre apparent de la Lune), cette nébuleuse planétaire a une magnitude de 13. Elle symbolise une étape dans la vieillesse des étoiles de moins de huit masses solaires. En devenant des naines blanches, ces étoiles expulsent une coquille de gaz en expansion, comme dans le cas de la nébuleuse ESO 378-1 :
Les astronomes pensent avoir observé des collisions de planétésimaux dans le disque qui entoure l’étoile Fomalhaut.
Astre sur l’horizon :
Si vous cherchez Fomalhaut (α Piscis Austrini), regardez en direction de l’horizon Sud-Ouest en début de nuit. Comme nous le montre la carte de Stelvision, cette brillante étoile (magnitude 1,2) se situe à la verticale du Grand carré de Pégase :
Située à environ 25 années-lumière, elle est deux fois plus grande, deux fois plus massive et seize fois plus lumineuse que le Soleil. On raconte qu’il y a 3.000 ans, en Perse (l’actuel Iran), α Piscis Austrini était l’une des quatre étoiles royales. Elle trônait dans l’une des quatre régions célestes, les autres étant gouvernées par Aldébaran, Régulus et Antarès.
l’Oeil de Sauron :
Il y a quelques années, on a découvert un anneau composé de glace et de poussières autour de α Piscis Austrini. Cet anneau, qui fait penser à un œil gigantesque, a été surnommé l’Oeil de Sauron, référence au Seigneur des anneaux :
On imagine qu’il doit se produire de temps à autre dans cet anneau des collisions entre planétésimaux. Les astronomes en ont même calculé la fréquence : en moyenne une tous les cent mille ans. Et c’est sans doute l’une de ces collisions que vient de photographier le bon vieux télescope spatial Hubble :
La lumière émise par cette collision a été surnommée cs2 (“circumstellar source 2”). Problème : les astronomes avaient observé un événement identique (cs1) il y a seulement quelques années. À l’époque, on avait pris cs1 pour une exoplanète. On sait désormais qu’il s’agissait (tout comme cs2), du nuage de débris résultant d’un choc entre planétésimaux. Ces deux collisions soulèvent des interrogations. Pourquoi se sont-elles produites dans le même secteur de l’anneau ? Et pourquoi dans un délai aussi court ? Des questions qui justifient de mobiliser régulièrement le télescope Hubble dans les années à venir pour suivre l’évolution de cs1 et cs2.
Ce 3 janvier, c’est la première Pleine Lune d’une année qui en compte douze. Avec un rendez-vous tout particulier le 12 août 2026.
Rendez-vous avec la Lune :
Pour la Lune, l’année 2026 a débuté ce matin avec la première Pleine Lune. C’est un joli spectacle que j’ai pu immortaliser à l’aube depuis les Monts du Beaujolais. Au Nord-Ouest, le globe sélène s’est glissé lentement derrière un bosquet d’arbres au sommet d’une colline. Quelques instants plus tard, le Soleil faisait son apparition à l’opposé. Sur le cliché que j’ai pris avec mon boîtier Panasonic FZ82, on devine la présence d’un oiseau sur une branche :
Cette année, la Lune nous offre un incontournable rendez-vous, le 12 août. À cette date, la nouvelle Lune passera devant le Soleil, offrant l’incroyable spectacle d’une éclipse totale de Soleil. Le phénomène en lui-même n’est pas exceptionnel : il se produit en moyenne deux éclipses de Soleil chaque année. Mais pour en profiter, il faut être à l’intérieur ou au plus près du cône d’ombre de la Lune. Ce sera le cas le 12 août 2026, comme nous le montre cette carte interactive proposée par l’Observatoire de Paris :
Depuis une bande qui traverse l’Espagne, l’éclipse sera totale. Elle sera partielle tout autour. En France, le Soleil sera occulté à plus ou moins 97%, ce qu’on n’avait pas observé depuis l’éclipse du 11 août 1999. Nous aurons l’occasion de reparler de cet événement ; en attendant, admirez la Lune !
Le 25 décembre, des vents violents ont endommagé la coupole qui abrite la célèbre Grande lunette de l’Observatoire Lick en Californie.
Riche mécène :
L’Observatoire Lick est installé à 1200 mètres d’altitude au sommet du Mont Hamilton en Californie. Construit dans les années 1870, il est toujours considéré comme le premier observatoire de montagne. On verra apparaître par la suite d’autres réalisations de ce type, comme par exemple l’Observatoire du Pic du Midi. Si celui du Mont Hamilton a vu le jour, c’est grâce à James Lick. En effet, ce riche entrepreneur lui consacra sa fortune, amassée durant la ruée vers l’or. Sa dépouille repose d’ailleurs sous le plancher d’une coupole. Celle-là même qui accueillera quelques années plus tard une Grande lunette :
L’instrument en question est un réfracteur de 91 centimètres de diamètre. Il était, au moment de son inauguration en 1888, le plus grand du monde. Et c’est justement la coupole de cette mythique lunette qui a été endommagée le 25 décembre.
Noël dévastateur :
Le matin de Noël, des vents soufflant à plus de 180 kilomètres/heure ont balayé le Mont Hamilton. Comme on pouvait le craindre, ils ont arraché la trappe de la coupole. Il s’agit de la partie mobile qui s’ouvrait pour permettre les observations nocturnes depuis près de 150 ans. Autant dire que l’instrument s’est retrouvé immédiatement exposé aux intempéries :
Rapidement, le personnel a emmailloté le grand réfracteur, en attendant une évaluation chiffrée des travaux. Sage précaution, pour un instrument d’une telle importance. Il est bon de rappeler que cette lunette est toujours la seconde plus grande du monde. Elle a seulement été détrônée en 1897 par celle de l’Observatoire Yerkes. Gageons que les amoureux de ce site historique vont se mobiliser pour le sauver, par exemple en faisant un don. C’est d’ailleurs de cette façon qu’on a restauré le télescope qui a découvert Pluton :
C’est en décembre 1995 que le télescope spatial Hubble réalisa son premier Deep Field, une plongée vertigineuse dans l’univers lointain.
Plongée cosmique :
Le premier Deep Field (ou champ profond) réalisé par le télescope Hubble a bouleversé notre compréhension de l’univers. Pourtant, quand le télescope a été lancé en 1990, beaucoup de spécialistes doutaient de sa capacité à photographier les galaxies lointaines. À l’époque, le célèbre astrophysicien John Bahcall écrivit même dans la revue Science que l’instrument ne montrerait aucune galaxie qui ne soit déjà visible depuis le sol. Mais la suite allait lui donner tort :
L’année qui s’achève a été pour moi l’occasion de réaliser de nombreux astrodessins avec différents instruments.
Une technique peu coûteuse :
Vous le savez sans doute, je suis un grand adepte des astrodessins. J’ai d’ailleurs eu plusieurs fois l’occasion de vous en présenter dans ces colonnes. Il y a ceux d’illustres prédécesseurs, comme par exemple Lucien Rudaux ou Hugh Percy Wilkins. D’autres sont des contemporains : Steeven Chapados, Michel Deconinck, Laurent Oumar ou encore Laurent Ferrero. Ils sortent régulièrement crayons ou pinceaux pour croquer les spectacles célestes. Les comètes sont souvent leur sujet de prédilection, tant ces astres sont fascinants et changeants. Regardez par exemple ce que certains ont fait à l’occasion du passage de C/2023 A3 Tsuchinshan-ATLAS :
Je me suis amusé à feuilleter mes différents carnets de croquis pour l’année qui s’achève. L’occasion de découvrir que j’avais tout de même réalisé plus de 130 astrodessins ! Taches solaires, cratères lunaires, comètes, objets du catalogue Messier, les sujets étaient nombreux et variés. Il faut dire que la technique est rapide à mettre en œuvre, idéale pour de courtes séquences d’observations. Sans parler de son coût, dérisoire comparé à celui de l’astrophoto ! Petit aperçu de l’année écoulée, obtenu aux jumelles ou avec un télescope :
Après des essais au crayon à papier et à la craie, j’utilise désormais des feutres à dessin noirs, pointes O,4 et 0,8 millimètre.
Pour Noël, la comète périodique 24P/Schaumasse est passée devant les galaxies de la Chevelure de Bérénice.
Comète française :
La comète 24P/Schaumasse a été repérée le 1er décembre 1911 par Alexandre Schaumasse. Travaillant à l’Observatoire de Nice, cet astronome français (1882-1958) a également découvert deux autres comètes et deux astéroïdes. 24P/Schaumasse, dont le noyau mesure un peu moins de 3 kilomètres, nous rend visite environ tous les huit ans. C’est le cas en cette fin d’année, où l’astre chevelu (magnitude 10) se déplace dans la Chevelure de Bérénice :
Discrète constellation située entre le Lion et le Bouvier, elle est l’une des rares à porter le nom d’un personnage ayant existé. Il s’agit de Bérénice II d’Égypte, femme de Ptolémée III, qui sacrifia sa longue chevelure comme offrande à Aphrodite. Pour les astronomes, la constellation compte de nombreuses galaxies très photogéniques. Une aubaine pour Rolando Ligustri qui a pu immortaliser la comète au milieu de ces dernières :
Pour l’occasion, il a utilisé un télescope à distance (lire : l’astrophoto à distance, comment ça marche ?). Sur son cliché, la plus belle galaxie est Messier 100. Cette spirale vue de face, découverte par Pierre Méchain en 1781, a une magnitude de 10. Si l’envie vous prend de pointer la Chevelure de Bérénice avec un télescope, sachez que d’autres galaxies méritent le détour. Les plus intéressantes sont M 64, M 85 ou encore NGC 4565.
Nichée dans la constellation du Taureau, la célèbre nébuleuse du Crabe n’en finit pas d’être revisitée par les astronomes.
Spectacle dans le Taureau :
La nébuleuse du Crabe, premier objet du catalogue Messier, déploie ses filaments de gaz depuis près de mille ans. Elle est presque aussi célèbre que ses voisins les Hyades et des Pléiades. Mais à la différence de ces deux amas d’étoiles visibles à l’œil nu, il faut un télescope pour admirer la nébuleuse. En voici une photographie réalisée par l’astronome amateur Bernard Lesourd :
L’histoire de cette nébuleuse débute dans les années 1920. C’est à cette époque que l’astronome suédois Knut Lundmark en découvre la trace dans un traité d’astronomie chinoise. L’ astrologue impérial Yang Wei-Te y a méticuleusement consigné l’apparition d’une “étoile invitée” durant l’été 1054. On y apprend que l’astre était particulièrement brillant, au point de rester visible la journée pendant presque un mois! Continuer la lecture de La nébuleuse du Crabe nous fascine depuis un millénaire→
L’astrophotographe Christopher Go a réalisé une incroyable image de Jupiter, alors que la planète géante continue de se rapprocher.
Une planète haute dans le ciel :
La prochaine opposition de Jupiter aura lieu le 9 janvier 2026. À cette date, la planète sera à l’opposé du Soleil : elle se lèvera donc quand il se couchera. Ce sera alors la meilleure période pour l’admirer, au plus près de la Terre, à 633 millions de kilomètres. À cette distance, l’astre aura un diamètre apparent de 46,5 secondes d’arc. Mais plus que sa taille, c’est sa hauteur dans le ciel qui détermine la qualité des observations. Et cette année encore, la planète gazeuse géante est idéalement placée, dans la constellation des Gémeaux. De quoi franchir le méridien très haut dans le ciel, condition indispensable pour échapper à une bonne partie de la turbulence atmosphérique qui brouille les images. Commencée cet été, la campagne d’observation de cette planète s’intensifie. C’est ainsi que le 9 décembre, un mois avant l’opposition, Christopher Go a pu l’immortaliser :
Opérant depuis les Philippines avec un télescope Celestron 14, Christopher Go a bénéficié d’une atmosphère particulièrement stable. Outre de très nombreux détails dans les bandes gazeuses de la planète (dont la Grande tache rouge), cet extraordinaire cliché nous dévoile également la surface de Ganymède. Il s’agit de la plus grande lune du Système solaire, qui, dans les années à venir, devrait recevoir la visite des sondes Juice (ESA) et Europa Clipper (NASA).
Objet céleste particulièrement fascinant, la comète interstellaire 3I/ATLAS est au plus près de la Terre ce vendredi 19 décembre.
Un astre chevelu venu d’ailleurs :
Depuis sa découverte le 1er juillet 2025 par le Asteroid Terrestrial-impact Last Alert System, la comète 3I/ATLAS fait l’objet de toutes les attentions. Un engouement que nous expliquait le Docteur en astrophysique et journaliste scientifique Adrien Coffinet il y a quelques semaines (lire ici). Il faut dire que ce n’est pas n’importe quelle comète. Il s’agit en effet du troisième objet interstellaire repéré dans le Système solaire, après 1I/ʻOumuamua en 2017 et 2I/Borissov en 2019. Outre de très nombreux télescopes terrestres, ce sont plus d’une quinzaine de sondes spatiales qui ont été sollicitées pour espionner cette lointaine visiteuse, un record ! Même les amateurs s’y sont mis, comme le montre cette récente (et magnifique) image réalisée par Gerald Rhemann :
Ce 19 décembre, l’astre chevelu est au plus près de la Terre, à 270 millions de kilomètres. On peut l’observer en seconde partie de nuit, entre les pattes du Lion. Mais avec une magnitude proche de 13, n’espérez pas l’apercevoir dans un petit télescope ! Le 29 octobre dernier, lors du passage au périhélie, l’astre chevelu avait tout de même atteint une magnitude de 9. Mais depuis, son éclat ne cesse de décroître. Il faut donc faire vite pour collecter un maximum d’informations sur 3I/ATLAS. Bientôt, cet objet fascinant quittera définitivement le Système solaire.
L’orbiteur martien MRO vient de passer le cap des cent mille images réalisées depuis sa mise en orbite au printemps 2006.
Caméra haute résolution :
En 2026, la NASA fêtera les vingt ans d’observations de la sonde Mars Reconnaissance Orbiter (MRO). D’elle, le grand public connaît surtout les incroyables images délivrées par sa caméra HiRISE. Elle doit ses performances à un détecteur de 14 CCD associé à un télescope de 0,5 mètre de diamètre. D’ailleurs, c’est la plus grosse caméra embarquée sur une sonde, avec une résolution au sol qui peut atteindre 0,3 mètre depuis une altitude de 300 kilomètres :
Le 7 octobre dernier, cette caméra a réalisé sa cent millième image depuis l’orbite martienne. Un bel exploit pour l’orbiteur qui accumule les mesures scientifiques depuis bientôt deux décennies. Le cliché en question, présenté en fausses couleurs pour augmenter les contrastes, montre une petite portion de Syrtis Major, à 85 kilomètres du rover Perseverance :
Blotti au creux de la plus célèbre des nébuleuses, celle d’Orion, l’amas du Trapèze se dévoile dans un petit télescope d’amateur.
L’aile d’un papillon céleste :
Savez-vous que Messier 42, la nébuleuse d’Orion, est considérée comme la plus belle des nébuleuses ? Le spectacle qu’elle offre est certainement à l’origine de nombreuses vocations dans le petit monde de l’astronomie. Amusez-vous déjà à la localiser à l’œil nu loin de toute pollution lumineuse. Ensuite, pointez-la avec une paire de jumelles, vous trouverez qu’elle ressemble à une aile de papillon. Mais attention, n’espérez pas y voir de chatoyantes couleurs ! Elles ne se révèlent que sur les photographies. On peut penser que la nébuleuse est connue depuis fort longtemps, bien qu’on attribue sa découverte en 1610 à Nicolas-Claude Fabri de Peiresc :
Ce vaste complexe nébuleux diffus se situe à une distance d’environ 1.350 années-lumière (AL). Les astronomes ont eut l’idée de sonder la nébuleuse en infrarouge. En effet, le cœur de celle-ci est caché par de la poussière. Bien leur en a pris, puisqu’ils ont ainsi découvert plusieurs centaines d’étoiles en train de naître. Pour conclure cette présentation, j’ajouterai que le diamètre de Messier 42 est estimé à 24 AL. Quant à sa masse, elle est environ 2.000 fois plus importante que celle du Soleil. Continuer la lecture de Au cœur d’Orion, plongée dans l’amas du Trapèze→
Deux astrophotographes viennent de présenter une incroyable image de la comète C/2025 A6 (Lemmon) réalisée il y a plusieurs semaines.
Minutieux travail :
On croyait en avoir terminé avec la comète Lemmon. Après avoir enchanté les nuits du mois d’octobre, l’astre chevelu n’est plus qu’un lointain souvenir. Non seulement il ne cesse de s’éloigner, mais en plus il se situe loin derrière le Soleil, ce qui le rend inobservable. Ce sont désormais d’autres cibles que pointent les astrophotographes, comme par exemple M42, la grande nébuleuse d’Orion. Mais Michael Jäger et Gerald Rhemann n’avaient pas dit leur dernier mot. Patiemment, ils ont assemblé plusieurs clichés de la comète réalisés le 26 octobre dernier avec une courte focale. En ne gardant que les images prises dans le bleu, ils nous dévoilent l’impressionnante queue ionique de C/2025 A6 :
Rappelons que cette queue bleutée est composée de molécules de gaz qui se sont échappées de l’astre chevelu. Repoussées par la pression de radiation exercée par le vent solaire, elles émettent à cette occasion une lumière bleutée (par fluorescence). Cette queue ionique, qui s’étire très loin derrière le noyau de la comète, subit les effets du champ magnétique solaire qui en modifie l’aspect en permanence. Le champ de l’image est de 11X4 degrés, ce qui à cette distance représente une queue de plusieurs millions de kilomètres. une valeur impressionnante, certes, mais encore bien loin des records en la matière : 500 millions de kilomètres pour la comète Hyakutake et plus d’un milliard pour 153P/Ikeya-Zhang !
Découvert le 27 septembre à proximité du Soleil, l’astéroïde 2025 SC79 présente des caractéristiques assez originales.
Un astéroïde intriguant :
2025 SC79 est venu mettre un peu de piment dans le quotidien des chasseurs de petits corps célestes. Car si l’on découvre quotidiennement des astéroïdes, grâce aux programmes de détection automatisés, on peut dire que celui-ci sort du lot. Ce petit corps (700 mètres quand même) a été découvert le 27 septembre 2025 par Scott Sheppard depuis le CTIO (Cerro Tololo Inter-American Observatory). L’astronome utilisait la Dark-Energy Camera installée sur le télescope Blanco, un instrument doté d’un miroir de quatre mètres de diamètre. Ce télescope a été nommé en hommage à l’astronome portoricain Victor Manuel Blanco :
Très vite, l’astéroïde découvert par Scott Sheppard s’est révélé particulièrement intéressant. D’abord son orbite, presque entièrement circonscrite dans celle de Vénus, alors que la plupart de ces petits corps orbitent entre Mars et Jupiter. Le premier astéroïde de ce type, (594913) ꞌAylóꞌchaxnim, avait été découvert en 2020 :
Ensuite sa vitesse : il met 128 jours seulement à parcourir son orbite. Voilà qui en fait le quatrième astéroïde le plus rapide connu. Scott Sheppard s’est spécialisé dans la découverte de ces petits corps célestes orbitant très près du Soleil. On ne sait pas combien d’entre eux se cachent dans cette zone, où leur détection est si délicate. Une lacune que les astronomes vont devoir combler, car, comme le rappelle Scott Sheppard, “les astéroïdes les plus dangereux restent ceux qu’on voit le moins“.
À savoir :
Parmi ces astéroïdes si particuliers, les astronomes distinguent deux famille. La première, celle des Vatira, regroupe les astéroïdes dont l’orbite est entièrement circonscrite dans celle de Vénus. À ce jour, seul (594913) ꞌAylóꞌchaxnim en fait partie. La seconde, celle des Atira, regroupe les astéroïdes dont l’orbite peut dépasser celle de Vénus mais reste intérieure à celle de la Terre. C’est dans cette catégorie qu’on trouve par exemple 2021 PH27 (le plus rapide à ce jour), 2025 GN1 ainsi que 2025 SC79.
Alors que les obstacles s’accumulent pour le Thirty Meters Telescope (TMT), l’Espagne se propose de l’accueillir aux Canaries.
Télescopes géants :
Le Thirty Meters Telescope (TMT) représente la prochaine génération de grands télescopes terrestres. Équipé d’un miroir segmenté de 30 mètres de diamètre, il est pensé pour observer l’Univers depuis le proche ultraviolet jusqu’à l’infrarouge moyen. Cet ambitieux projet, soutenu principalement par les USA, vient s’ajouter au Télescope Géant Magellan (GMT) et aux projet européen E-ELT. Mais si l’implantation de ces deux derniers doit avoir lieu au Chili (hémisphère sud), le Thirty Meters Telescope a sa place dans l’hémisphère nord, sur l’île d’Hawaii :
Pourtant, le projet ne cesse de prendre du retard en raison de fortes oppositions locales. D’une part, les écologistes s’inquiètent des retombées environnementales. D’autre part, les peuples autochtones rappellent que le Mauna Kea est une montagne sacrée. Résultat, les procédures judiciaires s’enchaînent depuis une décennie, empêchant tout lancement des travaux :
Coup de grâce, les coupes budgétaires annoncées par l’administration Trump ces derniers mois. L’Espagne propose donc d’accueillir le télescope aux Canaries, et apporte un soutien financier à hauteur de 460 millions de dollars. Une proposition que doit maintenant étudier le conseil d’administration du TMT. Bien qu’un peu moins bon que celui d’Hawaii, le ciel des Canaries est l’un des meilleurs de l’hémisphère nord. Les îles espagnoles accueillent déjà l’ Observatoire du Roque de los Muchachos (ou se trouve le Gran Tecan) et l’Observatoire du Teide.
L’un des plus grands groupes de taches solaires depuis une décennie est actuellement observable avec certaines précautions.
Un Soleil toujours actif :
Les taches solaires AR 4294-4296 (photographiées hier par Dimitris Kolovos) viennent nous rappeler que le cycle solaire en cours n’a pas dit son dernier mot :
Ce cycle, le vingt-cinquième, avait débuté fin 2019, atteignant son maximum cinq ans plus tard, fin 2024. Logiquement, l’activité solaire est donc en train de décroître. Ce qui signifie que les taches, ces zones sombres moins chaudes où règne une intense activité magnétique, vont être moins nombreuses. Mais un sursaut d’activité peut toujours se produire. La preuve avec AR 4294-4296 :
Le maximum d’activité de l’essaim d’étoiles filantes des Géminides sera le principal événement astronomique de ce mois de décembre 2025.
Un jeune essaim météoritique :
C’est le 14 décembre 2025 qu’aura lieu le traditionnel pic d’activité des Géminides. Bien qu’étant l’un des essaims d’étoiles filantes les plus actifs, il n’est mentionné que depuis 150 ans. Au moment du maximum, le taux horaire atteint 75 météores. Curieusement, cet essaim n’est pas associé à une comète mais à un astéroïde. Il s’agit de (3200) Phaéton, découvert le 11 octobre 1983 par le télescope spatial infrarouge IRAS. Comme les météores semblent jaillir de la constellation des Gémeaux, non loin des étoiles Castor et Pollux, on leur a donné le nom de Géminides :
Admirez cette image, réalisée en décembre 2023 par Rob Sparks depuis l’Observatoire de Kitt Peak. En décembre 2025, le pic d’activité de l’essaim se produira après le Dernier quartier de Lune, donc dans d’excellentes conditions. Je vous propose maintenant de découvrir les autres observations possibles. Continuer la lecture de Éphémérides : le ciel du mois de décembre 2025→
Le centre de numérisation NAROO révèle la richesse des anciennes plaques photographiques qui dorment dans les observatoires.
Scanner les vieux clichés pour les faire parler :
Grâce à NAROO, les anciennes astrophotographies réalisées dans les observatoires vont enfin dévoiler tous leurs secrets. Ce centre de numérisation (New Astrometric Reduction of Old Observations) a vu le jour à l’Observatoire de Paris-Meudon. On peut y scanner en haute résolution les anciens clichés du ciel nocturne, des plaques en verre recouvertes d’une émulsion photo-sensible. C’est en effet le procédé qui a été utilisé dans les observatoires pendant plus d’un siècle avant l’arrivée des récepteurs électroniques. Ces plaques, une fois scannées, révèlent toute leur richesse :
En analysant les images acquises par la sonde LRO, les astronomes ont déniché un nouveau cratère lunaire âgé d’une quinzaine d’années.
La Lune de très près :
Admirer la Lune est à la portée de tous. C’est déjà possible avec une longue-vue, un instrument que je vous recommande car il est facile à utiliser. Et si vous en éprouvez l’envie, vous pourrez aller encore plus loin avec un petit télescope. Il pourra vous servir à découvrir par exemple toute une série de paysages lunaires. Mais aucun instrument ne vous montrera la surface de la Lune comme le fait LRO. Cette sonde d’environ deux tonnes a été lancée en 2009 au cours de l’Année mondiale de l’astronomie. Elle orbite depuis à une altitude de 50 kilomètres au-dessus de la Lune :
Depuis 2009, LRO scrute sans relâche la surface de la Lune. Dessin Chistine Sasiad
Certaines des nuits de cette fin novembre sont belles dans le Beaujolais, à condition d’accepter les températures négatives.
Nuits cristallines :
Depuis le Beaujolais, je profite d’un ciel relativement épargné par les lumières. Quand les nuits sont claires, le spectacle y est de toute beauté. Je mesure la chance que j’ai de pouvoir pratiquer des observations nocturnes depuis chez moi sans avoir besoin de parcourir des dizaines de kilomètres ! Car je sais qu’un nombre croissant d’astronomes amateurs sont contraints de faire de l’astrophoto à distance. Je peux donc sans effort suivre le passage d’une comète, admirer une aurore boréale, ou encore dessiner derrière mon télescope.
La nuit dernière, la température est descendue à -5 degrés. Le ciel s’est dégagé, un léger vent du nord empêchant le dépôt de givre sur les optiques. Les conditions étaient donc idéales pour réaliser une rotation d’étoiles. J’ai orienté mon appareil photo (un Nikkon D7100) en direction du pôle céleste (l’étoile polaire se situe dans les hautes branches à droite). Entre 5 heures et 7 heures du matin, j’ai réalisé 130 poses de 45 secondes à 800 iso, que j’ai additionnées avec le logiciel StarMax. Sur pied fixe, le boîtier, équipé d’un objectif de 24 millimètres de focale, a ainsi enregistré la rotation apparente de la voûte céleste (c’est en réalité la Terre qui tourne).