Comment photographier l’éclipse de Lune du 16 mai 2022

C’est le spectacle astronomique de ce mois : à l’aube du 16 mai, nous assisterons à une éclipse totale de Lune. Comment la photographier ? 

Spectacle pour tous :

Vous serez sans doute nombreux à vouloir photographier l’éclipse totale de Lune du 16 mai 2022. C’est l’un des plus beaux spectacles astronomiques et on peut facilement l’admirer.

Pas besoin de parcourir des milliers de kilomètres comme c’est le cas pour les éclipses de Soleil (voyez celle du 30 avril au Chili). Pas besoin non plus d’un télescope pour l’observer : le phénomène est visible à l’œil nu, un peu mieux dans une paire de jumelles. Enfin, l’observation d’une éclipse de Lune est sans danger, alors qu’une éclipse de Soleil nécessite des filtres de protection. Je ne reviendrai pas sur le déroulement de cette éclipse : je vous renvoie vers l’excellent article que Stelvision a publié pour l’occasion. Vous trouverez également des infos et des simulations sur In-The-Sky.org. Je vais plutôt vous expliquer comment photographier ce beau phénomène.

On peut immortaliser une éclipse de Lune avec un smartphone. © Jean-Baptiste Feldmann

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Spectaculaire lever de Soleil sur le cratère lunaire Clavius

Au huitième jour de la lunaison, les premiers rayons du Soleil illuminent le cratère Clavius. Un spectacle à ne pas manquer !

Un autre regard sur la Lune :

Ceux qui pensent que l’observation de la Lune est monotone n’ont sans doute jamais assisté au lever de Soleil sur Clavius. Il faut dire que le phénomène ne dure que quelques heures. Mais avant de vous le présenter, je vous propose de faire connaissance avec cette formation. Clavius est l’un des plus célèbres cratères lunaires. Avec un diamètre de 225 kilomètres, on le classe parfois dans la catégorie des plaines murées. Vous n’aurez aucun mal à le découvrir dans une petite lunette astronomique ou même une simple paire de jumelles. Son arène est localisée à proximité du pôle Sud :

Ce cratère doit son nom à l’astronome allemand Christophorus Clavius (1538-1612), qu’on surnomma “l’Euclide du XVIe siècle” en raison de ses talents de mathématicien. Continuer la lecture

La planète Mercure dévoile son étonnante queue de sodium

C’est un phénomène astronomique connu depuis seulement vingt ans : la planète Mercure possède une gigantesque queue de sodium.

Aspect cométaire :

Non, vous vous trompez, ce que vous voyez n’est pas une comète ! L’étonnante photographie réalisée par Daniel Lopez (El Cielo De Canarias) le 2 mai 2022 depuis l’archipel des Canaries nous montre en réalité la queue de sodium de Mercure. Au cours de cette soirée, la planète la plus proche du Soleil avait rendez-vous avec d’autres astres. Elle était observable entre le croissant de Lune (accompagné de la lumière cendrée) et l’amas d’étoiles des Pléiades (en bas à droite de l’image ci-dessous) :

Une étrange queue accompagne Mercure sur ce cliché réalisé le 2 mai. © Daniel Lopez / IAC

Normalement, la photographie d’une planète sans instrument astronomique ne montre qu’un petit point lumineux. Vous l’avez déjà constaté sur des clichés comme celui-ci :

Rendez-vous entre le croissant de Lune et Mercure (à droite). © Jean-Baptiste Feldmann

Pourtant, quand on la photographie avec un filtre interférentiel centré sur la raie du sodium à 589 nm, Mercure nous dévoile une queue de sodium qui s’étire derrière elle, dans la direction opposée au Soleil. Mais quelle est donc l’origine de cette étonnante structure ?  Continuer la lecture

Au Chili, l’éclipse de Soleil s’est terminée dans l’océan

Le 30 avril, une éclipse partielle de Soleil était observable en Amérique du Sud. Le spectacle s’est achevé dans l’océan Pacifique.

Lointaine éclipse :

Il fallait se rendre au bord de l’océan Pacifique pour assister à l’éclipse partielle de Soleil du 30 avril 2022. Ce phénomène est beaucoup moins spectaculaire qu’une éclipse totale de Soleil (lire à ce sujet le récit d’un chasseur d’éclipses). De nombreux photographes avaient cependant fait le déplacement. Installés au Chili ou en Argentine, ils ont pu voir le Soleil peu à peu grignoté par la Lune. Au maximum, 40% du disque solaire était masqué. Joerg Schoppmeyer a immortalisé le Soleil éclipsé lorsqu’il plongeait dans l’océan Pacifique :

Le Soleil partiellement éclipsé plonge dans l’océan le 30 avril 2022. © Joerg Schoppmeyer
Atmosphère, atmosphère :

Cette image nous montre plusieurs phénomènes provoqués par l’épaisseur de l’atmosphère terrestre à l’horizon. Il y a bien sûr la couleur du Soleil qui passe du jaune à l’orange : plus on descend et plus la dispersion des couleurs est importante, le rouge étant moins dévié que le bleu. Autre conséquence de la dispersion et de l’absorption des couleurs dans l’atmosphère, l’apparition d’un léger rayon vert contre le bord lunaire. Remarquez également que la turbulence déforme les bords de la Lune et du Soleil. Notez enfin que plusieurs taches solaires sont visibles sur notre étoile.

À ne pas manquer :

Nous n’aurons pas besoin d’aller si loin le lundi 16 mai prochain. Ce jour-là, une belle éclipse totale de Lune sera observable à l’aube en France. Nous verrons la Lune se coucher éclipsée sur l’horizon Sud-Ouest, ce qui permettra de belles compositions photographiques avec le paysage. Le site Stelvision vous donne toutes les informations nécessaires concernant le déroulement de cette éclipse.

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En vidéo : pluie d’étoiles sur le désert des Mojaves

Encore épargné par la pollution lumineuse, le désert des Mojaves offre la possibilité d’admirer la beauté du ciel nocturne.

Désert américain :

Le désert des Mojaves s’étend sur 40.000 km² dans l’Ouest des États-Unis, au Sud de la Californie. C’est dans ce désert que se trouve l’endroit le plus chaud du monde, la Vallée de la Mort. On y a enregistré la température record de 54,4° C au mois d’août 2020. La majeure partie de ce désert est recouverte de plaines rocailleuses. C’est là que les vidéastes Gavin Heffernan et Harun Mehmedinovic ont installé leurs boîtiers dans le cadre du projet Skyglow.

Depuis plusieurs années, ils photographient les plus beaux ciels nocturnes de l’Amérique du Nord, lentement grignotés par la pollution lumineuse. En 2015, leur première vidéo présentait ce que pourrait être le ciel étoilé de Los Angeles sans lumières parasites. Continuer la lecture

Astrophotographie : ils ont la Pleine Lune entre les mains

Que peuvent faire les photographes quand la lumière de la Pleine Lune est aveuglante ? Ils choisissent de se mettre en scène avec elle !

Bain de lumière :

La vie des astrophotographes n’est pas un long fleuve tranquille. Quand ils ne sont pas confrontés aux caprices de la météo, ils doivent composer avec l’éclairage lunaire. Notre satellite naturel est en effet très lumineux entre le Premier Quartier et le Dernier Quartier. Bien sûr, l’astronome peut profiter de cette période pour réaliser d’étonnantes images en couleurs comme le fait Alain Paillou. À défaut, vous devez renoncer aux clichés du ciel étoilé. Mais les photographes ne sont jamais à cours d’idées. Certains ont choisi d’utiliser la luminosité de la Lune pour de jolies mises en scène. Jeff Graphy a été le premier à se prendre en photo (ci-dessous) avec la Pleine Lune entre les mains :

C’était en février dernier, à l’occasion d’un séjour à l’Observatoire de Saint-Véran. Le télescope de 62 centimètres (dont on voit l’oculaire en haut de l’image) permet de projeter la Lune sur une feuille. Et le résultat, très original, a même été retenu pour l’APOD (Astronomy Picture Of the Day).  Continuer la lecture

Un grand groupe de taches solaires devient visible à l’œil nu

L’activité solaire s’intensifie, la preuve avec un grand groupe de taches que l’on peut suivre à l’œil nu en prenant certaines précautions.

Un groupe qui prend de l’ampleur :

Apparu le 17 avril, le groupe de taches solaires AR 2993-94 s’étend de plus en plus. Il compte désormais quatre ensembles numérotés de 2993 à 2996, comme on peut le constater sur les images proposées quotidiennement sur des sites comme SpaceWeather :

L’observation des taches solaires est une activité passionnante à condition de bien protéger son télescope par un filtre approprié. Je vous recommande la lecture de l’article que j’ai consacré à ce sujet il y a quelques semaines : Comment observer l’activité solaire en toute sécurité.

L’observation du Soleil nécessite l’emploi d’un filtre adapté. © Jean-Baptiste Feldmann
Spectacle filtré :

Mais comme ce groupe de taches est désormais assez étendu pour être visible à l’œil nu, vous pouvez aussi utiliser des lunettes prévues pour l’observation des éclipses de Soleil :

Le photographe polonais Marek Nikodem a, de son côté, réalisé un très beau cliché de ce spectacle avec un téléobjectif de 600 millimètres de focale le 21 avril. De telles photographies sont possibles sans filtre au moment du lever ou du coucher du Soleil :

Le grand groupe de taches solaires photographié le 21 avril. © Marek Nikodem

La lumière solaire est alors suffisamment atténuée par l’absorption atmosphérique (qui joue le rôle du filtre). Dans ce cas, on peut réaliser des images avec des vitesses d’obturation très rapides (pour ne pas endommager le capteur électronique de l’appareil).

À savoir :

Les taches solaires sont des zones sombres dans lesquelles règne une intense activité magnétique. Leur apparition n’est pas régulière. Elle se fait selon un cycle d’environ 11 ans, mis en évidence par l’astronome suisse Johann Rudolph Wolf (1816-1893). Ces taches sont numérotées dans l’ordre d’apparition par la NOAA. Le numéro est précédé des lettres AR qui signifient Active Region. Le cycle actuel est le vingt-cinquième depuis 1755. C’est en effet à partir de cette date que les astronomes se sont mis à compter systématiquement les taches solaires. Ce cycle devrait atteindre son maximum en 2025.

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Multiples naissances d’étoiles dans la nébuleuse de la Rosette

Vaste nuage de gaz et de poussières situé dans la Licorne, la nébuleuse de la Rosette est une pouponnière d’étoiles.

Dans la tête de la Licorne :

Pour observer la nébuleuse de la Rosette, il faut se rendre dans la Licorne. Cette constellation assez peu lumineuse se situe juste à l’Est de la célèbre Orion. Le printemps est donc la meilleure période pour la pointer en début de nuit. La nébuleuse de la Rosette fut découverte en 1865 par le célèbre chasseur de comètes américain Lewis Swift. Elle porte le numéro 49 dans le catalogue Caldwell publié en 1995 par Patrick Moore.

La nébuleuse de la Rosette se situe dans la tête de la Licorne. ©IAU/Sky and Telescope

On lui attribue également le numéro 2237 dans le New General Catalogue. Mais la nébuleuse est si complexe que plusieurs objets célestes y sont répertoriés. Citons NGC 2238 et 2246, autres parties de la nébuleuse, ainsi que l’amas d’étoiles NGC 2244. Continuer la lecture

Admirez AR 2993-94, un beau groupe de taches solaires

Les adorateurs du Soleil vont pouvoir suivre pendant quelques jours AR 2993-94, un bel ensemble de taches d’une taille imposante.

Observations diurnes :

Si vous avez envie de faire de l’astronomie sans interrompre vos nuits sous la couette, il vous reste le Soleil. Et ça tombe bien, un joli groupe de taches, AR 2993-94, a fait son apparition depuis le 17 avril. Ces taches sont des zones sombres dans lesquelles règne une intense activité magnétique. Leur apparition n’est pas régulière. Elle se fait selon un cycle d’environ 11 ans, mis en évidence par l’astronome suisse Johann Rudolph Wolf (1816-1893). Ces taches sont numérotées dans l’ordre d’apparition par la NOAA. Le numéro est précédé des lettres AR qui signifient Active Region.

Le cycle actuel est le vingt-cinquième depuis 1755. C’est en effet à partir de cette date que les astronomes se sont mis à dénombrer systématiquement les taches solaires. Ce cycle devrait atteindre son maximum en 2025. Le nombre de taches solaires augmente donc logiquement depuis un peu plus de deux ans. Ces clichés du groupe AR 2993-94 ont été réalisés le 18 avril :

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En couleurs, la Lune révèle son histoire géologique

Nous voyons la Lune en noir et blanc. Mais en accentuant ses subtiles couleurs, nous pouvons retracer son histoire géologique.

Une autre vision de la Lune :

Quand nous pensons à la Lune, c’est une image en noir et blanc qui nous vient à l’esprit. Pourtant, si nous regardons attentivement un cliché de notre satellite naturel, on peut y distinguer de subtiles couleurs. De légères nuances de bleu, de orange et de rouge, qui trahissent les différentes compositions du sol. Car la Lune a une histoire géologique, tout comme la Terre.

Lorsque nous regardons la Lune, nous la voyons en noir et blanc. © Jean-Baptiste Feldmann

Un lointain passé marqué par une intense activité volcanique et de multiples collisions avec des météorites. Le sol lunaire en garde le souvenir, et les couleurs nous le prouvent. Encore faut-il savoir les révéler et les interpréter.

Géologie lunaire :

Depuis les missions Apollo, nous avons d’assez bonnes connaissances sur l’histoire de la Lune, née il y a environ 4,55 milliards d’années. Différents âges géologiques s’y sont succédés. Du plus ancien au plus jeune, on trouve le Pré-Nectarien, le Nectarien (formation de Mare Nectaris), l’Imbrien (Mare Imbrium), l’Eratosthénien et le Copernicien. Ces âges correspondent à des périodes particulières de l’activité volcanique et météoritique. Par exemple, la plupart des mers sont apparues pendant les âges Imbrien et Eratosthénien, entre 3,8 et 3 milliards d’années. Parmi les cratères, les plus anciens ont environ 4 milliards d’années (Ptolémée, Hipparque, Deslandes…), le plus jeune est Tycho (0,1 milliard d’années).

La région de Tycho. Les couleurs révèlent la composition de la surface. © Alain Paillou

Les orbiteurs lunaires Clementine et LROC ont réalisé les premières cartes en couleurs de la Lune. Elles confirment la relation qui existe entre coloration du sol lunaire et type de roches. Le rouge révèle la présence d’oxyde de fer, le bleu de l’oxyde de titane, le vert de l’olivine (silicate). Ce minéral se retrouve principalement dans les éjectas issus des cratères d’impacts comme autour de Copernic.

Le cratère rayonnant Copernic est situé dans l’océan des Tempêtes. © Alain Paillou
Des couleurs pour comprendre :

Depuis plusieurs années, l’astronome amateur Alain Paillou s’est spécialisé dans la colorisation des images lunaires. Une activité récompensée en 2020 à l’occasion du concours « Astronomy Photographer of the Year ». Dans « Colors of the Moon », il raconte en détail la façon dont il mène son travail. Car il ne suffit pas de pousser au maximum la saturation des couleurs pour obtenir une carte géologique. Il faut partir de bonnes images lunaires (en se concentrant sur les régions les plus lumineuses) et les traiter avec méthode.

Région des Apennins entre Eratosthène (à gauche) et Mare Vaporum. © Alain Paillou

Images à l’appui, Alain Paillou nous montre les nombreux essais qu’il a menés avec différents capteurs : caméras N et B ou couleur et appareil photo numérique. Il nous propose également un « pas à pas » pour optimiser le traitement des images à coloriser. Un progression qui permettra aux astrophotographes motivés d’en voir de toutes les couleurs en créant de véritables clichés scientifiques qui nous racontent l’histoire géologique de la Lune.

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Non, la Pleine Lune du weekend de Pâques ne sera pas rose !

Ne vous emballez pas : contrairement à ce qu’annoncent certains médias, il n’y aura pas de Pleine Lune rose à l’occasion de Pâques.

Une Lune pas vraiment rose :

Personne n’a jamais vu la Pleine Lune rose, et ça ne sera pas le cas ce weekend de Pâques. Tout au plus, notre satellite naturel se pare d’une belle couleur orangée à son lever, comme peut le faire le Soleil. Lorsque ces astres sont sur l’horizon, leur lumière est décomposée en traversant une couche d’atmosphère beaucoup plus importante. Les rayons de courte longueur d’onde (vert, bleu) sont plus déviés que les rayons de grande longueur d’onde (rouge, orange) qui sont les seuls à nous parvenir.

Un lever de Pleine Lune à raison d’un cliché toutes les deux minutes. © Jean-Baptiste Feldmann

Plus l’astre s’élève et plus cette dispersion se réduit, comme le révèle le montage ci-dessus réalisé à raison d’un cliché toutes les deux minutes. Vous ne verrez donc pas la Pleine Lune rose. Cette appellation fait uniquement référence à la couleur de certains arbres en fleurs à cette époque de l’année.

Conseils pour admirer la Pleine Lune :

La Pleine Lune de ce mois d’avril se produira le samedi 16 vers 19 heures. Vous pourrez donc admirer son lever sur l’horizon EST en début de soirée les 16 et 17. Le 16, elle sera levée juste avant que le Soleil ne disparaisse à l’OUEST. Le 17, son lever interviendra plus tard, environ une heure après la disparition du Soleil.

La Pleine Lune se lève derrière le temple de Poséidon. © Elias Chasiotis

N’attendez pas que la Lune soit trop haute pour admirer le spectacle. Ensuite, elle deviendra rapidement très brillante dans un ciel de plus en plus sombre. Si vous la photographiez, arrangez-vous pour choisir un joli premier plan !

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Éclipses de Soleil : aux USA, deux États défient les statistiques

L’Illinois et le Texas font rêver les astronomes : deux éclipses de Soleil y sont observables en peu de temps, un fait rarissime.

Différents types d’éclipses :

Les éclipses de Soleil sont parmi les plus beaux spectacles astronomiques. Elles se produisent en raison d’une coïncidence fortuite : la taille apparente de la Lune est presque identique à celle du Soleil. Lorsque le Soleil, la Lune et la Terre sont parfaitement alignés, la Lune se trouve donc devant le Soleil. Si la Lune est proche de nous, son diamètre apparent est plus important et elle recouvre complètement le disque solaire. On assiste alors à une éclipse totale de Soleil :

Exemple d’une éclipse totale de Soleil : la Lune masque entièrement notre étoile. © Rick Fienberg / TravelQuest International / Wilderness Travel

Si la Lune est à l’apogée, au point le plus éloigné de son orbite terrestre, sa taille apparente est plus petite. Elle ne couvre donc pas entièrement le disque solaire, laissant un mince anneau de lumière. C’est ce qu’on appelle une éclipse annulaire :

Exemple d’une éclipse annulaire : la Lune ne masque qu’une partie du Soleil. © Stefan Seip
Phénomène exceptionnel :

Pour assister à une éclipse totale ou annulaire, les observateurs doivent se placer dans une étroite bande de terrain. En dehors de cette bande de centralité, ils n’observent qu’une éclipse partielle de Soleil. Selon les experts de la NASA, il faut attendre en moyenne 375 ans pour revoir une éclipse totale ou annulaire de Soleil en restant au même endroit. Voilà qui explique pourquoi les passionnés sont dans l’obligation de parcourir plusieurs milliers de kilomètres chaque fois qu’ils veulent en admirer une.

L’observation des éclipses de Soleil est un spectacle extraordinaire, à suivre avec les précautions qui s’imposent. © Mark Margolis / Rainbow Symphony

Pourtant, deux États américains viennent bouleverser ces statistiques. Dans l’Illinois et le Texas, les délais entre deux éclipses de Soleil sont étonnamment plus courts qu’ailleurs !

Terres d’éclipses :

À Carbondale, dans le sud de l’Illinois, les chasseurs d’éclipses ont assisté à un premier spectacle le 21 août 2017. Ils revivront les mêmes sensations à l’occasion de l’éclipse totale de Soleil du 8 avril 2024 :

Plus au sud, du côté de San Antonio au Texas, les rendez-vous sont fixés au 14 octobre 2023 pour une éclipse annulaire, puis au 8 avril 2024 :

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Turbulence atmosphérique : des lasers pour les astronomes

On les voit de plus en plus dans les observatoires. Mais à quoi servent donc les lasers qui déchirent le ciel au-dessus des télescopes ?

Des images floues :

Les étoiles, dont la lumière met au minimum plusieurs années avant de nous parvenir, sont des sources de lumière ponctuelles. Nous les voyons scintiller en raison des mouvements permanents et imprévisibles de notre atmosphère. Si nous essayons d’amplifier l’image de ces astres plusieurs dizaines ou plusieurs centaines de fois à l’aide d’un télescope, nous obtiendrons des images brouillées. Le résultat sera donc très éloigné des caractéristiques optiques théoriques qu’on pourrait attendre de nos instruments.

Un faisceau laser s’échappe d’un des 4 télescopes qui composent le VLT. © Yuri Beletsky

Depuis plusieurs décennies, les astronomes professionnels ont trouvé une façon élégante de contrer les méfaits de la turbulence atmosphérique en développant l’optique adaptative. Le principe, simple en théorie, consiste à analyser les déformations subies par la lumière d’une étoile-guide, et à corriger ces déformations en modifiant très rapidement et très fréquemment la surface du miroir du télescope.  Continuer la lecture

Pluie d’étoiles filantes au-dessus du télescope chinois LAMOST

C’est avec le télescope LAMOST au premier plan que le photographe chinois Steed Yu a immortalisé la pluie d’étoiles filantes des Géminides.

Astronomie chinoise :

LAMOST est l’acronyme de Large Sky Area Multi-Object Fibre Spectroscopic Telescope. Il s’agit d’un télescope optique inauguré en 2007, dont le miroir principal mesure 4 mètres de diamètre. Cet instrument, capable de fournir simultanément 4.000 spectres stellaires, est installé dans le Yanshan, un massif montagneux chinois.

Avec son miroir de 4 mètres, le télescope LAMOST est le plus grand de Chine. © Lu Feng

Même si la Chine communique assez peu sur ses installations astronomiques, elle dispose d’infrastructures très importantes dans ce domaine. On peut par exemple citer Fast,  le plus grand radiotélescope de la planète. Et dans le domaine de la vulgarisation, la Chine se dote du plus grand planétarium du monde à Shanghai.

Pluie de Géminides :

L’astéroïde (3200) Phaéton a été découvert en 1983 sur des images du télescope spatial infrarouge IRAS. L’orbite de (3200) Phaéton correspond à la pluie d’étoiles filantes des Géminides, un essaim dont le maximum d’activité peut atteindre 75 météores, un taux comparable à celui des Perséides. Mais l’observation des Géminides a moins de succès en décembre (maximum du 12 au 14) que celle des Perséides en août.

Pluie de Géminides en décembre au-dessus du télescope LAMOST en Chine. © Steed Yu

L’astrophotographe chinois Steed Yu nous prouve pourtant que les Géminides révèlent de très belles surprises. Il n’est pas rare que cet essaim produise de spectaculaires météores très lumineux, comme celui légèrement à droite du télescope LAMOST.

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À suivre : un joli Défilé céleste durant le mois d’avril 2022

En avril 2022, les principales planètes forment un Défilé céleste le long de l’Écliptique en fin de nuit, un spectacle à ne pas manquer. 

Alignement planétaire :

En raison de leurs mouvements propres le long de l’Écliptique, les planètes se retrouvent régulièrement alignées. Ce fut le cas par exemple en décembre 2021 pour Jupiter, Saturne et Vénus. Les Américains utilisent une charmante appellation pour l’occasion : Celestial Parade, Défilé céleste. Plus il y a d’astres concernés et plus le spectacle vaut le détour.

Jupiter, Saturne et Vénus le 22 novembre 2021 au-dessus du site mégalithique de Stonehenge. © Stonehenge Dronescapes

Durant le mois d’avril, quatre planètes s’aligneront en fin de nuit, bientôt rejointes par la Lune. Ce sera le joli spectacle de ce début de printemps, avec quelques autres rendez-vous célestes que nous allons maintenant détailler. La carte du ciel de Stelvision vous permettra de ne rien manquer. Continuer la lecture

Comment observer l’activité solaire en toute sécurité

Vous avez envie de suivre l’évolution de l’activité solaire ? Voici quelques conseils pour observer les taches du Soleil en toute sécurité. 

De l’acné sur le Soleil :

L’activité solaire se mesure en dénombrant les taches que l’on observe sur notre étoile. Une tache est une zone sombre car moins chaude que le gaz qui l’entoure. Son apparition trahit une intense activité magnétique. Galilée fut le premier à observer les taches sur le Soleil en 1612 avec une lunette astronomique.

Galilée. Dessin de Christine Sasiad

La périodicité de l’apparition de ces zones sombres fut évoquée par Heinrich Schwabe en 1848. Puis l’astronome Rudolph Wolf détermina la durée moyenne d’un cycle solaire, environ 11 ans. Le prochain cycle, commencé fin 2019, devrait atteindre son maximum en 2025. Nous allons donc observer de plus en plus de taches dans les mois à venir.

L’observation du Soleil et de ses taches permet de suivre l’évolution de l’activité solaire. Elle nécessite impérativement l’emploi d’un filtre adapté. © Jean-Baptiste Feldmann

Ces taches sont numérotées dans l’ordre d’apparition par la NOAA, le numéro étant précédé par les lettres AR qui signifient Active Region. Le site SpaceWeather vous présente quotidiennement l’activité de notre étoile. Continuer la lecture

Les astéroïdes avec plusieurs lunes seraient très courants

La présence d’un troisième satellite autour d’Elektra laisse présager la découverte future de nombreuses lunes autour d’autres astéroïdes.

Elektra et ses trois satellites :

(130) Elektra est un des nombreux astéroïdes qui constituent la ceinture principale située entre les orbites de Mars et Jupiter. Il a été déniché le 17 février 1873 par l’astronome américain Christian Peters. On lui attribue un diamètre de 182 kilomètres. Depuis vingt ans, les progrès réalisés en astronomie ont permis de lui découvrir trois lunes. La première, en 2003, mesure 7 kilomètres de diamètre. Elle tourne autour d’Elektra en 5,3 jours à une distance de 1.300 kilomètres. La seconde, découverte en 2014, mesure 5,2 kilomètres de diamètre. Elle fait le tour d’Elektra en 1,3 jour à environ 500 kilomètres.

Forme de l’astéroïde (130) Elektre d’après les données recueillies par le VLT. © ESO

La dernière lune (diamètre de 1,6 kilomètre seulement), orbite à 345 kilomètres de l’astéroïde en 0,7 jour. Elle vient d’être dénichée par le spectro-imageur (IFS) de SPHERE, monté sur l’un des VLT (lire le communiqué de l’INSU).   Continuer la lecture

Observer Sirius B, un défi pour les astronomes amateurs

La plus brillante étoile du ciel possède un discret compagnon, Sirius B. Les astronomes amateurs pourront tenter de le repérer cette année.

Un couple stellaire étonnant :

Pas facile de vivre en couple avec une star, comme le prouve Sirius B, une naine blanche de magnitude 8,4. Invisible à l’œil nu, elle tourne en un peu plus de 50 années autour de sa célèbre et éclatante voisine, Sirius A. Cette dernière, Alpha Canis Majoris, est en effet la plus brillante étoile du ciel nocturne (magnitude -1,5). Dans l’Égypte antique, son apparition à la fin de l’été marquait le début des crues du Nil. Tout amoureux des étoiles pourra vous montrer Sirius A dans le prolongement de la Ceinture d’Orion :

Sirius est visible dans le prolongement de la Ceinture d’Orion. © Jean-Baptiste Feldmann

Mais peu d’astronomes amateurs peuvent se targuer d’avoir observé ou photographié Sirius B. Une situation qui pourrait évoluer, puisque le discret compagnon est actuellement au plus loin de son éclatant voisin stellaire. Continuer la lecture

En vidéo : magnifique aurore boréale dans le ciel suédois

Le 13 mars dernier, le photographe Göran Strand a filmé la danse d’une aurore boréale au-dessus de la forêt suédoise.

Froide nuit suédoise :

Aux latitudes élevées, il ne se passe pas une nuit sans que le ciel ne se pare des belles couleurs d’une aurore boréale. En cause, l’activité du Soleil qui s’intensifie. Le nouveau cycle solaire devrait atteindre son maximum en 2025. Et l’astrophotographe suédois Göran Strand n’hésite pas à braver le froid pour capturer avec ses boîtiers la magie de ces draperies lumineuses. C’est ce qu’il nous montre dans cette vidéo réalisée la nuit du 13 au 14 mars 2022 :

Malgré les lumières de la ville d’Östersund et celle de la Lune gibbeuse croissante (trois jours après le Premier Quartier), le spectacle était de toute beauté. Continuer la lecture

Le Rubin Observatory en majesté sous la Voie lactée

La Voie lactée sera l’un des quatre domaines d’exploration du futur grand télescope qui équipera le Rubin Observatory dans les Andes.

L’observatoire du futur :

Si la mise en service dans l’espace du JWST promet de belles découvertes, les observations menées depuis la Terre n’ont pas dit leur dernier mot. D’ici deux ans, le Rubin Observatory devrait entrer en service et révolutionner lui aussi l’astronomie. Cet observatoire est en construction dans la Cordillère des Andes, un site très prisé des astronomes pour la qualité de son ciel. La preuve : un sommet voisin accueille déjà l’Observatoire interaméricain du Cerro Tololo.

Le Rubin Observatory sous la Voie lactée. © Rubin Observatory/NSF/AURA/B. Quint

Le Rubin Observatory sera équipé d’un télescope de 8,4 mètres de diamètre. Mais c’est surtout la caméra placée derrière cet instrument qui a de quoi faire rêver. C’est le plus grand capteur numérique jamais conçu avec 3,2 milliards de pixels. Continuer la lecture

"J'ai en moi un besoin terrible. Dirais-je le mot? La religion. Alors, je sors la nuit et je peins des étoiles." Vincent van Gogh