“On The Moon Again” est de retour, observez la Lune !

Du 16 au 18 juillet, observez et faites observer la Lune dans le cadre d’une nouvelle édition de “On The Moon Again“.

50 ans après Apollo 15 :

Vous vous souvenez de “On The Moon Again” ? C’était en juillet 2019, à l’occasion du cinquantième anniversaire du Premier Homme sur la Lune. Plusieurs milliers de points d’observation avaient permis d’observer la Lune, comme au château de Brochon ou en Bresse. Un peu partout sur Terre, des yeux émerveillés avaient découvert la froide beauté de la Mer de la Tranquillité, là même où Neil Armstrong avait posé le pied.

Sous la Lune le 12 juillet 2019 au château de Brochon. © Jean-Baptiste Feldmann

En 2020, la seconde édition de cette manifestation s’est déroulée à huit clos en raison de l’épidémie de coronavirus. Cette année, les organisateurs espèrent retrouver l’ambiance de 2019. Continuer la lecture

Un pilote de ligne filme la danse des aurores boréales

Un pilote de ligne a immortalisé les beautés du ciel nocturne nordique. Aurores polaires et nuages noctiluques étaient au rendez-vous. 

Astrophotographe dans le cockpit :

Ralf Rohner est pilote de ligne. Un métier qui le rapproche des étoiles. La page Instagram (Skypointer) de cet astrophotographe regorge de belles images nocturnes réalisées aux quatre coins du monde. Il parcourt ainsi la planète et pose son appareil photo dans des sites exotiques qu’il immortalise sous les étoiles. Mais c’est à une altitude de 10 kilomètres qu’il a réalisé ses images le 5 juillet 2021. Cette nuit-là, il était aux commandes d’un avion de ligne reliant Los Angeles à Zurich. Le courant-jet polaire qu’il suivait l’a emmené jusqu’à 62° Nord, au-dessus du Canada.

Aurore boréale et nuages noctiluques au-dessus du Canada. © Ralf Rohner/Skypointer

À cette époque de l’année, il ne fait jamais complètement nuit à ces latitudes. Et comme l’activité aurorale était annoncée comme très faible, Ralf Rohner a pensé que le vol serait calme. Ce ne fut pas le cas…  Continuer la lecture

L’objet de Mayall, un combat de Titans dans la Grande Ourse

La constellation de la Grande Ourse abrite un spectaculaire choc de galaxies connu sous le nom de Arp 148, l’objet de Mayall.

Carte d’identité :

N’espérez pas observer Arp 148 avec votre télescope. Cette collision de galaxies de magnitude 15 ne révèle sa beauté qu’à travers un cliché pris par le télescope spatial Hubble. Mais pourquoi Arp ? Parce que l’objet est référencé dans l’Atlas of Peculiar Galaxies, un catalogue de 338 galaxies particulières publié en 1966 par Halton Arp. Cette collision titanesque a été découverte en 1940 par l’astronome américain Nicholas Mayall (1906-1993). Ce qui vaut à Arp 148 de s’appeler également l’objet de Mayall. La collision s’est produite à 500 millions d’années-lumière de notre Soleil.

L’objet de Mayall est une collision de galaxies dans la Grande Ourse. © ESA/NASA/HHT

Que sont devenues les deux galaxies initiales ? On observe actuellement une galaxie à anneau constituée de jeunes étoiles bleues très brillantes et une galaxie irrégulière allongée. De la poussière sombre et des étoiles plus âgées composent la seconde. Continuer la lecture

Des nuages noctiluques se dessinent juste avant l’aube

Voici mes premiers nuages noctiluques, immortalisés à l’aube du 4 juillet 2021 dans le ciel de Bourgogne. Un vrai bonheur !

La surprise du 4 juillet :

On ne sait jamais ce que le ciel nous réserve quand on part à sa découverte. Un joli halo lunaire, un brillant météore ou une spectaculaire colonne solaire sont autant de phénomènes imprévisibles. Ce 4 juillet 2021, peu après 4 heures du matin, une insomnie m’a poussé à mettre le nez dehors. Les étoiles commençaient déjà à légèrement pâlir. Il faut dire les nuits qui entourent le solstice d’été sont particulièrement courtes.

Nuages noctiluques en Bourgogne à l’aube du 4 juillet 2021. © Jean-Baptiste Feldmann

Mon regard a très rapidement été attiré par de curieux nuages lumineux en direction du Nord-Est. Des nuages noctiluques, mes premiers ! J’ai immortalisé le spectacle avec un boîtier Nikon D7100 équipé d’un objectif de 50 millimètres de focale. Pose de 2 secondes à 1000 iso.

À savoir :

Les nuages noctiluques sont de curieuses dentelles lumineuses que l’on observe du début du mois de mai jusqu’en août. Leur intensité augmente au moment du solstice d’été. Les nuages noctiluques (noctilucent clouds ou NLC en anglais) ou nuages polaires mésosphériques se forment à 80 km d’altitude. Dans un environnement glacé (-130° C) la vapeur d’eau se condense autour des poussières d’étoiles filantes ou d’éruptions volcaniques pour former des cristaux de glace. Ce sont ces cristaux qui renvoient la lumière des derniers rayons solaires (le soir) ou des premiers rayons (le matin).

Vous pourriez aimer :

Suivez l’actualité astronomique et découvrez mes images du ciel en vous abonnant à Cielmania sur Facebook ou Twitter.

Les activités de Thomas Pesquet vues par un astronome amateur

L’installation des nouveaux panneaux solaires sur la Station spatiale par Thomas Pesquet a été immortalisée par un astronome amateur. 

Une Station gourmande en électricité :

Vendredi 25 juin, l’astronaute français Thomas Pesquet a effectué sa troisième sortie dans l’espace. Comme les deux précédentes, ces sorties sont destinées à l’installation de nouveaux panneaux solaires sur l’ISS. Il faut en effet plus de 100 kilowatts d’électricité pour alimenter la Station et l’ensemble des expériences qui y sont menées. En service depuis 20 ans, les panneaux solaires existants (2.500 m²) sont vieillissants.

De nouveaux panneaux, surnommés iROSA (ISS Roll-Out Solar Array), se déroulent sur 19 mètres de long (vidéo ci-dessus). Chacun d’eux apporte un supplément d’énergie de 20 kilowatts. Ces panneaux sont mis en place par Thomas Pesquet, accompagné par l’astronaute américain Shane Kimbrough. Continuer la lecture

Alan Bean, Monsieur Malchance de la mission Apollo 12

S’il faut désigner un Monsieur Malchance dans la conquête spatiale, le titre revient à Alan Bean, quatrième homme à avoir marché sur la Lune. 

Un peintre astronaute :

Né le 15 mars 1932 au Texas, Alan Bean entre dans le corps des astronautes en octobre 1963. Dans le petit monde des pilotes de chasse, il est connu pour son abstinence totale envers l’alcool. Il est également passionné de peinture à l’huile qu’il pratique assidument, ce qui lui vaudra plus tard le surnom de peintre astronaute. Comme tous les novices à la NASA, il commence par jouer les doublures. Celle de John Young sur Gemini 10 en juillet 1966, puis de Russell Schweickart sur Apollo 9 en mars 1969. La consécration arrive en novembre 1969. Quatre mois après le Premier pas de l’homme sur la Lune, le voilà nommé pilote du module lunaire d’Apollo 12.

L’équipage d’Apollo 12 se compose de Pete Conrad, Richard Gordon et Alan Bean. © NASA

Le 14 novembre 1969, la fusée Saturne V s’arrache de son pas de tir, avec à son bord les trois membres de la mission Apollo 12. Le président américain Richard Nixon est venu en personne assister au départ. Continuer la lecture

Le 24 juin, admirez la Pleine Lune de la Saint-Jean

La sixième Pleine Lune de l’année se produit le 24 juin 2021, date de la Saint-Jean et des traditionnels feux de joie qui l’accompagnent.

Un nom à chaque Pleine Lune :

En raison de son importance dans la vie quotidienne de nos ancêtres, la Pleine Lune porte des noms différents depuis très longtemps. Les noms encore utilisés aujourd’hui nous viennent d’Amérique du Nord. On les trouve dans l’Almanach du fermier du Maine, une publication annuelle qui existe depuis 1818. Il y a un nom pour chaque Pleine Lune de l’année, en lien avec la météo, les récoltes ou les animaux.

Lever de Pleine Lune à la fin d’une chaude journée d’été. © Jean-Baptiste Feldmann

Cette sixième Pleine Lune de l’année devrait être celle des fraises, en raison de sa couleur rouge quand elle se lève à la fin d’une chaude journée. Je vous propose de la renommer Pleine Lune de la Saint-Jean !

Une tradition religieuse :

Le 24 juin, on fête la saint Jean-Baptiste. l’Église a choisi ce prophète dès le Ve siècle de notre ère pour en faire le symbole de l’été (cette saison ayant débuté 3 ou 4 jours plus tôt, à l’occasion du solstice). Dans la nuit du 23 au 24, les jeux brillaient un peu partout dans les campagnes. Les cendres étaient censées protéger les cultures des orages à venir. On dansait et on chantait autour des feux, et sauter par-dessus assurait aux amoureux une année de bonheur.

Lever de Pleine Lune estivale  à Rome derrière le Colisée. © Jean-Baptiste Feldmann

Ce 24 juin 2021, la Pleine Lune se lèvera quelques minutes seulement après le coucher du Soleil. Toute la (courte) nuit, vous pourrez suivre sa progression assez basse au-dessus de l’horizon SUD. Dans notre hémisphère en effet, lorsque le Soleil est haut dans le ciel l’été, la Pleine Lune suit une trajectoire basse dans le ciel la nuit. C’est l’inverse qui se produit en hiver.

Vous pourriez aimer :

Suivez l’actualité astronomique et découvrez mes images du ciel en vous abonnant à Cielmania sur Facebook ou Twitter.

L’incroyable time-lapse astro sous-marin de Mark Gee

Le vidéaste Néo-Zélandais Mark Gee a réalisé le premier time-lapse nocturne montrant en même temps le ciel étoilé et la vie sous-marine. 

Le ciel en accéléré :

Mark Gee (The Art of Night) est un vidéaste qui réalise de nombreux time-lapse. Cette technique cinématographique consiste à compiler plusieurs heures de prises de vues en seulement quelques minutes. On peut ainsi accélérer les déplacements des êtres vivants ou le mouvement apparent des astres d’EST en OUEST au cours de la nuit. Avec le développement du matériel photo et des logiciels, de nombreux photographes explorent les nouveaux horizons créatifs qu’ouvre cette technique.

Toujours désireux de relever de nouveaux défis, Mark Gee s’est demandé s’il ne pourrait pas mélanger deux domaines qu’il connaît bien : la vidéo sous-marine et celle des étoiles. Continuer la lecture

Les nuages noctiluques se sont invités dans le ciel de Paris

Le ciel de Paris était en fête dans la soirée du 18 juin : des nuages noctiluques ont fait leur apparition après le coucher du Soleil.

Draperies bleutées :

Ce sont de curieuses dentelles lumineuses que l’on observe du début du mois de mai jusqu’en août. Leur intensité augmente au moment du solstice d’été. Les nuages noctiluques (noctilucent clouds ou NLC en anglais) ou nuages polaires mésosphériques se forment à 80 km d’altitude. Dans un environnement glacé (-130° C) la vapeur d’eau se condense autour des poussières d’étoiles filantes ou d’éruptions volcaniques pour former des cristaux de glace. Ce sont ces cristaux qui renvoient la lumière des derniers rayons solaires.

Les draperies lumineuses des nuages noctiluques au-dessus de Paris. © Bertrand Kulik

C’est ce beau spectacle qu’a immortalisé Bertrand Kulik à Paris dans la soirée du 18 juin. Ce photographe est également bien connu pour un cliché d’un coup de foudre sur la tour Eiffel qui a fait le tour du monde. Continuer la lecture

NGC 2626, une nébuleuse bleue dans la constellation des Voiles

Bien que le rouge semble dominer dans les nuages cosmiques, on trouve parfois une touche de bleu. Exemple avec la nébuleuse NGC 2626.

Cap au sud :

Si vous souhaitez un jour admirer NGC 2626, il faudra vous rendre dans l’hémisphère sud. Cette nébuleuse se situe en effet dans la constellation australe des Voiles, non loin de la Carène. Vous profiterez sans aucun doute de ce voyage pour découvrir d’autres merveilles célestes australes, comme les Nuages de Magellan.

Les Nuages de Magellan sont visibles depuis l’hémisphère sud. © ESO/J. Colosimo

Située à plus de 3.000 années-lumière, NGC 2626 a été découverte en 1835 par John Herschel, fils de William Herschel et neveu de Caroline Herschel. La nébuleuse a ensuite été enregistrée dans l’imposant New General Catalogue of Nebulae and Clusters of Stars (NGC) qui regroupe près de 8.000 objets du ciel profond. Continuer la lecture

Aurore australe au-dessus de la base scientifique Concordia

Moins souvent photographiées que les aurores boréales, les aurores australes illuminent aussi le ciel de l’hémisphère sud, comme à Concordia.

Science extrême :

Concordia est la base scientifique la plus isolée du monde. Située en Antarctique, elle dépend des instituts polaires français et italien. On y  accueille des scientifiques depuis un quart de siècle. Ils viennent y étudier la glaciologie, la physique de l’atmosphère, la sismologie, la biologie humaine, etc… C’est aussi l’endroit idéal pour faire des observations astronomiques de grande qualité (pas de pollution lumineuse, une longue nuit de 3 mois et un très faible taux d’humidité).

Cyprien Verseux lors de son hivernage à Concordia en 2018. © Cyprien Verseux

En 2018, l’astrobiologiste français Cyprien Verseux s’y était rendu pour un long séjour. Il avait partagé ses impressions sur son blog Mars la blanche.

Aurore australe :

Les aurores australes et boréales proviennent de l’excitation des atomes d’oxygène et d’azote présents dans l’atmosphère terrestre lorsque le vent solaire chargé en particules énergétiques vient balayer notre planète. La plupart des photographies d’aurores polaires montrent des aurores boréales : il est en effet plus facile pour les photographes de se rendre à proximité du pôle Nord, que ce soit en Islande comme le français Stéphane Vetter, en Alaska comme le coréen Sangku Kim ou encore en Norvège comme l’espagnol  Horacio Llorens.

Aurore australe au-dessus de la station Concordia. © Marco Buttu

Mais les aurores polaires se développent également au-dessus du pôle Sud, même si les observateurs sont moins nombreux à les signaler. Les chercheurs en hivernage à Concordia admirent régulièrement ces magnifiques draperies célestes depuis le Plateau antarctique. La preuve avec ce très beau cliché réalisé par Marco Buttu. Notez la présence de la constellation d’Orion derrière la Station. L’étoile brillante à droite est Sirius.

Vous pourriez aimer :

Suivez l’actualité astronomique et découvrez mes images du ciel en vous abonnant à Cielmania sur Facebook ou Twitter.

Superbe partie de cache-cache entre la Lune et le donjon

La Lune est de retour dans le ciel du soir. Le 12 juin 2021, elle glissait derrière le donjon du château de Montmelas dans le Beaujolais.

La Lune après l’éclipse :

Les conditions étaient réunies dans la soirée du 12 juin 2021 pour retrouver le jeune croissant de Lune. Une soixantaine d’heures après l’éclipse de Soleil, notre satellite naturel était de retour au crépuscule. Dessinant un bel arc lumineux au-dessus du point brillant de la planète Vénus, il avait rendez-vous avec le donjon d’un beau château, celui de Montmelas. L’occasion était trop belle pour ne pas immortaliser cette rencontre. Armé de mon boîtier Panasonic FZ82, son zoom réglé sur 800 millimètres de focale, j’ai réalisé sept images (des poses de 1/4 de seconde à 100 iso) espacées chacune d’une minute.

Croissant de Lune derrière le donjon du château de Montmelas. Addition de sept images réalisées avec un boîtier Panasonic FZ82. © Jean-Baptiste Feldmann/CIELMANIA

Puis j’ai additionné ces clichés avec l’excellent logiciel StarMax. Je vous le recommande également pour réaliser de belles rotations d’étoiles. Seule condition indispensable pour que les images s’empilent parfaitement : disposer d’un excellent trépied pour une stabilité parfaite du boîtier. Pour ma part, j’utilise le trépied Baader Astro-Nature.

À savoir :

Le château de Montmelas se situe dans le Beaujolais, à cheval sur les communes de Montmelas-Saint-Sorlin et Saint-Julien. Construit sur un promontoire d’où la vue s’étend jusqu’au Mont-Blanc, cet ancien château fort datant du Xe siècle a été restauré dans une esthétique néo-gothique au XIXe siècle. La forteresse a fière allure depuis les vignes en contrebas et sa silhouette majestueuse se découpe sur le fond du ciel. Une opportunité pour un rendez-vous avec la Lune.

Vous pourriez aimer :

Suivez l’actualité astronomique et découvrez mes images du ciel en vous abonnant à Cielmania sur Facebook ou Twitter.

C/2021 J1 Maury-Attard, la comète française inespérée

Des astronomes amateurs français viennent de découvrir une nouvelle comète, C/2021 J1 Maury-Attard, grâce à un procédé ingénieux.

Grand bonheur pour une lointaine comète :

Ne vous faites aucune illusion : vous ne verrez pas la comète C/2021 J1 Maury-Attard. L’astre chevelu, de magnitude 19 lors de sa découverte le 9 mai, est incomparablement plus faible que la belle Neowise. Mais ses découvreurs, Alain Maury et Georges Attard, sont des astronomes amateurs comblés. Le premier a monté son observatoire dans le désert d’Atacama au Chili. Au milieu d’une forêt de coupoles qu’il met à la disposition des astronomes, il utilise deux télescopes (bientôt quatre) pour traquer astéroïdes et comètes. Le second prend le relais à distance quand il se réveille en France et analyse les données recueillies.

Actuellement deux télescopes installés au Chili sont impliqués dans le projet MAP de recherche de comètes et d’astéroïdes mené par des amateurs. © SpaceObs/MAP

Un troisième compère, Daniel Parrott, est l’auteur du logiciel qui permet de repérer d’éventuels astres mobiles au milieu des étoiles. À eux trois, ils constituent le noyau dur du projet MAP. Continuer la lecture

Spectaculaire jeu d’ombres de deux satellites sur Jupiter

La danse des satellites autour de Jupiter offre parfois un spectacle insolite. Exemple avec les ombres de Io et Ganymède le 5 juin. 

Vous avez dit PHEMUS :

Cette année, les satellites galiléens de Jupiter (Io, Europe, Ganymède et Callisto) s’occultent ou s’éclipsent mutuellement. Les astronomes appellent cela les phénomènes mutuels ou PHEMUS. Ces parties de cache-cache se produisent quand le Soleil est dans le plan équatorial jovien, une configuration qu’on retrouve tous les six ans. On assiste à une occultation lorsqu’un satellite passe derrière un autre. Dans le cas d’une éclipse, on voit s’éteindre quelques instants un satellite qui traverse le cône d’ombre d’un autre satellite. En 2021, la mécanique céleste est à l’origine de 242 phénomènes mutuels entre le 3 janvier et le 16 novembre.

Les ombres des satellites Ganymède (le plus à gauche de l’image) et Io (juste à côté de Jupiter) se projettent sur la surface nuageuse de la planète gazeuse géante le 5 juin. Ganymède, le plus grand des deux satellites, a logiquement l’ombre la plus grosse. © Quentin Gineys

Comme Jupiter a une déclinaison négative, les observateurs situés dans l’hémisphère Sud sont mieux placés pour assister aux différents PHEMUS. C’est le cas de l’astronome amateur Quentin Gineys installé sur l’Île de la Réunion.    Continuer la lecture

7P/Pons-Winnecke, la comète franco-allemande, est de retour

Découverte en 1819 par le Français Jean-Louis Pons, la comète périodique 7P/Pons-Winnecke traverse actuellement le ciel nocturne.

Pons, le concierge chasseur de comètes :

7P/Pons–Winnecke est l’une des nombreuses comètes découvertes par Jean-Louis Pons. Arrêtons-nous un moment sur la vie de cet astronome qui mérite d’être évoquée. Né en 1761, Pons grandit dans une modeste famille au milieu de ses dix frères et sœurs. En 1789, il devient le concierge de l’Observatoire de Marseille. Analphabète mais passionné d’astronomie, il déniche sa première comète en 1801 avec une lunette de sa fabrication. Il suit parallèlement des cours d’astronomie à l’observatoire. Son excellente vue et sa ténacité vont lui permettre de découvrir 37 astres chevelus en 26 ans !

Jean-Louis Pons, prolifique découvreur de comètes. © CNRS

Plus grand découvreur de comètes, Jean-Louis Pons restera pourtant toujours dans l’ombre de Charles Messier. Ce dernier, qu’on surnomma le furet des comètes, n’en découvrit pourtant que 20, ce qui est quand même un score très honorable ! Continuer la lecture

Une éclipse partielle de Soleil au menu de ce mois de juin 2021

Outre quelques beaux rendez-vous célestes nocturnes, ce mois de juin 2021 sera surtout l’occasion d’observer une éclipse partielle de Soleil.

Rares éclipses :

La dernière éclipse partielle de Soleil observable en France remonte au 20 mars 2015. Ce jour-là,  entre 70 et 85% du Soleil avait été occulté par la Lune selon la situation géographique des observateurs français. Le 12 août 2026, le Soleil sera masqué à plus de 90%, l’éclipse étant totale au nord de l’Espagne. Ce 10 juin 2021, le phénomène est beaucoup plus discret. Au mieux vous observerez 18% de Soleil éclipsé du côté de Brest.

Vous trouverez sur le site du Comité de Liaison Enseignants et Astronomes un certain nombre d’informations concernant la visibilité du phénomène pour différentes villes de France.  Quant aux conseils pour observer et photographier l’éclipse en toute sécurité, ils sont rappelés dans cet article. Vous pouvez également écouter ce podcast qui vous dit tout sur les éclipses :

Continuer la lecture

Eclipse de Lune derrière les coupoles du VLT

L’astrophotographe Yuri Beletsky a réalisé un magnifique cliché de l’éclipse de Lune du 26 mai 2021 dans l’axe des coupoles du VLT.   

Super Lune éclipsée :

Le 26 mai 2021, il était possible d’admirer la plus grosse Pleine Lune de l’année. Le phénomène s’explique par l’orbite elliptique de la Lune.  Au plus près, le périgée, la distance Terre-Lune est de 356.700 km. Au plus loin, l’apogée, la Lune se trouve à 406.300 km. Cette variation de distance s’accompagne logiquement d’une variation du diamètre lunaire apparent. Ce dernier oscille entre 29,5 minutes d’arc à l’apogée et 33,5 minutes d’arc au périgée. Hier, de nombreux observateurs français ont essayé d’immortaliser l’événement.

Eclipse de Lune derrière les coupoles du Very Large Telescope. © Yuri Beletsky

Mais d’autres régions du monde ont eu droit pour l’occasion à un bonus : une éclipse de Lune. Ce fut le cas par exemple au Chili. L’astrophotographe Yuri Beletsky a passé la nuit dans le désert d’Atacama pour photographier la Lune éclipsée glissant derrière les coupoles du VLT. Continuer la lecture

Le 26 mai, admirez la plus grosse Pleine Lune de l’année

Le 26 mai 2021, la plus grosse Pleine Lune de l’année s’accompagne d’une éclipse totale, malheureusement invisible en Europe. 

Une question de distance :

Vous allez forcément entendre parler de la plus grosse Pleine Lune qui tombe le 26 mai 2021. Mais que signifie ce terme exactement ? En raison de son orbite elliptique, la Lune n’est pas toujours à la même distance de la Terre.

La Pleine Lune se couche dans l’axe du pont aux Lions à Arles. © Jean-Baptiste Feldmann

Au plus près, le périgée, cette distance est de 356.700 km. Au plus loin, l’apogée, la Lune se trouve à 406.300 km. Cette variation de distance s’accompagne logiquement d’une variation du diamètre lunaire apparent. Il oscille entre 29,5 minutes d’arc à l’apogée et 33,5 minutes d’arc au périgée. Explication en images avec ce montage de Philippe Moussette :

Lorsque le  périgée  coïncide avec la  Pleine Lune, les astronomes parlent de périgée-syzygie. Quant aux journaux, ils préfèrent le terme de Super Lune.

Que voit-on réellement ?

Concrètement, le diamètre de la Lune peut varier de 12% entre l’apogée et le périgée. C’est une différence de diamètre apparent que vous mettrez aisément en évidence en photo (voir ci-dessus). Visuellement, le spectacle reste le même, car votre cerveau sera incapable de se souvenir du diamètre apparent d’une ancienne Pleine Lune ! Pour autant, ne vous privez pas de ce joli spectacle.

La chouette et la Pleine Lune, joli souvenir du Périgord. © Jean-Baptiste Feldmann
Conseils pour admirer la Pleine Lune :

La Pleine Lune se produit le 26 mai 2021 à 11 h 14. À ce moment-là, il fera jour en Europe, mais une éclipse totale de Lune sera observable depuis les contrées plongées dans la nuit. En France, vous pouvez l’admirer pleine les soirs des 25 et 26 mai. Le 25, elle sera levée à l’Est avant que le Soleil ne soit couché à l’Ouest. Le 26, son lever interviendra plus tard, une trentaine de minutes après la disparition du Soleil. N’attendez pas que la Lune soit trop haute pour admirer le spectacle et éventuellement le photographier ! Ensuite, elle deviendra rapidement très brillante dans un ciel de plus en plus sombre.

Lever de Pleine Lune , un cliché toutes les deux minutes. © Jean-Baptiste Feldmann
Vous pourriez aimer :

Suivez l’actualité astronomique et découvrez mes images du ciel en vous abonnant à Cielmania sur Facebook ou Twitter.

Les diamants de la nébuleuse du Collier ne sont pas éternels

Les nuages de gaz qui brillent comme des diamants dans la nébuleuse du Collier sont éphémères. Ils finiront par disparaître.

Suivez la Flèche dans le Triangle :

Elle s’appelle PN G054.2-03.4, PN pour Planetary Nebulae. Cette nébuleuse planétaire, la nébuleuse du Collier, se situe dans la Flèche. La petite constellation en question est à rechercher dans le Triangle d’été. La nébuleuse doit son nom à un anneau d’environ 1/2 année-lumière de diamètre parsemé de « perles » de gaz lumineuses. Nous en découvrons la beauté grâce à cette superbe image réalisée à l’aide de la caméra grand champ du télescope spatial Hubble. L’instrument vient d’ailleurs de fêter ses 31 ans (il a été mis en orbite le 24 avril 1990).

La nébuleuse du Collier dans la constellation de la Flèche. © ESA/Hubble & NASA, K. Noll

Comment s’est formé ce collier de diamants aux proportions cosmiques ? Là où vous ne voyez qu’un point lumineux au centre de la nébuleuse, deux astres se livrent à une danse endiablée.

Scène de cannibalisme stellaire :

Imaginez deux étoiles identiques au Soleil qui tournent l’une autour de l’autre. Il y a 10.000 ans, la plus vieille des deux a enflé jusqu’à engloutir son infortuné compagnon. Mais ce dernier ne s’en est pas laissé compter. Il a continué à orbiter à l’intérieur de sa voisine en accélérant jusqu’à effectuer un tour en un peu plus d’une journée seulement ! À une telle vitesse, la petite étoile a progressivement arraché des morceaux de l’enveloppe de sa gourmande compagne. Ces lambeaux ont fini par former un anneau de débris (la nébuleuse) contenant des poches de gaz chaud et brillant (les diamants).

La nébuleuse du Collier se trouve dans la Flèche, une constellation située dans un coin du Triangle d’été. © Stelvision

Les nébuleuses planétaires sont condamnées à disparaître, leur gaz se diluant dans l’espace en quelques dizaines de milliers d’années. La nébuleuse du Collier ne fera pas exception à la règle et perdra un jour ses diamants.

En savoir plus :

Les nébuleuses planétaires (NP) portent un nom qui peut prêter à confusion. On le doit uniquement à leur aspect circulaire qui les faisait passer pour des planètes dans les télescopes imparfaits de nos aïeux. Il s’agit en réalité d’une enveloppe gazeuse éjectée par des étoiles très chaudes. Elles deviennent instables en fin de vie, lorsqu’elles ont atteint le stade de naine blanche.

Certaines nébuleuses planétaires sont particulièrement photogéniques. La nébuleuse de l’Hélice ressemble à un œil dans le cosmos. © NASA/JPL-Caltech/K. Su (Univ. of Arizona)

Les astronomes estiment que notre Galaxie pourrait compter 30.000 NP dont seulement 10% ont été découvertes à ce jour. Depuis une dizaine d’années, des astronomes amateurs confirmés ont décidé de traquer de nouvelles nébuleuses planétaires qui auraient échappé aux grands télescopes. Ils ont mis au point des protocoles de prises de vues très élaborés et ont réalisé ainsi plusieurs centaines de découvertes. On peut retrouver leur travail sur le site PlanetaryNebulae.net.

Vous pourriez aimer :

Suivez l’actualité astronomique et découvrez mes images du ciel en vous abonnant à Cielmania sur Facebook ou Twitter.

Nuages irisés pour une occultation d’étoile par la Lune

L’occultation par la Lune le 15 mai 2021 d’une brillante étoile des Gémeaux, Mebsuta, s’est déroulée au milieu de jolis nuages irisés.

Cache-cache céleste :

Au fil des nuits, vous avez sans doute remarqué que la Lune et les planètes circulent dans une bande de ciel. Cette bande est centrée sur l’écliptique, un grand cercle qui symbolise le plan du Système solaire. C’est en raison de leur proximité avec l’écliptique que certaines étoiles sont régulièrement masquées. On parle alors d’occultation. Vues de la Terre, elles sont éclipsées soit par la Lune, beaucoup plus rarement par des planètes. C’est assez logique quand on compare le diamètre apparent de notre satellite naturel (30 minutes d’arc) à celui des planètes, environ 80 fois plus petit.

Cliché réalisé le 15 mai 2021, une heure avant l’occultation de Mebsuta, une étoile de magnitude 3,2 située dans la constellation des Gémeaux. © Jean-Baptiste Feldmann

Continuer la lecture

"J'ai en moi un besoin terrible. Dirais-je le mot? La religion. Alors, je sors la nuit et je peins des étoiles." Vincent van Gogh