Rendez-vous vespéral entre le croissant de Lune et Vénus

Ce 10 septembre au soir, le fin croissant de jeune Lune s’est approché une nouvelle fois de l’étincelante planète Vénus.

Une planète remarquée :

Vénus, tout comme Mercure, est une planète inférieure. Cela signifie qu’elles orbitent entre la Terre et le Soleil. Une configuration qui ne les éloigne jamais beaucoup de notre étoile pour un observateur terrestre. En d’autres termes, ces deux planètes sont visibles soit au crépuscule sur l’horizon Ouest, soit à l’aube sur l’horizon Est. À ces moments-là, le ciel n’est jamais noir.

Une danseuse pour accompagner Vénus et Mercure. © Jean-Baptiste Feldmann

C’est grâce à sa magnitude fortement négative que la seconde planète du Système solaire s’en sort beaucoup mieux que Mercure, souvent trop faible pour être repérée. Le cliché ci-dessus, réalisé en mai 2020, montre la différence d’éclat entre les deux astres (Mercure est sous Vénus). Continuer la lecture

Le Soleil se réveille, les taches se multiplient à sa surface

Actuellement, les observateurs du Soleil peuvent suivre le développement de quatre groupes de taches à la surface de notre étoile.

Une histoire de magnétisme :

Les taches solaires sont des zones sombres (moins chaudes) qui apparaissent périodiquement à la surface de notre étoile. Elles trahissent une intense activité magnétique. Il semble que la plus ancienne observation avérée de ces zones sombres soit chinoise et remonte à l’an -28. Galilée fut le premier à les observer en 1612 avec une lunette astronomique. La périodicité de l’apparition de ces taches fut évoquée par Heinrich Schwabe en 1848. Puis l’astronome Rudolph Wolf détermina la durée moyenne d’un cycle solaire : environ 11 ans. En hommage à ses recherches, on désigne désormais par nombre de Wolf l’activité solaire (nombre cumulé de taches et de groupes de taches).

Le Soleil le 6 septembre 2021 avec quatre groupes de taches à sa surface. © SDO/HMI

Ces taches sont numérotées dans l’ordre d’apparition par la NOAA, (National Oceanic and Atmospheric Administration), le numéro étant précédé par les lettres AR qui signifient Active Region.

Nouveau cycle :

En décembre 2019 les astronomes ont constaté que le magnétisme du Soleil avait changé de polarité. Une inversion qui annonçait le début d’un nouveau cycle solaire, le 25e, dont le maximum est prévu pour 2025. Aujourd’hui, pas moins de quatre groupes de taches sont observables. Il portent les numéros AR 2863, AR 2864, AR 2866 et AR 2868. L’observation de notre étoile avec un télescope nécessite impérativement l’adjonction d’un filtre. Sans cet accessoire, ne pointez jamais le Soleil ! Mais vous pourrez quand même suivre sans danger l’évolution de ces groupes sur la page des satellites solaires SOHO (SOlar and Heliospheric Observatory) ou SDO (Solar Dynamics Observatory).

Ils devraient rester observables un certain temps. Il faut en effet 15 jours pour voir migrer les taches d’un bord à l’autre du Soleil qui tourne sur lui-même en un mois environ.

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Une médaille “Caroline Herschel” pour les femmes astronomes

Le premier ministre britannique souhaite qu’une médaille “Caroline Herschel” récompense désormais les femmes astronomes.

De l’or pour des astronomes oubliées :

Le premier ministre britannique Boris Johnson a envie de réhabiliter les femmes astronomes trop souvent oubliées. Il a profité de la visite de la chancelière allemande Angela Merkel au début de l’été pour l’annoncer. La médaille portera le nom de Caroline Herschel (1750-1848). Elle sera décernée tous les deux ans à des femmes astronomes travaillant en Grande-Bretagne ou en Allemagne, les deux patries de Caroline Herschel. Cette distinction s’accompagnera d’un chèque de 10.000 livre sterling (environ 11.000 euros).

Caroline Herschel en train de prendre des notes dictées par son célèbre frère William. Gravure extraite de “l’Astronomie populaire” de Camille Flammarion

Caroline Herschel a été une pionnière de l’astronomie à une époque où les femmes étaient rarement reconnues pour leurs contributions dans ce domaine. Continuer la lecture

Daphnis, la lune qui fait des vagues autour de Saturne

Dans les anneaux de Saturne, la petite lune Daphnis signe ses passages par des ondulations, tout comme son grand frère Pan.

Fascinante Saturne :

Si Saturne nous attire tant, c’est en raison de son magnifique anneau qu’on peut déjà admirer dans une simple longue-vue. Il suffit de grossir un peu et l’on se rend compte alors que cet anneau est double. C’est l’astronome Jean-Dominique Cassini qui le découvre en 1675. La séparation sombre dans l’anneau prend le nom de division de Cassini. On décide d’appeler anneau A le plus externe des deux, l’autre étant l’anneau B.

L’anneau A est le plus externe des deux grands anneaux de Saturne. © Damian Peach

C’est dans l’anneau A que les astronomes ont découvert Daphnis en 2005. Ils soupçonnaient la présence de ce petit corps depuis qu’ils avaient repéré un sillon sombre dans l’anneau. Un vide qui ne pouvait être que l’œuvre d’une lune faisant le ménage à chacun de ses passages. Continuer la lecture

La chapelle de Saint-Bonnet en Beaujolais sous la Grande Ourse

La célèbre constellation de la Grande Ourse se repère facilement en début de nuit, comme ici à la chapelle de Saint-Bonnet en Beaujolais.

Une chapelle dans les bois :

La chapelle de Saint-Bonnet se situe au col du même nom, au-dessus du village de Montmelas-Saint-Sorlin dans le Beaujolais. On s’y rend depuis Villefranche sur Saône en empruntant la D44. C’est depuis cette route que vous pourrez repérer deux autres sites que j’ai déjà photographiés. Il s’agit de la chapelle de Chevennes et du château de Montmelas. Une fois au col de Saint-Bonnet, laissez votre voiture sur le parking. Un chemin balisé vous conduit à travers bois jusqu’à la chapelle, un édifice roman datant du XIIe siècle.

Soirée photo à la chapelle de Saint-Bonnet. © Christine Sasiad

Hier soir, au terme d’une jolie marche nocturne dans les bois, je m’y suis rendu avec ma compagne Christine. 5 minutes de poses à 1600 iso avec un objectif de 12 mm de focale (ouvert à 4) monté sur un boîtier Nikon D7100 ont permis d’immortaliser la scène, avant que l’éclat de la Lune ne soit trop gênant.

La chapelle de Saint-Bonnet (Beaujolais) sous la Grande Ourse. © Jean-Baptiste Feldmann

Merci à Jean-François qui s’est chargé d’annoter cette image en y plaçant les constellations et quelques étoiles remarquables. La Grande Ourse surplombe la chapelle alors que la brillante Arcturus du Bouvier joue à cache-cache derrière un arbre.

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Insolite : deux noyaux lumineux brillent dans la galaxie Mrk 739

Le bestiaire cosmique ne cesse de nous étonner par sa diversité. Avec Mrk 739, nous avons l’impression que deux yeux lumineux nous observent.

Une galaxie très active :

Mrk 739 se trouve dans la constellation du Lion, à plus de 400 millions d’années-lumière. Cette galaxie (de magnitude 10) fait partie du catalogue de Benjamin Markarian (1913-1985). L’astronome arménien s’est beaucoup intéressé aux galaxies actives au début des années 1960. Mais il est surtout connu pour avoir donné son nom à un groupe de 8 galaxies. La Chaîne de Markarian est observable entre les constellations de la Vierge et de la Chevelure de Bérénice. C’est en 1961 que Benjamin Markarian découvrit qu’elles étaient liées physiquement (l’étude de leur spectre trahit un mouvement identique dans l’espace).

Une image de Centaurus A, révélant les jets émis par le très actif trou noir central de la galaxie. Image composite obtenue avec différents instruments. © ESO / NASA

Le catalogue Mrk recense des galaxies actives. Ces dernières présentent un noyau très lumineux en raison de l’activité d’un trou noir supermassif. Beaucoup plus proche de nous, la galaxie lenticulaire Centaurus A en est un parfait exemple. Et c’est également le cas de Messier 87, la galaxie qui nous a offert la première image d’un trou noir supermassif.    Continuer la lecture

Comment photographier les planètes avec un petit télescope

Réaliser de belles images avec un petit télescope ? C’est possible ! Rencontre avec James Dias, un astronome amateur qui aime les défis.

La tête dans les étoiles :

À 53 ans, James Dias (sa page Facebook) regarde toujours le ciel avec des yeux d’enfant. Lui qui petit voulait devenir astronome ou astronaute a gardé intact son émerveillement pour l’espace. Il y a un peu plus de deux ans, il a décidé de se lancer dans la photographie du ciel nocturne sans se ruiner. Une démarche courageuse, sachant qu’il habite dans le centre-ville de Toulon et ne peut observer que d’une fenêtre la plupart du temps !

Depuis son enfance, James Dias aime regarder le ciel. Aujourd’hui, il est capable de le photographier avec un petit télescope. © James Dias

La plupart des astronomes vous diront qu’un gros télescope installé dans un site dégagé est indispensable en astrophotographie. En particulier pour l’imagerie planétaire, domaine très exigeant qui demande un instrument parfaitement réglé et une atmosphère calme. Continuer la lecture

Cielmania vous donne rendez-vous en Maurienne

Vous avez envie de découvrir le ciel en Maurienne le weekend prochain ? Je vous y donne rendez-vous pour deux belles soirées.

Astronomie en Maurienne :

Les 20 et 21 août, je vous donne rendez-vous pour deux soirées sous les étoiles en Maurienne, en compagnie du groupe Astro Maurienne. La première se déroulera vendredi 20 août au cinéma Le Savoie à Saint-Michel-de-Maurienne. La seconde à la station du Corbier le samedi 21 août.

Programme de ces deux soirées :
  • diffusion du documentaire “In the Starlight”. Réalisé par Mathieu Le Lay, il raconte les aventures du photographe canadien Paul Zizka. Ce dernier arpente la planète à la recherche des endroits les plus sauvages pour y photographier le ciel nocturne. L’occasion d’expliquer l’origine de quelques beaux phénomènes astronomiques comme les aurores boréales. Et d’évoquer également le problème de la pollution lumineuse qui a un impact fort sur l’homme, la faune et la flore.

  • présentation d’images astronomiques et de matériel d’observation. Lunettes et télescopes n’auront plus de secrets pour vous !
  • observation du ciel : la Lune (elle sera pleine le 22), Jupiter et Saturne au plus près de la Terre, ainsi que les principales constellations.

Si vous êtes dans la région, n’hésitez pas à venir nous voir ! En attendant, suivez l’actualité astronomique et découvrez mes images du ciel en vous abonnant à Cielmania sur Facebook ou Twitter.

L’étoile Mira de la Baleine est au maximum de sa luminosité

Sa variabilité est connue depuis l’Antiquité. Ce mois d’août 2021, l’étoile Mira atteint son éclat le plus élevé, l’occasion de l’observer. 

La Merveilleuse de la Baleine :

C’est une étoile extraordinaire que les Hommes observent dans la constellation de la Baleine par intermittence depuis l’Antiquité. Et pour cause : Mira Ceti (qui signifie la Merveilleuse de la Baleine) est une étoile qui devient invisible pendant des mois. Sa magnitude varie de 2 (équivalent de l’étoile polaire) à 10 (largement invisible à l’œil nu). Située à moins de 300 années-lumière, Mira Ceti est une étoile géante rouge. Elle met 332 jours à effectuer son cycle complet de variabilité : 211 jours pour perdre sa luminosité, puis 121 jours pour retrouver son maximum d’éclat.

L’étoile Mira dans la Baleine a une magnitude qui varie de 2 à 10. © DSS / Mikulski

L’astronome amateur hollandais Fabricius fut le premier à noter ces variations. C’était au début du XVIIe siècle, un peu avant l’invention de la lunette astronomique par Galilée. Continuer la lecture

Carolyn Shoemaker a rejoint son mari dans les étoiles

Son nom restera associé à la comète qui percuta Jupiter en juillet 1994. L’astronome Carolyn Shoemaker s’est éteinte le 13 août 2021.

Un couple dans les étoiles :

Carolyn Shoemaker (24 juin 1929 – 13 août 2021) va pouvoir retrouver son mari Eugene. Ils avaient brutalement été séparés en 1997 par un terrible accident de la route. Le couple s’était marié 46 ans plus tôt. À l’époque, Eugene finissait son doctorat de géologie. Carolyn (22 ans), poursuivait des études universitaires sans grande conviction. Elle décida donc de se consacrer à l’éducation de leurs trois enfants.

Dans les années 1960, Eugene Shoemaker étudia le Meteor Crater en Arizona. © USGS

Eugene, lui, était très occupé par ses recherches au USGS Center for Astrogeology qu’il avait fondé en 1961. Passionné par les cratères d’impact, il était devenu planétologue.

Vocation tardive :

En 1980, Carolyn se retrouva désœuvrée, les enfants partis. Eugene lui proposa alors d’intégrer un petit groupe chargé de débusquer des géocroiseurs. Il n’existait pas encore de télescopes automatisés pour traquer les astéroïdes potentiellement dangereux. Il fallait donc analyser visuellement des clichés.

Les astronomes Carolyn et Eugene Shoemaker en 1986. © NASA

Et Carolyn Shoemaker excellait dans ce travail de patience. Au cours d’une carrière commencée à 51 ans, elle découvrit ainsi 800 astéroïdes et 32 comètes, dont la célèbre Shoemaker-Levy 9. Continuer la lecture

Perséides : pluie d’étoiles filantes sur les rivages de la Tunisie

En Tunisie, le photographe Makrem Larnaout a capturé de nombreuses étoiles filantes à l’occasion du maximum d’activité des Perséides.

Feu d’artifice céleste :

Comment composer une belle image nocturne en immortalisant le maximum des Perséides ? Voici la recette du photographe Makrem Larnaout (sur Instagram et Facebook), installé en Tunisie. Il a choisi les rivages de la Méditerranée pour y poser ses boîtiers pendant les nuits des 12 et 13 août. Au premier plan, un cargo échoué, sorte de vaisseau fantôme des temps modernes. Mais le photographe ne se laisse pas impressionner. Il a tout prévu : trois appareils photos vont enregistrer le ciel nocturne pendant deux nuits pour un total de seize heures de poses. Pour contrer les effets néfastes de la pollution lumineuse, il a placé des filtres spéciaux devant ses objectifs.

Pluie d’étoiles filantes au-dessus de la Méditerranée. © Makrem Larnaout

Le résultat est de toute beauté. Des dizaines d’étoiles filantes ont jailli silencieusement pendant ces deux nuits. Comme l’écrit Makrem Larnaout : ” C’est unique d’être là, seul dans le silence au milieu de nulle part et en plénitude face à cette nature “.

À savoir :

L’essaim d’étoiles filantes des Perséides constitue les restes poussiéreux abandonnés le long de son orbite par la comète Swift-Tuttle. Ils viennent se consumer dans l’atmosphère terrestre entre le 17 juillet et le 24 août avec un maximum autour du 12 août. On leur donne le nom de Perséides car le radiant est localisé dans la constellation de Persée. En 2021, l’absence de Lune en seconde partie de nuit a permis de profiter de ce spectacle, à condition de s’éloigner des lumières urbaines.

Pluie de Géminides dans le ciel du désert d’Atacama. © Yuri Beletsky

Outre les Perséides, un autre essaim est particulièrement actif. Il s’agit de celui des Géminides, dont le maximum se produira le 14 décembre prochain.

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Trois satellites vont transiter devant Jupiter le 15 août

Le phénomène est rare : le 15 août 2021, certains observateurs bien situés pourront admirer un triple transit des satellites de Jupiter.

Des satellites et des ombres :

Les astronomes parlent de transit lorsqu’un astre passe devant un autre. Si les deux objets célestes ont la même taille apparente (cas du Soleil et de la Lune), on observe une éclipse. Quatre petites lunes orbitent autour de Jupiter. Galilée, qui les a découvertes, a été le premier observateur à repérer leur ballet autour de la planète gazeuse géante. Le passage d’un satellite devant Jupiter est assez banal : rien qu’en 2021, il s’en produit plusieurs centaines ! Notez qu’il est plus facile d’observer avec un télescope le transit de l’ombre d’un satellite (tache noire sur fond clair) que le satellite lui-même devant la planète.

Les ombres des satellites Ganymède (à gauche) et Io (juste à côté de Jupiter) se projettent sur la surface nuageuse de la planète gazeuse géante le 5 juin 2021. © Quentin Gineys

Observer deux transits est déjà moins courant. Le 5 juin dernier, l’astronome amateur Quentin Gineys avait pu immortaliser les ombres de Ganymède et Io. Mais un triple transit est beaucoup plus rare : c’est ce que pourront admirer le 15 août les observateurs situés en Asie et en Australie. Continuer la lecture

Un arc lunaire se glisse derrière les Monts du Beaujolais

30 heures après la Nouvelle Lune, voici le retour d’un arc lunaire très fin dans les lueurs du crépuscule le soir du 9 août 2021.

Mécanique céleste :

Une lunaison s’étire sur 29 jours pendant lesquels la Lune passe progressivement de la Nouvelle Lune à la Pleine Lune. Ensuite elle décroît jusqu’à la Nouvelle Lune suivante. C’est à ce moment que notre satellite naturel se trouve à sa plus courte distance apparente du Soleil. Si la Lune passe alors devant notre étoile, il y a éclipse.

On comprendra aisément qu’au cours des heures qui encadrent la Nouvelle Lune, on ne peut pas observer notre satellite naturel, trop proche du Soleil.

Limite théorique de l’arc lunaire :

Dans les années 1930, l’astronome français André Danjon avait calculé qu’il était impossible de distinguer le croissant lunaire lorsque l’élongation (la distance apparente entre le Soleil et la Lune) est inférieure à 7 degrés. En effet, le fin croissant est alors moins lumineux que le ciel. À l’œil nu, les plus fins croissants observés l’ont été à 14 heures de la Nouvelle Lune, un peu moins avec un instrument astronomique.

Ce 9 août en soirée, le défi était moins difficile à relever, puisque nous étions 30 heures après la Nouvelle Lune. Néanmoins, une paire de jumelles était indispensable pour repérer l’arc lunaire à l’horizon. Le cliché ci-dessus a été réalisé avec un boîtier Lumix FZ82, zoom 800 mm, 1 sec de pose à 200 iso.

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C’est le moment d’observer les étoiles filantes des Perséides

Cette année, l’absence de Lune permettra de bien profiter des Perséides, des étoiles filantes très nombreuses aux alentours du 12 août.

Un spectacle incontournable :

C’est une tradition désormais bien établie : chaque mois d’août, après les Nuits des Étoiles, les astronomes amateurs ont rendez-vous avec les Perséides. Ces étoiles filantes sont les restes poussiéreux abandonnés le long de son orbite par la comète Swift-Tuttle. Ils viennent se consumer dans l’atmosphère terrestre entre le 17 juillet et le 24 août avec un maximum autour du 12 août. On leur donne le nom de Perséides car le radiant est localisé dans la constellation de Persée.

Brillante Perséide le 13 août sous les Hyades et les Pléiades. © Jean-Baptiste Feldmann

Une météo en général clémente et une période de grandes vacances expliquent l’intérêt porté à cet essaim qui n’est pourtant pas le plus actif. Continuer la lecture

Un amateur a-t-il photographié une éruption sur Io ?

L’activité volcanique sur Io, une lune de Jupiter, est étudiée par les plus grands télescopes. Mais un astronome amateur peut-il l’observer ? 

Volcanisme extraterrestre :

L’histoire du volcanisme sur Io débute il y a un peu plus de quarante ans. Le 9 mars 1979, l’ingénieure de navigation Linda Morabito analyse les images acquises par Voyager. La sonde vient alors de survoler Jupiter et ses principaux satellites. Sur le limbe de l’un d’entre eux, Io,  la scientifique remarque un panache lumineux.

L. Morabito en 1979 à côté des écrans montrant un panache volcanique sur Io. © NASA

Des quatre lunes découvertes en 1610 par Galilée, Io est sans doute la plus surprenante. Ce brillant satellite de magnitude 5 serait visible à l’œil nu s’il n’était pas perdu dans l’éclat éblouissant de Jupiter. Il est un peu plus gros que la Lune et orbite à 350.000 kilomètres de son imposante voisine, ce qui déclenche d’importants effets de marée en son sein.

Notes de Galilée rédigées en janvier 1610 au sujet des satellites de Jupiter. © Librairie de l’Université du Michigan

Ce que Linda Morabito a découvert ce 9 mars 1979, c’est un panache volcanique haut de 300 kilomètres !

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Sh2-106, la nébuleuse qui déploie ses ailes dans le Cygne

La constellation du Cygne héberge Sh2-106, une nébuleuse dont l’aspect évoque un ange céleste aux délicates ailes gazeuses.

Stewart Sharpless, l’astronome qui aimait la Voie lactée :

Sh2-106 est un objet céleste du catalogue Sharpless. Il s’agit d’une liste de nébuleuses en émission établie par Stewart Sharpless dans les années 1950. Cet astronome américain (1926-2013) consacra la plus grande partie de sa carrière à répertorier les vastes régions d’hydrogène ionisé (H II) qui parsèment la Voie lactée. Actuellement, le catalogue Sharpless compte 313 régions H II situées dans le ciel boréal. La liste australe (catalogue Gum, 85 entrées) fut établie par l’astronome australien Colin Stanley Gum (1924-1960) à la même époque.

La nébuleuse de la Lagune, célèbre membre du catalogue Sharpless. © A. Block/MLSC/UA

Le catalogue Sharpless compte quelques objets célestes très célèbres, comme Sh2-25 (la nébuleuse de la Lagune) ou encore Sh2-45 (la nébuleuse Oméga). Continuer la lecture

Admirez Jupiter et Saturne, au plus près de la Terre en août 2021

Août 2021 sera le mois de l’opposition pour les planètes gazeuses géantes Jupiter et Saturne. Un rendez-vous à ne pas manquer !

Deux planètes au menu :

Le mois d’août est traditionnellement celui des Nuits des étoiles. D’habitude on y compte les Perséides, ces jolies étoiles filantes qui se consument dans l’atmosphère. Mais cette année, ce sont les deux plus grosses planètes du Système solaire, Jupiter et Saturne, qui vont occuper les amoureux de spectacles célestes. Retrouvons le ciel du mois avec la chaîne YouTube Astroculus qui nous propose quelques observations intéressantes :

Saturne a plongé dans l’extase des générations d’observateurs avec ses magnifiques anneaux. Quant à Jupiter la monstrueuse, c’est la danse de ses quatre plus gros satellites (découverts par Galilée) qui a de quoi vous surprendre, sans parler de son énigmatique Grande Tache Rouge. Continuer la lecture

En vidéo : l’incroyable survol de Jupiter et Ganymède par Juno

Les images du dernier survol de Jupiter et de Ganymède par la sonde Juno sont saisissantes. La NASA les a réunies dans une superbe vidéo. 

Ganymède cache un océan :

En partant de Jupiter, Ganymède est le troisième satellite galiléen. Il fut observé pour la première fois (avec Io) le 7 janvier 1610 à Padoue par Galilée à l’aide d’une lunette astronomique. Cette lune fut ensuite étudiée de près par les sondes Pioneer 10 (décembre 1973), puis Voyager (1979) et Galileo (1995-2002). Quand on scrute la surface de Ganymède, on constate que cette lune est recouverte pour un tiers par des régions sombres très anciennes fortement cratérisées. Le reste est constitué de régions plus claires et plus jeunes traversées par de profonds sillons que les scientifiques ont du mal à expliquer.

Ganymède, l’un des satellites galiléens de Jupiter, photographié par la sonde Juno. © NASA

En observant les anomalies dans l’oscillation des aurores polaires autour des pôles de Ganymède, des scientifiques en ont conclu qu’il devait exister sous la surface de cette lune un océan salé de 100 km de profondeur, une quantité d’eau supérieure à celle des océans terrestres !

Survol en accéléré :

En orbite autour de Jupiter depuis l’été 2016, la sonde Juno a effectué le 8 juin 2021 son 34e survol rapproché de la planète géante. Un passage qui lui a donné la possibilité de photographier Ganymède à une distance d’un peu plus de 1.000 kilomètres. Aucune sonde ne s’était aventurée aussi près depuis le survol de Galileo il y a vingt ans. Dans l’animation réalisée par la NASA, on découvre les différentes régions claires et sombres à la surface de Ganymède, ainsi que plusieurs cratères d’impact très brillants.

Le spectateur est ensuite transporté 3.400 kilomètres au-dessus de la surface nuageuse de Jupiter. Au milieu d’un magnifique maelstrom de volutes gazeuses, plusieurs cyclones sont visibles sous la forme d’ovales blancs ainsi que de nombreux éclairs.

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La Pleine Lune de juillet se lève depuis la chapelle de Chevennes

À l’occasion de la Pleine Lune de ce mois de juillet 2021, je vous emmène à la chapelle de Chevennes dans le Beaujolais.

Sur le chemin de Compostelle :

Rattachée au village de Denicé en Beaujolais, la chapelle de Chevennes date du XIIe siècle. Elle a été reconstruite au XVe siècle par le curé Jacques Sornet. Le saint homme s’y est d’ailleurs fait enterrer. La chapelle fut une étape sur la route du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. Puis elle fut fermée à la Révolution et tomba à l’abandon. Heureusement, elle a fait l’objet d’une récente restauration. Les portes de la chapelle s’ouvrent lors des Journées européennes du patrimoine, dévoilant un décor de style gothique flamboyant. Les spécialistes apprécieront la présence d’arcs brisés moulurés en faisceaux et en berceau.

La chapelle de Chevennes en Beaujolais date du XIIe siècle. © Christine Sasiad

La chapelle domine toute la plaine de la Saône, Villefranche et les localités autour. Par temps clair, le regard porte jusqu’au massif du Mont-Blanc.

Rendez-vous romantique :

C’est là que nous nous sommes rendus, ma compagne et moi, pour admirer le lever de la Pleine Lune de juillet. Cette septième Pleine Lune de l’année avait la particularité de se produite une semaine après une nouvelle édition de On The Moon Again. C’est en été que la Pleine Lune atteint sa position la plus basse sur l’horizon Sud. En langage astronomique, on dit que sa déclinaison est fortement négative. Notre satellite naturel passe devant les constellations basses pour les observateurs français (comme le Sagittaire).

Rendez-vous romantique au pied de la chapelle de Chevennes dans le Beaujolais pour voir se lever la Pleine Lune du mois de juillet 2021. © Jean-Baptiste Feldmann

Ce cliché a été réalisé avec un objectif Samyang de 12 millimètres de focale. Boîtier Nikon D7100, pose de 1 seconde à 1600 iso.

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Vera Rubin, l’astronome qui a découvert la matière noire

Rare femme astronome dans un monde d’hommes, Vera Rubin soupçonna la première l’existence de la matière noire dans l’Univers.

La tête dans les étoiles :

Vera Rubin est née le 23 juillet 1928 à Philadelphie. Sa passion pour l’observation des étoiles débute à l’âge de 12 ans. Son père lui construit alors un petit télescope avec lequel elle prend ses premières photos astronomiques. Vera Rubin poursuit ses études au Vassar College à New York, seule université qui accueille des femmes à l’époque. Sa thèse, sous la direction de George Gamow, porte sur la distribution des galaxies dans l’Univers. Elle obtient son diplôme d’astronomie en 1954.

Vera Rubin s’intéressa toute jeune à l’astronomie. © American Institute of Physics

Tout au long de ses années d’études, elle côtoie de nombreuses personnalités. On peut citer Richard Feynman (l’un des physiciens les plus influents de la seconde moitié du XXᵉ siècle) ou encore Hans Bethe. Continuer la lecture

"J'ai en moi un besoin terrible. Dirais-je le mot? La religion. Alors, je sors la nuit et je peins des étoiles." Vincent van Gogh