Une petite cueilleuse pour la Pleine Lune de février

Deuxième Pleine Lune de l’année, celle de ce 9 février n’est pas encore une Super Lune, ce qui n’a pas empêché une petite cueilleuse de s’y intéresser. 

Ce 9 février se produisait la Pleine Lune de l’amour, alors que notre satellite naturel se trouvait à un peu plus de 362.000 kilomètres de nous. Une petite cueilleuse avait pour mission d’essayer de s’en saisir délicatement un peu après son lever dans la soirée du 8. Certains médias parlaient déjà de Super Lune pour l’occasion, mais il faudra attendre la Pleine Lune du 8 avril pour que Séléné soit au plus près de nous avec 357.000 kilomètres. Mais au fait, c’est quoi une Super Lune ?

En raison de son orbite elliptique, la Lune n’est pas toujours à la même distance de la Terre. Au plus près, le périgée, cette distance est de 356.700 km ; au plus loin, l’apogée, la Lune se trouve à 406.300 km. Continuer la lecture

La nova observée en Chine il y a 2000 ans retrouvée par le VLT

2000 ans séparent les astronomes qui observaient en Chine une nova en 48 avant J.-C. et ceux qui en ont retrouvé les restes avec le Very Large Telescope.

L’âge d’or de l’astronomie chinoise :

La contribution majeure de la Chine ne cesse de se révéler au fil de la publication d’études en archéoastronomie. Il semble que les astronomes de l’Empire du Milieu étaient déjà particulièrement actifs il y a plus de 4.000 ans. Prédiction des éclipses, observation de phénomènes célestes marquants (comètes, novae…), création d’un calendrier luni-solaire, découpage du ciel en constellations, autant d’avancées à mettre à l’actif des astronomes impériaux. Un patrimoine scientifique qui a traversé le temps grâce à la manie qu’avaient les Chinois de consigner toutes leurs observations. On en retrouve la trace au fil des découvertes d’anciens parchemins comme l’atlas astronomique de Dunhuang.

L’atlas astronomique de Dunhuang fut réalisé en Chine à la fin du VIIe siècle.

Nous allons nous intéresser aujourd’hui à l’observation d’une explosion d’étoile consignée en 48 avant Jésus-Christ. Le Very Large Telescope a permis d’en retrouver les restes un peu plus de 2.000 ans après.  Continuer la lecture

Fantastiques premières images pour le télescope solaire Inouye

Tout juste mis en service, le télescope solaire Daniel K. Inouye nous offre de stupéfiantes images de la surface de notre étoile.

Le plus grand télescope solaire :

Le Advanced Technology Solar Telescope (ATST) se trouve sur l’île hawaïenne de Maui. Construit à 3.000 mètres d’altitude au sommet du volcan Haleakalā, il pourrait bien révolutionner l’astronomie solaire. Cet instrument est doté d’un miroir primaire de 4,24 mètres de diamètre. Il porte également le nom de Daniel Ken Inouye (1924-2012). Ce dernier fut sénateur de l’État d’Hawaï au Congrès des États-Unis de 1963 à sa mort. Le télescope a été conçu pour fournir des images d’une résolution deux fois plus élevée que ses prédécesseurs.

Pour y parvenir les ingénieurs l’ont doté d’une optique adaptative. Elle permet au miroir de garder exactement la même forme avec une précision de l’ordre du micron. Grâce à l’emploi de 142 vérins hydrauliques le miroir ne se déforme pas quelle que soit son orientation ou sa température . Continuer la lecture

La comète C/2017 T2 et le double amas d’étoiles de Persée

Rapprochement céleste particulièrement photogénique, voici la rencontre entre la comète C/2017 T2 et le double amas d’étoiles de Persée. 

La comète C/2017 T2 a été découverte le 2 octobre 2017 à la magnitude 19,9 par le réseau de surveillance d’astéroïdes Pan-Starrs (Panoramic Survey Telescope and Rapid Response System) installé à Hawaii. Ce télescope a également déniché d’autres astres chevelus comme C/2014 Q1 ou encore C/2016 R2. C/2017 T2 ne laissera pas un souvenir impérissable puisque son éclat actuel la réserve aux possesseurs de très gros télescopes. Mais sa trajectoire la conduite à passer dans le même champ que le double amas de Persée.

La comète C/2017 T2 passe à proximité du double amas de Persée. © Gregg Ruppel

L’astrophotographe Gregg Ruppel a immortalisé ce rapprochement apparent le 26 janvier. Continuer la lecture

Moisson de nébuleuses planétaires pour deux amateurs

La recherche de nébuleuses planétaires sur les images digitalisées du ciel est devenue la spécialité de certains astronomes amateurs méticuleux. 

Agonie stellaire :

Les nébuleuses planétaires (NP) portent un nom qui peut prêter à confusion. On le doit uniquement à leur aspect circulaire qui les faisait passer pour des planètes dans les télescopes imparfaits de nos aïeux. Il s’agit en réalité d’une enveloppe gazeuse éjectée par des étoiles très chaudes. Elles deviennent instables en fin de vie, lorsqu’elles ont atteint le stade de naine blanche. Les astronomes estiment que notre Galaxie pourrait compter 30.000 NP dont seulement 10% ont été découvertes à ce jour.

Messier 97, la nébuleuse planétaire du Hibou. © Keith Quattrocchi

Certaines NP sont particulièrement célèbres, comme Messier 97 (le Hibou, image ci-dessus) ou Messier 27 (la nébuleuse Dumbbell). Mais la majorité d’entre elles sont beaucoup plus discrètes. Elles restent encore à découvrir. Continuer la lecture

Bételgeuse : les Aborigènes australiens connaissaient déjà sa variabilité

Sujet d’actualité en raison de sa baisse de luminosité, l’étoile géante rouge Bételgeuse était déjà connue des Aborigènes australiens pour sa variabilité.

Un chasseur hivernal :

L’hiver est la saison idéale pour observer la célèbre constellation d’Orion.  Elle nous raconte l’histoire d’un chasseur arrogant. Dans la mythologie grecque le géant Orion passait son temps à se vanter de ses prouesses. Exaspérée, Héra, sœur et femme de Zeus, lui envoya un scorpion qui le piqua et le tua (lire à ce sujet Pompéi : une mosaïque illustre le mythe d’Orion et du Scorpion). Orion et Scorpion furent alors placés aux deux extrémités du ciel pour ne jamais se rencontrer. L’un se couche quand l’autre se lève.

La constellation d’Orion s’élève à l’aube en fin d’été. © Jean-Baptiste Feldmann

Depuis environ deux mois, Bételgeuse, qui symbolise l’une des deux épaules du chasseur, a perdu de son éclat. Cet astre devrait finir par exploser en supernova sans qu’on sache s’il le fera la nuit prochaine ou dans 100.000 ans (lire l’avis de l’astrophysicienne Sylvie Vauclair). Les sautes d’humeur de cette étoile géante rouge ont laissé des traces dans les récits que se transmettent oralement les Aborigènes d’Australie (découvrir l’étude sur arXiv). Continuer la lecture

Pour mesurer la qualité du ciel, comptez les étoiles dans Pégase

Le Carré de Pégase est un astérisme facilement reconnaissable en début de nuit hivernale. Utilisez-le pour mesurer la qualité de votre ciel.

Un grand Carré dans le ciel hivernal :

Pégase est la septième constellation du ciel par la taille. Elle est assez facile à identifier grâce à la forme caractéristique du grand Carré. Les étoiles qui délimitent ce quadrilatère sont Markab (α Pegasi), Schéat (β Pegasi) et Algénib (γ Pegasi). Le quatrième jalon appartient à la constellation voisine d’Andromède. Il s’agit de Alpheratz ou Sirrah (α Andromedae).  Le reste de la constellation s’étend un peu au-delà d’Enif.

Comment retrouver le grand Carré de Pégase dans le ciel d’hiver. © Stelvision

En ce mois de janvier Pégase est une constellation haut placée en début de nuit qui bascule vers l’ouest. Vous le constaterez en consultant la carte du ciel de Stelvision. S’il n’y a pas d’objet céleste spectaculaire à y observer (à part la galaxie d’Andromède voisine), le Carré vous offre l’opportunité de mesurer la qualité de votre ciel. Continuer la lecture

Hippocampe, la petite lune de Neptune qui n’est pas à sa place

Découverte autour de Neptune en 2013, la petite lune Hippocampe est sans doute un fragment de Protée dont elle est beaucoup trop proche.

Chasseur de lunes :

L’astronome américain Mark Showalter aime bien traquer les lointaines petites lunes dans le Système solaire. On lui doit les découvertes de Pan autour de Saturne, Mab et Cupid du côté d’Uranus et Kerberos et Styx qui gravitent autour de Pluton. En 2013 il a rajouté Hippocampe à son tableau de chasse. Excepté pour Pan, toutes ses découvertes ont été réalisées en analysant les images prises par le télescope spatial Hubble.

Tout au fond de la mer :

Hippocampe est un caillou d’une trentaine de kilomètres de diamètre. Dénicher un objet aussi petit à plus de 4 milliards de kilomètres est un défi de taille, même avec le télescope spatial. Seule solution pour contourner la difficulté : superposer plusieurs clichés pour en augmenter la sensibilité et la résolution. Un procédé qu’utilisent tous les astrophotographes amateurs qui cherchent à révéler de faibles nébuleuses. En lui ayant choisi ce nom, Mark Showalter s’est fait plaisir (il est passionné de plongée) tout en restant dans le royaume de la mer du dieu Neptune. Continuer la lecture

Que voir dans le ciel nocturne au mois de janvier 2020

Le ballet des planètes, l’essaim des Quadrantides et une éclipse de Lune par la pénombre sont au programme de ce mois de janvier 2020.

En astronomie l’hiver est une saison peu appréciée en raison des basses températures qui peuvent parfois décourager les observateurs. Pourtant la saison a des atouts indéniables. Les nuits sont très longues et il n’est nul besoin de veiller très tard pour observer. D’autre part lorsque le ciel nocturne est dégagé il est particulièrement noir, ce qui n’est pas le cas en été. Je vous invite donc à mettre le nez dehors en ce mois de janvier et je vous renvoie vers les 5 conseils pour observer sans avoir froid.

En hiver pensez à admirer la belle constellation d’Orion. © Jean-Baptiste Feldmann

Voici quelques jolis phénomènes célestes que vous pourrez tenter d’admirer si la météo est clémente. N’oubliez pas que la carte du ciel de Stelvision vous permettra de visualiser ces phénomènes : Continuer la lecture

2019 : les images du ciel que vous avez (peut-être) manquées

Voici mes images les plus marquantes de cette année 2019 présentées dans CIELMANIA. Si vous avez raté certains clichés, c’est le moment de les découvrir.

Une nouvelle année s’achève. Douze mois pendant lesquels j’ai traqué les beautés du ciel nocturne pour les immortaliser. Des images réalisées avec du matériel simple qui ont fait chaque fois l’objet d’une présentation sur ce blog. La Lune y tient une grande place puisque c’est mon sujet photographique de prédilection. Levers, couchers, croissants, Pleines Lunes, notre satellite naturel se donne en spectacle tout au long de l’année.

Cette sélection est forcément subjective mais j’espère qu’elle vous plaira. À vous tous et toutes, fidèles lecteurs et lectrices du blog (n’oubliez pas que vous pouvez me suivre sur Facebook et Twitter), je souhaite une très belle année 2020. Qu’elle vous offre l’opportunité de lever régulièrement les yeux vers le ciel étoilé, et de le faire en bonne santé !

Lune-Vénus : rendez-vous céleste au-dessus de la mine

Le 28 décembre le jeune croissant de Lune accompagnait Vénus en fin de journée au-dessus du chevalement de la mine de fer d’Aumetz en Lorraine.

Sous terre :

À Aumetz, petite ville de 2.000 habitants de la Moselle, tout évoque la mine. Les petites maisons des mineurs alignées le long des rues et bien sûr le chevalement qui se dresse au-dessus des toits. Dans l’industrie minière, le chevalement est la structure qui sert à descendre et remonter les mineurs, ainsi que le minerai, via une cage d’ascenseur. Au temps de sa splendeur (la première descente a eu lieu en 1900), la mine Bassompierre employait 800 ouvriers.

Ils ont extrait le minerai de fer 200 mètres sous terre jusqu’à la fermeture du site en 1983. Un musée installé au pied du chevalement permet désormais de revivre cette époque.  Continuer la lecture

Trois heures de poses pour voir tourner le ciel nocturne

Le ciel nocturne est en mouvement si on le photographie longuement. Apparence que tout cela puisque c’est la Terre qui tourne.

Et pourtant elle tourne :

Si vous observez les constellations qui jalonnent le ciel nocturne, vous constaterez sans difficulté qu’elles effectuent un mouvement apparent d’EST en OUEST durant la nuit. Le phénomène concerne également le Soleil, la Lune et les planètes. C’est bien entendu le mouvement de rotation de la Terre sur elle-même qui est responsable de ce déplacement apparent. En se tournant vers le pôle nord céleste (matérialisé par l’étoile polaire) on constate que l’ensemble des étoiles semble pivoter autour de ce repère durant la nuit. Les constellations les plus proches de ce point sont visibles toute l’année à toute heure de la nuit. Elles sont dites circumpolaires.

Traces laissées par les étoiles au cours de 3 heures de poses photographiques en pointant l’appareil en direction du pôle nord céleste (en bas au centre). © Jean-Baptiste Feldmann

La photographie permet d’immortaliser ce mouvement apparent à condition d’accumuler un nombre conséquent de poses. Continuer la lecture

Une tache d’encre au milieu de l’amas d’étoiles Trumpler 14

En admirant les images de l’amas Trumpler 14, on remarque immédiatement la présence d’une zone noire. Il s’agit d’un nuage opaque appelé globule de Bok.

Un très jeune amas d’étoiles :

S’il n’était pas si éloigné, l’amas d’étoiles Trumpler 14 pourrait nous offrir un spectacle aussi beau que celui des Pléiades dans une paire de jumelles. Mais à 8.000 années-lumière il n’y a que le télescope spatial Hubble qui soit capable d’en réaliser une image détaillée. Comme cet amas est très jeune (500.000 ans), il possède l’une des plus fortes concentrations d’étoiles massives et lumineuses de toute la Voie lactée.

Au milieu de cette multitude d’étoiles bleues et blanches, l’œil est attiré par une curieuse marque sombre. Aurait-on renversé par mégarde une goutte d’encre sur cette belle photographie ? Continuer la lecture

La Lune gibbeuse, l’église de Seurre et les étourneaux

Un nuage d’étourneaux ondulait dans la soirée du 10 décembre au-dessus de l’église Saint-Martin de Seurre alors que la Lune gibbeuse s’élevait.

C’est un peu le même rituel chaque automne. Le ballet de milliers d’étourneaux dessine dans le ciel d’étonnantes arabesques. Un régal pour les curieux qui se donnent la peine de lever des yeux avant la tombée de la nuit. L’étourneau sansonnet  est une espèce de passereaux qui a été introduite sur tous les continents. Ces oiseaux vivent en groupes qui peuvent parfois compter plusieurs milliers voire millions d’individus. Si leur ballet aérien est très photogénique, ils sont aussi une source de dégats et de nuisances qui justifient certaines mesures de régulation des effectifs.

Vol d’étourneaux au-dessus de l’église Saint-Martin de Seurre un soir de Lune gibbeuse. ©Jean-Baptiste Feldmann

L’église Saint-Martin de Seurre (en Côte-d’Or) a été construite à la fin du XIIIe siècle, début du XIVe siècle. Le clocher est doté d’un carillon de 47 cloches. Sur ce cliché pris des bords de Saône on voit également le portail trilobé de 1880 surmonté d’une rosace en verre coloré de 6 mètres de diamètre. L’image a été réalisée le 10 décembre vers 17 heures 30 à l’heure bleue. Nous étions deux jours avant la Pleine Lune.  Boîtier Nikon D3100, zoom 18-105 millimètres, 800 iso, pose 1/5e de seconde.

Portrait : Lewis Swift, célèbre chasseur de comètes américain

Lewis Swift consacra sa vie à traquer les astres chevelus, lui qui fut l’un des rares astronomes à connaître deux passages de la comète de Halley.

Accident de jeunesse :

Un lourd handicap peut parfois développer le caractère d’un enfant. On peut se demander si Lewis Swift aurait été l’un des astronomes les plus célèbres du XIXe siècle s’il ne s’était pas fracturé la hanche lors d’une chute alors qu’il était jeune. Cet accident malheureux survenu en 1833 (il avait 13 ans) l’a handicapé à vie. Ne pouvant plus travailler sur la ferme familiale, le  jeune Lewis a donc été autorisé à aller à l’école, ce qu’il faisait chaque jour avec des béquilles. C’est là qu’il a développé son goût pour l’astronomie.

Gravure illustrant la pluie d’étoiles filantes des Léonides en 1833.

En 1833 il assiste à la grande pluie d’étoiles filantes des Léonides. En 1835 c’est le passage de la comète de Halley suivi quelques années plus tard de la comète de 1843, l’une des plus brillantes du siècle.

Première découverte :

Inspiré par les livres d’astronomie de l’époque, il achète un petit télescope vers 1860 et s’installe dans la ville de Marathon en Floride. En 1862  il découvre sa première comète. Observé indépendamment trois jours plus tard par Horace Tuttle à l’observatoire de Harvard, l’astre chevelu prend le nom de comète Swift-Tuttle. On découvre alors que cette comète est à l’origine de l’essaim d’étoiles filantes des Perséides. Lewis Swift acquiert à cette occasion un prestige international et décide de consacrer sa vie à la recherche de comètes. Ayant déménagé à Rochester, il devient rapidement une célébrité locale, tant pour son passe-temps inhabituel que pour les conférences d’astronomie qu’il donne.

Rare photographie de l’astronome amateur Lewis Swift observant avec un réfracteur.

Swift a installé son télescope sur le toit plat d’un bâtiment où il se rend chaque nuit claire. Marcher 500 mètres et monter des échelles n’est pas évident pour l’homme handicapé qu’il est. Mais la passion l’emporte et Swift découvre cinq nouvelles comètes entre 1877 et 1881.

Directeur d’observatoire :

Les activités de Lewis Swift attirent l’attention de Hulbert Harrington Warner, riche homme d’affaires qui a fait fortune dans les brevets de médicaments. Ce dernier fait construire un observatoire à Rochester (inauguré en 1882) où il invite Swift qui en devient le directeur. L’établissement se voit doté d’un réfracteur de 40 centimètres de diamètre,  la quatrième plus grande lunette astronomique en service aux États-Unis à l’époque.

Lewis Swift et le réfracteur de 40 centimètres de l’observatoire Warner.

Pendant les années qui suivent Swift découvre plus de 900 nouvelles nébuleuses non cataloguées ainsi que 3 autres comètes. Son activité d’observateur ne l’empêche pas d’ouvrir l’observatoire au public deux soirs par semaine, ce qui est unique à l’époque.

De l’autre côté du pays : 

En 1893 Hulbert Harrington Warner fait faillite et ne peut plus soutenir financièrement l’observatoire. Heureusement pour Swift, sa réputation attire l’attention de Thaddeus Lowe, scientifique et inventeur. Ce dernier lui propose de venir s’installer en Californie pour diriger le nouvel observatoire Lowe à Echo Mountain, près de Los Angeles. C’est là-bas que Swift continue d’ajouter de nouvelles comètes à sa liste. Il y en aura 13 au total, la dernière en 1899 alors qu’il a 79 ans ! Puis sa vue baisse très rapidement et il n’est pas certain qu’il ait pu admirer le passage de la comète de Halley en 1910. Il décède trois ans plus tard.

Le nom de Lewis Swift est indissociable de l’essaim d’étoiles filantes des Perséides, des poussières abandonnées par la comète Swift-Tuttle. © Jean-Baptiste Feldmann

Le plus vieil atlas astronomique, celui de Dunhuang, est chinois

Découvert au début du XXe siècle près de la ville chinoise de Dunhuang, le plus ancien atlas astronomique indique la position de plus de 1.300 étoiles.

Une bibliothèque secrète :

Les voyageurs qui empruntaient la route de la soie aimaient faire halte dans les grottes de Mogao sur la colline de Mingsha. Elles furent creusées entre les IVe et XIVe siècles. Elles se situent à environ 25 kilomètres au sud-est de Dunhuang dans la province du Gansu. Il s’agit de sanctuaires bouddhistes dans lesquels on priait sans doute pour le succès de son voyage. En 1900 un prêtre s’y installa et décida de les remettre en état. En creusant derrière une paroi il tomba par hasard sur une extraordinaire bibliothèque composées de 40.000 rouleaux.

Sur cette carte du ciel extraite de l’atlas de Dunhuang, on peut reconnaître la région de l’étoile Polaire avec en bas la constellation de  la Grande Ourse. © British Library

Sur ces parchemins il était question de littérature, mathématiques, médecine ou encore d’économie. Parmi les manuscrits se trouvait une magnifique carte céleste. Continuer la lecture

Oméga du Centaure n’est sans doute pas un amas globulaire

On le considère depuis sa découverte comme le plus grand amas globulaire de la Voie lactée. Mais Oméga du Centaure en est-il vraiment un ?

Une pelote de 10 millions d’étoiles :

Il y a dans la constellation australe du Centaure un objet céleste qui ne laisse personne indifférent. Âgé d’environ 12 milliards d’années, NGC 5139 se situe à 15.000 années-lumière de nous. Son nom, Omega Centauri, fait penser à celui d’une étoile. C’est en effet ce que crut Edmond Halley quand il l’observa en 1677. Quelques décennies plus tard John Herschel corrigea cette erreur. À première vue il s’agit d’un amas globulaire constitué de 10 millions d’étoiles. Elles tiennent dans un volume apparent équivalent à celui de la Pleine Lune.

Depuis quelques années ce statut d’amas globulaire est remis en cause. Plusieurs indices laissent penser qu’Oméga du Centaure est en réalité le noyau d’une ancienne galaxie. Continuer la lecture

Que voir dans le ciel nocturne au mois de décembre 2019

L’observation de quatre planètes est au menu de ce mois de décembre. Et pour les voyageurs, il y aura même une éclipse de Soleil le 26.

Si vous avez prévu ne ne pas trop sortir pour observer le ciel nocturne au cours de ce mois de décembre 2019, vous allez sans doute changer d’avis une fois que vous aurez lu les éphémérides. Ce dernier mois de l’année nous offre en effet quelques rendez-vous astronomiques que vous ne pouvez manquer sous aucun prétexte, à condition que la météo y mette du sien !

Les Pléiades, amas incontournable pendant les nuits hivernales. © Jean-Baptiste Feldmann

Avant de découvrir dans le détail ce que nous réserve le ciel, je vous recommande de lire les 5 conseils pour observer sans avoir froid ! Je vous rappelle également que la carte du ciel de Stelvision vous permettra de visualiser tous les phénomènes à observer. Continuer la lecture

Jeune Lune entre Saturne et Vénus au crépuscule

Enfin un crépuscule sans trop de nuages. En cette soirée du 29 novembre l’occasion était idéale pour admirer la Lune entre Saturne et Vénus. 

13 jours sans voir d’étoiles, 13 jours à se contenter de compter les nuages à chaque crépuscule. Mon dernier cliché remontait au 16 novembre à l’occasion du rapprochement Jupiter-Vénus. Ce 29 novembre il pleuvait en fin d’après-midi puis une petite trouée a fait sa place dans le plafond nuageux. Je devais tenter ma chance même si la météo ne laissait présager rien de bon. Finalement la trouée a grandi, laissant voir le spectacle céleste annoncé.

La jeune Lune encadrée par Saturne et Vénus le 29 novembre. © Jean-Baptiste Feldmann

Il s’agissait du retour de la jeune Lune avec la lumière cendrée à ses côtés. Deux planètes encadraient notre satellite naturel : Saturne et Vénus. Continuer la lecture

En vidéo : le ciel nocturne de la Loire avec un bridge Panasonic

Nul besoin de partir loin ou d’utiliser un matériel coûteux pour photographier le ciel nocturne. Démonstration avec Claude Bastide dans la Loire.

L’astrophotographie vous semble hors de portée ? Vous n’avez pas les moyens d’acheter le dernier boîtier reflex haut de gamme ? Vous pensez que le ciel nocturne n’est beau qu’au Chili ou en Namibie ? Cette vidéo réalisée dans la Loire avec un matériel très simple pourrait bien vous faire changer d’avis.

C’est son auteur, Claude Bastide, qui nous raconte comment il a réalisé ce time-lapse dont on pardonnera les imperfections tant le matériel utilisé est basique, pour ne pas dire inadapté.  Continuer la lecture

"J'ai en moi un besoin terrible. Dirais-je le mot? La religion. Alors, je sors la nuit et je peins des étoiles." Vincent van Gogh