Le retour du croissant de Lune en soirée entre deux giboulées

Les nuages ont fait place à un fin croissant de Lune ce lundi soir. Le début d’une nouvelle lunaison avec quelques temps forts.

Lune de mars :

Il fallait bien viser ce soir entre deux ondées pour saisir le croissant de Lune ! Peu après 19 heures, une éclaircie m’a permis de le voir, petite virgule argentée au-dessus de l’horizon OUEST. J’ai essayé de l’immortaliser de façon originale à travers une boule en verre. Le cliché a été réalisé avec un boîtier Nikon D3200, un objectif 18-105 millimètres et une pose de 1 seconde à 400 iso.

en cette période de giboulées et de couvre-feu, photographier les spectacles célestes est une véritable prouesse ! Continuer la lecture

Insolite : LRO photographie un rocher qui a roulé sur la Lune

La haute résolution de la caméra qui équipe l’orbiteur lunaire LRO saisit d’incroyables détails, comme ce rocher et la trace de ses rebonds.

La Lune en très gros plan :

Observer la Lune est à la portée de tous. C’est déjà possible avec une longue-vue, un instrument que je vous recommande car il est facile à utiliser. Il pourra vous servir à vous lancer dans la découverte d’une série de paysages lunaires à explorer. Mais aucun télescope ne vous montrera la surface de la Lune comme le fait LRO. Cette sonde d’environ 2 tonnes a été lancée en 2009 au cours de l’Année mondiale de l’astronomie. Elle orbite depuis à une altitude de 50 kilomètres au-dessus de la Lune.

La sonde LRO permet de photographier le sol lunaire en très haute résolution. © NASA

Elle étudie la surface lunaire de façon très détaillée grâce à sa caméra haute résolution LROC. Elle a même été capable de nous révéler les sites d’atterrissage d’Apollo. Continuer la lecture

Les trésors oubliés de l’Observatoire de Copenhague

Retrouvées par hasard, des plaques photographiques de l’Observatoire de Copenhague montrent le ciel tel qu’il était il y a plus d’un siècle.

La patrie de Tycho Brahe :

Au Danemark, l’astronomie a connu ses lettres de noblesse avec Tycho Brahe, le premier grand observateur des temps modernes. En 1642, quatre décennies après sa mort, l’Université de Copenhague se dote d’un observatoire installé à Rundetårn. Puis en 1861, un nouvel observatoire le remplace, celui d’Østervold. Le Bureau central des télégrammes astronomiques (CBAT), fondé en 1882, s’y installe de la Première guerre mondiale jusqu’en 1964.

L’instrument double (un télescope associé à une lunette) de l’Observatoire d’Østervold permettait d’observer le ciel tout en le photographiant sur des plaques en verre dont on voit le châssis sous le porte-oculaire. © Niels Bohr Institute, University of Copenhagen

L’Observatoire d’Østervold a été équipé en 1895 d’un instrument double. Il s’agissait d’un télescope associé à une lunette astronomique. L’un servait à l’observation visuelle, l’autre à la photographie du ciel sur des plaques en verre de 16 centimètres de côté. Continuer la lecture

Pourquoi le cœur de la galaxie Messier 94 est-il si brillant ?

Observée depuis sa découverte en 1781, la galaxie spirale Messier 94 offre un tout autre aspect quand on la photographie en très longue pose.

Quatre nuits pour un portrait cosmique :

L’image réalisée par l’astrophotographe italien Leonardo Orazi aurait de quoi faire rêver Pierre Méchain ! Lorsque cet astronome français découvre la galaxie spirale Messier 94 au mois de mars 1781, il ne voit qu’une nébulosité diffuse avec un centre brillant. Près de 240 ans plus tard, l’astrophotographe italien nous en offre un saisissant portrait. Armé d’un télescope de 25 centimètres de diamètre et d’une caméra refroidie, il a cumulé plus de 12 heures de poses réparties sur 4 nuits pour arriver à ses fins.

En longue pose, la galaxie Messier 94 révèle un centre très brillant. © Leonardo Orazi

Messier 94 se situe à 15 millions d’années-lumière dans les Chiens de Chasse. Cette modeste constellation est située juste à côté de la Grande Ourse. Dans une puissante paire de jumelles, Messier 94 ressemble à une petite tâche lumineuse de magnitude 8. Continuer la lecture

Cette semaine, la planète Mars s’approche de l’amas des Pléiades

C’est un joli rapprochement céleste qui vous attend cette semaine. La planète Mars va en effet longer l’amas d’étoiles des Pléiades.

Trafic sur l’Écliptique :

Il y a presque un an, la planète Vénus était passée juste à côté des Pléiades (Messier 45). Cette fois, c’est au tour de Mars (où s’est posé le rover Perseverance) de rejoindre le plus célèbre des amas d’étoiles. Si Messier 45 reçoit régulièrement la visite des planètes, c’est tout simplement parce qu’il se trouve sur l’Écliptique.

La planète Mars à proximité de l’amas des Pléiades le 28 février. © Jean-Baptiste Feldmann

Mais le rapprochement de cette année sera moins spectaculaire que celui de l’an passé, pour deux raisons. D’abord, parce que Mars est beaucoup moins brillante (magnitude actuelle de 1,1 contre -4 pour Vénus). Ensuite, parce que l’écart entre la Planète rouge et l’amas sera plus grand qu’il ne l’était avec Vénus.

Déplacement de la planète Mars par rapport à l’amas des Pléiades. © Sky and Telescope

Il serait pourtant dommage de ne pas profiter de ce rapprochement céleste, qui n’est bien sûr qu’apparent. Mars est en effet à 1,5 Unité Astronomique alors que l’amas des Pléiades (dans la constellation du Taureau) est situé à plus de 440 années-lumière. Continuer la lecture

Que voir dans le ciel nocturne au mois de mars 2021

Ce mois de mars va vous donner l’occasion de retrouver Jupiter et Saturne à l’aube, et peut-être de tenter le fameux marathon de Messier.

Un marathon dans la nuit :

Avez-vous envie de participier à l’un des plus grands défis de l’astronomie amateur, le marathon Messier ? Le catalogue Messier a été compilé par l’astronome et chasseur de comètes français Charles Messier à la fin du XVIIIe siècle. Il se compose de 110 objets du ciel profond relativement brillants. On y trouve des galaxies comme celle d’Andromède, des nébuleuses (diffuses ou planétaires) et des amas d’étoiles (amas ouverts ou amas globulaires).

Aux latitudes nord, il est possible d’observer tous les objets Messier en une seule nuit pendant une fenêtre de quelques semaines de la mi-mars à début avril.© Babak Tafreshi

Aux latitudes nord, il est possible d’observer tous les objets Messier (dont voici la liste) en une seule nuit. La période idéale se situe entre la mi-mars et début avril. Cette année, le weekend du 13-14 mars est tout indiqué puisque c’est la Nouvelle Lune. Continuer la lecture

Ce samedi 27 février, c’est la Pleine Lune des neiges

Seconde Pleine Lune de l’année, la Pleine Lune des neiges s’est levée ce soir dans une atmosphère refroidie par le vent du nord. 

La Pleine Lune des neiges (ou de neige) fait traditionnellement suite à la Pleine Lune des loups du mois de janvier. Ce samedi 27 février, la Pleine Lune s’est produite à 8 heures 17 dans la constellation du Lion. Notre satellite naturel se trouvait alors à une distance de 370.596 kilomètres de nous. Mais tomber du lit un samedi matin n’est pas du goût de tout le monde. Les photographes pouvaient patienter jusqu’à ce soir pour admirer notre satellite naturel.

La Pleine Lune du 27 février vient de se lever. Sa coloration rouge est provoquée par l’atmosphère terrestre, très épaisse à l’horizon. © Jean-Baptiste Feldmann

Ce cliché a été réalisé avant 19 heures, un peu après le lever de la Pleine Lune. Boîtier Lumix FZ82, zoom réglé sur 800 millimètres et pose de 1/5e de seconde à 200 iso. C’est le meilleur moment pour saisir la coloration rouge de l’astre dont la lumière doit traverser une épaisse atmosphère. En s’élevant, la Lune devient rapidement d’un jaune intense.

À savoir :

En raison de son importance dans la vie quotidienne de nos ancêtres, la Pleine Lune porte des noms différents depuis très longtemps. Les noms encore utilisés aujourd’hui nous viennent d’Amérique du Nord. On les trouve dans l’Almanach du fermier du Maine, une publication annuelle qui existe depuis 1818.  Il y a un nom pour chaque Pleine Lune de l’année, en lien avec la météo, les récoltes ou les animaux.

Image de la Pleine Lune du 27 février. En s’élevant dans l’atmosphère, notre satellite naturel perd sa coloration rouge et jaunit rapidement. © Jean-Baptiste Feldmann

Pleine Lune du loup, de neige, du ver, rose, des fleurs, de fraise, du cerf, de l’esturgeon, du maïs (ou de la récolte), du chasseur, du castor, froide. Rien ne vous empêche de renommer la Pleine Lune à votre guise. Celle de ce 27 février pourrait s’appeler la Pleine Lune des amoureux !

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Un système stellaire triple se cache dans la nébuleuse du Crâne

Nichée dans la constellation de la Baleine, la mystérieuse nébuleuse du Crâne a la particularité d’héberger un système stellaire triple.

Carte d’identité :

C’est à l’infatigable William Herschell que l’on doit la découverte le 27 novembre 1785 de la nébuleuse du Crâne. Cette nébuleuse planétaire est enregistrée en 246e position dans l’imposant New General Catalogue of Nebulae and Clusters of Stars qui regroupe près de 8.000 objets du ciel profond. Patrick Moore, le gentleman de l’astronomie britannique, lui a également fait une place dans son catalogue sous l’appellation Caldwell 56.

La constellation de la Baleine héberge notamment la célèbre étoile variable Mira Ceti.

NGC 246 est à rechercher dans la Baleine (Cetus), une discrète constellation rendue célèbre par la présence d’une étoile variable étonnante, Mira Ceti. La nébuleuse, de magnitude 10, se situe à 1.600 années-lumière de la Terre.

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Portrait : Swati Mohan, responsable du guidage de Perseverance

L’ingénieure Swati Mohan dirigeait les opérations de guidage du rover Perseverance au moment de son arrivée sur Mars le 18 février.

Une femme aux commandes :

Touchdown confirmed !” : l’annonce a provoqué une explosion de joie dans la salle de contrôle du JPL le jeudi 18 février. C’est l’ingénieure Swati Mohan qui a prononcé cette phrase historique peu avant 22 heures. Le rover Perseverance venait de se poser avec succès sur la planète Mars. L’aboutissement d’un vol interplanétaire de plusieurs mois et de sept minutes d’une descente infernale.

Swati Mohan est responsable des opérations de guidage du rover Perseverance. © NASA

Dans la salle de contrôle, les caméras se sont souvent attardées sur Swati Mohan. Après l’atterrissage, de nombreux commentateurs ont salué son calme tout au long de la périlleuse descente du rover. Continuer la lecture

De Lowell à Perseverance, la planète Mars nous a toujours fait rêver

Des étranges visions de Percival Lowell à l’atterrissage du rover Perseverance, retour sur plus d’un siècle de passion pour la planète Mars.

Une planète intrigante :

Mars est sans conteste la planète qui nous fascine le plus. Sa couleur ocre (en raison de la présence d’oxyde de fer à sa surface) et ses variations de luminosité (sa distance peut varier de 50 à 400 millions de kilomètres) avaient été remarquées depuis l’Antiquité. Les premières observations télescopiques débutèrent avec Galilée. L’amélioration des instruments apporta de nouveaux indices troublants. La Planète rouge tournait sur elle-même à la même vitesse que la Terre, et on y observait des calottes polaires ainsi que des changements d’aspect saisonniers.

Mars photographiée à l’aide d’un télescope de 1 mètre de diamètre. © Damian Peach

Dans les années 1880, on cru même détecter la présence d’eau dans l’atmosphère martienne. Il ne manquait plus que l’entrée en scène de Percival Lowell pour asseoir le mythe de la Planète rouge.  Continuer la lecture

Arrivée de Perseverance : où se trouve Mars dans le ciel ce soir ?

Ce soir, vous pourrez suivre l’arrivée du rover Perseverance. C’est l’occasion de repérer la planète Mars à l’œil nu depuis vos fenêtres.

C’est le grand soir :

S’il résiste aux sept minutes de terreur qui l’attendent à son arrivée, le rover américain Perseverance devrait toucher ce soir le sol martien aux alentours de 22 heures. De nombreux passionnés attendront avec anxiété que le Green Bank Telescope reçoive le signal indiquant que tout s’est bien passé. Vous pourrez suivre en direct cette aventure sur Futura LIVE.

Cette carte montre le ciel tel que nous le verrons vers 22 heures ce 18 février. © Stelvision

En attendant l’heureux dénouement, vous aurez peut-être envie de repérer la planète Mars à l’œil nu. Ça tombe bien, la Lune n’est pas loin et elle va nous servir de guide !  Continuer la lecture

Coup de jeune pour le télescope qui a découvert Pluton

Un moment menacé, le télescope qui permit à Clyde William Tombaugh de découvrir la planète naine Pluton en 1930 a été restauré.  

Une planète devenue naine :

Le 18 février 1930, l’astronome américain Clyde William Tombaugh, âgé de 24 ans, découvre Pluton. Elle devient alors la neuvième planète du Système solaire. Pluton sera reclassée en 2006 dans le groupe des planètes naines par l’Union Astronomique Internationale (IAU). La découverte de Pluton fut réalisée en comparant des plaques photographiques. Elles avaient été obtenues avec un nouveau télescope de 13 pouces (environ 32,5 cm de diamètre). Un instrument installé à l’Observatoire Lowell près de Flagstaff en Arizona.

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Clyde William Tombaugh compara des images prises les 23 et 29 janvier 1930. Il remarqua alors qu’un point lumineux s’était déplacé par rapport au fond du ciel étoilé. Sa découverte fut confirmée le 13 mars par une équipe de l’Observatoire Lowell. Cet observatoire avait été fondé en 1894 par un riche astronome amateur, Percival Lowell, fervent défenseur de la théorie des canaux martiens.

Un télescope désormais protégé :

Le télescope utilisé par Clyde William Tombaugh fut employé jusqu’en 1996. Cette année-là, il servit à photographier les comètes Hyakutake et Hale-Bopp. Puis on referma sa coupole pendant 20 ans. Une coupole en bois sérieusement entamée par la pourriture qui avait bien besoin d’une cure de rajeunissement.

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En 2016, un an après le survol de Pluton par la sonde New Horizons, l’Observatoire Lowell lança une campagne de crowdfunding. Il était urgent de financer la restauration du télescope et de sa coupole.  L’opération a été un succès, et l’instrument peut de nouveau pointer le ciel nocturne à travers une coupole restaurée. Les clichés nous montrent l’installation avant restauration (ci-dessus), et après réfection de la coupole et du tube (ci-dessous).

Gageons que les visiteurs nocturnes éprouveront sans aucun doute le grand frisson en mettant l’œil derrière l’oculaire de ce télescope. Une émotion qu’on peut ressentir également plus près de chez nous en observant avec un autre instrument mythique, la grande lunette de Camille Flammarion.

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Le GBT va guetter le premier signal de Perseverance sur Mars

Ce jeudi 18 février, c’est le Green Bank Telescope qui permettra de savoir si le rover Perseverance a réussi sa folle descente sur Mars. 

Descente infernale :

“Sept minutes de terreur” : c’est ce qui attend Perseverance jeudi 18 février avant de se poser en douceur sur la Planète rouge, si chère à Percival Lowell. Le dernier des rovers américains, qui abordera l’atmosphère martienne à la vitesse de 20.000 km/h, devra terminer sa descente sept minutes plus tard à seulement 30 km/h. Une cinquantaine de kilomètres pour un freinage d’urgence qui va chauffer son bouclier thermique à plus de 1.300°.

Perseverance est le cinquième rover américain à rejoindre Mars. © ITU Rover Team

Ces sept minutes, nous ne les vivrons pas en direct : plongé dans un brouillard de particules ionisées pendant sa descente, le rover sera muet. Si tout se passe bien, il donnera de ses nouvelles une fois posé. Et c’est le Green Bank Telescope qui pourra recueillir le signal tant attendu. Continuer la lecture

En février, partez à la découverte de l’Hexagone d’hiver

Ses sept étoiles sont visibles si l’on s’éloigne un peu des lumières parasites. Découvrez les astres qui jalonnent l’Hexagone d’hiver.

Ciel d’hiver :

Pour la première fois cette année, l’AFA (Association Française d’Astronomie) propose des Nuits des étoiles d’hiver. Elles font écho aux traditionnelles Nuits des étoiles du mois d’août (par exemple à Dijon). Pour l’occasion, je vous propose de découvrir l’Hexagone d’hiver en début de nuit. Nul besoin d’instrument, vos deux yeux suffisent pour ce voyage cosmique, si possible sans trop de pollution lumineuse. Vous avez plusieurs soirées pour en profiter avant que la Lune ne devienne gênante. Le 21 février, deux jours après le Premier Quartier, notre satellite naturel sera au beau milieu de cet Hexagone.

Dans la soirée du 21 février, la Lune brillera au milieu de l’Hexagone d’hiver. © Stelvision

Pour profiter de cet astérisme (c’est ainsi que l’on nomme une figure remarquable dessinée par des étoiles particulièrement brillantes), vous aurez besoin de pouvoir observer en direction du SUD. Derrière une fenêtre, sur un balcon ou dans votre jardin, prenez le temps d’identifier les sept astres que je vais vous présenter.  Continuer la lecture

Composition céleste en l’honneur du Nouvel An chinois

Pour fêter le Nouvel An chinois ce vendredi 12 février, début de l’Année du Buffle, un astrophotographe nous propose un clin d’œil céleste.

Ruminant cosmique :

Sur sa page Facebook, Jeff Dai (voir sa galerie Flickr) a posté une belle composition céleste pour saluer le Nouvel An chinois. Cet astrophotographe est le plus jeune membre du collectif TWAN (The World At Night). Comme ses collègues, il passe de nombreuses nuits dehors à immortaliser les paysages célestes. Sur ce cliché, nous voyons au centre la belle constellation d’Orion. L’étoile géante Bételgeuse, de couleur orangée, en marque la limite supérieure.

Le Nouvel An chinois est symbolisé dans cette composition céleste. © Jeff Day

À gauche d’Orion, brille l’éclatante Sirius, la plus brillante étoile du ciel. À droite, se trouve la constellation du Taureau. Jeff Dai y a superposé une représentation du mammifère domestique ruminant. Un clin d’œil du photographe pour marquer le premier jour de l’Année du Buffle. Continuer la lecture

La belle histoire de EGB 9, la nébuleuse retrouvée par des amateurs

Découverte il y a 36 ans, EGB 9 devrait être reclassée comme nébuleuse planétaire grâce à la persévérance d’un groupe d’astronomes amateurs.

Une beauté oubliée :

EGB 9 : voilà un nom bien ingrat pour une aussi jolie nébuleuse ! Cet objet céleste situé dans la constellation du Petit Chien a été déniché en 1984. Il a fait son entrée à la neuvième place dans le catalogue de ses découvreurs : Glen L. Ellis, Earl T. Grayson et Howard E. Bond. À l’époque de sa découverte, EGB 9 semblait un bon candidat au statut de nébuleuse planétaire (NP). Rappelons au passage que ces nébuleuses doivent leur nom uniquement à leur aspect circulaire. Dans leurs télescopes imparfaits, nos aïeux les prenaient pour des planètes. Il s’agit en réalité d’enveloppes gazeuses éjectées par des étoiles très chaudes devenues instables en fin de vie, lorsqu’elles atteignent le stade de naines blanches.

En étudiant EGB 9, des astronomes amateurs ont découvert une naine blanche qui pourrait confirmer son statut de nébuleuse planétaire. © Markus Blauensteiner/ Marcel Drechsler

Mais les analyses qui ont été réalisées après sa découverte ont montré que EGB 9 n’était pas une NP. Redevenue une banale nébuleuse cosmique, elle est alors retombée dans l’oubli. Jusqu’en 2020, date à laquelle des astronomes amateurs se sont penchés sur la Belle endormie.  Continuer la lecture

Zoom sur la Grande procession de météores du 9 février 1913

Le 9 février 1913, des observateurs virent défiler une succession de boules de feu que l’on surnomma la Grande procession de météores.

Inquiétant spectacle dans le ciel :

Certains phénomènes célestes marquent les esprits à tout jamais. On pense bien sûr aux éclipses totales de Soleil (celle par exemple du 11 août 1999 en France) ou aux brillantes comètes comme Neowise en 2020. Ce qui s’est passé le 9 février 1913 dans le ciel du Canada est bien différent. Plusieurs centaines d’observateurs médusés assistèrent au passage de nombreuses boules de feu. Elles se déplaçaient en groupes par vagues successives. Cette Grande procession de météores comme on la surnomma traversa le ciel nocturne du Canada jusqu’au Brésil. L’événement fut immortalisé par une gravure de l’artiste canadien Gustav Hahn.

L’artiste Gustav Hahn immortalisa la Grande procession de météores du 9 février 1913.

L’astronome canadien Clarence Chant (1865-1956) s’intéressa au phénomène et collecta plus d’une centaine de témoignages. Il en arriva à la conclusion qu’on avait observé les morceaux d’une petite lune temporaire de la Terre qui s’était désintégrée.

Dangereuses rencontres cosmiques :

Ce phénomène en rappelle deux autres, encore plus spectaculaires. Le 30 juin 1908, c’est probablement le rebond sur l’atmosphère d’un petit astéroïde qui provoqua l’événement de la Toungouska. Les rares témoins présents dans cette région du nord de la Sibérie assistèrent à une formidable explosion dans le ciel. Les arbres furent couchés sur une superficie de 2.000 km². Plus récemment, le 15 février 2013, c’est une météorite de 12.000 tonnes qui se désintégra dans le ciel de l’Oural, au-dessus de la ville de Tcheliabinsk, occasionnant d’importants dégâts.

On a enregistré en vingt ans l’arrivée dans notre atmosphère de 556 météorites d’une taille supérieure à 1 mètre de diamètre, soit en moyenne deux impacts chaque mois (graphique ci-dessus). Fort heureusement ces nombreuses rencontres se sont soldées à chaque fois par la désintégration de la météorite.

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Ce fuseau argenté, IC 2233, est une galaxie spirale ultra-mince

Encore une galaxie spirale, me direz-vous ? Mais celle que je vous propose aujourd’hui, IC 2233, est exceptionnellement fine. Voyez plutôt. 

Aiguille argentée dans une botte de foin cosmique :

Le bestiaire galactique est d’une richesse inouïe. La moindre constellation en révèle un nombre impressionnant de spécimens, pourvu que l’on dispose du télescope nécessaire pour les dénicher. Prenez le Lynx, un astérisme très pauvre en étoiles brillantes. On se tournerait facilement vers sa célèbre voisine, la Grande Ourse. Et pourtant c’est dans le Lynx que se trouve la galaxie la plus fine que nous puissions observer.

IC 2233 est une galaxie très fine dans la constellation du Lynx. © KPNO/NOIRLab/NSF

IC 2233 a été découverte en 1894 par l’astronome britannique Isaac Roberts, l’un des pionniers de la photographie des nébuleuses. Roberts est passé à la postérité pour avoir été le premier à photographier la galaxie d’Andromède le 29 décembre 1888.
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Spectaculaire cliché du lanceur Falcon 9 passant devant la Lune

Un nouveau vol de la fusée Falcon 9 a eu lieu le 4 février. L’occasion d’immortaliser le lanceur passant devant le Dernier Quartier de Lune.  

Un lancement de plus :

C’est devenu la routine : le 4 février une fusée Falcon 9 s’est envolée avec à son bord une soixantaine de satellites. Une étape de plus dans la création de la mégaconstellation de satellites Starlink. Ce projet inquiète beaucoup les astronomes, même si Elon Musk se veut rassurant. Le Falcon 9 est un lanceur dont la taille varie entre 53 et 70 mètres selon les versions. Cette fusée en partie réutilisable peut placer plus de 22 tonnes en orbite basse.

Le photographe Michael Cain (Coldlife Photography), qui s’est spécialisé dans la photographie des lancements spatiaux, était au rendez-vous. Il a saisi le Falcon 9 au moment où il passait devant le Dernier Quartier de Lune. Continuer la lecture

Orage sur l’Observatoire de Kitt Peak, l’histoire d’un célèbre cliché

Certaines photographies traversent le temps en gardant tout leur impact visuel. Exemple avec cet orage sur l’Observatoire de Kitt Peak.

Un observatoire dans le désert :

Situé en Arizona, le désert de Sonora est la plus grande zone aride de l’Amérique du Nord. On y trouve de magnifiques cactus Saguaro (Carnegiea gigantea) dont certains atteignent 15 mètres de haut. En raison de son climat, la région a été choisie en 1958 pour y créer un observatoire astronomique. L’Observatoire de Kitt Peak (KPNO) accueille actuellement 24 télescopes. 22 sont des télescopes optiques (dont le télescope Mayall de 4 mètres de diamètre) et 2 sont des radiotélescopes. Ce regroupement d’instruments est unique au monde.

Le télescope Mayall de 4 mètres de diamètre est le plus grand du Kitt Peak National Observatory. Il accueille l’instrument DESI, un multi-spectrographes chargé de traquer la matière noire. © Marilyn Chung/Lawrence Berkeley National Laboratory

Lorsque l’observatoire est sorti de terre il y a une soixantaine d’année, la pollution lumineuse était inexistante. Mais la ville de Tucson, située à une cinquantaine de kilomètres, s’est beaucoup développée. Elle a fait le choix d’un éclairage raisonné pour ne pas pénaliser les installations astronomiques. Lire à ce sujet Tucson, la ville qui fait baisser la pollution lumineuseContinuer la lecture

"J'ai en moi un besoin terrible. Dirais-je le mot? La religion. Alors, je sors la nuit et je peins des étoiles." Vincent van Gogh