Majestueuse, la comète Swan continue de s’approcher

Oubliée la comète Atlas dont le noyau s’est brisé en plusieurs morceaux. Voici la comète Swan, un nouvel astre chevelu qui lui a ravi la vedette.

Mise à jour du 29 mai :

La comète Swan ne cesse de perdre de son éclat et n’est plus désormais qu’un lointain souvenir, comme le confirme la courbe de lumière proposée par le site COBS :

Mise à jour du 24 mai :

D’après le site COBS, l’éclat de la comète Swan continue de diminuer avant le périhélie du 27 mai quand l’astre chevelu passera à 64 millions de kilomètres du Soleil :

On peut désormais tenter de la rechercher au crépuscule dans un ciel encore clair du côté de Vénus :

Mise à jour du 19 mai :

Une image réalisée par Mariusz Świętnicki – Fotografia montrant la comète Swan photographiée à l’aube en Pologne. La magnitude a été estimée à 5,6 aux jumelles, ce qui est conforme aux mesures enregistrées par le site COBS :

Et une autre réalisée par Jordi Fraxanet :

Si vous ne l’avez pas encore fait, pensez à visionner la vidéo proposée par François Aru dans ses Visions Nocturnes :

Mise à jour du 17 mai :

La comète Swan semble perdre de l’éclat mais la mesure est délicate dans un ciel aussi clair. Voici la dernière courbe de luminosité présentée sur le site COBS ainsi que deux images de Pierre Girard et Mohammad Odeh :

Mise à jour du 15 mai :

Voici la dernière courbe de luminosité de la comète Swan (C/2020 F8) présentée sur le site COBS :

Quelques images réalisées depuis l’hémisphère nord par Nick James (Grande-Bretagne), Marion Haligowski (USA), Paul Klauninger (Canada), Youssef Bach Hamba (Tunisie) ou encore Petr Horálek (République Tchèque) :

Si vous ne l’avez pas encore fait, pensez à visionner la vidéo proposée par François Aru dans ses Visions Nocturnes :

Mise à jour du 14 mai :

Au moment de la rédaction de ces lignes il semble que personne en Europe ne soit encore parvenu à immortaliser la comète Swan (C/2020 F8). Il faut dire que l’astre chevelu se trouve sur l’horizon EST dans les lueurs de l’aube (voir l’image de localisation réalisée par Stéphane Vetter le 12 mai) et que son éclat soit moins important que prévu (sa magnitude se situe entre 5 et 6). Continuez à utiliser la carte de Stuart Atkinson qui nous montre la position de la comète jusqu’au 25 mai depuis l’Angleterre, la visibilité étant comparable pour la France :

Voici ce qui est sans doute le dernier cliché réalisé depuis l’hémisphère sud le 12 mai en fin de nuit. On le doit à Gerald Rhemann :

Mise à jour du 13 mai :

Hier la comète Swan est passée à 83 millions de kilomètres de la Terre. Passage peu spectaculaire pour nous car sa magnitude reste aux alentours de 5,7 dans les lueurs de l’aube, elle est donc très difficile à saisir pour le moment. Elle va s’élever un peu sur l’horizon EST et le 27 mai passera à 64 millions de kilomètres du Soleil (le périhélie).

Mise à jour du 11 mai :

Aujourd’hui, dans ses Visions Nocturnes, François Aru nous dit tout ce qu’il faut retenir de l’arrivée de la comète Swan (C/2020 F8) qui devrait être visible à la fin de la nuit les prochains jours :

Quant à Stuart Atkinson, il nous propose cette représentation de la position de la comète pour les 15 jours qui viennent depuis l’Angleterre, la visibilité étant comparable pour la France :

La magnitude de la comète se situant actuellement entre 5 et 6 (voir ci-dessous la dernière courbe de luminosité présentée sur le site COBS), une paire de jumelles sera indispensable pour la repérer dans les lueurs de l’aube, sauf si elle nous gratifie d’un spectaculaire sursaut d’éclat.

Mise à jour du 10 mai :

Le photographe Fritz Helmut Hemmerich a saisi la comète Swan (C/2020 F8) depuis les Îles Canaries, entre les premières lueurs de l’aube et l’éclat de la Lune :

Le montage suivant permet de se faire une idée de la taille de la comète avec une mise à l’échelle de Neil Norman sur un cliché de Gerald Rhemann. Le couple Terre-Lune est représenté avec un grossissement de vingt fois pour être visible mais la distance entre les deux astres (400.000 km) est à l’échelle de la comète :

La dernière courbe de luminosité présentée sur le site COBS montre un tassement, la magnitude de la comète se stabilisant entre 5 et 6 :

On termine par ce comparatif intéressant entre deux astres chevelus. En haut la comète Lovejoy (C/2014 Q2), en bas la comète Swan (C/2020 F8) prises à 5 ans d’intervalle par Gerald Rhemann :

Mise à jour du 9 mai :

Les images de Gerald Rhemann prises le 4 mai laissent penser que la queue de la comète Swan (C/2020 F8) a été victime d’une tempête magnétique provoquée par le Soleil :

Des orages magnétiques dans les queues de comètes ont déjà été observés : en 2007 la sonde STEREO de la NASA avait filmé la rencontre entre une éjection de masse coronale échappée du Soleil (CME pour coronal mass ejection) et la comète Encke dont la queue avait été sectionnée :

Le 12 mai la comète Swan se trouvera à 83 millions de kilomètres de la Terre et le 27 mai à 64 millions de kilomètres du Soleil (le périhélie). La semaine prochaine on pourra tenter de repérer la comète depuis la France avant l’aube au-dessus de l’horizon EST :

Comment repérer la comète Swan depuis la France en mai à l’aube. © Ça Se Passe Là-Haut 
Mise à jour du 8 mai :

La dernière courbe de luminosité présentée sur le site COBS suggère un nouveau sursaut d’éclat de la comète Swan (C/2020 F8). Les estimations de magnitude des observateurs de l’hémisphère sud montrent une remontée d’éclat alors que la comète s’approche de la Terre pour un survol à 0,56 UA (Unité Astronomique, soit 150 millions de kilomètres) le 12 mai.

Cette image de D. Peach nous montre toute la complexité de la queue de la comète Swan qui s’étend désormais sur une longueur de 10 degrés, soit 20 fois le diamètre apparent de la Pleine Lune :

Mise à jour du 6 mai :

D’après le site COBS l’éclat de la comète Swan (C/2020 F8) serait en train de diminuer ; le noyau s’est-il fragmenté ou est-ce juste un phénomène passager ? Attendons de nouvelles mesures :

Le cliché ci-dessous a été réalisé le 4 mai par Michael Mattiazzo. Il estime la magnitude visuelle à 5.6 et le diamètre de la coma autour du noyau à 9′ (1/3 du diamètre apparent de la Lune). En utilisant des jumelles 8 x40 il évalue la longueur de la queue à plus de 7 degrés (14 fois la Pleine Lune). Il confirme que la comète a montré un léger déclin de la luminosité et présente une courbe de lumière erratique.

Mise à jour du 5 mai :

Voici les cartes (vous en retrouverez un certain nombre sur la page de Ça Se Passe Là-Haut) qui vous permettront de suivre la trajectoire de la comète Swan (C/2020 F8) à travers les constellations durant le mois de mai ainsi que les images du jour :

Comment repérer la comète Swan depuis la France en mai à l’aube. © Ça Se Passe Là-Haut 
Trajectoire de la comète Swan (C/2020 F8) devant les constellations au mois de mai.

Ci-dessus une animation réalisée depuis l’Île de la Réunion par Luc Perrot et ci-dessous une superbe image obtenue depuis l’Australie par Godward Photography :

Mise à jour du 4 mai :

La queue de la comète Swan (C/2020 F8) a subi de sérieuses transformations ces dernières 24 heures. En cause la pression grandissante du vent solaire (la comète ne cesse de s’approcher du Soleil) et/ou des variations dans la sublimation de la surface du noyau qui expliquent une modification de la quantité de gaz et de poussières éjectés.

Les observations visuelles permettent désormais de tracer le début de la courbe de luminosité de l’astre chevelu et d’extrapoler sur son éclat probable dans les semaines à venir.

Mise à jour du 3 mai :

Cette image réalisée le 2 mai au Bostwana par Stephen James O’Meara permet de se faire une idée assez précise de l’aspect de la comète Swan à l’œil nu.

La comète Swan photographiée le 2 mai au Bostwana.© Stephen James O’Meara

L’éclat du noyau est estimé aux alentours de la magnitude 5, ce qui le rend décelable sans instrument sous un ciel bien noir. La queue mesure environ 2° soit l’équivalent de quatre fois le diamètre de la Pleine Lune. L’astre chevelu se rapproche du Soleil et l’augmentation d’éclat va se poursuivre dans les jours qui viennent.

Comment repérer la comète Swan (C/2020 F8) depuis la France au mois de mai au-dessus de l’horizon EST dans les lueurs de l’aube. Une paire de jumelles sera peut-être nécessaire. © Ça Se Passe Là-Haut    

La comète Swan sera au plus près de la Terre le 12 mai à une distance de 0,56 UA (UA=Unité Astronomique, soit 150 millions de km). Si les tendances actuelles se confirment, elle pourrait atteindre la magnitude 3.

Mise à jour du 1er mai :

La comète Swan (C / 2020 F8) devient de plus en plus lumineuse. «Je viens juste de l’observer à l’œil nu», rapporte John Drummond, un observateur installé à Gisborne en Nouvelle-Zélande. “Il semble que la luminosité ait considérablement augmenté depuis la dernière fois que je l’ai vue il y a quelques nuits“. En effet, plusieurs observateurs ont estimé l’éclat de la comète à une magnitude de +5,5, ce qui la rend tout juste visible à l’œil nu. La comète Swan sera au plus près de la Terre le 12 mai à une distance de 0,56 UA. Si les tendances actuelles se confirment, elle pourrait atteindre la magnitude 3.

Mise à jour du 28 avril :

Cette superbe image a été réalisée le 27 avril. Elle nous montre la beauté de la comète Swan (C/2020 F8) découverte le 11 avril par l’astronome Michael Mattiazzo. Le noyau est entouré d’un halo verdâtre, couleur typique du cyanogène, un gaz très répandu dans les comètes. La longue queue présente de nombreuses torsades produites par des dégazages irréguliers du noyau soumis au vent solaire. Le bleu de ces volutes gazeuses correspond à la présence de monoxyde de carbone (CO). C’est un élément qui se forme au cœur des étoiles et se répand lors des explosions stellaires.

La superbe comète Swan (C/2020 F8) photographiée le 27 avril 2020 depuis la Namibie. © Gerald Rhemann

L’auteur de ce cliché est Gerald Rhemann qui a utilisé un télescope de 305 mm de diamètre installé en Namibie. Cet astrophotographe autrichien est un spécialiste de l’imagerie des comètes.

Visibilité de la comète Swan au mois de mai. ©  Ça Se Passe Là-Haut

Si son éclat continue de croître de la même façon, la comète Swan pourrait être visible à l’œil nu en France métropolitaine (mais surtout dans une paire de jumelles) au cours du mois de mai en fin de nuit juste au-dessus de l’horizon nord-est.

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Hommage : Michel Verdenet, amoureux des étoiles variables

Cet article reproduit intégralement l’hommage rédigé par Laurent Vadrot à l’occasion du décès de l’astronome amateur Michel Verdenet.

Michel Verdenet (décédé le 11/04/2020) était un astronome amateur qui se définissait essentiellement comme un observateur visuel. Il pratiqua également la photographie argentique mais n’utilisa jamais l’imagerie numérique. Il était dans la lignée de Pierre Bourge avec qui il avait correspondu et qu’il avait pu rencontrer.

Michel Verdenet, une vie dédiée à l’observation des étoiles variables. © Cielmania

Aîné d’une famille modeste, élève brillant, il est très vite remarqué par ses professeurs et il s’oriente vers un bac scientifique. Il découvre à cette période l’astronomie dans les livres de Camille Flammarion, Amédée Guillemin, Lucien Rudaux ou encore l’Abbé Moreux. Continuer la lecture

La plus grosse Pleine Lune de l’année en images

Les 7 et 8 avril chacun a pu admirer et photographier la plus grosse Pleine Lune de l’année. Avec parfois une teinte rouge exceptionnelle. Explications.

En raison de son orbite elliptique, la Lune n’est pas toujours à la même distance de la Terre. Au plus près, le périgée, cette distance est de 356.700 km ; au plus loin, l’apogée, la Lune se trouve à 406.300 km. Cette variation de distance induit automatiquement une variation du diamètre lunaire apparent qui oscille entre 29,5 minutes d’arc à l’apogée et 33,5 minutes d’arc au périgée, soit une différence de 12%.

Le 8 avril à 2 heures se produisait la plus grosse Pleine Lune de l’année. De nombreux amateurs ont immortalisé la scène en soirée la veille et le jour même. C’est en effet lorsqu’il se lève que notre satellite naturel est le plus photogénique avec un premier plan bien choisi.

Peut-être avez-vous vu comme moi apparaître sur l’horizon une Lune particulièrement rouge (ci-dessus). Contrairement à ce que certains ont pu penser en voyant l’image, il n’y a aucun traitement informatique. Lorsque la lumière de la Lune (qui ne fait que renvoyer la lumière solaire) passe par l’atmosphère terrestre, certaines des couleurs sont absorbées par les composés présents dans l’atmosphère comme de la vapeur d’eau, des particules ou des poussières. Dès lors la lumière bleue, de faible longueur d’onde, est filtrée par ces composés et nous ne recevons que la lumière à dominante rouge.

Ce phénomène est renforcé lorsque la Lune est basse sur l’horizon : dans ce cas, la lumière doit traverser une plus grande épaisseur d’atmosphère pour nous arriver ce qui implique davantage de lumière bleue absorbée. Il s’agit du même phénomène qui se déroule lors d’un Soleil couchant qui apparaît rouge. On voit très bien le phénomène lorsqu’on photographie le lever de Lune à intervalles réguliers pour obtenir un chapelet (ci-dessus). Sur l’horizon l’absorption atmosphérique était extrêmement forte et j’ai posé 1 seconde, 1000 fois moins que quand la Pleine Lune est au zénith !

Ce soir admirez la plus grosse Pleine Lune de l’année

Ce mardi 7 avril en début de soirée vous pourrez voir se lever la plus grosse Pleine Lune de l’année. Un joli spectacle qui nécessite quelques explications.

Lorsque le Soleil passera sous l’horizon ce soir, tournez vous dans la direction opposée. Vous découvrirez alors la Pleine Lune trônant au-dessus de l’horizon EST. Notre satellite naturel se situera à un peu moins de 358.000 km de nous et présentera alors un diamètre apparent supérieur à 33 minutes d’arc. Vous observerez alors la plus grosse Pleine Lune de l’année. Vous pouvez également immortaliser l’instant avec n’importe quel appareil photo (ou téléphone) en le laissant en mode automatique.

Pleine Lune derrière le clocher de l’église de Brochon. © Jean-Baptiste Feldmann

En raison de son orbite elliptique, la Lune n’est pas toujours à la même distance de la Terre. Au plus près, le périgée, cette distance est de 356.700 km ; au plus loin, l’apogée, la Lune se trouve à 406.300 km. Continuer la lecture

La prometteuse comète Atlas s’est-elle désintégrée ?

Attendue comme l’astre chevelu le plus brillant depuis deux décennies, la comète Atlas donne des signes de faiblesse ces dernières nuits.

Découverte fin 2019, la comète C/2019 Y4 (Atlas) était sur les lèvres de tous les astronomes. Sa  taille démesurée (une chevelure de 720.000 kilomètres de diamètre le 24 mars et une queue de gaz et de poussière longue de 3,3 millions de kilomètres début avril) ainsi que l’augmentation régulière de sa luminosité laissaient espérer un beau spectacle. Avec une orbite très similaire à celle de la « grande comète de 1844 », C/2019 Y4 aurait même pu atteindre la luminosité de Vénus au mois de mai.

Les dernières images de la comète Atlas montrent un allongement de son noyau qui laisse présager de sa désintégration. © Ningbo Education Xinjiang Telescope

Malheureusement il semble que l’aspect de la comète se soit modifié ces dernières nuits, laissant présager une possible fragmentation de son noyau. Continuer la lecture

Ciel étoilé sur les vignes de Corton éclairées par la Lune

Plantée au milieu des vignes de Corton, une étrange construction a retenu mon attention. Un paysage saisi sous la lumière de la Lune.

On apprend dans Wikipédia que le Corton est un vin d’appellation d’origine contrôlée produit sur une partie des communes d’Aloxe-Corton, de Ladoix-Serrigny et de Pernand-Vergelesses, en Côte-d’Or. Il est classé parmi les grands crus bourguignons de la côte de Beaune. À cette époque de l’année les ceps commencent à se couvrir de bourgeons. Les viticulteurs craignent les gelées nocturnes. Les chaufferettes sont en place, en espérant ne pas connaître la même situation qu’au printemps 2017.

Rotation d’étoiles au-dessus des vignes éclairées par la Lune. © Jean-Baptiste Feldmann

On trouve au milieu des vignes différentes petites constructions, mais aucune n’est aussi curieuse que celle sur les hauteurs de Ladoix-Serrigny. L’occasion de s’y rendre la nuit. Continuer la lecture

L’ISS, Vénus et les Pléiades au-dessus du cerisier en fleurs

Le spectacle se poursuit au crépuscule. Vénus s’approche des Pléiades et hier soir l’ISS était de passage. Le tout au-dessus d’un cerisier en fleurs.

Sakura au Japon :

La floraison du cerisier a commencé. Au Japon c’est un événement incontournable, Sakura. C’est une spectacle qui s’étale sur plusieurs semaines. Il commence au sud de l’archipel dans l’île d’Okinawa début mars. Il s’achève deux mois plus tard sur l’île d’Hokkaido, 3.000 kilomètres au nord. Le Japon profite de cette éphémère décoration que nous offre Dame Nature pour organiser de nombreuses réjouissances (festivals, pique-niques…).

L’ISS, Vénus et l’amas des Pléiades dans la soirée du 2 avril. © Jean-Baptiste Feldmann

Il existe plus de cent variétés de cerisiers dans l’archipel. On les distingue selon leur couleur ou le nombre de pétales des fleurs : de 5 à plus de 100 ! Continuer la lecture

Vénus va à la rencontre des Pléiades… comme il y a huit ans

Avec le rapprochement actuel entre la planète Vénus et l’amas des Pléiades, la mécanique céleste nous donne un nouvel exemple de régularité.

La mécanique céleste a un côté réjouissant dans une période où toutes nos certitudes sont bouleversées par un virus. Ces deux images montrent exactement le même spectacle céleste. Le matériel a changé mais les protagonistes sont toujours les mêmes : Vénus et l’amas des Pléiades. Huit années séparent ces deux clichés que j’ai réalisés dans la soirée du 31 mars. Le premier en 2012, le second en 2020.

Huit ans séparent ces deux rapprochement Vénus / Pléiades. © Jean-Baptiste Feldmann

Par quel miracle le ciel peut-il faire preuve d’une telle régularité ? Les mouvement de la Terre et de la seconde planète du Système solaire nous donnent la réponse. Continuer la lecture

Que voir dans le ciel nocturne en avril 2020

Ce mois d’avril 2020 va se vivre confiné. Depuis un jardin, un balcon ou une fenêtre, vous pourrez admirer quelques jolis phénomènes célestes.

Le mois d’avril risque fort de ressembler aux deux dernières semaines qui viennent de s’écouler. Confinement oblige en raison du coronavirus, il va falloir ruser pour observer le ciel nocturne. La situation ne sera pas la même entre l’observateur dans son jardin en zone rurale, loin de la pollution lumineuse, et celui qui n’a que les fenêtres de son appartement en ville. Les deux devraient cependant profiter d’une atmosphère plus transparente en raison du ralentissement de la vie économique.

La yourte bressane sous les étoiles. © Jean-Baptiste Feldmann

Ce confinement pourrait être aussi l’occasion de prendre un peu de temps pour admirer le ciel. Voici donc quelques jolis phénomènes astronomiques accessibles à tout le monde. N’oubliez pas de consulter la carte du ciel de Stelvision pour vous orienter sous la voûte céleste. Continuer la lecture

Escortée par la Lune, Vénus se dirige vers les Pléiades

Le ciel du soir offre un joli spectacle actuellement : la Lune circule du côté de la brillante planète Vénus qui ne cesse de se rapprocher des Pléiades.

Éclatante Vénus :

Vénus est le phare céleste qui agrémente nos soirées en cette période de confinement. Avec sa magnitude de -4, la seconde planète du Système solaire est éclatante. C’est le premier astre visible après le coucher du Soleil si on ne tient pas compte de la Lune. Notre satellite naturel était à côté dans la soirée du 28 mars comme l’illustre ce cliché.

Accompagnée par la Lune, Vénus se dirige vers les Pléiades. © Jean-Baptiste Feldmann

J’ai réalisé cette image avec un boîtier Nikon D3200, un objectif de 50 mm de focal diaphragmé à 4 et une pose de 3 secondes à 800 iso. Si vous regardez attentivement cette photo, vous y découvrirez un groupe d’étoiles vers lequel se dirige Vénus. Continuer la lecture

La station spatiale (ISS) du côté de Vénus

Vous avez encore quelques soirs pour regarder passer l’ISS depuis une fenêtre ou votre balcon à condition d’être orienté vers l’OUEST où se trouve Vénus. 

l’ISS (International Space Station) est un assemblage de modules et de panneaux solaires de la taille d’un terrain de football et d’une masse de 400 tonnes qui passe régulièrement au-dessus de nos têtes. On peut l’admirer en France lorsque les survols se produisent en début ou en fin de nuit, le Soleil sous l’horizon éclairant ce Meccano géant.

L’ISS passe du côté de la brillante Vénus en début de soirée. © Jean-Baptiste Feldmann

Ce fut le cas au cours de la soirée du 23 mars : grâce aux prévisions du site Heavens-Above (un site que je vous recommande pour assister à de prochains transits depuis chez vous), j’avais remarqué un passage intéressant sous Vénus un peu avant 21 heures. Continuer la lecture

Les aurores boréales étaient au rendez-vous pour l’Équinoxe

C’est le même spectacle à chaque Équinoxe. Le ciel nordique s’embrase de magnifiques aurores polaires. Une coïncidence qu’on commence à expliquer.

Des aurores très lumineuses :

Comme d’autres, le photographe Matt Robinson en a fait l’expérience. La nuit de l’Équinoxe il a vu se déployer de magnifiques aurores depuis son site d’observation en Norvège. Le ciel n’était même pas encore noir que déjà de belles draperies lumineuses venaient tenir compagnie à Vénus au-dessus de l’horizon OUEST. Les connaisseurs auront même reconnu l’amas d’étoiles des Pléiades un peu plus haut que la brillante planète.

Des aurores étaient visibles en Norvège pendant la nuit de l’Équinoxe. © Matt Robinson

La danse des aurores illumine le ciel au niveau du cercle polaire depuis plusieurs nuits. Un spectacle immortalisé également par Andrei Andritcu (voir plus bas). Mais quel est donc le rapport entre aurores polaires et Équinoxe ? Continuer la lecture

La Lune et le héron, hommage à nos amis à plumes

Un héron qui s’invite à l’aube aux côtés de la vieille Lune, il n’en fallait pas plus pour me donner envie de rendre hommage à la gent ailée.

Surprise en fin de lunaison :

Ce matin, comme je le fais depuis le début de la semaine, j’ai échappé au confinement pour me retrouver sous les étoiles. Je suis à quelques pas de la nature et mes sorties ne risquent en rien de compromettre ma santé ou celle des autres puisque je me retrouve seul dehors. Des étoiles il n’y en avait plus guère dans un ciel éclairci, mais Saturne, Jupiter et Mars étaient encore visibles. Un banc de nuages à l’horizon me masquait le vieux croissant. Quatre jours avant la Nouvelle Lune j’avais prévu de l’immortaliser.

La vieille Lune à l’aube accompagnée d’un héron. © Jean-Baptiste Feldmann

C’est alors que j’ai remarqué la présence d’un héron dans un grand arbre. Y avait-il passé la nuit, venait-il de s’y poser ? Je n’en sais rien mais il était immobile. Le croissant de Lune étant apparu entre temps, je me suis positionné pour avoir les deux dans le cadre de mon boîtier photo, espérant que le volatile daignerait patienter le temps de mes réglages. Il a eu la bonne idée de rester là pour apparaître dans l’image finale.  Continuer la lecture

En vidéo : l’incroyable beauté du ciel dans le désert d’Atacama

À l’heure où la lumière artificielle et les activités humaines nous privent de la beauté du ciel, le désert d’Atacama reste un refuge pour les photographes.

Un site exceptionnel :

Situé dans les Andes chiliennes, le désert d’Atacama est une zone particulièrement aride (à certains endroits il tombe moins d’un millimètre de pluie par an !). C’est ce site qu’a retenu l’ESO pour y implanter depuis quelques décennies ses télescopes parmi les plus performants au monde. Sous un ciel exempt de toute pollution lumineuse où seul l’airglow peut atténuer l’éclat des étoiles, les astronomes sondent l’Univers dans toutes les longueurs d’ondes. L’un des observatoires astronomiques les plus emblématiques est celui qui abrite le Very Large Telescope.

C’est aussi un endroit très prisé des photographes, en particulier ceux qui aiment marier les images prises entre terre et ciel. Ceux qui maîtrisent la technique du time-lapse réalisent ainsi de très belles vidéos. Continuer la lecture

Ballet céleste à l’aube entre la Lune et trois planètes

C’est un joli rassemblement céleste entre la vieille Lune et trois planètes brillantes que l’on peut suivre actuellement à l’aube.

Confiné sous les étoiles :

L’épidémie de coronavirus oblige désormais chacun de nous à se confiner. Reste la possibilité de regarder le ciel étoilé depuis une fenêtre, un balcon ou un jardin. Certains ont la chance de n’avoir que quelques pas à faire pour admirer un spectacle céleste en pleine nature. Pour moi c’est possible dans les vignes bourguignonnes qui entourent mon petit village. Autant vous dire que je ne me prive pas de sortir la nuit quand le ciel est dégagé. Comme vous pouvez vous en douter je ne croise personne !

La Lune et trois planètes étaient visibles à l’aube du 18 mars. © Jean-Baptiste Feldmann

Ce matin la vieille Lune (dont on devinait la lumière cendrée) était accompagnée d’astres brillants. Les éphémérides nous indiquaient qu’il y avait Mars et Jupiter. Saturne suivait plus à l’EST et le croissant lunaire l’accompagnera demain 19 mars à l’aube. Continuer la lecture

Nout, la divinité du ciel omniprésente dans l’Égypte antique

On la trouve dans les sarcophages ou gravée sur le plafond des tombes. Nout est l’une des plus anciennes divinités dans l’Égypte antique.

Neuf divinités régissent l’univers

Lorsqu’on se penche sur l’astronomie dans l’Égypte antique, on découvre de très nombreuses représentations de Nout, la divinité du ciel. Elle a le plus souvent la forme d’une femme nue couverte d’étoiles. Ses membres prennent appui aux quatre coins de la Terre. Ils symbolisent les quatre points cardinaux. Avec Atoum, Tefnout, Shou, Geb, Osiris, Isis, Seth et Nephthys, elle constitue l’ensemble des divinités à l’origine de toutes les forces présentes dans l’univers. On parle de l’« Ennéade » à propos de ce groupe de neuf dieux vénérés à Héliopolis, la capitale religieuse du pays.

Certains égyptologues voient en Nout une représentation de la Voie lactée.

Bien qu’aucun temple ne lui soit dédié, Nout a d’importantes fonctions dans la cosmogonie de l’Égypte antique. Continuer la lecture

L’Afrique de l’Ouest a sa première astrophysicienne

Avec sa thèse de doctorat en Astrophysique et Cosmologie, Marie Korsaga est devenue la première astrophysicienne d’Afrique de l’Ouest.  

Un pays en voie de développement :

Le Burkina Faso peut s’enorgueillir de compter la première femme astrophysicienne de toute l’Afrique de l’Ouest. Cet ancien protectorat français (indépendant depuis le 5 août 1960) est un pays en voie de développement. Il compte 20 millions d’habitants et sept universités publiques dont celles de Ouagadougou, Bobo-Dioulasso et Koudougou.

Situation géographique du Burkina Faso en Afrique de l’Ouest. © Wikipédia
L’astrophysique pour une élite :

En Afrique de l’Ouest l’astrophysique n’est pas une priorité. Le nombre de chercheurs dans cette spécialité est infime. Rares sont ceux qui sont connus du grand public comme le malien Modibo Diarra. Ce dernier, qui a participé à différents programmes de la NASA, s’est fait connaître au moment de l’atterrissage sur Mars de la sonde Pathfinder et de son robot Sojourner en 1997. Le doctorat d’astrophysique de Marie Korsaga est donc une première qui a été largement saluée.

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Zoom sur la météorite ferreuse de Hoba en Namibie

Soixante tonnes : c’est la masse de la météorite de Hoba. Il s’agit du plus gros bloc extraterrestre connu sur Terre à ce jour.

Ciel de Namibie :

La Namibie est un paradis pour les astronomes en raison de l’absence de pollution lumineuse. On y trouve plusieurs fermes astronomiques équipées d’instruments d’observation comme celle de Tivoli. Le pays accueille également HESS (High Energy Stereoscopic System), un réseau de télescopes à imagerie Cherenkov atmosphérique.

La météorite de Hoba en Namibie est la plus grosse du monde. © Carlos Neto

Si vous vous rendez dans le nord-est, du côté de la ville de Grootfontein, ne manquez pas de pousser jusqu’à la ferme d’Hoba West. C’est là que vous pourrez admirer le plus gros bloc de fer naturel à la surface de notre planète. Continuer la lecture

Jeune Lune entre Orion et Vénus après la tempête Léon

Petite accalmie dimanche soir dans le ciel du Poitou après le passage de la tempête Léon. L’occasion d’immortaliser la Lune entre Orion et Vénus.  

Éclaircie inespérée :

Jorge, Karine, Léon… les tempêtes hivernales se suivent et se ressemblent. Ce premier jour du mois de mars a été marqué par un nouvel épisode pluvieux et venteux. Inutile de dire que les amoureux des étoiles rongent leur frein. Il faut être aux aguets de la moindre accalmie pour espérer apercevoir un morceau de ciel dégagé.

La Lune aux côtés des Pléiades entre Orion et Vénus dans un ciel brumeux au-dessus de la jolie petite église Saint Hilaire de Cenan dans le Poitou. © Jean-Baptiste Feldmann

Ce fut le cas hier soir au-dessus du village de Cenan dans le Poitou. Dans un ciel encore voilé, la jeune Lune a fait une apparition entre la belle constellation d’Orion et l’éclatante VénusContinuer la lecture

Que voir dans le ciel nocturne en Mars 2020

Ce mois de mars sera celui des rapprochements planétaires avec les duos Vénus-Uranus, Jupiter-Mars et Saturne-Mars, sans oublier de suivre Bételgeuse.

L’hiver s’éloigne doucement au cours de ce mois de mars. La période est propice aux observations du ciel profond avec encore de longues nuits noires. Profitez-en pour admirer aux jumelles la nébuleuse d’Orion ou encore les amas des Hyades et des Pléiades. Les plus chevronnés pourront même partir à la chasse de quelques objets plus exotiques en s’armant par exemple de l’excellent guide le ciel aux jumelles. Observez également Bételgeuse, l’étoile d’Orion dont l’éclat remonte lentement (lire à ce sujet Bételgeuse : sa luminosité repart à la hausse).

Un autre regard sur la constellation d’Orion (Bételgeuse est l’étoile en haut à gauche). © Jean-Baptiste Feldmann

Côté planètes de très jolis rapprochements apparents vont jalonner le mois, je vous propose de les découvrir maintenant. N’oubliez pas de consulter la carte du ciel de Stelvision pour vous orienter sous la voûte céleste.  Continuer la lecture

"J'ai en moi un besoin terrible. Dirais-je le mot? La religion. Alors, je sors la nuit et je peins des étoiles." Vincent van Gogh