Archives pour la catégorie Ciel étoilé

Une étoile torride fait briller la nébuleuse du Masque

Les astronomes ont mesuré la température impressionnante de l’étoile centrale dans la nébuleuse du Masque : plus de 130.000°C !

Nébuleuse planétaire australe :

La nébuleuse du Masque (CVMP 1) est une nébuleuse planétaire (NP) située à environ 6.500 années-lumière. Elle s’est formée il y a plus de 12.000 ans dans la constellation australe du Compas. Lorsqu’une étoile géante rouge arrive en fin de vie, elle explose. En projetant dans l’espace ses couches externes,  elle crée une bulle gazeuse en expansion. Le gaz de la nébuleuse se met à briller sous l’action du puissant rayonnement ultraviolet émis par l’astre géniteur. C’est le spectacle que nous observons actuellement dans la nébuleuse du Masque :

CVMP 1, la nébuleuse planétaire du Masque dans la constellation du Compas. © Gemini Observatory / NSF’s National Optical-Infrared Astronomy Research Laboratory / AURA

Au fil du temps, l’étoile centrale se refroidit et le gaz de la NP se dilue dans l’espace. C’est ce qui explique l’existence éphémère (à l’échelle de l’Univers) des nébuleuses planétaires : quelques dizaines de milliers d’années tout au plus. Continuer la lecture

Zoom vertigineux au cœur de la splendide galaxie NGC 1703

C’est une galaxie qui dévoile sa beauté dans les très grands télescopes. Zoom sur NGC 1703, une spirale barrée cachée dans la Dorade. 

Bijoux cosmiques :

La petite constellation australe de la Dorade a-t-elle un secret ? Bien qu’aucune étoile de cet astérisme ne dépasse la magnitude 4, on y trouve deux superbes galaxies. Il y a d’abord NGC 1672, une spirale barrée où les naissances d’étoiles sont permanentes. Penchons-nous aujourd’hui sur NGC 1703, une autre spirale barrée elle aussi de toute beauté. Située à 70 millions d’années-lumière, elle fut observée pour la première fois en 1834 par l’astronome britannique John Herschel (le fils de William Herschel, le découvreur d’Uranus). Avec une magnitude de 12, NGC 1703 n’est accessible qu’aux grands instruments. C’est le télescope de 4 mètres de diamètre du Cerro Tololo qui nous en offre la plus belle image :

NGC 1703 est une magnifique galaxie spirale barrée située dans la constellation australe de la Dorade. © Dark Energy Survey/DOE/FNAL/DECam/CTIO/NOIRLab/NSF/AURA

Je vous encourage vivement à consulter la version zoomable proposée par NOIRLab. C’est un régal de plonger dans les bras spiraux de NGC 1703 pour y découvrir des nébuleuses rougies par l’hydrogène ionisé (comme la Rosette dans notre Voie lactée), ainsi que de petites galaxies très lointaines en arrière-plan.

À savoir :

Le sigle NGC fait référence à l’imposant New General Catalogue of Nebulae and Clusters of Stars qui regroupe près de 8.000 objets du ciel profond. Initié par l’astronome irlando-danois John Dreyer, ce catalogue fit l’objet d’une première édition en 1888. D’autres catalogues sont aussi très prisés des astronomes amateurs. Citons par exemple le catalogue Messier créé par l’astronome français Charles Messier, ainsi que le catalogue Caldwell publié en 1995 par Patrick Moore.

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Voyage au cœur de l’étoile supergéante AG Carinae

C’est l’une des plus brillantes étoiles de notre Galaxie. Grâce au télescope Hubble, on peut admirer AG Carinae avec un luxe de détails.

Un phare dans la Galaxie :

Perdue dans la constellation australe de la Carène, AG Carinae (AG Car) pourrait passer inaperçue. Sa magnitude variant de 6 à 9, elle n’est même pas visible à l’œil nu. Il s’agit pourtant d’une des étoiles les plus brillantes de notre Galaxie, la Voie lactée. Son rayonnement est un million de fois supérieur à celui du Soleil ! Si nous ne percevons pas cette intensité, c’est tout simplement parce que 20.000 années-lumière nous séparent de AG Carinae :

Quand on regarde une étoile dans un télescope d’amateur, on ne voit qu’un point lumineux. On a beau utiliser le plus fort grossissement disponible, impossible d’obtenir plus de détails. Mais si vous avez le privilège de pouvoir utiliser un grand télescope installé dans l’espace, il en va tout autrement. Continuer la lecture

Scène de cannibalisme du côté de la galaxie Centaurus A

La galaxie lenticulaire Centaurus A est un objet cosmique singulier. Elle est en train d’avaler une galaxie spirale sous nos yeux. 

Cliché professionnel :

L’astrophotographe Wolfgang Promper (Astro-Pics) vient de réaliser une époustouflante image de Centaurus A. Il faut dire qu’il ne lésine pas sur le matériel : cinq heures de poses avec un télescope de 60 centimètres de diamètre sous le ciel noir de la Namibie ! Et le résultat vaut largement ce qu’on obtient dans les grands observatoires, comme ici à l’ESO. Un investissement conséquent, à la hauteur de l’énigmatique galaxie :

La galaxie Centaurus A est en train d’avaler une galaxie spirale. © Wolfgang Promper

Centaurus A s’appelle également NGC 5128 et Cadwell 77. l’appellation NGC nous renvoie à l’imposant New General Catalogue of Nebulae and Clusters of Stars qui regroupe près de 8.000 objets du ciel profond. Initié par l’astronome irlando-danois John Dreyer, ce catalogue fit l’objet d’une première édition en 1888. Quant à Caldwell, c’est le nom du catalogue produit par un célèbre vulgarisateur britannique, Patrick Moore. Continuer la lecture

Au Chili, saisissante Voie lactée au-dessus du Cerro Tololo

Depuis l’Observatoire du Cerro Tololo au Chili, Babak Tafreshi a utilisé un objectif fisheye pour immortaliser la Voie lactée.

Observatoire chilien :

Le CTIO (Cerro Tololo Inter-American Observatory) est installé à 2.200 mètres d’altitude sur le Cerro Tololo. C’est l’un des sommets qui encadrent la vallée de l’Elqui au Chili. L’air y est très sec et la pollution lumineuse absente. C’est ce qui explique la présence d’autres installations astronomiques dans la région. Le Gemini sud et le LSST (Large Synoptic Survey Telescope) sont construits sur un autre sommet, le Cerro Pachón. Le CTIO est l’un des quatre observatoires rassemblés au sein du NOAO.

Vu du ciel, l’Observatoire interaméricain du Cerro Tololo.© CTIO

Ce site compte une dizaine de coupoles qui abritent des instruments entre 50 centimètres et 1,5 mètre de diamètre. Mais le fleuron de l’observatoire est le télescope Blanco avec son miroir de 4 mètres de diamètre. Continuer la lecture

Des milliers de galaxies se cachent dans la Vierge

Niché dans la constellation de la Vierge, un immense amas de galaxies ne cesse de fasciner les astronomes depuis sa découverte par Messier.

Une constellation difficile à visualiser :

Coincée entre le Lion à l’Ouest et la Balance à l’Est, la Vierge a une forme peu évocatrice. Cette grande constellation (la plus étendue après l’Hydre), n’évoque guère les grandes déesses de l’Antiquité qui y sont associées. Heureusement que sa plus brillante étoile, Spica, est facilement repérable. Pour la dénicher, partez de la Grande Ourse. Suivez l’arc de cercle formé par le manche de la « casserole » jusqu’à Arcturus (Bouvier). Dans le prolongement de cet arc, vous trouverez Spica.

La Vierge et ses voisines en début de nuit au printemps. © Jean-Baptiste Feldmann

Fin avril, j’ai pu photographier la Vierge depuis un étang dans la Vienne. Merci à ma compagne Christine qui a participé à la composition de cette image (30 secondes de pose à 4000 iso, Nikon D7100, objectif 12 millimètres de focale ouvert à 3,5). Les annotations sont de Jean-François que je remercie également. Continuer la lecture

NGC 7331, une galaxie spirale bien entourée dans Pégase

Dans le champ de NGC 7331, une belle spirale située du côté de Pégase, on observe plusieurs autres galaxies, en réalité bien plus éloignées. 

Carte d’identité :

NGC 7331 a été découverte le 6 septembre 1785 par l’astronome germano-britannique William Herschel. Cette belle galaxie spirale de magnitude 10 fait partie de l’imposant New General Catalogue of Nebulae and Clusters of Stars qui regroupe près de 8.000 objets du ciel profond. Initié par l’astronome irlando-danois John Dreyer, ce catalogue fit l’objet d’une première édition en 1888. La galaxie est également référencée comme Caldwell 30 dans le catalogue de Patrick Moore.

NGC 7331 est entourée de galaxies beaucoup plus lointaines. © Johannes Schedler

NGC 7331 se situe dans la constellation de Pégase, au Sud d’Andromède. Sous un bon ciel et avec un gros télescope, la galaxie révèle son fuseau lumineux sur 10X4 minutes d’arc. Dans les années 1930, l’astronome américain Edwin Hubble proposa de classer les galaxies selon des critères morphologiques. Caldwell 30 appartient à la catégorie SAb, une galaxie spirale intermédiaire entre galaxie spirale régulière et galaxie spirale barrée. Continuer la lecture

En vidéo : pluie d’étoiles sur le désert des Mojaves

Encore épargné par la pollution lumineuse, le désert des Mojaves offre la possibilité d’admirer la beauté du ciel nocturne.

Désert américain :

Le désert des Mojaves s’étend sur 40.000 km² dans l’Ouest des États-Unis, au Sud de la Californie. C’est dans ce désert que se trouve l’endroit le plus chaud du monde, la Vallée de la Mort. On y a enregistré la température record de 54,4° C au mois d’août 2020. La majeure partie de ce désert est recouverte de plaines rocailleuses. C’est là que les vidéastes Gavin Heffernan et Harun Mehmedinovic ont installé leurs boîtiers dans le cadre du projet Skyglow.

Depuis plusieurs années, ils photographient les plus beaux ciels nocturnes de l’Amérique du Nord, lentement grignotés par la pollution lumineuse. En 2015, leur première vidéo présentait ce que pourrait être le ciel étoilé de Los Angeles sans lumières parasites. Continuer la lecture

Multiples naissances d’étoiles dans la nébuleuse de la Rosette

Vaste nuage de gaz et de poussières situé dans la Licorne, la nébuleuse de la Rosette est une pouponnière d’étoiles.

Dans la tête de la Licorne :

Pour observer la nébuleuse de la Rosette, il faut se rendre dans la Licorne. Cette constellation assez peu lumineuse se situe juste à l’Est de la célèbre Orion. Le printemps est donc la meilleure période pour la pointer en début de nuit. La nébuleuse de la Rosette fut découverte en 1865 par le célèbre chasseur de comètes américain Lewis Swift. Elle porte le numéro 49 dans le catalogue Caldwell publié en 1995 par Patrick Moore.

La nébuleuse de la Rosette se situe dans la tête de la Licorne. ©IAU/Sky and Telescope

On lui attribue également le numéro 2237 dans le New General Catalogue. Mais la nébuleuse est si complexe que plusieurs objets célestes y sont répertoriés. Citons NGC 2238 et 2246, autres parties de la nébuleuse, ainsi que l’amas d’étoiles NGC 2244. Continuer la lecture

La nébuleuse du Spaghetti se cache dans le Taureau

Simeis 147, alias la nébuleuse du Spaghetti, est grande comme six fois la Pleine Lune ! Mais elle n’apparaît que sur les photographies. 

Explosion stellaire :

La nébuleuse du Spaghetti est un rémanent de supernova. Il y a environ 40.000 ans, une explosion stellaire s’est produite dans la constellation du Taureau, à près de 3.000 années-lumière de nous. Une étoile à l’agonie a littéralement volé en éclats dans un violent soubresaut. Elle est devenue brutalement très lumineuse, tout en projetant sa matière dans l’espace. 400 siècles plus tard, il ne reste de cet astre qu’un pulsar, petit corps très dense en rotation rapide sur lui-même. Il balaie l’espace de son rayonnement comme le fait un phare côtier.

La nébuleuse du Spaghetti, grande comme six fois la Pleine Lune. © Mainak Chakraborty

Quant à la matière expulsée dans l’explosion, elle continue de s’étendre en se diluant dans l’espace. Elle forme aujourd’hui un réseau complexe de filaments d’oxygène et d’hydrogène.

Un immense mais discret rémanent :

Si la nébuleuse du Spaghetti est visible, c’est parce que ses filaments s’illuminent au passage de l’onde de choc générée par la supernova. Attention, cet éclairage est quand même particulièrement discret. Ne comptez pas voir Simeis 147 à l’œil nu, ni même avec un puissant télescope. Et c’est bien dommage, car cet objet céleste s’étend sur une surface équivalente à six fois celle de la Pleine Lune ! Pour révéler les détails de cette belle nébuleuse, Mainak Chakraborty a quand même accumulé près de 17 heures de poses avec une caméra placée derrière une lunette de 81 millimètres de diamètre.

La nébuleuse du Spaghetti se trouve à côté de Elnath (Beta Tauri), la seconde étoile la plus brillante de la constellation. Notez qu’un peu plus bas se trouve un autre rémanent : il s’agit de Messier 1, la nébuleuse du Crabe, reste de l’explosion d’une supernova en l’an 1054. 

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Castor et Pollux, deux fausses jumelles dans le ciel d’hiver

Actuellement postées au zénith en début de nuit, les fausses jumelles Castor et Pollux sont  deux brillantes étoiles à découvrir.  

Dans le prolongement d’Orion :

Pour localiser les étoiles Castor et Pollux (fils jumeaux de Zeus et de Léda dans la mythologie grecque), vous devez déjà repérer Orion. La plus belle constellation hivernale est visible plein Sud en début de nuit. Cherchez-la à mi-chemin entre l’horizon et le zénith. Bételgeuse symbolise l’épaule droite du chasseur, Rigel son pied gauche. En prolongeant deux fois une ligne imaginaire qui passe par ces astres, vous arrivez à Castor et Pollux.

En prolongeant deux fois une ligne passant par Rigel et Bételgeuse, vous tomberez sur les étoiles Castor et Pollux.

Ces deux étoiles proches l’une de l’autre en apparence sont à l’origine du nom de la constellation des Gémeaux qui les abrite (en latin, « jumeaux » se dit Gemini). Mais comme vous allez pouvoir le constater, elles sont très différentes. Continuer la lecture

En Slovénie, la Voie lactée enjambe une église du Souvenir

Dans les montagnes de Slovénie, la nuit offre une vision apaisante. Pourtant, l’église du Saint-Esprit commémore de terribles combats. 

Sanglantes batailles :

Nous sommes sur la colline de Javorca, en Slovénie. Ici se dresse une petite église depuis 1916. Sur ses murs et son plafond, les noms des 2.800 soldats tombés au cours d’une douzaine de combats. C’était pendant la Première Guerre mondiale, quand l’Autriche-Hongrie se battait contre l’Italie. Cette église en bois a été imaginée par un lieutenant autrichien, Remigius Geyling, ami du peintre Gustav Klimt. Loin derrière se détache le Triglav, plus haut sommet de Slovénie (2.864 mètres).

L’église du Saint-Esprit dans les montagnes de Slovénie est surplombée par la Voie lactée. © Matej Mlakar pour l’image et Jean François pour les annotations

L’astrophotographe Matej Mlakar s’y est rendu pour immortaliser la Voie lactée hivernale. Son image est une composition réalisée à partir de quinze clichés pour le paysage et quarante-sept pour le ciel. Devant la quiétude des lieux, on a du mal à imaginer ce qui s’est déroulé dans ces montagnes il y a un peu plus d’un siècle. Continuer la lecture

Des protoétoiles cachées dans la nébuleuse de l’Hippocampe

Malgré son aspect obscur, la nébuleuse de l’Hippocampe, un nuage moléculaire interstellaire, cache plusieurs pouponnières d’étoiles. 

Dans les bras de Céphée :

La constellation de Céphée (le roi des Éthiopiens dans la mythologie grecque), recèle quelques beautés célestes. La nébuleuse de l’Hippocampe (Barnard 150) en fait partie, tout comme plusieurs amas d’étoiles. Parmi eux, Palomar 1, première découverte réalisée en 1954 par le télescope américain de 5 mètres de diamètre, est le plus célèbre. Mais revenons à Barnard 150, l’un des 182 objets du catalogue de l’astronome Edward E. Barnard.

La nébuleuse de l’Hippocampe dans la constellation de Céphée. © Sergio Kaminsky

Il s’agit d’un nuage moléculaire sombre situé à 1.200 années-lumière de notre planète. S’étirant sur un degré apparent, équivalent à deux fois la surface de la Pleine Lune, B150 se découpe devant le fond étoilé de la Voie Lactée. Treize heures de poses ont été nécessaire à l’astrophotographe Sergio Kaminsky pour dévoiler la beauté de cette discrète nébuleuse. Continuer la lecture

Flambée de jeunes étoiles dans la splendide galaxie NGC 1672

Dans la constellation de la Dorade, les étoiles naissantes illuminent de couleurs chatoyantes les bras de la galaxie spirale barrée NGC 1672.

Merveille dans la Dorade :

La constellation de la Dorade est très discrète. Aucune étoile de cet astérisme ne dépasse la magnitude 4. Cela ne l’empêche pas d’héberger quelques merveilles célestes. On y trouve le Grand Nuage de Magellan ainsi qu’une somptueuse galaxie, NGC 1672.  Rappelons que le sigle NGC fait référence à l’imposant New General Catalogue of Nebulae and Clusters of Stars qui regroupe près de 8.000 objets du ciel profond. Initié par l’astronome irlando-danois John Dreyer, ce catalogue fit l’objet d’une première édition en 1888.

La galaxie spirale barrée NGC 1672 dans la constellation de la Dorade. © Martin Pugh

NGC 1672 est une galaxie spirale barrée. Ses bras ne partent pas d’un noyau central, mais d’une barre d’étoiles. Sur le cliché de l’astrophotographe Martin Pugh, cette barre s’étire selon un axe 10h-16h si vous imaginez la galaxie au centre d’une horloge. Continuer la lecture

Le ciel aux jumelles : découvrez la belle Ceinture d’Orion

La Ceinture d’Orion est un alignement de trois étoiles au sein de la plus belle des constellations. Explorons cette région aux jumelles. 

Un vaniteux chasseur :

Dans la mythologie grecque, Orion était un chasseur qui passait son temps à se vanter de ses prouesses. La Ceinture d’Orion est composée de trois astres alignés. Il s’agit des brillantes étoiles Alnitak, Alnilam et Mintaka. Elles sont situées respectivement à environ 800, 1.340 et 915 années-lumière de la Terre. De cette ceinture, le baudrier du chasseur, pend une épée. C’est elle qui intéresse beaucoup les astronomes, car elle contient la fameuse nébuleuse Messier 42.

La Ceinture d’Orion est un alignement de trois brillantes étoiles au centre de la constellation du même nom. Elle correspond au baudrier noué autour de la taille du chasseur d’où pend l’épée qui contient la nébuleuse M 42. © Jean-Baptiste Feldmann

Nous avons déjà évoqué à plusieurs reprises cette magnifique nébuleuse. Mais aujourd’hui, nous allons nous concentrer sur la Ceinture d’Orion et en découvrir les richesses avec une simple paire de jumelles. Continuer la lecture

Plongée dans Hickson 44, un superbe groupe de galaxies

Dans la constellation du Lion, le groupe compact Hickson 44 rassemble quatre belles galaxies en interaction gravitationnelle. 

Les galaxies ont l’instinct grégaire :

Paul Hickson est un professeur de physique et d’astronomie de l’Université de Colombie-Britannique, à Vancouver au Canada. Il y a une quarantaine d’années, il a créé un catalogue astronomique. Le catalogue HCG (Hickson Compact Group) rassemble une centaine de groupes compacts dans lesquels les galaxies sont assez proches pour interagir entre elles. Les forces gravitationnelles les unissent, mais cette union a un prix. Chacune est tiraillée par ses voisines et certaines finissent par fusionner.

Dans ces groupes de galaxies, on observe des formes distordues, des filaments d’étoiles et de gaz ou encore des pouponnières stellaires très actives. Le plus célèbre d’entre eux est le Quintette de Stephan. Cet ensemble de cinq galaxies fut observé pour la première fois par l’astronome français Édouard Stephan en 1878 dans la constellation de Pégase. Continuer la lecture

Sh2-308, la bien nommée nébuleuse de la tête du Dauphin

Savez-vous qu’il existe une tête de dauphin dans la constellation du Grand Chien ? Partons à la découverte de la nébuleuse Sh2-308. 

Bestiaire céleste :

De curieux animaux peuplent le ciel nocturne. Sh2-308, la nébuleuse de la tête du Dauphin, vient compléter un bestiaire déjà riche. Au hasard de nos déambulations cosmiques, nous pouvons croiser un Hibou, une tête de Cheval, un Calamar ou encore une Méduse. Sh est le diminutif du catalogue créé par Stewart Sharpless. Cet astronome américain (1926-2013) consacra la plus grande partie de sa carrière à répertorier les vastes régions d’hydrogène ionisé (H II) qui parsèment la Voie lactée.

Sh2-308 est une nébuleuse qui évoque irrésistiblement une tête de Dauphin. Elle se situe dans la constellation du Grand Chien, non loin de l’étoile Sirius. © Irida Observatory

Actuellement, le catalogue Sharpless compte 313 régions H II situées dans le ciel boréal. La liste australe (catalogue Gum, 85 entrées) fut établie par l’astronome australien Colin Stanley Gum (1924-1960) à la même époque. Continuer la lecture

NGC 3314, l’incroyable (fausse) collision entre deux galaxies

En étudiant NGC 3314, les astronomes ont découvert qu’il s’agissait de deux galaxies sur la même ligne de visée sans aucun lien physique.

Choc cosmique :

Lorsqu’en 1835, l’astronome britannique John Herschel (fils de William Herschel) découvre NGC 3314, il a de quoi être perplexe. Ce qu’il observe dans la constellation de l’Hydre ressemble à une magnifique collision cosmique. On y voit deux galaxies spirales dont les bras se superposent allègrement. La collision semble si parfaite que les astronomes vont y croire pendant plus d’un siècle.

L’Hydre est la plus longue des constellations, glissant de la Vierge au Cancer. © Stelvision

Il faut dire que l’on ne cesse d’observer des rencontres cosmiques. Les grands télescopes construits au XXe siècle nous offrent d’étonnantes images de ces collisions. À l’image de  l’objet de Mayall dans la Grande Ourse. Pourtant, à partir des années 1960, le doute s’installe progressivement concernant NGC 3314.

Perspective trompeuse :

Lorsque des galaxies interagissent, les forces de marée gravitationnelles étirent les belligérants et leur donnent des formes torsadées. La collision déclenche également des flambées de naissances stellaires qui se traduisent par une profusion d’étoiles bleues brillantes et de nuages ​​de gaz. Rien de tout cela n’est visible quand on regarde NGC 3314 !

NGC 3314 est le résultat de l’alignement parfait de deux galaxies. © ESO/Iodice et al.

Dans les années 1980, les astronomes découvrent que les deux galaxies (A et B) qui composent NGC 3314 sont en réalité beaucoup trop éloignés pour interagir. La première est située à 110 millions d’années-lumière, la seconde à 140 millions. Par un incroyable concours de circonstance, elles sont parfaitement alignées quand on les observe depuis la Terre !

À savoir :
  • NGC 3314 n’est pas vraiment à la portée de tous les instruments d’astronomie. Sa magnitude de 12,5 la réserve aux télescopes de grand diamètre. Le portrait de cet objet cosmique est visible en détail sur la page du télescope spatial Hubble et sur celle du Very Large Telescope.
  • Le sigle NGC fait référence à l’imposant New General Catalogue of Nebulae and Clusters of Stars qui regroupe près de 8.000 objets du ciel profond. Initié par l’astronome irlando-danois John Dreyer, ce catalogue fut édité pour la première fois en 1888.

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Zoom sur la fascinante nébuleuse de la Tête de Cheval

La nébuleuse de la Tête de Cheval ne cesse de fasciner les générations successives d’astrophotographes depuis sa découverte en 1888.

Les trésors d’Orion :

La constellation d’Orion est sans conteste la plus belle du ciel hivernal. Chacun peut y trouver matière à rêver, quel que soit son niveau de pratique en astronomie. Sans instrument, on peut déjà admirer cet astérisme en forme de sablier, pour peu que l’on s’éloigne de la pollution lumineuse des villes. Avec une paire de jumelles, c’est la célèbre nébuleuse Messier 42 qui vous dévoilera ses charmes.

La Lune étincelle entre Vénus et la constellation d’Orion. © Jean-Baptiste Feldmann

Quant à l’astrophotographe averti, il n’aura qu’une envie, immortaliser la Tête de Cheval. Le premier à l’avoir fait est l’astronome américain Edward Charles Pickering au Harvard College Observatory en 1888. Mais c’est son assistante Williamina Fleming qui découvrit la nébuleuse. La plaque photographique lui avait été confiée pour des mesures astrométriques.

Quelques années plus tard, l’astronome Edward Emerson Barnard rangea la nébuleuse à la trente-troisième place d’un catalogue recensant les nuages de gaz sombres qui parsèment la Voie lactée. La Tête de cheval devint alors Barnard 33. Continuer la lecture

Vision inédite de l’étoile Polaire entourée de gaz et de poussières

La plus célèbre étoile de l’hémisphère Nord, l’étoile Polaire, révèle un tout autre visage sur des photographies à très longues poses.

Poussière polaire :

Jamais personne ne pourra voir l’étoile Polaire comme le révèle cet extraordinaire cliché de Jeff Hall. Et pour cause : l’étonnante image que nous propose cet astrophotographe a demandé près de 20 heures de poses cumulées ! Une vision inédite de la plus célèbre étoile de l’hémisphère Nord obtenue avec un simple téléobjectif de 135 millimètres de focale. Si une étoile était assez proche pour ioniser ces draperies de gaz et de poussières, elles se transformeraient en nébuleuses (comme celle d’Orion par exemple). Mais il n’en est rien, ce qui explique la difficulté que l’on rencontre pour les photographier. Impossible sans un objectif très lumineux (ici f/d=2) et de très longues poses !

La célèbre étoile Polaire se trouve enveloppée d’étranges draperies de gaz et de poussières quand on la photographie avec un objectif lumineux et de très longues poses. © Jeff Hall

Si Alpha Ursae Polaris est si connue, ce n’est pas vraiment pour son éclat. Avec une magnitude de 2, elle fait pâle figure à côté d’autres astres comme Antarès ou Sirius. Mais cette étoile de la Petite Ourse a la particularité d’être actuellement la plus proche du pôle Nord céleste, point par lequel passe l’axe imaginaire de rotation de la Terre. Continuer la lecture