Archives pour la catégorie Ciel étoilé

Cannibalisme galactique sous le regard du télescope Hubble

Parmi la riche moisson d’images prises par le télescope Hubble, voici une étonnante scène de cannibalisme entre deux lointaines galaxies.

Voyage aux confins du Lynx :

L’image, spectaculaire,  immortalise une scène de cannibalisme dans le cosmos. En cause, les galaxies NGC 2799 (à gauche) et NGC 2798. Elles sont localisées dans la petite constellation du Lynx, à l’ouest de la Grande Ourse. Si vous souhaitez vous y rendre, comptez un trajet de plus de 70 millions d’années à la vitesse de la lumière. Ces galaxies font partie de l’imposant New General Catalogue of Nebulae and Clusters of Stars qui regroupe près de 8.000 objets du ciel profond.

Scène de cannibalisme entre les galaxies NGC 2798 et 2799. © ESA/Hubble/NASA/SDSS

Légèrement plus brillante, NGC 2798 (à droite) a été découverte en 1788 par William Herschel. Il faudra attendre 1874 pour que l’astronome Ralph Copeland distingue NGC 2799 dans son télescope. Continuer la lecture

La métamorphose d’une nébuleuse n’a pris que 20 ans

Deux décennies seulement auront suffi pour révéler la spectaculaire transformation d’une nébuleuse planétaire, Hen 3-1357.

Linceul pour astre mourant :

Les nébuleuses planétaires n’ont rien à voir avec les planètes. Ces nuages cosmiques ont été appelés planétaires parce qu’ils paraissaient ronds à travers les premiers télescopes. Les observations récentes ont montré qu’en réalité cette coquille est circulaire dans moins de 20% des cas. Nous savons qu’il y a des étoiles mourantes au centre de ces nébuleuses. C’est l’astre moribond qui a créé cette coquille en soufflant ses couches externes.

La métamorphose rapide de la nébuleuse planétaire Hen 3-1357. © NASA/ESA

Les astronomes ont toujours su que ces nébuleuses étaient temporaires. Ils pensaient à juste titre qu’elles s’estomperaient au fil du temps. Ils étaient loin d’imaginer que deux décennies seulement suffiraient à montrer ces transformations. C’est ce que révèlent les images de Hen 3-1357 réalisées par le télescope Hubble en 1996 et 2016. Continuer la lecture

Portrait céleste : la comète C/2020 M3 (Atlas) du côté de Bellatrix

La comète C/2020 M3 (Atlas) a terminé sa traversée de la constellation d’Orion par un clin d’œil à l’une de ses plus belles étoiles, Bellatrix.

Faux rapprochement :

Elle n’est que de magnitude 7,5 mais les astronomes n’ont pas manqué de lui tirer le portrait. La comète C/2020 M3 (Atlas), beaucoup plus discrète que Neowise, passe en ce mois de novembre devant la belle constellation d’Orion. Samedi soir 14 novembre elle n’était pas très loin de l’étoile Bellatrix. Chris Schur a capturé la scène.

La comète C/2020 M3 (Atlas) du côté de Bellatrix le 14 novembre. © Chris Schur

Bien entendu le rapprochement n’est qu’apparent : la comète se trouvait à 54 millions de km de la Terre et Bellatrix à 245 années-lumière ! Le carbone diatomique et le cyanogène sont à l’origine de la couleur verte de l’astre chevelu. Continuer la lecture

Que cache Ou4, l’énigmatique nébuleuse du Calamar ?

Découverte en 2011 par un astronome amateur français, la nébuleuse planétaire du Calamar (Ou4) est un objet cosmique très original.

Objet céleste discret :

Pour découvrir la nébuleuse du Calamar (Ou4), l’astronome amateur français Nicolas Outters avait posé près de 40 heures en juin 2011 avec une lunette de 106 millimètres de diamètre. Cela représente une accumulation de poses réalisées sur plusieurs nuits avec différents filtres. Autant dire que l’observation de cette nébuleuse planétaire n’est pas à la portée de tous. Depuis une décennie, les astronomes amateurs disposent de caméras CCD qui leur permettent de traquer les astres particulièrement faibles. Les plus chevronnés de ces passionnés se consacrent à la recherche de nouvelles nébuleuses planétaires.

L’étonnante nébuleuse du Calamar (Ou4) dans la constellation de Céphée. © Yannick Akar

Ou4 est la nébuleuse planétaire la plus étendue à ce jour (à lire sur arXiv). Connue sous le nom de nébuleuse du Calamar géant (Giant Squid Nebula), c’est une nébuleuse bipolaire qui s’étire sur une longueur vertigineuse de 50 années-lumière. Cela représente  plus d’un degré apparent sur le ciel, soit deux fois le diamètre de la Pleine Lune. Continuer la lecture

La galaxie NGC 6946 nous offre un tourbillon stellaire

Rares sont les galaxies spirales que nous voyons exactement de face. Dans la constellation de Céphée NGC 6946 nous offre un spectacle d’une étonnante beauté.

Un joyau tourbillonnant :

On l’appelle la galaxie du feu d’artifice et ce n’est pas par hasard. NGC 6946 est une galaxie spirale découverte par l’astronome germano-britannique William Herschel en 1798. Elle est inscrite au New General Catalog Objects. Ce dernier répertorie plusieurs milliers d’objets célestes, beaucoup plus que le catalogue Messier.

La galaxie NGC 6946 nous offre un feu d’artifice stellaire. © Robert Gendler

Pour découvrir NGC 6946 il faut diriger son télescope vers la constellation de Céphée, non loin de l’étoile polaire. La galaxie (de magnitude 9,6) se trouve à 10 millions d’années-lumière. Continuer la lecture

La nébuleuse de l’Hélice, un œil dans le cosmos

Saisie en infrarouge par le télescope spatial Spitzer, la nébuleuse de l’Hélice (NGC 7293) nous fait de l’œil dans la constellation du Verseau.

Spectacle cosmique éphémère :

La nébuleuse planétaire de l’Hélice (NGC 7293) se situe à 650 années-lumière dans la constellation du Verseau. C’est Karl Ludwig Harding qui l’observe le premier en 1824. Cet astronome allemand était déjà célèbre pour avoir découvert la planète naine Junon vingt ans plus tôt. Qu’est-ce qu’une nébuleuse planétaire ? Lorsqu’une étoile pas trop grosse (moins de 8 masses solaires) arrive en fin de vie, elle projette dans l’espace ses couches externes qui forment une bulle gazeuse en expansion. Le  cœur de cet astre (qui va devenir une naine blanche) émet un puissant rayonnement ultraviolet qui ionise le gaz de la nébuleuse, lui donnant ses couleurs.

La nébuleuse de l’Hélice NGC 7293. © NASA/JPL-Caltech/K. Su (Univ. of Arizona)

C’est un spectacle éphémère à l’échelle de l’Univers, quelques dizaines de milliers d’années tout au plus avant que le gaz de la nébuleuse ne se dilue complètement dans l’espace. Continuer la lecture

Feu d’artifice dans la galaxie de la Roue de chariot

La constellation du Sculpteur héberge une étonnante galaxie, ESO 350-40. Une collision est à l’origine de son aspect qui évoque une roue de chariot.

Collisions en douceur :

Les rencontres entre galaxies sont des événements cosmiques dont les astronomes sont friands. Non pour leur violence : le mélange entre les astres se fait en douceur sur des milliards d’années et il y a assez de place pour se croiser. Mais c’est le résultat final de la collision qui intrigue les chercheurs (voir à ce sujet Arp 243). On sait que dans un peu plus de 4 milliards d’années nous serons directement concernés. Le télescopage entre notre Voie lactée et la galaxie d’Andromède donnera naissance à une galaxie géante.

Feu d’artifice dans la galaxie de la Roue de chariot ESO 350-40. © NASA/STScI

Dans le cas de la galaxie de la Roue de chariot, ESO 350-40, cette rencontre a eu lieu il y a bien longtemps et le résultat est assez spectaculaire. Continuer la lecture

Curieux mariage entre la nébuleuse Abell 70 et une galaxie

C’est une étrangeté cosmique. Un alignement fortuit nous montre la galaxie LEDA 187663 à cheval sur la nébuleuse planétaire Abell 70.

Une discrète nébuleuse planétaire :

La constellation de l’Aigle est bien connue des astronomes amateurs. Sa plus brillante étoile, Altaïr, forme le célèbre Triangle d’été avec Deneb et Véga. C’est là que se cache une minuscule nébuleuse. Son nom, Abell 70, lui a été attribué par l’astronome américain George Ogden Abell. Celui-ci publia un catalogue d’objets célestes en 1958. Il s’agit d’une nébuleuse planétaire au même titre que Dumbbell ou Messier 97. Ces astres excitent la curiosité des observateurs au point que les astronomes amateurs découvrent encore des nébuleuses.

La nébuleuse Abell 70 et la galaxie LEDA 187663. © Mount Lemmon Observatory

Mais Abell 70 a un attrait supplémentaire : la présence sur le bord de son enveloppe gazeuse d’une galaxie en forme de fuseau (forme qu’on retrouve par exemple dans Messier 82), LEDA 187663. Continuer la lecture

C’est le moment d’admirer la constellation de la Grande Ourse

La fin de l’été est la période idéale pour partir à la découverte de la célèbre constellation de la Grande Ourse une fois la nuit tombée.

Un célèbre chariot :

La Grande Ourse est une constellation circumpolaire comme celle de Cassiopée. Cela signifie qu’elle ne se couche jamais pour un observateur situé aux latitudes de la France. Pour la localiser, attendez que le ciel soit assez sombre. Aux alentours de 22 h temps local, portez votre regard en direction du nord-ouest. Vous pourrez la suivre toute la nuit. La rotation terrestre va l’entraîner au raz de l’horizon nord, passant de l’ouest à l’est.

La constellation de la Grande Ourse en début d’une nuit d’été. © Jean-Baptiste Feldmann

L’image ci-dessus a été réalisée devant l’entrée du château de Maillezais (voir également Jupiter étincelle au-dessus de l’abbaye de Maillezais) dans le Marais Poitevin. Une seule pose de 5 minutes à 200 iso avec un boîtier Nikon D7100. Objectif de 12 mm de focale. Continuer la lecture

NGC 2899, un papillon de gaz dans un champ d’étoiles

Située dans la constellation australe des Voiles, la nébuleuse planétaire NGC 2899 ressemble à un merveilleux papillon cosmique. 

C’est dans la constellation australe des Voiles, à une distance comprise entre 3.000 et 6.500 années-lumière, que se niche NGC 2899. Il s’agit d’une nébuleuse planétaire de magnitude 12. Elle a été découverte par l’astronome britannique John Herschel (le fils de William Herschel) en 1835. Elle a ensuite été intégrée au New General Catalog Objects, l’un des catalogues d’objets célestes les plus connus dans le domaine de l’astronomie amateur, avec le catalogue Messier.

La nébuleuse planétaire NGC 2899 dans la constellation des Voiles. © ESO

Contrairement à ce que leur nom pourrait nous laisser croire, les nébuleuses planétaires n’ont rien en commun avec les planètes. Comment se forment-elles ? Continuer la lecture

En vidéo : partez à la découverte du Triangle d’été

L’été est l’occasion de découvrir la Voie lactée, jalonnée par trois brillantes étoiles qui marquent le Triangle d’été : Deneb, Véga et Altaïr.

C’est l’été et vous avez envie de veiller sous les étoiles. Choisissez une nuit sans Lune et rendez-vous dans un endroit préservé des effets néfastes de la pollution lumineuse. Puis levez les yeux : vous remarquerez sans peine au-dessus de votre tête la Voie lactée. Cette bande laiteuse qui traverse le ciel du nord au sud représente notre Galaxie vue par la tranche. Le Système solaire se situe à la périphérie de ce disque d’étoiles.

Parmi la multitude d’astres observables, les trois plus brillants visibles au zénith en début de nuit forment le Triangle d’été. François Aru vous présente cet astérisme dans un nouvel épisode de ses Visions nocturnes. Continuer la lecture

En vidéo : Rosetta, 900 jours sur une comète

Le survol de la comète 67P par la sonde Rosetta en 2014 est l’une des plus belles aventures scientifiques de ce début de XXIe siècle. 

Les 12 et 13 novembre 2014 resteront célèbres dans l’histoire de la conquête du Système solaire. C’est à cette date que la sonde européenne Rosetta a largué le module Philae sur la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko (du nom des deux astronomes soviétiques qui ont découvert cet astre chevelu en 1969 et qui étaient présents au siège de l’ESA pour suivre l’événement). La zone d’atterrissage prévue a été surnommée Agilkia (Agilkia est le nom d’une île sur le Nil, en Egypte, où les ruines antiques de l’île de Philae ont été déplacées suite à la construction du barrage d’Assouan dans les années 1970).

Cette incroyable aventure (qui a débuté en 1993) et la décennie de voyage de la sonde européenne nous sont contées dans cette vidéo. Nous partageons les joies et les doutes des scientifiques qui vont diriger cette mission jusqu’à son terme, le crash de la sonde sur la comète le 30 septembre 2016. Aux côtés d’Andrea Accomazzo, l’ingénieur italien qui a été nommé chef de la mission, et de l’astrophysicien français Jean-Pierre Bibring, nous revivons ce qui est aujourd’hui considéré comme l’une des plus grandes réussites de l’exploration spatiale depuis les premiers pas de Neil Armstrong sur la Lune.

NGC 3718, la galaxie torsadée la plus photogénique

Dans la grande famille des galaxies, certaines sont particulièrement belles à photographier. C’est le cas de NGC 3718 dans la Grande Ourse.

Beauté discrète :

Au cours du printemps, par une nuit sans Lune, je vous invite à pointer un puissant télescope du côté de Phecda (Gamma Ursae Majoris). Cette étoile marque le coin en bas à gauche de la Grande Casserole. L’astérisme en question est en réalité la partie la plus célèbre de la Grande Ourse.

C’est dans cette zone que se cache NGC 3718, une magnifique galaxie tordue. Située à environ 45 millions d’années-lumière, elle est très discrète visuellement avec une magnitude de 10,6.  Au point qu’elle est souvent négligée au profit de la nébuleuse planétaire du Hibou (Messier 97) juste à côté. Continuer la lecture

En vidéo : les monuments de la Vendée sous les étoiles

Chaque région française possède de superbes monuments et la Vendée n’échappe pas à la règle. Les voici présentés sous le ciel étoilé.

Stéphane Gonzalez est enseignant et vit en Vendée. Ce passionné de photographie et d’astronomie possède un télescope dobson de 400mm. Il est également vice-président du CAV (Centre Astronomique Vendéen). Il s’est lancé depuis 3 ans environ dans la réalisation d’un time-lapse dans lequel il met en valeur les monuments de sa région.

Les prises de vues sont réalisées avec un boitier photo Sony A7rIII et des objectifs de différentes focales. En général il reste 1 heure sur chaque site : il lui faut environ 200 photos de 15s chacune pour faire 8s de vidéo à raison de 25i/s. Il utilise les logiciels Lightroom, LR Timelpase et Sequator. Continuer la lecture

Ciel étoilé sur les vignes de Corton éclairées par la Lune

Plantée au milieu des vignes de Corton, une étrange construction a retenu mon attention. Un paysage saisi sous la lumière de la Lune.

On apprend dans Wikipédia que le Corton est un vin d’appellation d’origine contrôlée produit sur une partie des communes d’Aloxe-Corton, de Ladoix-Serrigny et de Pernand-Vergelesses, en Côte-d’Or. Il est classé parmi les grands crus bourguignons de la côte de Beaune. À cette époque de l’année les ceps commencent à se couvrir de bourgeons. Les viticulteurs craignent les gelées nocturnes. Les chaufferettes sont en place, en espérant ne pas connaître la même situation qu’au printemps 2017.

Rotation d’étoiles au-dessus des vignes éclairées par la Lune. © Jean-Baptiste Feldmann

On trouve au milieu des vignes différentes petites constructions, mais aucune n’est aussi curieuse que celle sur les hauteurs de Ladoix-Serrigny. L’occasion de s’y rendre la nuit. Continuer la lecture

En vidéo : l’incroyable beauté du ciel dans le désert d’Atacama

À l’heure où la lumière artificielle et les activités humaines nous privent de la beauté du ciel, le désert d’Atacama reste un refuge pour les photographes.

Un site exceptionnel :

Situé dans les Andes chiliennes, le désert d’Atacama est une zone particulièrement aride (à certains endroits il tombe moins d’un millimètre de pluie par an !). C’est ce site qu’a retenu l’ESO pour y implanter depuis quelques décennies ses télescopes parmi les plus performants au monde. Sous un ciel exempt de toute pollution lumineuse où seul l’airglow peut atténuer l’éclat des étoiles, les astronomes sondent l’Univers dans toutes les longueurs d’ondes. L’un des observatoires astronomiques les plus emblématiques est celui qui abrite le Very Large Telescope.

C’est aussi un endroit très prisé des photographes, en particulier ceux qui aiment marier les images prises entre terre et ciel. Ceux qui maîtrisent la technique du time-lapse réalisent ainsi de très belles vidéos. Continuer la lecture

En vidéo : dans le Briançonnais, le lac Laramon sous les étoiles

Deux astrophotographes ont uni leurs images dans un très beau time-lapse qui dévoile le ciel étoilé en été depuis le lac Laramon dans le Briançonnais. 

Randonnée dans les Hautes-Alpes :

Le lac Laramon (2.359 m) se situe dans la vallée de la Clarée au-dessus de Fontcouverte (Briançonnais, Hautes-Alpes). Il est le but d’une jolie randonnée d’un peu moins de 4 heures en partant de Névache. C’est là que les photographes Dominique Joubert et Jean-Philippe Kornmann (membres du GAD, le Groupe d’Astronomie du Dauphiné) se sont installés pendant une nuit de l’été 2019.

Profitant du beau temps et de l’absence de pollution lumineuse, ils ont réalisé cette vidéo. Concrètement ils ont utilisé 4 boîtiers dont 3 défiltrés (2 Canon 6D / 2 Nikon D610), 3 focales différentes (24mm, 50mm, 85mm), 2 montures équatoriales (Star Adventurer Mini) ainsi que 2 équipements pour assurer les mouvements (Rail Syrp Genie II, et 2 Platines Genie Mini). 10 séquences ont été tournées pour un total de 4.700 photos. Au final ce sont 8 séquences et 2.250 images qui ont été retenues pour le montage final. Continuer la lecture

Pour mesurer la qualité du ciel, comptez les étoiles dans Pégase

Le Carré de Pégase est un astérisme facilement reconnaissable en début de nuit hivernale. Utilisez-le pour mesurer la qualité de votre ciel.

Un grand Carré dans le ciel hivernal :

Pégase est la septième constellation du ciel par la taille. Elle est assez facile à identifier grâce à la forme caractéristique du grand Carré. Les étoiles qui délimitent ce quadrilatère sont Markab (α Pegasi), Schéat (β Pegasi) et Algénib (γ Pegasi). Le quatrième jalon appartient à la constellation voisine d’Andromède. Il s’agit de Alpheratz ou Sirrah (α Andromedae).  Le reste de la constellation s’étend un peu au-delà d’Enif.

Comment retrouver le grand Carré de Pégase dans le ciel d’hiver. © Stelvision

En ce mois de janvier Pégase est une constellation haut placée en début de nuit qui bascule vers l’ouest. Vous le constaterez en consultant la carte du ciel de Stelvision. S’il n’y a pas d’objet céleste spectaculaire à y observer (à part la galaxie d’Andromède voisine), le Carré vous offre l’opportunité de mesurer la qualité de votre ciel. Continuer la lecture

Trois heures de poses pour voir tourner le ciel nocturne

Le ciel nocturne est en mouvement si on le photographie longuement. Apparence que tout cela puisque c’est la Terre qui tourne.

Et pourtant elle tourne :

Si vous observez les constellations qui jalonnent le ciel nocturne, vous constaterez sans difficulté qu’elles effectuent un mouvement apparent d’EST en OUEST durant la nuit. Le phénomène concerne également le Soleil, la Lune et les planètes. C’est bien entendu le mouvement de rotation de la Terre sur elle-même qui est responsable de ce déplacement apparent. En se tournant vers le pôle nord céleste (matérialisé par l’étoile polaire) on constate que l’ensemble des étoiles semble pivoter autour de ce repère durant la nuit. Les constellations les plus proches de ce point sont visibles toute l’année à toute heure de la nuit. Elles sont dites circumpolaires.

Traces laissées par les étoiles au cours de 3 heures de poses photographiques en pointant l’appareil en direction du pôle nord céleste (en bas au centre). © Jean-Baptiste Feldmann

La photographie permet d’immortaliser ce mouvement apparent à condition d’accumuler un nombre conséquent de poses. Continuer la lecture

Une tache d’encre au milieu de l’amas d’étoiles Trumpler 14

En admirant les images de l’amas Trumpler 14, on remarque immédiatement la présence d’une zone noire. Il s’agit d’un nuage opaque appelé globule de Bok.

Un très jeune amas d’étoiles :

S’il n’était pas si éloigné, l’amas d’étoiles Trumpler 14 pourrait nous offrir un spectacle aussi beau que celui des Pléiades dans une paire de jumelles. Mais à 8.000 années-lumière il n’y a que le télescope spatial Hubble qui soit capable d’en réaliser une image détaillée. Comme cet amas est très jeune (500.000 ans), il possède l’une des plus fortes concentrations d’étoiles massives et lumineuses de toute la Voie lactée.

Au milieu de cette multitude d’étoiles bleues et blanches, l’œil est attiré par une curieuse marque sombre. Aurait-on renversé par mégarde une goutte d’encre sur cette belle photographie ? Continuer la lecture