Archives pour la catégorie Ciel étoilé

NGC 1365, portrait d’une élégante galaxie spirale barrée

C’est la plus emblématique galaxie spirale barrée. Voici NGC 1365, un univers-île caché dans la constellation australe du Fourneau. 

Ciel austral :

La galaxie spirale barrée (lire la définition) NGC 1365 a été découverte en 1826 par James Dunlop. Cet astronome écossais était alors en Australie où il assistait le gouverneur Thomas Brisbane dans son observatoire privé. Cette année-là, Dunlop découvrit également l’amas d’étoiles NGC 602. La magnitude de 9,6 que l’on attribue à ce bel « univers-île » (nom que le philosophe Emmanuel Kant donnait aux galaxies), réserve NGC 1365 aux puissants télescopes. Rappelons que le sigle NGC fait référence à l’imposant New General Catalogue of Nebulae and Clusters of Stars qui regroupe près de 8.000 objets du ciel profond. Initié par l’astronome irlando-danois John Dreyer, ce catalogue fit l’objet d’une première édition en 1888.

NGC 1365 est une élégante galaxie spirale barrée. © Mike Selby, Leonardo Orazi

NGC 1365 se situe à plus de 60 millions d’années-lumière dans la constellation australe du Fourneau. Il s’agit de l’une des 14 nouvelles constellations créées par Nicolas-Louis de Lacaille en 1752. Continuer la lecture

La chapelle de Saint-Bonnet en Beaujolais sous la Grande Ourse

La célèbre constellation de la Grande Ourse se repère facilement en début de nuit, comme ici à la chapelle de Saint-Bonnet en Beaujolais.

Une chapelle dans les bois :

La chapelle de Saint-Bonnet se situe au col du même nom, au-dessus du village de Montmelas-Saint-Sorlin dans le Beaujolais. On s’y rend depuis Villefranche sur Saône en empruntant la D44. C’est depuis cette route que vous pourrez repérer deux autres sites que j’ai déjà photographiés. Il s’agit de la chapelle de Chevennes et du château de Montmelas. Une fois au col de Saint-Bonnet, laissez votre voiture sur le parking. Un chemin balisé vous conduit à travers bois jusqu’à la chapelle, un édifice roman datant du XIIe siècle.

Soirée photo à la chapelle de Saint-Bonnet. © Christine Sasiad

Hier soir, au terme d’une jolie marche nocturne dans les bois, je m’y suis rendu avec ma compagne Christine. 5 minutes de poses à 1600 iso avec un objectif de 12 mm de focale (ouvert à 4) monté sur un boîtier Nikon D7100 ont permis d’immortaliser la scène, avant que l’éclat de la Lune ne soit trop gênant.

La chapelle de Saint-Bonnet (Beaujolais) sous la Grande Ourse. © Jean-Baptiste Feldmann

Merci à Jean-François qui s’est chargé d’annoter cette image en y plaçant les constellations et quelques étoiles remarquables. La Grande Ourse surplombe la chapelle alors que la brillante Arcturus du Bouvier joue à cache-cache derrière un arbre.

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Insolite : deux noyaux lumineux brillent dans la galaxie Mrk 739

Le bestiaire cosmique ne cesse de nous étonner par sa diversité. Avec Mrk 739, nous avons l’impression que deux yeux lumineux nous observent.

Une galaxie très active :

Mrk 739 se trouve dans la constellation du Lion, à plus de 400 millions d’années-lumière. Cette galaxie (de magnitude 10) fait partie du catalogue de Benjamin Markarian (1913-1985). L’astronome arménien s’est beaucoup intéressé aux galaxies actives au début des années 1960. Mais il est surtout connu pour avoir donné son nom à un groupe de 8 galaxies. La Chaîne de Markarian est observable entre les constellations de la Vierge et de la Chevelure de Bérénice. C’est en 1961 que Benjamin Markarian découvrit qu’elles étaient liées physiquement (l’étude de leur spectre trahit un mouvement identique dans l’espace).

Une image de Centaurus A, révélant les jets émis par le très actif trou noir central de la galaxie. Image composite obtenue avec différents instruments. © ESO / NASA

Le catalogue Mrk recense des galaxies actives. Ces dernières présentent un noyau très lumineux en raison de l’activité d’un trou noir supermassif. Beaucoup plus proche de nous, la galaxie lenticulaire Centaurus A en est un parfait exemple. Et c’est également le cas de Messier 87, la galaxie qui nous a offert la première image d’un trou noir supermassif.    Continuer la lecture

L’étoile Mira de la Baleine est au maximum de sa luminosité

Sa variabilité est connue depuis l’Antiquité. Ce mois d’août 2021, l’étoile Mira atteint son éclat le plus élevé, l’occasion de l’observer. 

La Merveilleuse de la Baleine :

C’est une étoile extraordinaire que les Hommes observent dans la constellation de la Baleine par intermittence depuis l’Antiquité. Et pour cause : Mira Ceti (qui signifie la Merveilleuse de la Baleine) est une étoile qui devient invisible pendant des mois. Sa magnitude varie de 2 (équivalent de l’étoile polaire) à 10 (largement invisible à l’œil nu). Située à moins de 300 années-lumière, Mira Ceti est une étoile géante rouge. Elle met 332 jours à effectuer son cycle complet de variabilité : 211 jours pour perdre sa luminosité, puis 121 jours pour retrouver son maximum d’éclat.

L’étoile Mira dans la Baleine a une magnitude qui varie de 2 à 10. © DSS / Mikulski

L’astronome amateur hollandais Fabricius fut le premier à noter ces variations. C’était au début du XVIIe siècle, un peu avant l’invention de la lunette astronomique par Galilée. Continuer la lecture

Sh2-106, la nébuleuse qui déploie ses ailes dans le Cygne

La constellation du Cygne héberge Sh2-106, une nébuleuse dont l’aspect évoque un ange céleste aux délicates ailes gazeuses.

Stewart Sharpless, l’astronome qui aimait la Voie lactée :

Sh2-106 est un objet céleste du catalogue Sharpless. Il s’agit d’une liste de nébuleuses en émission établie par Stewart Sharpless dans les années 1950. Cet astronome américain (1926-2013) consacra la plus grande partie de sa carrière à répertorier les vastes régions d’hydrogène ionisé (H II) qui parsèment la Voie lactée. Actuellement, le catalogue Sharpless compte 313 régions H II situées dans le ciel boréal. La liste australe (catalogue Gum, 85 entrées) fut établie par l’astronome australien Colin Stanley Gum (1924-1960) à la même époque.

La nébuleuse de la Lagune, célèbre membre du catalogue Sharpless. © A. Block/MLSC/UA

Le catalogue Sharpless compte quelques objets célestes très célèbres, comme Sh2-25 (la nébuleuse de la Lagune) ou encore Sh2-45 (la nébuleuse Oméga). Continuer la lecture

L’objet de Mayall, un combat de Titans dans la Grande Ourse

La constellation de la Grande Ourse abrite un spectaculaire choc de galaxies connu sous le nom de Arp 148, l’objet de Mayall.

Carte d’identité :

N’espérez pas observer Arp 148 avec votre télescope. Cette collision de galaxies de magnitude 15 ne révèle sa beauté qu’à travers un cliché pris par le télescope spatial Hubble. Mais pourquoi Arp ? Parce que l’objet est référencé dans l’Atlas of Peculiar Galaxies, un catalogue de 338 galaxies particulières publié en 1966 par Halton Arp. Cette collision titanesque a été découverte en 1940 par l’astronome américain Nicholas Mayall (1906-1993). Ce qui vaut à Arp 148 de s’appeler également l’objet de Mayall. La collision s’est produite à 500 millions d’années-lumière de notre Soleil.

L’objet de Mayall est une collision de galaxies dans la Grande Ourse. © ESA/NASA/HHT

Que sont devenues les deux galaxies initiales ? On observe actuellement une galaxie à anneau constituée de jeunes étoiles bleues très brillantes et une galaxie irrégulière allongée. De la poussière sombre et des étoiles plus âgées composent la seconde. Continuer la lecture

NGC 2626, une nébuleuse bleue dans la constellation des Voiles

Bien que le rouge semble dominer dans les nuages cosmiques, on trouve parfois une touche de bleu. Exemple avec la nébuleuse NGC 2626.

Cap au sud :

Si vous souhaitez un jour admirer NGC 2626, il faudra vous rendre dans l’hémisphère sud. Cette nébuleuse se situe en effet dans la constellation australe des Voiles, non loin de la Carène. Vous profiterez sans aucun doute de ce voyage pour découvrir d’autres merveilles célestes australes, comme les Nuages de Magellan.

Les Nuages de Magellan sont visibles depuis l’hémisphère sud. © ESO/J. Colosimo

Située à plus de 3.000 années-lumière, NGC 2626 a été découverte en 1835 par John Herschel, fils de William Herschel et neveu de Caroline Herschel. La nébuleuse a ensuite été enregistrée dans l’imposant New General Catalogue of Nebulae and Clusters of Stars (NGC) qui regroupe près de 8.000 objets du ciel profond. Continuer la lecture

Les diamants de la nébuleuse du Collier ne sont pas éternels

Les nuages de gaz qui brillent comme des diamants dans la nébuleuse du Collier sont éphémères. Ils finiront par disparaître.

Suivez la Flèche dans le Triangle :

Elle s’appelle PN G054.2-03.4, PN pour Planetary Nebulae. Cette nébuleuse planétaire, la nébuleuse du Collier, se situe dans la Flèche. La petite constellation en question est à rechercher dans le Triangle d’été. La nébuleuse doit son nom à un anneau d’environ 1/2 année-lumière de diamètre parsemé de « perles » de gaz lumineuses. Nous en découvrons la beauté grâce à cette superbe image réalisée à l’aide de la caméra grand champ du télescope spatial Hubble. L’instrument vient d’ailleurs de fêter ses 31 ans (il a été mis en orbite le 24 avril 1990).

La nébuleuse du Collier dans la constellation de la Flèche. © ESA/Hubble & NASA, K. Noll

Comment s’est formé ce collier de diamants aux proportions cosmiques ? Là où vous ne voyez qu’un point lumineux au centre de la nébuleuse, deux astres se livrent à une danse endiablée.

Scène de cannibalisme stellaire :

Imaginez deux étoiles identiques au Soleil qui tournent l’une autour de l’autre. Il y a 10.000 ans, la plus vieille des deux a enflé jusqu’à engloutir son infortuné compagnon. Mais ce dernier ne s’en est pas laissé compter. Il a continué à orbiter à l’intérieur de sa voisine en accélérant jusqu’à effectuer un tour en un peu plus d’une journée seulement ! À une telle vitesse, la petite étoile a progressivement arraché des morceaux de l’enveloppe de sa gourmande compagne. Ces lambeaux ont fini par former un anneau de débris (la nébuleuse) contenant des poches de gaz chaud et brillant (les diamants).

La nébuleuse du Collier se trouve dans la Flèche, une constellation située dans un coin du Triangle d’été. © Stelvision

Les nébuleuses planétaires sont condamnées à disparaître, leur gaz se diluant dans l’espace en quelques dizaines de milliers d’années. La nébuleuse du Collier ne fera pas exception à la règle et perdra un jour ses diamants.

En savoir plus :

Les nébuleuses planétaires (NP) portent un nom qui peut prêter à confusion. On le doit uniquement à leur aspect circulaire qui les faisait passer pour des planètes dans les télescopes imparfaits de nos aïeux. Il s’agit en réalité d’une enveloppe gazeuse éjectée par des étoiles très chaudes. Elles deviennent instables en fin de vie, lorsqu’elles ont atteint le stade de naine blanche.

Certaines nébuleuses planétaires sont particulièrement photogéniques. La nébuleuse de l’Hélice ressemble à un œil dans le cosmos. © NASA/JPL-Caltech/K. Su (Univ. of Arizona)

Les astronomes estiment que notre Galaxie pourrait compter 30.000 NP dont seulement 10% ont été découvertes à ce jour. Depuis une dizaine d’années, des astronomes amateurs confirmés ont décidé de traquer de nouvelles nébuleuses planétaires qui auraient échappé aux grands télescopes. Ils ont mis au point des protocoles de prises de vues très élaborés et ont réalisé ainsi plusieurs centaines de découvertes. On peut retrouver leur travail sur le site PlanetaryNebulae.net.

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NGC 4565, la belle galaxie spirale oubliée par Charles Messier

Comment une superbe galaxie spirale vue par la tranche a-t-elle pu échapper à Charles Messier ? La question se pose toujours pour NGC 4565. 

Galaxies dans une Chevelure :

La Chevelure de Bérénice est un ancien astérisme (une figure remarquable dessinée par des étoiles particulièrement brillantes) situé entre les constellations du Bouvier et du Lion. Le nom de ce groupe d’étoiles fait référence à la reine Bérénice II d’Égypte, qui sacrifia sa longue chevelure comme offrande à Aphrodite. C’est là que vous pourrez dénicher NGC 4565, une galaxie spirale de magnitude 9,6. Située à environ 50 millions d’années-lumière de nous, elle a été découverte par William Herschel en 1785. Elle a ensuite été intégrée au New General Catalog Objects avec le numéro 4565.

La belle galaxie spirale NGC 4565 a été oubliée par Charles Messier. © Christoph Kaltseis

La Chevelure de Bérénice cache une autre curiosité, NGC 4651, la curieuse galaxie du Parapluie. Mais revenons à NGC 4565, qu’on surnomme la galaxie de l’Aiguille en raison de la finesse de son disque vu par la tranche. Continuer la lecture

La constellation d’Orion se couche depuis les îles Andaman

La constellation d’Orion abandonne lentement le ciel nocturne. Dernier regard depuis les îles Andaman où les étoiles plongent dans l’océan.

Îles indiennes :

Les îles Andaman se situent dans le nord-est de l’océan Indien, entre le golfe du Bengale et la mer d’Andaman. L’archipel, rattaché à l’Inde, compte 300.000 habitants. Sur les 204 îles qui constituent l’ensemble, seules 38 sont habitées. On peut y trouver des plages paradisiaques et des spots de plongée sous-marine renommés. L’une de ces îles abrite la tribu des Sentinelles, qu’il est interdit d’approcher à moins de cinq kilomètres. En 2018, un touriste américain qui avait tenté d’entrer en contact avec eux, était mort criblé de flèches empoisonnées.

La constellation d’Orion depuis les îles Andaman. © Vikas Chander, annotations J. François

L’astrophotographe indien Vikas Chander a choisi une de ces îles pour immortaliser le coucher de la belle constellation d’Orion. L’image ci-dessus, réalisée depuis la mangrove, est annotée par Jean François.      Continuer la lecture

Deux têtards cosmiques nagent dans la nébuleuse IC 410

Nichée dans la constellation du Cocher, la nébuleuse IC 410 abrite deux nuages de gaz et de poussière dont la forme évoque celle des têtards.  

Une vision enrichie :

L’évolution de la puissance des télescopes a permis de multiplier la découverte d’objets célestes singuliers. Prenez la nébuleuse en émission IC 410, située à 12.000 années-lumière. Elle était beaucoup trop faible pour être perçue dans l’instrument de John Herschel (le neveu de Caroline Herschel). En observant la constellation du Cocher en 1827, cet astronome britannique n’a découvert qu’un amas d’étoiles, NGC 1893, de magnitude 7. Ce n’est que bien plus tard qu’on a pu détecter tout autour les faibles volutes de la nébuleuse IC 410 (magnitude 10).

La nébuleuse IC 410, l’amas d’étoiles NGC 1893 et les deux têtards. © Dieter Berger

Puis l’astrophotographie a fait son apparition. Les longues poses photographiques et l’évolution des capteurs ont révélé des détails insoupçonnés, comme deux têtards cosmiques (ou des spermatozoïdes…). Continuer la lecture

Le Grand Télescope des Canaries immortalise Messier 11

Le Grand Télescope des Canaries, le plus grand de l’hémisphère nord, a été utilisé pour réaliser une image saisissante de l’amas Messier 11. 

Un géant espagnol :

Le GTC, Gran Telescopio Canarias (le Grand télescope des îles Canaries) est le plus grand télescope de l’hémisphère nord. Financé à 90 % par l’Espagne, il est installé sur l’île de La Palma, à 2.396 mètres d’altitude. Son miroir primaire est constitué d’un assemblage de 36 miroirs hexagonaux. C’est l’équivalent d’un miroir sphérique de 10,4 mètres de diamètre. Le GTC est actuellement le second plus grand télescope du monde. Il est devancé dans l’hémisphère sud par le SALT (Southern African Large Telescope), un instrument de 11 mètres de diamètre.

Le Grand Télescope des Canaries et son miroir de 10,40 mètres. © Jean-Baptiste Feldmann

Dans quelques années, nous assisterons à la mise en service de télescopes géants comme l’E-ELT (European Extremely Large Telescope). En attendant, le GTC fournit des images exceptionnelles comme celle de Messier 11. Continuer la lecture

Comment réaliser votre première photo de la nébuleuse d’Orion

La nébuleuse d’Orion est actuellement bien visible en soirée. Voici comment l’immortaliser avec une lunette astronomique et un boîtier photo.

La plus belle des nébuleuses :

La plus belle nébuleuse du ciel est la nébuleuse d’Orion qui se situe dans la constellation du même nom. Cette nébuleuse ressemble à une aile de papillon quand on l’observe dans une paire de jumelles ou une petite lunette astronomique. Elle porte le numéro 42 dans le catalogue de l’astronome français Charles Messier. Son observation est à l’origine de nombreuses vocations dans le petit monde de l’astronomie.

La célèbre constellation d’Orion et la nébuleuse Messier 42 sont bien visibles en début de soirée à la fin de l’hiver. © Jean-Baptiste Feldmann

La nébuleuse est facilement observable à la fin de l’hiver en direction du SUD-OUEST, après la tombée de la nuit. Si vous vous éloignez des lumières parasites, vous la découvrirez sans peine.

Détails techniques :

L’image de la nébuleuse a été obtenue le 6 mars par Alain Brodin qui nous livre maintenant sa recette. Il a utilisé un boîtier Canon 600D installé au foyer d’une lunette 80ED. L’ensemble était fixé sur une monture HEQ 5 GOTO préalablement mise en station.

Voici le matériel utilisé pour photographier la nébuleuse d’Orion. © Alain Brodin

Le cliché qu’il nous propose représente l’addition (avec le logiciel Siril) de 50 poses de 30 secondes à 800 iso, de 9 dark et de 11 offset. Les retouches sur l’image finale ont été réalisées en utilisant le logiciel Photoshop. Dark et offset sont deux types d’images qu’on réalise pour augmenter le rapport entre le signal (la lumière de la nébuleuse) et le bruit (d’origine électronique et thermique) généré par le capteur de l’appareil photo.

La belle nébuleuse d’Orion photographiée le 06 mars 2021. © Alain Brodin

Un dark consiste à acquérir une image du signal thermique. Pour cela, on prend des photos avec la même sensibilité (800 iso) et le même temps de pose (30 sec), mais en laissant le bouchon sur l’objectif de la lunette. L’offset permet de visualiser le bruit du capteur. On garde la même sensibilité (800 iso) mais avec des temps de poses très courts (entre 1/4000e et 1/8000e de sec).

À savoir :

Messier 42 est un vaste complexe nébuleux diffus observable à proximité de la Voie lactée. Elle se situe à une distance d’environ 1.350 années-lumière. C’est la pouponnière stellaire la plus proche de la Terre. Plusieurs centaines d’étoiles naissantes ont été découvertes en sondant la nébuleuse en infrarouge. Seul ce rayonnement traverse la poussière et nous révèle les astres qui s’y cachent. Certains instruments, comme le télescope Vista ou l’observatoire volant SOFIA, sont dédiés à l’étude de l’Univers en infrarouge. Le diamètre de Messier 42 est estimé à 24 années-lumière. Sa masse est environ 2.000 fois plus importante que celle du Soleil.

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Pourquoi le cœur de la galaxie Messier 94 est-il si brillant ?

Observée depuis sa découverte en 1781, la galaxie spirale Messier 94 offre un tout autre aspect quand on la photographie en très longue pose.

Quatre nuits pour un portrait cosmique :

L’image réalisée par l’astrophotographe italien Leonardo Orazi aurait de quoi faire rêver Pierre Méchain ! Lorsque cet astronome français découvre la galaxie spirale Messier 94 au mois de mars 1781, il ne voit qu’une nébulosité diffuse avec un centre brillant. Près de 240 ans plus tard, l’astrophotographe italien nous en offre un saisissant portrait. Armé d’un télescope de 25 centimètres de diamètre et d’une caméra refroidie, il a cumulé plus de 12 heures de poses réparties sur 4 nuits pour arriver à ses fins.

En longue pose, la galaxie Messier 94 révèle un centre très brillant. © Leonardo Orazi

Messier 94 se situe à 15 millions d’années-lumière dans les Chiens de Chasse. Cette modeste constellation est située juste à côté de la Grande Ourse. Dans une puissante paire de jumelles, Messier 94 ressemble à une petite tâche lumineuse de magnitude 8. Continuer la lecture

Un système stellaire triple se cache dans la nébuleuse du Crâne

Nichée dans la constellation de la Baleine, la mystérieuse nébuleuse du Crâne a la particularité d’héberger un système stellaire triple.

Carte d’identité :

C’est à l’infatigable William Herschell que l’on doit la découverte le 27 novembre 1785 de la nébuleuse du Crâne. Cette nébuleuse planétaire est enregistrée en 246e position dans l’imposant New General Catalogue of Nebulae and Clusters of Stars qui regroupe près de 8.000 objets du ciel profond. Patrick Moore, le gentleman de l’astronomie britannique, lui a également fait une place dans son catalogue sous l’appellation Caldwell 56.

La constellation de la Baleine héberge notamment la célèbre étoile variable Mira Ceti.

NGC 246 est à rechercher dans la Baleine (Cetus), une discrète constellation rendue célèbre par la présence d’une étoile variable étonnante, Mira Ceti. La nébuleuse, de magnitude 10, se situe à 1.600 années-lumière de la Terre.

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En février, partez à la découverte de l’Hexagone d’hiver

Ses sept étoiles sont visibles si l’on s’éloigne un peu des lumières parasites. Découvrez les astres qui jalonnent l’Hexagone d’hiver.

Ciel d’hiver :

Pour la première fois cette année, l’AFA (Association Française d’Astronomie) propose des Nuits des étoiles d’hiver. Elles font écho aux traditionnelles Nuits des étoiles du mois d’août (par exemple à Dijon). Pour l’occasion, je vous propose de découvrir l’Hexagone d’hiver en début de nuit. Nul besoin d’instrument, vos deux yeux suffisent pour ce voyage cosmique, si possible sans trop de pollution lumineuse. Vous avez plusieurs soirées pour en profiter avant que la Lune ne devienne gênante. Le 21 février, deux jours après le Premier Quartier, notre satellite naturel sera au beau milieu de cet Hexagone.

Dans la soirée du 21 février, la Lune brillera au milieu de l’Hexagone d’hiver. © Stelvision

Pour profiter de cet astérisme (c’est ainsi que l’on nomme une figure remarquable dessinée par des étoiles particulièrement brillantes), vous aurez besoin de pouvoir observer en direction du SUD. Derrière une fenêtre, sur un balcon ou dans votre jardin, prenez le temps d’identifier les sept astres que je vais vous présenter.  Continuer la lecture

La belle histoire de EGB 9, la nébuleuse retrouvée par des amateurs

Découverte il y a 36 ans, EGB 9 devrait être reclassée comme nébuleuse planétaire grâce à la persévérance d’un groupe d’astronomes amateurs.

Une beauté oubliée :

EGB 9 : voilà un nom bien ingrat pour une aussi jolie nébuleuse ! Cet objet céleste situé dans la constellation du Petit Chien a été déniché en 1984. Il a fait son entrée à la neuvième place dans le catalogue de ses découvreurs : Glen L. Ellis, Earl T. Grayson et Howard E. Bond. À l’époque de sa découverte, EGB 9 semblait un bon candidat au statut de nébuleuse planétaire (NP). Rappelons au passage que ces nébuleuses doivent leur nom uniquement à leur aspect circulaire. Dans leurs télescopes imparfaits, nos aïeux les prenaient pour des planètes. Il s’agit en réalité d’enveloppes gazeuses éjectées par des étoiles très chaudes devenues instables en fin de vie, lorsqu’elles atteignent le stade de naines blanches.

En étudiant EGB 9, des astronomes amateurs ont découvert une naine blanche qui pourrait confirmer son statut de nébuleuse planétaire. © Markus Blauensteiner/ Marcel Drechsler

Mais les analyses qui ont été réalisées après sa découverte ont montré que EGB 9 n’était pas une NP. Redevenue une banale nébuleuse cosmique, elle est alors retombée dans l’oubli. Jusqu’en 2020, date à laquelle des astronomes amateurs se sont penchés sur la Belle endormie.  Continuer la lecture

Ce fuseau argenté, IC 2233, est une galaxie spirale ultra-mince

Encore une galaxie spirale, me direz-vous ? Mais celle que je vous propose aujourd’hui, IC 2233, est exceptionnellement fine. Voyez plutôt. 

Aiguille argentée dans une botte de foin cosmique :

Le bestiaire galactique est d’une richesse inouïe. La moindre constellation en révèle un nombre impressionnant de spécimens, pourvu que l’on dispose du télescope nécessaire pour les dénicher. Prenez le Lynx, un astérisme très pauvre en étoiles brillantes. On se tournerait facilement vers sa célèbre voisine, la Grande Ourse. Et pourtant c’est dans le Lynx que se trouve la galaxie la plus fine que nous puissions observer.

IC 2233 est une galaxie très fine dans la constellation du Lynx. © KPNO/NOIRLab/NSF

IC 2233 a été découverte en 1894 par l’astronome britannique Isaac Roberts, l’un des pionniers de la photographie des nébuleuses. Roberts est passé à la postérité pour avoir été le premier à photographier la galaxie d’Andromède le 29 décembre 1888.
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Exoplanètes : des indices sur un spectre stellaire de 1917

En examinant un spectre de l’étoile de van Maanen pris en 1917, un chercheur a découvert des indices en faveur de l’existence d’exoplanètes. 

Des exoplanètes par milliers :

La recherche d’exoplanètes est un sujet qui mobilise de nombreux instruments astronomiques depuis un peu plus d’un quart de siècle. C’est en effet le 6 octobre 1995 que les chercheurs suisses Michel Mayor et Didier Queloz ouvraient le bal avec la détection de la première planète extrasolaire. En utilisant le télescope de 1,93 m de l’Observatoire de Haute-Provence, ils révélèrent l’existence de 51 Pegasi b. Il s’agit de la toute première exoplanète repérée à proximité d’une étoile comparable à notre Soleil.

Représentation des sept exoplanètes détectées autour de l’étoile Trappist-1. Trois d’entre elles ont des conditions compatibles avec la présence d’eau.  © NASA/R. Hurt/T. Pyle

Au 1er janvier 2021, plus de 4.300 exoplanètes ont été confirmées dans 3.242 systèmes planétaires. 720 d’entre eux sont des systèmes planétaires multiples. Mais la première preuve de l’existence d’exoplanètes est peut-être beaucoup plus ancienne. Continuer la lecture

Cannibalisme galactique sous le regard du télescope Hubble

Parmi la riche moisson d’images prises par le télescope Hubble, voici une étonnante scène de cannibalisme entre deux lointaines galaxies.

Voyage aux confins du Lynx :

L’image, spectaculaire,  immortalise une scène de cannibalisme dans le cosmos. En cause, les galaxies NGC 2799 (à gauche) et NGC 2798. Elles sont localisées dans la petite constellation du Lynx, à l’ouest de la Grande Ourse. Si vous souhaitez vous y rendre, comptez un trajet de plus de 70 millions d’années à la vitesse de la lumière. Ces galaxies font partie de l’imposant New General Catalogue of Nebulae and Clusters of Stars qui regroupe près de 8.000 objets du ciel profond.

Scène de cannibalisme entre les galaxies NGC 2798 et 2799. © ESA/Hubble/NASA/SDSS

Légèrement plus brillante, NGC 2798 (à droite) a été découverte en 1788 par William Herschel. Il faudra attendre 1874 pour que l’astronome Ralph Copeland distingue NGC 2799 dans son télescope. Continuer la lecture