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Spectacle : la comète C/2025 R3 (PANSTARRS) du côté d’Orion

La comète C/2025 R3 (PANSTARRS) vient de passer non loin de la célèbre nébuleuse d’Orion, un spectacle immortalisé depuis l’hémisphère Sud. 

Rencontre céleste :

C/2025 R3 (PANSTARRS) a été découverte le 8 septembre 2025 par le réseau de surveillance Pan-Starrs (Panoramic Survey Telescope and Rapid Response System). Il s’agit d’une comète non périodique, tout comme la célèbre C/1995 O1 (Hale-Bopp). Dans cette famille, on range tous les astres chevelus dont la période orbitale est supérieure à 200 ans. Comme le prouvent ces images, elle a été bien suivie par les astronomes européens à la fin de l’hiver. Après son passage au périhélie le 19 avril, elle est devenue observable sous l’Équateur. Pour les astrophotographes de l’hémisphère boréal, restait alors la possibilité de la photographier à distance :

Cliché réalisé le 10 mai 2026 depuis la Namibie. © Gerald Rhemann/Michael Jäger

C’est par exemple ce qu’ont fait Benoit de Mulder, Julien De Winter, Alessandro Ravagnin ou encore le célèbre tandem Gerald Rhemann/Michael Jäger. Bien leur en a pris, puisque l’astre chevelu a traversé la constellation d’Orion, à proximité de la célèbre nébuleuse Messier 42. Mais vous l’aurez compris, la comète est en réalité bien plus proche de nous que la nébuleuse.

À savoir :

La nébuleuse d’Orion est distante d’environ 1.400 années-lumière. Surnommée Messier 42 (M42) ou encore NGC 1976, est l’une des plus brillantes nébuleuses en émission. C’est sans conteste le plus bel objet céleste du ciel hivernal :

La constellation d’Orion abrite la plus belle nébuleuse. © Jean-Baptiste Feldmann

Je vous recommande de l’admirer avec une simple paire de jumelles, loin des lumières urbaines. Curieusement, elle ne semble pas avoir attiré l’attention des astronomes de l’Antiquité. Il faut donc attendre le début du XVIIe siècle pour en trouver mention. Elle sera ultérieurement incluse par Charles Messier dans son célèbre catalogue.

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IC 349, la nébuleuse qui défie les astrophotographes

Au sein de l’amas des Pléiades, la nébuleuse IC 349 est perdue dans la lumière de l’étoile Mérope, un vrai défi pour les astrophotographes. 

Nébuleuse fantôme :

IC 349 a été dénichée le 14 novembre 1890 par l’astronome américain Edward Emerson Barnard. On doit à ce dernier de nombreuses découvertes, comme par exemple le cinquième satellite de Jupiter, Amalthée (1892). IC 349 est une petite zone poussiéreuse très brillante sculptée par la pression de radiation exercée par sa brillante voisine, Mérope. Cette étoile de magnitude 4 fait partie des astres les plus lumineux au sein du célèbre amas des Pléiades :

Le célèbre amas des Pléiades et ses plus brillantes étoiles. © SAP Limoges

Saisir les délicates volutes poussiéreuses de IC 349 est à la portée du télescope spatial Hubble. Hors de l’atmosphère, l’instrument ne souffre pas trop de la diffusion lumineuse autour de Mérope :

Pour les astrophotographes, le défi est de taille, car la nébuleuse est dix mille fois moins brillante que sa voisine Mérope. Voisine à nos yeux seulement, car l’écart réel entre ces deux astres est quand même de 3500 Unités astronomiques. Il faut tout le savoir-faire de Alessandro Ravagnin pour révéler la très discrète IC 349 :

À propos des Pléiades :

En 1771, l’astronome français Charles Messier enregistre l’amas des Pléiades à la quarante-cinquième position de son célèbre catalogue. Il s’inscrit dans une longue liste d’observateurs qui, depuis l’Antiquité, admirent ce petit groupe d’étoiles. Vers 850 avant J.-C., le poète grec Homère y faisait déjà référence dans l’Iliade et l’Odyssée. On en retrouve la trace dans les cultures du monde entier. Que ce soit chez les Maoris de Nouvelle-Zélande, les Perses, les Indiens, les Chinois, les Japonais ou encore les Mayas et les Aztèques :

98 heures de poses auront été nécessaires pour révéler les filaments de poussière qui s’intercalent entre nous et le célèbre amas d’étoiles des Pléiades. © Jeffrey Horne

À l’œil nu, l’amas des Pléiades (Messier 45) ressemble à un petit nuage constitué de sept étoiles relativement brillantes. Ces astres sont Alcyone, Atlas, Mérope, Électre, Maïa, Taygète et Pléioné. Leurs magnitudes varient entre 3 et 5. Les observateurs ayant une vue perçante parviennent à dénombrer jusqu’à douze étoiles quand ils l’observent sous un excellent ciel sans aucune pollution lumineuse.

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M83 : quinze amateurs s’unissent pour un magnifique portrait

Quinze astronomes amateurs ont mis en commun leurs compétences pour réaliser une superbe image de la galaxie spirale M83.

Une galaxie flamboyante :

M83 (NGC 5236) est une galaxie spirale intermédiaire vue de face et située dans la constellation australe de l’Hydre. Elle se trouve à environ 15,2 millions d’années-lumière de la Voie lactée et ressemble beaucoup à la galaxie du Moulinet, M101. C’est pour cette raison que M83 est parfois appelée la galaxie australe du Moulinet. Elle a été découverte en 1752 par Nicolas-Louis de Lacaille. La même année, cet astronome français dénichait également la célèbre nébuleuse de la Carène. En 2014, le télescope spatial Hubble avait immortalisé cette galaxie :

La galaxie australe du Moulinet (NGC 5236) photographiée en 2014 par le télescope spatial Hubble. © NASA/ESA/The Hubble Heritage Team (STScI/AURA)

Mais comment rivaliser avec les grands télescopes professionnels pour tirer le portrait de cette flamboyante galaxie ? C’est le projet un peu fou qui a mobilisé quinze astronomes amateurs italiens. Continuer la lecture de M83 : quinze amateurs s’unissent pour un magnifique portrait