Fabrice Morin, le photographe qui apprivoise la Lune

Vous pensiez tout connaître de la Lune ? Découvrez l’incroyable résolution des clichés lunaires de Fabrice Morin.

La Lune revisitée :

Avec Fabrice Morin, la Lune montre un nouveau visage. Car cet astrophotographe a choisi de lui consacrer ses meilleures nuits pour en réaliser des portraits saisissants. Finesse des détails, étonnants jeux d’ombre et de lumière, contrastes accentués, tout concourt à nous faire redécouvrir notre satellite naturel. Depuis les premiers clichés des frères Henry en 1893, les astronomes n’ont en effet jamais cessé d’immortaliser les paysages lunaires, un spectacle toujours renouvelé en raison des variations d’éclairage.

Passion de jeunesse :

Armé d’un télescope de 400 millimètres de diamètre, Fabrice Morin (voir son site photo) s’inscrit dans cette longue lignée d’admirateurs. Laissons-lui nous parler de sa passion : “J’ai 53 ans et je pratique l’astrophotographie depuis maintenant plus de 35 ans. J’ai commencé par l’imagerie du ciel profond à l’époque de l’argentique. J’utilisais pour cela un télescope Newton de 250mm entièrement construit par mon père.

Avec l’avènement des premières caméras dédiées, je me suis orienté progressivement vers l’imagerie planétaire. J’ai ainsi réalisé des images de la Lune et des planètes avec différents instruments. Depuis quelques mois, je suis l’heureux possesseur d’un DocTelescope de 400mm (f/4,5). Cet instrument, construit par l’artisan italien Marco Guidi, m’a permis de faire, en conditions optimales, de superbes observations de la Lune.”

On peut également retrouver les images de ce photographe sur sa page Facebook.

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La route poussiéreuse de la comète Tempel 2

Deux astrophotographes ont mis en évidence la fine traînée de poussières abandonnées sur son orbite par la comète Tempel 2.

Poussières de comète :

Tempel 2 est l’un des nombreux astres chevelus dénichés par l’astronome allemand Ernst Wilhelm Tempel. Cette comète, connue également sous l’appellation 10P/Tempel, fut découverte le 4 juillet 1873. Les astronomes guetteront son prochain passage au périhélie le 2 août 2026. Il sera alors possible de la suivre aux jumelles, mais depuis l’hémisphère Sud. Comme toutes les comètes, 10P/Tempel abandonne de la poussière dans son sillage. Cette poussière cométaire, nous pouvons tous la visualiser lors d’une belle nuit du mois d’août par exemple. À cette époque, la Terre coupe l’orbite de la comète 109P/Swift-Tuttle. Les grains de poussière abandonnés par l’astre chevelu deviennent alors des étoiles filantes, les célèbres Perséides :

Une brillante Perséide apparaît brièvement en fin de nuit. © Jean-Baptiste Feldmann

À chacun de ses passages (tous les 5,4 ans environ), 10P/Tempel alimente donc son propre sillage poussiéreux. Une trace que les progrès de l’astrophotographie permettent désormais de visualiser, comme le montre ce remarquable cliché réalisé par le tandem Julien De Winter/Landon Boehm :

Spectaculaire mise en évidence de la traînée de poussières déposées le long de son orbite par la comète périodique 10P/Tempel. © Julien De Winter/Landon Boehm

Comme nous l’explique Julien De Winter, “le phénomène est surtout visible autour du périhélie, le moment où la comète (le halo vert au centre de l’image) perd le plus de poussières. Les particules les plus grosses restent dans son sillage car la pression de radiation n’est pas suffisante pour les éjecter. Ce sont elles qui forment la trace rectiligne visible sur ce cliché. Les particules plus petites constitueront la queue de poussière de la comète.”

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Spectacle céleste : Vénus aux côtés du croissant de Lune

Le rapprochement apparent entre Vénus et le croissant de Lune dans la soirée du 17 juin 2026 a tenu toutes ses promesses.

Rendez-vous céleste :

C’est un croissant de Lune bien accompagné qui nous a ravi hier soir. Ce spectacle, je vous l’avais d’ailleurs annoncé dans les éphémérides. Un rapprochement très serré entre deux astres particulièrement brillants. D’un côté, la planète Vénus. Après sa conjonction avec Jupiter il y a quelques jours, la planète la plus chaude du Système solaire continue de briller dans le ciel du soir. De l’autre, le croissant de Lune, qui est venu lui tenir compagnie quelques heures. Un peu partout, le beau temps a permis d’immortaliser ce très beau rendez-vous céleste. Pour ma part, j’ai choisi de montrer le mouvement apparent des deux astres durant la soirée :

J’ai donc réalisé 14 images espacées de trois minutes, que j’ai ensuite superposées avec le logiciel StarMax. J’utilisais pour l’occasion un boîtier Nikon D3200 et un zoom 70-400 millimètres réglé sur la focale la plus courte. Les poses étaient de 1 seconde à 100 iso. Les deux astres se retrouveront dans une configuration à peu près similaire durant la soirée du 17 juillet. Ce sera alors l’occasion de les admirer de nouveau ensemble.

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La planète Mars est de retour à l’aube

Très discrètement, la planète Mars revient nous rendre visite. Mais patience, elle n’est pas encore accessible avec un télescope. 

Fascinante planète Mars :

C’est un petit point orangé qui captive les hommes depuis l’Antiquité. Lisez à ce sujet “De Lowell à Perseverance, la planète Mars nous a toujours fait rêver” . Sa couleur, Mars la doit à la poussière riche en oxyde de fer qui recouvre sa surface. Une teinte qui lui a valu le surnom de Planète rouge. Tous les vingt-cinq mois environ, elle passe à l’opposition, la meilleure période pour l’observer. La dernière s’est produite le 16 janvier 2025, la prochaine est fixée au 19 février 2027. Mais toutes les oppositions ne se valent pas. En 2003, la distance qui nous séparait de Mars était passée sous la barre des 60 millions de kilomètres, et il faudra attendre 2035 pour retrouver une situation aussi favorable.

Pour l’instant, Mars n’est qu’un astre de magnitude 1,3 situé à plus de 320 millions de kilomètres ! Un petit confetti noyé dans les lueurs de l’aube, comme sur ce cliché réalisé le 13 juin au lever du jour. Le dernier croissant de Lune était également présent. Image réalisée avec un boîtier Nikon D7100 et un zoom 80-400 mm (réglé sur 80 mm de focale), 2 sec de pose à 2000 iso.

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Les belles images de la conjonction Jupiter-Vénus

Les photographes ont immortalisé la belle conjonction Jupiter-Vénus facilement observable au-dessus de l’horizon Ouest.

Rapprochement apparent :

Conjonction : le dictionnaire nous apprend qu’il s’agit d’un rapprochement entre deux astres. Pendant quelques temps, vus depuis la Terre, ils nous semblent très proches. Mais attention, ces rapprochements ne sont qu’apparents. Prenez par exemple le cas de Jupiter et Vénus, qui se frôlent actuellement en soirée :

Alors que Vénus est à un peu plus de 150 millions de kilomètres de nous, Jupiter est six fois plus éloignée ! Il arrive, dans de rares cas, que l’un des deux astres passe devant l’autre : ce sera le cas le 12 août 2026, quand la Lune cachera le Soleil. On parle alors d’occultation ou d’éclipse.

Désormais, Jupiter et Vénus vont s’éloigner dans le ciel. Jupiter va se rapprocher de l’horizon, puis devenir inobservable début juillet. On retrouvera la planète gazeuse géante à l’aube (côté Est) dans la seconde quinzaine du mois d’août. Elle frôlera la planète Mars entre le 14 et le 18 novembre, nous offrant une autre très belle conjonction planétaire (nous en reparlerons dans les éphémérides). Quant à Vénus, la voilà bien installée pour l’été côté Ouest au crépuscule. Elle glissera ensuite vers le Soleil fin septembre pour revenir à l’aube (à l’Est) en novembre.

Images de Paolo Palma, Nathalie Roy, Jean-François Graffand, Benjamin van Jaarsveldt, Nasser Kaveh, François Quesnel, Heiko Ulbricht.

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Co-découvreur de la comète Hale-Bopp, Alan Hale est décédé

Alan Hale est décédé le 6 juin 2026. Avec Thomas Bopp, ils avaient découvert la célèbre comète Hale-Bopp en juillet 1995.

Une comète pour l’éternité :

Si le nom de Alan Hale est bien connu des astronomes, c’est parce que cet américain a co-découvert l’une des plus brillantes comètes du XXe siècle, C/1995 O1, la nuit du 22 au 23 juillet 1995. À l’époque, il est déjà un passionné de comètes : il en a observé près de deux cents, la première en 1970. C’est pour assouvir sa passion qu’il s’est installé à Cloudcroft, au Nouveau-Mexique. Perché à 2.500 mètres d’altitude, l’endroit est réputé pour son ciel particulièrement noir. Le soir du 22 juillet 1995, il a décidé d’observer 6P/d’Arrest. Il s’agit d’une comète périodique découverte en 1851 par l’astronome prussien Heinrich Louis d’Arrest. En attendant que l’astre chevelu se lève, l’astronome décide de pointer son télescope en direction de la constellation du Sagittaire :

Alan Hale aux côtés du télescope avec lequel il a découvert C/1995 O1. Crédit Karen Lowe

On dit que le hasard n’existe pas. Qu’est ce qui l’a poussé à viser l’amas globulaire Messier 70 ? On ne le saura jamais. Dans cette portion du Sagittaire, les objets nébuleux ne manquent pas. Mais l’homme connait le ciel sur le bout du doigt, et la consultation de ses atlas célestes n’y change rien. Il y a bel et bien une petite tache floue inconnue à proximité de cet amas ! Continuer la lecture de Co-découvreur de la comète Hale-Bopp, Alan Hale est décédé

Jupiter et Vénus se rapprochent, Mercure s’invite discrètement

Alors que Jupiter et Vénus préparent leur baiser du 9 juin, la fugace Mercure fait son retour sur l’horizon Ouest.

Messager des Dieux :

Plus proche planète du Soleil, Mercure est toujours délicate à observer. Elle est perdue dans les lueurs de l’aube ou du crépuscule. Les premiers Égyptiens ont d’ailleurs longtemps cru qu’il s’agissait de deux astres différents : un le soir, un autre le matin. Mais si vous savez à quel moment et dans quelle direction regarder, vous la trouverez facilement en raison de son éclat assez élevé. C’est d’ailleurs sa luminosité qui avait permis aux Sumériens de la repérer dès l’Antiquité :

Mercure saisie au-dessus de la cité médiévale de Chauvigny en 2019. © CIELMANIA

En raison de son déplacement très rapide (la planète met seulement 88 jours pour faire le tour du Soleil), les Romains lui avaient donné le nom du dieu du commerce. Chez les Grecs, cet astre était assimilé à Hermès, le Messager des Dieux, et actuellement, on peut l’admirer au crépuscule, mais peu de gens la remarquent. Car un peu plus haut, Jupiter et Vénus lui volent la vedette. Les deux planètes les plus brillantes ne cessent en effet de se rapprocher :

Trio planétaire observable dans la soirée du 5 juin 2026. © CIELMANIA

l’image ci-dessus a été réalisée dans la soirée du 5 juin. L’écart entre les deux va continuer de se réduire, et dans quatre jours, Jupiter et Vénus seront espacés d’environ 1,5° seulement. Un spectacle que l’on peut désormais suivre également dans une paire de jumelles.

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