Archives pour la catégorie Soleil et planètes

Soleil : deux trous coronaux déclenchent de belles aurores

Face à la Terre, deux grands trous coronaux à la surface du Soleil sont à l’origine d’une série de magnifiques aurores boréales.

Que sont les trous coronaux ?

Les champs magnétiques à la surface du Soleil sont en général des champs fermés. Ils sortent de la surface de notre étoile pour y rentrer un peu plus loin, formant ainsi des boucles. Mais pour des raisons encore inexpliquées, il arrive que certaines boucles ne se referment pas. On observe alors des zones de champs magnétiques ouverts surnommées « trous coronaux » en raison de leur aspect sombre sur les clichés. L’image solaire de ce jour présentée par la NOAA nous permet de visualiser deux trous coronaux tournés vers la Terre :

De ces trous s’échappent de violentes bouffées de vent solaire qui peuvent être à l’origine de tempêtes géomagnétiques dans notre haute atmosphère. Avec à la clé de belles aurores. Continuer la lecture

Une tornade de plasma géante s’est échappée du Soleil

Fin août, les astronomes ont pu suivre une spectaculaire éjection de plasma sur le bord Sud du Soleil. Un spectacle de toute beauté.

Gaz brûlant :

Le Soleil éjecte en permanence du gaz ionisé, le vent solaire. C’est un plasma, c’est-à-dire que les atomes sont si chauds qu’ils se scindent en ions (de charge positive) et électrons (de charge négative). Ce vent particulier s’échappe de la haute atmosphère de notre étoile dans toutes les directions, en suivant les lignes du champ magnétique solaire. Fin août, c’est une véritable tornade de plasma que les astronomes ont pu suivre. Vingt fois plus grande que la Terre, cette impressionnante masse de gaz ionisé se détachait parfaitement sur le bord du Soleil :

La tornade de plasma solaire photographiée le 30 août 2022. © Philippe Tosi

L’astrophotographe français Philippe Tosi a réussi de magnifiques clichés du phénomène, visibles sur son blog Photoastro. Notez que ce genre d’observations n’est possible qu’avec des instruments et des filtres spéciaux, jamais à l’œil nu.

Conséquences fâcheuses :

Lorsqu’il pénètre dans l’atmosphère terrestre, ce plasma est à l’origine des aurores polaires. Il peut aussi endommager les satellites ainsi que les systèmes électriques et informatiques au sol. Je vous laisse relire ce qui s’est produit lorsque la plus grande tempête solaire a frappé la Terre en 1859 :

Une éruption solaire (flash lumineux) photographiée par la sonde SOHO. © NASA

Cette fois-ci, l’éjection de gaz n’était pas dirigée en direction de la Terre, mais perpendiculairement. L’activité du Soleil ne cessant de croître (le maximum du cycle est attendu pour 2025), d’autres événements de ce type sont à prévoir.

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Insolite : Jupiter et ses environs sous le regard du JWST

Le télescope spatial James Webb a imagé la proche banlieue de la planète gazeuse géante Jupiter. Décryptage d’une image insolite.

Un nouveau regard sur Jupiter :

La mise en service du James Webb Telescope nous permet d’imaginer d’incroyables découvertes au fin fond de l’Univers. Les astronomes espèrent également de grandes avancées dans l’étude des exoplanètes. Mais le JWST peut également nous surprendre en visant des cibles beaucoup plus proches, dans le Système solaire par exemple. La preuve avec ce cliché de la banlieue de la plus grosse planète réalisé le 27 juillet 2022  (JWST infrared image of Jupiter system) :

Le JWST nous dévoile les alentours de Jupiter : deux petits satellites et des anneaux découverts en 1979. © NASA/European Space Agency/Jupiter Early Release Science team

On peut y admirer en infrarouge (ce qui fausse les couleurs) la Grande Tache rouge (en bas à droite du globe jovien). On notera également toute la richesse et la complexité au sein des bandes nuageuses qui ceinturent la géante gazeuse, ainsi que la présence de spectaculaires aurores polaires. Mais ce plan large permet également d’observer les anneaux autour de la planète. Continuer la lecture

Le Soleil dans tous ses états pour fêter le solstice d’été

La réfraction atmosphérique nous joue parfois de drôles de tours, comme à l’occasion de ce lever de Soleil le jour du solstice d’été.

Surprise pour le solstice d’été :

Depuis la Côte Est américaine, Joseph Golebieski a réalisé un curieux cliché du Soleil levant (publié sur Spaceweather). Le 21 juin, date du solstice d’été, ce photographe a décidé d’immortaliser l’astre qui éclaire nos journées. Il opérait depuis Lavalette, une ville située au bord de l’océan Atlantique, au Sud de New York. Lorsque le Soleil s’est levé, semblant sortir de l’océan, il a présenté un aspect tout à fait inhabituel que Joseph Golebieski s’est empressé d’immortaliser avec un téléobjectif :

Un étonnant lever de Soleil photographié depuis la Côte américaine. © Joseph Golebieski

Il semble que le Soleil ait été grignoté on ne sait par quel monstre cosmique ! Cette vision inquiétante, qui s’est estompée quand le Soleil a pris de la hauteur, s’explique par un phénomène optique appelé réfraction atmosphérique.

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Sur Jupiter, la Grande Tache rouge continue de rétrécir

Observée sur Jupiter depuis plus de 350 ans, la célèbre Grande Tache rouge poursuit inexorablement sa cure d’amincissement.

Anticyclone géant :

C’est la plus célèbre tempête de tout le Système solaire. La GTR (Grande Tache rouge) est un gigantesque anticyclone orangé que l’on observe sur Jupiter. Sa couleur pourrait s’expliquer par l’action des rayons cosmiques sur les molécules d’hydrosulfure d’ammonium qui remontent du fond de la Tache jusqu’à sa surface. La découverte de la GTR par le français Jean-Dominique Cassini date de 1665. Depuis, les astronomes n’ont jamais cessé de l’étudier :

La planète Jupiter et sa Grande Tache rouge le 17 juin 2022. © Christopher Go

Avec le retour de Jupiter dans le ciel du matin (voir la Grande parade de ce mois de juin), les astrophotographes recommencent à imager la planète gazeuse géante. C’est le cas de Christopher Go (découvrez son site internet) qui vient de publier le cliché ci-dessus. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que la GTR n’en finit pas de rétrécir. Continuer la lecture

Premiers détails sur la planète Mars qui se rapproche

Bien qu’à 250 millions de kilomètres, la Planète rouge révèle déjà ses premiers détails dans les télescopes des astronomes amateurs.

Année martienne :

2022 est une bonne année pour les amoureux de la planète Mars. D’abord, parce qu’on peut suivre le rover Perseverance, qui a fêté au mois de février un an de découvertes et de prouesses. Ensuite, parce que la Planète rouge chère à Camille Flammarion se rapproche de nous.

L’astronome Camille Flammarion et son observatoire à Juvisy. Dessin Christine Sasiad

Mars sera au plus près de la Terre (80 millions de kilomètres quand même !) le 8 décembre prochain. À cette date, la quatrième planète du Système solaire aura un diamètre apparent légèrement supérieur à 17 secondes d’arc. Elle brillera dans le Taureau avec une magnitude de -1,8. Mais pour le moment, Mars est encore bien loin. À 250 millions de kilomètres, son diamètre n’est que de 6 secondes d’arc et sa magnitude de 1,1. Cela n’a pas empêché José Luis Pereira d’en tirer un joli portrait avec d’intéressants détails :

Une nouvelle fois, l’astrophotographe brésilien a utilisé son télescope Newton de 27,5 centimètres de diamètre. À droite de son image réalisée le 27 avril, il a placé une simulation fournie par le logiciel WinJUPOS. Continuer la lecture

La planète Mercure dévoile son étonnante queue de sodium

C’est un phénomène astronomique connu depuis seulement vingt ans : la planète Mercure possède une gigantesque queue de sodium.

Aspect cométaire :

Non, vous vous trompez, ce que vous voyez n’est pas une comète ! L’étonnante photographie réalisée par Daniel Lopez (El Cielo De Canarias) le 2 mai 2022 depuis l’archipel des Canaries nous montre en réalité la queue de sodium de Mercure. Au cours de cette soirée, la planète la plus proche du Soleil avait rendez-vous avec d’autres astres. Elle était observable entre le croissant de Lune (accompagné de la lumière cendrée) et l’amas d’étoiles des Pléiades (en bas à droite de l’image ci-dessous) :

Une étrange queue accompagne Mercure sur ce cliché réalisé le 2 mai. © Daniel Lopez / IAC

Normalement, la photographie d’une planète sans instrument astronomique ne montre qu’un petit point lumineux. Vous l’avez déjà constaté sur des clichés comme celui-ci :

Rendez-vous entre le croissant de Lune et Mercure (à droite). © Jean-Baptiste Feldmann

Pourtant, quand on la photographie avec un filtre interférentiel centré sur la raie du sodium à 589 nm, Mercure nous dévoile une queue de sodium qui s’étire derrière elle, dans la direction opposée au Soleil. Mais quelle est donc l’origine de cette étonnante structure ?  Continuer la lecture

Un grand groupe de taches solaires devient visible à l’œil nu

L’activité solaire s’intensifie, la preuve avec un grand groupe de taches que l’on peut suivre à l’œil nu en prenant certaines précautions.

Un groupe qui prend de l’ampleur :

Apparu le 17 avril, le groupe de taches solaires AR 2993-94 s’étend de plus en plus. Il compte désormais quatre ensembles numérotés de 2993 à 2996, comme on peut le constater sur les images proposées quotidiennement sur des sites comme SpaceWeather :

L’observation des taches solaires est une activité passionnante à condition de bien protéger son télescope par un filtre approprié. Je vous recommande la lecture de l’article que j’ai consacré à ce sujet il y a quelques semaines : Comment observer l’activité solaire en toute sécurité.

L’observation du Soleil nécessite l’emploi d’un filtre adapté. © Jean-Baptiste Feldmann
Spectacle filtré :

Mais comme ce groupe de taches est désormais assez étendu pour être visible à l’œil nu, vous pouvez aussi utiliser des lunettes prévues pour l’observation des éclipses de Soleil :

Le photographe polonais Marek Nikodem a, de son côté, réalisé un très beau cliché de ce spectacle avec un téléobjectif de 600 millimètres de focale le 21 avril. De telles photographies sont possibles sans filtre au moment du lever ou du coucher du Soleil :

Le grand groupe de taches solaires photographié le 21 avril. © Marek Nikodem

La lumière solaire est alors suffisamment atténuée par l’absorption atmosphérique (qui joue le rôle du filtre). Dans ce cas, on peut réaliser des images avec des vitesses d’obturation très rapides (pour ne pas endommager le capteur électronique de l’appareil).

À savoir :

Les taches solaires sont des zones sombres dans lesquelles règne une intense activité magnétique. Leur apparition n’est pas régulière. Elle se fait selon un cycle d’environ 11 ans, mis en évidence par l’astronome suisse Johann Rudolph Wolf (1816-1893). Ces taches sont numérotées dans l’ordre d’apparition par la NOAA. Le numéro est précédé des lettres AR qui signifient Active Region. Le cycle actuel est le vingt-cinquième depuis 1755. C’est en effet à partir de cette date que les astronomes se sont mis à compter systématiquement les taches solaires. Ce cycle devrait atteindre son maximum en 2025.

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Admirez AR 2993-94, un beau groupe de taches solaires

Les adorateurs du Soleil vont pouvoir suivre pendant quelques jours AR 2993-94, un bel ensemble de taches d’une taille imposante.

Observations diurnes :

Si vous avez envie de faire de l’astronomie sans interrompre vos nuits sous la couette, il vous reste le Soleil. Et ça tombe bien, un joli groupe de taches, AR 2993-94, a fait son apparition depuis le 17 avril. Ces taches sont des zones sombres dans lesquelles règne une intense activité magnétique. Leur apparition n’est pas régulière. Elle se fait selon un cycle d’environ 11 ans, mis en évidence par l’astronome suisse Johann Rudolph Wolf (1816-1893). Ces taches sont numérotées dans l’ordre d’apparition par la NOAA. Le numéro est précédé des lettres AR qui signifient Active Region.

Le cycle actuel est le vingt-cinquième depuis 1755. C’est en effet à partir de cette date que les astronomes se sont mis à dénombrer systématiquement les taches solaires. Ce cycle devrait atteindre son maximum en 2025. Le nombre de taches solaires augmente donc logiquement depuis un peu plus de deux ans. Ces clichés du groupe AR 2993-94 ont été réalisés le 18 avril :

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Comment observer l’activité solaire en toute sécurité

Vous avez envie de suivre l’évolution de l’activité solaire ? Voici quelques conseils pour observer les taches du Soleil en toute sécurité. 

De l’acné sur le Soleil :

L’activité solaire se mesure en dénombrant les taches que l’on observe sur notre étoile. Une tache est une zone sombre car moins chaude que le gaz qui l’entoure. Son apparition trahit une intense activité magnétique. Galilée fut le premier à observer les taches sur le Soleil en 1612 avec une lunette astronomique.

Galilée. Dessin de Christine Sasiad

La périodicité de l’apparition de ces zones sombres fut évoquée par Heinrich Schwabe en 1848. Puis l’astronome Rudolph Wolf détermina la durée moyenne d’un cycle solaire, environ 11 ans. Le prochain cycle, commencé fin 2019, devrait atteindre son maximum en 2025. Nous allons donc observer de plus en plus de taches dans les mois à venir.

L’observation du Soleil et de ses taches permet de suivre l’évolution de l’activité solaire. Elle nécessite impérativement l’emploi d’un filtre adapté. © Jean-Baptiste Feldmann

Ces taches sont numérotées dans l’ordre d’apparition par la NOAA, le numéro étant précédé par les lettres AR qui signifient Active Region. Le site SpaceWeather vous présente quotidiennement l’activité de notre étoile. Continuer la lecture

Tourbillons de poussière au milieu des dunes martiennes

Des tourbillons de poussière dessinent d’étranges motifs au milieu des dunes martiennes sous le regard de l’orbiteur européen TGO.

Comme sur Terre :

La sonde européenne Trace Gas Orbiter (TGO) est en orbite autour de la planète Mars depuis 2018. Elle vient de nous envoyer cette étonnante image. Ces traces sombres qui s’entortillent sur le sol ont été produites par des tourbillons de poussière. Le phénomène est  analogue à ce que l’on observe sur Terre, par exemple dans le désert d’Atacama. Ces tourbillons sont appelés « dust devils » aux États-Unis. Ils se produisent quand de l’air chaud au niveau d’un sol désertique monte rapidement dans de l’air plus froid. Bien qu’ils ne durent en général que quelques minutes, ils peuvent s’élever jusqu’à 8 kilomètres d’altitude :

En orbite autour de Mars, TGO a photographié les traces laissées par des tourbillons de poussière avec des filtres pour en accentuer le contraste. © ESA/Roscosmos/CaSSIS

Sur Mars, ils soulèvent la poussière ocre, dévoilant alors le sable en dessous, plus sombre et plus lourd. L’utilisation de filtres donne cet aspect particulier à l’image, permettant de mieux voir les traces (en bleu) de leurs passages.

Vents martiens :

On sait depuis bien longtemps que les vents soufflent sur la Planète rouge. Avec leurs télescopes, les astronomes ont assisté à plusieurs tempêtes. Elles sont suffisamment importantes pour soulever de grandes quantités de poussière et masquer les paysages durant plusieurs semaines. En 1971, une tempête se produisit lors de l’arrivée en orbite de Mariner 9, obligeant la NASA à retarder le travail cartographique assigné à la sonde.

MRO a lui aussi photographié des traces de tourbillons de poussière sur Mars. © NASA

En plus de ces tempêtes spectaculaires, il existe une grande variété de vents qui façonnent lentement le relief de la planète Mars. Des vents capables de nettoyer en quelques semaines la poussière déposée sur les panneaux solaires des astromobiles Spirit ou Opportunity. Ou encore de dessiner de jolies arabesques sur le sol, comme nous le prouve ce cliché proposé par l’ESA.

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Mimas, l’étrange lune de Saturne qui ressemble à l’Étoile Noire

L’un des satellites de Saturne, Mimas, fait penser à l’Étoile Noire ou l’Étoile de la Mort, les stations de combat de la saga Star Wars. 

Des anneaux et des satellites à foison :

Mimas est l’un des innombrables satellites de Saturne. La planète aux célèbres anneaux n’en manque pas, puisqu’on en dénombre 82 à ce jour ! On connaît bien sûr Titan et ses lacs de méthane,  ou encore Encelade et ses geysers. Mimas est beaucoup moins célèbre. Cette lune de 400 kilomètres, découverte en 1789 par l’astronome germano-britannique William Herschel, est le plus petit satellite sphéroïde (avec une forme sphérique) de Saturne. On lui a donné le nom d’un des Géants de la mythologie grecque.

Mimas, l’étrange satellite de Saturne qui fait penser à l’Étoile Noire de Star Wars. © NASA

Principalement constituée de glace d’eau, cette lune est couverte de petits cratères d’impact. Le plus grand d’entre eux mesure 130 kilomètres de diamètre. Baptisé Herschel, il possède une montagne centrale imposante.

Un faux air de Star Wars :

En regardant Mimas, on lui trouve une certaine ressemblance avec l’Étoile Noire de Star Wars. Pur hasard, puisque lors de la sortie cinématographique de la saga en 1977, on ne disposait pas encore d’images détaillées de la surface de cette lune. Les sondes Voyager et surtout Cassini y ont pourvu depuis. Dans Star Wars, l’Empire Galactique se dote en secret d’une première station de combat, l’Étoile Noire, que Luke Skywalker parviendra à détruire (épisode IV). Il fera de même avec la seconde station, l’Étoile de la Mort (épisode VI).

L’Étoile Noire, première station de combat dans Star Wars. © Star Wars Universe

En étudiant la rotation de Mimas à partir des images fournies par la sonde Cassini, les astronomes ont remarqué que cette lune n’était sans doute pas l’astre géologiquement mort qu’ils imaginaient. Elle présente de petites oscillations qui pourraient s’expliquer par la présence d’un océan sous la croûte de glace, comme c’est le cas pour Encelade. Dans ce monde glacé, la chaleur nécessaire pour maintenir l’eau à l’état liquide trouverait son origine dans les forces de marée générées par la proximité de Saturne.

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Les saisissantes images de Jupiter prises par la sonde Juno

La sonde américaine Juno s’est approchée une nouvelle fois de la haute atmosphère de Jupiter, nous offrant des clichés saisissants.

Nouveau survol au plus près :

la sonde Juno, en orbite autour de Jupiter depuis l’été 2016, vient d’effectuer son 39e survol rapproché de la planète géante. Un passage qui lui a donné la possibilité de photographier une nouvelle fois le sommet de la couche nuageuse avec un luxe de détails. Aucune sonde ne s’était aventurée aussi près depuis le passage de Galileo il y a vingt ans. Les images récoltées à chaque perijove (survol rapproché de Jupiter) de la sonde Juno nous laissent sans voix :

Notre vision de la plus grosse planète du Système solaire ne cesse d’évoluer : que de chemin parcouru depuis les premières observations de Galilée il y a un peu plus de 400 ans ! Continuer la lecture

La plus grande tempête solaire a frappé la Terre en 1859

La fin de l’été 1859 a été marquée par une série d’éruptions solaires qui ont provoqué la plus grande tempête solaire connue à ce jour. 

Le Soleil, un faux calme :

Le nouveau cycle solaire, qui a débuté fin 2019, devrait connaître son maximum en 2025. On observe déjà un accroissement significatif du nombre de taches à la surface de notre étoile. Elles n’ont pour l’instant  pas provoqué d’incident majeur, puisque nous venons d’échapper à la tempête solaire d’Halloween. Mais ce calme relatif ne doit pas nous faire oublier que le Soleil peut parfois entrer dans de violentes colères. La plus impressionnante s’est produite à la fin de l’été 1859.

Le Soleil le 6 septembre 2021 avec quatre groupes de taches à sa surface. © SDO/HMI
Une éruption en direct :

Le 1er septembre 1859, Richard Carrington, un astronome amateur anglais, profite du beau temps pour observer le Soleil avec son télescope. Il remarque immédiatement un énorme groupe de taches sombres à sa surface. Soudain, deux flash aveuglants apparaissent pendant quelques minutes dans ces taches. Carrington est le premier observateur à assister en direct à une éruption solaire.

Une éruption solaire (flash lumineux) photographiée par la sonde SOHO. © NASA

La nuit suivante, les communications télégraphiques du monde entier subissent de nombreux dysfonctionnements. Les opérateurs font état d’arcs électriques et d’étincelles jaillissant des machines télégraphiques. Un peu partout, le ciel s’embrase.

Aurores boréales et australes :

De puissantes aurores colorées illuminent la nuit aux quatre coins de la planète. Dans les Caraïbes, les observateurs parlent d’un ciel en feu. Aux USA, on rapporte que les oiseaux se mettent à chanter, croyant que le jour va se lever. Voici ce qu’on peut lire dans le Baltimore American and Commercial Advertiser du 3 septembre 1859 : Ceux qui sont sortis tard jeudi soir ont eu l’occasion d’assister à un autre magnifique spectacle de lumières aurorales. Le phénomène était très similaire à celui de dimanche soir, bien que la lumière ait parfois été plus brillante et les teintes plus variées et plus belles. La lumière était plus forte que celle de la Pleine Lune, avec une douceur et une délicatesse indescriptibles.

Une aurore boréale se déploie devant l’objectif d’un photographe. © The Aurora Chasers

Si le journal parle de deux nuits avec des aurores, c’est parce qu’une première tempête solaire a eu lieu le 28 août. Richard Carrington ne l’a pas vue, mais elle a affaibli le champ magnétique terrestre, ouvrant le passage au flux de particules énergétiques de la seconde éruption solaire. L’analyse de carottages glaciaires a permis de déterminer que la tempête solaire de 1859, appelée aussi l’événement de Carrington, a été la plus importante de ces 500 dernières années. On n’ose imaginer quel serait l’impact d’une tempête similaire aujourd’hui sur les réseaux électriques, les communications par satellite et les systèmes GPS…

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La Terre échappe de peu à la tempête solaire d’Halloween

La puissante éruption solaire du 28 octobre n’aura finalement pas provoqué de perturbation majeure durant ce weekend d’Halloween.

Soleil en colère :

Le 28 octobre, une puissante éruption solaire a été enregistrée par différents satellites de la NASA. Elle provenait d’une région très active sur notre étoile, la tache AR 2887. Les taches solaires sont des zones sombres (moins chaudes) qui apparaissent périodiquement à la surface de notre étoile. Elles trahissent une intense activité magnétique. Ces taches sont numérotées dans l’ordre d’apparition par la NOAA, (National Oceanic and Atmospheric Administration), le numéro étant précédé par les lettres AR qui signifient Active Region.

Une éruption solaire (flash lumineux) photographiée par la sonde SOHO. © NASA

La tache AR 2887 fait partie du 25e cycle solaire qui a débuté en décembre 2019. Le maximum de ce cycle est attendu pour 2025. L’activité solaire peut d’ailleurs être suivie quotidiennement sur le site américain SpaceWeather. Continuer la lecture

Daphnis, la lune qui fait des vagues autour de Saturne

Dans les anneaux de Saturne, la petite lune Daphnis signe ses passages par des ondulations, tout comme son grand frère Pan.

Fascinante Saturne :

Si Saturne nous attire tant, c’est en raison de son magnifique anneau qu’on peut déjà admirer dans une simple longue-vue. Il suffit de grossir un peu et l’on se rend compte alors que cet anneau est double. C’est l’astronome Jean-Dominique Cassini qui le découvre en 1675. La séparation sombre dans l’anneau prend le nom de division de Cassini. On décide d’appeler anneau A le plus externe des deux, l’autre étant l’anneau B.

L’anneau A est le plus externe des deux grands anneaux de Saturne. © Damian Peach

C’est dans l’anneau A que les astronomes ont découvert Daphnis en 2005. Ils soupçonnaient la présence de ce petit corps depuis qu’ils avaient repéré un sillon sombre dans l’anneau. Un vide qui ne pouvait être que l’œuvre d’une lune faisant le ménage à chacun de ses passages. Continuer la lecture

En vidéo : l’incroyable survol de Jupiter et Ganymède par Juno

Les images du dernier survol de Jupiter et de Ganymède par la sonde Juno sont saisissantes. La NASA les a réunies dans une superbe vidéo. 

Ganymède cache un océan :

En partant de Jupiter, Ganymède est le troisième satellite galiléen. Il fut observé pour la première fois (avec Io) le 7 janvier 1610 à Padoue par Galilée à l’aide d’une lunette astronomique. Cette lune fut ensuite étudiée de près par les sondes Pioneer 10 (décembre 1973), puis Voyager (1979) et Galileo (1995-2002). Quand on scrute la surface de Ganymède, on constate que cette lune est recouverte pour un tiers par des régions sombres très anciennes fortement cratérisées. Le reste est constitué de régions plus claires et plus jeunes traversées par de profonds sillons que les scientifiques ont du mal à expliquer.

Ganymède, l’un des satellites galiléens de Jupiter, photographié par la sonde Juno. © NASA

En observant les anomalies dans l’oscillation des aurores polaires autour des pôles de Ganymède, des scientifiques en ont conclu qu’il devait exister sous la surface de cette lune un océan salé de 100 km de profondeur, une quantité d’eau supérieure à celle des océans terrestres !

Survol en accéléré :

En orbite autour de Jupiter depuis l’été 2016, la sonde Juno a effectué le 8 juin 2021 son 34e survol rapproché de la planète géante. Un passage qui lui a donné la possibilité de photographier Ganymède à une distance d’un peu plus de 1.000 kilomètres. Aucune sonde ne s’était aventurée aussi près depuis le survol de Galileo il y a vingt ans. Dans l’animation réalisée par la NASA, on découvre les différentes régions claires et sombres à la surface de Ganymède, ainsi que plusieurs cratères d’impact très brillants.

Le spectateur est ensuite transporté 3.400 kilomètres au-dessus de la surface nuageuse de Jupiter. Au milieu d’un magnifique maelstrom de volutes gazeuses, plusieurs cyclones sont visibles sous la forme d’ovales blancs ainsi que de nombreux éclairs.

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Spectaculaire jeu d’ombres de deux satellites sur Jupiter

La danse des satellites autour de Jupiter offre parfois un spectacle insolite. Exemple avec les ombres de Io et Ganymède le 5 juin. 

Vous avez dit PHEMUS :

Cette année, les satellites galiléens de Jupiter (Io, Europe, Ganymède et Callisto) s’occultent ou s’éclipsent mutuellement. Les astronomes appellent cela les phénomènes mutuels ou PHEMUS. Ces parties de cache-cache se produisent quand le Soleil est dans le plan équatorial jovien, une configuration qu’on retrouve tous les six ans. On assiste à une occultation lorsqu’un satellite passe derrière un autre. Dans le cas d’une éclipse, on voit s’éteindre quelques instants un satellite qui traverse le cône d’ombre d’un autre satellite. En 2021, la mécanique céleste est à l’origine de 242 phénomènes mutuels entre le 3 janvier et le 16 novembre.

Les ombres des satellites Ganymède (le plus à gauche de l’image) et Io (juste à côté de Jupiter) se projettent sur la surface nuageuse de la planète gazeuse géante le 5 juin. Ganymède, le plus grand des deux satellites, a logiquement l’ombre la plus grosse. © Quentin Gineys

Comme Jupiter a une déclinaison négative, les observateurs situés dans l’hémisphère Sud sont mieux placés pour assister aux différents PHEMUS. C’est le cas de l’astronome amateur Quentin Gineys installé sur l’Île de la Réunion.    Continuer la lecture

D’où viennent les curieux cratères inversés sur Mars ?

Au chapitre des curiosités que nous dévoile la planète Mars, les cratères inversés sont des formations qui intriguent les planétologues.

Le passage au plus près de la planète Mars au mois d’octobre nous a donné l’occasion d’en explorer les paysages. En effet nous avons déjà évoqué le sourire du cratère Galle, la fonte de la calotte polaire sud, le gigantisme du volcan Olympus Mons ou encore la beauté des dunes. Voici maintenant les cratères inversés. Ces étranges formations nous ont été révélées par MRO, cet orbiteur qui scanne à haute résolution les reliefs de la Planète rouge.

Exemple de cratère inversé sur la planète Mars. © NASA/JPL/University of Arizona

Les planétologues ont imaginé un scénario pour expliquer ces cratères inversés. Selon eux il s’agit probablement d’anciens cratères d’impacts qui se sont remplis de lave. Ce magma refroidi et solidifié a mieux résisté à l’érosion. L’abaissement du niveau du reste du paysage aurait ainsi laissé apparaître ces monticules circulaires. Continuer la lecture

La surface de la lointaine Pluton nous est étrangement familière

Une nouvelle analyse des données recueillies par la sonde New Horizons montre des similitudes entre les paysages de Pluton et ceux de la Terre.

Pluton, planète déchue :

Le 18 février 1930, l’astronome américain Clyde William Tombaugh, âgé de 24 ans, dénichait Pluton. La découverte fut réalisée en comparant des plaques photographiques obtenues avec un nouveau télescope de 13 pouces (environ 32,5 cm de diamètre). L’instrument était installé à l’Observatoire Lowell (celui de Percival Lowell) près de Flagstaff en Arizona. Pluton devenait alors la neuvième planète du Système solaire. Mais elle a été reclassée en 2006 dans le groupe des planètes naines par l’Union Astronomique Internationale (IAU).

Il a fallu attendre ensuite 2015 pour qu’une sonde survole Pluton. Cet honneur est revenu à New Horizons qui avait été lancée 9 ans plus tôt. Continuer la lecture