Archives pour la catégorie Soleil et planètes

L’activité solaire est beaucoup plus intense que prévu

C’est une surprise : le nombre de taches du cycle en cours, qui permet de mesurer l’activité solaire, est bien plus élevé que prévu.

Un nouveau cycle très actif :

En décembre 2019, les astronomes ont constaté que le magnétisme du Soleil avait changé de polarité. Une inversion qui annonçait le début d’un nouveau cycle solaire (le 25e) dont le maximum est prévu pour 2025. Depuis, l’activité solaire (mesurée par le nombre de taches) s’est révélée beaucoup plus élevée que ce que les simulations prévoyaient. Ces taches sont des zones sombres moins chaudes qui trahissent une intense activité magnétique. Elles sont numérotées dans l’ordre d’apparition, le numéro étant précédé par les lettres AR qui signifient Active Region :

De nombreuses taches parsèment la surface du Soleil ce 16 janvier 2023. © SDO/HMI

La plus ancienne observation avérée de ces zones sombres est chinoise et remonte à l’an -28. Sans instrument, les astronomes de l’empire du Milieu avaient sans doute noté que les plus grosses taches sont visibles à l’œil nu quand la lumière solaire est filtrée par un épais brouillard. Continuer la lecture

J1407b, une Super Saturne entourée d’immenses anneaux

Les astronomes ont déniché une Saturne géante aux anneaux démesurés située à plus de 400 années-lumière de la Terre, J1407b.

Le véritable Seigneur des anneaux :

À côté de J1407b, Saturne semble bien chétive. Et pour cause : cette exoplanète (à moins qu’il ne s’agisse d’une naine brune) est entourée d’anneaux gigantesques. Il y en aurait plus d’une trentaine dont la constitution est comparable à ceux de Saturne (des blocs de plusieurs mètres jusqu’aux grains de poussière). Mais c’est leur taille qui impressionne :  ils sont deux cent fois plus grands ! Cet astre bien particulier se situe à 430 années-lumière de la Terre dans la constellation australe du Centaure, célèbre pour héberger Oméga du Centaure :

Vue d’artiste de l’exoplanète (ou de la naine brune) J1407b. On aperçoit en arrière plan en haut à gauche l’étoile J1407 occultée par les anneaux. La présence de Saturne donne une idée de la différence de taille entre les deux systèmes d’anneaux. © Ron Miller

Si l’on pouvait ramener J1407b dans le Système solaire, ses anneaux s’étendraient sur une surface équivalente à plusieurs fois celle de la Pleine Lune. Et leur éclat les rendrait parfaitement visibles la nuit ! Continuer la lecture

Au Chili, l’instrument NIRPS va traquer les exoplanètes

Installé sur le télescope de 3,6 mètres de l’ESO au Chili, l’instrument NIRPS doit permettre de détecter de petites planètes rocheuses. 

Un regard dans l’infrarouge :

NIRPS (Near InfraRed Planet Searcher) est un nouveau chasseur d’exoplanètes. Il est désormais opérationnel à l’Observatoire européen austral (ESO). Mais, à la différence de ses prédécesseurs, il va travailler dans le proche infrarouge. Sa mission : repérer des exoplanètes autour d’étoiles plus froides que le Soleil. Il s’agit des étoiles de type M, dont la température de couleur varie de 2.500 à 3.900° K (entre 5.000 et 6.000° K pour le Soleil). Plus froides, ces étoiles ont une zone habitable plus proche.

Le spectrographe NIRPS va traquer les petites exoplanètes rocheuses situées dans la zone habitable des étoiles de type M. © N. Blind (Obs. de Genève) / NIRPS consortium / ESO

Mais pourquoi s’intéresser à cette catégorie d’étoiles ? Parce qu’elles sont les plus nombreuses. On estime qu’elles représentent plus de 75% des étoiles de notre Galaxie. Certaines d’entre elles sont célèbres, comme Bételgeuse dans la constellation d’Orion. Continuer la lecture

La Lune et deux planètes depuis la chapelle Saint-Joseph

Ce 27 décembre, la Lune était encadrée par Jupiter et Saturne. Spectacle céleste depuis la chapelle Saint-Joseph des Pierres Plantées.

Une chapelle dans le Beaujolais :

La chapelle Saint-Joseph des Pierres Plantées a été édifiée en 2015. Rattachée à la commune de Ville sur Jarnioux, elle surplombe Oingt, l’un des plus beaux villages de France. Accessible uniquement par un chemin de randonnée, le site vaut le détour pour le panorama qu’il offre sur les monts du Beaujolais. Je me suis rendu à la chapelle en fin d’après-midi le 27 décembre 2022 pour y admirer le crépuscule. La Lune, âgée de quatre jours, présentait un gros croissant. Les planètes Jupiter et Saturne l’encadraient :

Jupiter et Saturne encadrent la Lune le 27 décembre au crépuscule depuis la chapelle Saint-Joseph des Pierres Plantées dans le Beaujolais. © Jean-Baptiste Feldmann

Les deux géantes gazeuses s’éloignent lentement de nous, mais leur éclat est toujours intéressant. Magnitudes -2,5 pour Jupiter et 0,8 pour Saturne. Le cliché a été réalisé avec un boîtier Nikon D7100 et un objectif Samyang de 12 millimètres de focale. Pose de deux secondes à 1000 iso. Continuer la lecture

Fascinant : le télescope Hubble nous invite à zoomer sur Jupiter

Que diriez-vous de plonger dans les méandres gazeux de Jupiter ? C’est l’expérience que nous propose de réaliser le télescope Hubble.

Beautés célestes :

Depuis plus de trente ans, les images envoyées par le télescope spatial Hubble ont révolutionné notre vision de l’Univers. Nul doute que l’astronome américain qui lui a donné son nom, Edwin Hubble (découvrez sa biographie), aurait été enthousiasmé par ces clichés. Derrière chaque image, parfaitement mise en scène pour le grand public, se cachent de multiples découvertes à l’origine de plusieurs dizaines de milliers de publications scientifiques. Aujourd’hui, nous allons pouvoir plonger dans les méandres gazeux de Jupiter :

Je vous ai déjà proposé de belles images de la planète géante, comme celle réalisée par l’amateur français Philippe Cambre. Avec ce cliché du télescope spatial, il est désormais possible de zoomer sur l’atmosphère de la planète. Celle-ci est principalement composée d’hydrogène et d’hélium, avec des cristaux d’ammoniac dans sa partie supérieure. Continuer la lecture

En vidéo : un avion s’invite pendant une éclipse de Soleil

L’éclipse partielle de Soleil du 25 octobre 2022 a permis de réaliser quelques images originales, comme ici avec le passage d’un avion.

Se démarquer :

Tous les astrophotographes avaient à cœur de réaliser de belles images lors de l’éclipse partielle de Soleil du 25 octobre 2022. Mais comment obtenir un cliché qui sorte de l’ordinaire ? Pour ceux qui, comme le photographe Abhinav Singhai au Rajasthan, ont vu le Soleil éclipsé se coucher, choisir un premier plan original était la bonne solution :

Soleil partiellement éclipsé le 25 octobre 2022 au Rajasthan. © Abhinav Singhai

Pour tous les autres, ceux qui avaient le Soleil éclipsé au-dessus de leur tête, il fallait espérer une bonne surprise. Et c’est ce qui est arrivé à Miguel Claro avec le passage d’un avion.  Continuer la lecture

Spectaculaire : Mercure et Vénus au milieu des éruptions solaires

Actuellement derrière le Soleil, les planètes Mercure et Vénus sont observables sans danger au milieu des éruptions solaires.

Observatoire solaire :

L’observatoire solaire SOHO (Solar and Heliospheric Observatory) a été lancé le 2 décembre 1995. Depuis, il fournit quotidiennement un bulletin de santé de notre étoile dans différentes longueurs d’onde. Il est notamment équipé de deux coronographes LASCO (Large Angle and Spectrometric Coronagraph) destinés à étudier la couronne solaire. Un cache central leur permet de masquer le Soleil, trop lumineux, de façon à pouvoir observer ce qui se passe autour. Des éruptions solaires principalement, mais également des étoiles et parfois des planètes :

C’est dans le champ de LASCO C3 que l’on peut observer Vénus et Mercure en ce moment. Les deux planètes se trouvent derrière le Soleil par rapport à nous (à respectivement 1,7 et 1,4 Unité Astronomique). Comme elles sont assez lumineuses, elles saturent le capteur du coronographe (trait lumineux de part et d’autre). Pendant ce temps, différentes éruptions solaires se produisent. On peut les visualiser par périodes de 24 heures sur cette page.

Soleil actif :

Si nous observons de nombreuses éruptions dans le coronographe de SOHO, c’est parce que le Soleil s’approche du maximum de son cycle d’activité de 11 ans, prévu en 2025. Pour s’en convaincre, il suffit de regarder les images obtenues dans certaines longueurs d’onde à l’occasion de l’éclipse partielle du 25 octobre 2022. D’ailleurs, la Chaîne Astro nous propose une excellente compilation de tout ce qu’il ne fallait pas manquer à cette occasion. Dans cette vidéo, on découvre un Soleil accompagné de taches, protubérances, filaments et spicules :

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Soleil : deux trous coronaux déclenchent de belles aurores

Face à la Terre, deux grands trous coronaux à la surface du Soleil sont à l’origine d’une série de magnifiques aurores boréales.

Que sont les trous coronaux ?

Les champs magnétiques à la surface du Soleil sont en général des champs fermés. Ils sortent de la surface de notre étoile pour y rentrer un peu plus loin, formant ainsi des boucles. Mais pour des raisons encore inexpliquées, il arrive que certaines boucles ne se referment pas. On observe alors des zones de champs magnétiques ouverts surnommées « trous coronaux » en raison de leur aspect sombre sur les clichés. L’image solaire de ce jour présentée par la NOAA nous permet de visualiser deux trous coronaux tournés vers la Terre :

De ces trous s’échappent de violentes bouffées de vent solaire qui peuvent être à l’origine de tempêtes géomagnétiques dans notre haute atmosphère. Avec à la clé de belles aurores. Continuer la lecture

Une tornade de plasma géante s’est échappée du Soleil

Fin août, les astronomes ont pu suivre une spectaculaire éjection de plasma sur le bord Sud du Soleil. Un spectacle de toute beauté.

Gaz brûlant :

Le Soleil éjecte en permanence du gaz ionisé, le vent solaire. C’est un plasma, c’est-à-dire que les atomes sont si chauds qu’ils se scindent en ions (de charge positive) et électrons (de charge négative). Ce vent particulier s’échappe de la haute atmosphère de notre étoile dans toutes les directions, en suivant les lignes du champ magnétique solaire. Fin août, c’est une véritable tornade de plasma que les astronomes ont pu suivre. Vingt fois plus grande que la Terre, cette impressionnante masse de gaz ionisé se détachait parfaitement sur le bord du Soleil :

La tornade de plasma solaire photographiée le 30 août 2022. © Philippe Tosi

L’astrophotographe français Philippe Tosi a réussi de magnifiques clichés du phénomène, visibles sur son blog Photoastro. Notez que ce genre d’observations n’est possible qu’avec des instruments et des filtres spéciaux, jamais à l’œil nu.

Conséquences fâcheuses :

Lorsqu’il pénètre dans l’atmosphère terrestre, ce plasma est à l’origine des aurores polaires. Il peut aussi endommager les satellites ainsi que les systèmes électriques et informatiques au sol. Je vous laisse relire ce qui s’est produit lorsque la plus grande tempête solaire a frappé la Terre en 1859 :

Une éruption solaire (flash lumineux) photographiée par la sonde SOHO. © NASA

Cette fois-ci, l’éjection de gaz n’était pas dirigée en direction de la Terre, mais perpendiculairement. L’activité du Soleil ne cessant de croître (le maximum du cycle est attendu pour 2025), d’autres événements de ce type sont à prévoir.

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Insolite : Jupiter et ses environs sous le regard du JWST

Le télescope spatial James Webb a imagé la proche banlieue de la planète gazeuse géante Jupiter. Décryptage d’une image insolite.

Un nouveau regard sur Jupiter :

La mise en service du James Webb Telescope nous permet d’imaginer d’incroyables découvertes au fin fond de l’Univers. Les astronomes espèrent également de grandes avancées dans l’étude des exoplanètes. Mais le JWST peut également nous surprendre en visant des cibles beaucoup plus proches, dans le Système solaire par exemple. La preuve avec ce cliché de la banlieue de la plus grosse planète réalisé le 27 juillet 2022  (JWST infrared image of Jupiter system) :

Le JWST nous dévoile les alentours de Jupiter : deux petits satellites et des anneaux découverts en 1979. © NASA/European Space Agency/Jupiter Early Release Science team

On peut y admirer en infrarouge (ce qui fausse les couleurs) la Grande Tache rouge (en bas à droite du globe jovien). On notera également toute la richesse et la complexité au sein des bandes nuageuses qui ceinturent la géante gazeuse, ainsi que la présence de spectaculaires aurores polaires. Mais ce plan large permet également d’observer les anneaux autour de la planète. Continuer la lecture

Le Soleil dans tous ses états pour fêter le solstice d’été

La réfraction atmosphérique nous joue parfois de drôles de tours, comme à l’occasion de ce lever de Soleil le jour du solstice d’été.

Surprise pour le solstice d’été :

Depuis la Côte Est américaine, Joseph Golebieski a réalisé un curieux cliché du Soleil levant (publié sur Spaceweather). Le 21 juin, date du solstice d’été, ce photographe a décidé d’immortaliser l’astre qui éclaire nos journées. Il opérait depuis Lavalette, une ville située au bord de l’océan Atlantique, au Sud de New York. Lorsque le Soleil s’est levé, semblant sortir de l’océan, il a présenté un aspect tout à fait inhabituel que Joseph Golebieski s’est empressé d’immortaliser avec un téléobjectif :

Un étonnant lever de Soleil photographié depuis la Côte américaine. © Joseph Golebieski

Il semble que le Soleil ait été grignoté on ne sait par quel monstre cosmique ! Cette vision inquiétante, qui s’est estompée quand le Soleil a pris de la hauteur, s’explique par un phénomène optique appelé réfraction atmosphérique.

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Sur Jupiter, la Grande Tache rouge continue de rétrécir

Observée sur Jupiter depuis plus de 350 ans, la célèbre Grande Tache rouge poursuit inexorablement sa cure d’amincissement.

Anticyclone géant :

C’est la plus célèbre tempête de tout le Système solaire. La GTR (Grande Tache rouge) est un gigantesque anticyclone orangé que l’on observe sur Jupiter. Sa couleur pourrait s’expliquer par l’action des rayons cosmiques sur les molécules d’hydrosulfure d’ammonium qui remontent du fond de la Tache jusqu’à sa surface. La découverte de la GTR par le français Jean-Dominique Cassini date de 1665. Depuis, les astronomes n’ont jamais cessé de l’étudier :

La planète Jupiter et sa Grande Tache rouge le 17 juin 2022. © Christopher Go

Avec le retour de Jupiter dans le ciel du matin (voir la Grande parade de ce mois de juin), les astrophotographes recommencent à imager la planète gazeuse géante. C’est le cas de Christopher Go (découvrez son site internet) qui vient de publier le cliché ci-dessus. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que la GTR n’en finit pas de rétrécir. Continuer la lecture

Premiers détails sur la planète Mars qui se rapproche

Bien qu’à 250 millions de kilomètres, la Planète rouge révèle déjà ses premiers détails dans les télescopes des astronomes amateurs.

Année martienne :

2022 est une bonne année pour les amoureux de la planète Mars. D’abord, parce qu’on peut suivre le rover Perseverance, qui a fêté au mois de février un an de découvertes et de prouesses. Ensuite, parce que la Planète rouge chère à Camille Flammarion se rapproche de nous.

L’astronome Camille Flammarion et son observatoire à Juvisy. Dessin Christine Sasiad

Mars sera au plus près de la Terre (80 millions de kilomètres quand même !) le 8 décembre prochain. À cette date, la quatrième planète du Système solaire aura un diamètre apparent légèrement supérieur à 17 secondes d’arc. Elle brillera dans le Taureau avec une magnitude de -1,8. Mais pour le moment, Mars est encore bien loin. À 250 millions de kilomètres, son diamètre n’est que de 6 secondes d’arc et sa magnitude de 1,1. Cela n’a pas empêché José Luis Pereira d’en tirer un joli portrait avec d’intéressants détails :

Une nouvelle fois, l’astrophotographe brésilien a utilisé son télescope Newton de 27,5 centimètres de diamètre. À droite de son image réalisée le 27 avril, il a placé une simulation fournie par le logiciel WinJUPOS. Continuer la lecture

La planète Mercure dévoile son étonnante queue de sodium

C’est un phénomène astronomique connu depuis seulement vingt ans : la planète Mercure possède une gigantesque queue de sodium.

Aspect cométaire :

Non, vous vous trompez, ce que vous voyez n’est pas une comète ! L’étonnante photographie réalisée par Daniel Lopez (El Cielo De Canarias) le 2 mai 2022 depuis l’archipel des Canaries nous montre en réalité la queue de sodium de Mercure. Au cours de cette soirée, la planète la plus proche du Soleil avait rendez-vous avec d’autres astres. Elle était observable entre le croissant de Lune (accompagné de la lumière cendrée) et l’amas d’étoiles des Pléiades (en bas à droite de l’image ci-dessous) :

Une étrange queue accompagne Mercure sur ce cliché réalisé le 2 mai. © Daniel Lopez / IAC

Normalement, la photographie d’une planète sans instrument astronomique ne montre qu’un petit point lumineux. Vous l’avez déjà constaté sur des clichés comme celui-ci :

Rendez-vous entre le croissant de Lune et Mercure (à droite). © Jean-Baptiste Feldmann

Pourtant, quand on la photographie avec un filtre interférentiel centré sur la raie du sodium à 589 nm, Mercure nous dévoile une queue de sodium qui s’étire derrière elle, dans la direction opposée au Soleil. Mais quelle est donc l’origine de cette étonnante structure ?  Continuer la lecture

Un grand groupe de taches solaires devient visible à l’œil nu

L’activité solaire s’intensifie, la preuve avec un grand groupe de taches que l’on peut suivre à l’œil nu en prenant certaines précautions.

Un groupe qui prend de l’ampleur :

Apparu le 17 avril, le groupe de taches solaires AR 2993-94 s’étend de plus en plus. Il compte désormais quatre ensembles numérotés de 2993 à 2996, comme on peut le constater sur les images proposées quotidiennement sur des sites comme SpaceWeather :

L’observation des taches solaires est une activité passionnante à condition de bien protéger son télescope par un filtre approprié. Je vous recommande la lecture de l’article que j’ai consacré à ce sujet il y a quelques semaines : Comment observer l’activité solaire en toute sécurité.

L’observation du Soleil nécessite l’emploi d’un filtre adapté. © Jean-Baptiste Feldmann
Spectacle filtré :

Mais comme ce groupe de taches est désormais assez étendu pour être visible à l’œil nu, vous pouvez aussi utiliser des lunettes prévues pour l’observation des éclipses de Soleil :

Le photographe polonais Marek Nikodem a, de son côté, réalisé un très beau cliché de ce spectacle avec un téléobjectif de 600 millimètres de focale le 21 avril. De telles photographies sont possibles sans filtre au moment du lever ou du coucher du Soleil :

Le grand groupe de taches solaires photographié le 21 avril. © Marek Nikodem

La lumière solaire est alors suffisamment atténuée par l’absorption atmosphérique (qui joue le rôle du filtre). Dans ce cas, on peut réaliser des images avec des vitesses d’obturation très rapides (pour ne pas endommager le capteur électronique de l’appareil).

À savoir :

Les taches solaires sont des zones sombres dans lesquelles règne une intense activité magnétique. Leur apparition n’est pas régulière. Elle se fait selon un cycle d’environ 11 ans, mis en évidence par l’astronome suisse Johann Rudolph Wolf (1816-1893). Ces taches sont numérotées dans l’ordre d’apparition par la NOAA. Le numéro est précédé des lettres AR qui signifient Active Region. Le cycle actuel est le vingt-cinquième depuis 1755. C’est en effet à partir de cette date que les astronomes se sont mis à compter systématiquement les taches solaires. Ce cycle devrait atteindre son maximum en 2025.

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Admirez AR 2993-94, un beau groupe de taches solaires

Les adorateurs du Soleil vont pouvoir suivre pendant quelques jours AR 2993-94, un bel ensemble de taches d’une taille imposante.

Observations diurnes :

Si vous avez envie de faire de l’astronomie sans interrompre vos nuits sous la couette, il vous reste le Soleil. Et ça tombe bien, un joli groupe de taches, AR 2993-94, a fait son apparition depuis le 17 avril. Ces taches sont des zones sombres dans lesquelles règne une intense activité magnétique. Leur apparition n’est pas régulière. Elle se fait selon un cycle d’environ 11 ans, mis en évidence par l’astronome suisse Johann Rudolph Wolf (1816-1893). Ces taches sont numérotées dans l’ordre d’apparition par la NOAA. Le numéro est précédé des lettres AR qui signifient Active Region.

Le cycle actuel est le vingt-cinquième depuis 1755. C’est en effet à partir de cette date que les astronomes se sont mis à dénombrer systématiquement les taches solaires. Ce cycle devrait atteindre son maximum en 2025. Le nombre de taches solaires augmente donc logiquement depuis un peu plus de deux ans. Ces clichés du groupe AR 2993-94 ont été réalisés le 18 avril :

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Comment observer l’activité solaire en toute sécurité

Vous avez envie de suivre l’évolution de l’activité solaire ? Voici quelques conseils pour observer les taches du Soleil en toute sécurité. 

De l’acné sur le Soleil :

L’activité solaire se mesure en dénombrant les taches que l’on observe sur notre étoile. Une tache est une zone sombre car moins chaude que le gaz qui l’entoure. Son apparition trahit une intense activité magnétique. Galilée fut le premier à observer les taches sur le Soleil en 1612 avec une lunette astronomique.

Galilée. Dessin de Christine Sasiad

La périodicité de l’apparition de ces zones sombres fut évoquée par Heinrich Schwabe en 1848. Puis l’astronome Rudolph Wolf détermina la durée moyenne d’un cycle solaire, environ 11 ans. Le prochain cycle, commencé fin 2019, devrait atteindre son maximum en 2025. Nous allons donc observer de plus en plus de taches dans les mois à venir.

L’observation du Soleil et de ses taches permet de suivre l’évolution de l’activité solaire. Elle nécessite impérativement l’emploi d’un filtre adapté. © Jean-Baptiste Feldmann

Ces taches sont numérotées dans l’ordre d’apparition par la NOAA, le numéro étant précédé par les lettres AR qui signifient Active Region. Le site SpaceWeather vous présente quotidiennement l’activité de notre étoile. Continuer la lecture

Tourbillons de poussière au milieu des dunes martiennes

Des tourbillons de poussière dessinent d’étranges motifs au milieu des dunes martiennes sous le regard de l’orbiteur européen TGO.

Comme sur Terre :

La sonde européenne Trace Gas Orbiter (TGO) est en orbite autour de la planète Mars depuis 2018. Elle vient de nous envoyer cette étonnante image. Ces traces sombres qui s’entortillent sur le sol ont été produites par des tourbillons de poussière. Le phénomène est  analogue à ce que l’on observe sur Terre, par exemple dans le désert d’Atacama. Ces tourbillons sont appelés « dust devils » aux États-Unis. Ils se produisent quand de l’air chaud au niveau d’un sol désertique monte rapidement dans de l’air plus froid. Bien qu’ils ne durent en général que quelques minutes, ils peuvent s’élever jusqu’à 8 kilomètres d’altitude :

En orbite autour de Mars, TGO a photographié les traces laissées par des tourbillons de poussière avec des filtres pour en accentuer le contraste. © ESA/Roscosmos/CaSSIS

Sur Mars, ils soulèvent la poussière ocre, dévoilant alors le sable en dessous, plus sombre et plus lourd. L’utilisation de filtres donne cet aspect particulier à l’image, permettant de mieux voir les traces (en bleu) de leurs passages.

Vents martiens :

On sait depuis bien longtemps que les vents soufflent sur la Planète rouge. Avec leurs télescopes, les astronomes ont assisté à plusieurs tempêtes. Elles sont suffisamment importantes pour soulever de grandes quantités de poussière et masquer les paysages durant plusieurs semaines. En 1971, une tempête se produisit lors de l’arrivée en orbite de Mariner 9, obligeant la NASA à retarder le travail cartographique assigné à la sonde.

MRO a lui aussi photographié des traces de tourbillons de poussière sur Mars. © NASA

En plus de ces tempêtes spectaculaires, il existe une grande variété de vents qui façonnent lentement le relief de la planète Mars. Des vents capables de nettoyer en quelques semaines la poussière déposée sur les panneaux solaires des astromobiles Spirit ou Opportunity. Ou encore de dessiner de jolies arabesques sur le sol, comme nous le prouve ce cliché proposé par l’ESA.

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Mimas, l’étrange lune de Saturne qui ressemble à l’Étoile Noire

L’un des satellites de Saturne, Mimas, fait penser à l’Étoile Noire ou l’Étoile de la Mort, les stations de combat de la saga Star Wars. 

Des anneaux et des satellites à foison :

Mimas est l’un des innombrables satellites de Saturne. La planète aux célèbres anneaux n’en manque pas, puisqu’on en dénombre 82 à ce jour ! On connaît bien sûr Titan et ses lacs de méthane,  ou encore Encelade et ses geysers. Mimas est beaucoup moins célèbre. Cette lune de 400 kilomètres, découverte en 1789 par l’astronome germano-britannique William Herschel, est le plus petit satellite sphéroïde (avec une forme sphérique) de Saturne. On lui a donné le nom d’un des Géants de la mythologie grecque.

Mimas, l’étrange satellite de Saturne qui fait penser à l’Étoile Noire de Star Wars. © NASA

Principalement constituée de glace d’eau, cette lune est couverte de petits cratères d’impact. Le plus grand d’entre eux mesure 130 kilomètres de diamètre. Baptisé Herschel, il possède une montagne centrale imposante.

Un faux air de Star Wars :

En regardant Mimas, on lui trouve une certaine ressemblance avec l’Étoile Noire de Star Wars. Pur hasard, puisque lors de la sortie cinématographique de la saga en 1977, on ne disposait pas encore d’images détaillées de la surface de cette lune. Les sondes Voyager et surtout Cassini y ont pourvu depuis. Dans Star Wars, l’Empire Galactique se dote en secret d’une première station de combat, l’Étoile Noire, que Luke Skywalker parviendra à détruire (épisode IV). Il fera de même avec la seconde station, l’Étoile de la Mort (épisode VI).

L’Étoile Noire, première station de combat dans Star Wars. © Star Wars Universe

En étudiant la rotation de Mimas à partir des images fournies par la sonde Cassini, les astronomes ont remarqué que cette lune n’était sans doute pas l’astre géologiquement mort qu’ils imaginaient. Elle présente de petites oscillations qui pourraient s’expliquer par la présence d’un océan sous la croûte de glace, comme c’est le cas pour Encelade. Dans ce monde glacé, la chaleur nécessaire pour maintenir l’eau à l’état liquide trouverait son origine dans les forces de marée générées par la proximité de Saturne.

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Les saisissantes images de Jupiter prises par la sonde Juno

La sonde américaine Juno s’est approchée une nouvelle fois de la haute atmosphère de Jupiter, nous offrant des clichés saisissants.

Nouveau survol au plus près :

la sonde Juno, en orbite autour de Jupiter depuis l’été 2016, vient d’effectuer son 39e survol rapproché de la planète géante. Un passage qui lui a donné la possibilité de photographier une nouvelle fois le sommet de la couche nuageuse avec un luxe de détails. Aucune sonde ne s’était aventurée aussi près depuis le passage de Galileo il y a vingt ans. Les images récoltées à chaque perijove (survol rapproché de Jupiter) de la sonde Juno nous laissent sans voix :

Notre vision de la plus grosse planète du Système solaire ne cesse d’évoluer : que de chemin parcouru depuis les premières observations de Galilée il y a un peu plus de 400 ans ! Continuer la lecture