La longue-vue, un bon choix pour débuter en astronomie

On n’y pense pas toujours, mais la longue-vue est un instrument qui convient très bien pour s’initier à l’observation du ciel.

Combien de télescopes et de lunettes astronomiques dorment dans leur emballage, leurs acquéreurs ayant renoncé à pouvoir les mettre en service ? Combien de vocations réduites à néant devant la complexité des réglages des montures et des optiques ? L’enthousiasme du débutant retombe souvent quand il ouvre les cartons contenant l’instrument tant désiré ; sans parler des achats destinés aux enfants et qui se révèlent rapidement inadaptés.

Et si vous envisagiez l’achat d’une longue-vue ? Faisons le tour des avantages qu’offrent ces instruments qu’on ne pense pas forcément à pointer vers les étoiles.

La longue-vue (ou lunette d’ornithologie) se compose généralement d’un objectif de diamètre compris entre 50 et 100 mm pour les plus courantes, d’un tube court qui se fixe sur un trépied photo ou vidéo et d’un oculaire zoom orienté à 45°. Tout est déjà réglé en usine et l’instrument est utilisable quelques secondes après son déballage.

Il n’y a aucun accessoire à rajouter, l’oculaire zoom permettant de varier les grossissements (20 à 60 fois par exemple ou 25 à 75 fois). La longue-vue est donc totalement étanche sans risque d’y faire entrer de la poussière, de perdre ou faire tomber un oculaire ou de dérégler l’alignement des optiques.

Autre avantage très appréciable pour un débutant : contrairement aux images fournies par les lunettes ou les télescopes qui sont inversées, celles visibles dans une longue-vue sont redressées comme dans une paire de jumelles. On peut donc d’une part utiliser la longue-vue en observation terrestre, et d’autre part quand on pointe le ciel nocturne, on voit dans l’oculaire le même aspect qu’à l’œil nu ou sur une carte céleste.

Il existe des longues-vues à tous les prix, de moins de 100 euros à plusieurs milliers d’euros ; les instruments les plus chers offrent des images particulièrement nettes même en bord de champ et exemptes de chromatisme (petits liserés colorés qui apparaissent autour des astres brillants comme la Lune quand on les observe dans un instrument de moindre qualité). Rassurez-vous, les instruments d’entrée de gamme sont parfaits pour débuter et offrent des images qui auraient fait rêver Galilée !

Par contre il est indispensable de choisir un trépied très stable pour un bon confort d’observation. À titre d’exemple la longue-vue présentée dans cet article (que j’utilise régulièrement) est une Bresser Pirsch de 100 mm de diamètre grossissant de 25 à 75 fois (environ 400 €) montée sur un trépied Baader Planetarium Astro & Nature (180 €). Mais on peut commencer par un diamètre de 60 mm sur un trépied plus modeste pour un budget total compris entre 200 et 300 €.

Qu’observer avec une longue-vue ? La Lune pour commencer : au cours de ses différentes phases elle offrira à votre regard émerveillé sa lumière cendrée, ses fausses mers ainsi que ses principaux cratères et chaînes de montagnes. Ensuite vous pourrez pointer votre instrument vers les planètes : Vénus et ses phases, le ballet des 4 principaux satellites de Jupiter ou l’anneau de Saturne sont à votre portée. Avec un peu d’habitude et loin de toute pollution lumineuse (votre instrument se transporte facilement et s’emmène en vacances) vous pourrez même découvrir quelques nébuleuses (comme Messier 17), amas d’étoiles (les Pléiades par exemple) ou galaxies (Messier 31 est la plus connue). Un petit guide accompagné de cartes comme Le ciel aux jumelles vous sera très utile pour mener à bien votre voyage interstellaire.

Si vous avez des questions avant un achat, n’hésitez pas à les poser ci-dessous, je me ferai un plaisir de vous guider dans votre choix !

9 réflexions sur “ La longue-vue, un bon choix pour débuter en astronomie ”

  1. Sympa cette article. C’est vrai que j’aimais bien emprunter la longue vue de mes parents pour pointer le ciel nocturne. J’ai eu de très bon résultat sur saturne, la lune et Jupiter sans oublier M42. D’ailleurs je compte m’y remettre, quelle longue vue avec trépied conseillerez-vous dans un diamètre de 80 à 100mm pour un budget d’environ 600/650 euros tout compris ? Etes-vous content de la qualité de la bresser de 100mm ?

    Merci d’avance,

    1. Bonjour, la Bresser de 100 mm a l’avantage de son grand diamètre qui en fait un instrument idéal pour le ciel profond à condition (j’insiste) de disposer d’un excellent pied pour supporter son poids quelle que soit la région du ciel visée. Je conseille d’y ajouter un chercheur comme le Telrad car à 25X mini il est parfois délicat de pointer une cible peu brillante (à moins de très bien connaître le champ d’étoiles autour). Concernant la qualité de cette lunette, on voit apparaître un léger liseré coloré autour d’objets très brillants comme la Lune et le piqué diminue quand on augmente le grossissement, deux défauts courants dans cette gamme de prix et qui ne concernent pas les objets moins brillants du ciel profond. Cette longue-vue a un rapport qualité/prix imbattable pour un tel diamètre !

      1. Merci pour ces précisions, elle a l’air très bien ! C’est normal d’avoir un peu de chromatisme compte tenu du prix avec F/D aussi court. Mes parents avaient une Swarovski. C’est le top du top dans la catégorie mais un prix vraiment astronomique^^. Si j’avais investi autant, j’aurais moi même eu peur de la sortir compte tenu de son prix. Il faut faire avec son budget.

        Pour en revenir à la bresser, la mécanique est-elle correct ? c’est ce qui me fait le plus peur ? Ne vaut-il pas mieux prendre une longue de 80mm pour le même prix mais avec une meilleur mécanique si cela existe ?

  2. Bonjour.
    Je dois bien avouer qu’étant possesseur d’une lunette astronomique 90/900 et avec une monture AZ-3, que l’idée de partir sur un système plus compact, plus léger, qui remet l’image à l’endroit qui grossit un peu moins et qui permette un confort oculaire m’attire.
    Or, étant photographe, je possède déjà un trépied en fonte d’aluminium ainsi que 3 rotules dont une tête fluide Manfrotto 701HDV. Donc il ne me manque plus que la longue-vue !
    En revanche, je n’ai jamais eu de longue vue. Mon père m’en avait passé une très vieille. Il est quasiment impossible de voir quoi que ce soit dedans (diamètre ridicule et pourtant je suis habitué à faire le focus manuellement mais…).
    Du coup, les longues-vues m’attirent et me font un peu peur à la fois.
    A diamètre équivalent, le grossissement étant un frein à la luminosité, je pense plutôt au confort obtenu avec la pupille de sortie maximale (obtenu au grossissement minimum).
    J’en vois bien une pas chère mais ils mettent déjà tous les instruments avec… https://www.medas-instruments.com/visee-45/8197-upclose-20-60×60-mm-45-0502345222364.html
    Important : j’habite en ville et sans véhicule. J’ai une échelle de Borttle de 8 donc ce serait vraiment pour observer de temps en temps et tenter de me repérer dans le ciel aussi lorsque je m’éloigne de la ville avec le Papa. Je n’ai jamais pu voir où se trouvait l’étoile polaire et je veux la voir.
    J’en ai besoin par exemple pour réaliser mes circumpolaires avec mon matos à côté.
    Cordialement.

    1. Bonjour, la longue-vue répond tout à fait à vos besoins, elle ne doit pas vous faire peur ! N’hésitez pas à « monter » en diamètre, vous y gagnerez en luminosité 🙂

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