C’est l’une des régions lunaires les plus étonnantes : visite guidée du plateau d’Aristarque, déjà observable dans un petit télescope.
Un cratère à la jeunesse toute relative :
Pour explorer le célèbre plateau d’Aristarque, je vous invite à regarder l’hémisphère Nord-Ouest de la Lune. C’est là, au milieu de l’océan des Tempêtes (Oceanus Procellarum), que nous attend Aristarque. Il fait partie des plus jeunes grands cratères lunaires (450 millions d’années quand même !) :
Vous pensiez tout connaître de la Lune ? Découvrez l’incroyable résolution des clichés lunaires de Fabrice Morin.
La Lune revisitée :
Avec Fabrice Morin, la Lune montre un nouveau visage. Car cet astrophotographe a choisi de lui consacrer ses meilleures nuits pour en réaliser des portraits saisissants. Finesse des détails, étonnants jeux d’ombre et de lumière, contrastes accentués, tout concourt à nous faire redécouvrir notre satellite naturel. Depuis les premiers clichés des frères Henry en 1893, les astronomes n’ont en effet jamais cessé d’immortaliser les paysages lunaires, un spectacle toujours renouvelé en raison des variations d’éclairage.
Passion de jeunesse :
Armé d’un télescope de 400 millimètres de diamètre, Fabrice Morin (voir son site photo) s’inscrit dans cette longue lignée d’admirateurs. Laissons-lui nous parler de sa passion : “J’ai 53 ans et je pratique l’astrophotographie depuis maintenant plus de 35 ans. J’ai commencé par l’imagerie du ciel profond à l’époque de l’argentique. J’utilisais pour cela un télescope Newton de 250mm entièrement construit par mon père.
Avec l’avènement des premières caméras dédiées, je me suis orienté progressivement vers l’imagerie planétaire. J’ai ainsi réalisé des images de la Lune et des planètes avec différents instruments. Depuis quelques mois, je suis l’heureux possesseur d’un DocTelescope de 400mm (f/4,5). Cet instrument, construit par l’artisan italien Marco Guidi, m’a permis de faire, en conditions optimales, de superbes observations de la Lune.”
On peut également retrouver les images de ce photographe sur sa page Facebook.
Selon le spécialiste Bill Gray, l’étage supérieur d’une fusée Falcon 9 devrait percuter la Lune à plus de 8000 km/h le 5 août 2026.
Une fusée polyvalente :
Depuis son vol inaugural en 2010, Falcon 9 est devenu le lanceur de référence. Il est particulièrement fiable, avec plus de 600 lancements et seulement 3 échecs. Sa particularité : être partiellement réutilisable. En effet, le premier étage, une fois la poussée fournie, revient se poser sur une barge :
Si le lanceur Falcon 9 sert principalement à mettre en orbite terrestre des grappes de satellites, il peut aussi emmener sa charge utile beaucoup plus loin. C’est par exemple le cas du lanceur 2025-010. Lancé le 15 janvier 2025, le dixième lancement de l’année a propulsé vers la Lune Blue Ghost et Hakuto-R. Les deux atterrisseurs lunaires on fait le voyage à bord du second étage du lanceur. C’est justement cet étage qui doit s’écraser sur la Lune le 5 août 2026 (une semaine avant la grande éclipse solaire), comme l’explique Bill Gray sur Project Pluto :
Point d’impact du second étage d’un lanceur Falcon 9 le 5 août 2026. Pour toute précision sur ce phénomène (horaires, conditions de visibilité…), consultez Project Pluto.
L’impact, qui devrait se produire sur le limbe lunaire, ne sera probablement pas observable directement. Mais les astronomes espèrent photographier un panache de poussière. Quant à l’orbiteur LRO, il pourra ultérieurement survoler le point de chute de ce morceau de lanceur. Et, qui sait, peut-être y découvrir un nouveau cratère.
Au cours de ce mois de mai 2026, traditionnellement riche en rencontres astronomiques, Saturne sera de retour à l’aube.
Rencontres entre passionnés :
Comme les années précédentes, mai 2026 sera l’occasion pour les astronomes amateurs de se rencontrer. En effet, le pont de l’Ascension offre quatre jours et trois nuits sans Lune, une aubaine si la météo est clémente. Les astronomes amateurs se retrouveront durant les Rencontres Astronomiques de Printemps (RAP, 28ème édition) ou les Nuits Astronomiques de Touraine (NAT, 14ème édition). Notez également que dans le Sud de la France se déroulera la seconde édition des Nuits Astronomiques du Verdon (NAV) :
Des astronomes, amateurs ou professionnels, sont parvenus à capter la lumière du vaisseau Orion, durant la mission Artemis II.
Retour vers la Lune :
Avec Artemis II, les Terriens repartent vers la Lune, 54 ans après la dernière mission du programme Apollo. À bord du véhicule Orion, les quatre astronautes devraient amerrir vendredi 10 avril. Partis le 1er avril, ils sont allés plus loin qu’aucun être humain et ont fait le tour de la Lune. Une expérience qu’ils ont qualifiée “d’absolument spectaculaire et magnifique”. Depuis la Terre, les passionnés ont suivi cette aventure sur leurs écrans. Certains ont même tenté de capter la faible lumière renvoyée par les panneaux solaires du véhicule Orion. Un petit point faiblement lumineux au milieu des étoiles :
Avoir un instrument astronomique était indispensable, encore fallait-il savoir où viser. Au Mont Palomar, on a mis à contribution le célèbre télescope de 5 mètres inauguré en 1948. Surnommé télescope Hale (en hommage à l’astronome George Ellery Hale), il resta le plus grand du monde jusqu’en 1976 :
Les astronomes de l’observatoire ont réalisé une vidéo montrant le véhicule Orion, point immobile au milieu des étoiles en mouvement. Sans disposer d’un télescope aussi imposant, quelques astrophotographes amateurs sont également parvenus à immortaliser la scène :
Plusieurs télescopes scrutent la Lune en permanence pour enregistrer les flashs d’impacts provoqués par la chute de météorites.
La Lune bombardée :
Sur la Lune, les impacts de météorites sont loin d’être négligeables. On estime même qu’il pourrait y en avoir une dizaine par heure ! C’est un nombre impressionnant, mais somme toute assez normal. Car, contrairement à la Terre, la Lune ne dispose pas d’une atmosphère protectrice pour échauffer et désintégrer la plupart des météorites. Les impacts y sont donc fréquents :
La chute la plus spectaculaire est certainement celle du 25 juin 1178. Elle fut consignée par cinq moines anglais. Ce soir là, ils virent “une torche embrasée qui vomissait des flammes” sur le bord du croissant lunaire. Les astronomes y ont depuis localisé un cratère de 22 kilomètres de diamètre. La “jeunesse” de cet impact est confirmée par une série de rayons clairs tout autour. Hormis cet événement, seuls les impacts les plus lumineux ont été détectés pendant longtemps, un peu par hasard. Mais cette situation est en train de changer. Continuer la lecture de Les astronomes traquent d’étonnants flashs lunaires→
En analysant les images acquises par la sonde LRO, les astronomes ont déniché un nouveau cratère lunaire âgé d’une quinzaine d’années.
La Lune de très près :
Admirer la Lune est à la portée de tous. C’est déjà possible avec une longue-vue, un instrument que je vous recommande car il est facile à utiliser. Et si vous en éprouvez l’envie, vous pourrez aller encore plus loin avec un petit télescope. Il pourra vous servir à découvrir par exemple toute une série de paysages lunaires. Mais aucun instrument ne vous montrera la surface de la Lune comme le fait LRO. Cette sonde d’environ deux tonnes a été lancée en 2009 au cours de l’Année mondiale de l’astronomie. Elle orbite depuis à une altitude de 50 kilomètres au-dessus de la Lune :
Depuis 2009, LRO scrute sans relâche la surface de la Lune. Dessin Chistine Sasiad
Outre le croissant de Lune, on observe aussi la lumière cendrée qui éclaire délicatement le reste du globe lunaire. Explications.
Une douce clarté :
Qu’est-ce que la lumière cendrée ou clair de Terre ? Alors que le croissant lunaire reçoit directement les rayons du Soleil, le reste du globe est très légèrement éclairé. En cause, la lumière solaire que la Terre renvoie dans l’espace. Ce joli phénomène est particulièrement perceptible autour de la Nouvelle Lune (NL). Et c’était justement le cas ce matin, 48 heures avant la NL. Ce cliché a été réalisé avec un boîtier Nikon D3200 et son objectif Nikkor de 50 millimètres de focale. Pose de 2 secondes avec une sensibilité de 800 iso :
Léonard de Vinci fut le premier à donner une explication de ce phénomène. Dans son Codex Leicester, il proposa une théorie audacieuse. Selon lui, la Lune ressemble à la Terre, avec une atmosphère et des océans. Il suggéra donc que ces étendues d’eau réfléchissent la lumière solaire et éclairent le paysage lunaire. Le génie florentin se trompait concernant l’existence de surfaces liquides sur la Lune, mais il avait raison dans son explication. Il y a quelques années, le regretté Fred Espenak avait filmé la lumière cendrée depuis la région montagneuse de Portal en Arizona :
C’est bientôt la fin de la lunaison, l’occasion de saisir le fin croissant à proximité de Vénus dans les brumes en cette fin de nuit.
Ciel d’automne :
Brumes et brouillard sont désormais le lot des observateurs nocturnes. Si les longues nuits d’octobre laissent espérer de belles observations, la météo impose ses règles. Et c’est bien dommage en ce moment, où un ciel transparent est indispensable pour profiter du passage de C/2025 A6 (Lemmon). Je vous ai déjà longuement parlé de cette comète ici, je vous renvoie donc à l’article si vous souhaitez en savoir plus. Depuis trois semaines, je n’ai pu observer que deux fois cet astre chevelu. Le ciel est très souvent brumeux, quand ce n’est pas un épais brouillard qui me fait renoncer. Ce matin, même l’éclatante Vénus avait du mal à percer ce voile atmosphérique :
À ses côtés, le fin croissant, deux jours avant la Nouvelle Lune. Il redeviendra visible en soirée à partir du jeudi 23 sur l’horizon Ouest, juste en dessous de Mercure. Puis il prendra de l’embonpoint jusqu’au 29, date du Premier quartier. Quant à Vénus, elle se dirige tranquillement vers l’horizon, avant sa conjonction solaire le 6 janvier prochain. Je vous rappelle que vous pouvez retrouver toutes ces informations chaque mois dans les éphémérides.
En plus des traditionnels rapprochements célestes, deux comètes s’invitent dans le ciel de ce mois d’octobre 2025.
Astres chevelus au menu :
Si j’avais préparé ces éphémérides d’octobre 2025 il y a quelques semaines, il n’aurait pas été question de comètes. Mais l’imprévu est venu se glisser au milieu de phénomènes établis depuis longtemps par les lois de la mécanique céleste. Et pour notre plus grand plaisir, nous allons pouvoir suivre non pas une, mais deux comètes. Commençons par C/2025 R2 (SWAN) dont je vous parlais ici : si elle est désormais observable en début de nuit dans le ciel boréal, son éclat n’a pas atteint les valeurs espérées. Elle ne devrait pas dépasser la magnitude 6, elle sera donc réservée aux possesseurs de jumelles et télescopes :
C’est la comète C/2025 A6 (Lemmon) qui est la plus prometteuse. Comme je vous l’explique ici, elle pourrait atteindre la magnitude 2 à la fin du mois. Observable avant l’aube dans le Lynx, elle va filer en direction du Serpent en passant par le Bouvier, basculant progressivement dans le ciel du soir :
Signalons enfin la présence d’une troisième comète, C/2025 K1 (ATLAS), qui, avec une magnitude de 10, est réservée aux possesseurs de gros télescopes. Délaissons maintenant les astres chevelus et regardons le reste de l’actualité céleste de ce mois d’octobre 2025.
Phénomènes à ne pas manquer :
Le 6, veille de la Pleine Lune, notre satellite naturel escorte Saturne. Après avoir admiré les deux astres, faites un tour du côté de Cérès. La planète naine est passée à l’opposition quatre jours plus tôt avec une magnitude de 7,6.
Le 8 à l’aube, admirez dans un instrument le bel alignement des quatre principales lunes de Jupiter. L’amas d’étoiles NGC 2420 complète ce joli tableau céleste.
Le 10 à l’aube, la Lune gibbeuse décroissante est toute proche du célèbre amas d’étoiles des Pléiades.
Le 13, c’est le Dernier quartier de Lune. En fin de nuit, les ombres de Ganymède et Io vont visibles simultanément sur le disque de Jupiter. Un télescope est indispensable pour admirer ce spectacle.
Le 14 avant l’aube, Ganymède devrait occulter l’étoile HIP 37442 (magnitude 7,5). Un phénomène rare, pour lequel on trouvera plus d’infos ici.
Les 16 et 17 en fin de nuit, cherchez la comète C/2025 A6 (Lemmon) juste à côté de Cor Caroli, la célèbre étoile double des Chiens de Chasse.
Le 19 avant l’aube, le fin croissant de Lune décroissante surplombe l’horizon Est, non loin de la brillante Vénus. La très discrète comète C/2025 K1 (ATLAS) est également présente.
Le 21, c’est la Nouvelle Lune.
Les 22 et 29 en seconde partie de nuit, un télescope vous permettra d’admirer de nouveau le lent transit des ombres de deux lunes de Jupiter sur le disque de la planète.
L’été s’achève doucement, Orion est de retour, Jupiter et Vénus scintillent à l’aube et la Lune leur rend visite.
Brillantes planètes :
Il ne vous a pas échappé que Jupiter et Vénus occupent le ciel en fin de nuit. La première ne cesse de gagner en visibilité (elle se lève de plus en plus tôt) avant son opposition le 10 janvier 2026. La seconde se dirige tranquillement vers l’horizon, avant sa conjonction solaire le 6 janvier prochain. Quant à la Lune, après son éclipse totale il y a quelques jours, elle sera nouvelle le 21 septembre. Mais attention, deux jours plus tôt, le 19 en milieu de journée, elle occultera Vénus !
En attendant ce rendez-vous céleste, on pouvait observer ces astres en fin de nuit, alors que la célèbre constellation d’Orion est de retour. À l’horizon, la brillante Sirius attire l’œil, tandis que plus haut, les inséparables Castor et Pollux surplombent la Lune. l’image ci-dessous a été réalisée avec un boîtier Nikon D3200 équipé d’un objectif Samyang de 12 millimètres de focale. La pose a été de 4 secondes à 800 iso :
Si le beau temps persiste, vous pourrez suivre la descente du croissant de Lune en direction de Vénus les deux prochains matins.
Une petite lunette astronomique ou un modeste télescope permettent de découvrir l’étonnant Mur droit ou Rupes recta.
L’épée dans la Lune :
Le Mur droit est sans doute la plus étonnante curiosité lunaire. Située sur la bordure Est de la Mer des Nuées (Mare Nubium), cette formation est observable avec un éclairage optimal juste après le Premier Quartier ou juste avant le Dernier Quartier. Pas besoin d’un gros instrument, un grossissement d’une cinquantaine de fois suffit pour la détailler :
Localisation du Mur droit en bordure de la mer des Nuées.
Cette curiosité fut découverte en 1650 par l’astronome et mathématicien hollandais Christian Huygens qui la surnommait l’épée dans la Lune. Si vous observez le Mur droit juste après le Premier Quartier (comme sur l’image ci-dessous réalisée par Aerts Leo) vous allez penser qu’il s’agit d’une haute falaise projetant son ombre dans la Mer des Nuées :
Il n’en est rien : c’est l’éclairage rasant qui produit cet effet. Rupes recta est en réalité une dénivellation de 300 mètres qui court sur 120 kilomètres de long. Cette longue pente douce résulte très probablement d’un affaissement du sol qui s’est produit lors du refroidissement de la mer des Nuées (une formation identique, Rupes Cauchy, est observable dans la Mer de la Tranquillité). L’astrodessinateur Laurent Oumar nous fait visiter cette région lunaire :
Lorsque vous aurez fini d’explorer Rupes recta, prenez un peu de temps pour admirer quelques jolis cratères d’impact de part et d’autre : à l’Est se trouve Thebit (57 km de diamètre) avec un second cratère, Thebit A (20 km) à cheval sur son rempart suivi d’un troisième encore plus petit (Thebit L, 12 km). À l’Ouest se trouvent les cratères Birt (17 km) et Birt A (7 km). Il faut un grand télescope et une atmosphère stable pour observer la faille Rima Birt :
Astronome amateur gallois, Hugh Percy Wilkins (1896-1960) fut l’auteur de nombreuses cartes de la Lune, dont une monumentale.
La Lune, rien que la Lune :
Hugh Percy Wilkins naquit au Pays de Galles le 4 décembre 1896. Contrairement à Étienne Léopold Trouvelot qui se mit à dessiner les spectacles célestes à plus de quarante ans, Wilkins commença beaucoup plus jeune. Il réalisa en effet ses premiers croquis de la Lune à l’âge de treize ans. Puis il entra en 1918 à la British Astronomical Association (BAA) où il occupa ultérieurement le poste de directeur de la Section lunaire. Il acheva de dessiner une première carte de la Lune en 1924. Elle allait être suivie de beaucoup d’autres, de plus en plus grandes et de plus en plus détaillées :
Au début, Wilkins réalisait ses dessins avec un télescope de 32 centimètres de diamètre qu’il remplaça ensuite par un autre de 40 centimètres de diamètre. C’est l’instrument que l’on voit dans le reportage ci-dessous, réalisé en 1953 :
Avant qu’elle n’escalade la voûte céleste les nuits prochaines, la jeune Lune nous a offert hier soir son plus beau sourire.
Nouvelle lunaison :
Avez-vous vu le sourire de la jeune Lune hier soir ? Posé loin au-dessus de l’horizon Ouest, il était particulièrement photogénique. Très souvent, le croissant n’a pas cette orientation. Il se tient bien droit, ou légèrement penché :
Tout dépend, vous l’aurez compris, de sa position par rapport au Soleil. Il nous fait un sourire quand il est juste au-dessus du Soleil couché. Mais que signifie jeune croissant ? Le jeune croissant de Lune est celui qu’on observe après la Nouvelle Lune (NL), donc le soir. À l’opposé, le vieux croissant (celui du matin) précède la NL. On considère qu’il faut attendre au moins 24 heures après la NL pour commencer à distinguer le jeune croissant. Mais si vous êtes novice, sachez que son observation deviendra plus aisée à partir de 35 heures après la NL. Le croissant ci-dessous a été photographié une cinquantaine d’heures après la NL :
Pour réaliser ce cliché, j’ai placé un appareil photo derrière un télescope de 102 mm de diamètre. Une pose assez rapide révèle quelques détails sur ce sourire d’argent (montagnes et cratères d’impact). Une pose plus longue aurait permis de mettre en valeur la lumière cendrée au détriment du croissant surexposé.
Quelques semaines après Vénus, c’est au tour de Saturne de prendre place discrètement dans le ciel de l’aube.
Timide apparition :
Saturne redevient observable ! La planète préférée des astronomes est de retour à l’aube, après sa conjonction avec le Soleil le 12 mars dernier. Oh bien sûr, il va falloir patienter pour l’observer. Encore très basse, la planète aux anneaux affiche une modeste magnitude de 1,2. Rien de comparable avec l’éclat de Vénus (magnitude -4,6). D’ailleurs, l’astre n’apparaît que sur les photographies, et en cherchant bien. Le ciel est encore trop lumineux pour dénicher la planète à l’œil nu :
Saturne va s’élever progressivement, et sera une cible de choix cet été, avant son opposition le 21 septembre 2025. C’est désormais la face Sud des anneaux que nous allons contempler, après le passage de la Terre dans leur plan le 23 mars dernier. Si Vénus et Saturne ont pris place dans le ciel du matin, Mars et Jupiter sont encore un peu observables en soirée. N’oubliez pas de consulter les éphémérides au fil des mois pour en savoir plus !
Une planète bien entourée :
274 lunes au compteur : Saturne compte presque deux fois plus de satellites que toutes les planètes réunies ! Une publication de l’UBC rapporte qu’une première campagne menée entre 2019 et 2021 avait permis de détecter 62 lunes supplémentaires (la planète aux anneaux en comptait 146 jusque-là). Pour leurs recherches, les astronomes avaient utilisé le Canada-France-Hawaii-Telescope (CFHT). Ils ont récidivé en 2023 avec le même instrument, portant le total de leurs découvertes à 128. Mais seuls Titan, Rhéa, Japet, Dioné et Téthys sont observables dans un télescope d’amateur.
Le nouveau télescope de l’Observatoire de Kitt Peak a immortalisé un étonnant cache-cache céleste entre la Lune et la planète Mars.
Un observatoire dans le désert :
Situé en Arizona, le désert de Sonora est la plus grande zone aride de l’Amérique du Nord. On y trouve de magnifiques cactus Saguaro (Carnegiea gigantea) dont certains atteignent 15 mètres de haut. En raison de son climat, la région a été choisie en 1958 pour y créer un observatoire astronomique :
Alors qu’en France nous assistions à un rapprochement serré entre les deux astres (voir ici), le spectacle était bien plus intéressant depuis l’Arizona. De plus, l’occultation intervenait alors que la Planète rouge se trouvait au plus près de la Terre. Depuis, la quatrième planète du Système solaire s’éloigne de nous. Il faudra attendre la prochaine opposition en février 2027 pour qu’elle retrouve un diamètre apparent convenable.
Le photographe Valerio Minato a immortalisé une superbe Lune écarlate dans l’axe de deux monuments emblématiques de Turin.
Joyaux architecturaux :
Si Turin, capitale du Piémont, est connue pour sa gastronomie, son architecture raffinée fait le bonheur des touristes. Sur les hauteurs de la ville, deux superbes édifices attirent le regard. Il s’agit de l’abbaye Sacra di San Michele et de la basilique de Superga. La première, bâtie entre 983 et 987 au sommet du mont Pirchiriano, a inspiré Umberto Eco pour l’écriture de son roman Le nom de la rose. La seconde, perchée sur une colline à 670 m d’altitude, est un chef-d’œuvre de l’architecture baroque. Elle fut édifiée à partir de 1717 pour remercier la Vierge Marie de la libération de la ville, assiégée par l’armée française de Louis XIV. Depuis la basilique, on a une vue panoramique sur Turin et sur le massif des Alpes. Continuer la lecture de À Turin, l’étonnant spectacle d’une Lune écarlate→
Parmi les nombreuses recherches qu’il mena, Lucien Rudaux consacra plusieurs décennies à étudier les couleurs de la Lune.
Les multiples facettes d’un passionné :
Lucien Rudaux, l’astronome de Donville, aurait eu 150 ans cette année. Voici le portrait qu’en dresse la Société Astronomique de France : ” Lucien Rudaux (1874-1947), « l’astronome de Donville », fut un brillant amateur de sciences dont la notoriété a largement dépassé les limites de l’Hexagone durant la première moitié du XXe siècle. Curieux et avide de savoirs, il se consacra avec enthousiasme à la fois à l’astronomie, à la météorologie, à la physique du globe ou encore à la spéléologie grâce auxquelles il côtoya les grandes figures scientifiques de son époque telles que Camille Flammarion, Édouard-Alfred Martel ou Alexandre Ananoff. C’est par le dessin et surtout la photographie qu’il enregistrait et documentait ses recherches. ”
Passionné par la Lune, l’astronome William Henry Pickering (1858-1938) était convaincu que notre satellite naturel regorgeait de vie.
Frères astronomes :
Dans la famille Pickering, il y a William Henry et son grand frère Edward Charles (1846-1919). Ce dernier est connu pour avoir dirigé l’Observatoire de Harvard (HCO) de 1876 à sa mort. C’est là qu’il réalisa d’importants travaux de spectroscopie stellaire. Plusieurs astronomes féminines travaillèrent sous ses ordres, comme la célèbre Henrietta Swan Leavitt. Edward Charles Pickering fut également cofondateur en 1911 de l’American Association of Variable Star Observers (AAVSO). Mais revenons au petit frère :
William Henry Pickering naquit à Boston le 15 février 1858. Même s’ils ont les mêmes initiales, ne le confondez pas avec William Hayward Pickering qui dirigea le Jet Propulsion Laboratory (JPL) de 1954 à 1976. Diplômé du Massachusetts Institute of Technology (MIT) en 1879, William Henry entra au HCO dirigé par son grand frère. Ce dernier lui confia d’abord la direction de la station d’observation de Arequipa au Pérou. Puis il l’envoya en 1900 à Mandeville en Jamaïque pour y fonder une autre station d’observation. C’est là que le cadet fit le reste de sa carrière d’astronome jusqu’à sa mort en 1938. Continuer la lecture de W. H. Pickering, l’astronome qui aimait (trop) la Lune→
En août, le Dernier Quartier de Lune nous réserve une jolie surprise en traversant l’amas des Pléiades, un spectacle à suivre aux jumelles.
Le ciel aux jumelles :
On ne le répètera sans doute jamais assez, l’astronomie se pratique d’abord avec une paire de jumelles. Lisez par exemple mon test des Yeux de hibou. Utilisation des deux yeux, clarté, grand champ, image redressée conforme à ce qu’on voit à l’œil nu… sont quelques-unes des qualités de cet instrument. Le 26 août avant l’aube, ce sera le moment de sortir la paire sagement rangée dans un tiroir. La Lune, à son Dernier Quartier, a en effet la bonne idée de passer devant l’amas d’étoiles des Pléiades :