El Hierro : France 5 les 2, 10 et 16 septembre avec un documentaire allemand

Voici la nouvelle d’hier soir, le dimanche 2 septembre, que j’ai su hélas avec un brin de retard mais il y aura deux sessions de rattrapage : l’île d’El Hierro aux Canaries sera sur France 5, pendant 50 minutes, le lundi 10 septembre à 15h40 et  le dimanche 16 à 0h55 ce qui, en pratique, fait le samedi 15 septembre, très tard dans la nuit.

Salle des turbines de la centrale hydraulique de Gorona del Viento en construction. Décembre 2012. Ile d’El Hierro, Canaries © A. Gioda, IRD.
Le documentaire de Holger Vogt est déjà daté de 2014 soit de l’époque précédant l’inauguration de la centrale hydro-éolienne EnR et tous les échos qui en résultèrent. C’était une époque tranquille (un adjectif souvent accolé à l’île) sur El Hierro au sens qu’il ne se passait pas grand chose. L’activité économique dont le tourisme étant encore largement anesthésiée par les conséquences de l’éruption sous-marine de 2011-2012  bien qu’une action à long terme, l’extension du bio dans l’agriculture insulaire, se développât à son rythme forcément lent.

« Hormis quelques erreurs et omissions sur la production d’énergie et sur celle de l’eau potable, le documentaire est riche d’enseignements » selon Dominique Delport qui anime, depuis les années 2000, bien des initiatives locales dans la Manche, telle une monnaie solidaire, et même bien au-delà, sur le plateau du Larzac, pour l’Internet haut débit destiné aux fermiers isolés.

Enclos ou corral de chèvres au-dessus de l’abîme des falaises entourant le ravin du Barranco de Lapita, au sud du village d’Isora. Ile d’El Hierro, Canaries. © A. Gioda, IRD.

 

El Hierro : un mix énergétique de 45 % d’EnR en 2017 et de 61 % au premier semestre 2018

Voici le mix ou le bouquet énergétique de l’île d’El Hierro, aux Canaries, selon les informations de Tomás Padrón (le père de la centrale EnR Gorona del Viento). Par conséquent, ce ne sont pas des données officielles que je vous transmets. Toutefois, je pense que nous soyons fort près de la vérité car il est possible de suivre, quasiment en direct, la production électrique instantanée sur El Hierro ou plus exactement la demande et donc d’en faire l’intégrale, jour après jour. Une version pour téléphone portable est même disponible.
– année 2017 complète sur El Hierro : EnR 45,3 % versus énergie fossile (fuel) 54,6 % ;
– premier semestre 2018 : EnR 61,4 % versus énergie fossile (fuel) 38,5 %.
Dans le détail et toujours à l’échelle insulaire, le nombre d’heures à 100 % EnR croît régulièrement sur El Hierro, au fil des années.

El Hierro : le volcan Tagoro fait naître une nouvelle et belle espèce de bactérie marine

Le billet sera assez bref car j’ai manqué le train, toujours véloce, de la science. Heureusement, le site qui m’héberge, Futura-Sciences, avait été vigilant et la nouvelle y était déjà en ligne. Toutefois, vu que ce blog a une forte tonalité insulaire et qu’il est centré géographiquement sur l’île d’El Hierro aux Canaries, il était difficile de ne pas évoquer une information, bien diffusée dans les médias, depuis mai 2018.
La bactérie d’El Hierro Thiolava veneris, nouvelle pour la science, dont les tapis sous-marins sont spectaculaires, est, parmi les 10 espèces les plus remarquables, au Monde, découvertes durant l’année 2017.

Tapis sous-marin de la bactérie « cheveux de Vénus » (Thiolava veneris). Zone du volcan sous-marin Tagoro, fonds de l’île d’El Hierro, Canaries. © Miquel Canals, Universitat de Barcelona.

Il est rarissime qu’une bactérie fasse la première des titres. Sans doute est-ce partiellement pour sa splendeur qui évoque, dans ses tapis, les cheveux de Vénus. Son nom lui a été donné en référence à la déesse de la beauté de Botticelli, sortant des ondes, sachant aussi que sa découverte vient d’une équipe de recherche partiellement italienne. Continuer la lecture

El Hierro, Madère, Samso, Orcades et Islande : les EnR et leur rediffusion sur ARTE

Une bonne nouvelle que la rediffusion sur Arte de cinq documentaires, de chacun 53 minutes, au sujet des expériences abouties des énergies renouvelables (EnR), souvent locales et citoyennes, sur Les îles du futur suivantes :
El Hierro aux Canaries (Espagne)  disponible aussi en allemand ;
Madère, dans l’outre-Mer portugais ;
Samso ou Samsø au Danemark, face à la presqu’île du Jutland ;
l’archipel des Orcades au nord de l’Ecosse, dans le Royaume Uni ;
– et l’Islande, une grande île et un Etat indépendant où l’autonomie énergétique est assurée toute l’année, soit 100 % EnR.
En ligne, les cinq documentaires resteront disponibles jusqu’au 26 ou 28 juin, pour certains d’entre eux. Bonne vision si vous en aviez le loisir et l’envie…

L’affiche de Renisla (un programme Unesco pour les EnR) reprend et interprète une photographie de quatre moulins du parc du l’île (qui en compte cinq), dans le brouillard qui est la signature de son paysage météorologique. Cabildo de El Hierro, Canaries, Espagne.

 

Abdère antique : Démocitre et philosophes, imbéciles et malaria, Cassin à l’Académie

L’ancienne cité-état d’Abdère ou Abdera était un port du nord de la Mer Egée qui s’est ensablé et qui était riverain du delta du fleuve Mesta (en bulgare) ou Nestos (en grec). Colonie ionienne (telle Marseille), l’Abdère antique est une ville morte du nord de la Grèce dans la région de la Thrace. Ces ruines, abandonnées en totalité au XVIe siècle, et son musée de site, construit à quelques kilomètres – plus en arrière à l’intérieur des terres – dans la petite agglomération moderne, ne sont pas spectaculaires même si fort bien tenus.

Ruines d’Abdère, Thrace, Grèce. Détail des remparts Sud et de la porte Ouest. © Chaido Koukouli-Chrysanthaki.

Les visiteurs sont rares car nous sommes, d’Athènes la capitale de l’archéologie grecque, éloignés de 715 kilomètres par la route. Par conséquent, Abdère est bien plus proche des frontières bulgare et turque, au-delà de la grande ville de Thessalonique, dans un paysage de vastes plaines ouvertes où se développe la grande agriculture mécanisée. Dans l’Antiquité, Abdère était une cité, certes à la périphérie du monde grec, mais fort riche, notamment déjà grâce à son arrière-pays agricoleContinuer la lecture

Amérique : conquistadors, déforestation et changement climatique

En avril dernier dans la revue L’Histoire et plus précisément dans la rubrique Le coin des chercheurs, Jean-Baptiste Fressoz a publié un article au sujet de l’importance de la prise de conscience, chez les conquistadors et leurs compagnons, de la déforestation et de ses conséquences qu’ils observaient et cherchaient à comprendre. Fressoz travaille des textes à partir du XVe siècle et il évoque, dans un large encart, l’exemple de l’arbre saint de l’île d’El Hierro aux Canaries et donc sur la route maritime de l’Amérique.

Dessin ancien de l’arbre saint ou encore arbre fontaine ou bien Garoé, repris par Baldini (1993). El Hierro, Canaries.

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Îles grecques et côte occitane : colonisation des tortues d’eau douce

La découverte d’une toute petite et jeune tortue sur la longue plage de sable de Keramoti, face à l’île grecque de Thasos (340 km2) qui dépend de la région de Macédoine, a été l’occasion pour moi d’apprendre encore une fois.

Jeune exemplaire de la tortue d’eau douce Mauremys rivulata dans ma main. Plage de Keramoti, Macédoine, Grèce. © Stefy Mellace.

Situé dans le Parc National de la Macédoine Orientale et de la Thrace, la plage de Keramoti est un littoral non bâti qui déroule son sable blond sur plusieurs kilomètres. Lors d’une promenade matinale fin avril, ma femme y a découvert une toute petite tortue sur la plage au contact de la mer. Malgré mes efforts car je l’avais pris pour une tortue caret ou caouanne (Caretta caretta), l’animal ne voulait pas nager en mer et il regagnait toujours la plage par flottaison. Continuer la lecture

Canaries : à la voile, des élèves écologues avec un crowdfunding

Voici un état des lieux de l’initiative en cours autour d’un financement participatif (crowdfunding en anglais) afin d’aider le travail de terrain des lycéens du Jean Monnet  de Montpellier connaissant la nécessité de chasser les espèces sonnantes et trébuchantes. Barré par le breton Jean-Luc Tollemer basé à Bouzigues (Hérault) et rattaché à la Scop ARIAC34, le bateau familial et solidaire de Planète en commun appareillera de Sète le 17 septembre pour faire escale à Tenerife puis à El Hierro aux Canaries fin octobre. Il y serait rejoint par des élèves et des anciens du Lycée Jean Monnet de Montpellier afin d’y travailler en écologie et  les énergies renouvelables (EnR) avec leurs professeurs, Dominique Chirpaz et Christine Genuist, mes Collègues espagnols techniciens des îles et moi-même.

Photomontage de l’équipe du Lycée Jean Monnet de Montpellier pour la mission El Hierro-Tenerife de 2018 faite avec Planète en commun. © D. Chirpaz, IRD.

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Montaillou et le Monde : biographie de Le Roy Ladurie, historien notamment du climat

Stefan Lemny travaille à la Bibliothèque de France comme chargé des collections. Il m’avait annoncé, déjà il y a quelques mois, la sortie de cet ouvrage de biographie, officiellement disponible depuis la mi-février 2018, pour préparer le quatre-vingt dixième anniversaire de la naissance de l’historien Emmanuel Le Roy Ladurie né donc en 1929.

Première de couverture de la biographie par Stefan Lemny d’Emmanuel Le Roy Ladurie. © Hermann éditeur, Paris, 2018.

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El Hierro-Martinique : exploit de la transat en solitaire à la godille

Un grand exploit parce que le bateau était tout petit, presque une coque de noix : 6,50 mètres. Un grand défi parce que la traversée fut faite en solitaire et à la seule godille avec un coup de pousse des alizés (bien que l’absence de voilure n’ait pu aider leur capture). Un grand défi parce que fait avec un mince financement participatif qui n’a pas favorisé la mise au point de dérives performantes pour la navigation. Un grand succès car le temps de cette toute première transat El Hierro-La Martinique en solitaire et à la godille fut de 59 jours. Un temps à comparer aux 36 jours de la première traversée de Christophe Colomb lui-aussi parti des Canaries, de La Palma de Gran Canaria, le 6 septembre 1492 et qui toucha le Nouveau Monde le 12 octobre avec ses trois bateaux à voile : deux caravelles et une caraque. A l’inverse de Le Merrer, Colomb bénéficia d’une traversée parfaite avec des alizés soufflant si forts que ses marins craignaient de ne pas pouvoir remonter au vent pour le voyage de retour (ici la technique pour les jeunes en kitesurf). Rappelons qu’Hervé Le Merrer était sorti du port de La Restinga sur l’île d’El Hierro aux Canaries le 28 décembre à 14 heures (heure de Londres) pour une arrivée le 25 février vers 17 heures (heure locale) sur la plage de Bourg de Saint-Anne sur l’île de La Martinique.

Photographie de la page Godille sur Facebook avec Hervé Le Messer à la manœuvre.

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« Les climats, les saisons, les sons, les couleurs, l'obscurité, la lumière , les éléments, les aliments, le bruit, le silence, le mouvement, le repos, tout agit sur notre machine, et sur notre âme . » Jean-Jacques Rousseau, Les confessions.