Archives pour la catégorie Voyages

El Hierro : série policière TV, beauté des paysages et transition énergétique

C’est ici un bon exemple de comment casser les stéréotypes ou bien de comment briser le moule ou encore de Breaking the waves (pour reprendre le titre d’un film dérangeant)  en ce temps où les jeunes soit les lycéens et étudiants nous ont rejoints pour acter la transition énergétique y compris au plan juridique.
El Hierro est une île très isolée, la dernière de l’Espagne face aux lointains Etats-Unis qui sont au bout des ondes de l’océan Atlantique. Le fait qu’elle soit préservée dans son intégralité – par son statut de Réserve de Biosphère qui s’étend aussi à une partie de la mer des Calmes, la zone au sud de l’île – donne ainsi un très beau cadre à la série TV policière avec son empreinte humaine limitée à 10 000 habitants et ses presque 1 000 bouches volcaniques, sans oublier ses éoliennes et barrages hydrauliques. Arte a cofinancé une série policière TV espagnole qui est diffusée en France en ce moment. Voici les trailers des 8 épisodes et la série passe du 19 septembre jusqu’au 3 octobre : épisode 1 ; épisode 2 ; épisode 3 ; épisode 4 ; épisode 5 ; épisode 6 ; épisode 7 ; épisode 8.
Bonne vision ! D’autant plus que,  l’intégrale de la série est visible sur Arte TV jusqu’au 16 octobre. Enfin, le tournage d’une saison 2 est acquis.
Toujours grâce à Arte TV et afin de revenir les pieds sur terre après une fiction, El Hierro est une île traditionnelle, tout en étant ancrée dans le futur avec sa transition énergétique réussie.

Toujours au sujet d’El Hierro, Arte avait encore fait tourner un long documentaire en 2013-2014 (au format dit de 44 minutes) au sujet de la transition énergétique, dans la série Les îles du futur qui repasse en ce moment. Toutefois, afin de ne pas gêner la diffusion de la série policière TV El Hierro de 2019, seulement les documentaires à propos des autres îles et d’un archipel sont émis à nouveau et ils restent heureusement en ligne : les Orcades (nord de l’Ecosse), Madère (Portugal), Samso (Danemark) et l’Islande.
Enfin concernant la transition énergétique et écologique de manière générale, je reprends bien volontiers les mots d’un échange tout récent avec l’architecte écologiste Yves Perret :

« Je ne pense pas que nous sommes si peu nombreux. Je pense que nous sommes isolés. Quand je fais des interventions publiques – j’en fais beaucoup – il y a plein de monde : des « déjà convaincus » qui viennent refaire leurs forces et agrandir leurs réseaux ; et des « en crise » qui sont sur le point de passer à l’action. Le point de bascule s’approche à toute allure. »

Mots auxquels j’ai répondu par ceux-ci : « Les choses ont bien changé avec la mise en avant des jeunes qui montrent les contradictions criantes des politiques, surtout au niveau national et régional, et de l’administration centrale. A mon niveau, j’ai panaché, depuis quelques jours seulement, mes fichiers notamment en mélangeant journalistes, gens des médias, militants et jeunes pour briser l’un des maux les plus grands que vous dénonciez : notre isolement. Illustration de cette stratégie : j’ai participé le 17 septembre à une manifestation des écoliers à Bouzigues dans l’Hérault avec donc des scolaires, encadrés par la professeure Sarah Bower, une association soit Planète en Commun et la Mairie de Bouzigues (Hérault), représentée par Madame Eliane Rosay, le maire engagé de ce village de conchyliculture de l’Etang de Thau. Haut les cœurs ! Alain G. »

La photographie mise en avant est celle du bord de mer de Charco Manso, un lieu de baignade classique du nord de l’île d’El Hierro. Dans ce lieu très isolé, l’électricité publique est fournie par l’énergie solaire pour les quelques lampadaires implantés. Ce jour de fin octobre 2017, la mer était forte sur l’Océan Atlantique. El Hierro, Canaries. © A. Gioda, IRD.

 

Meuse : Vent des Forêts, Matali Crasset, guerre et création villageoise

Vent des Forêts est une association, accueillant un centre d’art à ciel ouvert, située au cœur du département de la Meuse. En région Grand Est de la France, six villages agricoles et forestiers, autour de Fresnes-au-Mont, invitent depuis 1997 des artistes contemporains à développer un travail de création en prise directe avec le territoire. Plus précisément, ce sont 5 000 hectares de forêt à proximité des villages de Dompcevrin, Fresnes-au-Mont, Lahaymeix, Nicey-sur-Aire, Pierrefitte-sur-Aire et Ville-devant-Belrain. Comment ai-je entendu parler de ces activités villageoises artistiques ? Grâce à une invitation de Gwendal Sousset qui collabore avec BDI, l’agence du développement économique de la Région Bretagne, et qui m’avait convié au festival 360 possibles des 12 au 14 juin au parc du Thabor de Rennes. Parmi les exposants, il y avait Matali Crasset, l’une des designers les plus cotées en France, qui a débuté dans l’équipe de Denis Santachiara à Milan et celle de Philippe Starck à Paris.

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La Réunion et Monténégro : un arbre fontaine et un autre artésien

C’est l’été et donc je passerai quelques vidéos rafraîchissantes et une provocante liées à des arbres fontaines et à une artiste les ayant mis en scène. Au-delà de l’exemple que j’illustre souvent dans ce blog de l’arbre fontaine d’El Hierro aux Canaries, il y a bien d’autres au Pérou, au Chili, au Maroc, sur l’archipel du Cap-Vert, à Djibouti, dans le Dofar du sultanat d’Oman, sur l’île de La Réunion… Sur cette dernière terre, département d’outre-mer dans l’Océan Indien, je vous invite à voir le bois de couleur des Hauts qui est un milieu propice localement aux arbres fontaines. Le bois de couleur est une forêt de montagne tropicale typique des Hauts, une zone à forte nébulosité, de l’île de La Réunion.

Tamarin des Hauts (Acacia heterophylla) du bois de couleur dans le brouillard. Nez de Bœuf, La Réunion. © J.-F. Bègue pour le Parc National de La Réunion.

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El Hierro : des transats zéro carbone solidaires, du méridien zéro au Nouveau Monde

Au port de La Restinga de l’île d’El Hierro, se succède des voiliers et autres embarcations EnR afin de traverser l’Océan Atlantique. Ce sont des transats originales faites par des navigateurs français en majorité bretons ou ayant de forts liens avec la Bretagne. Ces transatiers sont à la recherche d’exploits personnels afin de porter des initiatives citoyennes ou visant à promouvoir les EnR dans la lutte contre le changement climatique. Une force admirable anime ces navigateurs, combinée à une savante approche, sans oublier maints calculs effectués afin de ne pas disparaître en mer sur des prototypes, le plus souvent de leur dessin et quelquefois même faits de leurs mains. L’actualité est le prochain départ d’El Hierro du bateau à rames de Jérôme Bahuon (en photo ci-dessus) qui veut, grâce à sa traversée de l’Atlantique en solitaire, d’abord, récolter de l’argent pour l’association Leucémie Espoir et, ensuite, « dédramatiser le don de moelle osseuse ».

Jérôme Bahuon a testé son embarcation transatlantique à avirons, pendant 2 années, avant de partir sur l’île d’El Hierro (Canaries) à la mi-janvier 2019. © Bigood Leucémie bandeau.

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El Hierro et Marrakech : bonne année et une vidéo EnR avec les jeunes

Chers lecteurs, veuillez accepter mes souhaits pour une bonne et prospère année 2019.
Sur le versant (du volcan d’El Hierro), voici une vidéo revigorante, autour du développement durable et des EnR, de notre mission d’octobre et novembre 2018 faite avec l’association Planète en Commun.

Elle a été longue à monter à partir de l’archipel du Cap-Vert où l’Internet n’est pas toujours véloce sur le voilier Luna Blu de Planète en Commun voguant entre deux îles ! Grâce à deux professeures, la mission avait été montée pour quatre élèves du Lycée Jean Monnet de Montpellier, deux étudiantes de l’Université de Marseille et un doctorant du CEFE/CNRS.
Avec plaisir et au Maroc, je remettrai le couvert à l’Université Cadi Ayyad de Marrakech en mars 2019, avec les étudiants africains et maghrébins du programme européen Erasmus+ appelé Afreqen au sujet des EnR, en tant que membre de son conseil scientifique. Continuer la lecture

El Hierro : le regard du naturaliste canarien Eustaquio Villalba

Il est quasiment impossible d’ignorer Quique l’alias d’Eustaquio Villalba Moreno aux Canaries quand on parle de sciences naturelles. Quique est connu, d’abord de presque tous, pour son travail d’animation à la Radio Nationale Espagnole (en anglais) et aussi comme  auteur de livres de divulgation scientifique et d’atlas régionaux, membre de nombreuses sociétés savantes des Canaries et paladin de la cause des réserves naturelles.

Le naturaliste des Canaries Eustaquio Villalba alias Quique. Lui, il précise : « géographe, paléoclimatologue et vulcanologue ». Comme militant, il est également le porte-parole de la Asociación Tinerfeña de Amigos de la Naturaleza (ATAN). © A.G. para El Diario de Avisos, 02/05/2016.

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Tenerife et El Hierro : succès de la mission jeunes et voiliers de 2018

Quelques mots sont seulement nécessaires pour vous dire que la mission Tenerife et El Hierro 2018, avec sept jeunes et deux voiliers, s’est bien déroulée et qu’elle s’est  achevée le 3 novembre aux Canaries. Quelque vingt jours après ce retour à Montpellier, déjà de nombreux textes d’étape – une bonne dizaine – ont été rédigés, grâce à l’aide des deux professeures du Lycée Jean Monnet m’accompagnant : Dominique Chirpaz et Christine Genuist, et dont je donne volontiers les titres :  énergie photovoltaïque ITER sur Tenerife ; village bioclimatique ITER ; volcan El Teide toujours sur Tenerife ; astronomie El Teide ; journée en mer sur le Luna Blu en vue d’El Hierro ; protocole pour l’observation des oiseaux marins ; pêche durable dans les eaux d’El Hierro ; dessalement de l’eau de mer sur El Hierro ; l’autosuffisance de l’île d’El Hierro ; rencontre avec le créateur de la centrale hydro-éolienne d’El Hierro ; puffin de Scopoli dont notre groupe a recueilli un gros poussin le 31 octobre sur El Hierro ; oiseaux des Canaries ; Jardin Botanique de La Orotava sur Tenerife ; Tela Botanica et herborisation sur El Hierro ; et mots croisés  au sujet de la mission. Une cartographie des lieux à visiter avait été faite avant le départ et le programme d’études fut presque respecté, malgré deux coups de tabac subis par les équipages des voiliers entre Tanger et El Hierro dont la traîne de l’ouragan Leslie. Toutefois, place maintenant à quelques images du groupe lors de différentes visites sur l’île d’El Hierro.

Mission El Hierro 2018. Notre groupe photographié face au réservoir inférieur de Gorona del Viento. @ S. Locci pour Planète en commun sur Facebook.

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Tenerife et El Hierro : les jeunes, le développement durable et les EnR

Ce mois d’octobre, la mission des jeunes, issus du Lycée Jean Monnet de Montpellier, sur les îles de Tenerife et d’El Hierro aux Canaries a bénéficié de l’éclairage de National Geographic Kids, grâce au journaliste et photographe Raphaël Baldos qui était déjà venu sur place travailler en 2012.
Dans l’ordre chronologique, le départ du bateau à voile Luna Blu de Planète en commun, escorté de Kaora, de Tanger au Maroc vers l’archipel des Canaries, l’Outre-Mer espagnol, a eu le lundi 15 octobre. L’ultime réunion générale le 18, avant la mission aux Canaries, s’est tenue au Lycée Jean Monnet de Montpellier entre les élèves, leurs parents, les professeures et moi-même qui, à l’IRD,  étudie le développement durable et le déploiement des énergies renouvelables (EnR). La date de mon départ fut le 19 octobre afin préparer sur place la mission sur El  Hierro et, d’abord, sa partie maritime en liaison avec la capitainerie du port de La Restinga et la petite compagnie de plongée Taxi Diver alors que le festival de photographies sous-marines (le 22ème Photosub) y battait son plein. Les jeunes et leurs professeures se mettront en route de Montpellier le 25 octobre, très tôt, pour rejoindre Tenerife aux Canaries en soirée.

Port de La Restinga et bateau de pêche côtière de la Cofradia de Nuestra Señora de Los Reyes. El Pinar de El Hierro, Canaries. © A. Gioda, IRD.

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Sète : à la voile vers les Canaries et les conditions de la transition énergétique

Une petite fête fort sympathique a eu lieu sur le port de plaisance de Sète le samedi 15 septembre, à laquelle j’ai participé avec notamment la professeure Dominique Chirpaz et le proviseur Jean-Michel Diot du Lycée Jean Monnet de Montpellier très impliqués dans le développement des énergies renouvelables. Parmi l’assistance, deux des jeunes que nous accompagnerons en octobre afin de travailler aux Canaries avec également la professeure Christine Genuist : Victor Cazalis, doctorant au CEFE-CNRS, et Antoine Guy, lycéen venu avec ses parents. Avec deux jours d’anticipation, la fête célébrait le départ du bateau de Planète en Commun Luna Blu – escorté de Kaora, un autre voilier barré par Didier et son épouse Dominique – qui a pris la mer le 17 septembre. Son long voyage durera une année, avec pour première escale après cinq jours de navigation, l’île de Minorque aux Baléares et, comme destination la plus lointaine, Ushuaïa en Patagonie argentine, l’un des bouts du monde.

La navigatrice Sandrine Locci de Planète en Commun (à droite sur le ponton) en train d’expliquer son très prochain périple, devant le voilier Luna Blu, au port de Sète le 15 septembre 2018. C’était deux jours avant le départ pour Ushuaïa en Argentine via entre autres les Canaries, avec des escales sur les îles de Tenerife et d’El Hierro. ©  A. Gioda, IRD.

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Abdère antique : Démocitre et philosophes, imbéciles et malaria, Cassin à l’Académie

L’ancienne cité-état d’Abdère ou Abdera était un port du nord de la Mer Egée qui s’est ensablé et qui était riverain du delta du fleuve Mesta (en bulgare) ou Nestos (en grec). Colonie ionienne (telle Marseille), l’Abdère antique est une ville morte du nord de la Grèce dans la région de la Thrace. Ces ruines, abandonnées en totalité au XVIe siècle, et son musée de site, construit à quelques kilomètres – plus en arrière à l’intérieur des terres – dans la petite agglomération moderne, ne sont pas spectaculaires même si fort bien tenus.

Ruines d’Abdère, Thrace, Grèce. Détail des remparts Sud et de la porte Ouest. © Chaido Koukouli-Chrysanthaki.

Les visiteurs sont rares car nous sommes, d’Athènes la capitale de l’archéologie grecque, éloignés de 715 kilomètres par la route. Par conséquent, Abdère est bien plus proche des frontières bulgare et turque, au-delà de la grande ville de Thessalonique, dans un paysage de vastes plaines ouvertes où se développe la grande agriculture mécanisée. Dans l’Antiquité, Abdère était une cité, certes à la périphérie du monde grec, mais fort riche, notamment déjà grâce à son arrière-pays agricoleContinuer la lecture