Monde : 3) Chronologie, changement climatique, COP et action climat 2019

Afin que mes mots résonnent plus fort, j’ai mis en avant, un tableau quasi-abstrait d’une artiste contemporaine. Samantha Kelly Smith essaie, par ses « paysages », de mettre en scène le changement climatique actuel, conséquence des activités humaines, depuis la révolution industrielle. Elle a collaboré aussi avec des musiciens à l’instar en 2019 de ceux de Sunn O))) qui eux-même ont travaillé avec la violoncelliste et compositrice Hildur Guðnadóttir, primée par l’Académie des Oscars (BO du film The Joker) et des Golden Globes en 2020 (mini-série HBO Chernobyl).

« Cris et chuchotements » dans la série des peintures quasi-abstraites des paysages, inspirés par le réchauffement climatique, de Samantha Kelly Smith. La toile mise en avant, pour ce billet, s’intitule « A partir des cendres ». Années 2010. © SKS.

Je reprends le fil du second épisode mis en ligne le 17 décembre pour une présentation personnelle des évènements. Après une marche accélérée depuis 1979, nous étions arrivés en 2020 en contant l’histoire de la manière de limiter le réchauffement climatique par le travail des COP (en français, les Conférences des Etats signataires). Les résultats depuis 1995, année de la COP1 de Berlin, sont trop modestes pour contrecarrer le réchauffement climatique car les mesures adoptées ne sont pas contraignantes pour les Etats signataires. La solution partielle fut de passer par un Accord type celui de Paris en 2016 et celui du Sommet Action Climat de septembre 2019, organisé par l’ONU à New York.

Sommet Action Climat, 23 septembre 2019, Siège de l’ONU, New York, Etats-Unis. @ ilo.org.

Nous avons vu, tout à la fin du second épisode, qu’il avait coûté presque 5 ans de négociations ardues aux 27 pays de l’Union européenne pour mettre en place (donc par des mesures contraignantes), seulement le 11 décembre 2020, l’Accord de Paris, pourtant signé en janvier 2016. Il ne faut pas oublier l’impulsion donnée par le Sommet Action Climat de 2019. Voici le communiqué final de l’OMM, l’une des agences de l’ONU intimement associée au Sommet Action Climat de New York :

« Le Sommet Action Climat du 23 septembre 2019, organisé par l’ONU, a renouvelé les ambitions visant à mettre en œuvre l’Accord de Paris sur le changement climatique et a donné un coup d’accélérateur aux actions menées à cette fin. Lors de ce sommet, 77 pays se sont engagés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre pour atteindre un bilan nul d’ici à 2050, tandis que 70 autres ont annoncé leur intention de renforcer leurs plans d’action nationaux d’ici à 2020. Le Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, António Guterres, a clôturé le Sommet en déclarant : « Vous avez insufflé un nouvel élan, renforcé la coopération et renouvelé vos ambitions. Mais nous avons encore un long chemin à parcourir. Il nous faut des plans d’action plus concrets faisant intervenir davantage de pays et d’entreprises. La nature gronde et nous nous fourvoyons si nous croyons pouvoir la tromper. Car la nature riposte toujours. Et partout dans le monde, elle contre-attaque avec violence ».
Parmi les nombreux activistes qui se sont mobilisés à New York et partout dans le monde pour soutenir l’action en faveur du climat, aucun n’a su mieux faire entendre sa voix que Greta Thunberg, qui a dénoncé l’urgence de la situation et s’est fait l’écho de la jeunesse d’aujourd’hui, déterminée à demander des comptes aux dirigeants ».

António Guterres, Secrétaire général de l’ONU depuis le 1er janvier 2017. © RFI.

D’une main, António Guterres qui est à l’origine un homme politique, ancien Premier ministre du Portugal de 1995 à 2002, tance puis encourage  à faire plus ses Collègues des Etats de l’ONU (193 pays) et, de l’autre, il s’appuie sur la rue (émanation de la société civile) qui possède l’originalité, dans sa révolte, d’être animée par une activiste adolescente. Le leadership de Greta Thunberg ringardise, au-delà de la jeunesse qu’elle incarne et anime, toute la sphère politique traditionnellement constituée d’hommes âgés ou d’un certain âge qui était derrière le Sommet Action Climat de New York.
L’autorité morale de Greta Thunberg résulte de la réussite de son effort pour mettre ses actes en accord avec ses paroles. Ainsi, son aller et retour Europe-Amérique pour assister au Sommet Action Climat en septembre 2019 fut effectué en voilier. Elle dut bien sûr délaisser ses chers trains de 2ème classe. L’aller fut fait sur un voilier du Yacht Club de Monaco Le Malizia II et le retour sur un catamaran lancé, dans le port voisin de Montpellier, celui de La Grande Motte par la société Outremer.  Bien des opposants à Greta Thunberg se déchaînèrent car son écologie était élitiste et ses amis de navigation loin d’être parfaits, quant à leur trajectoire verte. Néanmoins, si la jeune militante suédoise avait voyagé en charter avion, ces même personnes auraient hurlé à la pesante trace carbone d’un tel aller et retour au-dessus de l’Atlantique.

Greta Thunberg (au centre, tout de noir vêtue) sur la voie du retour Amérique-Europe à bord du catamaran « La Vagabonde », lancé par Outremer Yachting à La Grande Motte (port de l’Hérault). @ Rob Ostermaier/AP/CIPA, 20 minutes, 18/11/2020.

Greta Thunberg a été capable de mobiliser plus de 4 millions de personnes (essentiellement des jeunes) et de les faire descendre et défiler dans le calme dans la rue le 20 septembre 2019 autour de l’urgence climatique, une chose jamais advenue auparavant. 150 pays ont été touchés par les manifestations, dites grèves et marches pour le climat. Le défilé de New York du 20 septembre 2019, organisé pour mettre la pression et faire contrepoids (la quadrature du cercle) au Sommet Action Climat de l’ONU, a rassemblé 250 000 personnes. Greta Thunberg fut élue personnalité de l’année 2019 par le newsmagazine nord-américain Time. Maintenant, il faut raison garder ; certes plus de 4 millions de manifestants, pour une bonne cause, c’est beaucoup mais les humains sont 7,9 milliards.

Greta Thunberg ou la personnalité de l’année 2019, selon le newsmagazine nord-américain « Time ». Photographie du 11 décembre 2019, prise face à l’Océan Atlantique qu’elle venait de  traverser en voilier zéro carbone. © Time in Libération.

La COP26 de Glasgow de décembre 2021 sera l’occasion pour les Etats de rebondir après l’année blanche de 2020, pour cause de la pandémie de coronavirus. Afin de lutter contre l’impression de vide, toujours préjudiciable, et donc d’inaction due au renvoi de la COP26 de 2020 à l’an 2021, quelques Etats signataires de l’Accord de Paris de 2016 ont organisé le Sommet des Hautes Ambitions Climatiques le 12 décembre dernier. Sous l’égide de l’ONU, ce sont la Grande-Bretagne et la France, en partenariat avec l’Italie et le Chili. La Grande-Bretagne était bien sûr préoccupée par le renvoi d’une année de la COP26 de Glasgow en Ecosse, la France inquiète des suites de l’Accord de Paris de 2016 tandis que le Chili avait été l’organisateur de la COP25 qui, finalement à cause de l’agitation sociale à Santiago, s’était tenue à Madrid en 2019.

Mme Teresa Ribeira, la ministre espagnole de la Transition écologique et cheville ouvrière de la COP25 de Madrid en 2019. Auparavant, elle avait travaillé en France au laboratoire d’idées IDRII. © EFE (J.J. Guillén).

Vous noterez que, si je critique tel ou tel Etat et certains de leurs dirigeants comme des entreprises, il n’y a aucune suffisance. A ma place par exemple, j’ai coopéré aux COP21 et 24, celles de Paris et Katowice. Les scientifiques ont joué leur rôle d’experts ou de conseillers sachant qu’ils ne pouvaient, en aucun cas, dicter leurs conclusions aux personnalités du monde politique qui sont les élus des citoyens. S’ils avaient pensé différemment, le GIEC n’aurait pas pu exister depuis 1988 et le météorologue Hervé Le Treut le rappelle bien. C’est dans ce cadre que le GIEC a été co-lauréat du prix Nobel de la paix (et non pas de physique ou de chimie) en 2007, sous la conduite du charismatique ingénieur indien Rajendra Panchuri, décédé en 2020.

Le président du GIEC de 2002 à 2015 Rajendra Pachauri, lors d’une conférence à Paris, le 5 novembre 2014 afin de préparer la COP21. Sous sa présidence, le GIEC fut prix Nobel de la Paix 2007. @ AFP/Kenzo Tribouillard.

L’autre co-lauréat du prix Nobel pour la paix 2007 a été le représentant puis le sénateur nord-américain Al Gore (1976-1993), devenu ensuite vice-président des USA (1993-2001 sous Clinton) et encore le candidat malheureux à la présidentielle de 2000. Al Gore, dès sa trentaine soit le début de sa carrière politique nationale, avait été convaincu de l’urgence climatique par sa rencontre puis ses échanges avec l’activiste écologiste Rafe Pomerance, issu de l’ONG Les Amis de la Terre. Le GIEC et Al Gore avait obtenu le prix Nobel de la paix « pour leurs efforts visant à renforcer et diffuser les connaissances sur les changements climatiques d’origine humaine, et pour jeter les bases pour les mesures qui sont nécessaires pour contrer de tels changements ». Nous sommes bien sur un terrain politique et non pas scientifique, même si les bases de la science sont robustes  (le 5ème rapport du GIEC) et que c’est sur celles-ci que s’appuiera, bien plus tard, l’action de Greta Thunberg.
Toujours afin de ne pas pécher par suffisance, je rappellerai l’apport du paléoclimatologue « Jean Jouzel qui est la sentinelle du climat en France », selon Le Monde, car il n’a pas manqué une COP depuis la  7ème de 2001 qui s’était tenue à Marrakech, au Maroc. Il fut, pendant de longues années, le vice-président du groupe scientifique du GIEC et, à ce titre, co-lauréat du prix Nobel pour la paix de 2007.
Toutefois la lenteur des décisions et les résultats peu significatifs de la lutte contre le changement climatique contrastent avec un autre problème, celui du trou ou de la destruction de la couche d’ozone, qui fut pris à bras le corps et au moins partiellement résolu, au niveau mondial, alors qu’il affectait aussi l’atmosphère. Cela fut le fait des Etats et des entreprises.
Le météorologue Paul Josef Crutzen est co-lauréat du prix Nobel de chimie 1995 pour ses travaux, déjà reconnus dans les années 1970, sur l’atmosphère, particulièrement en ce qui concerne la formation et la décomposition de l’ozone.

Paul Crutzen, prix Nobel de chimie de 1995, à la Rencontre des lauréats du prix de Lindau (Allemagne), en juin 2000. L’interviewer est la Professeure Astrid Gräslund. @ Nobel Prize.

Les recherches et conclusions de Paul Crutzen furent rendues célèbres par la lutte réussie contre le trou dans la couche d’ozone qui débuta dès 1987, lors de la signature de l’accord sur le protocole de Montréal. Le challenge était relativement aisé à relever car la production des gaz CFC, destructeurs de la couche d’ozone, n’était le fait de quelques fabricants dominés par le groupe chimique DuPont. Néanmoins, ce succès remarquable, quant à l’amélioration de l’atmosphère terrestre, a certainement poussé Crutzen, déjà fort d’une autorité peu discutable conférée par le prix Nobel, à aller toujours plus de l’avant, au niveau mondial.

En effet, par exemple, si l’entreprise DuPont avait abandonné rapidement la production de gaz CFC, la société figurait, en 2014, au 2ème rang du top 100 des pollueurs atmosphériques aux États-Unis, publié en 2016 par l’Institut de recherche en politique économique de l’Université du Massachusetts à Amherst. En 2019 sur les données compilées de 2017, la société DowDuPont qui lui a succédé est 4ème tandis que sa contribution à l’émission des gaz à effet de serre (GES) la place au 32ème rang. Enfin, elle est la 1ère au sujet du rejet des eaux toxiques.

Selon Wiki légèrement modifié, « en 2000, Paul Crutzen popularise le terme Anthropocène, introduit dès les années 1980 par le biologiste américain Eugene F. Stoermer, pour désigner une nouvelle période géologique. Cette dernière aurait débuté au XIXe siècle avec la révolution industrielle et pendant laquelle l’influence de l’homme sur l’écosphère terrestre serait devenue prédominante. Il est à relever que ce concept est toujours discuté par la communauté scientifique ».

Eugene Stoermer (1934-2012), biologiste réputé dans le domaine des diatomées et véritable inventeur du terme Anthropocène tel qu’il est entendu de nos jours soit une nouvelle période géologique. © Diatom Research, 2012.

Maintenant après avoir écrit une histoire contemporaine du changement climatique de l’Anthropocène essentiellement nord-américaine, il faut dire que la donne a bien changé depuis 1979 soit la date de la remise du rapport Charney. Les difficultés actuelles de la filière du charbon aux Etats-Unis en témoignent.

En 2019, soit avant la crise du coronavirus, la production de charbon n’était qu’au niveau de celle de 1975, après une baisse annuelle par rapport à 2018 de 19 %. La plus grosse compagnie nord-américaine des charbonnages Peabody Energy, fondée en 1883, s’est placée en 2016 sous la régime de la protection des faillites pour continuer ses activités mais, à ce jour, la valeur de ses actions reste fort faible.

Wagons-trémies de charbon vides, garés près de Ranchester, Wyoming, USA, 26 mai 2020. La crise, liée à la pandémie du coronavirus, a encore fait baissé la production de 25 % par rapport à l’année antérieure et le prix du charbon a chuté à US $12 la tonne. @ Matthew Gaston, The Sheridan Press.

La lutte contre le changement climatique est devenue une histoire globale ou mondiale avec la montée en puissance et en pollution de l’industrie lourde et manufacturière des BRICS (l’acronyme pour désigner un groupe de cinq pays qui se réunissent depuis 2011 en sommet annuel : Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) auxquels on ajoute souvent le Mexique (BRICSAM). De nos jours, le premier pollueur de la planète est la Chine qui est responsable d’un quart des émissions de gaz à effet de serre (GES dont le principal est le CO2).

Symbole de la révolution industrielle soit la phase I de l’Anthropocène : une machine à vapeur de Watt toujours fonctionnelle à la station de pompage de Crofton (1812). Son moteur n°1, construit par Boulton & Watt en 1812, est une machine à vapeur à condensateur séparé, ayant un alésage de 1 073 mm et une course de 2 134 mm, qui développe une puissance nominale de 28,8 kW (38,6 chevaux-vapeur). Environs de Great Bedwyn, Wiltshire, Angleterre, Grande-Bretagne. © Chris Allen, CC BY-SA 2.0.

Depuis la fin de 2007, Crutzen considère, avec le spécialiste de l’environnement Will Steffen et l’historien John McNeill, que l’homme est entré, depuis 1945, dans la phase II de l’Anthropocène – dite « la Grande Accélération » qui voit l’augmentation toujours plus véloce de la concentration en dioxyde de carbone (CO2) de l’atmosphère qui « atteint un stade critique car 60 % des services fournis par les écosystèmes terrestres sont déjà dégradés ».  C’est bien cette accélération de la dégradation de l’environnement (voir les conséquences de la société DuPont puis DowDuPont ci-dessus), contrastant avec la lenteur des décisions politiques et économiques, qui mobilise Greta Thunberg et, plus généralement, les jeunes.

Greta Thunberg (au centre, en rose) dans la rue, avec les jeunes manifestantes, le vendredi 30/08/2019 à New York. © Le Soir, Bruxelles, 30/08/2019.

Cette lenteur va jusqu’à l’inaction climatique, un constat pour lequel les Pays-Bas ont été définitivement condamnés par leur propre justice en décembre 2019. De son côté, à cause de la pollution atmosphérique liée à la circulation des véhicules diesel, la France l’avait été, le 24 octobre 2019, par la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), « pour manquement aux obligations issues de la directive qualité de l’air » de 2008. Concrètement, la justice européenne estime que « la France a dépassé de manière systématique et persistante la valeur limite annuelle pour le dioxyde d’azote (NO2) depuis le 1er janvier 2010 ». Enfin, le 10 juillet 2020, constatant que la réduction de la pollution de l’air dans 8 zones sensibles urbanisées en France n’est pas advenue, le Conseil d’État prononce une astreinte de 10 millions d’euros par semestre de retard. Il s’agit du montant le plus élevé qui ait jamais été imposé pour contraindre l’Etat français à exécuter une décision prise par le juge administratif.

Les 8 zones sensibles sont les suivantes :

– les agglomérations de Grenoble, Lyon, Marseille– Aix, Paris, Reims, Strasbourg et Toulouse (sans compter Fort-de-France en Martinique qui est un cas dissocié).

Pollution atmosphérique par les particules et trafic aux portes de Paris sur le périphérique au sud de la capitale. Depuis le 1er janvier 2021, les particules fines PM2.5, particulièrement nocives, sont enfin prises en compte dans l’indice ATMO ce qui va multiplier les jours critiques. Avec le nouvel indice, le nombre de journées par an avec un air qualifié de « mauvais » ou « très mauvais » serait passé, en moyenne, ces dernières années de 10 à 83 à Paris. © AFP/François Guillot.

Voici ce que j’écrivais le 3 janvier 2021 « Si je ne me trompais pas (bien que je souhaite l’inverse), il paierait discrètement l’astreinte à partir du 10 janvier 2021 ».  Toutefois, une astreinte n’est pas un paiement, aussi avais-je une puce à l’oreille. Gracieusement, Maître Eric Landot (Cabinet Landot & Associés) m’a aidé le 12 janvier en me signalant bien que l’astreinte n’est pas un versement automatique. Il faut saisir de nouveau le juge d’autant que celui-ci n’a pas fixé les bénéficiaires de cette astreinte. En plus, la formulation retenue ne permet pas de savoir si la somme n’est due qu’au terme du second semestre 2021 ou si c’est un quantum par jour. Le juge a donc, à ce stade, une marge de manœuvre. Pour un supplément d’informations, vous pourriez visionner une présentation très vivante de Maître Eric Landot qui, bien que pas très récente, reste largement d’actualité.

Il y aura encore beaucoup à faire chez nous et ailleurs, en 2021 et, par conséquent, vous recevez tous mes souhaits de bonne, combative et prospère année !

Je remercie  les Collègues chiliennes de l’Association d’Eco-toxicologie latino-américaine de m’avoir invité à donner une visio-conférence inaugurale, le 17 novembre 2020, à leur 7ème Atelier. Cette manifestation s’est tenue à Santiago du Chili (7th Workshop de HazMat y Bioterrorismo).

 

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