Archives pour l'étiquette réchauffement climatique

El Hierro : 97 % d’EnR en juillet 2018 dans un monde en surchauffe

Pendant l’ensemble du mois de juillet 2018, le mix énergétique moyen sur El Hierro a été le suivant : énergies renouvelables (EnR) 93,7 %, thermique (fioul) 6,3 %. Ce qui nous donne, pour les 7 premiers mois de 2018, un mix sur El Hierro : EnR 65,6 %, thermique (fioul) 33,4 %. Il s’agissait de chiffres officieux qui avaient été mis en ligne dès le 4 août.
Quelques jours plus tard, la société insulaire d’électricité Gorona del Viento annonçait 97 %, pour les EnR, dans le mix énergétique de juillet 2018. En fait, pendant quasi 100 % du mois, les EnR ont fourni la totalité de l’électricité distribuée sur El Hierro, si on excepte 6 courtes périodes. Une performance qui est facile de vérifier, en remontant le temps depuis le 31 juillet jusqu’au 1er juillet, grâce aux graphiques de la REE (la Red ou le Réseau Electrique de l’Espagne). Cette société qui est de droit privé, la REE, assure la gestion du réseau de transport d’électricité haute tension de la péninsule ibérique et des îles espagnoles et elle en contrôle la qualité, également sur El Hierro. Continuer la lecture

Monde : appel « Scientists’ Warning for Humanity  » 1992-2017 et son partage

Avant la date limite du 23 octobre, j’avais signé l’article en fait la tribune ou l’appel Scientists’ Warning for Humanity en septembre 2017. C’était la seconde édition, ici en français et bien sûr mise à jour, d’un texte publié il y a 25 ans, en 1992,  par l’Union of Concerned Scientists (UCS) et plus de 1 500 scientifiques y avaient adhéré dont mon Collègue chilien de l’IRD Francisco Veas. Au total, plus de 15 000 signataires issus du monde entier approuvèrent cette seconde mouture sous la forme d’un texte bref – quelque 1 000 mots – et qui ne prenait que 6 minutes pour sa lecture, selon ses rédacteurs qui étaient essentiellement des biologistes australiens et américains. Le texte était par conséquent un minimum dénominateur commun entre les scientifiques. Il fut porté par William J. Ripple, Christopher Wolf, Thomas M. Newsome, Mauro Galetti, Mohammed Alamgir, Eileen Crist, Mahmoud I. Mahmoud et William F. Laurance.

Le dauphin de Chine qui habitait les eaux du grand fleuve chinois Yangtsé, depuis 20 millions d’années, est officiellement considéré comme éteint depuis 2006. Cette année-là une expédition scientifique internationale de 39 jours sur le fleuve n’avait permis de retrouver aucun spécimen de l’espèce. Copyright inconnu.

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Canaries et El Hierro : changement climatique et poids des chiffres

Afin de connaitre le principal gaz à effet de serre et son actualité, le cadre mondial est caractérisé en 2016  par plus de 400 ppm (parties par million) – exactement 403 ppm – de CO2 (dioxyde de carbone) soit la valeur maximale  enregistrée dans l’atmosphère  depuis les dernières 800 000 années. Ce pic est lié à l’explosion de la pollution industrielle, l’extension des cultures et le boom démographique initiés – pour des raisons de convenance – en 1880, l’année qui correspond à celle du début des observations météorologiques coordonnées à l’échelle terrestre. En 2016, s’y est greffé aussi un épisode El Niño exceptionnel. 800 000 années (mais en fait l’Organisation Météorologique Mondiale pense, avec beaucoup de probabilités, qu’il faille remonter à 3 ou 5 millions d’années pour retrouver un tel cadre) est une haute époque dans laquelle l’homme ne pouvait aucunement intervenir dans le processus d’émissions de fortes valeurs de CO2. Les activités humaines sur toute la planète en produisaient 25 gigatonnes (25 milliards de tonnes) en 2000 contre 1,5 en 1950. En 2016, nous en avons collectivement émis 36,3 gigatonnes soit une croissance de 2 300 % du CO2 en 65 ans ! Chaque fois que 1 tonne de fuel lourd brûle plus de 3,1 tonnes d’équivalent CO2 sont émis dans l’atmosphère. L’équivalent CO2 désigne le potentiel de réchauffement global d’un gaz à effet de serre.
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Montpellier et sud de la France : chaleur et floraison en janvier 2016

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Rose de mai à Montpellier en fleur début janvier 2016. Cliché : A. Gioda, IRD.

Quelques mots et surtout des photographies pour marquer d’une pierre milliaire ce mois de janvier 2016 qui a vu la floraison de nombreuses plantes hors saison car il est marqué par une grand douceur voire même une chaleur sensible.
Plus scientifiquement, vous trouvez une analyse de cette floraison extrêmement précoce – voire exceptionnelle- par Isabelle Chuine qui est ma voisine du CNRS de Montpellier où elle est la responsable de l’Observatoire des saisons . J’avais connu Isabelle Chuine en 2004 ou 2005, après de la sortie dans la revue de référence « Nature » de l’article collectif sur la modification des dates de la véraison du raisin dans l’Histoire (en anglais). Selon Wikipedia, «  la véraison est le moment de l’année où le grain de raisin gonfle et passe du vert, au rouge vif pour les raisins noirs, ou au jaune translucide pour les raisins blancs, et au rosé pour les raisins gris « . Ce phénomène est un bon indicateur du changement climatique dans l’Histoire. De même, la date des vendanges est surveillée de près par les viticulteurs de tous les temps, le rappelait Emmanuel Le Roy Ladurie un peu avant la COP21.
Au total, rien de surprenant que ce mois de janvier 2016 car il s’inscrit dans le droit fil de décembre 2015 y compris au niveau planétaire, avec une moyenne des températures au plus haut. Ce mois de décembre s’insérait lui-même dans une année 2015 record : «  la moyenne annuelle de 2015 se situe à 0,87°C au-dessus de la période de référence, soit à près d’1°C au-dessus de la période pré-industrielle  » selon Sylvestre Huet dans son blog Sciences2.

Iris à Montpellier en fleur, début janvier 2016.
Iris en fleur à Montpellier, au début de janvier 2016. Cliché : A. Gioda, IRD.
Marguerites à Montpellier, début janvier 2016. Cliché : A. Gioda, IRD.
Marguerites à Montpellier, au début de janvier 2016. Cliché : A. Gioda, IRD.
Arbousier en fleur au Château de Restinclières (Hérault), mi-janvier 2016. Cliché : A. Gioda, IRD.
Arbousier en fleur au château de Restinclières (Hérault), à la mi-janvier 2016. Cliché : A. Gioda, IRD.

Comme vous savez que ce blog tourne aussi autour des Canaries et des îles, il faut souligner, quant à la chaleur, l’importance du phénomène planétaire El Niño en 2015-2016 et nous retrouvons des températures records à Tenerife et sur El Hierro en ce mois de janvier notamment aux aéroports. Ces derniers sont des localités qui sont traditionnellement fort bien suivies pour des questions de sécurité aérienne.

Amandier en fleur à la cathédrale de Maguelone (Hérault), fin janvier 2016. Cliché : A. Gioda, IRD.
Amandier en fleur à la cathédrale de Maguelone (Hérault), à la fin de janvier 2016. Cliché : A. Gioda, IRD.

 

 

Lac de Varèse : les glacières et l’année 2015 en Lombardie

 

En ce jour d’Epiphanie, je vous souhaite beaucoup de cadeaux, de rêves et une Grande Année 2016.
Toutefois, il m’a été difficile de vous adresser une carte postale enneigée même après avoir passé le Col de Larche (Alpes de Haute-Provence), à près de 2 000 m d’altitude, le 20 décembre. Aussi ai-je pensé aux glacières. Ces dernières évoquent souvent, par leur image et leur fonction, le Petit Age Glaciaire (PAG) en Europe et en Amérique du Sud et elles forment un beau contraste avec le climat de notre nouvelle ère, l’Anthropocène. Ici, ce sont les glacières remontant au XVIIème siècle de Cazzago Brabbia sur le Lac de Varèse, l’un des lacs de l’Insubria (en italien), la région historique lacustre du Nord de la Lombardie (mordant aussi sur le territoire du Piémont actuel et englobant le Tessin suisse). L’Insubria (dont le nom vient du peuple celte les Insubres dominant la Gaule Cisalpine) est fameuse pour le Lac Majeur et le Lac de Côme, deux des cadres du tourisme de luxe en Italie. Continuer la lecture

Monde : Dossier Climat/COP21 de « Pour la Science »/Forum du CNRS

Une partie du Dossier Climat du magazine « Pour la Science »,  dans le cadre d’un partenariat avec le Forum du CNRS 2015, se présente en libre accès sous une forme numérique. Ce Dossier n°89 sera en vente, dans son intégralité, à partir du 7 octobre et jusqu’en décembre afin de coller à l’actualité de la COP21 soit la 21ème Conference of the Parties de Paris (Parties est à comprendre, en français, comme Etats signataires en 1997 du Protocole de Kyoto pour la réduction de l’émission des gaz à effets de serre ).

Deux exemplaires de la limousine 100% électrique de marque Tesla. Mostra Verte de Perpignan, 18-19 septembre 2015, ici photographiées dans le Conservatoire du littoral de Saint-Cyprien. Cliché : A. Gioda, IRD.
Deux exemplaires de la limousine 100% électrique Tesla (dont un taxi de ville) dans le Conservatoire du littoral de Canet-Saint Nazaire (Pyrénées-Orientales). Mostra Verte, Perpignan, 18-19 septembre 2015. Cliché : A. Gioda, IRD.

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