Archives pour la catégorie Sciences

Monde : 2) archives religieuses, météorologie jésuite et paléoclimats

A côté des savants – on dit de nos jours les sachants – que sont les bénédictins et les jésuites qui visent à informer les hautes sphères du pouvoir et former une élite soit les élèves d’excellence dans le jargon contemporain, il y a toute la foule du clergé séculier, les curés de paroisse. Ces derniers étaient au contact avec le peuple : « les masses paysannes » écrivait encore Emmanuel Le Roy Ladurie dans les années 1960-70 avec un accent marxiste ; le paysannat ; plus prosaïquement, « les pauvres », selon les mots de ces temps-là,  bien qu’il y ait aussi des laboureurs riches comme chez Jean de Lafontaine.
Pour toucher ces chrétiens qui étaient largement analphabètes jusqu’au XIXe siècle, le clergé va utiliser des moyens spécifiques qui seront précieux en histoire du climat.
D’abord, je pense à l’usage de bibles résumées et très illustrées
. Ces dernières se juxtaposent à celles en version intégrale, destinées aux lettrés, qui étaient enluminées c’est-à-dire ornées de miniatures. Par extension, la miniature a désigné l’image réalisée dans les livres avec minutie.

La grande famine de 1315-1317 sur une bible pour les pauvres (Biblia pauperum, Erfurt, Thuringe, Allemagne, avant 1350). La mort chevauche un animal mythique la manticore qui est anthropophage. La queue de la manticore est souvent représentée par un scorpion dont la piqure est mortelle et l’homme, ici, est soumis aux ardeurs de la faim (fames en latin) in Le Roy Ladurie et Pépin (2018).

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Monde : 1) archives religieuses, météorologie jésuite et paléoclimats

L’UniverCité Ouverte de la ville de Gif-sur-Yvette, avec l’association Culture & citoyenneté et la Mairie, m’a invité à donner une visioconférence en histoire climatique, le 2 mars 2021, lors du  cycle « Des climats et des hommes ». J’ai cherché à l’illustrer pour montrer que l’histoire du climat et la météorologie ancienne étaient des sujets passionnants et importants, notamment dans ce premier chapitre, grâce à la belle série, publiée en 2010, de la chercheuse Valérie Daux.

En 2005, l’archiviste et bénédictin Joachim Salzgeber (1926-2012) photographié dans les archives de l’abbaye d’Ensiedeln. Canton de Schwyz, Suisse. © Liliane Géraud, Klosterarchiv Einsiedeln.
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El Hierro et Espagne : 45 et 44 % de renouvelables dans le mix électrique en 2020

Le billet sera assez bref car l’important ce sont les faits et, durant l’ensemble de l’année 2020, Gorona del Viento, la centrale hydro-éolienne de l’île d’El Hierro aux Canaries, a bien tourné, sans incident technique majeur. Elle a fourni 45,2 % d’EnR (Energies Renouvelables) du mix électrique insulaire tandis que la production annuelle totale atteignait 46 664 MWh (1 MWh = un mégawatt actif pendant une heure = 106 watts/h). Continuer la lecture

Monde : Mike Baker au cœur de la science du climat (ICSU, AGI, WCRP, ARCHISS)

« Vale Mike Baker », comme l’écrivait en latin « Au revoir », fin 2020 l’Ecossais Malcolm Hadley, un grand ancien de l’Unesco, sur le site de l’International Science Council (ISC). Oui, ce mot de départ de la Terre est en latin plutôt que « Farewell ». En effet, Mike Baker, l’alias de F.W.G. Baker, avait passé bien des années de travail à Rome (Via Cornelio Celsio 7), mais aussi à Paris depuis 1957, notamment en tant que Secrétaire exécutif pendant 24 ans du Conseil International des Unions Scientifiques (ICSU, son sigle plus connu en anglais) jusqu’en 1988. Continuer la lecture

Monde : 3) Chronologie, changement climatique, COP et action climat 2019

Afin que mes mots résonnent plus fort, j’ai mis en avant, un tableau quasi-abstrait d’une artiste contemporaine. Samantha Kelly Smith essaie, par ses « paysages », de mettre en scène le changement climatique actuel, conséquence des activités humaines, depuis la révolution industrielle. Elle a collaboré aussi avec des musiciens à l’instar en 2019 de ceux de Sunn O))) qui eux-même ont travaillé avec la violoncelliste et compositrice Hildur Guðnadóttir, primée par l’Académie des Oscars (BO du film The Joker) et des Golden Globes en 2020 (mini-série HBO Chernobyl).

« Cris et chuchotements » dans la série des peintures quasi-abstraites des paysages, inspirés par le réchauffement climatique, de Samantha Kelly Smith. La toile mise en avant, pour ce billet, s’intitule « A partir des cendres ». Années 2010. © SKS.

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Monde : 2) Chronologie, changement climatique, COP et action climat 2019

Afin que mes mots résonnent plus fort, j’ai mis en avant, un tableau quasi-abstrait d’une artiste contemporaine. Samantha Kelly Smith essaie, par ses « paysages », de mettre en scène le changement climatique actuel, conséquence des activités humaines, depuis la révolution industrielle dont elle peut bien connaitre les impacts, comme britannique transplantée à New York. Elle collabore aussi avec des musiciens à l’instar de ceux de Sunn O))).

Samantha Kelly Smith devant un de ses paysages. Afin d’illustrer la crise climatique actuelle, l’artiste-peintre utilise des ciels encore plus enflammés que ceux de William Turner dont les couleurs en 1816 furent filtrées par les poussières de l’explosion du volcan Tambora en 1815. © ArtisticOdyssey.com.

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Monde : 1) Chronologie, changement climatique, COP et action climat 2019

A la demande de mon laboratoire l’UMR HydroSciences de Montpellier, j’ai participé, de façon virtuelle, en novembre au 7ème Atelier d’éco-toxicologie des eaux, à Santiago du Chili (VII Workshop de HazMat y Bioterrorismo). Ses organisatrices avaient souhaité une introduction chronologique à propos de la connaissance du changement climatique et des COP (dont la COP21) jusqu’au Sommet action climat de l’ONU de 2019.
Afin que mes paroles résonnent plus fort, j’ai mis en avant, un tableau quasi-abstrait d’une artiste contemporaine. Samantha Kelly Smith essaie, par ce qu’elle nomme ses « paysages », de mettre en scène le changement climatique, conséquence des activités humaines, depuis la révolution industrielle dont elle connait bien des impacts comme britannique transplantée à New York. Continuer la lecture

Monde : Bouleversement, collapse, épanouissement de Jared Diamond

En des temps mortifères alors que les migrants affluent ou se noient sur les côtes d’îles antérieurement les plus préservées, telle El Hierro aux Canaries, et que l’ombre du Covid-19 obscurcit la vie des hommes sur la Terre, une image et un livre, Bouleversement par Jared Diamond, sont mis en contrepoint.
Le but est de montrer la beauté de la nature de cet archipel espagnol et la résilience des habitants de notre planète. Dû au talent du photographe sous-marin amateur Arthur Telle Thiemann, le premier signe est purement involontaire et local. Mis en avant de cet article, un grand sourire (?) est offert par un bel exemplaire de l’espèce Sparisoma cretense. Il s’agit d’une vieille des Canaries de sexe femelle, connue en France sous le nom de poisson-perroquet méditerranéen et elle a été photographiée dans les eaux d’El Hierro. Continuer la lecture

Paris et Turin : 2) Mario Govi et Yves Delange, maîtres en sciences naturelles

Bonjour à nouveau et je reprends le fil de la première partie, tournée vers Yves Delange du Muséum de Paris, pour vous présenter, au tout début de mon parcours professionnel, mon ancien directeur de recherche du CNRS italien (Consiglio Nazionale delle Ricerche ou CNR) Mario Govi. Dans la deuxième partie de sa carrière, dès 41 ans, Mario Govi dirigea le laboratoire connu officiellement sous le nom de l’Istituto di Ricerca per la Protezione Idrogeologica (IRPI) del bacino del Po, à Turin depuis sa création, en 1970, jusqu’en 1992.

Un dynamique Mario Govi (debout à droite) en grande conversation de travail avec deux de ses Collègues de laboratoire : l’hydrologue Virgilio Anselmo (à gauche) et le géomorphologue Domenico Tropeano (au centre). CNR IRPI, Via Vassalli Eandi, 18, Turin, 1984. © CNR IRPI.

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Paris et Turin : 1) Yves Delange et Mario Govi, maîtres en sciences naturelles

Bonjour en ce mois de rentrée,
Un blog n’est pas un journal et aussi il permet de revenir en arrière (surtout en histoire des sciences !). Il est un carnet de notes importantes, de mon point de vue. En 2019, deux faits sont survenus que l’écume des jours – au sens de l’agitation de ma vie – m’a fait oublier en leur temps. Rien de larmoyant dans ce double hommage : Yves Delange (1929-2019) a eu une très belle et longue vie, avec une foultitude de voyages, de rencontres et donc d’amis et d’amour, avant de s’éteindre à 90 ans. Entre temps, il s’était occupé à faire énormément de belles choses en sciences afin de protéger la nature, grâce à une défense et une illustration des botanistes et naturalistes l’ayant précédé, tout en soignant, pour l’Etat, les collections nationales vivantes des plantes.

Yves Delange dans le jardin de la pauvre maison natale de Jean-Henri Fabre à Saint-Léons (Aveyron). © Janine Vitou.

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