Archives pour l'étiquette El Hierro

El Hierro : 97 % d’EnR en juillet 2019 et 100 % d’EnR du 13 juillet au 7 août

L’article sera bref car l’important ce sont les faits et, cet été, Gorona del Viento, la centrale hydro-éolienne de l’île d’El Hierro aux Canaries, tourne très rond avec 97 % d’EnR (Energies Renouvelables) lors de l’ensemble du mois de juillet 2019, comme en 2018. S’y est ajoutés plus de 24 jours consécutifs de fonctionnement avec seulement des EnR. Cette période 100 % EnR sans interruption à l’échelle insulaire (avec une population qui, en été, dépasse les 10 000 habitants) a duré du 13 juillet 2019  jusqu’au 7 août et précisément pendant 24 jours, 20 heures et 21 minutes soit pendant 596 heures et 21 minutes. Le record précédent, daté de l’été de l’année 2018, était d’un peu plus de 18 jours consécutifs avec 100 % EnR pour l’île d’El Hierro dans sa globalité (du 15 juillet au 2 août pendant 18 jours, 9 heures et 3 minutes).

Rejet des eaux turbinées par la centrale hydraulique dans le réservoir inférieur de Gorona del Viento avant qu’elles ne soient pompées à nouveau afin de remonter à plus de 700 m d’altitude dans le réservoir supérieur, lors d’un excédent d’énergie éolienne. Ce circuit fermé d’eau fonctionne comme une pile ou une batterie hydro-électrique. C’est une STEP (Station de Transfert d’Energie par Pompage-turbinage) qui peut pallier aux pannes de vent pendant deux jours. El Hierro, Canaries. © A. Gioda, IRD.

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El Hierro : le nouvel arbre fontaine et Leoncio Oramas Díaz-Llanos (1947-1948)

Par le menu, je conterai l’histoire de la plantation du nouveau Garoé ou Arbre saint ou bien arbre fontaine de l’île d’El Hierro aux Canaries entre 1947-1948. Surtout d’ailleurs, je vais essayer de montrer ce  qu’il y a derrière la restauration, au sens politique, d’un arbre symbole voire un arbre-totem. Le Garoé avait disparu au début du XVIIe siècle mais avait laissé de nombreuses traces dans les récits d’histoire y compris celle naturelle. Dans un contexte de sécheresse, cet arbre sacré recueillait, à son pied, l’eau du brouillard précipitée auparavant, sous forme de gouttelettes, sur ses feuilles. Au début des années 1940 le texte de Leonardo Torriani, édité par Dominik Wölfel (en allemand) à Leipzig, n’était connu dans l’archipel que des quelques personnes férues d’histoire, d’archéologie et de traditions. La référence bibliographique complète est la suivante :

Torriani, Leonardo, Wölfel, Dominik Josef (Hrsg.) Die kanarischen Inseln und ihre Urbewohner eine unbekannte Bilderhandschrift vom Jahre 1590; Quellen und Forschungen zur Geschichte der Geographie und Völkerkunde, Band 6, Leipzig, 1940.

Il s’agissait d’une édition bilingue italien-allemand et, bien sûr vu la dureté des temps en 1940, partielle et non illustrée. Toutefois, grâce à Dominik Wölfel le gisement des riches archives de Torriani était bien identifié à Coimbra, la capitale historique du Portugal où l’architecte italien résida jusqu’à son décès en 1628, après être passé du  service du roi d’Espagne à celui du Portugal (faisant un chemin inverse, quant à ses commanditaires, de celui de Christophe Colomb !).

Carte des Canaries de l’an 1590 par Leonardo Torriani. L’île d’El Hierro est la pince gauche du crustacé et celle de Tenerife, plus grande, en est la tête. Source : Biblioteca General da Universidade de Coimbra, catalogue number Ms. 314, folio 8r.). https://proyectotarha.org/en_GB/2016/05/13/esenciales-iv-descripcion-e-historia-del-reino-de-las-islas-canarias/

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El Hierro : représentations de l’arbre fontaine, de las Casas (XVIe s.) à Wölfel (1940)

Je mets à jour l’histoire de l’arbre fontaine de l’île d’El Hierro aux Canaries qui est tout sauf un mythe. Cet arbre sacré recueillait, à son pied, l’eau du brouillard précipitée auparavant, sous forme de gouttelettes, sur ses feuilles. Il est aussi connu sous les noms de Garoé et d’Arbre saint.

Les armoiries ou les armes d’El Hierro avec, au centre, le nuage de brouillard qui nimbe l’arbre saint des espagnols ou encore l’ancien Garoé des aborigènes guanches. Au pied de l’arbre, est l’eau recueillie.

Mettre à jour est ici plus une formule littéraire parce que, en recherche archivistique, il se parle en année voire en décennie. La connaissance d’un végétal remarquable disparu, car arraché par le vent au début du XVIIe siècle, est plutôt de l’ordre de la reconstruction faite brique après brique mais sachant que celles-ci sont irrégulières et qu’il y aura toujours des trous ou des lacunes. Continuer la lecture

Porto Santo, Utrecht et Danemark : V2G et apport du véhicule électrique au réseau

Dans notre espace public en France, le déploiement des bornes de recharge des VE (véhicules électriques) est quelque chose de lent ou de progressif. Ne parlons point du V2G ou Véhicule to Grid ou bien, en français, la charge bidirectionnelle qui est testée sur l’île portugaise de Porto Santo (5 500 habitants, 43 km², archipel de Madère et connue en histoire pour être la terre de la femme de Christophe Colomb) et la ville d’Utrecht (330 000 habitants, Pays-Bas). Idem pour le système V2H (Vehicule to House), lui aussi indisponible, en France mais, avec l’achat d’une wallbox à charge bidirectionnelle, Mitsubishi le propose au Japon et dans quelques pays européens. Continuer la lecture

El Hierro : des transats zéro carbone solidaires, du méridien zéro au Nouveau Monde

Au port de La Restinga de l’île d’El Hierro, se succède des voiliers et autres embarcations EnR afin de traverser l’Océan Atlantique. Ce sont des transats originales faites par des navigateurs français en majorité bretons ou ayant de forts liens avec la Bretagne. Ces transatiers sont à la recherche d’exploits personnels afin de porter des initiatives citoyennes ou visant à promouvoir les EnR dans la lutte contre le changement climatique. Une force admirable anime ces navigateurs, combinée à une savante approche, sans oublier maints calculs effectués afin de ne pas disparaître en mer sur des prototypes, le plus souvent de leur dessin et quelquefois même faits de leurs mains. L’actualité est le prochain départ d’El Hierro du bateau à rames de Jérôme Bahuon (en photo ci-dessus) qui veut, grâce à sa traversée de l’Atlantique en solitaire, d’abord, récolter de l’argent pour l’association Leucémie Espoir et, ensuite, « dédramatiser le don de moelle osseuse ».

Jérôme Bahuon a testé son embarcation transatlantique à avirons, pendant 2 années, avant de partir sur l’île d’El Hierro (Canaries) à la mi-janvier 2019. © Bigood Leucémie bandeau.

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Far-west : un rocker français lutte contre le changement climatique

C’est grâce à ce blog que, de l’Oregon (Ouest nord-américain), j’ai reçu une belle invitation d’Eric John Kaiser, en photo ci-dessus, qui se définit « un troubadour français » installé dans le Far West.
« Cher Alain, comme vous, le réchauffement climatique m’inquiète. Suite à d’importants feux de forêts l’été dernier, ici dans l’état de l’Oregon, proche de Portland et de la rivière Columbia, la ville a été, pendant plusieurs semaines, recouverte d’une fumée de cendres. Le ciel était tout gris et c’était irrespirable. J’ai alors voulu faire quelque chose à mon niveau pour parler de ce problème et essayer de faire prendre conscience davantage des dangers liés aux changements climatiques. Ici dans le Nord-Ouest des USA [comme dans l’Etat voisin de Californie], chaque été devient de plus en plus sec et les risques de feux de forêts de plus en plus fréquents.
Grâce à l’aide d’un ami réalisateur français David Basso et de nombreux de mes fans qui m’ont soutenu lors d’une campagne de financement participatif sur Kickstarter, nous avons pu réaliser un clip de ma chanson « Un éternel été » qui parle du réchauffement climatique et que vous pouvez écouter et voir ».

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El Hierro et Marrakech : bonne année et une vidéo EnR avec les jeunes

Chers lecteurs, veuillez accepter mes souhaits pour une bonne et prospère année 2019.
Sur le versant (du volcan d’El Hierro), voici une vidéo revigorante, autour du développement durable et des EnR, de notre mission d’octobre et novembre 2018 faite avec l’association Planète en Commun.

Elle a été longue à monter à partir de l’archipel du Cap-Vert où l’Internet n’est pas toujours véloce sur le voilier Luna Blu de Planète en Commun voguant entre deux îles ! Grâce à deux professeures, la mission avait été montée pour quatre élèves du Lycée Jean Monnet de Montpellier, deux étudiantes de l’Université de Marseille et un doctorant du CEFE/CNRS.
Avec plaisir et au Maroc, je remettrai le couvert à l’Université Cadi Ayyad de Marrakech en mars 2019, avec les étudiants africains et maghrébins du programme européen Erasmus+ appelé Afreqen au sujet des EnR, en tant que membre de son conseil scientifique. Continuer la lecture

El Hierro : le regard du naturaliste canarien Eustaquio Villalba

Il est quasiment impossible d’ignorer Quique l’alias d’Eustaquio Villalba Moreno aux Canaries quand on parle de sciences naturelles. Quique est connu, d’abord de presque tous, pour son travail d’animation à la Radio Nationale Espagnole (en anglais) et aussi comme  auteur de livres de divulgation scientifique et d’atlas régionaux, membre de nombreuses sociétés savantes des Canaries et paladin de la cause des réserves naturelles.

Le naturaliste des Canaries Eustaquio Villalba alias Quique. Lui, il précise : « géographe, paléoclimatologue et vulcanologue ». Comme militant, il est également le porte-parole de la Asociación Tinerfeña de Amigos de la Naturaleza (ATAN). © A.G. para El Diario de Avisos, 02/05/2016.

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El Hierro : exemple d’école dans le « Manifeste pour les nouvelles ressources »

Lors de la COP24 et plus précisément le 6 décembre, sortira, chez l’éditeur Le Cherche-Midi de Paris, l’ouvrage collectif « Manifeste pour les nouvelles ressources ». En pratique « le bénéfice de la vente des exemplaires de l’ouvrage sera versé à une ONG à définir », d’après les mots d’Erik Orsenna en janvier 2018.

Manifeste pour les nouvelles ressources – Première de couverture. Cherche-Midi éditeur, Paris, sortie le 29/11/2018.

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Tenerife et El Hierro : succès de la mission jeunes et voiliers de 2018

Quelques mots sont seulement nécessaires pour vous dire que la mission Tenerife et El Hierro 2018, avec sept jeunes et deux voiliers, s’est bien déroulée et qu’elle s’est  achevée le 3 novembre aux Canaries. Quelque vingt jours après ce retour à Montpellier, déjà de nombreux textes d’étape – une bonne dizaine – ont été rédigés, grâce à l’aide des deux professeures du Lycée Jean Monnet m’accompagnant : Dominique Chirpaz et Christine Genuist, et dont je donne volontiers les titres :  énergie photovoltaïque ITER sur Tenerife ; village bioclimatique ITER ; volcan El Teide toujours sur Tenerife ; astronomie El Teide ; journée en mer sur le Luna Blu en vue d’El Hierro ; protocole pour l’observation des oiseaux marins ; pêche durable dans les eaux d’El Hierro ; dessalement de l’eau de mer sur El Hierro ; l’autosuffisance de l’île d’El Hierro ; rencontre avec le créateur de la centrale hydro-éolienne d’El Hierro ; puffin de Scopoli dont notre groupe a recueilli un gros poussin le 31 octobre sur El Hierro ; oiseaux des Canaries ; Jardin Botanique de La Orotava sur Tenerife ; Tela Botanica et herborisation sur El Hierro ; et mots croisés  au sujet de la mission. Une cartographie des lieux à visiter avait été faite avant le départ et le programme d’études fut presque respecté, malgré deux coups de tabac subis par les équipages des voiliers entre Tanger et El Hierro dont la traîne de l’ouragan Leslie. Toutefois, place maintenant à quelques images du groupe lors de différentes visites sur l’île d’El Hierro.

Mission El Hierro 2018. Notre groupe photographié face au réservoir inférieur de Gorona del Viento. @ S. Locci pour Planète en commun sur Facebook.

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