Sète-Ushuaïa : transat et mission réussies du voilier de Planète en commun

En ce début d’année 2020, je reviendrai brièvement grâce à des liens sur deux exploits réalisés en 2019 qui ont eu en commun une escale et un départ sur l’île des Canaries d’El Hierro à la fin de 2018.
Celui qui me touche le plus est la réussite de Planète en commun, un projet familial de traversée de l’Atlantique jusqu’au port mythique, pour les marins à la voile, d’Ushuaïa en Patagonie argentine qui a été atteint le 2 décembre 2019, après un long périple humanitaire et  scientifique avec l’IRD commencé à Sète le 17 septembre 2018. Avec les élèves les anciens et deux professeures du Lycée Jean Monnet de Montpellier, j’avais eu le grand plaisir d’accueillir l’équipage du Luna Blu sur l’île d’El Hierro aux Canaries fin octobre 2018.

Pour une sortie avec leurs professeures, les lycéens de Jean Monnet Montpellier et les étudiants quittent le port de La Restinga à bord du monocoque Luna Blu de Planète en Commun. 29 octobre 2018, El Hierro, Canaries. © A. Gioda, IRD.

Cet échange avec l’équipage de Planète en commun, eut lieu lors d’une escale scientifique autour des énergies renouvelables sur l’île d’El Hierro fin octobre-début novembre 2018. Et quoi de plus important que le vent pour la voile et pour les jeunes et leur apprentissage d’un nouveau monde et de nouveaux modes de travailler et de naviguer ? Ainsi, déjà en 2019 et ce sont de bons prémices, l’Espagne était quasiment à 50 % d’EnR quant à la capacité de son mix énergétique avec plus de 108 000 MW installés. Même si, derrière ces chiffres impressionnants, toutes les énergies renouvelables, tel le vent, sont bien plus anciennes et traditionnelles que le nom up-to-date de la société Carbone-free, celle qui arme le Luna Blu et qui est une émanation de la SCOP ou société coopérative de l’Hérault ARIAC 34.

Lycéens de Jean Monnet Montpellier au port de La Restinga, à pied d’œuvre sur le monocoque Luna Blu de Planète en Commun. 29 décembre 2018, El Hierro, Canaries. © A. Gioda, IRD.

Le départ de Sète du monocoque Luna Blu avait fait l’objet d’un reportage au JT de France 3 Occitanie le 17 septembre 2018, encore visible sur le site de Planète en commun.

Pour mémoire, le skipper de Luna Blu Jean-Luc Tollemer et son épouse Sandrine Locci, cheville ouvrière de Planète en commun, furent formés en partie à la célèbre école de voile Les Glénans. Cette dernière se trouve sur le petit archipel breton du même nom où se déroule une opération 100 % EnR pour la petite centaine de personnes qui évolue, chaque jour, autour du centre nautique. Pour rappel, l’école de voile se situe dans un milieu partiellement protégé, celui de Réserve de Saint-Nicolas des Glénan. Cette expérience est intéressante même si elle reste limitée : l’archipel des Glénan (5 km2) n’a plus d’habitant permanent depuis les années 1990.

Entre Planète en commun et le Lycée Jean Monnet de Montpellier, le partenariat roule depuis le début de l’année scolaire 2017-2018 avec des temps forts telle la présentation du voyage Sète-Ushuaïa en mars 2018 au port héraultais.

Présentation du projet Planète en commun par Sandrine Locci sur le ponton du Luna Blu, Port de Sète (Hérault), le 30 mars 2018. © C. Genuist, Lycée Jean Monnet.

Le second exploit maritime est la transat de Jean-Jacques Savin de 71 printemps, parti en tonneau (!) d’El Hierro aussi fin 2018 (le 26 décembre) et arrivé  aux Petites Antilles le 27 avril 2019, face à l’île hollandaise de Saint-Eustache. Grâce à 127 jours passés en solitaire au gré essentiellement des courants, il constitue le 7ème exploit mondial parmi les grands défis de l’année 2019, selon le portail spécialisé Un monde d’aventures.

Le tonneau orange de Jean-Jacques Savin avec lequel il a réussi en 2019 la transat en solitaire El Hierro (Canaries) – Saint-Eustache (Antilles Néerlandaises) après 127 jours de mer. Blog du vin de Jean-Pierre Stahl : Côté châteaux. ® France 3 Aquitaine.

Enfin si Jean-Jacques Savin était rentré en avion puis avait été fêté dignement, il reste à l’équipage familial de Planète en commun la tâche du retour à Sète à partir d’Ushuaïa : la transat est toujours plus difficile d’Amérique vers l’Europe quand les alizés du Nord-Est n’aident pas les navigateurs à la voile.

La photographie mise en avant a été prise devant le havre d’Ushuaïa le 2 décembre 2019. Elle concrétise la réussite de Planète en commun, un projet familial de traversée intelligente de l’Atlantique en voilier, de Sète (Hérault) jusqu’à ce port mythique chez les marins car le dernier avant le cap Horn. Ushuaïa, zone des cinquantièmes hurlants, Patagonie, Argentine. @ Planète en commun.

2 réflexions sur “ Sète-Ushuaïa : transat et mission réussies du voilier de Planète en commun ”

    1. Merci, Cher Voileux de l’association Les Glénans de Paimpol, et bien des marins que j’ai pu connaître – de près ou par correspondance – sont passés par El Hierro mais auparavant par la formation de l’association Les Glénans. Ceci soit sur l’archipel soit ailleurs en Bretagne (Paimpol) soit à son antenne de Marseillan en Méditerranée. Je pense à René Buttay, venu avec son épouse à El Hierro puis aux Açores sur leur bateau en fer, et ensuite à Sandrine Locci et Jean-Luc Tollemer de Luna Blu maintenant à Ushuaïa qui, je crois bien, se sont connus chez vous. Doivent aussi vous apprécier Victorien Erussard et Jérôme Delafosse, l’équipage d’Energy Observer, de passage en novembre 2017 sur El Hierro pour un tournage, comme Hervé Le Merrer du défi réussi de L’Atlantique à la godille parti aussi d’El Hierro fin décembre 2017, etc.
      Kénavo et bon vent !

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