Lunel et Posquières en Languedoc : la Kabbale, le climat et Moshe Idel

Loin de moi, l’idée d’écrire sur le judaïsme ou les religions – car j’en suis bien sûr incapable – mais des réflexions en partie régionales et climatologiques grâce à l’actualité : l’édition fin 2016 chez Adelphi de l’ouvrage de Moshe Idel « Il male primordiale nella Qabbalah » (traduit en italien de l’hébreu par Fabrizio Lelli).

Première de couverture du dernier ouvrage de 2016 de Moshe Idel publié en italien chez Adelphi.
Première de couverture du dernier ouvrage de 2016 de Moshe Idel publié en italien chez Adelphi.
Moshe Idel, historien et philosophe israélien de l’Université Hébraïque de Jérusalem, à sa table de travail. ©Shalom Hartman Institute.

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Costa Rica et Uruguay : vœux 2017 pour un monde à 100% renouvelable

En cette période des vœux et par ce billet, je vous dirige vers un article de synthèse du quotidien « El Mundo » de Madrid qui présente surtout l’exemple d’un pays d’Amérique Centrale où les 100% EnR, toute l’année, sont à la portée de main : le Costa Rica.

C’est un exemple moins connu que l’Islande ou la Norvège qui sont des pays riches. Citons également, chez nous, l’étude prospective de l’Ademe qui avait fait couler beaucoup d’encre en 2015 et 2016.

Comme un autre pays en Amérique latine l’Uruguay (en espagnol), le Costa Rica a mis sur pied, depuis de longues années, un programme de travail ambitieux autour des EnR. Si l’Uruguay utilise beaucoup le vent en profitant de sa large ouverture vers la mer, le Costa Rica a misé largement sur l’énergie géothermique qui est abondante le long de la Ceinture de feu du Pacifique. Ainsi, ai-je mis à la une la photographie de la centrale géothermique de Puhagan, toujours au Costa Rica, tirée du portail « EnergiaHoy » qui en a le copyright. Continuer la lecture

El Hierro : « Une île écologique modèle ? » en ligne et Erasmus+ en cours

En cette fin d’année 2016, mes remerciements iront à Loïc Mangin, journaliste de « Pour la Science », pour la mise en ligne rendue possible, de façon gracieuse, de l’article collectif suivant, un an après tenue la COP21 : El Hierro : une île écologique modèle ? (2015). A un autre niveau et auparavant, Pierre Thouvenez et Olivier Daniélo, respectivement administrateur de portail et blogueur, m’avait poussé à demander de récupérer mes droits d’auteur afin d’en faire bénéficier le plus grand nombre.
Cette diffusion des avancées sur les énergies renouvelables ne serait pas grand chose sans sa projection vers les plus jeunes et ici je parle du programme européen Erasmus+. Le programme Erasmus+ soutient l’Instituto de Educación Secundaria (IES) Garoé de Valverde, l’équivalent du collège et du lycée de l’île d’El Hierro, depuis fin 2015. Aux manettes de ces échanges avec différents lycées européens, il y a Don Manolo, l’alias affectueux de José Manuel Domínguez Sanz (originaire de la péninsule ibérique) qui le dirige. L’idée force est de sortir les jeunes d’El Hierro de leur isolement afin qu’ils se frottent au Monde et au-delà que, à leur retour, ils puissent apprécier, en connaissance de cause, les acquis des générations précédentes sur leur petite terre. En pratique pour vous, l’ensemble des liens est disponible à partir du blog dédié au projet Erasmus+ de l’IES Garoé (en espagnol).

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El Hierro : club jeunes, « Tela Botanica » et sciences participatives

Le 18 novembre 2016, s’est déroulée la restitution, selon les termes de l’Education Nationale et moi je dirais le bilan, sous forme de quatre exposés du voyage d’études sur l’île d’El Hierro aux Canaries des onze lycéens de l’établissement Jean Monnet de Montpellier. Cette restitution fait écho au « journal de bord » de la visite d’avril et mai 2016. Dans l’enceinte de la géode du Lycée Jean Monnet de Montpellier, il y a eu en fait deux restitutions : l’une pour les autres élèves, ceux qui ne purent pas participer au voyage d’études ; et une autre destinée aux parents des lycéens ayant fait la mission de découverte sur l’île d’El Hierro aux Canaries, soutenue aussi par le Club Jeunes IRD.
En mai 2016, avait été mis en ligne un compte-rendu de la journée du 2 mai d’herborisation sur El Hierro sur le site du Lycée Jean Monnet de Montpellier. Deux jeunes femmes s’y étaient particulièrement impliquées Dounia Tabouche et Emma Rozis, à ce jour, étudiantes en 1ère année respectivement à l’école d’ingénieurs Polytech Montpellier et en biologie marine à l’Université de Marseille. C’est le premier apport sur El Hierro dans la forêt de données recueillies sur « Tela Botanica » au sujet de la flore du Monde entier.

Je vous demande un brin de patience lors de l’utilisation des outils de « Tela Botanica » parce que, conçus à une échelle mondiale, ces derniers sont lourds. Quand vous serez en attente de téléchargement, une fleur verte virtuelle tournera à gauche et en haut de l’écran. Quand vous pointerez une localité (en bleu) , une petite main ouverte apparaitra en attente. Lorsqu’il sera possible de cliquer une seconde fois afin d’ouvrir l’herbier virtuel, un doigt pointera la localité choisie par vous. Il est à noter qu’apparaît, pour El Hierro, le nom de Dominique Chirpaz car cette professeure encadrante du Lycée Jean Monnet avait ouvert le portail afin d’introduire les données au sujet de cette île.

30/04/2016. En mission botanique sur les hautes terres humides et brumeuses. El Hierro. Cliché : M. Tapiau, IRD.
30/04/2016. En mission botanique sur les hautes terres humides et brumeuses. Crête de Llania, El Hierro. Cliché : M. Tapiau, IRD.

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Estérel, El Hierro et La Réunion : tortues, oiseaux marins et leur futur

La bonne nouvelle et un antidote à la sixième extinction (de masse des espèces animales)  dans le milieu naturel  : le 22 juillet 2016, la ponte d’une tortue marine de l’espèce Caretta caretta, dite communément caret ou caouanne, sur la plage de Saint-Aygulf (Estérel, département du Var) ; puis, le 30 septembre, la naissance de trois petites tortues sur la vingtaine d’œufs pondus. Enfin, le 4 octobre, une autre tortue de 4 cm de longueur a été relâchée et elle a rejoint la mer par ses propres moyens. C’est tout à fait un phénomène exceptionnel tant au niveau ponte qu’éclosion sur les côtes françaises même si la tortue caret est la plus commune des trois espèces marines présentes en Mer Méditerranée.

Tortue caouanne ou caret, à peine éclose, rejoignant la mer. Taille : environ 4 cm. ©Axel Falguier.
Tortue caret ou caouanne, à peine éclose, rejoignant la mer. Taille : environ 4 cm. ©Axel Falguier.

Ce résultat a été obtenu grâce aux bons soins des baigneurs et touristes, des associations tel le Réseau tortues marines de Méditerranée française (RTMMF) et des Services techniques de la ville de Fréjus sous la houlette dans ce domaine  de M. Jacob, directeur du Service Environnement & Développement Durable.  Le nid avait dû être déplacé, hors de la plage, car les températures après la mi-septembre avaient trop chuté à la suite d’un épisode pluvieux.
Comment ai-je connu cette bonne nouvelle ? Parce que j’avais été invité par la CAVEM (Communauté d’Agglomération Var-Estérel-Méditerranée) et plus particulièrement par le Service de l’Environnement dirigé par M. Ferrero, en liaison avec le site de Futura-Sciences (FS). Nouvelle économie égal nouvelle localisation : FS est basé à Agay, une petite localité balnéaire de l’Estérel sur la  commune de Saint-Raphaël, créé par une famille issue de l’Oise dont le webmaster avait été étudiant en Bretagne au début des années 2000. La CAVEM avait organisé à la rentrée 2016-2017, les 15 et 16 septembre, son premier forum de l’environnement et du développement durable, dans le sillon de la COP21, au théâtre intercommunal de Fréjus (Var). Continuer la lecture

Potosi : boom minier et patrimoine industriel et urbain en danger

Voici un résumé de mon intervention orale le 8 novembre 2016 au Workshop ou à l’Atelier TRAMINES (Regards croisés sur les trajectoires socio-environnementales des sites miniers actuels et passés), organisé par l’Université de Savoie .

Depuis une bonne décennie, la grande presse montre la face noire de la mondialisation des échanges en Europe et aux Etats-Unis. Toutefois que c’est-il passé ? A mon sens, entre le début des années 2000 et 2010 , les produits non ou peu transformés, tels les métaux et le riz, ont enfin atteint des prix élevés, un trait qui n’advenait pas depuis des siècles durant lesquels la croissance de l’Occident fut basée pour une large part sur les prix bas ou très bas des matières premières. Ce point de vue est aussi et d’abord celui de Filipe Duarte Santos, professeur de l’Université de Lisbonne et auteur entre autres de l’ouvrage « Humans on Earth » (2012) dans lequel il montre l’évolution favorable des prix, sur le marché mondial, du panier de ces produits caractéristiques des pays du Sud.

Le Prof. F. D. Santos est un Collègue que j’ai eu la chance de rencontrer au Pérou, lors d’un congrès sur les zones arides organisé par l’Université Nationale San Agustin d’Arequipa (UNSA), en octobre 2011.

A une échelle plus locale, la Bolivie, un pays sud-américain grand producteur de matières premières ou de produits non transformés  (métaux non-ferreux, gaz et soja), en a profité. En descendant encore à l’échelle d’une ville telle Potosi (presque 200 000 habitants), le nouveau boom minier (zinc, argent, plomb, lithium au-delà de la cité, etc.) fut poussé grandement par la demande des pays du Sud-Est asiatique en pleine industrialisation.

La ville de Potosi, le canal de la Ribera et le Cerro Rico, la montagne d'argent. Vue du centre vers les quartiers hauts traditionnellement de paroisses d'Indiens et donc plus pauvres. L'église de la paroisse San Benito est à gauche tandis que le canal de La Ribera dont l'eau fait tourner toutes les usines de Potosi se devine au premier plan derrière le grand mur blanc. A droite, le grand cône du Cerro Rico (4800 m), qui fut le plus grand gisement d'argent du monde et qui est toujours exploité intensivement par des mines de coopératives ouvrières. ©A. Gioda, IRD, vers 1998.
La ville de Potosi, le canal de La Ribera et le Cerro Rico, la montagne d’argent. Vue du centre vers les quartiers hauts traditionnellement des paroisses d’Indiens et donc les plus pauvres. L’église de la paroisse San Benito est à gauche tandis que le canal de La Ribera dont l’eau fait tourner toutes les usines de Potosi se devine au premier plan derrière le grand mur blanc qui la longe. A droite, le grand cône du Cerro Rico (4800 m), qui fut le plus grand gisement d’argent du monde et qui est toujours exploité intensivement par des mines de coopératives ouvrières. ©A. Gioda, IRD, vers 1997.

Il en résulta une tension localement entre production et conservation dans la ville de Potosi, classé au patrimoine de l’Humanité depuis 1987 par l’Unesco. Continuer la lecture

Petite Camargue : la tortue, le film et la Seine en 1991 et 2016

La Petite Camargue est la zone qui prolonge, par son plat pays, le delta du Rhône à l’Ouest. Au-delà du bras occidental du delta dit le Petit Rhône, se place la Petite Camargue, bien moins connue que la Camargue proprement dite qui est celle de l’Etang du Vaccarès, des Saintes-Maries de la Mer et de Cacharel. Dans cet ensemble de zones palustres ou de marais et d’étangs saumâtres ou encore de régions basses « bonifiées ou aménagées par l’homme », se trouve La Tartuguière qui est devenue un domaine du Conservatoire du Littoral. Pourquoi ? Parce qu’il y reste encore des tortues comme l’indique son nom. Il s’agit même du site où il s’en compte le plus dans le département de l’Hérault bien que sa population y soit très petite : guère plus de la centaine. Quelle tortue rencontrons-nous  ? La seule d’eau douce ou encore palustre, originaire de France (avec la rarissime tortue lépreuse), la cistude d’Europe qui en forte régression sur tout le continent.

Cistude d'Europe (Emys orbicularis). C'est une petite tortue de la taille d'un galet à longue queue. ©Conservatoire (CEN Savoie).
Cistude d’Europe (Emys orbicularis). C’est une petite tortue, de la taille d’un galet, à longue queue (voir aussi la photographie de jeunes mise en avant de cet article). ©Conservatoire d’Espaces Naturels (CEN) Savoie et PACA.

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El Hierro : le chiffrage des EnR, de l’écologie et de la réserve marine

Le 27/06/2016, la centrale EnR d’El Hierro a fêté ses deux années de fonctionnement. C’est une originale centrale électrique éolienne et hydraulique dans laquelle la seconde énergie est stockée grâce à la première et prête à la relayer à la demande ou en cas de panne de vent.
Laissons la place aux chiffres. A dix reprises, pendant le premier semestre de 2016, toute l’énergie produite sur l’île d’El Hierro (environ 300 km2 pour 6 000/7 000 habitants permanents) était 100% locale et 100% renouvelable. Le record de durée de fourniture sans interruption de courant 100% EnR est légèrement postérieur : 76 heures (3 jours et 4 heures – du 30/07 à 4h50 au 02/08 à 8h50). Il est advenu à cheval entre juillet et août 2016 avec un précédent record de 55 heures toujours en juillet 2016 (du 10/07 à 23h29 au 13/07 à 6h52). En juillet 2016, les EnR représentèrent en moyenne 67% du mix énergétique insulaire. Selon les données du Réseau Electrique Espagnol (REE), pour le premier semestre de 2016 (marqué par la grande faiblesse des vents en cette année caractérisée par El Niño exceptionnel), les EnR pesèrent 37,4% dans le mix énergétique de l’île. Il faut se souvenir qu’il avait, au niveau de la production électrique, 100% d’énergies fossiles sur l’île avant juin 2014. Continuer la lecture

Etang de Thau, Hérault : éco-dialogues en musique du 18 au 24/07

C’est tout près de chez moi, dans les lieux jolis et fréquentés par les vacanciers, les pieds dans l’eau ou pas bien loin dans de vieilles pierres, gratuit (pour les conférences regroupées sous le nom d’éco-dialogues) et stimulant : le 26ème festival de Thau du 18 au 24 juillet. Le fil rouge de cet été est de surfer sur le succès public du film « Demain » – ayant fait plus d’un million d’entrées payantes, chose rare pour un documentaire – en présentant des alternatives de développement qui marchent en France. Le festival de Thau c’est aussi de la musique et des chanteurs du monde qui illustrent par leur talent ces voies d’un développement durable. L’écologie est du plaisir.

El Hierro : France Inter le 31/07 et France 5 « Les maîtres de l’eau »

C’est la période des grandes vacances propice aux rediffusions telles les études de rattrapage et autres révisions. Toutefois, j’espère que vous y trouveriez plus de plaisir qu’à ces dernières.
France Inter diffusera à nouveau, le dimanche 31 juillet à partir de 9h10, son magazine « Interception » au sujet d’El Hierro dans le vent c’est-à-dire à la mode, comme on disait il y a longtemps déjà. Bien évidemment dans une version mise à jour depuis septembre 2015. Le 31 juillet 2016, les 100% EnR ont été atteints.
De même, il vous est possible de revoir le film documentaire « Les maîtres de l’eau » de 2013 qui avait été diffusé sur France 5, deux fois, les 29 janvier et 7 février 2016. Les 25 premières minutes sont consacrées à El Hierro et ses avancées en énergies renouvelables centrées sur l’hydraulique. Maintenant, le documentaire « Les maîtres de l’eau » est en libre accès.
J’adresse un grand merci aux journalistes, documentaristes et techniciens m’ayant suivi sur la dernière île des Canaries : dans l’ordre chronologique, Jean-Paul Llamazares, Jean-Luc Guntz, Elodie Fertil, Sandy Dauphin et Jean-Pierre Pernel.llamazares maitresLa photographie mise en avant est de Muriel Tapiau (IRD) et elle montre une danse pastorale au Pinar sur El Hierro, le 3 mai 2016, lors de la fête de La Cruz. Vous pouvez toujours connaître, jour après jour, la production électrique largement renouvelable de l’île qui est devenue sa signature.

 

« Les climats, les saisons, les sons, les couleurs, l'obscurité, la lumière , les éléments, les aliments, le bruit, le silence, le mouvement, le repos, tout agit sur notre machine, et sur notre âme . » Jean-Jacques Rousseau, Les confessions.