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Vérargues : 46 °C à l’ombre, canicule, architecture frugale et Viavino

Afin d’aller au-delà d’un article de la journaliste Nathalie Mayer sur Futura au sujet des canicules records de 2019 auquel j’avais eu la chance de collaborer, j’approfondis des thèmes laissés en marge, sur ce portail scientifique généraliste, le 31 juillet dernier. L’article au sujet des chaleurs records en France et en Europe de 2019 avait bénéficié aussi de l’apport de Christelle Robert, ingénieur prévisionniste à Météo France.
Selon Wikipedia, « le 28 juin, le record national de température, tous mois confondus, est battu par Vérargues (Hérault) où le thermomètre a atteint 46 °C sous abri (à l’ombre dans un milieu ventilé), dépassant le record de 44,1 °C de Conqueyrac [commune du Gard mais proche de l’Hérault] en août 2003. C’est la première fois en France métropolitaine qu’une température atteint et dépasse les 45 °C ». J’ajouterais que cela s’est vérifié à plusieurs stations météorologiques, proches les unes des autres, ce qui écarte tout risque d’erreur de mesure.

Le village de Vérargues d’Entre-Vignes (Hérault) au milieu de son vignoble. Cette localité a enregistré un pic de chaleur record de 46 °C le 28 juin 2019. La photographie, mise en avant dans cet article, montre des grappes de raisin sur pied de son terroir calcinées le 28 juin 2019 en fin d’après-midi. © A. Gioda, IRD.

Toujours selon Wikipedia, « Météo-France confirme la validité de ce record en mentionnant qu’il provient d’une de ses stations conformes à toutes les normes de l’Organisation météorologique mondiale et qu’il concorde avec la station voisine de Villevieille [de Sommières, certes située dans le Gard mais proche de Vérargues] qui dépasse aussi 45 °C ». Pour être précis, 45,1 °C et les médias écrivirent, pendant quelques jours, que c’était le nouveau record métropolitain de températures maximales.

Rue du village de Villevieille, dominant la petite ville de Sommières (Gard). © Le Mas de la Rivoire.
Dans la touffeur d’un après-midi estival, Villevieille (Hérault) domine son vignoble. Cette localité a enregistré un pic de chaleur de 45,1 °C le 28 juin 2019. © A. Gioda, IRD.

Cela fut avant de passer à un autre record provisoire à Gallargues-le-Montueux avec 45,9 °C, un village toujours dans la même région bien que situé dans le département du Gard, puis d’arriver à Vérargues et ses 46 °C. Cet ajustement n’a pu se faire qu’une fois toutes les observations des 3 000 bénévoles du réseau de Météo-France recueillies, analysées et critiquées.

Depuis toujours, la météorologie est une science participative et les observations au sol permettent un maillage fin et discret du territoire. Cet article est également un hommage au suivi journalier de chacun de ces milliers de bénévoles, pendant des décennies, du climat de la France.

C’est officiel : on a atteint les 46 °C en France lors de la vague de chaleur de la fin juin ! Après contrôle et expertise par les climatologues de Météo-France, la valeur record de Vérargues (Hérault) a été validée pour le 28 juin 2018. © www.meteofrance.fr

Encore selon Wikipedia, « le même jour soit le 28 juin, la station de Montpellier-Fréjorgues (Hérault), en relevant une température maximale de 43,5 °C, battait son record absolu de température maximale de 5,8 °C. Cet écart entre l’ancien et le nouveau record absolu est le deuxième plus grand écart jamais observé dans le monde pour des stations à longue série de mesures. Seul un écart supérieur, de 6,1 °C, a été observé à Steele dans le Dakota du Nord (Etats-Unis) en juillet 1936, le record passant de 43,3 °C à 49,4 °C. »

La station météorologique de référence de la ville de Montpellier (Hérault). Il s’agit de celle de l’aéroport international de Fréjorgues. Avec 43,5 °C, elle a battu le 28 juin son record précédent de température maximale de 5,8 °C. © www.infoclimat.fr

Attention! La station de Fréjorgues n’est pas si ancienne car l’aéroport actuel ne fut inauguré qu’en 1938 et il ne démarra réellement qu’après la guerre. Auparavant deux sites toujours en zone marécageuse favorable, par leur comblement, à devenir une steppe herbeuse avaient été les aéroports montpelliérains :  le lieu-dit L’Arnel puis Candillargues. Souvent, on trouve sur l’Internet 1971 comme date du début des observations à Fréjorgues. Toutefois, la date de début de la station de Montpellier-Fréjorgues est bien 1939, selon Météo-France et son travail en archives du climat. Toutefois les observations de Fréjorgues ne deviennent de qualité, notamment pour les températures, et continues que, depuis la fin de la guerre, soit 1946. Deux choses sont sûres : le bon soin pris pour les mesures sachant qu’elle est couplée à un aéroport international, même s’il n’est pas de grande envergure ; et ensuite, depuis 1939, la ville de Montpellier s’est beaucoup rapprochée des installations de l’aéronautique jusqu’à presque les inclurent dans son tissu. Ceci a généralement des conséquences importantes sur le micro-climat dont la hausse des températures avec un effet bien connu d’îlot de chaleur urbain (abrégé ICU, en météorologie) ; les rues des villes, quasiment sans arbre afin de laisser plus de place aux voitures qui déjà elles-même chauffent beaucoup, sont de véritables canyons minéraux car bordés d’immeubles, de plus en plus hauts. Toutefois, le record précédent de Montpellier-Féjorgues était récent, puisque datant seulement du  4 août 2017 avec 37,7 °C, montrant bien le caractère paroxystique de l’événement torride de fin juin 2019. Par conséquent, ce gain du maximum de températures, tout à fait exceptionnel au niveau mondial avec + 5,8 °C d’un coup, n’a rien à voir avec le phénomène d’îlot de chaleur urbain.

De façon plus générale et au niveau national, l’impact sur la mortalité des deux épisodes caniculaires des fins de juin et juillet n’a été connu que le 8 septembre : 1 500 décès supplémentaires, selon la ministre de la Santé.  Toutefois, les Pays-Bas annonçaient, déjà le 8 août, une surmortalité de 400 décès pour la canicule de fin juillet 2019, selon la très officielle Agence néerlandaise de statistiques.  Pour mémoire en France, la vague de chaleur d’août 2003 avait causé 15 000 décès supplémentaires et 1 500, celle de 2018. L’été 2003, la surmortalité se matérialisa par 20 000 décès de plus en France et 70 000 en Europe au total (dont 20 000 aussi en Italie), selon une étude-bilan publiée en 2007 par l’Inserm.

La vie ne manque pas de sel : le maximum national de températures est tombé dans la toute nouvelle commune d’Entre-Vignes qui, depuis le 1er janvier 2019, regroupe les villages de Saint-Christol et de Vérargues.

La grande cave coopérative de Saint-Christol d’Entre-Vignes (Hérault), en plein été. © A. Gioda, IRD.
A Saint-Christol d’Entre-Vignes (Hérault), les anciens tonneaux sont recyclés en grandes jardinières à laurier rose ! © A. Gioda, IRD.

Et que trouve-t-on sur la route de Vérargues à Saint-Christol ? Un complexe récent dont l’architecture intègre fortement la lutte contre le réchauffement climatique dans une région éminemment viticole : le pôle œnotouristique Viavino, élaboré entre 2008 et 2014 et inauguré en 2013 par Philippe Madec. Low-tech, le complexe  est validé QE (Qualité Environnementale), Zéro énergie & VNAC (Ventilation Naturelle Assistée et Contrôlée) avec bois, terre & bâtiment biosourcé.

Viavino à la sortie du village Saint-Christol sur la commune d’Entre-Vignes (nord de Lunel, Hérault), sur la route de Vérargues. Vue générale du site dit œnotouristique qui utilise et réutilise foultitude d’objet du monde viticole . © www.viavino.fr
Viavino (Saint-Christol, Entre-Vignes, Hérault). Vue partielle du pôle œnotouristique. © Atelier Architecture Philippe Madec.
Viavino (Saint-Christol, Entre-Vignes, Hérault). Vue partielle du pôle œnotouristique. © Atelier Architecture Philippe Madec.
Viavino (Saint-Christol, Entre-Vignes, Hérault). Vue partielle du pôle œnotouristique. © Atelier Architecture Philippe Madec.

« Je connais Viavino (j’y ai donné une conférence sur les obstacles mis devant l’écologisation de l’architecture) et Philippe Madec.  Cet architecte a initié, avec Dominique Gauzin-Müller et Alain Bornarel, le mouvement de la frugalité heureuse et créative (le manifeste circule toujours). Accessoirement Philippe Madec a préfacé notre dernière publication : « Yves Perret et Marie Renée Desages : poétique d’une architecture écologique », en cours d’édition par La Fenêtre à Montpellier dans  des locaux où j’avais donné des conférences en 2016 » Yves Perret, architecte,  Saint-Etienne (Loire, Auvergne).

De façon plus générale, l’architecture frugale peut se rattacher, quant à ses sources,  au courant de l’architecture vernaculaire qui avait fait les actualités lors que, en 2012, l’équivalent du prix Nobel en architecture le prix Pritzker avait été attribué au chinois Wang Shu. Ce dernier lutte, dans son pays, contre le gâchis née de la modernisation à marche forcée qui est symbolisée par le bétonnage des paysages.

Chantier de tours d’habitation sur le bassin versant du Yangtsé, le Fleuve Bleu des Chinois. © Photographie de Navad Kander, Prix Pictet 2011, exposition des Rencontres internationales de la Photographie d’Arles de 2018.

Quoi qu’en disent ses partisans, le béton, le matériau de base de l’architecture du XXe siècle, nécessité beaucoup de ciment. La fabrication de ce dernier génère énormément de chaleur, elle est énergivore, faite avec souvent des produits d’origine fossile, et donc elle est très grosse émettrice de CO2 dans les cimenteries. De plus, ces dernières sont le plus souvent couplées aux carrières, contenant calcaires et argiles donnant des marnes, dont l’exploitation génère elle-même des nuées de poussière. Le très répandu ciment Portland d’aujourd’hui utilise toujours la marne comme ingrédient principal.

Selon Wikipedia, « la production du clinker, le principal constituant du ciment qui s’obtient dans des fours à calcination, est responsable d’approximativement 5 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) anthropiques, contribuant au réchauffement climatique. »

Wang Shu, accompagné lors sa démarche par son épouse l’architecte Ly Wenyu (en anglais) dans son Amateur Architecture Studio, recycle des matériaux anciens, par exemple des briques cuites par le soleil, recueillis sur les ruines, des pierres déjà taillées ou des gravats, traditionnellement tenus comme négligeables.

Musée d’histoire de Ningbo (port de la mer de Chine) par Amateur Architecture Studio de Wang Shu. © Arcspace.

Auparavant et c’est son souhait d’y retourner, dans une démarche réactionnaire ou à contre-courant, l’architecture était vernaculaire. Cette dernière peut être définie, selon l’un des ses théoriciens Paul Olivier repris  Wikipedia, « comme étant l’architecture des gens, l’architecture sans architecte, faisant appel aux matériaux disponibles sur place et mettant en œuvre des techniques traditionnelles (par opposition à l’architecture pour les gens, l’architecture d’architecte). »
Mais baste revenons aux bâtiments de Viavino sur la route de Vérargues, Quoi de plus simple que de vous les montrer à nouveau et bien sûr vous trouverez du bois de seconde qualité qui habituellement partait à la décharge ou à la cheminée tel celui des palettes, de vieux tonneaux, d’anciens hangars revisités…

Viavino (Saint-Christol, Entre-Vignes, Hérault). Le restaurant. Vue partielle du pôle œnotouristique. © Atelier Architecture Philippe Madec.
Intérieur de la salle de repos, de réunions et de spectacles du site œnotouristique qui utilise et réutilise foultitude d’objet du monde viticole. Viavino à la sortie du village Saint-Christol sur la commune d’Entre-Vignes (nord de Lunel, Hérault), sur la route de Vérargues. © PatriceTeraz.
Viavino (Saint-Christol, Entre-Vignes, Hérault). Vue partielle du pôle œnotouristique. © Atelier Architecture Philippe Madec.

Certes Viviano n’est qu’une goutte d’eau ou plutôt de vin pour lutter contre le réchauffement climatique mais le pôle œnologique et écologique a le mérite de montrer la voie dans le monde agricole. En accord avec les agriculteurs, il faudrait surtout revoir bien des pratiques selon l’agronome Marc Dufumier, héraut de l’agro-écologie. Dans la vigne précisément qui, en Languedoc, est la culture la plus répandue en superficie, bien des problèmes sont générés par l’ancienneté des traitements fongicides, anti-adventices et insecticides dont le plus traditionnel remonte à la fin du XIXe siècle : la bouillie bordelaise. Il faudrait aussi jouer sur le mode de culture : à découvert et sur un sol presque imperméable car encroûté, complètement « nettoyé » (sic) ce qui constitue un milieu quasiment minéral ultra-sensible à de très fortes variations de la chaleur.

Grappe calcinée, à côté de quelques grains verts ayant survécu, après le passage de la canicule de fin juin 2019 et plus précisément par le coup de chaud de 46 °C du 28 juin. Dans le monde viticole, on parle de grillures sur grappes. Vérargues d’Entre-Vignes (Hérault). © A. Gioda, IRD.
Vigne et grappes calcinées après le passage de la canicule de fin juin 2019 et plus précisément par le coup de chaud du 28 juin. Jusqu’à 80 % de la récolte ont été perdus sur les parcelles les plus exposées au soleil l’après-midi. « Beaucoup » m’a soufflé, de façon laconique et en baissant la tête, le vigneron propriétaire du petit caveau du Château de Vérargues (Hérault). © A. Gioda, IRD.

« Les sols, de constitution argilo-calcaire […], sont composés de petits galets roulés qui ont la particularité d’emmagasiner la chaleur de la journée pour la restituer pendant la nuit, ce qui donne une maturité des raisins très précoce », selon le site du Château de Vérargues. Hélas, ce fonctionnement n’est plus l’idéal et le système, sans un paillage du sol au minimum, risque d’être obsolète entre autres avec le réchauffement climatique en cours (projet LACCAVE de l’Inra). On pourrait s’inspirer de ce qui se fait déjà dans certains vignobles italiens (emploi des résidus de taille dans la région de Pieve di Soligo),  voire même dans ceux que l’on trouve aux Canaries (sur l’île de Lanzarote) ou en Argentine (autour de Mendoza avec leur irrigation) cela en milieu désertique.

Vignoble à pergola de montagne dans les Alpes occidentales italiennes. Vigneti alpini-Francia-Italia-firmano-accordo-Alcotra. © Laura Renieri.

Enfin, je cède volontiers une seconde fois la parole à l’architecte écologiste Yves Perret qui fait le point quand à l’influence que nous pouvons avoir, les uns et les autres les techniciens, dans la lutte contre le réchauffement climatique.

« Je ne pense pas que nous sommes si peu nombreux. Je pense que nous sommes isolés. Quand je fais des interventions publiques – j’en fais beaucoup – il y a plein de monde : des « déjà convaincus » qui viennent refaire leurs forces et agrandir leurs réseaux ; et des « en crise » qui sont sur le point de passer à l’action. Le point de bascule s’approche à toute allure.

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La photographie, mise en avant dans cet article, montre une vigne et des grappes de raisin sur pied, du terroir de Vérargues (Hérault), calcinées le 28 juin 2019. Certes quelques grains verts ont survécu mais ils seront impropres à la vinification. © A. Gioda, IRD. Enfin, il vous sera possible de retrouver Rodolphe Coulondre, vigneron-éleveur du Château de Vérargues, sur le JT de 13 heures de TF1 daté du 20 juillet dans cet extrait, consacré à partir de la 30ème seconde, aux conséquences de la canicule vue de Vérargues. Ce viticulteur est encore sur BFM TV avec des habitants de son village dont le maire.

 

Sète : à la voile vers les Canaries et les conditions de la transition énergétique

Une petite fête fort sympathique a eu lieu sur le port de plaisance de Sète le samedi 15 septembre, à laquelle j’ai participé avec notamment la professeure Dominique Chirpaz et le proviseur Jean-Michel Diot du Lycée Jean Monnet de Montpellier très impliqués dans le développement des énergies renouvelables. Parmi l’assistance, deux des jeunes que nous accompagnerons en octobre afin de travailler aux Canaries avec également la professeure Christine Genuist : Victor Cazalis, doctorant au CEFE-CNRS, et Antoine Guy, lycéen venu avec ses parents. Avec deux jours d’anticipation, la fête célébrait le départ du bateau de Planète en Commun Luna Blu – escorté de Kaora, un autre voilier barré par Didier et son épouse Dominique – qui a pris la mer le 17 septembre. Son long voyage durera une année, avec pour première escale après cinq jours de navigation, l’île de Minorque aux Baléares et, comme destination la plus lointaine, Ushuaïa en Patagonie argentine, l’un des bouts du monde.

La navigatrice Sandrine Locci de Planète en Commun (à droite sur le ponton) en train d’expliquer son très prochain périple, devant le voilier Luna Blu, au port de Sète le 15 septembre 2018. C’était deux jours avant le départ pour Ushuaïa en Argentine via entre autres les Canaries, avec des escales sur les îles de Tenerife et d’El Hierro. ©  A. Gioda, IRD.

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El Hierro, La Coche, Linthal et Berrien : le stockage hydraulique de l’énergie

En ces temps où les énergies renouvelables tendent à être plus faciles à installer en France grâce à la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte et la volonté affichée du gouvernement en ce début de 2018, je voudrais attirer l’attention sur les trois faits suivants :

  • l’originalité de la centrale STEP hydro-éolienne de l’île d’El Hierro aux Canaries ;
  • l’importance des STEP hydrauliques dans le monde et, par exemple, l’extension en cours de celle de La Coche en Savoie et l’inauguration en 2016 de l’installation géante de Linthal en Suisse ;
  • la difficulté de bâtir de nouvelles STEP en France y compris outre-mer au travers de l’échec fin 2017 du projet de la micro-centrale de Berrien en Bretagne.

    Réservoir supérieur alimentant la conduite forcée de la centrale hydraulique et parc d’éoliennes servant aussi à son remplissage par pompage. La prise d’eau se fait au fond du lac. STEP d’El Hierro, Canaries, mars 2014. © A. Gioda,IRD.

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El Hierro et France : la roue tournera en voiture électrique

Dans un cadre climatique marqué chez nous en Europe par la seconde vague de canicules mortifères de début août, après celle de juin, il ne faudrait pas oublier l’importance du fait suivant : à l’échelle de la planète, les étés sont de plus en plus chauds de façon indubitable en l’état des connaissances actuelles (en anglais). Le contexte peut se compléter par une analyse récente et assez désespérante des scientifiques qui devrait enterrer l’idée de contenir à +2°C en moyenne l’augmentation des températures terrestres enregistrées.  Un objectif qui subsiste encore dans toute COP (Conference of the Parties ou, en français, Conférence des Etats). Il n’y aurait plus seulement 5% de chances de respecter ce seuil de +2°C sur la Terre au-dessus de la température moyenne de la planète au début de la révolution industrielle. Cette dernière a été fixée à 1880 par commodité car elle est aussi l’année correspondant au début des observations météorologiques fiables à l’échelle du globe.
Agir afin d’abaisser l’émission des gaz à effets de serre devient crucial dans beaucoup de directions. Alain Grandjean, président du groupe de réflexion de la FNH (Fondation pour la Nature et l’Homme, l’ancienne Fondation Nicolas Hulot), écrit ces jours-ci au sujet de la mobilité en France :

« Notons tout d’abord que la question de la voiture individuelle est bien l’un des sujets clefs en matière climatique. Le transport en 2015 c’est 29 % des émissions de gaz à effet de serre de la France… ».

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El Hierro : « Une île écologique modèle ? » en ligne et Erasmus+ en cours

En cette fin d’année 2016, mes remerciements iront à Loïc Mangin, journaliste de  « Pour la Science », pour la mise en ligne rendue possible, de façon gracieuse, de l’article collectif suivant, un an après la tenue de la COP21 : El Hierro : une île écologique modèle ? (2015). Auparavant, Pierre Thouverez et Olivier Daniélo, respectivement administrateur alors du portail Techniques de l’ingénieur et rédacteur énergie, m’avaient gentiment demandé de récupérer les droits d’auteur afin de faire bénéficier, de sa lecture, le plus grand nombre.  L’article mis en ligne El Hierro : une île écologique modèle ?  résume une expérience de terrain, commencée dès 1991 avec les techniciens locaux, et il a été écrit notamment à partir d’une bibliographie incluant un travail publié dans « Le journal des énergies renouvelables ».
Cette diffusion des avancées des énergies renouvelables ne serait pas grand chose sans sa projection vers les plus jeunes et ici je parle du programme européen Erasmus+. Le programme Erasmus+ soutient l’Instituto de Educación Secundaria (IES) Garoé de Valverde, l’équivalent du collège et du lycée de l’île d’El Hierro, depuis fin 2015. Aux manettes de ces échanges avec différents lycées européens, il y a Don Manolo, l’alias affectueux de José Manuel Domínguez Sanz (originaire de la péninsule ibérique) qui le dirige. L’idée force est de sortir les jeunes d’El Hierro de leur isolement afin qu’ils se frottent au Monde et au-delà que, à leur retour, ils puissent apprécier, en connaissance de cause, les acquis des générations précédentes sur leur petite terre. En pratique pour vous, l’ensemble des liens est disponible à partir du blog dédié au projet Erasmus+ de l’IES Garoé (en espagnol).

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France : des compteurs intelligents, des ondes radio et des hommes

En France , des initiatives personnelles foisonnent et en voici deux que j’ai connues grâce à Futura-Sciences :
a) le blog de Julien Garenzi qui montre notamment comment ce technicien a économisé 40% de la facture électrique de son foyer ;
b) un article à propos d’une initiative déjà ancienne de Dominique Delport, l’un des animateurs de l’association (active depuis plus d’une décennie) « La Toile de Tessy » dans la Manche.  M. Delport a amené, pour un faible coût, l’Internet en milieu rural – soit en bout de ligne – grâce aux ondes radio.
A tous les deux, un grand merci de leur confiance et surtout bravo pour leur allant et leurs réalisations.
Pour ma part, j’ai pu utiliser, lors de ma dernière mission en octobre dernier sur El Hierro, les services de la « smart island » soit une bonne vingtaine de sites isolés en milieu rural ou côtier équipés de la wi-fi en libre accès ou, si vous préfériez, de manière gratuite.

Panneau montrant grâce à des points bleus le réseau wi-fi rural et côtier de la "smart island" d'El Hierro. Cliché : A. Gioda, IRD.
Panneau montrant, grâce à des points bleus, le réseau wi-fi rural et côtier de la « smart island » d’El Hierro. Cliché : A. Gioda, IRD.

France et Sein : loi sur la transition énergétique adoptée le 22 juillet

Expert en 2013 du Débat National sur la Transition Energétique, je suis heureux de vous annoncer que, ce 22 juillet, la loi sur ce même thème – auquel on a ajouté « pour la croissance verte » – a été adoptée par l’Assemblée Nationale.
Les premières avancées de la nouvelle loi sont résumées ici par Florence Roussel.
Vous noteriez que, à la suite d’une question orale du Sénateur du Morbihan  Monsieur Joël Labbé, Madame la Ministre Ségolène Royal avait bien évoqué le 15 juillet le dossier de l’autonomie énergétique de l’île de Sein et des îles bretonnes qui sont des ZNI (Zones Non Interconnectées avec le réseau électrique national).

Joël Labbé, Sénateur du Morbihan. Cliché : www.joellabbe.fr

Vous trouverez l’avis de Mme Ségolène Royal devant les Sénateurs plus avant. Continuer la lecture

El Hierro : Ségolène Royal et le SER priment en 2015 son modéle d’ENR

Le 12 février à l’Unesco Ségolène Royal, la ministre française de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie, a remis le Trophée 2015 des EnR (Energies Renouvelables) à Monsieur Alpidio Armas, le président de l’administration insulaire d’El Hierro et de sa novatrice centrale hydro-éolienne. Voici également une version de cet événement en espagnol.
C’est le Syndicat des Energies Renouvelables (SER) et plus précisément Jean-Louis Bal et son équipe qui avaient proposé le choix de distinguer la communauté d’El Hierro, représentée par son président élu, et ils organisèrent la manifestation du 12 février. Y participèrent des personnalités tels le Prix Nobel 2007 Rajendra Pachauri, l’Académicien Erik Orsenna, la navigatrice Isabelle Autissier, le climatologue et membre du GIEC Jean Jouzel, le pilote de « Solar Impulse » Bertrand Piccard… Le Premier ministre Manuel Valls avait inauguré le Colloque du SER fort tôt tandis que l’écrivain Erik Orsenna de l’Académie Française a animé les débats.
Beaucoup de choses, d’intérêt et de gens importants pour El Hierro qui est un petit exemple d’écologie participative et de la quête des 100% EnR. Finalement, au sein des grandes et moyennes entreprises qui constituent l’ossature du SER, la remise du trophée 2015 des EnR à une île de 8 000 personnes, représentée  par son élu et aussi son gestionnaire (y compris dans le domaine électrique), est un hommage à la différence.
J’ai été heureux avoir été associé à ce Trophée, en tant que go-between entre le SER et l’administration insulaire, avec Cristina Morales de Gorona del Viento, la société électrique d’El Hierro.