Au cours de ce mois de mai 2026, traditionnellement riche en rencontres astronomiques, Saturne sera de retour à l’aube.
Rencontres entre passionnés :
Comme les années précédentes, mai 2026 sera l’occasion pour les astronomes amateurs de se rencontrer. En effet, le pont de l’Ascension offre quatre jours et trois nuits sans Lune, une aubaine si la météo est clémente. Les astronomes amateurs se retrouveront durant les Rencontres Astronomiques de Printemps (RAP, 28ème édition) ou les Nuits Astronomiques de Touraine (NAT, 14ème édition). Notez également que dans le Sud de la France se déroulera la seconde édition des Nuits Astronomiques du Verdon (NAV) :
Blottie en fin de nuit au-dessus de l’horizon Est, la comète C/2025 R3 (PANSTARRS) ne se dévoile qu’aux astrophotographes aguerris.
Un astre chevelu discret :
La comète C/2025 R3 (PANSTARRS) ne restera pas dans les annales. Contrairement à ce qu’écrivent certains médias, elle n’est pas visible à l’œil nu. Elle pourrait l’être théoriquement, puisqu’elle affiche une magnitude de 4,4 (prévisions de G. van Buitenen). Mais ne vous y fiez pas. Très basse sur l’horizon Est, perdue dans les premières lueurs de l’aube, elle n’est pas vraiment à son avantage ! Même à plus de 2.000 mètres d’altitude, loin de toute pollution lumineuse, elle reste très discrète. Seuls les astrophotographes peuvent nous en révéler toute la beauté.
Certains ont décidé de se lever tôt pour aller l’immortaliser depuis un site exceptionnel, souvent en altitude. La comète était invisible à l’œil nu, mais les boîtiers numériques performants ont pu la capter. D’autres ont fait le choix de la photographier à distance. Tous ont ensuite passé beaucoup de temps derrière leur ordinateur pour mettre l’astre chevelu en valeur. Avec, au final, des clichés uniques. Car, si les nébuleuses et les galaxies sont immuables, les comètes, elles, ne font que passer.
Des astronomes, amateurs ou professionnels, sont parvenus à capter la lumière du vaisseau Orion, durant la mission Artemis II.
Retour vers la Lune :
Avec Artemis II, les Terriens repartent vers la Lune, 54 ans après la dernière mission du programme Apollo. À bord du véhicule Orion, les quatre astronautes devraient amerrir vendredi 10 avril. Partis le 1er avril, ils sont allés plus loin qu’aucun être humain et ont fait le tour de la Lune. Une expérience qu’ils ont qualifiée “d’absolument spectaculaire et magnifique”. Depuis la Terre, les passionnés ont suivi cette aventure sur leurs écrans. Certains ont même tenté de capter la faible lumière renvoyée par les panneaux solaires du véhicule Orion. Un petit point faiblement lumineux au milieu des étoiles :
Avoir un instrument astronomique était indispensable, encore fallait-il savoir où viser. Au Mont Palomar, on a mis à contribution le célèbre télescope de 5 mètres inauguré en 1948. Surnommé télescope Hale (en hommage à l’astronome George Ellery Hale), il resta le plus grand du monde jusqu’en 1976 :
Les astronomes de l’observatoire ont réalisé une vidéo montrant le véhicule Orion, point immobile au milieu des étoiles en mouvement. Sans disposer d’un télescope aussi imposant, quelques astrophotographes amateurs sont également parvenus à immortaliser la scène :
Actuellement dans la constellation de Pégase, C/2025 R3 (PANSTARRS) est la nouvelle coqueluche des chasseurs de comètes.
Une comète en chasse une autre :
C/2025 R3 (PANSTARRS) a vite fait oublier C/2026 A1 (MAPS), qui s’est volatilisée le 4 avril en frôlant le Soleil. Place donc à un nouvel astre chevelu, découvert le 8 septembre 2025 par le réseau de surveillance Pan-Starrs (Panoramic Survey Telescope and Rapid Response System). Il s’agit de deux télescopes robotisés installés à Hawaii. Depuis leur mise en service (en 2014 et 2018), ils ont découvert plusieurs centaines de milliers d’astéroïdes. Mais ils ont également déniché de nombreuses comètes :
En frôlant le Soleil, la comète C/2026 A1 (MAPS) s’est désintégrée le 4 avril, mettant fin à plusieurs semaines de folles spéculations.
Prometteuse comète :
C/2026 A1 (MAPS) aura tenu les astronomes en haleine pendant presque trois mois. Cette comète avait été découverte le 13 janvier 2026 par quatre amateurs, Alain Maury, Georges Attard, Florian Signoret et Daniel Parrott. Je vous avais d’ailleurs présenté cette découverte ici, alors que l’astre chevelu n’avait pas encore reçu sa désignation officielle :
Les premiers calculs ont révélé que la comète faisait partie du groupe de Kreutz. Ce groupe compte quelques membres célèbres, comme C/2011 W3 Lovejoy, et surtout C/1965 S1 (Ikeya-Seki), qui fut visible en plein jour. Une parenté qui, vous l’imaginez bien, a enflammé les imaginations ! Au cours d’un webinaire organisé par la SAF le 14 mars, les astronomes ont fait le point sur cette découverte. Il ne restait plus qu’à attendre le passage au périhélie, pour savoir si la comète y survivrait :
Le 4 avril, chacun a pu voir C/2026 A1 (MAPS) foncer en direction du Soleil, masqué par le cache du coronographe LASCO (Large Angle and Spectrometric COronagraph). La suite nous restera cachée à jamais, mais on peut aisément l’imaginer. À moins de 200.000 kilomètres de la surface de notre étoile, C/2026 A1 (MAPS) s’est littéralement vaporisée. Quelques heures plus tard, on a identifié ce qui pourrait être un nuage de débris cométaires s’éloignant du Soleil :
Une comète qui contourne le Soleil, le rendez-vous des Pléiades avec la Lune et l’éclatante Vénus sont au menu de ce mois d’avril 2026.
C/2026 A1 (MAPS), la grande inconnue :
Ce mois d’avril 2026 sera-t-il celui de la comète MAPS ? Impossible à dire au moment de la rédaction de ces éphémérides. L’astre chevelu, découvert le 13 janvier par des amateurs, semble bien prometteur. L’évolution de sa luminosité laisse penser qu’il pourrait être assez brillant autour du périhélie (à suivre ici). Mais les comètes, c’est bien connu, n’en font qu’à leur tête. Et personne ne peut dire si C/2026 A1 (MAPS) résistera à son passage au plus près du Soleil le 4 avril. Un spectacle que tout le monde pourra vivre sans danger sur son ordinateur (voir plus bas).
Autre comète à surveiller, C/2025 R3 (PanSTARRS), à suivre ici. Elle aussi pourrait nous réserver une belle surprise durant ce mois d’avril, son périhélie ayant lieu le 19 :
Ce 20 mars 2026 marquait le début du printemps dans l’hémisphère Nord, accompagné d’une belle lumière cendrée en soirée.
Mécanique céleste :
L’arrivée du printemps n’a rien d’arbitraire. Ce changement de saison est dicté par le mouvement apparent du Soleil. Le jour de l’équinoxe, il surplombe exactement l’équateur terrestre, éclairant à parts égales le Nord et le Sud de notre planète. Ce franchissement de l’équateur céleste s’effectue dans le sens Sud-Nord le 20 mars (c’est la même date depuis 2008 et ça le restera jusqu’en 2043). Le Soleil effectuera le franchissement inverse (dans le sens Nord-Sud) à l’occasion de l’équinoxe d’automne. Ce 20 mars, la durée du jour est égale à la durée de la nuit. Cette égalité est à l’origine du mot équinoxe, du latin æquus (égal) et nox, noctis (nuit).
La Nouvelle Lune ayant eu lieu le 19 mars, le jeune croissant était visible durant cette première soirée de printemps. Lorsque le ciel a été assez sombre, on pouvait de plus admirer une superbe lumière cendrée. Un spectacle que je n’ai pas manqué d’immortaliser. Pour l’occasion, j’ai fixé un boîtier Nikon D3200 au foyer d’une lunette Bresser 102/460. Et voici le résultat, obtenu avec une seconde de pose à 800 iso :
La seconde quinzaine du mois de mars nous offre la possibilité d’observer en soirée la Station spatiale (ISS) avec à son bord Sophie Adenot.
Meccano géant :
l’ISS (International Space Station) est un assemblage de modules et de panneaux solaires de la taille d’un terrain de football. Elle passe régulièrement au-dessus de nos têtes à plus de 300 kilomètres d’altitude. La première mission de longue durée, Expédition 1, s’est déroulée il y a vingt-cinq ans. Depuis, la Station est occupée sans interruption. Le spationaute français Thomas Pesquet y séjournait en 2021. C’est désormais au tour de Sophie Adenot. Elle est à bord de la Station depuis le mois de février dans le cadre de la Mission Epsilon.
Il est possible de voir passer la Station spatiale dans le ciel lorsqu’elle nous survole en début ou en fin de nuit. C’est à ce moment que le Soleil (sous l’horizon) éclaire toute la structure. La Station peut alors briller aussi fort que Vénus.
Découverte il y a quelques semaines, la comète C/2026 A1 (MAPS) est l’objet de nombreuses spéculations. Que peut-on réellement espérer voir ?
Lointaine mais déjà célèbre :
C/2026 A1 (MAPS) a beau être encore bien faible (magnitude 10 au moment de la rédaction de cet article), elle a déjà fait couler beaucoup d’encre. Les spéculations vont bon train, certains sites annonçant une magnitude de -20 au moment du périhélie le 4 avril 2026 ! Le 14 mars, la SAF a organisé un webinaire en présence des découvreurs de la comète. Une cinquantaine de personnes ont suivi cette cession, animée par Thierry Midavaine et Denis Huber, Vice-Président du GAPRA. L’occasion de faire le point sur cette découverte et sur ce qui devrait se passer dans les jours à venir.
Rappelons que C/2026 A1 (MAPS) a été détectée le 13 janvier par une équipe d’astronomes amateurs. Le récit de cette découverte est à retrouver sur le blog d’Alain Maury :
Rapidement, les calculs ont montré que cette comète faisait partie du groupe de Kreutz. Il s’agit d’un ensemble de petits astres chevelus (rattachés à la dislocation de la comète d’Aristote, observée en -371), qui s’aventurent régulièrement à proximité du Soleil. Ce groupe compte quelques membres célèbres, comme C/2011 W3 Lovejoy, et surtout C/1965 S1 (Ikeya-Seki), qui fut visible en plein jour. Une parenté qui a enflammé les imaginations, et, fait rarissime, a poussé les astronomes à chambouler le programme du JWST pour photographier ce nouvel astre chevelu :
À quoi s’attendre :
Précisons tout d’abord que la trajectoire de cette comète est malheureusement défavorable aux observateurs de l’hémisphère Nord. Ces derniers auront sans doute beaucoup de mal à l’observer au-dessus de l’horizon Ouest, dans les lueurs du couchant. Le spectacle profitera aux observateurs situés au niveau de l’Équateur et plus au Sud :
Dans un récent article, l’astrophotographe Nicolas Lefaudeux propose plusieurs scénarios d’évolution de la comète. Les spécialistes s’accordent actuellement sur la troisième option :
L’un des temps forts est fixé au 4 avril. Ce jour-là, la comète contournera le Soleil. Un spectacle étonnant que chacun pourra suivre grâce à SOHO (Solar and Heliospheric Observatory), un observatoire solaire américain :
Il suffira alors de se rendre sur la page des instruments LASCO (Large Angle and Spectrometric COronagraph). En temps normal, C2 (champ étroit) et C3 (grand champ) permettent d’étudier la couronne solaire. Mais pendant quelques heures, la comète C/2026 A1 s’invitera dans le champ de ces coronographes.
Je remercie vivement Denis Huber pour la mise à disposition des visuels qui illustrent cet article, visuels présentés durant le webinaire du 14 mars. Vous retrouverez un article de Denis au sujet de cette comète dans le numéro d’avril de la revue L’Astronomie.
L’éruption récente de la comète 29P/S- W (Schwassmann-Wachmann) a bien provoqué l’apparition d’un halo de particules glacées.
Une comète à sursauts :
Il se passe toujours quelque chose sur la comète 29P/Schwassmann-Wachmann. Comme je vous le racontais dans mon billet du 14 février 2026, une nouvelle éruption s’est produite. Il faut dire que l’on en observe régulièrement sur cet astre chevelu découvert il y a un siècle. Ces éruptions sont causées par le cryovolcanisme. Lorsque la surface gelée du noyau de la comète se fracture, elle laisse échapper de la glace et des poussières. Chaque éruption s’annonce par une baisse d’éclat de la comète. C’est le signe que la croûte du noyau est devenue hermétique à tout dégazage. Quand la pression devient trop forte, la surface finit par céder. Dans les semaines qui suivent, on doit alors observer autour du noyau de la comète l’expansion d’un halo de particules glacées. C’est bien ce qu’a photographié Akihiro Yamazaki le 22 février dans la constellation du Lion :
30 minutes de poses avec un télescope Epsilon 180 ED permettent de visualiser ce halo. Remarquez la couleur verdâtre du carbone diatomique présent dans la comète, excité par le rayonnement solaire. L’étoile la plus brillante du champ est HD 99005 (magnitude 8,8). Notez aussi la présence d’une lointaine galaxie de magnitude 16, PGC 104111.
Pour ce mois de mars 2026, je vous propose de tenter un joli marathon nocturne et d’admirer le retour de Vénus en soirée.
Un marathon un peu particulier :
Et si vous profitiez de ce mois de mars 2026 pour tenter le marathon Messier ? Cet amical défi consiste à observer avec un télescope tous les objets Messier (dont voici la liste) en une seule nuit. La meilleure période se situe autour de l’équinoxe de printemps. Pour cette année cochez les weekends (sans Lune) des 14-15 et 21-22 mars. Petit retour sur l’édition 2023 :
Des amateurs viennent à nouveau d’enregistrer un spectaculaire sursaut d’éclat sur l’étonnante comète 29P/Schwassmann-Wachmann.
Imprévisible comète :
L’histoire de la comète 29P/Schwassmann-Wachmann (éphémérides ici) débute le 15 novembre 1927. Cette nuit-là, deux astronomes allemands, F. Schwassmann et A. Wachmann découvrent un astre chevelu à l’Observatoire de Hambourg. Les calculs révèlent qu’il s’agit d’une grosse comète d’environ 60 kilomètres de diamètre qui orbite un peu au delà de Jupiter, avec une période de 14,7 ans. Mais rapidement, l’astre chevelu intrigue : il montre de spectaculaires sursauts d’éclat, gagnant jusqu’à cinq ou six magnitudes en quelques semaines. En 2013, le phénomène a été clairement mis en évidence par Damian Peach :
Depuis Hawaii, le télescope Gemini Nord a suivi la désintégration de la comète C/2025 K1 (ATLAS) durant l’automne 2025.
Télescopes jumeaux :
Doté d’un miroir de huit mètres de diamètre, le télescope Gemini Nord est situé sur le Mauna Kea, à plus de 4000 mètres d’altitude. Il scrute le ciel de l’hémisphère Nord, pendant que son frère jumeau étudie le ciel austral depuis le Cerro Pachón. Les deux instruments, opérationnels depuis 25 ans, sont gérés par l’AURA (Association of Universities for Research in Astronomy). C’est avec l’instrument situé à Hawaii que les astronomes ont pu suivre la fragmentation de la comète C/2025 K1 (ATLAS) :
On se souvient que cet astre chevelu avait été découvert en mai 2025 grâce au programme ATLAS. Puis la comète était passée début octobre à seulement 49 millions de kilomètres du Soleil. Un rapprochement qui s’était finalement soldé par une fragmentation prévisible du noyau. Le phénomène avait été enregistré entre autres par le télescope spatial Hubble et un instrument de l’Inaf. Il n’avait pas non plus échappé à certains astronomes amateurs, comme le français Denis Huber. Prises entre novembre et décembre 2025, les images du Gemini Nord ont alors permis de suivre l’évolution de cette fragmentation :
Rappelons quand même que le phénomène n’est pas rare. Dans le passé, d’autres comètes ont connu le même sort. On pourrait citer le cas de C/2019 Y4 par exemple, ou encore celui de C/2025 F2. Un destin qui sera peut-être aussi celui de C/2026 A1 (MAPS), la comète découverte en janvier 2026 par des amateurs.
L’éclipse de Soleil du 12 août 2026 sera l’événement astronomique majeur de l’année. Voici tout ce qu’il faut savoir à son sujet.
Grandiose spectacle :
Le 12 août 2026, l’Europe, et plus particulièrement la France et l’Espagne, connaîtront une éclipse solaire exceptionnelle. Il faut remonter au 11 août 1999 pour retrouver un tel événement. Ce jour-là, le nord de la France avait bénéficié de quelques minutes d’obscurité en plein jour :
Un spectacle extraordinaire qui va se reproduire durant l’été 2026 à nos portes. Bien entendu, d’autres éclipses totales de Soleil ont eu lieu entre temps, puisqu’on en compte en moyenne deux par an dans le monde. Pourtant, jamais depuis 1999 le phénomène ne s’était reproduit aussi près de la France. Mais de quoi parle t-on exactement ? C’est ce que nous explique Jean-Marc Lecleire, auteur du livre Les soleils noirs de 2026 et 2027 :
Puis, dans une seconde vidéo, il détaille le déroulement de l’éclipse solaire du 12 août 2026 :
Dans le troisième épisode, vous allez découvrir comment se déroulera la phase totale de l’éclipse en Espagne :
L’épisode 4 vous propose une autre alternative à l’Espagne : l’Islande, l’autre pays où l’éclipse sera totale :
En complément, vous pouvez également consulter les pages de Stelvision, la SAF, Optique Unterlinden ou encore la Cité de l’espace. Quant à l’Observatoire de Paris, il vous propose une astucieuse carte interactive vous permettant de visualiser l’éclipse depuis n’importe quel site d’observation. Mais n’oubliez pas : où que vous soyez le 12 août 2026, il vous faudra impérativement des lunettes de protection, disponibles par exemple chez Stelvision, Enastros, Bresser ou encore La Maison de l’Astronomie. C’est l’objet de l’épisode 5 :
Pas encore persuadé de l’intérêt d’assister à un tel spectacle ? L’épisode n°6 devrait convaincre les derniers septiques :
Surprise de ce début de mois de février, AR 4366, une grande tache solaire particulièrement active, a fait une apparition remarquée.
Notre étoile est (encore) très active :
AR 4366 vient tout juste d’apparaître, et elle fait déjà beaucoup parler d’elle. Cette immense tache, qui s’étire sur plus de 170 000 kilomètres, est déjà considérée comme la plus active de ce cycle solaire. Il s’agit du vingt-cinquième, qui avait débuté fin 2019, atteignant son maximum cinq ans plus tard, fin 2024. Depuis, l’activité solaire décroît, logiquement. Concrètement, cela signifie que les taches, ces zones sombres moins chaudes où règne une intense activité magnétique, sont de moins en moins nombreuses. Pourtant, un sursaut d’activité est toujours possible, comme le prouve AR 4366 :
Depuis son apparition le 31 janvier, cette tache est à l’origine de plusieurs puissantes éruptions solaires. Jusqu’à présent, la tache n’était pas orientée vers nous, et les particules énergétiques libérées se sont dispersées dans l’espace. Mais avec la rotation du Soleil sur lui-même, AR 4366 va bientôt nous faire face. Et une fois encore, nous pourrions connaître de superbes aurores boréales. En attendant, vous pouvez suivre l’évolution de cette tache sur Spaceweather.com. Il est également possible de l’observer à l’œil nu avec des lunettes de protection. Ce sont les mêmes dont vous aurez besoin pour admirer sans danger l’éclipse du 12 août 2026.
En ce mois de février 2026, calme en événements astronomiques, profitons-en pour partir à la découverte de l’Hexagone d’hiver.
Astérisme hivernal :
En février 2026, je vous propose d’arpenter l’Hexagone d’hiver, une fois la nuit tombée. Vous n’aurez pas besoin d’instrument, vos deux yeux suffisent pour ce voyage cosmique. Évitez cependant les zones de forte pollution lumineuse. Vous avez plusieurs soirées pour réaliser cette observation, de préférence quand la Lune est absente. Cette année, Jupiter s’est même invité à l’intérieur de cet astérisme hivernal :
L’Hexagone est délimité par sept étoiles. Commençons par Capella et poursuivons dans le sens horaire :
Sirius : principale étoile de la constellation du Grand Chien, la plus brillante du ciel (magnitude -1,5).
Procyon : la plus brillante étoile de la constellation du Petit Chien (magnitude 0,4), située à 11,4 années-lumière.
Castor et Pollux : ces deux étoiles ont donné leur nom à la constellation des Gémeaux mais ce sont de fausses jumelles. Sachez que Castor est distante de 50 années-lumière (magnitude 1,3) et Pollux de seulement 38 années-lumière (magnitude 1,1).
Le ciel en février 2026 :
Le 1er, c’est la Pleine Lune. Ne manquez pas son lever au-dessus de l’horizon Est, un peu avant le coucher du Soleil à l’opposé.
Le 3, à l’aube, remarquez la présence de Régulus juste à côté du globe lunaire. La plus brillante étoile de la constellation du Lion est occultée un peu plus tard, mais le phénomène est invisible en France.
Le 7 avant l’aube, c’est Spica de la Vierge qui se trouve au-dessus de la Lune décroissante.
Le 9, c’est le Dernier Quartier de Lune.
Le 11 avant l’aube, c’est au tour d’Antarès du Scorpion d’accompagner le fin croissant de Lune.
Le 17, c’est la Nouvelle Lune. Elle est à l’origine d’une éclipse annulaire de Soleil visible uniquement en Antarctique.
Le 18 au crépuscule, tentez de repérer Vénus, le croissant de Lune, Mercure et Saturne au-dessus de l’horizon Ouest.
Le 19 au crépuscule, le croissant de Lune est remonté aux côtés de Saturne.
Le 24, c’est le Premier Quartier de Lune. Dans un petit télescope, admirez les nombreux cratères situés le long du terminateur.
du 26 au 27, la Lune gibbeuse se déplace entre Jupiter et les jumeaux Castor et Pollux.
Le 28 au crépuscule enfin, cherchez Mercure à moins de 5° de Vénus sur l’horizon Ouest.
Les captures d’écran qui illustrent ces éphémérides ont été réalisées à l’aide du logiciel Stellarium. Je vous le recommande, il est indispensable pour vos soirées d’astronomie.
On croyait tout savoir sur la nébuleuse de la Lyre. De nouvelles observations révèlent la présence d’un mystérieux nuage de fer.
Célèbre nébuleuse :
La nébuleuse de la Lyre est l’un des objets astronomiques les plus connus. Découverte en 1779 par Charles Messier, elle est depuis l’une des cibles favorites des astronomes. Il faut dire que cette nébuleuse planétaire est assez brillante (magnitude 9,4), et surtout facile à pointer. Stelvision lui consacre d’ailleurs une fiche d’observation qui vous donnera toutes les informations utiles pour l’admirer. Une telle vedette ne pouvait bien sûr pas échapper aux télescopes spatiaux. Le JWST n’a pas manqué de l’immortaliser, dix ans après le télescope Hubble :
Comme toutes les nébuleuses planétaires, Messier 57 (NGC 6720) a été créée par l’explosion d’une étoile géante rouge. Cette dernière, en fin de vie, a violemment expulsé les couches externes de son atmosphère. Il ne reste plus qu’un noyau stellaire extrêmement dense et chaud, appelé naine blanche. Le rayonnement ultraviolet (UV) de cette naine blanche centrale excite le gaz expulsé, le rendant lumineux. Continuer la lecture de Curieuse découverte dans la célèbre nébuleuse de la Lyre→
Une équipe d’amateurs vient de découvrir une nouvelle comète, 6AC4721. Elle pourrait nous offrir un joli spectacle au printemps.
Travail d’équipe :
De toute évidence, la découverte de 6AC4721 [nom définitif C/2026 A1 (MAPS)] ne doit rien au hasard. C’est en effet la huitième comète à mettre au crédit du programme MAPS. Sans parler des astéroïdes : plus d’une centaine en 2025, de quoi faire rêver bien des professionnels. Mais qui sont donc les quatre mousquetaires de MAPS (initiales de Maury, Attard, Parrott et Signoret), tous amateurs ? Alain Maury a monté son observatoire (SpaceObs) dans le désert d’Atacama au Chili, où il accueille les amoureux des étoiles. Pendant qu’il leur fait admirer les beautés du ciel nocturne austral, quatre télescopes de Schmidt de 28 centimètres de diamètre (f/2,2) entièrement automatisés traquent astéroïdes et comètes :
La fondation Schmidt Sciences, qui soutient déjà différents projets scientifiques, va financer le prochain télescope spatial Lazuli.
Mécénat scientifique :
Le projet Lazuli pourrait bientôt faire rêver les astronomes. D’abord, parce qu’avec son miroir de 3 mètres de diamètre, ce télescope spatial apporterait une contribution majeure à l’astronomie. Rappelons quand même que le télescope Hubble, dont les images nous enchantent depuis 35 ans, a un miroir de 2,4 mètres de diamètre. Ensuite, parce que Lazuli symboliserait le grand retour du mécénat dans le domaine de l’astronomie :
Maquette du projet de télescope spatial financé par la fondation Schmidt Sciences.
La pratique, très en vogue à la fin du XIXe siècle (lunettes de Yerkes, de Lick, de Nice…), était un peu tombée en désuétude. Comme l’explique Admiral, la recherche scientifique est en effet le domaine mal-aimé du mécénat. Mais Wendy et Eric Schmidt (la femme d’affaires et l’ancien PDG de Google qui se sont connus sur les bancs de l’université) ont une autre façon de voir les choses. Depuis deux décennies, ils ont choisi de soutenir la science par le biais de leur fondation Schmidt Sciences :
Wendy et Eric Schmidt accompagnent les chercheurs avec leur fondation Schmidt Sciences.
Doté de différents équipements, le nouveau télescope spatial aurait la particularité de pouvoir pointer en moins de 4 heures toute nouvelle cible. Un atout pour scruter les phénomènes inattendus : supernova, objet interstellaire… Le reste du temps, il se consacrerait à des recherches dans des domaines comme la détection et la caractérisation des exoplanètes :
Présentation des différents instruments qui équiperont le télescope spatial Lazuli.
Si tout se passe bien, ce télescope pourrait s’envoler d’ici la fin de la décennie. L’annonce du financement de ce projet par la fondation Schmidt Sciences a donc ravi les astronomes. Mais le renouveau du mécénat ne risque-t-il pas d’accélérer le désengagement financier des USA dans le domaine de la science ? C’est une crainte que certains chercheurs expriment déjà.
Au sein de la nébuleuse planétaire Abell 78, la renaissance d’une étoile moribonde a provoqué une seconde éjection de matière.
Linceuls célestes :
Abell 78 fait partie du catalogue publié en 1958 par l’astronome américain George Ogden Abell. Elle est située à environ 5.000 années-lumière (AL) dans la constellation du Cygne. Toute petite (moins de deux minutes d’arc, le quinzième du diamètre apparent de la Lune), cette nébuleuse planétaire a une magnitude de 13. Elle symbolise une étape dans la vieillesse des étoiles de moins de huit masses solaires. En devenant des naines blanches, ces étoiles expulsent une coquille de gaz en expansion, comme dans le cas de la nébuleuse ESO 378-1 :