Archives pour la catégorie Actualités

L’étonnante disparition de Vénus derrière la Lune

Le 27 mai, l’astrophotographe Quentin Gineys a immortalisé l’occultation de Vénus par la Lune depuis l’Île de la Réunion.

Spectacle rare :

L’astrophotographe Quentin Gineys (voir son site internet), a assisté au passage de la planète Vénus derrière la Lune. Le phénomène a eu lieu le 27 mai dernier. Comme je vous l’avais expliqué ici, depuis la France on pouvait observer une conjonction serrée entre les deux astres. C’est par exemple ce qu’a photographié Pierre Walcho en Alsace (voir son image). Mais pour les observateurs comme Quentin Gineys installés à la Réunion, Vénus disparaissait derrière la Lune :

Occultation de la planète Vénus par la Lune le 27 mai 2022. © Quentin Gineys

Dans des conditions de forte turbulence, l’astrophotographe a assemblé quatre clichés réalisés avec une caméra et un télescope de 28 centimètres de diamètre. Continuer la lecture

Ne manquez pas le superbe rapprochement Lune-Vénus

Le 27 mai à l’aube, la Lune et Vénus nous proposeront leur plus beau rapprochement apparent pour cette année 2022.

Flirt céleste :

Les photographes vous le diront : chaque rencontre entre la Lune et Vénus est un spectacle. Bien entendu, le rapprochement des deux astres n’est qu’apparent. Ce 27 mai par exemple, Vénus sera environ 400 fois plus éloignée de nous que le croissant lunaire. Mais la brillance de la seconde planète du Système solaire (magnitude -4,1 actuellement) lui permet de rivaliser avec le croissant lunaire :

Au cours de la soirée du 8 novembre 2021, le rapprochement Lune-Vénus m’a permis de réaliser cette image originale avec ma compagne Christine. © Jean-Baptiste Feldmann

Si les deux astres sont très proches, le spectacle, accessible à l’œil nu (ou encore mieux dans une paire de jumelles) est de toute beauté. Continuer la lecture

Stupéfiant : un amateur filme la capsule Starliner derrière l’ISS

Un astrophotographe a immortalisé la capsule Starliner alors qu’elle s’approchait de la Station spatiale internationale.

Exploit photographique :

Poursuivre au télescope la Station spatiale internationale qui file à 28.000 km/h au-dessus de nos têtes est devenu le passe-temps de quelques photographes. En janvier 2021, je vous avais présenté l’époustouflant cliché réalisé par Michael Tzukran. Cet astronome amateur israélien avait développé un programme informatique pour suivre l’ISS avec un télescope de 35 centimètres de diamètre motorisé. Cette fois, c’est Nagy Szabolcs (Space Station Guys) qui a frappé très fort. Il est parvenu à immortaliser l’approche de la capsule Starliner le 20 mai (en vidéo). 200 mètres séparent la capsule de la Station à ce moment-là :

Les moyens techniques de Nagy Szabolcs sont beaucoup plus modestes que ceux de son collègue Michael Tzukran. Pour réaliser cette incroyable image (depuis Londres), il suivait manuellement la capsule derrière l’ISS avec son télescope de 25 centimètres de diamètre équipé d’une caméra. Continuer la lecture

Illusions martiennes : un visage, un cercueil, et une porte !

Sur la planète Mars, chaque paréidolie excite l’imagination. Dernière illusion en date, une porte photographiée par le rover Curiosity.

Fausse porte, vraie paréidolie :

Avez-vous vu la photographie d’une porte sur la planète Mars ? Réalisée le 7 mai dernier par l’astromobile Curiosity, cette image peut surprendre. Les petits hommes verts auraient-ils creusé un passage dans la roche martienne ? Pour les scientifiques, il s’agit très probablement d’une fracture dans une paroi de Greenheugh Pediment, une zone géologique que le rover américain est en train d’explorer :

Cette curieuse porte photographiée sur Mars par le rover Curiosity est en réalité une faille dans la roche, associée à un jeu d’ombres. © NASA

Alors, pourquoi voyons-nous une porte ? C’est une simple paréidolie, un phénomène au cours duquel notre cerveau associe une forme familière à une image. C’est pour la même raison que nous voyons des contours d’animaux quand nous regardons les nuages. Et ce n’est pas la première fois que la surface de Mars nous joue des tours avec de drôles d’illusions d’optique. Continuer la lecture

Aux Canaries, une éclipse de Lune perdue au milieu des étoiles

Sous le ciel étoilé de l’archipel des Canaries, les astrophotographes ont immortalisé l’éclipse de Lune du 16 mai au milieu des étoiles. 

Voyage astronomique :

L’astronome amateur Philippe Morel l’avait annoncé : pour observer l’éclipse de Lune du 16 mai, le meilleur rapport distance à parcourir/qualité du spectacle se trouvait aux Canaries. Outre la probabilité d’une météo excellente, l’archipel espagnol situé au large du Maroc permettait de suivre cet événement astronomique beaucoup plus longtemps en raison de sa position extrême au Sud-Ouest de l’Europe.

L’éclipse photographiée à l’aide d’un boîtier Sony Alpha 7s installé derrière une lunette astronomique depuis le Parc national du Teide sur l’île de Tenerife. © Philippe Morel
La Pleine Lune dans les étoiles :

Plusieurs astrophotographes avaient donc fait le déplacement, et bien leur en a pris. La France, comme la Belgique, ont une nouvelle fois subi les aléas de la météo. En outre, les sommets des Îles Canaries accueillent plusieurs observatoires, dont le fameux GranTeCan. L’assurance d’un ciel préservé de toute pollution lumineuse.

Jan Hattenbach était au sommet de l’île de La Palma pour réaliser ce cliché avec un objectif fish-eye. La Lune éclipsée est le petit point orangé en bas à droite de la Voie lactée. Les détails techniques concernant la réalisation de cette image sont sur Spaceweather.com

Cette éclipse s’annonçait particulièrement sombre, en raison des poussières éjectées dans l’atmosphère par le volcan des Tonga. C’est ce qui a permis de photographier la Pleine Lune éclipsée avec les mêmes temps de pose que pour les ciels étoilés.

Francisco A. Rodriguez avait choisi les hauteurs de l’île de Grande Canarie. Les détails techniques concernant la réalisation de cette image sont sur Spaceweather.com
Patience, patience :

Comme nous le précise l’IMCCE, il nous faudra attendre le 7 septembre 2025 pour pouvoir observer la prochaine éclipse totale de Lune en Europe. D’ici là, ceux qui n’ont pas eu la chance de pouvoir observer celle de ce 16 mai 2022 pourront toujours se répéter le vieil adage : l’astronomie est l’école de la patience !

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Spectaculaire chute de météorites dans le Mississippi

Six météorites ont déjà été récupérées dans le Mississippi après la désintégration d’un bolide le 27 avril dans le ciel du Sud des États-Unis.

Boule de feu :

Le mercredi 27 avril 2022, en début de matinée, de nombreux habitants de la ville de Natchez dans le Mississippi ont assisté à un étonnant spectacle. Un bolide d’une luminosité dix fois supérieure à la Pleine Lune s’est désintégré dans le ciel. Plusieurs dizaines de témoins ont adressé un rapport d’observation à l’American Meteor Society.

Cette association a dressé une carte (ci-dessus) avec la position des observateurs (répartis dans les États du Mississippi, de l’Arkansas et de la Louisiane) et la trajectoire du bolide (flèche bleue).  Continuer la lecture

Au Chili, l’éclipse de Soleil s’est terminée dans l’océan

Le 30 avril, une éclipse partielle de Soleil était observable en Amérique du Sud. Le spectacle s’est achevé dans l’océan Pacifique.

Lointaine éclipse :

Il fallait se rendre au bord de l’océan Pacifique pour assister à l’éclipse partielle de Soleil du 30 avril 2022. Ce phénomène est beaucoup moins spectaculaire qu’une éclipse totale de Soleil (lire à ce sujet le récit d’un chasseur d’éclipses). De nombreux photographes avaient cependant fait le déplacement. Installés au Chili ou en Argentine, ils ont pu voir le Soleil peu à peu grignoté par la Lune. Au maximum, 40% du disque solaire était masqué. Joerg Schoppmeyer a immortalisé le Soleil éclipsé lorsqu’il plongeait dans l’océan Pacifique :

Le Soleil partiellement éclipsé plonge dans l’océan le 30 avril 2022. © Joerg Schoppmeyer
Atmosphère, atmosphère :

Cette image nous montre plusieurs phénomènes provoqués par l’épaisseur de l’atmosphère terrestre à l’horizon. Il y a bien sûr la couleur du Soleil qui passe du jaune à l’orange : plus on descend et plus la dispersion des couleurs est importante, le rouge étant moins dévié que le bleu. Autre conséquence de la dispersion et de l’absorption des couleurs dans l’atmosphère, l’apparition d’un léger rayon vert contre le bord lunaire. Remarquez également que la turbulence déforme les bords de la Lune et du Soleil. Notez enfin que plusieurs taches solaires sont visibles sur notre étoile.

À ne pas manquer :

Nous n’aurons pas besoin d’aller si loin le lundi 16 mai prochain. Ce jour-là, une belle éclipse totale de Lune sera observable à l’aube en France. Nous verrons la Lune se coucher éclipsée sur l’horizon Sud-Ouest, ce qui permettra de belles compositions photographiques avec le paysage. Le site Stelvision vous donne toutes les informations nécessaires concernant le déroulement de cette éclipse.

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En mai, ne manquez pas d’admirer une éclipse totale de Lune

En plus de l’éclipse totale de Lune qui sera l’événement de ce mois de mai, vous pourrez profiter de quelques jolis rendez-vous célestes.

Coucher de Lune rouge :

Trois ans après la dernière éclipse totale de Lune visible en Europe, notre satellite naturel a la bonne idée de se glisser à nouveau dans le cône d’ombre terrestre à l’aube du 16 mai 2022. En France, nous verrons la Lune se coucher direction Sud-Ouest durant la totalité, ce qui permettra de belles compositions photographiques avec le paysage. Stelvision vous donne toutes les précisions concernant le déroulement de cette éclipse.

L’éclipse partielle de Lune du 7 août 2017. © Jean-Baptiste Feldmann

Le lundi 16 à l’aube, la Lune se couchera totalement éclipsée entre 6 et 7 heures, selon votre position géographique (les observateurs habitant l’Ouest du pays seront privilégiés). Prévoyez donc de vous installer au moins une heure plus tôt sur un site d’observation parfaitement dégagé en direction du Sud-Ouest. Continuer la lecture

Non, la Pleine Lune du weekend de Pâques ne sera pas rose !

Ne vous emballez pas : contrairement à ce qu’annoncent certains médias, il n’y aura pas de Pleine Lune rose à l’occasion de Pâques.

Une Lune pas vraiment rose :

Personne n’a jamais vu la Pleine Lune rose, et ça ne sera pas le cas ce weekend de Pâques. Tout au plus, notre satellite naturel se pare d’une belle couleur orangée à son lever, comme peut le faire le Soleil. Lorsque ces astres sont sur l’horizon, leur lumière est décomposée en traversant une couche d’atmosphère beaucoup plus importante. Les rayons de courte longueur d’onde (vert, bleu) sont plus déviés que les rayons de grande longueur d’onde (rouge, orange) qui sont les seuls à nous parvenir.

Un lever de Pleine Lune à raison d’un cliché toutes les deux minutes. © Jean-Baptiste Feldmann

Plus l’astre s’élève et plus cette dispersion se réduit, comme le révèle le montage ci-dessus réalisé à raison d’un cliché toutes les deux minutes. Vous ne verrez donc pas la Pleine Lune rose. Cette appellation fait uniquement référence à la couleur de certains arbres en fleurs à cette époque de l’année.

Conseils pour admirer la Pleine Lune :

La Pleine Lune de ce mois d’avril se produira le samedi 16 vers 19 heures. Vous pourrez donc admirer son lever sur l’horizon EST en début de soirée les 16 et 17. Le 16, elle sera levée juste avant que le Soleil ne disparaisse à l’OUEST. Le 17, son lever interviendra plus tard, environ une heure après la disparition du Soleil.

La Pleine Lune se lève derrière le temple de Poséidon. © Elias Chasiotis

N’attendez pas que la Lune soit trop haute pour admirer le spectacle. Ensuite, elle deviendra rapidement très brillante dans un ciel de plus en plus sombre. Si vous la photographiez, arrangez-vous pour choisir un joli premier plan !

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À suivre : un joli Défilé céleste durant le mois d’avril 2022

En avril 2022, les principales planètes forment un Défilé céleste le long de l’Écliptique en fin de nuit, un spectacle à ne pas manquer. 

Alignement planétaire :

En raison de leurs mouvements propres le long de l’Écliptique, les planètes se retrouvent régulièrement alignées. Ce fut le cas par exemple en décembre 2021 pour Jupiter, Saturne et Vénus. Les Américains utilisent une charmante appellation pour l’occasion : Celestial Parade, Défilé céleste. Plus il y a d’astres concernés et plus le spectacle vaut le détour.

Jupiter, Saturne et Vénus le 22 novembre 2021 au-dessus du site mégalithique de Stonehenge. © Stonehenge Dronescapes

Durant le mois d’avril, quatre planètes s’aligneront en fin de nuit, bientôt rejointes par la Lune. Ce sera le joli spectacle de ce début de printemps, avec quelques autres rendez-vous célestes que nous allons maintenant détailler. La carte du ciel de Stelvision vous permettra de ne rien manquer. Continuer la lecture

Les astéroïdes avec plusieurs lunes seraient très courants

La présence d’un troisième satellite autour d’Elektra laisse présager la découverte future de nombreuses lunes autour d’autres astéroïdes.

Elektra et ses trois satellites :

(130) Elektra est un des nombreux astéroïdes qui constituent la ceinture principale située entre les orbites de Mars et Jupiter. Il a été déniché le 17 février 1873 par l’astronome américain Christian Peters. On lui attribue un diamètre de 182 kilomètres. Depuis vingt ans, les progrès réalisés en astronomie ont permis de lui découvrir trois lunes. La première, en 2003, mesure 7 kilomètres de diamètre. Elle tourne autour d’Elektra en 5,3 jours à une distance de 1.300 kilomètres. La seconde, découverte en 2014, mesure 5,2 kilomètres de diamètre. Elle fait le tour d’Elektra en 1,3 jour à environ 500 kilomètres.

Forme de l’astéroïde (130) Elektre d’après les données recueillies par le VLT. © ESO

La dernière lune (diamètre de 1,6 kilomètre seulement), orbite à 345 kilomètres de l’astéroïde en 0,7 jour. Elle vient d’être dénichée par le spectro-imageur (IFS) de SPHERE, monté sur l’un des VLT (lire le communiqué de l’INSU).   Continuer la lecture

Le Rubin Observatory en majesté sous la Voie lactée

La Voie lactée sera l’un des quatre domaines d’exploration du futur grand télescope qui équipera le Rubin Observatory dans les Andes.

L’observatoire du futur :

Si la mise en service dans l’espace du JWST promet de belles découvertes, les observations menées depuis la Terre n’ont pas dit leur dernier mot. D’ici deux ans, le Rubin Observatory devrait entrer en service et révolutionner lui aussi l’astronomie. Cet observatoire est en construction dans la Cordillère des Andes, un site très prisé des astronomes pour la qualité de son ciel. La preuve : un sommet voisin accueille déjà l’Observatoire interaméricain du Cerro Tololo.

Le Rubin Observatory sous la Voie lactée. © Rubin Observatory/NSF/AURA/B. Quint

Le Rubin Observatory sera équipé d’un télescope de 8,4 mètres de diamètre. Mais c’est surtout la caméra placée derrière cet instrument qui a de quoi faire rêver. C’est le plus grand capteur numérique jamais conçu avec 3,2 milliards de pixels. Continuer la lecture

La caméra (ACS) du télescope Hubble fête ses 20 ans

En deux décennies, l’Advanced Camera for Surveys (ACS), la caméra qui équipe le télescope Hubble, a réalisé plus de 125.000 clichés.

Quand l’ACS remplace la FOC :

C’est début mars 2002 qu’a lieu la 27e mission de la navette spatiale Columbia. Numérotée STS-109, elle a pour objectif principal le remplacement de la caméra du télescope spatial Hubble. Depuis 1990, l’instrument était équipé de la FOC, la Faint Object Camera. Le 7 mars 2002, les astronautes James Newman et Michael Massimino installent l’ACS à la place de la FOC au cours d’une sortie extravéhiculaire de plus de sept heures :

Le 7 mars 2002, au cours de la mission STS-109, les astronautes James Newman et Michael Massimino installent la nouvelle caméra ACS sur le télescope Hubble. © NASA

Cette nouvelle caméra va décupler les capacités d’observations du télescope spatial. Avec l’ Advanced Camera for Surveys, sa sensibilité augmente d’un facteur dix. En outre, il est désormais possible de photographier le ciel de l’ultraviolet au proche infrarouge. Continuer la lecture

Que voir dans le ciel nocturne au mois de mars 2022

Au cours de ce mois de mars 2022, le retour du printemps s’accompagne d’un trio planétaire dans le ciel du matin.

Les planètes reviennent à l’aube :

Si nous avons admiré les planètes en soirée à la fin de l’année dernière, elles s’installent maintenant dans le ciel du matin. En ce mois de mars 2022, Vénus, Mars et Saturne vous donnent rendez-vous en fin de nuit. Jupiter, en conjonction avec le Soleil, les rejoindra le mois prochain. Quant à Mercure, nous la retrouverons également en avril, mais le soir.

Des trois planètes visibles à l’aube il y a deux ans (le 18 mars 2020 pour ce cliché), seules Mars et Saturne seront observables en mars 2022. © Jean-Baptiste Feldmann

Si vous préférez observer le ciel en première partie de nuit, vous pourrez multiplier les observations lunaires. Et lorsque notre satellite ne vous éclairera plus, il vous restera toujours la belle constellation d’Orion à admirer. Continuer la lecture

Ce saisissant cliché révèle la pollution du ciel nocturne

Les satellites artificiels sont de plus en plus nombreux. Une pollution du ciel nocturne qui vient s’ajouter aux multiples éclairages.  

Rayures lumineuses :

Cinq minutes. C’est le temps nécessaire à l’astrophotographe russe Yulia Zhulikova pour révéler l’ampleur du désastre. Une multitude de traits lumineux zèbrent son cliché du ciel nocturne, cliché réalisé en juillet 2021. Des satellites artificiels passent dans tous les sens, une pollution grandissante qui inquiète de plus en plus les astronomes. Yulia Zhulikova avait pourtant choisi de fuir les lumières parasites en s’installant sur les bords du lac de Toktogoul dans le Kirghizistan. Mais même loin des villes, force est de constater que le ciel nocturne perd peu à peu de sa noirceur.

14 clichés de 20 secondes ont été additionnés pour montrer l’ampleur de la pollution du ciel nocturne par des satellites artificiels. © Yulia Zhulikova

On estime aujourd’hui que plus de 4.000 objets artificiels tournent autour de la Terre. Un chiffre qui va considérablement augmenter avec la multiplication des nouvelles constellations de satellites. Continuer la lecture

Spectacle cosmique : trois supernovae dans une galaxie !

C’est un phénomène très rare : on observe actuellement trois supernovae dans NGC 5605, une lointaine galaxie spirale.

Explosions cataclysmiques :

Par une nuit sans Lune, loin de toute pollution lumineuse, nous pouvons admirer l’apaisante beauté d’un ciel étoilé. Pourtant, cette apparente immuabilité est parfois troublée par une explosion stellaire. Les astronomes parlent alors de supernovae. Un nom emprunté au latin nova qui signifie nouvelle étoile, en raison de l’incroyable augmentation de luminosité. Écoutons l’astrophysicien Neil deGrasse Tyson nous expliquer ce phénomène :

Aucune supernova n’a été observée dans la Voie lactée depuis l’invention de la lunette astronomique par Galilée. La plus proche de ces explosions a eu lieu en 1987 dans le Grand Nuage de Magellan. Le phénomène est donc relativement peu fréquent dans une galaxie. Autant dire que l’observation de trois supernovae simultanément dans NGC 5605 est un événement rarissime.  Continuer la lecture

La planète Mars est de retour aux côtés de Vénus à l’aube

En 2022, nous suivrons le retour de Mars, au plus près le 8 décembre. La Planète rouge est actuellement observable du côté de Vénus.

Une planète intrigante :

Mars est sans conteste la planète qui nous fascine le plus. Sa couleur ocre (en raison de la présence d’oxyde de fer à sa surface) et ses variations de luminosité (sa distance peut varier de 50 à 400 millions de kilomètres) avaient été remarquées depuis l’Antiquité. Les premières observations télescopiques débutèrent avec Galilée. L’amélioration des instruments apporta de nouveaux indices troublants. La Planète rouge tournait sur elle-même à la même vitesse que la Terre, et on y observait des calottes polaires dont l’aspect change au fil des saisons.

Mars photographiée le 30 octobre 2020 à l’aide d’un télescope de 1 mètre de diamètre. Le canyon géant de Valles Marineris apparaît comme une cicatrice sombre. © Damian Peach

Avec Perseverance, mais également toutes les autres missions en cours, l’exploration de Mars se poursuit. Les scientifiques espèrent y trouver des traces de vie passée. Et les agences spatiales rêvent d’y poser le pied dans quelques décennies. Continuer la lecture

Que voir dans le ciel nocturne au mois de février 2022

L’Hexagone d’hiver en soirée et trois planètes de retour dans le ciel du matin sont au menu des éphémérides de ce mois de février 2022.

Ciel d’hiver :

Pour ce mois de février, je vous propose de découvrir l’Hexagone d’hiver en début de nuit. Nul besoin d’instrument, vos deux yeux suffisent pour ce voyage cosmique, si possible sans trop de pollution lumineuse. Vous avez plusieurs soirées pour en profiter avant que la Lune ne devienne gênante. Observez-le avant le 8 février, date du Premier Quartier, puis après la Pleine Lune du 16.

Position de la Lune par rapport à l’Hexagone d’hiver dans la soirée du 6 février. © Stelvision

Cet astérisme se compose de sept étoiles en commençant par Capella et en tournant dans le sens horaire :

  • Capella : la plus brillante étoile de la constellation du Cocher (magnitude 0,7) est distante de 42 années-lumière.
  • Aldébaran : située à 66 années-lumière, la plus brillante étoile de la constellation du Taureau a une magnitude de 0,9.
  • Rigel : c’est l’astre le plus brillant de la superbe constellation d’Orion. La nébuleuse Messier 42 se trouve à sa gauche.
  • Sirius : principale étoile de la constellation du Grand Chien, la plus brillante du ciel (magnitude -1,5).
  • Procyon : la plus brillante étoile de la constellation du Petit Chien (magnitude 0,4) est située à 11,4 années-lumière.
  • Castor et Pollux : ces deux étoiles ont donné leur nom à la constellation des Gémeaux mais ce sont de fausses jumelles. Castor est distante de 50 années-lumière (magnitude 1,3) et Pollux de 38 années-lumière (magnitude 1,1).
En février, l’Hexagone d’hiver est parfaitement visible en début de nuit. © Jimmy Westlake
L’actualité du ciel en février :
  • Le 1, c’est le Nouvel An chinois qui ouvre l’année du Tigre. C’est également la Nouvelle Lune.
  • Le 2 et 3 au crépuscule, un très fin croissant lunaire glisse sous Jupiter au-dessus de l’horizon Sud-Sud Ouest.
  • Le 7, Vénus atteint son éclat maximum (magnitude -4,7). La seconde planète du Système solaire est visible au Sud Est à l’aube.
  • Le 8, c’est le Premier Quartier de Lune.
  • Le 9, la Lune est à 4° de l’amas des Pléiades.
  • Le 10 en soirée, admirez le magnifique cirque lunaire Copernic qui reçoit ses premiers rayons de Soleil.
Copernic est l’un des plus beaux cratères lunaires. © Philippe Mouniguet
  • Le 16 à l’aube, Vénus, Mars et Mercure sont proches en direction de l’horizon Sud Est. Si la première est très brillante, les deux autres planètes sont un peu plus délicates à distinguer dans le jour naissant. C’est la Pleine Lune.
  • Le 23, c’est le Dernier Quartier.
  • Le 27 et 28 à l’aube, le fin croissant de vieille Lune rend visite au trio planétaire évoqué le 16. Saturne s’invite en-dessous de Mercure pour l’occasion. Un horizon Est-Sud Est parfaitement dégagé est indispensable.

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L’astéroïde 2022 AE1 va-t-il vraiment heurter la Terre ?

La NASA vient de classer 2022 AE1 en tête des astéroïdes potentiellement dangereux. Faut-il vraiment s’en inquiéter ?

Un nouvel Apollon :

L’astéroïde 2022 AE1 a été repéré pour la première fois le 6 janvier 2022 à 1,3 million de kilomètres de la Terre. La découverte a été réalisée dans le cadre du Catalina Sky Survey, un programme de recherche d’objets géocroiseurs. Rapidement, la NASA a inscrit cet astéroïde de 70 mètres en tête de la liste des corps susceptibles de rencontrer la Terre :

Les géocroiseurs ont des orbites qui peuvent les amener à rencontrer la Terre. © iStock

Pour classer la dangerosité des astéroïdes, les astronomes utilisent l’échelle de Turin. Elle est graduée de 0 (aucun risque de collision) à 10 (collision inévitable entraînant une catastrophe climatique). L’astéroïde 2022 AE1 (un nouveau membre dans la famille des géocroiseurs Apollon) est actuellement au niveau 1. Tous les autres géocroiseurs connus à ce jour sont au niveau 0.  Continuer la lecture

Une tempête géomagnétique imprévue a touché la Terre

Les prévisionnistes n’avaient pas prévu la tempête géomagnétique qui a eu lieu ce 14 janvier, pour le plus grand bonheur des observateurs.

Surveillance solaire :

Les astronomes savent que la formation d’un trou coronal sur le Soleil s’accompagne de violentes bouffées de vent solaire. Si elles frappent la Terre, ces particules énergétiques peuvent provoquer des dysfonctionnements dans les réseaux électriques. C’est pour anticiper ces inconvénients que la surveillance de l’activité solaire existe depuis quelques décennies. Une charge qui incombe à la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration), qui lance alors un avis de tempête géomagnétique. Leur niveau varie de G1 (phénomène mineur) à G5 (tempête extrême).

Aurore boréale en Finlande le 14 janvier 2022. La Lune éclaire le paysage. © Jari Ylioja

Surprenant les prévisionnistes, une brèche s’est ouverte dans le champ magnétique de notre planète le 14 janvier 2022. Le bouclier qui protège la Terre n’étant plus aussi efficace, le vent solaire a pu s’engouffrer dans l’atmosphère et y provoquer des aurores.

Spectacle sous la Lune :

Vendredi dernier, trois jours avant la Pleine Lune, le ciel nocturne était baigné par la lumière de notre satellite naturel. Les astronomes n’avaient alors plus grand chose à observer. Mais le niveau G2 de cette tempête géomagnétique a été suffisant pour que les aurores boréales fassent une apparition remarquée. Encore fallait-il que des photographes mettent le nez dehors alors qu’aucune alerte n’avait été lancée. En Finlande, Jari Ylioja a eu la bonne idée de sortir et de braver le froid pour immortaliser le spectacle :

Malgré la Lune, l’aurore était bien visible en Finlande ce 14 janvier 2022. © Jari Ylioja

Le ciel s’est paré de magnifiques couleurs vertes et rouges un peu partout en Europe du Nord et jusqu’en Allemagne, où Laura Kranich en a également profité. Bien que le maximum de l’activité solaire ne soit pas attendu avant 2025, il semble que le réveil de notre étoile ne fasse plus aucun doute !

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