Archives de catégorie : Actualités

Spectacle céleste : Vénus aux côtés du croissant de Lune

Le rapprochement apparent entre Vénus et le croissant de Lune dans la soirée du 17 juin 2026 a tenu toutes ses promesses.

Rendez-vous céleste :

C’est un croissant de Lune bien accompagné qui nous a ravi hier soir. Ce spectacle, je vous l’avais d’ailleurs annoncé dans les éphémérides. Un rapprochement très serré entre deux astres particulièrement brillants. D’un côté, la planète Vénus. Après sa conjonction avec Jupiter il y a quelques jours, la planète la plus chaude du Système solaire continue de briller dans le ciel du soir. De l’autre, le croissant de Lune, qui est venu lui tenir compagnie quelques heures. Un peu partout, le beau temps a permis d’immortaliser ce très beau rendez-vous céleste. Pour ma part, j’ai choisi de montrer le mouvement apparent des deux astres durant la soirée :

J’ai donc réalisé 14 images espacées de trois minutes, que j’ai ensuite superposées avec le logiciel StarMax. J’utilisais pour l’occasion un boîtier Nikon D3200 et un zoom 70-400 millimètres réglé sur la focale la plus courte. Les poses étaient de 1 seconde à 100 iso. Les deux astres se retrouveront dans une configuration à peu près similaire durant la soirée du 17 juillet. Ce sera alors l’occasion de les admirer de nouveau ensemble.

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La planète Mars est de retour à l’aube

Très discrètement, la planète Mars revient nous rendre visite. Mais patience, elle n’est pas encore accessible avec un télescope. 

Fascinante planète Mars :

C’est un petit point orangé qui captive les hommes depuis l’Antiquité. Lisez à ce sujet “De Lowell à Perseverance, la planète Mars nous a toujours fait rêver” . Sa couleur, Mars la doit à la poussière riche en oxyde de fer qui recouvre sa surface. Une teinte qui lui a valu le surnom de Planète rouge. Tous les vingt-cinq mois environ, elle passe à l’opposition, la meilleure période pour l’observer. La dernière s’est produite le 16 janvier 2025, la prochaine est fixée au 19 février 2027. Mais toutes les oppositions ne se valent pas. En 2003, la distance qui nous séparait de Mars était passée sous la barre des 60 millions de kilomètres, et il faudra attendre 2035 pour retrouver une situation aussi favorable.

Pour l’instant, Mars n’est qu’un astre de magnitude 1,3 situé à plus de 320 millions de kilomètres ! Un petit confetti noyé dans les lueurs de l’aube, comme sur ce cliché réalisé le 13 juin au lever du jour. Le dernier croissant de Lune était également présent. Image réalisée avec un boîtier Nikon D7100 et un zoom 80-400 mm (réglé sur 80 mm de focale), 2 sec de pose à 2000 iso.

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Les belles images de la conjonction Jupiter-Vénus

Les photographes ont immortalisé la belle conjonction Jupiter-Vénus facilement observable au-dessus de l’horizon Ouest.

Rapprochement apparent :

Conjonction : le dictionnaire nous apprend qu’il s’agit d’un rapprochement entre deux astres. Pendant quelques temps, vus depuis la Terre, ils nous semblent très proches. Mais attention, ces rapprochements ne sont qu’apparents. Prenez par exemple le cas de Jupiter et Vénus, qui se frôlent actuellement en soirée :

Alors que Vénus est à un peu plus de 150 millions de kilomètres de nous, Jupiter est six fois plus éloignée ! Il arrive, dans de rares cas, que l’un des deux astres passe devant l’autre : ce sera le cas le 12 août 2026, quand la Lune cachera le Soleil. On parle alors d’occultation ou d’éclipse.

Désormais, Jupiter et Vénus vont s’éloigner dans le ciel. Jupiter va se rapprocher de l’horizon, puis devenir inobservable début juillet. On retrouvera la planète gazeuse géante à l’aube (côté Est) dans la seconde quinzaine du mois d’août. Elle frôlera la planète Mars entre le 14 et le 18 novembre, nous offrant une autre très belle conjonction planétaire (nous en reparlerons dans les éphémérides). Quant à Vénus, la voilà bien installée pour l’été côté Ouest au crépuscule. Elle glissera ensuite vers le Soleil fin septembre pour revenir à l’aube (à l’Est) en novembre.

Images de Paolo Palma, Nathalie Roy, Jean-François Graffand, Benjamin van Jaarsveldt, Nasser Kaveh, François Quesnel, Heiko Ulbricht.

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Co-découvreur de la comète Hale-Bopp, Alan Hale est décédé

Alan Hale est décédé le 6 juin 2026. Avec Thomas Bopp, ils avaient découvert la célèbre comète Hale-Bopp en juillet 1995.

Une comète pour l’éternité :

Si le nom de Alan Hale est bien connu des astronomes, c’est parce que cet américain a co-découvert l’une des plus brillantes comètes du XXe siècle, C/1995 O1, la nuit du 22 au 23 juillet 1995. À l’époque, il est déjà un passionné de comètes : il en a observé près de deux cents, la première en 1970. C’est pour assouvir sa passion qu’il s’est installé à Cloudcroft, au Nouveau-Mexique. Perché à 2.500 mètres d’altitude, l’endroit est réputé pour son ciel particulièrement noir. Le soir du 22 juillet 1995, il a décidé d’observer 6P/d’Arrest. Il s’agit d’une comète périodique découverte en 1851 par l’astronome prussien Heinrich Louis d’Arrest. En attendant que l’astre chevelu se lève, l’astronome décide de pointer son télescope en direction de la constellation du Sagittaire :

Alan Hale aux côtés du télescope avec lequel il a découvert C/1995 O1. Crédit Karen Lowe

On dit que le hasard n’existe pas. Qu’est ce qui l’a poussé à viser l’amas globulaire Messier 70 ? On ne le saura jamais. Dans cette portion du Sagittaire, les objets nébuleux ne manquent pas. Mais l’homme connait le ciel sur le bout du doigt, et la consultation de ses atlas célestes n’y change rien. Il y a bel et bien une petite tache floue inconnue à proximité de cet amas ! Continuer la lecture de Co-découvreur de la comète Hale-Bopp, Alan Hale est décédé

Jupiter et Vénus se rapprochent, Mercure s’invite discrètement

Alors que Jupiter et Vénus préparent leur baiser du 9 juin, la fugace Mercure fait son retour sur l’horizon Ouest.

Messager des Dieux :

Plus proche planète du Soleil, Mercure est toujours délicate à observer. Elle est perdue dans les lueurs de l’aube ou du crépuscule. Les premiers Égyptiens ont d’ailleurs longtemps cru qu’il s’agissait de deux astres différents : un le soir, un autre le matin. Mais si vous savez à quel moment et dans quelle direction regarder, vous la trouverez facilement en raison de son éclat assez élevé. C’est d’ailleurs sa luminosité qui avait permis aux Sumériens de la repérer dès l’Antiquité :

Mercure saisie au-dessus de la cité médiévale de Chauvigny en 2019. © CIELMANIA

En raison de son déplacement très rapide (la planète met seulement 88 jours pour faire le tour du Soleil), les Romains lui avaient donné le nom du dieu du commerce. Chez les Grecs, cet astre était assimilé à Hermès, le Messager des Dieux, et actuellement, on peut l’admirer au crépuscule, mais peu de gens la remarquent. Car un peu plus haut, Jupiter et Vénus lui volent la vedette. Les deux planètes les plus brillantes ne cessent en effet de se rapprocher :

Trio planétaire observable dans la soirée du 5 juin 2026. © CIELMANIA

l’image ci-dessus a été réalisée dans la soirée du 5 juin. L’écart entre les deux va continuer de se réduire, et dans quatre jours, Jupiter et Vénus seront espacés d’environ 1,5° seulement. Un spectacle que l’on peut désormais suivre également dans une paire de jumelles.

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Éphémérides : le ciel du mois de juin 2026

Au cours de ce mois de juin 2026, il faudra guetter les nuages noctiluques et admirer le baiser de Jupiter à Vénus.

Pas de nuit noire :

Qu’observer en juin 2026, alors que les nuits sont les plus courtes de l’année ? Rassurez-vous, il n’est pas toujours nécessaire d’attendre que le ciel soit noir. Outre l’étude des taches solaires (voir comment observer l’activité solaire en toute sécurité), nous entrons dans la bonne période pour guetter les fugaces nuages noctiluques (noctilucent clouds, NLC en anglais). Ces nuages polaires mésosphériques se forment à 80 kilomètres d’altitude. Dans un environnement glacé (-130° C), des traînées de vapeur d’eau se condensent autour des poussières d’étoiles filantes ou d’éruptions volcaniques pour former des cristaux de glace. Ce sont ces cristaux qui renvoient la lumière des derniers (le soir) ou premiers (le matin) rayons solaires :

Festival de nuages noctiluques à l’aube durant l’été 2024. © Jean-Baptiste Feldmann

Mais ce mois de juin sera surtout l’occasion d’admirer un très beau rapprochement apparent entre Jupiter et Vénus. Continuer la lecture de Éphémérides : le ciel du mois de juin 2026

Jupiter et Vénus préparent leur rendez-vous du 9 juin

Prenez note : dans la soirée du 9 juin 2026, Jupiter et Vénus ont rendez-vous au crépuscule. Un rapprochement planétaire à ne pas manquer.

Rencontre céleste :

Ce 9 juin, tous les regards seront tournés vers l’horizon Ouest en début de nuit. C’est là que Jupiter et Vénus se croiseront, pour notre plus grand plaisir. Ce soir-là, les deux planètes seront espacées de 1,5° apparent environ. C’est trois fois le diamètre de la Pleine Lune seulement :

Ne manquez pas le rendez-vous planétaire dans la soirée 9 juin. © Stellarium

Un très joli spectacle céleste, sorte de mise en bouche avant le 12 août. À cette date, vous le savez sans doute, c’est la Lune qui aura rendez-vous avec le Soleil. Une très belle éclipse, dont vous trouverez tous les détails ici. Mais revenons à ce fameux 9 juin. Imaginez : dans un petit télescope, vous pourrez distinguer Jupiter (accompagné de ses quatre principaux satellites) et Vénus dans le même champ. Bien entendu, il sera également possible d’admirer ce spectacle à l’œil nu, car les deux astres sont très brillants. On peut déjà le constater sur ce cliché, réalisé dans la soirée du 21 mai depuis le Beaujolais :

Ce soir-là, la Lune était un peu plus haut, formant un alignement avec Jupiter et Vénus. L’écart entre les deux planètes est encore important, mais il va considérablement se réduire au fil des soirs. Après le 9 juin, Jupiter plongera dans les lueurs solaires, pendant que Vénus poursuivra sa remontée le long de l’écliptique.

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Éphémérides : le ciel du mois de mai 2026

Au cours de ce mois de mai 2026, traditionnellement riche en rencontres astronomiques, Saturne sera de retour à l’aube. 

Rencontres entre passionnés :

Comme les années précédentes, mai 2026 sera l’occasion pour les astronomes amateurs de se rencontrer. En effet, le pont de l’Ascension offre quatre jours et trois nuits sans Lune, une aubaine si la météo est clémente. Les astronomes amateurs se retrouveront durant les Rencontres Astronomiques de Printemps (RAP, 28ème édition) ou les Nuits Astronomiques de Touraine (NAT, 14ème édition). Notez également que dans le Sud de la France se déroulera la seconde édition des Nuits Astronomiques du Verdon (NAV) :

En mai, les astronomes se retrouvent pour observer ensemble. © Jean-Baptiste Feldmann

Ces rencontres seront une belle occasion pour observer et échanger entre passionnés. En outre, de nombreux ateliers et conférences permettront de s’initier ou de se perfectionner dans différents domaines comme le dessin ou encore l’astrophoto. Quant aux observations solaires, elles auront une saveur toute particulière, à trois mois de la grande éclipse solaire du 12 aoûtContinuer la lecture de Éphémérides : le ciel du mois de mai 2026

La comète C/2025 R3 (PANSTARRS) en images

Blottie en fin de nuit au-dessus de l’horizon Est, la comète C/2025 R3 (PANSTARRS) ne se dévoile qu’aux astrophotographes aguerris.

Un astre chevelu discret :

La comète C/2025 R3 (PANSTARRS) ne restera pas dans les annales. Contrairement à ce qu’écrivent certains médias, elle n’est pas visible à l’œil nu. Elle pourrait l’être théoriquement, puisqu’elle affiche une magnitude de 4,4 (prévisions de G. van Buitenen). Mais ne vous y fiez pas. Très basse sur l’horizon Est, perdue dans les premières lueurs de l’aube, elle n’est pas vraiment à son avantage ! Même à plus de 2.000 mètres d’altitude, loin de toute pollution lumineuse, elle reste très discrète. Seuls les astrophotographes peuvent nous en révéler toute la beauté.

Certains ont décidé de se lever tôt pour aller l’immortaliser depuis un site exceptionnel, souvent en altitude. La comète était invisible à l’œil nu, mais les boîtiers numériques performants ont pu la capter. D’autres ont fait le choix de la photographier à distance. Tous ont ensuite passé beaucoup de temps derrière leur ordinateur pour mettre l’astre chevelu en valeur. Avec, au final, des clichés uniques. Car, si les nébuleuses et les galaxies sont immuables, les comètes, elles, ne font que passer.

Il faudra donc attendre la prochaine, en l’espérant un peu plus brillante, pour que le spectacle soit complet. Les images qui illustrent cet article sont signées Michael Jäger, Luc Perrot, Dario Giannobile, James David Paton, Dominique Dierick, Yann Sty, Stéphane Vetter, Jakub Kuřák ou encore Julien De Winter.

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Les astronomes ont immortalisé Artemis II au milieu des étoiles

Des astronomes, amateurs ou professionnels, sont parvenus à capter la lumière du vaisseau Orion, durant la mission Artemis II.   

Retour vers la Lune :

Avec Artemis II, les Terriens repartent vers la Lune, 54 ans après la dernière mission du programme Apollo. À bord du véhicule Orion, les quatre astronautes devraient amerrir vendredi 10 avril. Partis le 1er avril, ils sont allés plus loin qu’aucun être humain et ont fait le tour de la Lune. Une expérience qu’ils ont qualifiée “d’absolument spectaculaire et magnifique”. Depuis la Terre, les passionnés ont suivi cette aventure sur leurs écrans. Certains ont même tenté de capter la faible lumière renvoyée par les panneaux solaires du véhicule Orion. Un petit point faiblement lumineux au milieu des étoiles :

Avoir un instrument astronomique était indispensable, encore fallait-il savoir où viser. Au Mont Palomar, on a mis à contribution le célèbre télescope de 5 mètres inauguré en 1948. Surnommé télescope Hale (en hommage à l’astronome George Ellery Hale), il resta le plus grand du monde jusqu’en 1976 :

Les astronomes de l’observatoire ont réalisé une vidéo montrant le véhicule Orion, point immobile au milieu des étoiles en mouvement. Sans disposer d’un télescope aussi imposant, quelques astrophotographes amateurs sont également parvenus à immortaliser la scène :

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La comète C/2025 R3 (PANSTARRS) entre en scène

Actuellement dans la constellation de Pégase, C/2025 R3 (PANSTARRS) est la nouvelle coqueluche des chasseurs de comètes.

Une comète en chasse une autre :

C/2025 R3 (PANSTARRS) a vite fait oublier C/2026 A1 (MAPS), qui s’est volatilisée le 4 avril en frôlant le Soleil. Place donc à un nouvel astre chevelu, découvert le 8 septembre 2025 par le réseau de surveillance Pan-Starrs (Panoramic Survey Telescope and Rapid Response System). Il s’agit de deux télescopes robotisés installés à Hawaii. Depuis leur mise en service (en 2014 et 2018), ils ont découvert plusieurs centaines de milliers d’astéroïdes. Mais ils ont également déniché de nombreuses comètes :

C/2025 R3 est une comète non périodique, tout comme la célèbre C/1995 O1 (Hale-Bopp). Dans cette famille, on range tous les astres chevelus dont la période orbitale est supérieure à 200 ans. Continuer la lecture de La comète C/2025 R3 (PANSTARRS) entre en scène

Fin de l’aventure pour la comète C/2026 A1 (MAPS)

En frôlant le Soleil, la comète C/2026 A1 (MAPS) s’est désintégrée le 4 avril, mettant fin à plusieurs semaines de folles spéculations.

Prometteuse comète :

C/2026 A1 (MAPS) aura tenu les astronomes en haleine pendant presque trois mois. Cette comète avait été découverte le 13 janvier 2026 par quatre amateurs, Alain Maury, Georges Attard, Florian Signoret et Daniel Parrott. Je vous avais d’ailleurs présenté cette découverte ici, alors que l’astre chevelu n’avait pas encore reçu sa désignation officielle :

Les premiers calculs ont révélé que la comète faisait partie du groupe de Kreutz. Ce groupe compte quelques membres célèbres, comme C/2011 W3 Lovejoy, et surtout C/1965 S1 (Ikeya-Seki), qui fut visible en plein jour. Une parenté qui, vous l’imaginez bien, a enflammé les imaginations ! Au cours d’un webinaire organisé par la SAF le 14 mars, les astronomes ont fait le point sur cette découverte. Il ne restait plus qu’à attendre le passage au périhélie, pour savoir si la comète y survivrait :

Le 4 avril, chacun a pu voir C/2026 A1 (MAPS)  foncer en direction du Soleil, masqué par le cache du coronographe LASCO (Large Angle and Spectrometric COronagraph). La suite nous restera cachée à jamais, mais on peut aisément l’imaginer. À moins de 200.000 kilomètres de la surface de notre étoile, C/2026 A1 (MAPS) s’est littéralement vaporisée. Quelques heures plus tard, on a identifié ce qui pourrait être un nuage de débris cométaires s’éloignant du Soleil :

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Éphémérides : le ciel du mois d’avril 2026

Une comète qui contourne le Soleil, le rendez-vous des Pléiades avec la Lune et l’éclatante Vénus sont au menu de ce mois d’avril 2026.

C/2026 A1 (MAPS), la grande inconnue :

Ce mois d’avril 2026 sera-t-il celui de la comète MAPS ? Impossible à dire au moment de la rédaction de ces éphémérides. L’astre chevelu, découvert le 13 janvier par des amateurs, semble bien prometteur. L’évolution de sa luminosité laisse penser qu’il pourrait être assez brillant autour du périhélie (à suivre ici). Mais les comètes, c’est bien connu, n’en font qu’à leur tête. Et personne ne peut dire si C/2026 A1 (MAPS) résistera à son passage au plus près du Soleil le 4 avril. Un spectacle que tout le monde pourra vivre sans danger sur son ordinateur (voir plus bas).

Autre comète à surveiller, C/2025 R3 (PanSTARRS), à suivre ici. Elle aussi pourrait nous réserver une belle surprise durant ce mois d’avril, son périhélie ayant lieu le 19 :

Continuer la lecture de Éphémérides : le ciel du mois d’avril 2026

La lumière cendrée salue l’arrivée du printemps

Ce 20 mars 2026 marquait le début du printemps dans l’hémisphère Nord, accompagné d’une belle lumière cendrée en soirée.

Mécanique céleste :

L’arrivée du printemps n’a rien d’arbitraire. Ce changement de saison est dicté par le mouvement apparent du Soleil. Le jour de l’équinoxe, il surplombe exactement l’équateur terrestre, éclairant à parts égales le Nord et le Sud de notre planète. Ce franchissement de l’équateur céleste s’effectue dans le sens Sud-Nord le 20 mars (c’est la même date depuis 2008 et ça le restera jusqu’en 2043). Le Soleil effectuera le franchissement inverse (dans le sens Nord-Sud) à l’occasion de l’équinoxe d’automne. Ce 20 mars, la durée du jour est égale à la durée de la nuit. Cette égalité est à l’origine du mot équinoxe, du latin æquus (égal) et noxnoctis (nuit).

La Nouvelle Lune ayant eu lieu le 19 mars, le jeune croissant était visible durant cette première soirée de printemps. Lorsque le ciel a été assez sombre, on pouvait de plus admirer une superbe lumière cendrée. Un spectacle que je n’ai pas manqué d’immortaliser. Pour l’occasion, j’ai fixé un boîtier Nikon D3200 au foyer d’une lunette Bresser 102/460. Et voici le résultat, obtenu avec une seconde de pose à 800 iso :

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Regardez passer l’ISS, avec à son bord Sophie Adenot

La seconde quinzaine du mois de mars nous offre la possibilité d’observer en soirée la Station spatiale (ISS) avec à son bord Sophie Adenot.

Meccano géant :

l’ISS (International Space Station) est un assemblage de modules et de panneaux solaires de la taille d’un terrain de football. Elle passe régulièrement au-dessus de nos têtes à plus de 300 kilomètres d’altitude. La première mission de longue durée, Expédition 1, s’est déroulée il y a vingt-cinq ans. Depuis, la Station est occupée sans interruption. Le spationaute français Thomas Pesquet y séjournait en 2021. C’est désormais au tour de Sophie Adenot. Elle est à bord de la Station depuis le mois de février dans le cadre de la Mission Epsilon.

L’ISS au-dessus du château des Carbonnières dans le Beaujolais. © Jean-Baptiste Feldmann

Il est possible de voir passer la Station spatiale dans le ciel lorsqu’elle nous survole en début ou en fin de nuit. C’est à ce moment que le Soleil (sous l’horizon) éclaire toute la structure. La Station peut alors briller aussi fort que Vénus.

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Comète C/2026 A1 (MAPS) : à quoi s’attendre ?

Découverte il y a quelques semaines, la comète C/2026 A1 (MAPS) est l’objet de nombreuses spéculations. Que peut-on réellement espérer voir ?

Lointaine mais déjà célèbre :

C/2026 A1 (MAPS) a beau être encore bien faible (magnitude 10 au moment de la rédaction de cet article), elle a déjà fait couler beaucoup d’encre. Les spéculations vont bon train, certains sites annonçant une magnitude de -20 au moment du périhélie le 4 avril 2026 ! Le 14 mars, la SAF a organisé un webinaire en présence des découvreurs de la comète. Une cinquantaine de personnes ont suivi cette cession, animée par Thierry Midavaine et Denis Huber, Vice-Président du GAPRA. L’occasion de faire le point sur cette découverte et sur ce qui devrait se passer dans les jours à venir.

La comète photographiée le 12 mars 2026. © Gerald Rhemann/Michael Jäger
Un engouement justifié :

Rappelons que C/2026 A1 (MAPS) a été détectée le 13 janvier par une équipe d’astronomes amateurs. Le récit de cette découverte est à retrouver sur le blog d’Alain Maury :

Rapidement, les calculs ont montré que cette comète faisait partie du groupe de Kreutz. Il s’agit d’un ensemble de petits astres chevelus (rattachés à la dislocation de la comète d’Aristote, observée en -371), qui s’aventurent régulièrement à proximité du Soleil. Ce groupe compte quelques membres célèbres, comme C/2011 W3 Lovejoy, et surtout C/1965 S1 (Ikeya-Seki), qui fut visible en plein jour. Une parenté qui a enflammé les imaginations, et, fait rarissime, a poussé les astronomes à chambouler le programme du JWST pour photographier ce nouvel astre chevelu :

À quoi s’attendre :

Précisons tout d’abord que la trajectoire de cette comète est malheureusement défavorable aux observateurs de l’hémisphère Nord. Ces derniers auront sans doute beaucoup de mal à l’observer au-dessus de l’horizon Ouest, dans les lueurs du couchant. Le spectacle profitera aux observateurs situés au niveau de l’Équateur et plus au Sud :

Dans un récent article, l’astrophotographe Nicolas Lefaudeux propose plusieurs scénarios d’évolution de la comète. Les spécialistes s’accordent actuellement sur la troisième option :

L’un des temps forts est fixé au 4 avril. Ce jour-là, la comète contournera le Soleil. Un spectacle étonnant que chacun pourra suivre grâce à SOHO (Solar and Heliospheric Observatory), un observatoire solaire américain :

Il suffira alors de se rendre sur la page des instruments LASCO (Large Angle and Spectrometric COronagraph). En temps normal, C2 (champ étroit) et C3 (grand champ) permettent d’étudier la couronne solaire. Mais pendant quelques heures, la comète C/2026 A1 s’invitera dans le champ de ces coronographes.

Je remercie vivement Denis Huber pour la mise à disposition des visuels qui illustrent cet article, visuels présentés durant le webinaire du 14 mars. Vous retrouverez un article de Denis au sujet de cette comète dans le numéro d’avril de la revue L’Astronomie.

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L’éruption de la comète 29P/S-W se confirme

L’éruption récente de la comète 29P/S- W (Schwassmann-Wachmann) a bien provoqué l’apparition d’un halo de particules glacées.

Une comète à sursauts :

Il se passe toujours quelque chose sur la comète 29P/Schwassmann-Wachmann. Comme je vous le racontais dans mon billet du 14 février 2026, une nouvelle éruption s’est produite. Il faut dire que l’on en observe régulièrement sur cet astre chevelu découvert il y a un siècle. Ces éruptions sont causées par le cryovolcanisme. Lorsque la surface gelée du noyau de la comète se fracture, elle laisse échapper de la glace et des poussières. Chaque éruption s’annonce par une baisse d’éclat de la comète. C’est le signe que la croûte du noyau est devenue hermétique à tout dégazage. Quand la pression devient trop forte, la surface finit par céder. Dans les semaines qui suivent, on doit alors observer autour du noyau de la comète l’expansion d’un halo de particules glacées. C’est bien ce qu’a photographié Akihiro Yamazaki le 22 février dans la constellation du Lion :

30 minutes de poses avec un télescope Epsilon 180 ED permettent de visualiser ce halo. Remarquez la couleur verdâtre du carbone diatomique présent dans la comète, excité par le rayonnement solaire. L’étoile la plus brillante du champ est HD 99005 (magnitude 8,8). Notez aussi la présence d’une lointaine galaxie de magnitude 16, PGC 104111.

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Éphémérides : le ciel du mois de mars 2026

Pour ce mois de mars 2026, je vous propose de tenter un joli marathon nocturne et d’admirer le retour de Vénus en soirée. 

Un marathon un peu particulier :

Et si vous profitiez de ce mois de mars 2026 pour tenter le marathon Messier ? Cet amical défi consiste à observer avec un télescope tous les objets Messier (dont voici la liste) en une seule nuit. La meilleure période se situe autour de l’équinoxe de printemps. Pour cette année cochez les weekends (sans Lune) des 14-15 et 21-22 mars. Petit retour sur l’édition 2023 :

Rappelons que le catalogue Messier a été compilé par l’astronome français Charles Messier à la fin du XVIIIe siècle. Il se compose de 110 objets du ciel profond relativement brillants. On peut pointer au choix des galaxies comme celle d’Andromède, des nébuleuses (diffuses ou planétaires) ainsi que des amas d’étoiles (amas ouverts ou amas globulaires). Continuer la lecture de Éphémérides : le ciel du mois de mars 2026

Nouvelle éruption sur la comète 29P/Schwassmann-Wachmann

Des amateurs viennent à nouveau d’enregistrer un spectaculaire sursaut d’éclat sur l’étonnante comète 29P/Schwassmann-Wachmann.

Imprévisible comète :

L’histoire de la comète 29P/Schwassmann-Wachmann (éphémérides ici) débute le 15 novembre 1927. Cette nuit-là, deux astronomes allemands, F. Schwassmann et A. Wachmann découvrent un astre chevelu à l’Observatoire de Hambourg. Les calculs révèlent qu’il s’agit d’une grosse comète d’environ 60 kilomètres de diamètre qui orbite un peu au delà de Jupiter, avec une période de 14,7 ans. Mais rapidement, l’astre chevelu intrigue : il montre de spectaculaires sursauts d’éclat, gagnant jusqu’à cinq ou six magnitudes en quelques semaines. En 2013, le phénomène a été clairement mis en évidence par Damian Peach :

Évolution de l’aspect de la comète 29P/S-W après une éruption en 2013. Un halo de particules glacées s’étend autour du noyau entre le 16/06 et le 28/07. © Damian Peach

Pour expliquer ces sursauts d’éclat, les astronomes évoquent le cryovolcanisme. Lorsque la surface gelée du noyau de la comète se fracture, elle laisse échapper de la glace et des poussières. Un phénomène qui s’observe également sur diverses lunes glacées comme Ganymède ou Encelade. Continuer la lecture de Nouvelle éruption sur la comète 29P/Schwassmann-Wachmann

La mort d’une comète saisie par le télescope Gemini Nord

Depuis Hawaii, le télescope Gemini Nord a suivi la désintégration de la comète C/2025 K1 (ATLAS) durant l’automne 2025.

Télescopes jumeaux :

Doté d’un miroir de huit mètres de diamètre, le télescope Gemini Nord est situé sur le Mauna Kea, à plus de 4000 mètres d’altitude. Il scrute le ciel de l’hémisphère Nord, pendant que son frère jumeau étudie le ciel austral depuis le Cerro Pachón. Les deux instruments, opérationnels depuis 25 ans, sont gérés par l’AURA (Association of Universities for Research in Astronomy). C’est avec l’instrument situé à Hawaii que les astronomes ont pu suivre la fragmentation de la comète C/2025 K1 (ATLAS) :

On se souvient que cet astre chevelu avait été découvert en mai 2025 grâce au programme ATLAS. Puis la comète était passée début octobre à seulement 49 millions de kilomètres du Soleil. Un rapprochement qui s’était finalement soldé par une fragmentation prévisible du noyau. Le phénomène avait été enregistré entre autres par le télescope spatial Hubble et un instrument de l’Inaf. Il n’avait pas non plus échappé à certains astronomes amateurs, comme le français Denis Huber. Prises entre novembre et décembre 2025, les images du Gemini Nord ont alors permis de suivre l’évolution de cette fragmentation :

Rappelons quand même que le phénomène n’est pas rare. Dans le passé, d’autres comètes ont connu le même sort. On pourrait citer le cas de C/2019 Y4 par exemple, ou encore celui de C/2025 F2. Un destin qui sera peut-être aussi celui de C/2026 A1 (MAPS), la comète découverte en janvier 2026 par des amateurs.

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