Archives pour la catégorie Les hommes et le ciel

Étienne Trouvelot, l’art au service de l’astronomie

Le peintre Étienne Léopold Trouvelot (1827-1895) est l’auteur d’une magnifique série de chromolithographies mariant art et astronomie.  

De l’entomologie à l’astronomie :

Rien ne semblait prédestiner Étienne Léopold Trouvelot à devenir un artiste astronome. Né à Guyencourt (Aisne) en 1827, il émigre aux USA en 1855, probablement pour des raisons politiques. Il exerce le métier de portraitiste dans le Massachusetts puis dans la banlieue de Boston. C’est là qu’il se lance dans une expérience malheureuse. Passionné d’entomologie, il décide d’élever dans son jardin des œufs de Bombyx disparate. Malheureusement les papillons s’échappent et infestent les arbres tout autour.

Étienne Léopold Trouvelot (auteur inconnu).

Les chenilles de cette espèce, particulièrement invasive, causent depuis des dégâts importants sur les feuillus américains. En France, elles font aussi régulièrement l’actualité (6.000 hectares de forêt dévastés par des chenilles voraces dans le Var). Découragé, Trouvelot se tourne alors vers l’astronomie. En 1870, il réalise plusieurs dessins des aurores boréales observables dans le pays. Continuer la lecture

Observatoire amateur : quand le rêve devient réalité

Pour ne plus avoir à déplacer leur matériel, de plus en plus d’astronomes amateurs franchissent le pas et construisent leur observatoire. 

Astronome nomade ou sédentaire :

Avoir son propre observatoire, un rêve pour les amateurs d’astronomie, devient peu à peu chose courante. Il est désormais possible de construire un poste fixe dans son jardin pour y installer son télescope. Simple abri ou véritable coupole, pilotage de l’instrument sur place ou bien au chaud depuis la maison, les réalisations se multiplient. Comme d’autres, Éric Brotons (Esprit de la Nature) a choisi de ne plus déplacer son matériel. Une évolution qu’il a mise en images :

Les sorties astronomiques sont synonymes de manutention du matériel, trajet, fatigue… Une aventure qui peut parfois se solder par un résultat nul. Un accessoire oublié, l’arrivée intempestive de nuages au-dessus du site d’observation, et l’amateur repart bredouille.

Construction simple :

Sortir, c’est pour beaucoup la possibilité de s’éloigner de la pollution lumineuse. Mais on peut désormais s’affranchir de ce fléau en astrophotographie grâce à l’utilisation de filtres sélectifs. Une raison de plus pour pratiquer sa passion chez soi. Un choix que nous explique Éric Brotons : “À 47 ans, je suis un passionné de musique et un grand amoureux de tous ce qui m’entoure : la flore, la faune et le ciel. J’ai commencé à réellement m’intéresser aux astres à l’âge de 8 / 10 ans, quand ma mère m’a offert une petite lunette pour Noël. Et depuis, l’astronomie fait partie intégrante de ma vie. Jusqu’à l’âge de 28 ans, je n’ai fait que de l’observation visuelle. Puis je me suis lancé dans l’astrophoto, bien aidé par certains membres du Club d’Astronomie de Mont-Bernenchon.

Un observatoire chez soi, un rêve devenu réalité pour certains passionnés. © E. Brotons

Pourquoi un observatoire dans mon jardin ? Tout simplement pour ne pas démonter et remonter mon matériel en permanence. Ainsi, je suis toujours prêt pour observer ou photographier le ciel nocturne. La conception de mon observatoire est très simple. Il est en bois, celui qu’on utilise pour les chalets, avec un toit coulissant. Je l’ai monté sur des briques pour ne pas être en contact avec le sol. Il dispose de la fibre et de l’électricité. J’estime le coût total de l’installation (hors matériel astronomique) aux environs de 1.000 euros.” Éric (joignable sur Facebook) partagera volontiers ses astuces de construction avec ceux qui ont envie de se lancer !

La nébuleuse du Casque de Thor, NGC 2359, 5 heures de poses avec un T150. © E. Brotons
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Comète 12P/Pons-Brooks : un astrophotographe raconte

L’astrophotographe Christian Bertincourt nous fait partager une soirée dans la Drôme avec la belle comète 12P/Pons-Brooks.

Chasse à la comète :

Pour un astrophotographe comme pour un amoureux du ciel étoilé, la météo est un facteur déterminant. Et il faut bien l’avouer, ce mois de mars 2024 est assez chaotique. Difficile de faire le marathon Messier ou d’admirer en soirée les splendeurs dans le sillage de la comète 12P/Pons-Brooks. On peut alors opter pour la location d’un télescope à distance… ou partir à la recherche d’un coin de ciel bleu :

Ciel dégagé le 13 mars au-dessus de Rimon-et-Savel. © Christian Bertincourt

Christian Bertincourt a choisi la seconde option le 13 mars pour aller immortaliser la comète du moment. Cet astrophotographe lyonnais réalise régulièrement de très belles images nocturnes, à découvrir sur son site ou sa galerie d’images Flickr. Il nous livre le récit de sa soirée. Continuer la lecture

Henry de Graffigny, la science à la portée de tous

Henry de Graffigny fut un écrivain-journaliste scientifique particulièrement prolifique à cheval sur les XIXe et XXe siècles.

Un écrivain méconnu :

Henry de Graffigny : ce nom ne vous dit peut-être rien. C’était le cas pour moi, jusqu’à ce que j’achète un petit livre (130 pages), “L’astronome amateur“. Son auteur y présentait les bases de l’astronomie au tournant du XXe siècle. Bien que l’ouvrage ne soit pas daté, il y était question de la SAF “fondée il y a 27 ans”, ce qui signifie que le texte avait été écrit en 1914 :

Une petite recherche sur le web m’a permis d’en savoir un peu plus sur cet auteur méconnu. Mes infos sont extraites du blog Mémoires 52, association de recherches historiques en Haute-Marne. C’est en effet dans ce département qu’est né Raoul Marquis le 28 septembre 1863. Il s’agit de l’homme qui prendra plus tard le nom de Henry de Graffigny. Continuer la lecture

Au Mont Palomar, on a perdu trois étoiles !

C’est un mystère vieux de plus de 70 ans. En 1952, trois étoiles ont disparu en moins d’une heure sur des clichés réalisés au Mont Palomar.

Surprise dans le POSS :

En cette nuit du 19 juillet 1952, les astronomes du Mont Palomar s’affairent autour du télescope Samuel Oschin (1,22 m). Ils participent au Palomar Observatory Sky Survey (POSS1), un important relevé photographique du ciel nocturne commencé en 1949 qui prendra fin en 1958. À l’aide de plaques photographiques carrées de 14 pouces de côté (soit environ 35 centimètres), ils photographient chaque région du ciel deux fois. Une première fois avec une plaque sensible au rouge, la seconde fois avec une plaque sensible au bleu. C’est à l’époque la seule technique disponible pour enregistrer la couleur des objets célestes :

Où sont passées les trois étoiles ? © Palomar Observatory/Solano, et al

En comparant les deux plaques d’une même portion de ciel, les astronomes font une étrange découverte. Trois étoiles de magnitude 15 présentes sur une plaque sensible au rouge ne sont plus visibles sur la plaque suivante sensible au bleu. Continuer la lecture

Célèbre astronome tchèque, Luboš Kohoutek est décédé

Bien connu pour avoir découvert la Grande comète de 1973, l’astronome tchèque Luboš Kohoutek nous a quittés le 30 décembre 2023.

Découvreur d’astéroïdes et de comètes :

Luboš Kohoutek est né le 29 janvier 1935 en Tchécoslovaquie. Il s’intéresse au cosmos durant ses études secondaires, devenant l’un des plus jeunes membres de la Société Astronomique Tchèque. Dans les années 1950, il suit un cursus universitaire en mathématiques et physique. Il se consacre parallèlement à l’observation des étoiles filantes et publie à ce sujet des articles remarqués. À la fin de ses études, il intègre l’Académie tchèque des sciences. Il publie en 1967 le Catalogue of Galactic Planetary Nebulae avec l’astronome Luboš Perek :

L’astronome tchèque Luboš Kohoutek recevant le Prix Nušl en 2010. © Miloš Podařil

Fuyant le Printemps de Prague l’année suivante, Luboš Kohoutek se réfugie en Allemagne où il obtient un poste à l’Observatoire de Hambourg. Pour traquer comètes et astéroïdes, il sera amené à passer de nombreuses nuits à l’Observatoire de la Silla jusqu’à sa retraite en 2001. Continuer la lecture

Observatoire Yerkes : au bonheur des dames

Dans les années 1920, l’Observatoire Yerkes offrait aux femmes la possibilité de faire de véritables recherches astronomiques.

Un observatoire réputé :

L’observatoire Yerkes, qui dépend de l’Université de Chicago, se trouve dans le Wiscontin, sur la rive du lac Léman à Williams Bay. Il a été fondé  en 1897 par l’astronome George Ellery Hale. Son financement a été assuré par le millionnaire Charles Tyson Yerkes qui lui a donné son nom. Cet observatoire est connu pour abriter le plus grand réfracteur du monde. Il s’agit d’une lunette dotée d’un objectif de 102 centimètres taillé par l’opticien Alvan Clark. Cet instrument exceptionnel est logé dans une coupole de 27 mètres de diamètre :

En 1921, Albert Einstein s’y est rendu au cours d’un voyage en Amérique. La scène a été immortalisée par un cliché (ci-dessus) devenu célèbre. Un siècle plus tard, Andrea Twiss-Brooks et Rich Kron (University of Chicago) se sont penchés sur cette image. Qui étaient donc ces femmes qui entouraient le physicien allemand ? Continuer la lecture

Portrait : Koichi Itagaki, chasseur de supernovae

Il a découvert SN 2023ixf dans la galaxie du Moulinet. Portrait de Koichi Itagaki, l’astronome amateur qui traque les supernovae.

Un amateur, trois observatoires :

C’est devenu un rituel depuis une quinzaine d’années qu’il est en retraite. Chaque soir, après avoir soupé avec sa femme, Koichi Itagaki se rend dans son “quartier général”. C’est une confortable cabane entourée de coupoles située dans les collines de Yamagata, à 300 kilomètres au Nord de Tokyo. Dans la salle de contrôle, une douzaine de moniteurs servent à commander sept télescopes de dix à soixante centimètres de diamètre :

Koichi Itagaki dans la salle de contrôle de ses trois observatoires. © K. Itagaki

Des instruments répartis sur trois sites au Japon pour être certain d’avoir toujours un coin de ciel dégagé. Une fois installé, l’astronome amateur démarre une énième séance de chasse aux supernovae.

Soirée presque ordinaire à Yamagata :

Chaque nuit claire, ce sont près d’un millier de galaxies qui sont automatiquement photographiées, à la recherche de nouvelles explosions stellaires. Cette nuit de printemps 2023, le ciel finit par se couvrir sur le Japon. Koichi Itagaki rentre chez nuit, non sans avoir pris soin de laisser les instruments en mode automatique, ce qui leur permet de reprendre leur programme d’observation en cas d’éclaircie. Le lendemain matin, l’astronome japonais repère immédiatement un point lumineux inhabituel sur un cliché de la galaxie du Moulinet (Messier 101) dans la Grande Ourse :

SN 2023ixf apparaît sur ce cliché de M 101 réalisé le 20 mai 2023. © Eliot Herman

Il est le premier à publier l’information sur le TNS (Transient Name Server), la base de données de l’Union Astronomique Internationale qui recense les nouveaux objets célestes. C’est la plus proche supernova observée depuis une décennie et la 172e découverte de Koichi Itagaki !

Passion de jeunesse :

« Je ne suis pas astronome, mon passe-temps consiste juste à chercher de nouveaux corps célestes ». C’est ainsi que Koichi Itagaki résume modestement sa passion depuis six décennies. Tout a commencé en 1963 : alors au lycée, il assemble un petit télescope avec lequel il observe la Lune. En 1965, deux amateurs japonais, Kaoru Ikeya et Tsutomu Seki, font la une des journaux nationaux en découvrant une comète. C/1965 S1 (Ikeya-Seki) atteint une magnitude de -10, devenant visible en plein jour avec une queue de 45 degrés.

La comète Ikeya-Seki en 1965. © R. Lynds

Impressionné, Koichi Itagaki décide alors de se consacrer à la recherche de comètes. Avec ses premiers salaires (il a rejoint l’entreprise familiale de confiseries, Itagaki Peanuts), il s’achète un télescope de 15 centimètres de diamètre et déniche trois ans plus tard une comète. Devancé par d’autres découvreurs, la comète C/1968 H1 Tago-Honda-Yamamoto ne portera jamais son nom.

Des comètes aux supernovae :

Devenu patron de l’entreprise familiale, Koichi va investir dans l’astronomie une grande partie de ses revenus et se consacrer à la recherche de comètes pendant trois décennies. Mais la mise en service de télescopes professionnels pour traquer les astéroïdes géocroiseurs à partir de 1998 ne lui laisse pas beaucoup d’espoir d’en découvrir. Il décide alors de rechercher les supernovae. Pour échapper aux lumières de Yamagata, il loue un terrain dans les collines au-dessus de la ville et, au fil des années y installe ses télescopes sous différentes coupoles. C’est ainsi qu’il repère trois nouveaux astéroïdes en 2004 : (117350) Saburo, (134069) Miyo et (189261) Hiroo. Cinq ans plus tard, le 14 mars 2009, il découvre enfin sa comète, C/2009 E1 (Itagaki), ce qui lui vaut de recevoir le prix Edgar-Wilson décerné annuellement depuis 1998 aux astronomes amateurs découvreurs de comètes.

L’observatoire situé dans les collines de Yamagata. © K. Itagaki

C’est à cette époque qu’il confie l’entreprise familiale à ses fils pour se consacrer entièrement à sa passion. Son deuxième observatoire voit le jour en 2015 à Okayama, un autre trois ans plus tard sur l’île de Shikoku. Un réseau de télescopes sans doute unique dans le monde de l’astronomie amateur ! Avec au final un record de 172 découvertes, dépassé uniquement par les 360 supernovae de l’américain Tim Puckett. Mais ce dernier est aidé pour le dépouillement de ses clichés par un réseau mondial de bénévoles. Koichi Itagaki, en revanche, travaille seul, et bien qu’il soit autodidacte, il a déjà co-signé une vingtaine d’articles scientifiques.

Précieuses archives :

Grâce à la persévérance de Koichi Itagaki, SN 2023ixf est probablement la supernova qui a été détectée dans le plus court laps de temps après son explosion. Mais le travail de bénédictin mené par l’astronome amateur japonais depuis deux décennies pourrait peut-être avoir une autre conséquence heureuse. Ses découvertes précédentes suggèrent qu’il pourrait être possible de voir des signes d’agitation sur une étoile massive avant même qu’elle n’explose. En 2004, il a repéré un point brillant dans une galaxie spirale à 77 millions d’années-lumière de la Terre. Aucun professionnel n’a vérifié ce flash qui a duré une dizaine de jours. Mais deux ans plus tard, Koichi Itagaki a découvert à cet emplacement la supernova SN 2006jc. Il a été le seul à observer deux ans plus tôt l’étoile en train de perdre ses couches externes dans un éclat de lumière.

Les archives constituées au cours de deux décennies d’observations par l’amateur japonais représentent une base irremplaçable pour l’étude des supernovae. © K. Itagaki

On pensait auparavant que les étoiles étaient silencieuses avant de devenir des supernovae, les observations de Koichi Itagaki semblent prouver le contraire.

Bien qu’il soit déjà âgé, Koichi Itagaki ne voit aucune raison de modifier ses habitudes. Il est déterminé à attraper une supernova dans la galaxie voisine d’Andromède. La nuit qui a suivi sa découverte de SN 2023ixf, il est retourné à son quartier général pour une nouvelle veillée en solitaire. “Quand j’étais au collège, je rêvais de construire une coupole, d’y installer un gros télescope et d’étudier le ciel“, dit-il. “Ce rêve est devenu réalité.

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Les “Yeux de hibou”, d’étonnantes jumelles

Que voit-on dans les “Yeux de hibou” ? Voici le test de ces curieuses petites jumelles qui sont en train de conquérir les astronomes. 

Une curiosité :

La plupart des amoureux du ciel nocturne ont fait leur premiers pas avec une paire de jumelles. Grâce à sa simplicité d’utilisation, c’est l’instrument idéal pour commencer à scruter le ciel nocturne. Il peut même devenir l’instrument principal de l’observateur, tant il est polyvalent. Il suffit pour s’en convaincre de feuilleter “Le ciel aux jumelles“, un excellent guide pour optimiser ses observations :

La paire de jumelles, un instrument d’astronomie indispensable. © Jean-Baptiste Feldmann

C’est au milieu d’une gamme de jumelles déjà très large qu’est apparu un nouveau modèle, les “Yeux de hibou”. De petites jumelles qui grossissent très peu mais collectent beaucoup de lumière sur un très grand champ. Une curiosité qui a tout de suite attiré mon attention et que j’ai testée. Continuer la lecture

En vidéo : nuit d’astronomie en Normandie

En Normandie, les astronomes amateurs ont aussi leur jardin secret. Ils s’y retrouvent régulièrement pour y cueillir les étoiles.

Des météorites aux étoiles :

En Normandie, certains regardent à leurs pieds pour chercher des météorites, comme ce fut le cas après la désintégration de l’astéroïde 2023 CX1. D’autres choisissent de tourner leurs yeux vers le ciel étoilé. C’est le cas des membres du club d’astronomie AVEX (Astronomie du VEXin). Les plus actifs fuient régulièrement la pollution lumineuse et se retrouvent pour observer ensemble dans le Pays d’Auge, près de Vimoutiers :

Trois d’entre eux ont rassemblé leurs images nocturnes pour réaliser cette jolie vidéo partagée par Frédéric Tapissier. Alors que l’on reconnaît dans le ciel l’amas des Pléiades et la constellation d’Orion, les astronomes, équipés de lumières rouges, s’affairent autour de leurs télescopes. Continuer la lecture

Chaîne Younivers : quand astro rime avec ados

Pour inciter les jeunes à se tourner vers l’astronomie, la Société Astronomique de France a créé Younivers, la chaîne des astro-ados.

Astronomie populaire :

Younivers, voilà une chaîne YouTube (à découvrir ici) qui plairait à Camille Flammarion !  Cet astronome amateur (1842-1925) a œuvré toute sa vie pour vulgariser l’observation des astres. Il voulait une Astronomie Populaire, titre du plus célèbre des ouvrages de cet écrivain prolifique. C’est dans le même esprit qu’il fonda un observatoire à Juvisy-sur-Orge ainsi que la Société Astronomique de France :

À Juvisy-sur-Orge, la coupole installée sur la demeure de Camille Flammarion accueille encore certains soirs les amoureux des étoiles. © Jean-Baptiste Feldmann

Toujours très active, cette Société a lancé il y a quelques années la chaîne Younivers. À ce jour, plusieurs dizaines de vidéos ont été réalisées par des ados. Ils y abordent tous les sujets, du Soleil aux planètes, en passant par les aurores boréales ou encore la matière noire. Continuer la lecture

Cinq vidéos pour faire la Fête (de la Science) chez soi

À l’occasion de la Fête de la Science, Cielmania vous propose de vous évader dans les étoiles pour faire le plein de science et de poésie.

Science pour tous :

La Fête de la Science (site internet) vous propose de célébrer une nouvelle fois la beauté et l’utilité des sciences. Pendant une semaine (du 6 au 13 octobre) de nombreux événements gratuits se dérouleront dans toute la France. Animations, expériences, visites de labos et d’installations scientifiques, il y en a pour tous les goûts :

Pour vous mettre en appétit, je vous propose quelques belles vidéos. Une sélection forcément subjective puisqu’elles sont exclusivement dédiées à l’astronomie ! Continuer la lecture

Le fléau des satellites résumé en un cliché

Le ciel nocturne se charge inexorablement de la lumière des satellites. Un fléau restitué par un saisissant cliché de Matt C. Jackson. 

Rayures lumineuses :

L’image est terrifiante. Prise dans le Montana, un État du Nord-Ouest des USA, elle révèle l’augmentation exponentielle du nombre de satellites artificiels. Son auteur, Matt C. Jackson (Montana DarkStar Photography) la présente sur sa page Facebook. Il s’est contenté d’additionner 326 clichés d’une durée unitaire de 2,5 secondes pour arriver à ce résultat. Ce qui signifie qu’en un peu moins d’un quart d’heure de poses cumulées, des dizaines de satellites artificiels sont passés au-dessus de sa tête. Chacun d’entre eux laissant un trait lumineux ou plus exactement des tirets en raison de l’intervalle de trois secondes entre chaque prise de vue :

Les astronomes et les astrophotographes fuyaient depuis des années la pollution lumineuse des villes. Mais même dans les endroits les plus reculés, force est de constater que le ciel nocturne perd peu à peu de sa noirceur. Le prix à payer pour connecter le monde ? Continuer la lecture

Rubin Observatory : la caméra géante dévoilée

Le futur télescope du Rubin Observatory sera doté d’une caméra disposant d’un capteur numérique de 3,2 milliards de pixels.

Nouvel observatoire dans les Andes :

En 2024 si tout va bien, le Rubin Observatory devrait entrer en service et révolutionner l’astronomie. L’observatoire est nommé en l’honneur de Vera Rubin, l’astronome qui a imaginé la matière noire.

L’installation est située dans la Cordillère des Andes, non loin de l’Observatoire du Cerro Tololo et du Gemini sud. L’observatoire est équipé d’un télescope de 8,4 mètres de diamètre. Les astronomes l’ont surnommé télescope Charles Simonyi, du nom de son mécène, le créateur du logiciel Word :

Le Rubin Observatory sous la Voie lactée. ©  Rubin Observatory/NSF/AURA/B. Quint

Si le diamètre de ce télescope est classique, les caractéristiques de sa caméra le sont beaucoup moins. En effet, elle possèdera le plus grand capteur numérique jamais conçu (3,2 milliards de pixels). Continuer la lecture

Astrophoto : le Système solaire selon Tom Williams

Il n’a que 21 ans, mais l’astrophotographe anglais Tom Williams réalise déjà de magnifiques clichés du Système solaire.

Jeune talent :

Il semble qu’une bonne fée se soit penchée sur le berceau de Tom Williams, lui donnant un indéniable talent. En effet, ce jeune anglais réalise de saisissants clichés du Système solaire. Pour cela, il utilise une caméra derrière une lunette de 120 millimètres ou un télescope de 400 millimètres. Il n’a pourtant pas choisi un domaine facile : tributaire de la turbulence atmosphérique, l’imagerie planétaire est particulièrement exigeante. Mais il faut croire que ni la jeunesse du photographe ni le climat de l’Angleterre n’empêchent Tom Williams de parvenir à ses fins :

Je vous invite à aller découvrir la qualité de son travail sur l’un de ses différents comptes : InstagramAstrobin, Twitter, Facebook ou encore YouTube. Continuer la lecture

30 juin 1973 : Soleil noir à bord du Concorde

Le 30 juin 1973, une équipe d’astronomes assista à la plus longue éclipse totale de Soleil à bord d’un des premiers prototypes du Concorde. 

Un projet fou :

Les magnifiques éclipses totales de Soleil ont la fâcheuse tendance d’être assez brèves. Quelques minutes seulement de Soleil noir, et uniquement si le ciel est dégagé. L’une des plus longues se déroula le samedi 30 juin 1973 : jusqu’à sept minutes d’obscurité à l’intérieur d’une bande courant de la Mauritanie à la Somalie.

Les différents instants de la phase totale d’une éclipse de soleil. © Guillaume Cannat

Quelques mois plus tôt, Pierre Léna eut une idée un peu folle : suivre l’éclipse à bord d’un Concorde pour multiplier sa durée par dix ! Le futur avion de ligne, qui volait depuis 1969, achevait alors son programme d’essai. Jeune astrophysicien français, Pierre Léna rencontra le commandant de bord André Turcat en mai 1972.  Il lui exposa son plan dans un restaurant de l’aéroport de Toulouse et le pilote du supersonique fut conquis.

Astrophysicien, membre de l’Académie des sciences, Pierre Léna est également co-fondateur et Président d’honneur de la Fondation La main à la pâte. © Lamap

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L’Amérique se prépare pour sa prochaine Grande éclipse

Le 8 avril 2024, la Lune projettera son ombre sur une partie de l’Amérique, plongeant des millions de personnes dans l’obscurité.

Soleil noir en Amérique :

L’Amérique va vivre au printemps 2024 sa seconde éclipse totale de Soleil en moins de dix ans. La précédente avait eu lieu le 21 août 2017, un spectacle que nous rappelle la vidéo ci-dessous réalisée par Olivier Sauzereau. Cette année-là, l’astrophotographe français avait emmené sa petite famille dans les montagnes de l’Oregon pour y vivre quelques minutes d’obscurité en plein jour :

Le 8 avril 2024, un lundi comme le 21 août 2017, l’ombre de la Lune traversera le Mexique, l’Amérique du Nord et la province du Québec. En théorie, c’est au Texas que la météo devrait être la plus favorable. La carte suivante permet de visualiser la ligne de centralité. De part et d’autre, l’éclipse sera partielle, donc peu spectaculaire :

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Construisez la maquette du télescope géant E-ELT

L’ESO vous propose de réaliser une jolie maquette en papier de son futur télescope géant, l’European Extremely Large Telescope.

Du papier et de l’imagination :

Construire la maquette en papier d’un observatoire, voilà l’idée originale que nous propose l’ESO. Mais attention, pas n’importe quel observatoire ! Il s’agit de celui qui va accueillir l’E-ELT, le futur télescope géant européen. Les différentes pièces à imprimer sont à télécharger ici. Quant aux instructions, elles sont réunies sur cette page. Pour ma part, j’ai imprimé les neuf pages de pièces sur des feuilles de papier A3-200g/m². Comptez une quinzaine d’heures pour le découpage, l’assemblage et le collage de l’ensemble :

Une quinzaine d’heures sont nécessaires pour réaliser la maquette en papier de l’E-ELT, le télescope géant européen en construction au Chili. © Jean-Baptiste Feldmann

À noter que le télescope et la coupole de la maquette en papier sont mobiles. Voilà une réalisation qui devrait ravir les passionnés et les animateurs en astronomie ! Continuer la lecture

Spectacle : l’ombre du mont Rainier sur les nuages

Une étonnante photo réalisée en fin de journée nous révèle le mont Rainier avec son ombre projetée sur les nuages.

Stratovolcan américain :

Situé dans l’État de Washington à environ 90 kilomètres au Sud-Est de la ville de Seattle, le mont Rainier est un stratovolcan encore actif qui culmine à plus de 4.000 mètres d’altitude. Le Parc national qui l’entoure et dont la superficie avoisine les 956 km² est le cinquième parc américain depuis le 2 mars 1899, date de sa fondation. Comme il est encore préservé de la pollution lumineuse, ce parc attire les astronomes amateurs :

Le photographe Matt Dieterich nous fait découvrir toute la beauté du lieu avec ce time-lapse rassemblant plus de 7.000 images nocturnes. Mais le mont Rainier est aussi très photogénique la journée.  Continuer la lecture

La comète ZTF croquée par une astrodessinatrice

Vous observez la jolie comète ZTF et vous souhaitez garder un souvenir de cet instant exceptionnel ? Il vous suffit de la dessiner !

Souvenir impérissable :

Si la météo veut bien vous permettre d’admirer la comète ZTF en ce début d’année, vous aurez envie d’en garder un souvenir. Tout le monde n’étant pas astrophotographe, vous pouvez choisir de dessiner ce que vous voyez. Prenez exemple sur Leonor Ana Hernandez : elle a choisi de croquer la comète aux jumelles et au télescope. Avec des jumelles 11X70 (grossissement de onze fois pour un diamètre de 70 millimètres) installées sur trépied, elle a pu représenter l’aspect général de la comète au milieu des étoiles du Dragon  :

Pour détailler la chevelure autour du noyau de la comète, elle avait à sa disposition un gros télescope de 77 centimètres de diamètre. Mais rien n’empêche d’utiliser un télescope beaucoup plus petit comme celui-ci :

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