Archives de catégorie : Les hommes et le ciel

La grande lunette de Lowell fait toujours rêver

130 ans après sa mise en service, la grande lunette de Percival Lowell sert régulièrement à observer les planètes.

Instrument légendaire :

C’est en 1896 que la grande lunette de Lowell entre en service. Deux ans plus tôt, son riche propriétaire a lancé la construction d’un observatoire dans les montagnes de l’Arizona. Après avoir fait fortune dans l’industrie textile aux côtés de son grand-père, Percival Lowell s’est en effet pris de passion pour l’astronomie. À la lecture des ouvrages de Camille Flammarion, il décide de se consacrer à l’étude de la planète Mars.

Percival Lowell observant Mars avec sa grande lunette. Dessin Christine Sasiad

Avec un objectif de 60 centimètres de diamètre, la lunette qu’il a fait construire est alors l’une des plus grandes du monde. C’est avec cet instrument que son propriétaire étudiera les mystérieux canaux de Mars. 130 ans plus tard, l’instrument est toujours en parfait état. Et il est régulièrement utilisé pour faire observer le ciel nocturne aux nombreux visiteurs, curieux de le découvrir.

La qualité optique de cette grande lunette n’est plus à démontrer. L’optique fut en effet réalisée par l’entreprise américaine Alvan Clark & Sons, l’un des plus grands fabricants de réfracteurs du XIXe siècle.  Autant dire qu’il est toujours possible d’observer et de photographier les astres avec. Et ce sont surtout les planètes qui ont la faveur de cet instrument de très longue focale (environ dix mètres). Nul doute que la vision des anneaux de Saturne, des bandes gazeuses de Jupiter ou de la surface changeante de Mars a de quoi ravir les visiteurs !

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L’optique adaptative booste le télescope Keck

Grâce aux progrès de l’optique adaptative, les télescopes terrestres ne cessent d’améliorer leurs performances. 

S’affranchir de la turbulence atmosphérique :

Depuis plus de trente ans, l’optique adaptative (OA) révolutionne l’astronomie terrestre. On doit à Horace W. Babcock d’en avoir imaginé le principe en 1953. Mais la technologie de l’époque ne permettait pas de la mettre en pratique. Développée à partir des années 1970 pour les besoins militaires, l’OA fait son entrée dans le monde de l’astronomie vingt ans plus tard. Mais de quoi parle-t-on exactement ? Pour en savoir plus, je vous invite à regarder cette vidéo proposée par AstroGuigeek :

Aujourd’hui, tous les grands télescopes sont équipés d’une OA, leur permettant de rivaliser avec les télescopes en orbite. Dernière démonstration en date, celle du télescope Keck II. Ce géant, dont le miroir mesure dix mètres de diamètre, est installé avec son jumeau au sommet du Mauna Kea, un volcan endormi sur l’île Hawaii. Le télescope a visé la région du cratère Klaproth, non loin du pôle Sud lunaire. Ce dernier attise les convoitises, en raison de la glace d’eau piégée au fond de ses cratères :

Les deux clichés ont été pris à quelques minutes d’intervalle seulement, illustrant parfaitement la puissance de l’optique adaptative. Grâce à son usage, le Keck II a pu distinguer des détails d’environ 135 mètres de large. Cette performance rivalise avec la résolution du télescope spatial Hubble, ou encore de la caméra grand angle de la sonde LRO. Ce cliché fait désormais partie des images infrarouges de la Lune les plus précises jamais obtenues depuis le sol.

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Dernière nuit d’été aux côtés des planètes Mars et Jupiter

La dernière nuit de l’été était particulièrement belle en Beaujolais, avec les planètes Mars et Jupiter encadrant l’amas de la Crèche.

Des planètes pour terminer l’été :

Le ciel était parfaitement dégagé pour profiter de la dernière nuit d’été. C’est en effet aujourd’hui qu’a lieu l’équinoxe de septembre. Depuis le solstice du 21 juin, les nuits n’ont cessé de rallonger, pour le plus grand plaisir des astronomes. La période septembre-octobre est d’ailleurs particulièrement appréciée des amoureux des étoiles, pour ses nuits tempérées et sombres. Pour ceux qui se lèvent tôt, il y a bien sûr la célèbre constellation d’Orion. Impossible de ne pas y chercher aux jumelles sa célèbre nébuleuse, Messier 42. N’hésitez pas à aller l’admirer sous un beau ciel, en vous laissant guider par la fiche d’observation proposée par Stelvision. Une application comme Stellarium vous permettra également de repérer les planètes les plus brillantes. En fin de nuit, alors que Saturne descend lentement vers l’Ouest, Jupiter et Mars escaladent la voûte céleste côté Est :

Entre les deux planètes, se devine l’amas d’étoiles de la Crèche, niché dans la discrète constellation du Cancer. L’écart entre Mars et Jupiter va se réduire jusqu’à ce qu’elles se croisent, le 16 novembre. Quant à Saturne, invisible sur ce cliché, elle sera au plus près de la Terre le 4 octobre, un événement que je ne manquerai pas de détailler dans les prochaines éphémérides. L’image ci-dessus a été réalisée avec un boîtier Nikon D7100 et un objectif Samyang de 12 millimètres de focale. Pose de 15 secondes à 2000 iso.

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Que fait la comète de Halley sur la Tapisserie de Bayeux ?

Parmi les multiples détails qui ornent la Tapisserie de Bayeux, figure la comète de Halley, dont le passage à cette époque marqua les esprits.

Frise historique inestimable : 

Vous avez dit Tapisserie de Bayeux ? Les puristes vous répondront qu’il s’agit en réalité d’une broderie (que l’on peut désormais explorer en ligne). En effet, elle a été cousue sur un tissu préexistant. Pour justifier du qualificatif de tapisserie, il aurait fallu que l’œuvre soit entièrement réalisée sur un métier à tisser. Mais de quoi parle-t-on exactement ? D’une toile de lin longue de 70 mètres et large de 50 centimètres, brodée par on ne sait qui à la fin du XIe siècle. Elle nous raconte les événements qui se sont déroulés entre Normands et Anglais de 1064 à 1066. Une fresque historique inestimable, qui s’achève par la bataille d’Hastings, remportée par le Normand Guillaume le Conquérant sur Harold II d’Angleterre :

Extrait de la Tapisserie de Bayeux , sur lequel la comète de Halley a été représentée comme un mauvais présage pour Harold II d’Angleterre. © Ville de Bayeux, DRAC Normandie, Université de Caen, CNRS, Ensicaen, La Fabrique de patrimoines en Normandie.

En parcourant la Tapisserie, vous croiserez pas moins de 623 personnages, 994 animaux, un grand nombre de végétaux … et une comète ! Continuer la lecture de Que fait la comète de Halley sur la Tapisserie de Bayeux ? →

Acuter Elite Phoenix, une étonnante lunette solaire

Avec sa lunette Elite Phoenix, la marque Acuter démocratise l’observation du Soleil en H-alpha. Découvrons ce curieux instrument.

Le Soleil revisité :

L’Acuter Elite Phoenix a fait une entrée fracassante dans le monde de l’astronomie amateur. Cette petite lunette permet en effet d’accéder à l’observation du Soleil en H-alpha pour un coût raisonnable (1200 euros). En  se focalisant sur la raie spectrale de l’hydrogène (656 nanomètres), il devient alors possible d’admirer les protubérances, la chromosphère et les filaments solaires :

La lunette Acuter permet de s’adonner aux joies de l’observation du Soleil en H-alpha.

Jusqu’à récemment, il fallait attendre une éclipse totale de Soleil pour profiter brièvement de ces phénomènes. Dans les années 1930, l’invention du coronographe par l’astronome Bernard Lyot a permis de reproduire des éclipses artificielles. Mais l’instrument, délicat à construire et à utiliser, était hors de portée du monde des amateurs.

Pendant longtemps, seules les éclipses solaires permettaient d’entrevoir brièvement les protubérances (en rouge). Éclipse nord-américaine du 8 avril 2024. © Bryon Wiley

Puis les systèmes optiques H-alpha ont fait leur apparition, à des prix prohibitifs, qui s’expliquent par la complexité de leur réalisation. En effet, ces systèmes se composent de trois parties :

  • Un filtre de réjection d’énergie (ERF), constitué de plusieurs dizaines de couches diélectriques, pour éliminer les rayons UV et les IR.
  • Un étalon de Fabry-Pérot, formé de deux lames de verre aux faces planes dotées de couches partiellement réfléchissantes ultra-précises (traitement multicouche hautement réfléchissant).
  • Enfin, un filtre bloquant (BF). Il s’agit d’un filtre interférentiel complexe comportant environ 50 couches (voire plus) déposées sous vide (technologie dichroïque) pour isoler strictement la raie à 656,3 nm.

Pour être complet, signalons enfin l’apparition récente du spectrohéliographe Sol’Ex. S’il démocratise incontestablement l’accès à l’imagerie monochromatique du Soleil, il nécessite de posséder déjà une lunette astronomique.

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Coucher de Soleil éclipsé depuis Saint-Jean-de-Luz

C’est depuis Saint-Jean-de-Luz que j’ai vécu l’éclipse solaire du 12 août 2026, avec un coucher de Soleil mémorable.

Une éclipse à la plage :

Adossée aux Pyrénées, Saint-Jean-de-Luz a les pieds dans l’Océan Atlantique. Ce 12 août, la station balnéaire accueillait le temps d’un soir la plus belle éclipse solaire depuis celle du 11 août 1999. Il faut dire que, dans cette jolie cité, le Soleil devait être occulté à 99,5% ! Un score qui avait retenu toute mon attention. Voilà donc un spectacle qu’habitants et touristes n’ont bien entendu pas voulu manquer. Ils étaient certainement des milliers massés sur la Grande plage pour assister au rendez-vous du Soleil avec la Lune. Alors, pendant une heure environ, armés de lunettes de protection, ils ont pu voir l’astre du jour lentement grignoté :

Dans un ciel devenu peu à peu bleu-gris, le croissant solaire s’est fait minuscule, sans jamais disparaître pour autant. Bien entendu, chacun savait ici qu’il ne vivrait pas la magie d’une éclipse totale. Malgré tout, le spectacle, remarquable, fut salué par des applaudissements, comme un peu partout en France :

Puis les deux astres se sont lentement séparés, et chacun a repris le cours normal de sa vie. Pour autant, le Soleil n’en avait pas fini. Seuls les initiés savaient que, une quarantaine de minutes après son rendez-vous manqué avec la Lune, il allait nous offrir un somptueux coucher. En repérage les soirs précédents, j’avais remarqué qu’il pourrait se glisser derrière le phare de Socoa. Mais encore fallait-il que je me place judicieusement pour jouir de ce spectacle étonnant :

Sachez pour finir que les images de cette mémorable éclipse ont été réalisées avec un boîtier Panasonic FZ 82. J’ai utilisé un filtre pour la première image uniquement (la série de croissants solaires).

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À Céron, un grand gîte accueille les astronomes amateurs

Les astronomes amateurs sont à la recherche de gîtes pour se retrouver et observer. À Céron, un lieu répond parfaitement à leurs besoins.

Point central et ciel noir :

Céron (site internet) possède des atouts pour attirer les observateurs du ciel. Située au centre de la France, cette commune de Saône-et-Loire est éloignée des grosses sources de pollution lumineuse. En outre, elle offre une infrastructure d’accueil idéale : le gîte Le Bois Rond. J’ai eu la possibilité de le découvrir, invité par le club AstroAspach que je remercie. Chaque année depuis une décennie, un groupe d’astronomes amateurs alsaciens y prend ses quartiers d’été. Une semaine pour admirer et photographier le ciel étoilé :

Au gîte Le Bois Rond, seule la Lune est source de pollution lumineuse.

Le gîte, pouvant accueillir jusqu’à vingt personnes, est idéal pour cela. Un grand terrain dégagé vers le Sud, pas d’éclairages malvenus, et d’excellentes conditions d’accueil. On peut notamment citer la piscine, très appréciée en période estivale ! En outre, de grandes salles offrent la possibilité de faire des “manips” diurnes : traitement d’images, réglages du matériel… et discussions interminables ! Le lieu devrait dont retenir l’attention des clubs  et des groupes de passionnés à la recherche d’un endroit pour se retrouver et observer ensemble :

Le gîte Le Bois Rond sous les étoiles. Les astres et les déplacements des observateurs ont laissé des traces lumineuses durant les deux heures qu’a duré le cliché.
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L’inquiétant miroir Eärendil-1 bientôt en orbite ?

Éclairer la nuit avec un miroir en orbite ? C’est ce que devrait être capable de faire Eärendil-1, le pionnier d’une inquiétante flottille. 

La nuit en sursis :

Eärendil-1 emprunte son nom à l’un des personnages imaginaires de J. R. R. Tolkien. Si, dans les textes de l’écrivain britannique, il devient une étoile, il pourrait bien les faire disparaître. Car c’est le nom qu’a choisi Reflect Orbital pour désigner le premier de ses miroirs placés en orbite (à 625 km d’altitude). Objectif : éclairer temporairement des zones terrestres d’environ 5 kilomètres de diamètre avec l’intensité de la Pleine Lune. Sur son site, la société vente les mérites de ce projet : éclairer la nuit des équipes de secours (séismes, incendies…), des chantiers ou encore des centrales solaires. Un éclairage d’appoint payant, bien entendu.

Reflect Orbital prévoit la mise en service de miroirs en orbite. © Montage Cielmania

La FCC (Federal Communications Commission) vient de donner son feu vert pour la mise en orbite du premier miroir (un film réfléchissant de 18 mètres de diamètre). Il devrait être testé dans l’espace d’ici la fin de l’année. Si le premier essai est concluant, Reflect Orbital prévoit la mise en service de 50.000 miroirs d’ici 2035 ! La société assure qu’elle prendra soin d’éviter les “zones d’astronomie“. Pas de quoi rassurer les amoureux des étoiles, déjà inquiets par la prolifération des constellations de satellites…

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1860, 1900, 2026 : éclipses au pays de Don Quichotte

Le 12 août 2026, l’Espagne vivra au rythme d’une éclipse totale de Soleil. Un phénomène qui en rappelle d’autres, survenus au XIXe siècle.

Soleils noirs en Espagne :

Le 12 août 2026, il y aura sans doute beaucoup de monde en Espagne. Admirer le Soleil noir en pleine période de vacances d’été, voilà qui a de quoi mobiliser les passionnés ! De nombreux séjours sont déjà proposés sur le Web pour faire vivre aux voyageurs un peu plus d’une minute d’obscurité en plein jour :

J’ai rassemblé dans cet article toutes les informations concernant cette éclipse. Mais l’Espagne en a connu d’autres dans le passé. Deux ont retenu mon attention, celles du 18 juillet 1860 et du 28 mai 1900 :

Plongeons-nous quelques instants dans l’ambiance de ces deux éclipses totales de Soleil du dix-neuvième siècle qui se déroulent (en partie) dans le pays de Don Quichotte…

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RISTRETTO, un outil pour sonder l’atmosphère des exoplanètes

Le spectrographe à haute précision RISTRETTO sera dédié à l’étude d’exoplanètes proches, comme Proxima b.

Une exoplanète prometteuse :

À un peu plus de 4 années-lumière, Proxima b est à ce jour l’exoplanète la plus proche du Système solaire. Sa découverte a été annoncée en 2016 par l’ESO (lire ici). Elle orbite dans la zone habitable d’une naine rouge, Proxima, située dans la constellation australe du Centaure. Les astronomes pensent que cette exoplanète (d’une masse légèrement supérieure à celle de la Terre) est probablement tellurique. Ils aimeraient donc beaucoup en étudier l’atmosphère. Problème : l’exoplanète est noyée dans l’éclat de son étoile, un million de fois plus lumineuse ! Des chercheurs de l’Université de Genève ont donc mis au point un spectrographe à haute précision, RISTRETTO. L’instrument est actuellement en test à l’observatoire de Haute-Provence :

Tout un symbole, puisque c’est là que les astronomes suisses Michel Mayor et Didier Queloz découvraient la première exoplanète en 1995. une fois testé, RISTRETTO prendra la direction du Chili. Installé derrière l’un des Very Large Telescope, il pourra alors tenter de caractériser l’atmosphère de quelques exoplanètes proches.

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1900 : la Grande lunette, une folie parisienne

La Grande lunette du Palais de l’Optique fut l’une des attractions proposées aux visiteurs de l’Exposition universelle de 1900 à Paris. 

Une nouvelle Exposition à Paris :

En 1900, c’est la cinquième fois que Paris accueille l’Exposition universelle. Onze ans plus tôt, l’édition de 1889 a été marquée par une remarquable réalisation, la Tour Eiffel. Il faut donc frapper fort pour éblouir à nouveau les cinquante millions de visiteurs attendus. L’architecte René Binet se voit confier la construction d’une porte monumentale haute de 45 mètres pour accéder à l’Exposition. Une fois à l’intérieur du site, tapis roulant et train électrique permettent de sillonner facilement les deux cents hectares qui accueillent les différents pavillons :

Plan d’ensemble de l’Exposition universelle de 1900 à Paris. © Gallica
Un pavillon dédié à l’optique :

À l’époque, la société Parra-Mantois, entreprise familiale de renommée mondiale, fabrique des lentilles et des miroirs de très haute qualité. Ils sont ensuite taillés et polis par les frères Henry, dotés d’une habileté prodigieuse. Autant d’atouts qui font rayonner la France dans le domaine de l’optique. Pour symboliser cette réussite, on construit donc un Palais de l’Optique qui s’étend sur 8500 m². Il est situé entre la Tour Eiffel et l’avenue de Suffren. C’est là qu’est installé le Grand globe céleste, ancêtre du planétarium. On vient y admirer le ciel étoilé dans une sphère métallique de 45 mètres de diamètre :

Représentation du Grand globe céleste. © Musée Carnavalet

Mais l’attraction principale du pavillon reste sans conteste la Grande lunette.  Le projet, soutenu par le député François Deloncle, est destiné à montrer aux visiteurs “la Lune à un mètre”. Continuer la lecture de 1900 : la Grande lunette, une folie parisienne →

La sonde Giotto survolait la comète de Halley il y a 40 ans

C’est au mois de mars 1986 que la sonde européenne Giotto s’approcha à moins de 600 km du noyau de la célèbre comète de Halley.

La plus célèbre des comètes :

Certains d’entre vous se souviennent sans aucun doute du mois de mars 1986 et du dernier passage de la comète de Halley. Elle était devenue célèbre à partir du XVIIIème siècle grâce à Edmond Halley. Cet astronome britannique avait reconnu la périodicité de l’astre chevelu (76 ans) dont les hommes consignaient les passages depuis 611 avant J.-C. Jusqu’à récemment, les comètes inspiraient la peur. D’ailleurs, lors du dernier passage de 1910, on annonça la fin du monde. Il se trouve que les scientifiques avaient calculé que la Terre devait traverser la queue de la comète de Halley (calculs faux d’ailleurs). Et justement, on y avait détecté un gaz mortel, le cyanogène ! En réalité la proportion de ce gaz était beaucoup trop faible pour être inquiétante.

Représentation de la sonde Giotto et de la comète de Halley en 1986. © ESA

En 1986, tous les scientifiques attendaient donc avec impatience le retour de la plus célèbre des comètes. Son passage fut peu spectaculaire, mais pas moins de cinq sondes furent envoyées à sa rencontre. Outre les soviétiques Vega 1 et 2, il y eu Suisei et Sakigake pour les Japonais, ainsi que Giotto pour les Européens. Continuer la lecture de La sonde Giotto survolait la comète de Halley il y a 40 ans →

À l’Observatoire d’Odessa, la science face à la guerre

Depuis le début de la guerre en Ukraine, l’Observatoire d’Odessa tente de préserver ses activités, ainsi qu’un riche patrimoine.

Riche passé :

Odessa, ville portuaire sur la Mer Noire, accueille un observatoire astronomique depuis plus de 150 ans. Dans ce reportage, on apprend qu’il a ouvert ses portes le 15 août 1871, six ans après la fondation dans la ville (alors russe) d’une université voulue par le tsar Alexandre II. À la fin du XIXe siècle, l’observatoire a été équipé d’un réfracteur de 165 millimètres de diamètre réalisé par l’entreprise T. Cooke et Fils. Restaurée il y a quelques années, cette belle lunette sert désormais pour les observations publiques :

Mykola Koshkin, le directeur actuel, derrière la lunette de 165 millimètres. © O. Naselenko

Plusieurs télescopes ont ensuite été mis en service durant le XXe siècle. L’observatoire a connu un essor important, sous la houlette de son directeur Volodymyr Tsesevitch (1907-1983), spécialiste des étoiles variables. À tel point que l’institution employait jusqu’à 150 personnes dans les années 1970. Mais surtout, l’observatoire a accumulé plus de cent mille clichés célestes durant un siècle. Des trésors, dont un certain nombre sous forme de plaques en verre recouvertes d’une émulsion photosensible. Continuer la lecture de À l’Observatoire d’Odessa, la science face à la guerre →

Clap de fin pour le célèbre “Guide du ciel”

L’auteur scientifique Guillaume Cannat prend sa retraite, mettant fin à plusieurs décennies de publications, dont le fameux Guide du ciel.

De la belle vulgarisation :

En trois décennies, le Guide du ciel était devenu un ouvrage incontournable pour tous les amoureux du ciel. Accompagnant chaque sortie nocturne, il fourmillait d’idées d’observations. Riche en conseils, il était également orné de très nombreux schémas simulant les différents événements célestes. J’en ai moi-même conservé un certain nombre d’exemplaires. Une fois “périmés”, ils se sont retrouvés sagement rangés dans ma bibliothèque.

Depuis plus de 30 ans, les ouvrages de Guillaume Cannat accompagnent les astronomes amateurs et les curieux du ciel, en particulier son incontournable Guide. © CIELMANIA

Cette aventure a débuté en 1994 pour son auteur, Guillaume Cannat. Passionné d’astronomie, il décide alors d’en vivre. Entre écriture d’ouvrages, animations et sensibilisation du public, Guillaume Cannat s’impose peu à peu comme une personnalité incontournable de la vulgarisation scientifique en France.  Une action qui lui vaut d’avoir désormais son nom accroché au firmament, avec l’astéroïde (22512) Cannat. Parallèlement, il observe et photographie inlassablement le ciel nocturne. Pour assouvir sa passion, il n’hésite pas à construire ou faire construire différents instruments d’observation. Dernier en date, un impressionnant télescope de 76 centimètres de diamètre :

Guillaume Cannat explore le ciel avec un télescope géant. © Guillaume Cannat

Aujourd’hui, après 88 livres publiés (dont 31 éditions pour le Guide du ciel) et de très nombreux billets sur son blog Autour du ciel, Guillaume a décidé de tourner la page. Il veut désormais pouvoir se consacrer entièrement à l’observation des astres et de la nature, au cœur des Cévennes, région qu’il affectionne tant. Souhaitons-lui encore de très nombreuses nuits étoilées !

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Ces étudiants français vivent (presque) sur la planète Mars

Un groupe d’étudiants de l’ISAE-SUPAERO a rejoint la Mars Desert Research Station dans l’Utah pour y simuler un séjour martien.

Comme sur la Planète rouge :

Ils sont sept étudiants de l‘Institut Supérieur de l’Aéronautique et de l’Espace. Leur école d’ingénieurs, installée à Toulouse, a notamment formé l’astronaute française Sophie Adenot, actuellement en mission à bord de l’ISS. Les sept chanceux sélectionnés constituent désormais l’équipage 330 :

Ils viennent de rejoindre le désert de l’Utah aux Etats-Unis, plus exactement la Mars Desert Research Station. Construite au début des années 2000, la MDRS est un laboratoire de recherche. Géré par la Mars Society, il accueille chaque année des étudiants de l’ISAE-SUPAERO, mais pas seulement. Ce sont en effet plus de 270 équipages qui s’y sont succédés en un quart de siècle. Au cours de missions qui durent quelques semaines, les participants peuvent s’entraîner à simuler les conditions de vie sur la Planète rouge :

Durant leur séjour, les sept étudiants de l’ISAE-SUPAERO vont pouvoir effectuer différentes recherches. Quinze expériences scientifiques  et démonstrations technologiques sont programmées, à découvrir ici. Leur séjour (partagé dans des rapports de mission) sera aussi l’occasion de tester la cohésion de leur groupe dans un espace confiné. Le tout dans les paysages ocres de l’Utah, rappelant irrésistiblement ceux de la planète Mars :

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2025, une année riche en astrodessins

L’année qui s’achève a été pour moi l’occasion de réaliser de nombreux astrodessins avec différents instruments.

Une technique peu coûteuse :

Vous le savez sans doute, je suis un grand adepte des astrodessins. J’ai d’ailleurs eu plusieurs fois l’occasion de vous en présenter dans ces colonnes. Il y a ceux d’illustres prédécesseurs, comme par exemple Lucien Rudaux ou Hugh Percy Wilkins. D’autres sont des contemporains : Steeven Chapados, Michel Deconinck, Laurent Oumar ou encore Laurent Ferrero. Ils sortent régulièrement crayons ou pinceaux pour croquer les spectacles célestes. Les comètes sont souvent leur sujet de prédilection, tant ces astres sont fascinants et changeants. Regardez par exemple ce que certains ont fait à l’occasion du passage de C/2023 A3 Tsuchinshan-ATLAS :

Observation aux jumelles 12X80 de la comète C/2023 A3. © Jean-Baptiste Feldmann

Je me suis amusé à feuilleter mes différents carnets de croquis pour l’année qui s’achève. L’occasion de découvrir que j’avais tout de même réalisé plus de 130 astrodessins ! Taches solaires, cratères lunaires, comètes, objets du catalogue Messier, les sujets étaient nombreux et variés. Il faut dire que la technique est rapide à mettre en œuvre, idéale pour de courtes séquences d’observations. Sans parler de son coût, dérisoire comparé à celui de l’astrophoto ! Petit aperçu de l’année écoulée, obtenu aux jumelles ou avec un télescope   :

Après des essais au crayon à papier et à la craie, j’utilise désormais des feutres à dessin noirs, pointes O,4 et 0,8 millimètre.

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La nébuleuse du Crabe nous fascine depuis un millénaire

Nichée dans la constellation du Taureau, la célèbre nébuleuse du Crabe n’en finit pas d’être revisitée par les astronomes.

Spectacle dans le Taureau :

La nébuleuse du Crabe, premier objet du catalogue Messier, déploie ses filaments de gaz depuis près de mille ans. Elle est presque aussi célèbre que ses voisins les Hyades et des Pléiades. Mais à la différence de ces deux amas d’étoiles visibles à l’œil nu, il faut un télescope pour admirer la nébuleuse. En voici une photographie réalisée par l’astronome amateur Bernard Lesourd :

L’histoire de cette nébuleuse débute dans les années 1920. C’est à cette époque que l’astronome suédois Knut Lundmark en découvre la trace dans un traité d’astronomie chinoise. L’ astrologue impérial Yang Wei-Te y a méticuleusement consigné l’apparition d’une “étoile invitée” durant l’été 1054. On y apprend que l’astre était particulièrement brillant, au point de rester visible la journée pendant presque un mois! Continuer la lecture de La nébuleuse du Crabe nous fascine depuis un millénaire →

NAROO déchiffre les images astronomiques anciennes

Le centre de numérisation NAROO révèle la richesse des anciennes plaques photographiques qui dorment dans les observatoires. 

Scanner les vieux clichés pour les faire parler :

Grâce à NAROO, les anciennes astrophotographies réalisées dans les observatoires vont enfin dévoiler tous leurs secrets. Ce centre de numérisation (New Astrometric Reduction of Old Observations) a vu le jour à l’Observatoire de Paris-Meudon. On peut y scanner en haute résolution les anciens clichés du ciel nocturne, des plaques en verre recouvertes d’une émulsion photo-sensible. C’est en effet le procédé qui a été utilisé dans les observatoires pendant plus d’un siècle avant l’arrivée des récepteurs électroniques. Ces plaques, une fois scannées, révèlent toute leur richesse :

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En vidéo : l’astrophoto à distance, comment ça marche ?

De plus en plus d’astronomes amateurs se tournent vers l’astrophoto à distance. Cédric Humbert nous explique ce choix.

À la recherche du ciel perdu :

L’astrophoto à distance a le vent en poupe. Il suffit pour s’en convaincre d’observer le développement des fermes de télescopes. Ces structures accueillent plusieurs dizaines de télescopes automatisés. Des instruments que leurs propriétaires pilotent depuis chez eux, parfois à plusieurs milliers de kilomètres. La plus grande de ces fermes, Starfront Observatories, se trouve au Texas. Là-bas, près de 800 instruments sont opérationnels dans une quinzaine de hangars. Sur place, des techniciens résolvent toutes les petites et grosses avaries que leurs clients rencontrent au cours de leurs séances d’imagerie. C’est là que Cédric Humbert, alias AstroBerto54, a décidé d’installer sa lunette. Un choix imposé par une météo capricieuse et une pollution lumineuse qui mettent à rude épreuve les nerfs de ce Lorrain passionné d’astrophoto. Après une année d’imagerie au Starfront Observatories, il dresse un premier bilan :

C’est une évolution de l’astronomie amateur qui répond à un engouement certain pour l’astrophoto. Engouement qui n’empêche pas de passer quelques belles nuits sous les étoiles dans des lieux encore préservés, comme la Réserve internationale de ciel étoilé du Morvan.

Nuit d’astronomie dans la Réserve de ciel étoilé du Morvan. © Jean-Baptiste Feldmann
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Soleils noirs, des rendez-vous exceptionnels en 2026 et 2027

Les Soleils noirs de 2026 et 2027 s’annoncent comme des rendez-vous incontournables pour tous les amoureux du ciel et de ses spectacles.   

Spectacles inoubliables :

Les Soleils noirs, ce sont ces quelques minutes indescriptibles où le Soleil disparaît entièrement lors d’une éclipse totale. C’est également le titre du dernier livre de Jean-Marc Lecleire, expert en optique et astronome amateur. Un ouvrage spécialement rédigé à l’intention de tous ceux qui voudront profiter des deux prochaines éclipses de Soleil, le 12 août 2026 et le 2 août 2027. Des éclipses, qui, par chance, seront totales en Espagne ou en Afrique du Nord. Pour les habitants de la métropole, il y aura donc deux excellentes raisons de faire le déplacement, qui plus est en pleine période estivale ! Et si vous choisissez de rester en France, l’auteur vous donne toutes les informations pour profiter du spectacle sans danger :

Rappelons que la dernière éclipse totale de Soleil en France s’est produite le 11 août 1999. Quant à la prochaine, il faudra patienter jusqu’au 3 septembre 2081 ! Continuer la lecture de Soleils noirs, des rendez-vous exceptionnels en 2026 et 2027 →