Archives pour la catégorie Les hommes et le ciel

La comète ZTF croquée par une astrodessinatrice

Vous observez la jolie comète ZTF et vous souhaitez garder un souvenir de cet instant exceptionnel ? Il vous suffit de la dessiner !

Souvenir impérissable :

Si la météo veut bien vous permettre d’admirer la comète ZTF en ce début d’année, vous aurez envie d’en garder un souvenir. Tout le monde n’étant pas astrophotographe, vous pouvez choisir de dessiner ce que vous voyez. Prenez exemple sur Leonor Ana Hernandez : elle a choisi de croquer la comète aux jumelles et au télescope. Avec des jumelles 11X70 (grossissement de onze fois pour un diamètre de 70 millimètres) installées sur trépied, elle a pu représenter l’aspect général de la comète au milieu des étoiles du Dragon  :

Pour détailler la chevelure autour du noyau de la comète, elle avait à sa disposition un gros télescope de 77 centimètres de diamètre. Mais rien n’empêche d’utiliser un télescope beaucoup plus petit comme celui-ci :

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Spectacle étonnant : la comète ZTF et l’Etna enneigé

En Sicile, l’astrophotographe Dario Giannobile a capturé l’étonnant spectacle de la comète ZTF à côté du sommet de l’Etna enneigé.

Spectacle glacé :

On attendait les premières images de la comète ZTF au-dessus d’un beau paysage. C’est l’astrophotographe Dario Giannobile (voir son site internet) qui inaugure magnifiquement ce thème avec un cliché composite de l’astre chevelu et de l’Etna sous la neige. L’image, de toute beauté, a nécessité quelques efforts, largement récompensés par le résultat. Sur sa page Facebook, le photographe nous raconte cette nuit mémorable :

Nous avons actuellement la chance de pouvoir assister au spectacle offert par la comète ZTF en transit près du pôle Nord céleste. Ce n’est pas facile de l’admirer, mais tout ce dont vous avez besoin, c’est de vous équiper d’une paire de jumelles. Avec un peu de patience, vous pourrez distinguer l’éclat de sa chevelure et de sa queue. Continuer la lecture

Peut-on choisir son premier télescope sans se tromper ?

Le choix d’un premier télescope est toujours délicat : comment ne pas se tromper ? Je me propose de vous guider dans votre recherche.

Le grand saut :

C’est décidé, vous allez acquérir votre premier télescope ! Vous connaissez les constellations que vous repérez sans souci. Explorer le ciel nocturne avec une paire de jumelles ne vous fait pas peur. Vous avez peut-être même déjà pointé la Lune et les planètes avec une longue-vue. La passion s’est installée progressivement, et maintenant vous avez envie de franchir le pas. Désormais, c’est vers les télescopes que vous lorgnez. Mais voilà : comment s’y retrouver devant la multitude des instruments proposés ? Comment être sûr que ce premier télescope sera facile à utiliser ?

Un bon télescope est un télescope que l’on sort souvent ! © Jean-Baptiste Feldmann

On ne compte plus les instruments d’astronomie qui ont découragé leurs acquéreurs, trop complexes à monter et à régler. Je vais donc vous donner quelques pistes pour vous guider dans votre choix. Continuer la lecture

Télescope géant européen : l’E-ELT sort de terre

Sur le sommet chilien du Cerro Armazones, le bâtiment qui soutiendra l’immense coupole du futur télescope géant E-ELT prend forme.

Un géant sous le ciel du Chili :

L’E-ELT (European Extremely Large Telescope) est le dernier fleuron de l’Observatoire européen austral (ESO). Alors que le JWST explore l’Univers depuis l’espace, l’Europe a entamé la construction d’un télescope terrestre géant. Avec cet instrument gigantesque, les astronomes pourront observer l’Univers en lumière visible et dans l’infrarouge. Dans un premier temps, il avait été envisagé de le construire aux Canaries. En effet, cet archipel situé au large du Maroc compte déjà deux grands observatoires, dont le GTC. Mais c’est un sommet des Andes chiliennes qui a finalement été retenu. Il s’agit du Cerro Armazones :

Cette montagne culmine à 3.000 mètres d’altitude dans le désert d’Atacama. Et c’est à une vingtaine de kilomètres de là que se trouve un autre observatoire de l’ESO, le Very Large Telescope. Continuer la lecture

Des télescopes observent le ciel du peuple Mapuche

Au Chili, l’observation du ciel nocturne avec de grands télescopes s’inscrit dans une longue tradition initiée par le peuple Mapuche. 

Peuple de la terre :

Le peuple Mapuche regroupe un certain nombre de communautés installées depuis des siècles dans la Cordillère des Andes. On estime aujourd’hui qu’ils sont deux millions. 10% vivent en Argentine, le reste se trouve au Chili. Bien que le terme Mapuche signifie Peuple de la terre, ces femmes et ces hommes n’ont pas manqué de lever les yeux au ciel. Comme c’est le cas pour tous les peuples autochtones, l’absence de pollution lumineuse et d’écrans leur a permis de tisser des liens forts avec le Cosmos. Des siècles d’observation sont à l’origine d’une cosmogonie originale :

Famille Mapuche au début du XXe siècle. © Wikipedia

La transmission d’une culture essentiellement orale nous en a légué quelques bribes. Ancêtres, animaux, plantes et même quelques objets sont inscrits dans le ciel des Mapuches. Certains astres y tenaient également une place importante. Continuer la lecture

Une éclipse a précipité la chute de Constantinople en 1453

Longtemps incomprises, les éclipses ont marqué le cours de l’Histoire. Ce fut le cas à l’occasion du siège de Constantinople en 1453. 

Une ville convoitée :

Constantinople est fondée en l’an 330 par l’empereur Constantin 1er. Il a prévu d’en faire la capitale de l’Empire romain d’Orient, délaissant Rome, en pleine décadence. Construite sur les ruines de l’antique Byzance, Constantinople occupe en effet une position stratégique. La nouvelle capitale, qui commande l’accès à la mer Noire, est également le point de jonction entre deux grandes voies militaires, l’une venant de Rome et l’autre d’Ankara :

Un monastère moldave conserve cette fresque représentant la ville de Constantinople.

Très bien protégée par ses murailles et sa position géographique (elle est en grande partie entourée par la mer), la ville résiste à de nombreux sièges pendant plusieurs siècles. Elle finit par être mise à sac en 1204 par les troupes chrétiennes qui composent la Quatrième croisade. Différents empereurs latins vont ensuite la reconstruire et la diriger, mais la ville intéresse également les Turcs ottomans qui ont peu à peu conquis toute l’Asie Mineure. Ils tentent à plusieurs reprises de s’en emparer. Continuer la lecture

Un grand télescope permet d’explorer le ciel du Morvan

Il est désormais possible d’admirer l’Univers à l’aide d’un grand télescope sous le beau ciel étoilé du Parc Naturel Régional du Morvan.

Une future Réserve de ciel étoilé :

Le Parc Naturel Régional du Morvan (site internet) se situe au cœur de la région Bourgogne-Franche-Comté. Idéalement placé entre Paris et Lyon, le PNR est riche de ses lacs et forêts. Ceux qui aiment le patrimoine culturel pourront découvrir de nombreux édifices à visiter, comme l’Abbaye de la Pierre qui Vire, le Château de Bazoches ou encore la Basilique de Vézelay. Cette dernière est le point de départ de l’une des principales voies de pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, la Via Lemovicensis :

Vézelay et sa basilique, but incontournable d’un séjour dans le Morvan. © O.T. de Vézelay

Les amoureux des nuits étoilées y trouvent également leur compte. Le Morvan est l’une des rares régions françaises à échapper à une envahissante pollution lumineuse. Porté par le PNR et de nombreuses associations, un projet de Réserve de ciel étoilé est d’ailleurs à l’étude. Il a pour but de préserver les nuits noires et d’en faire un enjeu touristique. Continuer la lecture

L’incroyable histoire d’un télescope géant en Irlande

Construit en 1845 en Irlande, le Léviathan resta le plus grand télescope du monde (1,83 mètre de diamètre) jusqu’en 1917. 

La passion d’un comte :

Il fut un temps au XIXe siècle, où le plus grand télescope du monde se trouvait en Irlande. À deux heures de route de Dublin, près de la ville de Birr, vivait William Parsons, troisième comte de Rosse. Ce riche astronome irlandais avait décidé de construire un télescope de 1,83 mètre de diamètre. Il supplanta alors celui de 1,20 mètre réalisé en 1789 par William Herschel.

William Parsons, troisième comte de Rosse. © Christine Sasiad

En 1839, William Parsons disposait déjà d’un télescope de 92 centimètres de diamètre. Son miroir avait été coulé dans un mélange de cuivre et d’étain. Trois ans plus tard, il décida de réaliser un miroir deux fois plus grand. Le premier miroir se brisa. Par prudence, le comte en fit recouler deux autres. L’instrument, le Léviathan, entra en service en 1845, au moment de la Grande Famine. Continuer la lecture

Au Rajasthan, on a vu le Soleil se coucher partiellement éclipsé

Le photographe Abhinav Singhai a immortalisé le coucher du Soleil partiellement éclipsé le 25 octobre 2022 au Rajasthan. 

À l’Ouest de l’Inde :

Le Rajasthan est le plus grand d’une mosaïque de trente-six États et territoires qui constituent l’Inde. Il se situe à l’Ouest du pays, à la frontière avec le Pakistan. Le Rajasthan est célèbre pour ses palais et ses forts, vestiges des nombreux royaumes qui se sont longtemps disputés la région. Le plus grand de ces forts est celui de Chittorgarh. S’étendant sur 280 hectares, il est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Chaque fois qu’ils ont été assiégés dans le passé, les habitants du fort ont fait le choix de se donner la mort par le feu plutôt que de se rendre :

Une partie du fort de Chittorgarh avec la Tour de la Victoire (Vijaya Stambha). © Wikipedia

Le site est dominé par deux tours, la Tour de la Renommée (Kirti Stambha), haute de 22 mètres, et la Tour de la Victoire (Vijaya Stambha), haute de 37 mètres. Continuer la lecture

On a retrouvé des fragments du catalogue d’étoiles d’Hipparque

Des extraits d’un célèbre catalogue d’étoiles attribué à Hipparque seraient cachés dans un manuscrit chrétien médiéval.  

Hipparque, père de l’astronomie :

L’astronome grec Hipparque (190-120 avant J.-C.) est considéré comme le premier astronome de l’Histoire. Son œuvre est considérable. Il est surtout connu pour avoir établi le premier catalogue astronomique contenant la position et la magnitude de nombreuses étoiles. Mais il avait également pressenti que les étoiles naissent, se déplacent au cours de leur vie et finissent par mourir. Mathématicien, il s’appuya sur la trigonométrie et des observations antérieures pour développer une méthode fiable de prédiction des éclipses. Tous ses travaux étaient réunis dans une quinzaine d’ouvrages dont il était l’auteur :

Hipparque est considéré comme le premier astronome de l’Histoire. © Christine Sasiad

Mais de tout cela, nous n’avons que des évocations dans les écrits de ses successeurs. C’est surtout l’astronome grec Claude Ptolémée, trois siècles plus tard, qui nous a révélé l’immense travail de son illustre prédécesseur. Seuls trois ouvrages d’Hipparque nous sont parvenus, mais rien sur le fameux catalogue. Jusqu’à une singulière découverte…  Continuer la lecture

ISS : l’incroyable photo prise par un télescope terrestre

Pourrait-on photographier la Station spatiale avec netteté alors qu’elle file à 28.000 km/h ? Réponse avec cet incroyable cliché. 

Meccano géant au-dessus de nos têtes :

La Station spatiale internationale (ISS en anglais pour International Space Station) circule à environ 400 kilomètres au-dessus de nos têtes. Elle est le fruit d’une coopération entre les agences spatiales américaine, européenne, japonaise et canadienne. L’assemblage de cette structure de plus de 300 tonnes grande comme un terrain de football a commencé en 1998. Elle est occupée en permanence par des astronautes qui la rejoignent désormais avec la capsule Crew Dragon :

Passage de l’ISS au crépuscule du côté de la Lune et de Vénus. © Jean-Baptiste Feldmann

Il est très facile de suivre régulièrement à l’œil nu le déplacement dans le ciel de l’ISS. La Station est en effet aussi brillante que Jupiter en raison de ses nombreux panneaux solaires qui renvoient la lumière du Soleil vers nous. Il suffit pour cela de connaître ses heures de passage au-dessus d’un lieu donné en consultant le site Heavens Above. Continuer la lecture

Jupiter : l’image exceptionnelle d’un amateur français

À l’occasion du passage de Jupiter au plus près de la Terre, l’astronome amateur français Philippe Cambre a réalisé une incroyable photo.

Une opposition favorable :

Au cours du mois écoulé, chaque astronome amateur a espéré réaliser une belle image de l’opposition de Jupiter. En effet, celle-ci s’est produite il y a quelques jours, le 26 septembre 2022. La planète gazeuse géante se trouvait alors à 591 millions de kilomètres de nous. La cinquième planète du Système solaire nous présentait un diamètre apparent de 49,8 secondes d’arc et brillait d’une magnitude de -2,9. Autant dire qu’on pouvait la repérer sans peine au milieu des étoiles chaque nuit :

Lors de chaque opposition, l’éclat de la planète géante Jupiter dépasse celui de toutes les étoiles (comme sur ce cliché réalisé à l’opposition 2019). © Jean-Baptiste Feldmann

Mais en imagerie planétaire, la distance de l’astre pointé n’est pas forcément le paramètre le plus important. Sa hauteur au-dessus de l’horizon est également primordiale. Plus l’astre est haut, moins son image est dégradée par la turbulence atmosphérique. Continuer la lecture

Insolite : les (fausses) nébuleuses de l’artiste Kevin Matagne

Artiste touche-à-tout, l’astrophotographe belge Kevin Matagne crée d’étonnantes images numériques de fausses nébuleuses. 

Artiste protéiforme :

Comment définir Kevin Matagne ? Sa biographie sur le site du Théâtre Denise-Pelletier nous offre déjà un bel aperçu de ses compétences. On y apprend que “Kevin Matagne (accessoires, vidéo, régie et photo) est designer et artiste polyvalent. Ces dernières années, il a été laborantin, restaurateur de meubles, programmeur, web designer, professeur de photographie… Il peut tout faire et on peut donc lui demander n’importe quoi.” Si on retrouve son nom dans ce théâtre canadien, c’est parce qu’il fait partie de la troupe du spectacle belge La convivialité. Mais ce que ne dit pas cette glorieuse présentation, c’est qu’il est également astronome amateur :

La nébuleuse de la Méduse dans la constellation des Gémeaux. © Kevin Matagne

Observant le ciel avec un télescope de 35 centimètres, il a vite été limité par la pollution lumineuse autour de Bruxelles. Qu’à cela ne tienne, il s’est lancé avec succès dans l’astrophotographie. Et l’on peut découvrir ses débuts très prometteurs sur son compte Facebook. Continuer la lecture

M83 : quinze amateurs s’unissent pour un magnifique portrait

Quinze astronomes amateurs ont mis en commun leurs compétences pour réaliser une superbe image de la galaxie spirale M83.

Une galaxie flamboyante :

M83 (NGC 5236) est une galaxie spirale intermédiaire vue de face et située dans la constellation australe de l’Hydre. Elle se trouve à environ 15,2 millions d’années-lumière de la Voie lactée et ressemble beaucoup à la galaxie du Moulinet, M101. C’est pour cette raison que M83 est parfois appelée la galaxie australe du Moulinet. Elle a été découverte en 1752 par Nicolas-Louis de Lacaille. La même année, cet astronome français dénichait également la célèbre nébuleuse de la Carène. En 2014, le télescope spatial Hubble avait immortalisé cette galaxie :

La galaxie australe du Moulinet (NGC 5236) photographiée en 2014 par le télescope spatial Hubble. © NASA/ESA/The Hubble Heritage Team (STScI/AURA)

Mais comment rivaliser avec les grands télescopes professionnels pour tirer le portrait de cette flamboyante galaxie ? C’est le projet un peu fou qui a mobilisé quinze astronomes amateurs italiens. Continuer la lecture

Célèbre chasseur de comètes, Donald Machholz est décédé

L’astronome amateur américain Donald Machholz, connu pour avoir découvert douze comètes visuellement, est mort le 9 août 2022.

Un incroyable observateur :

Son épouse l’a annoncé sur ses comptes Twitter et Facebook :  Donald Machholz est décédé le 9 août 2022 des suites du Covid-19 à l’âge de 70 ans. Cet astronome amateur californien restera célèbre pour les douze comètes qui portent son nom, toutes dénichées visuellement. Sa dernière découverte remonte au 7 novembre 2018. À l’époque, Donald Machholz avait repéré l’astre chevelu de magnitude 10 à l’aide d’un télescope de 47 centimètres de diamètre. Un exploit à l’heure des instruments automatisés qui scrutent la totalité de la voûte céleste chaque nuit :

Donald Machholz pose ici à côté d’une paire de jumelles dédiée à la recherche de comètes.

Il partageait cette dernière découverte avec les japonais S. Fujikawa et M. Iwamoto, d’où le nom donné à l’astre chevelu : C/2018 V1 Machholz–Fujikawa–Iwamoto. Continuer la lecture

En vidéo : la Station spatiale et la grande tache solaire AR 3038

Le 24 juin, l’astrophotographe Denis Huber a filmé le transit de la Station spatiale à proximité de la grande tache solaire AR3038. 

Une tache impressionnante :

La tache solaire AR3038 a beaucoup fait parler d’elle ces derniers jours. Mais bien que 2,5 fois plus grande que la Terre, elle n’a pas produit d‘éruption majeure dans notre direction. Notre étoile tournant sur elle-même (en 25 jours environ au niveau de l’équateur), les taches défilent sous les yeux des astronomes puis disparaissent. Le 24 juin, alors que AR3038 approchait du bord, on pouvait assister à un passage de la Station spatiale devant le Soleil depuis Cannes :

L’astrophotographe Denis Huber (voir son compte Instagram) a immortalisé ce transit à l’aide d’un boîtier Canon 90D en mode vidéo fixé au foyer d’un télescope Meade Lx90. Continuer la lecture

Éclipses de Soleil : aux USA, deux États défient les statistiques

L’Illinois et le Texas font rêver les astronomes : deux éclipses de Soleil y sont observables en peu de temps, un fait rarissime.

Différents types d’éclipses :

Les éclipses de Soleil sont parmi les plus beaux spectacles astronomiques. Elles se produisent en raison d’une coïncidence fortuite : la taille apparente de la Lune est presque identique à celle du Soleil. Lorsque le Soleil, la Lune et la Terre sont parfaitement alignés, la Lune se trouve donc devant le Soleil. Si la Lune est proche de nous, son diamètre apparent est plus important et elle recouvre complètement le disque solaire. On assiste alors à une éclipse totale de Soleil :

Exemple d’une éclipse totale de Soleil : la Lune masque entièrement notre étoile. © Rick Fienberg / TravelQuest International / Wilderness Travel

Si la Lune est à l’apogée, au point le plus éloigné de son orbite terrestre, sa taille apparente est plus petite. Elle ne couvre donc pas entièrement le disque solaire, laissant un mince anneau de lumière. C’est ce qu’on appelle une éclipse annulaire :

Exemple d’une éclipse annulaire : la Lune ne masque qu’une partie du Soleil. © Stefan Seip
Phénomène exceptionnel :

Pour assister à une éclipse totale ou annulaire, les observateurs doivent se placer dans une étroite bande de terrain. En dehors de cette bande de centralité, ils n’observent qu’une éclipse partielle de Soleil. Selon les experts de la NASA, il faut attendre en moyenne 375 ans pour revoir une éclipse totale ou annulaire de Soleil en restant au même endroit. Voilà qui explique pourquoi les passionnés sont dans l’obligation de parcourir plusieurs milliers de kilomètres chaque fois qu’ils veulent en admirer une.

L’observation des éclipses de Soleil est un spectacle extraordinaire, à suivre avec les précautions qui s’imposent. © Mark Margolis / Rainbow Symphony

Pourtant, deux États américains viennent bouleverser ces statistiques. Dans l’Illinois et le Texas, les délais entre deux éclipses de Soleil sont étonnamment plus courts qu’ailleurs !

Terres d’éclipses :

À Carbondale, dans le sud de l’Illinois, les chasseurs d’éclipses ont assisté à un premier spectacle le 21 août 2017. Ils revivront les mêmes sensations à l’occasion de l’éclipse totale de Soleil du 8 avril 2024 :

Plus au sud, du côté de San Antonio au Texas, les rendez-vous sont fixés au 14 octobre 2023 pour une éclipse annulaire, puis au 8 avril 2024 :

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Turbulence atmosphérique : des lasers pour les astronomes

On les voit de plus en plus dans les observatoires. Mais à quoi servent donc les lasers qui déchirent le ciel au-dessus des télescopes ?

Des images floues :

Les étoiles, dont la lumière met au minimum plusieurs années avant de nous parvenir, sont des sources de lumière ponctuelles. Nous les voyons scintiller en raison des mouvements permanents et imprévisibles de notre atmosphère. Si nous essayons d’amplifier l’image de ces astres plusieurs dizaines ou plusieurs centaines de fois à l’aide d’un télescope, nous obtiendrons des images brouillées. Le résultat sera donc très éloigné des caractéristiques optiques théoriques qu’on pourrait attendre de nos instruments.

Un faisceau laser s’échappe d’un des 4 télescopes qui composent le VLT. © Yuri Beletsky

Depuis plusieurs décennies, les astronomes professionnels ont trouvé une façon élégante de contrer les méfaits de la turbulence atmosphérique en développant l’optique adaptative. Le principe, simple en théorie, consiste à analyser les déformations subies par la lumière d’une étoile-guide, et à corriger ces déformations en modifiant très rapidement et très fréquemment la surface du miroir du télescope.  Continuer la lecture

Observer Sirius B, un défi pour les astronomes amateurs

La plus brillante étoile du ciel possède un discret compagnon, Sirius B. Les astronomes amateurs pourront tenter de le repérer cette année.

Un couple stellaire étonnant :

Pas facile de vivre en couple avec une star, comme le prouve Sirius B, une naine blanche de magnitude 8,4. Invisible à l’œil nu, elle tourne en un peu plus de 50 années autour de sa célèbre et éclatante voisine, Sirius A. Cette dernière, Alpha Canis Majoris, est en effet la plus brillante étoile du ciel nocturne (magnitude -1,5). Dans l’Égypte antique, son apparition à la fin de l’été marquait le début des crues du Nil. Tout amoureux des étoiles pourra vous montrer Sirius A dans le prolongement de la Ceinture d’Orion :

Sirius est visible dans le prolongement de la Ceinture d’Orion. © Jean-Baptiste Feldmann

Mais peu d’astronomes amateurs peuvent se targuer d’avoir observé ou photographié Sirius B. Une situation qui pourrait évoluer, puisque le discret compagnon est actuellement au plus loin de son éclatant voisin stellaire. Continuer la lecture

Portrait : Yannick Le Garrec, le ciel nocturne en partage

Depuis plus de 25 ans, Yannick Le Garrec invite tous les publics à découvrir les beautés du ciel nocturne à travers ses télescopes. 

Naissance d’une passion :

Il suffit parfois d’un livre pour faire basculer le destin d’un jeune garçon. En 1977, Yannick Le Garrec, jeune collégien de 11 ans, met la main sur un ouvrage de Philippe de La Cotardière, écrivain et journaliste scientifique. Après cette lecture, Yannick se lance dans l’observation du ciel avec une paire de jumelles, tout en écoutant les émissions radiophoniques de Pierre Kohler. À cette époque, il découvre également la photographie argentique. Peu après, il s’inscrit au club d’astronomie de son lycée, où il participe à la taille d’un miroir de télescope.

Pour Yannick Le Garrec, photographie et astronomie sont indissociables. Chaque fois qu’il le peut, il va photographier les spectacles du ciel nocturne. © Jean-Baptiste Feldmann

En 1992, sa femme lui offre un télescope 115/900. Trois ans plus tard, il construit avec son père une coupole en bois. Il y loge un télescope Newton de 250 millimètres de diamètre et réalise ses premières images astronomiques. Continuer la lecture