Archives pour la catégorie Les hommes et le ciel

Insolite : les (fausses) nébuleuses de l’artiste Kevin Matagne

Artiste touche-à-tout, l’astrophotographe belge Kevin Matagne crée d’étonnantes images numériques de fausses nébuleuses. 

Artiste protéiforme :

Comment définir Kevin Matagne ? Sa biographie sur le site du Théâtre Denise-Pelletier nous offre déjà un bel aperçu de ses compétences. On y apprend que “Kevin Matagne (accessoires, vidéo, régie et photo) est designer et artiste polyvalent. Ces dernières années, il a été laborantin, restaurateur de meubles, programmeur, web designer, professeur de photographie… Il peut tout faire et on peut donc lui demander n’importe quoi.” Si on retrouve son nom dans ce théâtre canadien, c’est parce qu’il fait partie de la troupe du spectacle belge La convivialité. Mais ce que ne dit pas cette glorieuse présentation, c’est qu’il est également astronome amateur :

La nébuleuse de la Méduse dans la constellation des Gémeaux. © Kevin Matagne

Observant le ciel avec un télescope de 35 centimètres, il a vite été limité par la pollution lumineuse autour de Bruxelles. Qu’à cela ne tienne, il s’est lancé avec succès dans l’astrophotographie. Et l’on peut découvrir ses débuts très prometteurs sur son compte Facebook. Continuer la lecture

M83 : quinze amateurs s’unissent pour un magnifique portrait

Quinze astronomes amateurs ont mis en commun leurs compétences pour réaliser une superbe image de la galaxie spirale M83.

Une galaxie flamboyante :

M83 (NGC 5236) est une galaxie spirale intermédiaire vue de face et située dans la constellation australe de l’Hydre. Elle se trouve à environ 15,2 millions d’années-lumière de la Voie lactée et ressemble beaucoup à la galaxie du Moulinet, M101. C’est pour cette raison que M83 est parfois appelée la galaxie australe du Moulinet. Elle a été découverte en 1752 par Nicolas-Louis de Lacaille. La même année, cet astronome français dénichait également la célèbre nébuleuse de la Carène. En 2014, le télescope spatial Hubble avait immortalisé cette galaxie :

La galaxie australe du Moulinet (NGC 5236) photographiée en 2014 par le télescope spatial Hubble. © NASA/ESA/The Hubble Heritage Team (STScI/AURA)

Mais comment rivaliser avec les grands télescopes professionnels pour tirer le portrait de cette flamboyante galaxie ? C’est le projet un peu fou qui a mobilisé quinze astronomes amateurs italiens. Continuer la lecture

Célèbre chasseur de comètes, Donald Machholz est décédé

L’astronome amateur américain Donald Machholz, connu pour avoir découvert douze comètes visuellement, est mort le 9 août 2022.

Un incroyable observateur :

Son épouse l’a annoncé sur ses comptes Twitter et Facebook :  Donald Machholz est décédé le 9 août 2022 des suites du Covid-19 à l’âge de 70 ans. Cet astronome amateur californien restera célèbre pour les douze comètes qui portent son nom, toutes dénichées visuellement. Sa dernière découverte remonte au 7 novembre 2018. À l’époque, Donald Machholz avait repéré l’astre chevelu de magnitude 10 à l’aide d’un télescope de 47 centimètres de diamètre. Un exploit à l’heure des instruments automatisés qui scrutent la totalité de la voûte céleste chaque nuit :

Donald Machholz pose ici à côté d’une paire de jumelles dédiée à la recherche de comètes.

Il partageait cette dernière découverte avec les japonais S. Fujikawa et M. Iwamoto, d’où le nom donné à l’astre chevelu : C/2018 V1 Machholz–Fujikawa–Iwamoto. Continuer la lecture

En vidéo : la Station spatiale et la grande tache solaire AR 3038

Le 24 juin, l’astrophotographe Denis Huber a filmé le transit de la Station spatiale à proximité de la grande tache solaire AR3038. 

Une tache impressionnante :

La tache solaire AR3038 a beaucoup fait parler d’elle ces derniers jours. Mais bien que 2,5 fois plus grande que la Terre, elle n’a pas produit d‘éruption majeure dans notre direction. Notre étoile tournant sur elle-même (en 25 jours environ au niveau de l’équateur), les taches défilent sous les yeux des astronomes puis disparaissent. Le 24 juin, alors que AR3038 approchait du bord, on pouvait assister à un passage de la Station spatiale devant le Soleil depuis Cannes :

L’astrophotographe Denis Huber (voir son compte Instagram) a immortalisé ce transit à l’aide d’un boîtier Canon 90D en mode vidéo fixé au foyer d’un télescope Meade Lx90. Continuer la lecture

Éclipses de Soleil : aux USA, deux États défient les statistiques

L’Illinois et le Texas font rêver les astronomes : deux éclipses de Soleil y sont observables en peu de temps, un fait rarissime.

Différents types d’éclipses :

Les éclipses de Soleil sont parmi les plus beaux spectacles astronomiques. Elles se produisent en raison d’une coïncidence fortuite : la taille apparente de la Lune est presque identique à celle du Soleil. Lorsque le Soleil, la Lune et la Terre sont parfaitement alignés, la Lune se trouve donc devant le Soleil. Si la Lune est proche de nous, son diamètre apparent est plus important et elle recouvre complètement le disque solaire. On assiste alors à une éclipse totale de Soleil :

Exemple d’une éclipse totale de Soleil : la Lune masque entièrement notre étoile. © Rick Fienberg / TravelQuest International / Wilderness Travel

Si la Lune est à l’apogée, au point le plus éloigné de son orbite terrestre, sa taille apparente est plus petite. Elle ne couvre donc pas entièrement le disque solaire, laissant un mince anneau de lumière. C’est ce qu’on appelle une éclipse annulaire :

Exemple d’une éclipse annulaire : la Lune ne masque qu’une partie du Soleil. © Stefan Seip
Phénomène exceptionnel :

Pour assister à une éclipse totale ou annulaire, les observateurs doivent se placer dans une étroite bande de terrain. En dehors de cette bande de centralité, ils n’observent qu’une éclipse partielle de Soleil. Selon les experts de la NASA, il faut attendre en moyenne 375 ans pour revoir une éclipse totale ou annulaire de Soleil en restant au même endroit. Voilà qui explique pourquoi les passionnés sont dans l’obligation de parcourir plusieurs milliers de kilomètres chaque fois qu’ils veulent en admirer une.

L’observation des éclipses de Soleil est un spectacle extraordinaire, à suivre avec les précautions qui s’imposent. © Mark Margolis / Rainbow Symphony

Pourtant, deux États américains viennent bouleverser ces statistiques. Dans l’Illinois et le Texas, les délais entre deux éclipses de Soleil sont étonnamment plus courts qu’ailleurs !

Terres d’éclipses :

À Carbondale, dans le sud de l’Illinois, les chasseurs d’éclipses ont assisté à un premier spectacle le 21 août 2017. Ils revivront les mêmes sensations à l’occasion de l’éclipse totale de Soleil du 8 avril 2024 :

Plus au sud, du côté de San Antonio au Texas, les rendez-vous sont fixés au 14 octobre 2023 pour une éclipse annulaire, puis au 8 avril 2024 :

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Turbulence atmosphérique : des lasers pour les astronomes

On les voit de plus en plus dans les observatoires. Mais à quoi servent donc les lasers qui déchirent le ciel au-dessus des télescopes ?

Des images floues :

Les étoiles, dont la lumière met au minimum plusieurs années avant de nous parvenir, sont des sources de lumière ponctuelles. Nous les voyons scintiller en raison des mouvements permanents et imprévisibles de notre atmosphère. Si nous essayons d’amplifier l’image de ces astres plusieurs dizaines ou plusieurs centaines de fois à l’aide d’un télescope, nous obtiendrons des images brouillées. Le résultat sera donc très éloigné des caractéristiques optiques théoriques qu’on pourrait attendre de nos instruments.

Un faisceau laser s’échappe d’un des 4 télescopes qui composent le VLT. © Yuri Beletsky

Depuis plusieurs décennies, les astronomes professionnels ont trouvé une façon élégante de contrer les méfaits de la turbulence atmosphérique en développant l’optique adaptative. Le principe, simple en théorie, consiste à analyser les déformations subies par la lumière d’une étoile-guide, et à corriger ces déformations en modifiant très rapidement et très fréquemment la surface du miroir du télescope.  Continuer la lecture

Observer Sirius B, un défi pour les astronomes amateurs

La plus brillante étoile du ciel possède un discret compagnon, Sirius B. Les astronomes amateurs pourront tenter de le repérer cette année.

Un couple stellaire étonnant :

Pas facile de vivre en couple avec une star, comme le prouve Sirius B, une naine blanche de magnitude 8,4. Invisible à l’œil nu, elle tourne en un peu plus de 50 années autour de sa célèbre et éclatante voisine, Sirius A. Cette dernière, Alpha Canis Majoris, est en effet la plus brillante étoile du ciel nocturne (magnitude -1,5). Dans l’Égypte antique, son apparition à la fin de l’été marquait le début des crues du Nil. Tout amoureux des étoiles pourra vous montrer Sirius A dans le prolongement de la Ceinture d’Orion :

Sirius est visible dans le prolongement de la Ceinture d’Orion. © Jean-Baptiste Feldmann

Mais peu d’astronomes amateurs peuvent se targuer d’avoir observé ou photographié Sirius B. Une situation qui pourrait évoluer, puisque le discret compagnon est actuellement au plus loin de son éclatant voisin stellaire. Continuer la lecture

Portrait : Yannick Le Garrec, le ciel nocturne en partage

Depuis plus de 25 ans, Yannick Le Garrec invite tous les publics à découvrir les beautés du ciel nocturne à travers ses télescopes. 

Naissance d’une passion :

Il suffit parfois d’un livre pour faire basculer le destin d’un jeune garçon. En 1977, Yannick Le Garrec, jeune collégien de 11 ans, met la main sur un ouvrage de Philippe de La Cotardière, écrivain et journaliste scientifique. Après cette lecture, Yannick se lance dans l’observation du ciel avec une paire de jumelles, tout en écoutant les émissions radiophoniques de Pierre Kohler. À cette époque, il découvre également la photographie argentique. Peu après, il s’inscrit au club d’astronomie de son lycée, où il participe à la taille d’un miroir de télescope.

Pour Yannick Le Garrec, photographie et astronomie sont indissociables. Chaque fois qu’il le peut, il va photographier les spectacles du ciel nocturne. © Jean-Baptiste Feldmann

En 1992, sa femme lui offre un télescope 115/900. Trois ans plus tard, il construit avec son père une coupole en bois. Il y loge un télescope Newton de 250 millimètres de diamètre et réalise ses premières images astronomiques. Continuer la lecture

L’explosion d’une comète aurait décimé des peuples Amérindiens

La chute d’une comète pourrait expliquer le surprenant déclin des groupes d’Amérindiens de la culture Hopewell il y a 1.500 ans.

Hopewell, sept siècles de culture :

Les Amérindiens de l’Est de l’Amérique du Nord ont connu une intense période d’échanges culturels et commerciaux à partir du IIe siècle av. J.-C. Installés le long des cours d’eau, ils vivaient principalement de l’agriculture (tournesol, citrouille, orge, maïs…). Les sites qu’ils ont occupés se caractérisent par la présence de grands tumulus funéraires. Le premier d’entre eux fut étudié dans les années 1890 sur un terrain appartenant à M. C. Hopewell, lequel a donné son nom à cette culture. On a retrouvé sur ces sites une grande variété d’objets (bijoux et ustensiles) en os, en bois, et même en métal. Ces peuples Amérindiens avaient également développé un vaste réseau de voies commerciales reliant le Golfe du Mexique à l’actuel Canada.

Exemple de tumulus funéraires de la culture Hopewell dans l’Ohio. © H. Rowe

On s’est longtemps demandé pourquoi la culture Hopewell avait périclité à partir du IVe siècle apr. J.-C. Des chercheurs de l’Université de Cincinnati ont fait une découverte qui pourrait expliquer ce déclin. Leur travail est présenté dans cet article. Continuer la lecture

En 1066, le passage de la comète de Halley fut exceptionnel

Au printemps 1066, la comète de Halley illumina le ciel nocturne. Ce fut l’un des plus beaux passages de cet astre chevelu.

Des conditions exceptionnelles :

En 1066, elle ne s’appelait pas encore comète de Halley. Il faudra attendre la fin du XVIIe siècle pour qu’elle prenne le nom de l’astronome britannique Edmond Halley. C’est lui qui déterminera sa périodicité (76 ans environ) grâce à ses calculs. Au Moyen Âge, personne ne sait encore ce qu’est une comète et ne peut en imaginer la trajectoire dans le Système solaire. Lorsqu’elle s’approche au cours du printemps 1066, la future comète de Halley se trouve dans des conditions idéales. Elle va passer à seulement 15 millions de kilomètres de la Terre. Par comparaison, lors de son passage en 1986, elle était à 63 millions de kilomètres.

Dessin d’un passage de la comète de Halley, d’après une gravure sur bois représentant la Grande comète de 1577 au-dessus de Prague. © Christine Sasiad

Pendant quelques nuits, son noyau va briller autant que Jupiter. Quant à sa queue de gaz et de poussière, elle s’étire sur un quart de la voûte céleste ! C’est un spectacle qui fascine et impressionne les hommes. À une époque où la pollution lumineuse est inexistante, impossible de ne pas la remarquer.

La comète immortalisée :

Le passage de l’astre chevelu sera consigné aux quatre coins du globe. La comète apparaît sur la tapisserie de Bayeux, une broderie qui raconte les exploits de Guillaume le Conquérant :

En Italie, les archives de la cathédrale de Viterbe mentionnent son observation tout au long du mois d’avril. Dans le Koryo-sa, un traité historique officiel relatant l’histoire de la péninsule coréenne, elle est décrite comme étant aussi grande que la Lune. Son passage est également évoqué dans les Annales du royaume d’Irlande par les quatre maîtres, récits de l’histoire médiévale irlandaise :

Page d’introduction de l’une des versions de la Chronique anglo-saxonne.

Les moines anglais y font allusion dans leur Chronique anglo-saxonne, un manuel d’histoire du royaume diffusé dans les monastères. L’astre chevelu est même dessiné sur les parois rocheuses de Chaco Canyon au Nouveau-Mexique :

Dessin des pétroglyphes du sentier Peñasco Blanco sur le site de Chaco Canyon au Nouveau-Mexique. La comète de Halley est figurée en bas © Peter Faris

Cette année-là, le spectacle fut beaucoup plus impressionnant que celui de la récente comète Leonard ; lire à ce sujet La “comète de Noël” se donne en spectacle après un sursaut d’activité.

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Vulcain, une hypothétique planète traquée au XIXe siècle

La recherche d’une hypothétique planète intramercurienne appelée Vulcain a tenu les astronomes en haleine pendant plus d’1/2 siècle.

L’astronomie des mathématiques :

Les mathématiques accompagnent les astronomes depuis la nuit des temps. Dans l’Antiquité, Hipparque utilisait déjà la trigonométrie pour estimer les tailles et distances du Soleil et de la Lune. Puis Kepler s’appuya sur la géométrie pour décrire le mouvement des planètes. Avec Newton, l’apparition du calcul (différentiel et intégral) permit de formuler les lois de la gravitation universelle. Ces puissants outils étaient donc à la disposition des astronomes-mathématiciens du XIXe siècle.

Le plus doué d’entre eux était Urbain Le Verrier (1811-1877). Redouté pour son très mauvais caractère, il était cependant reconnu comme un grand spécialiste de la mécanique céleste. Continuer la lecture

Chaco Canyon nous raconte un siècle de spectacles célestes

Au Nouveau-Mexique, les pétroglyphes de Chaco Canyon évoquent les grands événements astronomiques qui ont marqué le XIe siècle.

Des roches et des étoiles :

Amoureux des étoiles, je suis perpétuellement en quête de lieux isolés pour les admirer. Je vous ai déjà emmené dans le Morvan, les Baronnies Provençales ou dans les Alpes de Haute-Provence. Traversons maintenant l’Atlantique et découvrons Chaco Canyon aux États-Unis. C’est une région montagneuse et désertique dans le Nord-Ouest du Nouveau-Mexique. Une situation qui a permis la création d’une réserve de ciel étoilé, l’International Dark Sky Park. Les astronomes amateurs viennent y observer les beautés du ciel nocturne, loin de toute pollution lumineuse. Mais ils ne sont pas les premier à s’émerveiller sous les étoiles.

Ciel étoilé au-dessus des Rochers des Mourres. © Jean-Baptiste Feldmann

Il y a 1.000 ans, les Chacoans occupaient le site. Cette société faisait partie du peuple des Anasazis, des Amérindiens qui vivaient dans les États Américains actuels du Colorado, de l’Utah, de l’Arizona et du Nouveau-Mexique. Continuer la lecture

(17473) Freddiemercury, l’astéroïde d’un chanteur immortel

Perdu dans l’immensité du Cosmos, le petit astéroïde (17473) Freddiemercury rend hommage au chanteur du groupe Queen.

Artiste dans les étoiles :

Il n’y a pas trente-six façons de laisser son nom dans le firmament. Si vous êtes persévérant, vous pourrez peut-être découvrir “votre” comète, comme l’ont fait les français Alain Maury et Georges Attard. Sinon, il reste la possibilité (très faible) que l’on donne votre nom à un astéroïde. C’est ce qui est arrivé à l’artiste Freddie Mercury, disparu il y a trente ans. Le leader du groupe de rock Queen est en effet mort le 24 novembre 1991 à Londres. Il était alors âgé de 45 ans. En 2016, l’Union Astronomique Internationale a décidé de nommer un astéroïde en son honneur.

Le 4 septembre 2016, l’astéroïde 1991 FM3 était renommé en l’honneur de Freddie Mercury, le leader du groupe Queen. © Union Astronomique Internationale

Brian May, astrophysicien et ancien guitariste du groupe Queen, est à l’origine de cette nomination, survenue l’année ou Freddie Mercury aurait eu 70 ans.

Cailloux célèbres :

L’ astéroïde (17473) Freddiemercury, qui circule entre les orbites des planètes Mars et Jupiter, fait environ 3,5 kilomètres de large. Il a été déniché par l’astronome belge Henri Debehogne (1928-2007) en 1991, année de la mort du chanteur. Lors de sa découverte à l’Observatoire de La Silla au Chili, ce caillou céleste avait été répertorié sous le matricule peu flatteur de 1991 FM3.

Ce point cerclé de rouge est l’astéroïde nommé en l’honneur de Freddie Mercury. © ESO

Vingt-cinq ans plus tard, son nouveau nom l’a fait définitivement sortir de l’anonymat. C’est ainsi que (17473) Freddiemercury est allé rejoindre d’autres célébrités musicales en orbite, comme les astéroïdes  (8749) Beatles ou (7934) Sinatra…

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Les Rencontres du Ciel et de l’Espace sont enfin de retour !

Repoussée d’un an en raison de la pandémie, la douzième édition des Rencontres du Ciel et de l’Espace aura lieu du 19 au 21 novembre 2021. 

Rendez-vous bisannuel :

En astronomie, il y a des rendez-vous incontournables. Sous les étoiles, ce sont les Rencontres Astronomiques de Printemps, qui ont fêté leurs 20 ans en 2018. En intérieur, ce sont les Rencontres du Ciel et de l’Espace. Depuis 1998, à l’initiative de l’Association Française d’Astronomie (AFA), les passionnés du ciel rallient tous les deux ans la Cité des Sciences et de l’Industrie.

Souvenir des Rencontres du Ciel et de l’Espace 2018. © Jean-Baptiste Feldmann

Ils ont le plaisir de se retrouver à l’occasion des Rencontres du Ciel et de l’Espace (RCE). Reportées en 2020 en raison de la pandémie, les RCE se dérouleront cette année 2021 du 19 au 21 novembre. Continuer la lecture

Dernière (magnifique) aurore boréale pour Thomas Pesquet

Depuis la Station spatiale, Thomas Pesquet a pu admirer une dernière aurore boréale de toute beauté avant son retour sur Terre.

Aurore vue de l’espace :

Le plus célèbre spationaute français, Thomas Pesquet, a eu droit a un très beau cadeau de la Nature avant de quitter l’ISS aujourd’hui dans une capsule Dragon. Sa mission à bord de la Station spatiale internationale s’achève sur une splendide aurore boréale. Car si nous avons échappé à la tempête solaire d’Halloween le weekend dernier, il ne se passe pas une nuit sans que le ciel ne se pare de belles couleurs aux latitudes polaires. En cause, l’activité de notre étoile qui s’intensifie. Le nouveau cycle solaire devrait atteindre son maximum en 2025.

Dernière aurore boréale observée par Thomas Pesquet avant son retour. © ESA/NASA–T. Pesquet

Sur son compte Flickr, Thomas Pesquet a partagé un très beau cliché de cette aurore avec ce commentaire : “La nature a décidé de nous offrir un bouquet final pour le départ : l’aurore boréale la plus intense de toute la mission… Elle dessinait une véritable couronne sur le nord de l’Amérique, avec des pics qui semblaient dépasser notre altitude, et des pulsations rapides qui dessinaient des vagues bleues-vertes, on aurait dit comme une respiration ! Nous avons volé au travers, le nez collé aux vitres.” Continuer la lecture

Observatoire des Baronnies Provençales : l’astronomie en XXL

L’Observatoire des Baronnies Provençales offre des prestations inédites dans un cadre remarquable. Récit au plus près des étoiles.

Un gîte sous la Voie lactée :

L’histoire débute en 2006, lorsque Hélène et Marc Bretton posent leurs valises au Mas des Grès à Moydans (05) dans les Hautes-Alpes. Ce n’est à l’époque qu’une exploitation agricole, mais le couple y voit déjà le point de départ d’une extraordinaire aventure. Attirés par le potentiel nocturne des lieux, loin de toute pollution lumineuse, ils envisagent d’y créer une structure à vocation astronomique et touristique, l’Observatoire des Baronnies Provençales (OBP).

Situation géographique de l’Observatoire des Baronnies Provençales. © Google Maps

Quelques années plus tard, la ferme transformée en gîte accueille les amoureux des étoiles. Un bâtiment scientifique a pris place à côté. Outre des salles de travail et de vie commune, il est équipé d’une coupole abritant un superbe télescope de 80 centimètres de diamètre (T800). Différentes terrasses permettent d’installer des instruments astronomiques.

La Voie lactée en majesté au-dessus de la coupole de l’OBP. © Jean-Baptiste Feldmann

Avec en moyenne 240 nuits claires par an, certains passionnés ont vite compris tout l’intérêt de ce site. Ils y ont fixé leur télescope à demeure et le pilotent à distance depuis chez eux. Deux techniciens salariés de l’Observatoire ont en charge la maintenance de ce matériel. Ils sont également là pour assurer la bonne marche de plusieurs télescopes privés chargés de la surveillance spatiale. À l’OBP, on veille à ce que les coûteux satellites en orbite ne fassent pas de mauvaises rencontres… Continuer la lecture

Le volcan chilien Villarrica en activité sous la Voie lactée

Le photographe Tomas Slovinsky a immortalisé une magnifique Voie lactée au-dessus du volcan chilien Villarrica en pleine activité.

Un volcan très actif :

Des nombreux volcans chiliens, le Villarrica est l’un des plus agités. Culminant à 2.847 mètres d’altitude dans la Cordillère des Andes, il est situé à 750 kilomètres au Sud de la capitale, Santiago. Chez les Mapuches, un peuple réparti entre le Chili et l’Argentine, on l’a surnommé Rucapillán, ce qui signifie “la maison du Grand Esprit”. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il s’agit d’un Esprit colérique ! Les éruptions y sont spectaculaires (du même type que sur le Stromboli), et la dernière s’est produite en 2020. Un lac de lave se forme par intermittence dans le cratère sommital.

Le volcan chilien Villarrica sous la Voie lactée. © Tomas Slovinsky

C’est la lueur émise par ce lac incandescent que le photographe Tomas Slovinsky a voulu saisir la nuit. Il a attendu que la Voie lactée soit positionnée dans le prolongement du volcan.

La Voie lactée en majesté :

Au milieu des étoiles innombrables (la pollution lumineuse est inexistante dans cette région), plusieurs nébuleuses en émission apparaissent en rouge. Il s’agit de grands nuages dont le gaz est ionisé par la présence d’étoiles chaudes à proximité. Juste au-dessus du sommet du volcan, on remarque une importante zone sombre au milieu des étoiles. Cette région céleste obscure située à 600 années-lumière est surnommée le Sac à Charbon. Le cliché réalisé par Tomas Slovinsky fait partie des 10 plus belles photos de la Voie lactée racontées par leurs auteurs. Et il en rappelle un autre, celui du volcan de Fuego en éruption sous la Voie lactée.

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En vidéo : ciel étoilé au-dessus des coupoles de Galactica

En Espagne, les beautés du ciel nocturne sont visibles depuis les coupoles de Galactica, un centre de diffusion de l’astronomie. 

Ciel noir en Aragon :

Galactica : le lieu porte bien son nom. Dans ce centre de diffusion de l’astronomie, on est au plus près des étoiles. Il faut dire que l’endroit n’a pas été choisi au hasard. Le site est sous la tutelle du CEFCA, le Centre d’étude de la physique du Cosmos d’Aragon. Il se situe dans la province de Teruel, l’une des trois qui forment la communauté autonome d’Aragon. L’altitude de la région (supérieure à 1.000 mètres) offre l’un des climats les plus secs d’Europe. Une zone montagneuse où la faible urbanisation préserve le ciel nocturne de toute pollution lumineuse.

C’est là que se donnent rendez-vous les amoureux des étoiles. Pas moins de neuf coupoles permettent de réaliser des observations astronomiques dans d’excellentes conditions. Continuer la lecture

Incroyable cliché du télescope spatial pris depuis la Terre

L’astrophotographe Michael Tzukran a réalisé un nouvel exploit en obtenant un stupéfiant cliché du télescope spatial Hubble. 

L’astronome des défis :

Le nom de Michael Tzukran vous dit peut-être quelque chose. En janvier 2021, c’est astrophotographe israélien avait obtenu une époustouflante image de la Station spatiale avec son télescope. On pouvait reconnaître les principaux éléments du plus grand objet artificiel en orbite (110X75 mètres). Cette fois, la cible était beaucoup plus modeste. Le télescope spatial Hubble ne mesure en effet que 13 mètres de long pour 2,5 mètres de diamètre !

Stupéfiant cliché du télescope spatial Hubble pris depuis la Terre. © Michael Tzukran

Malgré la distance (le télescope Hubble orbite à 590 kilomètres d’altitude), l’incroyable cliché de Michael Tzukran permet de distinguer le tube de l’instrument et ses panneaux solaires. Continuer la lecture

La spectroscopie en laboratoire au secours des astronomes

Pour comprendre ce qui se passe très loin dans l’Univers, les chercheurs ont besoin d’identifier de nouvelles molécules en laboratoire.

Des antennes pour traquer les molécules :

Depuis Galilée il y a quatre siècles, les astronomes n’ont de cesse d’améliorer leurs instruments d’observation. Objectif : voir toujours plus loin pour mieux comprendre ce qui nous entoure. Mais pour interpréter certaines données acquises avec les plus puissants instruments, il faut parfois faire un détour par le laboratoire.

Les antennes du radiotélescope ALMA sous la Voie lactée. © P. Horálek/ESO

Prenez ALMA (Atacama Large Millimeter/submillimeter Array), cet observatoire radiomillimétrique et submillimétrique construit au Chili. Dans les informations recueillies par ses antennes, les astronomes retrouvent en général la signature de nombreuses molécules déjà connues. Mais il arrive que des raies spectrales enregistrées n’appartiennent à aucun composé identifié. C’est là qu’entre en scène la spectroscopie moléculaire développée dans certains laboratoires. Continuer la lecture