Archives pour la catégorie Les hommes et le ciel

Vera Rubin, l’astronome qui a découvert la matière noire

Rare femme astronome dans un monde d’hommes, Vera Rubin soupçonna la première l’existence de la matière noire dans l’Univers.

La tête dans les étoiles :

Vera Rubin est née le 23 juillet 1928 à Philadelphie. Sa passion pour l’observation des étoiles débute à l’âge de 12 ans. Son père lui construit alors un petit télescope avec lequel elle prend ses premières photos astronomiques. Vera Rubin poursuit ses études au Vassar College à New York, seule université qui accueille des femmes à l’époque. Sa thèse, sous la direction de George Gamow, porte sur la distribution des galaxies dans l’Univers. Elle obtient son diplôme d’astronomie en 1954.

Vera Rubin s’intéressa toute jeune à l’astronomie. © American Institute of Physics

Tout au long de ses années d’études, elle côtoie de nombreuses personnalités. On peut citer Richard Feynman (l’un des physiciens les plus influents de la seconde moitié du XXᵉ siècle) ou encore Hans Bethe. Continuer la lecture

L’incroyable time-lapse astro sous-marin de Mark Gee

Le vidéaste Néo-Zélandais Mark Gee a réalisé le premier time-lapse nocturne montrant en même temps le ciel étoilé et la vie sous-marine. 

Le ciel en accéléré :

Mark Gee (The Art of Night) est un vidéaste qui réalise de nombreux time-lapse. Cette technique cinématographique consiste à compiler plusieurs heures de prises de vues en seulement quelques minutes. On peut ainsi accélérer les déplacements des êtres vivants ou le mouvement apparent des astres d’EST en OUEST au cours de la nuit. Avec le développement du matériel photo et des logiciels, de nombreux photographes explorent les nouveaux horizons créatifs qu’ouvre cette technique.

Toujours désireux de relever de nouveaux défis, Mark Gee s’est demandé s’il ne pourrait pas mélanger deux domaines qu’il connaît bien : la vidéo sous-marine et celle des étoiles. Continuer la lecture

C/2021 J1 Maury-Attard, la comète française inespérée

Des astronomes amateurs français viennent de découvrir une nouvelle comète, C/2021 J1 Maury-Attard, grâce à un procédé ingénieux.

Grand bonheur pour une lointaine comète :

Ne vous faites aucune illusion : vous ne verrez pas la comète C/2021 J1 Maury-Attard. L’astre chevelu, de magnitude 19 lors de sa découverte le 9 mai, est incomparablement plus faible que la belle Neowise. Mais ses découvreurs, Alain Maury et Georges Attard, sont des astronomes amateurs comblés. Le premier a monté son observatoire dans le désert d’Atacama au Chili. Au milieu d’une forêt de coupoles qu’il met à la disposition des astronomes, il utilise deux télescopes (bientôt quatre) pour traquer astéroïdes et comètes. Le second prend le relais à distance quand il se réveille en France et analyse les données recueillies.

Actuellement deux télescopes installés au Chili sont impliqués dans le projet MAP de recherche de comètes et d’astéroïdes mené par des amateurs. © SpaceObs/MAP

Un troisième compère, Daniel Parrott, est l’auteur du logiciel qui permet de repérer d’éventuels astres mobiles au milieu des étoiles. À eux trois, ils constituent le noyau dur du projet MAP. Continuer la lecture

Au Rubin Observatory, le télescope Simonyi prend forme

Dans la Cordillère des Andes, les techniciens poursuivent l’assemblage des différents éléments du télescope Simonyi.

Un nouveau télescope dans la Cordillère :

L’Observatoire Vera Rubin est un fabuleux projet astronomique. Premier observatoire à porter le nom d’une femme astronome, il sera équipé d’un télescope de 8,4 mètres de diamètre. Cet instrument porte le nom de Charles Simonyi, le créateur du logiciel Word. Le riche informaticien a financé en partie la réalisation du miroir du télescope. Après une pause forcée en raison de la pandémie mondiale, les travaux ont repris au sommet du Cerro Pachón. Une grue capable de soulever 500 tonnes a permis de mettre en place les éléments qui composent la monture du télescope à l’intérieur de sa coupole. Images Rubin Observatory/NSF/AURA.

Cette région de la Cordillère des Andes est très prisée des astronomes pour la qualité de son ciel. On trouve par exemple sur un sommet voisin l’Observatoire interaméricain du Cerro Tololo. Continuer la lecture

Un astronome amateur invente un observatoire mobile

Anders Hjelset, un astronome amateur norvégien, a conçu un observatoire mobile pour aller observer loin de la pollution lumineuse.

La pollution lumineuse, un fléau :

Depuis l’apparition de l’éclairage public, la lumière a progressivement effacé les étoiles du ciel nocturne. Cette pollution lumineuse ne cesse de s’étendre et empêche l’alternance naturelle du jour et de la nuit. On estime aujourd’hui qu’un tiers de la population mondiale ne peut pas voir la Voie lactée.

Pour pouvoir continuer à observer et photographier le ciel nocturne, les astronomes amateurs cherchent à s’éloigner des lumières. Les plus chanceux (et les plus fortunés) construisent un petit observatoire dans un lieu isolé. Mais leurs espoirs sont parfois anéantis par l’installation de nouvelles sources lumineuses. En effet, un site d’observation peut perdre ses qualités au fil des années en fonction de l’urbanisation des alentours. Continuer la lecture

Stephen Rater, le marcheur qui fait découvrir les étoiles

“Marche à l’étoile” nous raconte les belles rencontres que fait Stephen Rater, un marcheur qui partage sa passion pour l’astronomie.

Marcher la tête dans les étoiles :

Si vous aimez randonner, peut-être croiserez-vous Stephen Rater sur les chemins. Vous serez sans doute surpris par la taille de son sac à dos. Il faut dire que, en plus de ses effets personnels, il y met aussi un télescope de 15 centimètres de diamètre. À 31 ans, Stephen a comme passions le trekking et l’astronomie. Comment concilier les deux ? en créant AstroBivouac. De petits séjours pendant lesquels Stephen vous propose d’aller marcher en forêt, en montagne.

Stephen Rater (à gauche) et Boris Wilmart la nuit sous les étoiles . © Boris Wilmart

Et quand arrive l’heure du bivouac, le marcheur se fait astronome et vous fait découvrir les beautés du ciel nocturne. Lune, Voie lactée, planètes, constellations, Stephen sait captiver son auditoire et lui mettre des étoiles plein les yeux. Continuer la lecture

Interview : Michel Ory, chasseur de comètes (et d’astéroïdes)

L’astronome amateur suisse Michel Ory répond à nos questions à l’occasion de la sortie de son livre : Chasseur de comètes, la quête de nos origines.

À 54 ans, Michel Ory est un astronome amateur comblé. Lorsqu’il n’est pas devant ses élèves pour leur enseigner la physique, cet ancien journaliste scientifique suisse traque les astéroïdes et les comètes. Son palmarès est éloquent : il a découvert plus de 200 astéroïdes, deux comètes et deux supernovæ.

L’astronome amateur suisse Michel Ory.© Michel Ory

Des découvertes réalisées à l’Observatoire astronomique jurassien de Vicques en Suisse (2000-2011) et à l’Observatoire de l’Oukaïmeden au Maroc (dès 2011). Auteur de Chasseur d’astéroïdes en 2019 (éditions Le Pommier), il sort aujourd’hui un second ouvrage, Chasseur de comètes, la quête de nos origines. Continuer la lecture

Espagne : qui a volé le précieux “Sidereus Nuncius” de Galilée ?

Le plus célèbre des traités d’astronomie, le “Sidereus Nuncius” rédigé par Galilée, a disparu de la Bibliothèque nationale d’Espagne.

Le Messager volatilisé :

L’histoire pourrait prêter à sourire tant elle est rocambolesque. Un ouvrage de Galilée écrit en 1610 a été volé à la Bibliothèque nationale d’Espagne. Ce fascicule, le Messager des étoiles (Sidereus Nuncius), est un véritable trésor. C’est le plus ancien manuel d’astronomie présentant des observations à la lunette. Les traités antérieurs (comme l’Atlas de Dunhuang) sont basés sur des observations à l’œil nu.

Cet exemplaire du Messager des étoiles (Sidereus Nuncius), publié par Galilée en 1610, se trouve au Musée d’Histoire des Sciences à Florence. © Jean-Baptiste Feldmann

En 2014, les responsables de la bibliothèque ont découvert que l’exemplaire qu’ils possédaient était un faux. Par recoupement, ils ont estimé que l’usurpation avait sans doute eu lieu vingt ans plus tôt. Ils ont pourtant attendu 2018 pour en informer la police. Qui mène depuis l’enquête en toute discrétion. Les Espagnols, quant à eux, viennent de découvrir cette histoire grâce à un article du quotidien El País. Continuer la lecture

Les trésors oubliés de l’Observatoire de Copenhague

Retrouvées par hasard, des plaques photographiques de l’Observatoire de Copenhague montrent le ciel tel qu’il était il y a plus d’un siècle.

La patrie de Tycho Brahe :

Au Danemark, l’astronomie a connu ses lettres de noblesse avec Tycho Brahe, le premier grand observateur des temps modernes. En 1642, quatre décennies après sa mort, l’Université de Copenhague se dote d’un observatoire installé à Rundetårn. Puis en 1861, un nouvel observatoire le remplace, celui d’Østervold. Le Bureau central des télégrammes astronomiques (CBAT), fondé en 1882, s’y installe de la Première guerre mondiale jusqu’en 1964.

L’instrument double (un télescope associé à une lunette) de l’Observatoire d’Østervold permettait d’observer le ciel tout en le photographiant sur des plaques en verre dont on voit le châssis sous le porte-oculaire. © Niels Bohr Institute, University of Copenhagen

L’Observatoire d’Østervold a été équipé en 1895 d’un instrument double. Il s’agissait d’un télescope associé à une lunette astronomique. L’un servait à l’observation visuelle, l’autre à la photographie du ciel sur des plaques en verre de 16 centimètres de côté. Continuer la lecture

De Lowell à Perseverance, la planète Mars nous a toujours fait rêver

Des étranges visions de Percival Lowell à l’atterrissage du rover Perseverance, retour sur plus d’un siècle de passion pour la planète Mars.

Une planète intrigante :

Mars est sans conteste la planète qui nous fascine le plus. Sa couleur ocre (en raison de la présence d’oxyde de fer à sa surface) et ses variations de luminosité (sa distance peut varier de 50 à 400 millions de kilomètres) avaient été remarquées depuis l’Antiquité. Les premières observations télescopiques débutèrent avec Galilée. L’amélioration des instruments apporta de nouveaux indices troublants. La Planète rouge tournait sur elle-même à la même vitesse que la Terre, et on y observait des calottes polaires ainsi que des changements d’aspect saisonniers.

Mars photographiée à l’aide d’un télescope de 1 mètre de diamètre. © Damian Peach

Dans les années 1880, on cru même détecter la présence d’eau dans l’atmosphère martienne. Il ne manquait plus que l’entrée en scène de Percival Lowell pour asseoir le mythe de la Planète rouge.  Continuer la lecture

Coup de jeune pour le télescope qui a découvert Pluton

Un moment menacé, le télescope qui permit à Clyde William Tombaugh de découvrir la planète naine Pluton en 1930 a été restauré.  

Une planète devenue naine :

Le 18 février 1930, l’astronome américain Clyde William Tombaugh, âgé de 24 ans, découvre Pluton. Elle devient alors la neuvième planète du Système solaire. Pluton sera reclassée en 2006 dans le groupe des planètes naines par l’Union Astronomique Internationale (IAU). La découverte de Pluton fut réalisée en comparant des plaques photographiques. Elles avaient été obtenues avec un nouveau télescope de 13 pouces (environ 32,5 cm de diamètre). Un instrument installé à l’Observatoire Lowell près de Flagstaff en Arizona.

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Clyde William Tombaugh compara des images prises les 23 et 29 janvier 1930. Il remarqua alors qu’un point lumineux s’était déplacé par rapport au fond du ciel étoilé. Sa découverte fut confirmée le 13 mars par une équipe de l’Observatoire Lowell. Cet observatoire avait été fondé en 1894 par un riche astronome amateur, Percival Lowell, fervent défenseur de la théorie des canaux martiens.

Un télescope désormais protégé :

Le télescope utilisé par Clyde William Tombaugh fut employé jusqu’en 1996. Cette année-là, il servit à photographier les comètes Hyakutake et Hale-Bopp. Puis on referma sa coupole pendant 20 ans. Une coupole en bois sérieusement entamée par la pourriture qui avait bien besoin d’une cure de rajeunissement.

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En 2016, un an après le survol de Pluton par la sonde New Horizons, l’Observatoire Lowell lança une campagne de crowdfunding. Il était urgent de financer la restauration du télescope et de sa coupole.  L’opération a été un succès, et l’instrument peut de nouveau pointer le ciel nocturne à travers une coupole restaurée. Les clichés nous montrent l’installation avant restauration (ci-dessus), et après réfection de la coupole et du tube (ci-dessous).

Gageons que les visiteurs nocturnes éprouveront sans aucun doute le grand frisson en mettant l’œil derrière l’oculaire de ce télescope. Une émotion qu’on peut ressentir également plus près de chez nous en observant avec un autre instrument mythique, la grande lunette de Camille Flammarion.

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Composition céleste en l’honneur du Nouvel An chinois

Pour fêter le Nouvel An chinois ce vendredi 12 février, début de l’Année du Buffle, un astrophotographe nous propose un clin d’œil céleste.

Ruminant cosmique :

Sur sa page Facebook, Jeff Dai (voir sa galerie Flickr) a posté une belle composition céleste pour saluer le Nouvel An chinois. Cet astrophotographe est le plus jeune membre du collectif TWAN (The World At Night). Comme ses collègues, il passe de nombreuses nuits dehors à immortaliser les paysages célestes. Sur ce cliché, nous voyons au centre la belle constellation d’Orion. L’étoile géante Bételgeuse, de couleur orangée, en marque la limite supérieure.

Le Nouvel An chinois est symbolisé dans cette composition céleste. © Jeff Day

À gauche d’Orion, brille l’éclatante Sirius, la plus brillante étoile du ciel. À droite, se trouve la constellation du Taureau. Jeff Dai y a superposé une représentation du mammifère domestique ruminant. Un clin d’œil du photographe pour marquer le premier jour de l’Année du Buffle. Continuer la lecture

Zoom sur la Grande procession de météores du 9 février 1913

Le 9 février 1913, des observateurs virent défiler une succession de boules de feu que l’on surnomma la Grande procession de météores.

Inquiétant spectacle dans le ciel :

Certains phénomènes célestes marquent les esprits à tout jamais. On pense bien sûr aux éclipses totales de Soleil (celle par exemple du 11 août 1999 en France) ou aux brillantes comètes comme Neowise en 2020. Ce qui s’est passé le 9 février 1913 dans le ciel du Canada est bien différent. Plusieurs centaines d’observateurs médusés assistèrent au passage de nombreuses boules de feu. Elles se déplaçaient en groupes par vagues successives. Cette Grande procession de météores comme on la surnomma traversa le ciel nocturne du Canada jusqu’au Brésil. L’événement fut immortalisé par une gravure de l’artiste canadien Gustav Hahn.

L’artiste Gustav Hahn immortalisa la Grande procession de météores du 9 février 1913.

L’astronome canadien Clarence Chant (1865-1956) s’intéressa au phénomène et collecta plus d’une centaine de témoignages. Il en arriva à la conclusion qu’on avait observé les morceaux d’une petite lune temporaire de la Terre qui s’était désintégrée.

Dangereuses rencontres cosmiques :

Ce phénomène en rappelle deux autres, encore plus spectaculaires. Le 30 juin 1908, c’est probablement le rebond sur l’atmosphère d’un petit astéroïde qui provoqua l’événement de la Toungouska. Les rares témoins présents dans cette région du nord de la Sibérie assistèrent à une formidable explosion dans le ciel. Les arbres furent couchés sur une superficie de 2.000 km². Plus récemment, le 15 février 2013, c’est une météorite de 12.000 tonnes qui se désintégra dans le ciel de l’Oural, au-dessus de la ville de Tcheliabinsk, occasionnant d’importants dégâts.

On a enregistré en vingt ans l’arrivée dans notre atmosphère de 556 météorites d’une taille supérieure à 1 mètre de diamètre, soit en moyenne deux impacts chaque mois (graphique ci-dessus). Fort heureusement ces nombreuses rencontres se sont soldées à chaque fois par la désintégration de la météorite.

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Orage sur l’Observatoire de Kitt Peak, l’histoire d’un célèbre cliché

Certaines photographies traversent le temps en gardant tout leur impact visuel. Exemple avec cet orage sur l’Observatoire de Kitt Peak.

Un observatoire dans le désert :

Situé en Arizona, le désert de Sonora est la plus grande zone aride de l’Amérique du Nord. On y trouve de magnifiques cactus Saguaro (Carnegiea gigantea) dont certains atteignent 15 mètres de haut. En raison de son climat, la région a été choisie en 1958 pour y créer un observatoire astronomique. L’Observatoire de Kitt Peak (KPNO) accueille actuellement 24 télescopes. 22 sont des télescopes optiques (dont le télescope Mayall de 4 mètres de diamètre) et 2 sont des radiotélescopes. Ce regroupement d’instruments est unique au monde.

Le télescope Mayall de 4 mètres de diamètre est le plus grand du Kitt Peak National Observatory. Il accueille l’instrument DESI, un multi-spectrographes chargé de traquer la matière noire. © Marilyn Chung/Lawrence Berkeley National Laboratory

Lorsque l’observatoire est sorti de terre il y a une soixantaine d’année, la pollution lumineuse était inexistante. Mais la ville de Tucson, située à une cinquantaine de kilomètres, s’est beaucoup développée. Elle a fait le choix d’un éclairage raisonné pour ne pas pénaliser les installations astronomiques. Lire à ce sujet Tucson, la ville qui fait baisser la pollution lumineuseContinuer la lecture

Portrait : Caroline Herschel, astronome de l’ombre à la lumière

Elle fut la première femme astronome de l’Histoire. Portrait de Caroline Herschel qui vécut dans l’ombre de son célèbre frère, William.

La musique pour conjurer le sort :

D’elle, nous n’avons que des portraits peu flatteurs, excepté celui que reproduit Camille Flammarion dans son “Astronomie populaire“. Il faut dire que Caroline Herschel est sévèrement marquée dans sa jeunesse par la variole et le typhus. Née en 1750 à Hanovre dans une famille de musiciens, cette petite femme (1 mètre 40) au physique ingrat est destinée aux taches ménagères, ce qui ne l’empêche pas de très bien chanter. En 1772 son frère aîné William la fait venir en Grande-Bretagne, où il est installé comme organiste.

Caroline Herschel en train de retranscrire les observations astronomiques de son frère William. Gravure extraite de “l’Astronomie populaire”, ouvrage de Camille Flammarion.

Caroline y apprend l’anglais et commence une belle carrière de soprano, se produisant régulièrement à Bath où elle réside avec son frère et dans la ville voisine de Bristol. Mais William s’est découvert une autre passion dans laquelle il va entraîner sa sœur : l’astronomie. Continuer la lecture

Le Cerro Tololo, un observatoire dans la Cordillère des Andes

L’Observatoire du Cerro Tololo au Chili fait partie du National Optical Astronomy Observatory. Il dispose d’un télescope de quatre mètres. 

Sommet chilien :

Le CTIO (Cerro Tololo Inter-American Observatory) est installé à 2.200 mètres d’altitude sur le Cerro Tololo. C’est l’un des sommets qui encadrent la vallée de l’Elqui au Chili. L’air y est très sec et la pollution lumineuse absente. C’est ce qui explique la présence d’autres installations astronomiques dans la région. Le Gemini sud et le LSST (Large Synoptic Survey Telescope) sont construits sur un autre sommet, le Cerro Pachón. Le Cerro Tololo Inter-American Observatory est l’un des quatre observatoires rassemblés au sein du NOAO, une institution dont le siège est à Tucson, en Arizona.

L’Observatoire interaméricain du Cerro Tololo domine la Cordillère des Andes. © KPNO

Le CTIO compte une dizaine de coupoles qui abritent des instruments entre 50 centimètres et 1,5 mètre de diamètre. Mais le fleuron de cet observatoire est le télescope Blanco dont on voit la grande coupole sur ce cliché. Continuer la lecture

L’époustouflante image de la Station spatiale prise avec un télescope

Comment photographier la Station spatiale avec un télescope d’amateur alors qu’elle file à 28.000 km/h ? Réponse avec ce superbe cliché. 

Meccano géant au-dessus de nos têtes :

La Station spatiale internationale (ISS en anglais pour International Space Station) circule à environ 400 kilomètres au-dessus de nos têtes. Elle est le fruit d’une coopération entre les agences spatiales américaine, russe, européenne, japonaise et canadienne. L’assemblage de cette structure de plus de 300 tonnes grande comme un terrain de football a commencé en 1998. Elle est occupée en permanence par des astronautes qui la rejoignent désormais avec la capsule Crew Dragon.

L’ISS passe du côté de la brillante Vénus en début de soirée. © Jean-Baptiste Feldmann

Il est très facile de suivre régulièrement à l’œil nu le déplacement dans le ciel de l’ISS. La Station est en effet aussi brillante que Jupiter en raison de ses nombreux panneaux solaires qui renvoient la lumière du Soleil vers nous. Il suffit pour cela de connaître ses heures de passage au-dessus d’un lieu donné en consultant le site Heavens Above. Continuer la lecture

Une comète permet de dater la mort d’une impératrice byzantine

Des chercheurs ont pu préciser la date de la mort d’une impératrice byzantine en s’appuyant sur le passage de la Grande comète de 1240.

Nicée, un état éphémère :

Le XIIIe siècle a été marqué par la brève existence de l’Empire de Nicée. En 1204, la prise de Constantinople par les croisés signe la fin de l’Empire byzantin d’Alexis III. Son gendre, Théodore Laskaris, se réfugie à Nicée où il reconstitue un état qui s’étale de la mer Égée à la mer Noire. À sa mort en 1221, sa fille Irène Lascarine devient impératrice de Nicée (elle est mariée à Jean Vatatzès, le successeur de l’empereur Théodore Lascaris). L’Empire de Nicée disparaîtra en 1261 avec la reconquête de Constantinople.

Représentation de l’impératrice Irène Lascarine. https://albumromanski.pl/

L’impératrice Irène exerce le pouvoir aux côtés de son mari. Ensemble, ils établissent des relations amicales avec les états voisins. Selon les récits historiques, Irène est considérée comme une impératrice modeste et prudente tenue en haute estime par le peuple. Continuer la lecture

Les spectacles célestes en 2020, entre science et poésie

Les douze mois écoulés ont été très riches en événements astronomiques. Retour en images sur les spectacles célestes de 2020.

Alors que pour beaucoup 2020 laissera un goût amer en raison de la pandémie, les amoureux du ciel nocturne ont connu une très belle année. Astronomes amateurs et astrophotographes ont pu se délecter avec de nombreux spectacles célestes. Je vous propose d’en retrouver quelques-uns que j’ai pu immortaliser avec la complicité de Christine, ma compagne. Ce diaporama composé d’une trentaine de clichés est accompagné du Prélude en Do Majeur de Jean-Sébastien Bach.

Voici quelques informations sur les clichés qui composent ce montage. Les liens renvoient aux articles associés : Continuer la lecture

Pleine Lune : l’étrange succès d’un très médiocre montage photo

Le partage d’un montage photo sur les réseaux sociaux a parfois des conséquences inattendues. Exemple avec cette Pleine Lune au bout d’une route.

Le succès de cette photo est indéniable. Des centaines de milliers de “like“, une multitude de partages, la publication sur des pages d’organismes de nature… Serai-je en train de vous parler de l’une des superbes images primées au concours BigPicture Natural World ? Pas du tout ! Le cliché en question n’est qu’un très mauvais montage photo. On y voit la Pleine Lune dans un ciel d’encre au bout d’une route enneigée.

Curieusement, personne n’a osé signer ce chef-d’œuvre. Personne non plus pour en revendiquer la paternité après coup. Pourtant aucun photographe ne rechignerait à voir son travail mis en valeur.  Que sait-on vraiment sur ce cliché ? Continuer la lecture