En vidéo : l’incroyable survol de Jupiter et Ganymède par Juno

Les images du dernier survol de Jupiter et de Ganymède par la sonde Juno sont saisissantes. La NASA les a réunies dans une superbe vidéo. 

Ganymède cache un océan :

En partant de Jupiter, Ganymède est le troisième satellite galiléen. Il fut observé pour la première fois (avec Io) le 7 janvier 1610 à Padoue par Galilée à l’aide d’une lunette astronomique. Cette lune fut ensuite étudiée de près par les sondes Pioneer 10 (décembre 1973), puis Voyager (1979) et Galileo (1995-2002). Quand on scrute la surface de Ganymède, on constate que cette lune est recouverte pour un tiers par des régions sombres très anciennes fortement cratérisées. Le reste est constitué de régions plus claires et plus jeunes traversées par de profonds sillons que les scientifiques ont du mal à expliquer.

Ganymède, l’un des satellites galiléens de Jupiter, photographié par la sonde Juno. © NASA

En observant les anomalies dans l’oscillation des aurores polaires autour des pôles de Ganymède, des scientifiques en ont conclu qu’il devait exister sous la surface de cette lune un océan salé de 100 km de profondeur, une quantité d’eau supérieure à celle des océans terrestres !

Survol en accéléré :

En orbite autour de Jupiter depuis l’été 2016, la sonde Juno a effectué le 8 juin 2021 son 34e survol rapproché de la planète géante. Un passage qui lui a donné la possibilité de photographier Ganymède à une distance d’un peu plus de 1.000 kilomètres. Aucune sonde ne s’était aventurée aussi près depuis le survol de Galileo il y a vingt ans. Dans l’animation réalisée par la NASA, on découvre les différentes régions claires et sombres à la surface de Ganymède, ainsi que plusieurs cratères d’impact très brillants.

Le spectateur est ensuite transporté 3.400 kilomètres au-dessus de la surface nuageuse de Jupiter. Au milieu d’un magnifique maelstrom de volutes gazeuses, plusieurs cyclones sont visibles sous la forme d’ovales blancs ainsi que de nombreux éclairs.

Vous pourriez aimer :

Suivez l’actualité astronomique et découvrez mes images du ciel en vous abonnant à Cielmania sur Facebook ou Twitter.

La Pleine Lune de juillet se lève depuis la chapelle de Chevennes

À l’occasion de la Pleine Lune de ce mois de juillet 2021, je vous emmène à la chapelle de Chevennes dans le Beaujolais.

Sur le chemin de Compostelle :

Rattachée au village de Denicé en Beaujolais, la chapelle de Chevennes date du XIIe siècle. Elle a été reconstruite au XVe siècle par le curé Jacques Sornet. Le saint homme s’y est d’ailleurs fait enterrer. La chapelle fut une étape sur la route du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. Puis elle fut fermée à la Révolution et tomba à l’abandon. Heureusement, elle a fait l’objet d’une récente restauration. Les portes de la chapelle s’ouvrent lors des Journées européennes du patrimoine, dévoilant un décor de style gothique flamboyant. Les spécialistes apprécieront la présence d’arcs brisés moulurés en faisceaux et en berceau.

La chapelle de Chevennes en Beaujolais date du XIIe siècle. © Christine Sasiad

La chapelle domine toute la plaine de la Saône, Villefranche et les localités autour. Par temps clair, le regard porte jusqu’au massif du Mont-Blanc.

Rendez-vous romantique :

C’est là que nous nous sommes rendus, ma compagne et moi, pour admirer le lever de la Pleine Lune de juillet. Cette septième Pleine Lune de l’année avait la particularité de se produite une semaine après une nouvelle édition de On The Moon Again. C’est en été que la Pleine Lune atteint sa position la plus basse sur l’horizon Sud. En langage astronomique, on dit que sa déclinaison est fortement négative. Notre satellite naturel passe devant les constellations basses pour les observateurs français (comme le Sagittaire).

Rendez-vous romantique au pied de la chapelle de Chevennes dans le Beaujolais pour voir se lever la Pleine Lune du mois de juillet 2021. © Jean-Baptiste Feldmann

Ce cliché a été réalisé avec un objectif Samyang de 12 millimètres de focale. Boîtier Nikon D7100, pose de 1 seconde à 1600 iso.

Vous pourriez aimer :

Suivez l’actualité astronomique et découvrez mes images du ciel en vous abonnant à Cielmania sur Facebook ou Twitter.

Vera Rubin, l’astronome qui a découvert la matière noire

Rare femme astronome dans un monde d’hommes, Vera Rubin soupçonna la première l’existence de la matière noire dans l’Univers.

La tête dans les étoiles :

Vera Rubin est née le 23 juillet 1928 à Philadelphie. Sa passion pour l’observation des étoiles débute à l’âge de 12 ans. Son père lui construit alors un petit télescope avec lequel elle prend ses premières photos astronomiques. Vera Rubin poursuit ses études au Vassar College à New York, seule université qui accueille des femmes à l’époque. Sa thèse, sous la direction de George Gamow, porte sur la distribution des galaxies dans l’Univers. Elle obtient son diplôme d’astronomie en 1954.

Vera Rubin s’intéressa toute jeune à l’astronomie. © American Institute of Physics

Tout au long de ses années d’études, elle côtoie de nombreuses personnalités. On peut citer Richard Feynman (l’un des physiciens les plus influents de la seconde moitié du XXᵉ siècle) ou encore Hans Bethe. Continuer la lecture

“On The Moon Again” est de retour, observez la Lune !

Du 16 au 18 juillet, observez et faites observer la Lune dans le cadre d’une nouvelle édition de “On The Moon Again“.

50 ans après Apollo 15 :

Vous vous souvenez de “On The Moon Again” ? C’était en juillet 2019, à l’occasion du cinquantième anniversaire du Premier Homme sur la Lune. Plusieurs milliers de points d’observation avaient permis d’observer la Lune, comme au château de Brochon ou en Bresse. Un peu partout sur Terre, des yeux émerveillés avaient découvert la froide beauté de la Mer de la Tranquillité, là même où Neil Armstrong avait posé le pied.

Sous la Lune le 12 juillet 2019 au château de Brochon. © Jean-Baptiste Feldmann

En 2020, la seconde édition de cette manifestation s’est déroulée à huit clos en raison de l’épidémie de coronavirus. Cette année, les organisateurs espèrent retrouver l’ambiance de 2019. Continuer la lecture

Dans la Dombes, La Lune et Vénus échappent à la grisaille

Un séjour dans la Dombes, une éclaircie inespérée, et voici le jeune croissant de Lune qui fait une brève apparition, tout comme Vénus.

Le pays des mille étangs :

Au Nord-Est de Lyon, la Dombes est un territoire marqué par une forte densité de plans d’eau. Première région française de pisciculture en eau douce, on la surnomme le pays aux mille étangs. Je ne les ai pas dénombré, mais je dois avouer qu’ils sont très nombreux à se dévoiler au cours des promenades. Leur présence est à l’origine d’une faune et d’une flore d’exception.

Dans la soirée du 13 juillet 2021, dans la Dombes, les nuages ont fait place au jeune croissant de Lune. La planète Vénus est visible à droite. © Jean-Baptiste Feldmann

Mais ce paradis pour les oiseaux est aussi celui des moustiques ! Faire de la photographie en soirée au bord d’un plan d’eau nécessite donc de bien se protéger. Continuer la lecture

Un pilote de ligne filme la danse des aurores boréales

Un pilote de ligne a immortalisé les beautés du ciel nocturne nordique. Aurores polaires et nuages noctiluques étaient au rendez-vous. 

Astrophotographe dans le cockpit :

Ralf Rohner est pilote de ligne. Un métier qui le rapproche des étoiles. La page Instagram (Skypointer) de cet astrophotographe regorge de belles images nocturnes réalisées aux quatre coins du monde. Il parcourt ainsi la planète et pose son appareil photo dans des sites exotiques qu’il immortalise sous les étoiles. Mais c’est à une altitude de 10 kilomètres qu’il a réalisé ses images le 5 juillet 2021. Cette nuit-là, il était aux commandes d’un avion de ligne reliant Los Angeles à Zurich. Le courant-jet polaire qu’il suivait l’a emmené jusqu’à 62° Nord, au-dessus du Canada.

Aurore boréale et nuages noctiluques au-dessus du Canada. © Ralf Rohner/Skypointer

À cette époque de l’année, il ne fait jamais complètement nuit à ces latitudes. Et comme l’activité aurorale était annoncée comme très faible, Ralf Rohner a pensé que le vol serait calme. Ce ne fut pas le cas…  Continuer la lecture

L’objet de Mayall, un combat de Titans dans la Grande Ourse

La constellation de la Grande Ourse abrite un spectaculaire choc de galaxies connu sous le nom de Arp 148, l’objet de Mayall.

Carte d’identité :

N’espérez pas observer Arp 148 avec votre télescope. Cette collision de galaxies de magnitude 15 ne révèle sa beauté qu’à travers un cliché pris par le télescope spatial Hubble. Mais pourquoi Arp ? Parce que l’objet est référencé dans l’Atlas of Peculiar Galaxies, un catalogue de 338 galaxies particulières publié en 1966 par Halton Arp. Cette collision titanesque a été découverte en 1940 par l’astronome américain Nicholas Mayall (1906-1993). Ce qui vaut à Arp 148 de s’appeler également l’objet de Mayall. La collision s’est produite à 500 millions d’années-lumière de notre Soleil.

L’objet de Mayall est une collision de galaxies dans la Grande Ourse. © ESA/NASA/HHT

Que sont devenues les deux galaxies initiales ? On observe actuellement une galaxie à anneau constituée de jeunes étoiles bleues très brillantes et une galaxie irrégulière allongée. De la poussière sombre et des étoiles plus âgées composent la seconde. Continuer la lecture

Des nuages noctiluques se dessinent juste avant l’aube

Voici mes premiers nuages noctiluques, immortalisés à l’aube du 4 juillet 2021 dans le ciel de Bourgogne. Un vrai bonheur !

La surprise du 4 juillet :

On ne sait jamais ce que le ciel nous réserve quand on part à sa découverte. Un joli halo lunaire, un brillant météore ou une spectaculaire colonne solaire sont autant de phénomènes imprévisibles. Ce 4 juillet 2021, peu après 4 heures du matin, une insomnie m’a poussé à mettre le nez dehors. Les étoiles commençaient déjà à légèrement pâlir. Il faut dire les nuits qui entourent le solstice d’été sont particulièrement courtes.

Nuages noctiluques en Bourgogne à l’aube du 4 juillet 2021. © Jean-Baptiste Feldmann

Mon regard a très rapidement été attiré par de curieux nuages lumineux en direction du Nord-Est. Des nuages noctiluques, mes premiers ! J’ai immortalisé le spectacle avec un boîtier Nikon D7100 équipé d’un objectif de 50 millimètres de focale. Pose de 2 secondes à 1000 iso.

À savoir :

Les nuages noctiluques sont de curieuses dentelles lumineuses que l’on observe du début du mois de mai jusqu’en août. Leur intensité augmente au moment du solstice d’été. Les nuages noctiluques (noctilucent clouds ou NLC en anglais) ou nuages polaires mésosphériques se forment à 80 km d’altitude. Dans un environnement glacé (-130° C) la vapeur d’eau se condense autour des poussières d’étoiles filantes ou d’éruptions volcaniques pour former des cristaux de glace. Ce sont ces cristaux qui renvoient la lumière des derniers rayons solaires (le soir) ou des premiers rayons (le matin).

Vous pourriez aimer :

Suivez l’actualité astronomique et découvrez mes images du ciel en vous abonnant à Cielmania sur Facebook ou Twitter.