Retour en images sur le passage de Saturne au plus près de la Terre le 4 octobre 2026, en compagnie des meilleurs astrophotographes.
Des anneaux qui s’ouvrent :
L’opposition de Saturne s’est produite le 4 octobre 2026. En effet, tous les 378 jours environ, la planète se trouve à l’opposé du Soleil, se levant quand notre étoile se couche. C’est la meilleure période pour l’observer, puisqu’elle est alors au plus près de la Terre. Cette année, elle se situait à 1,26 milliard de kilomètres. Sa magnitude était de 0,3 et son diamètre apparent de 19,7 secondes d’arc.
Depuis quelques mois, les anneaux (visibles par la tranche en 2025) commencent à s’ouvrir. Les meilleurs astrophotographes ont donc profité de cette nouvelle opposition pour immortaliser la célèbre planète. Des clichés signés Fabrice Morin, Pierre Gilet ou encore Simon Labergère (en fin d’article).
130 ans après sa mise en service, la grande lunette de Percival Lowell sert régulièrement à observer les planètes.
Instrument légendaire :
C’est en 1896 que la grande lunette de Lowell entre en service. Deux ans plus tôt, son riche propriétaire a lancé la construction d’un observatoire dans les montagnes de l’Arizona. Après avoir fait fortune dans l’industrie textile aux côtés de son grand-père, Percival Lowell s’est en effet pris de passion pour l’astronomie. À la lecture des ouvrages de Camille Flammarion, il décide de se consacrer à l’étude de la planète Mars.
Percival Lowell observant Mars avec sa grande lunette. Dessin Christine Sasiad
Avec un objectif de 60 centimètres de diamètre, la lunette qu’il a fait construire est alors l’une des plus grandes du monde. C’est avec cet instrument que son propriétaire étudiera les mystérieux canaux de Mars. 130 ans plus tard, l’instrument est toujours en parfait état. Et il est régulièrement utilisé pour faire observer le ciel nocturne aux nombreux visiteurs, curieux de le découvrir.
La qualité optique de cette grande lunette n’est plus à démontrer. L’optique fut en effet réalisée par l’entreprise américaine Alvan Clark & Sons, l’un des plus grands fabricants de réfracteurs du XIXe siècle. Autant dire qu’il est toujours possible d’observer et de photographier les astres avec. Et ce sont surtout les planètes qui ont la faveur de cet instrument de très longue focale (environ dix mètres). Nul doute que la vision des anneaux de Saturne, des bandes gazeuses de Jupiter ou de la surface changeante de Mars a de quoi ravir les visiteurs !
Le 6 octobre à l’aube, l’Amérique du Nord était l’emplacement idéal pour admirer Jupiter et ses satellites glisser derrière la Lune.
Spectacle rare :
L’Amérique du Nord a profité d’un beau spectacle céleste le 6 octobre 2026, comme le rappelle le site Astronomy. C’est en effet depuis l’Est des États-Unis et le Sud du Canada que l’on pouvait admirer l’occultation de Jupiter par la Lune. Un phénomène rare, puisque là-bas, le dernier événement de ce type avait eu lieu en 2004. En France, quelques heures plus tôt, les deux astres étaient encore assez distants :
Sur la côte nord-américaine, alors qu’il faisait jour chez nous, les astronomes ont vu le disque de la planète gazeuse “avalé” en quelques dizaines de secondes. Mais rassurez-vous, Jupiter était de retour moins d’une heure plus tard ! Compte tenu du mouvement propre de la Lune, la disparition de la planète s’est produite côté croissant, et la réapparition côté lumière cendrée. Spectacle assuré, avec les images de Antonio Zaurrini, Gino Caporicci et Jonathan Reeves :
Rares, les occultations de planètes par la Lune sont particulièrement photogéniques. Encore faut-il aller les cueillir depuis les quatre coins du monde. En voici quelques exemples, comme en 2019, où il fallait être en Afrique du Sud pour voir Saturne disparaître :
Puis, en 2022, c’est depuis l’Île de la Réunion qu’on pouvait admirer une partie de cache-cache avec Vénus. La brillante étoile du Berger (qui doit son surnom à son éclat et à sa position sur l’horizon) était alors gibbeuse :
Enfin, en 2025, la planète Mars s’éclipsait depuis l’Observatoire de Kitt Peak en Arizona. Un timing parfait, puisque l’occultation avait lieu au moment où la quatrième planète du Système solaire était au plus près de la Terre :
Grâce aux progrès de l’optique adaptative, les télescopes terrestres ne cessent d’améliorer leurs performances.
S’affranchir de la turbulence atmosphérique :
Depuis plus de trente ans, l’optique adaptative (OA) révolutionne l’astronomie terrestre. On doit à Horace W. Babcock d’en avoir imaginé le principe en 1953. Mais la technologie de l’époque ne permettait pas de la mettre en pratique. Développée à partir des années 1970 pour les besoins militaires, l’OA fait son entrée dans le monde de l’astronomie vingt ans plus tard. Mais de quoi parle-t-on exactement ? Pour en savoir plus, je vous invite à regarder cette vidéo proposée par AstroGuigeek :
Aujourd’hui, tous les grands télescopes sont équipés d’une OA, leur permettant de rivaliser avec les télescopes en orbite. Dernière démonstration en date, celle du télescope Keck II. Ce géant, dont le miroir mesure dix mètres de diamètre, est installé avec son jumeau au sommet du Mauna Kea, un volcan endormi sur l’île Hawaii. Le télescope a visé la région du cratère Klaproth, non loin du pôle Sud lunaire. Ce dernier attise les convoitises, en raison de la glace d’eau piégée au fond de ses cratères :
Les deux clichés ont été pris à quelques minutes d’intervalle seulement, illustrant parfaitement la puissance de l’optique adaptative. Grâce à son usage, le Keck II a pu distinguer des détails d’environ 135 mètres de large. Cette performance rivalise avec la résolution du télescope spatial Hubble, ou encore de la caméra grand angle de la sonde LRO. Ce cliché fait désormais partie des images infrarouges de la Lune les plus précises jamais obtenues depuis le sol.
Ce mois d’octobre 2026, Saturne est au plus près de la Terre. L’occasion rêvée pour admirer la planète aux anneaux avec un télescope.
Des anneaux qui s’ouvrent :
Le 4 octobre 2026, c’est l’opposition de Saturne. La planète est alors à l’opposé du Soleil, se levant quand notre étoile se couche. C’est donc la meilleure période pour l’observer. Elle est en effet au plus près de la Terre, à 1,26 milliard de kilomètres. Sa magnitude est de 0,3 et son diamètre apparent de 19,7 secondes d’arc.
En raison de l’inclinaison du plan équatorial de la planète, l’aspect de ses anneaux change au cours d’une révolution (en un peu moins de 30 ans). Lors des solstices saturniens (comme en octobre 2017), nous les voyons avec un angle maximal de 26° 44′. Au moment des équinoxes saturniens (le dernier s’est produit en 2025), ils sont visibles par la tranche. Depuis, ils s’ouvrent progressivement (lire ici) et atteindront un angle de 27° en 2032. Continuer la lecture de Éphémérides : le ciel du mois d’octobre 2026→
Vous pensiez avoir tout vu en matière de nébuleuses planétaires ? Attendez de découvrir Longmore 8, surnommée la roue du hamster.
Les facéties d’une étoile mourante :
Longmore 8 est un objet céleste vraiment original. Comme toutes les nébuleuses planétaires (NP), elle a été créée par l’explosion d’une étoile géante rouge. Cette dernière, en fin de vie, a violemment expulsé les couches externes de son atmosphère sous forme d’une coquille gazeuse. Au centre, il ne reste plus qu’un noyau stellaire extrêmement dense et chaud, appelé naine blanche. Cette étoile agonisante n’a pourtant pas dit son dernier mot. D’abord, elle excite de son rayonnement ultraviolet (UV) la bulle de gaz en expansion, ce qui la rend lumineuse. Ensuite, elle la sculpte en soufflant de puissants vents stellaires. Et voilà comment une banale nébuleuse planétaire devient un incroyable objet cosmique :
La NP en question doit son nom à l’astronome britannique Andy Longmore qui la catalogua à la fin des années 1970. Elle se situe dans la constellation du Centaure, à environ 6500 années-lumière. Si vous pouvez l’admirer sur cette image, c’est parce que son auteur, l’astrophotographe Wolfgang Promper (Astro-Pics), aime bien les défis. Il a choisi d’assembler des clichés pris avec deux instruments différents : un télescope de 1,5 mètre implanté au Chili (Obstech) et un autre de 1 mètre de diamètre en Namibie (Tivoli). La galaxie en bas à droite de l’image finale est NGC 5121.
L’une des caméras de la sonde spatiale Mars Reconnaissance Orbiter (MRO) a photographié un très jeune cratère sur la Planète rouge.
Impact récent :
Pour scruter le sol de Mars, l’orbiteur MRO dispose de trois caméras. On connaît surtout HiRISE, la caméra à très haute résolution qui a déjà collecté cent mille images. Mais MRO dispose aussi de MARCI et de CTX. C’est cette dernière caméra qui nous intéresse aujourd’hui. Elle a pris récemment un cliché révélant l’existence d’un très jeune cratère d’impact. Ce dernier est en effet absent des images acquises avant l’année 2022. Soixante fois moins dense que l’atmosphère terrestre, l’atmosphère martienne laisse passer de nombreuses météorites. On estime qu’il y en a environ 200 chaque année qui s’écrasent sur la Planète rouge :
Sur cette image, les éjectas ont été traités en fausses couleurs pour renforcer les contrastes. Remarquez que les débris ne sont pas répartis symétriquement autour du cratère. Ce sont les vents martiens qui sont responsables de cette dissymétrie. Mais, me direz-vous, Mars n’est pas le seul endroit du Système solaire où de jeunes cratères se forment. Effectivement, le phénomène est également observable sur la Lune, je vous en ai déjà parlé :
Sur notre satellite naturel, ces impacts s’accompagnent de brefs flashs lumineux que traquent les astronomes. Encore faut-il qu’ils aient lieu dans une zone plongée dans la nuit. Un spectacle étrange auquel ont d’ailleurs assisté les astronautes de la mission Artemis II.
La dernière nuit de l’été était particulièrement belle en Beaujolais, avec les planètes Mars et Jupiter encadrant l’amas de la Crèche.
Des planètes pour terminer l’été :
Le ciel était parfaitement dégagé pour profiter de la dernière nuit d’été. C’est en effet aujourd’hui qu’a lieu l’équinoxe de septembre. Depuis le solstice du 21 juin, les nuits n’ont cessé de rallonger, pour le plus grand plaisir des astronomes. La période septembre-octobre est d’ailleurs particulièrement appréciée des amoureux des étoiles, pour ses nuits tempérées et sombres. Pour ceux qui se lèvent tôt, il y a bien sûr la célèbre constellation d’Orion. Impossible de ne pas y chercher aux jumelles sa célèbre nébuleuse, Messier 42. N’hésitez pas à aller l’admirer sous un beau ciel, en vous laissant guider par la fiche d’observation proposée par Stelvision. Une application comme Stellarium vous permettra également de repérer les planètes les plus brillantes. En fin de nuit, alors que Saturne descend lentement vers l’Ouest, Jupiter et Mars escaladent la voûte céleste côté Est :
Entre les deux planètes, se devine l’amas d’étoiles de la Crèche, niché dans la discrète constellation du Cancer. L’écart entre Mars et Jupiter va se réduire jusqu’à ce qu’elles se croisent, le 16 novembre. Quant à Saturne, invisible sur ce cliché, elle sera au plus près de la Terre le 4 octobre, un événement que je ne manquerai pas de détailler dans les prochaines éphémérides. L’image ci-dessus a été réalisée avec un boîtier Nikon D7100 et un objectif Samyang de 12 millimètres de focale. Pose de 15 secondes à 2000 iso.
La physionomie de la galaxie NGC 7331 est bouleversée par l’apparition de la supernova SN 2026 aaiv, de plus en plus lumineuse.
Explosion dans une galaxie jumelle :
NGC 7331 est parfois surnommée “le jumeau de la Voie lactée“, tant elle lui ressemble. Elle a été découverte le 6 septembre 1785 par l’astronome germano-britannique William Herschel. Cette belle galaxie spirale de magnitude 10 est l’un des innombrables objets célestes référencés dans l’imposant New General Catalogue of Nebulae and Clusters of Stars. Initié par l’astronome irlando-danois John Dreyer, ce catalogue fit l’objet d’une première édition en 1888. La galaxie est également enregistrée comme Caldwell 30 dans le catalogue de Patrick Moore :
Si elle défraie la chronique, c’est parce qu’une supernova y brille actuellement autant que plusieurs milliards d’étoiles. SN 2026 aaiv, c’est son nom, a été détectée le 1er septembre dernier par le système de surveillance automatisé ATLAS (Asteroid Terrestrial-impact Last Alert System). Il s’agit de l’explosion d’une naine blanche au sein d’un système binaire, ce que les astronomes appellent une supernova thermonucléaire. L’astrophotographe Bernard Lesourd et son fils Guillaume ont réalisé un comparatif avant/après l’explosion à partir de leurs clichés :
Lorsqu’elle a été découverte, cette supernova avait une magnitude de 17. Mais depuis, son éclat n’a cessé d’augmenter. Le 18 septembre, l’astronome amateur Jean-Claude Merlin estimait sa magnitude à 11,5 (données centralisées sur ASRAS). On peut donc théoriquement la repérer visuellement dans un télescope de 20 centimètres de diamètre. Cependant, la Lune, de plus en plus brillante, va compliquer la tache des observateurs les nuits prochaines.
Elles brillent de mille couleurs durant les nuits dégagées. Pour qui sait les regarder, les étoiles nous dévoilent leur température.
Couleurs célestes :
Les étoiles sont d’énormes boules de gaz, composées principalement d’hydrogène et d’hélium. Dans leur cœur, températures et pressions sont particulièrement élevées, au point de déclencher des réactions nucléaires. En se transformant en hélium, les atomes d’hydrogène libèrent de l’énergie qui s’évacue sous forme de chaleur et de lumière. C’est cette lumière qui nous parvient la nuit quand nous tournons nos regards en direction de la voûte céleste. Beaucoup plus proche et plus intense, elle nous est également dispensée la journée par notre étoile, le Soleil. Bien que les étoiles soient à des distances phénoménales, leur lumière nous fournit de précieuses informations. Même sans matériel spécial, on peut déjà étudier leur couleur, qui nous révèle leur température de surface :
Prenons par exemple le cas de la célèbre constellation d’Orion, représentée en partie sur ce cliché. En défocalisant volontairement la mise au point, on étale la tache lumineuse de chaque astre. Cette technique nous permet alors d’apprécier l’orangé de la supergéante rouge Bételgeuse, ou encore l’azur de la géante bleue Bellatrix. La température de surface de la première est d’environ 3000°, alors qu’elle dépasse 20000° pour la seconde ! Quant à Rigel, moins bleue, elle affiche une température intermédiaire, de l’ordre de 11000°. L’emploi d’une paire de jumelles (défocalisées) vous permettra également d’observer ces différences de couleurs. Vous cherchez une étoile vraiment rouge ? Visez donc l’étoile Grenat, dont la robe rouge éblouissante fut remarquée pour la première fois par William Herschel. Et pour le bleu, Spica de la Vierge devrait vous ravir.
Le 12 août dernier, le rover martien Perseverance a photographié un nouveau transit de la lune Phobos devant le Soleil.
Petite lune martienne :
Phobos est un satellite naturel de moins de 30 kilomètres de diamètre. Tout comme son petit frère Deimos, il a été découvert en 1877 par l’astronome américain Asaph Hall. Orbitant à 6000 kilomètres de la surface, il met un peu plus de sept heures à effectuer une révolution autour de Mars. À sa surface, la gravité est si faible qu’une balle lancée devant vous reviendrait dans votre dos ! Avec son orbite décroissante, il finira par s’écraser sur la planète dans une dizaine de millions d’années. Depuis Opportunity en 2004, les rovers martiens photographient régulièrement le transit des deux lunes devant le Soleil. Cette fois-ci, c’est Perseverance, depuis le cratère Jezero, qui a saisi la scène le 12 août 2026 :
Souvenez-vous qu’à cette même date, de nombreux Terriens assistaient de leur côté à une remarquable éclipse solaire. Et comme les Terriens, Perseverance s’est protégé avec un filtre spécifique pour ne pas endommager le capteur de sa caméra Mastcam-Z. Mais si les rovers photographient ces transits, ce n’est pas une lubie de scientifique. Les infimes variations de trajectoire mesurées trahissent les effets de marée qui s’exercent entre les lunes et la planète. In fine, ces transits permettent de sonder indirectement l’intérieur de Phobos, en attendant d’y poser le petit rover franco-allemand IDEFIX.
Parmi les multiples détails qui ornent la Tapisserie de Bayeux, figure la comète de Halley, dont le passage à cette époque marqua les esprits.
Frise historique inestimable :
Vous avez dit Tapisserie de Bayeux ? Les puristes vous répondront qu’il s’agit en réalité d’une broderie (que l’on peut désormais explorer en ligne). En effet, elle a été cousue sur un tissu préexistant. Pour justifier du qualificatif de tapisserie, il aurait fallu que l’œuvre soit entièrement réalisée sur un métier à tisser. Mais de quoi parle-t-on exactement ? D’une toile de lin longue de 70 mètres et large de 50 centimètres, brodée par on ne sait qui à la fin du XIe siècle. Elle nous raconte les événements qui se sont déroulés entre Normands et Anglais de 1064 à 1066. Une fresque historique inestimable, qui s’achève par la bataille d’Hastings, remportée par le Normand Guillaume le Conquérant sur Harold II d’Angleterre :
Dans la constellation du Dragon, le groupe de NGC 5985, un alignement de trois galaxies, est particulièrement photogénique.
Entre les deux Ourses :
Si vous cherchez le Dragon dans le ciel, sachez qu’il serpente entre la Petite Ourse et la Grande Ourse. Mais je vous préviens, la constellation compte peu d’étoiles brillantes. La plus lumineuse est Gamma Draconis avec une magnitude de 2,24. Curieusement, on ne lui a pas attribué la première lettre de l’alphabet grec qui lui revenait de droit. Mais pour quelle raison ? Parce qu’il y a cinq mille ans, l’appellation Alpha Draconis a été donnée à une modeste étoile de magnitude 3,7. Mais qu’avait-elle donc de si particulier pour mériter cet honneur ? Et bien, sachez qu’à cette époque, l’astre en question indiquait tout simplement le pôle céleste, en raison de la précession des équinoxes :
La légende la plus répandue au sujet de cette constellation fait référence à Ladon. Dans la mythologie grecque, ce reptile était chargé de surveiller les pommes d’or offertes à Héra pour ses noces avec Zeus. L’animal fut finalement fut tué par Hercule.
Après un mois d’août astronomique exceptionnel, septembre 2026 s’annonce plus calme. L’occasion de jeter un dernier regard au ciel d’été.
Triangle d’été :
En ce mois de septembre 2026, l’été touche doucement à sa fin. Pourtant, les nuits sont encore clémentes, et vous avez envie de veiller sous les étoiles. Choisissez donc une soirée sans Lune et rendez-vous dans un endroit loin de la pollution lumineuse. Puis levez les yeux : vous remarquerez sans peine au-dessus de votre tête la Voie lactée. Immédiatement, votre regard est attiré par trois étoiles brillantes :
Il s’agit de Deneb, Véga et Altaïr, qui forment ce qu’on appelle le Triangle d’été. Ne manquez pas de faire cette jolie randonnée céleste proposée par Stelvision, avant de découvrir le ciel du mois.
Le ciel en septembre 2026 :
Le 1er au crépuscule, cherchez sur l’horizon Ouest l’étoile Spica juste au-dessus de Vénus.
Le 4, c’est le Dernier quartier de Lune dans le Taureau.
Le 7 à l’aube, repérez à l’Est le point orangé de la planète Mars à côté du dernier croissant de Lune. Jupiter pointe son nez à l’horizon.
Le 11, c’est la Nouvelle Lune. Profitez-en pour effectuer la randonnée céleste dans le Triangle d’été.
Le 14 au crépuscule, le jeune croissant de Lune rejoint Vénus. Cette dernière va continuer sa descente en direction du Soleil, puis nous la retrouverons à l’aube sur l’horizon Est début novembre.
Le 18, c’est le Premier quartier de Lune dans Ophiuchus.
Le 26, c’est la Pleine Lune dans les Poissons. Elle est accompagnée toute la nuit par Saturne, qui ne cesse de se rapprocher de nous avant son opposition le 4 octobre.
Les captures d’écran qui illustrent ces éphémérides ont été réalisées à l’aide du logiciel Stellarium, indispensable pour vos soirées d’astronomie.
Seize jours après l’éclipse de Soleil, nous avons rendez-vous le 28 août 2026 avec une éclipse de Lune. Cette fois, il faudra se lever tôt.
Suite d’éclipses :
Si nous avons droit le 28 août 2026 à un nouvelle éclipse deux semaines après la précédente, c’est parce que nous sommes dans une saison d’éclipses. Le 12 août, avait lieu une éclipse de Soleil, donc un alignement Soleil-Lune-Terre. Nous avons vu alors la Lune masquer notre étoile (voir mes images réalisées à Saint-Jean-de Luz). En un peu plus de quinze jours, la Lune a parcouru la moitié de son orbite. Elle se retrouve cette fois dans l’ombre de la Terre. Nous assistons à un alignement Soleil-Terre-Lune, comme nous l’expliquent Les Décodeurs :
Qu’elles soient solaires ou lunaires, les éclipses ont longtemps été interprétées comme des signes du destin (lire à ce sujet Une éclipse a précipité la chute de Constantinople en 1453). Cette éclipse lunaire du 28 aôut sera partielle, puisqu’au moment du maximum, peu après 6 heures du matin (heure de Paris), 92% du disque lunaire sera dans l’ombre de la Terre. Le phénomène aura débuté à 4 heures 33 avec l’entrée dans l’ombre (la phase de pénombre est difficile à discerner). On retrouvera tous les détails sur la page de l’IMCCE :
Environ une heure après le maximum, la Lune sera couchée, ce qui signifie que le spectacle se déroulera au-dessus de l’horizon Ouest. Comme pour le 12 août, il faudra choisir un site parfaitement dégagé dans cette direction. Et comme pour le 12 août, ce seront les régions les plus à l’Ouest du pays qui bénéficieront des meilleurs conditions d’observation :
Utilisez une application comme Stellarium pour évaluer vos conditions locales. S’il fait beau, vous pourrez ainsi profiter d’une belle couleur cuivrée sur la Lune. Un phénomène lié à la réfraction atmosphérique, qui dévie les rayons rouges du Soleil à l’intérieur du cône d’ombre terrestre, comme l’explique Stelvision :
Bételgeuse, la célèbre étoile supergéante rouge, fascine les astronomes. Cette fois, ils nous révèlent son étrange surface.
Célèbre étoile :
Faut-il encore présenter Bételgeuse ? Tout le monde (ou presque) connaît cette supergéante rouge. Elle marque l’épaule gauche d’Orion, le chasseur géant de la mythologie grecque. Et, en cette fin de mois d’août, il suffit de se lever avant l’aube pour l’admirer à l’Est. Cet astre intriguant devrait finir par exploser en supernova, devenant alors visible en plein jour, mais personne ne peut dire quand. Il y a moins d’un mois, le Very Large Telescope a confirmé l’existence d’une discrète étoile compagnon qui gravite autour de la supergéante. Cette fois, c’est la surface de l’astre qui nous est révélée (lire le communiqué de l’ESO) :
Contrairement au Soleil, dont la forme sphérique est lisse, Bételgeuse présente une surface très irrégulière et bosselée. Ces bosses correspondent à de gigantesques bulles de gaz chaud qui remontent des profondeurs de l’étoile. Pourtant, quelque chose cloche : logiquement, ce processus de convection rend ces bulles éphémères. Mais voilà : la zone la plus brillante de la surface était déjà visible sur des données acquises il y a sept ans ! Pour les astronomes, jamais avares d’explications, la persistance de ce point chaud est peut-être liée à la présence de l’étoile compagnon. À moins qu’il faille en rechercher la cause dans le grand obscurcissement dont Bételgeuse a été victime en 2019-2020.
La nouvelle mission chinoise Chang’e 7 va s’envoler pour le pôle sud lunaire. Objectif : rechercher de la glace au fond des cratères.
Recherche glace désespérément :
Pourquoi vouloir explorer le pôle sud lunaire ? Il faut savoir que cette région est particulièrement intéressante pour deux raisons. D’une part, on pense qu’elle recèle d’importantes réserves de glace d’eau au fond de cratères qui ne reçoivent jamais la lumière (comme Shackleton). D’autre part, certains plateaux bénéficient d’un ensoleillement quasi permanent. Deux conditions indispensables pour y établir de futures bases lunaires. C’est donc tout naturellement l’objectif de Chang’e7, la nouvelle mission chinoise qui devrait s’envoler en cette fin août :
Chang’e 1 (2007) et 2 (2010) ont été chargés de cartographier la surface lunaire et d’analyser sa composition.
Chang’e 3 (2013) et 4 (2019) ont déposé des rovers sur le sol lunaire, notamment sur la face cachée (2019).
Chang’e 5 (2020) et 6 (2024) ont permis la collecte et le retour d’échantillons lunaires.
Chang’e 7 (2026) et 8 (2028) vont concentrer leurs recherches sur le pôle sud. Chacune de ces missions se compose de quatre éléments : un orbiteur, un atterrisseur, un rover et un drone sauteur (pour explorer le fond des cratères).
Avec sa lunette Elite Phoenix, la marque Acuter démocratise l’observation du Soleil en H-alpha. Découvrons ce curieux instrument.
Le Soleil revisité :
L’Acuter Elite Phoenix a fait une entrée fracassante dans le monde de l’astronomie amateur. Cette petite lunette permet en effet d’accéder à l’observation du Soleil en H-alpha pour un coût raisonnable (1200 euros). En se focalisant sur la raie spectrale de l’hydrogène (656 nanomètres), il devient alors possible d’admirer les protubérances, la chromosphère et les filaments solaires :
La lunette Acuter permet de s’adonner aux joies de l’observation du Soleil en H-alpha.
Jusqu’à récemment, il fallait attendre une éclipse totale de Soleil pour profiter brièvement de ces phénomènes. Dans les années 1930, l’invention du coronographe par l’astronome Bernard Lyot a permis de reproduire des éclipses artificielles. Mais l’instrument, délicat à construire et à utiliser, était hors de portée du monde des amateurs.
Puis les systèmes optiques H-alpha ont fait leur apparition, à des prix prohibitifs, qui s’expliquent par la complexité de leur réalisation. En effet, ces systèmes se composent de trois parties :
Un filtre de réjection d’énergie (ERF), constitué de plusieurs dizaines de couches diélectriques, pour éliminer les rayons UV et les IR.
Un étalon de Fabry-Pérot, formé de deux lames de verre aux faces planes dotées de couches partiellement réfléchissantes ultra-précises (traitement multicouche hautement réfléchissant).
Enfin, un filtre bloquant (BF). Il s’agit d’un filtre interférentiel complexe comportant environ 50 couches (voire plus) déposées sous vide (technologie dichroïque) pour isoler strictement la raie à 656,3 nm.
Pour être complet, signalons enfin l’apparition récente du spectrohéliographe Sol’Ex. S’il démocratise incontestablement l’accès à l’imagerie monochromatique du Soleil, il nécessite de posséder déjà une lunette astronomique.
La sonde LRO a photographié un nouveau cratère lunaire, formé à la suite de la chute d’un étage de fusée Falcon le 5 août dernier.
Une chute calculée :
On peut s’étonner qu’un morceau de fusée Falcon puisse terminer sa course sur la Lune. Pourtant, bien que ce lanceur serve principalement à mettre en orbite terrestre des grappes de satellites, il peut aussi emmener sa charge utile beaucoup plus loin. C’est par exemple ce qui s’est passé avec le modèle 2025-010. En effet, le 15 janvier 2025, le dixième lancement de l’année a propulsé vers la Lune Blue Ghost et Hakuto-R. Il s’agit de deux atterrisseurs lunaires qui ont fait le voyage à bord du second étage du lanceur. C’est alors qu’est entré en scène Bill Gray, un astronome américain spécialisé dans les logiciels de calculs d’orbite. Il a annoncé que le second étage en question s’écraserait sur la Lune le 5 août 2026 (une semaine avant la grande éclipse solaire) :
Point d’impact du second étage d’un lanceur Falcon 9 le 5 août 2026. Project Pluto.
Ne restait plus qu’à vérifier si l’impact n’avait pas créé un nouveau cratère, que seul LRO pourrait nous dévoiler. Les 11 et 12 août, les ingénieurs de la NASA ont donc incliné l’orbiteur lunaire pour que ses caméras pointent la zone présumée de l’impact. Ce qui a permis de découvrir un nouveau cratère, large de 18 mètres et profond de 3 mètres :
Images avant et après l’impact causé par la chute d’un étage de fusée Falcon 9. NASA/LRO
Pour la seconde fois en quelques semaines, la comète 220P/McNaught a connu une brusque augmentation de luminosité.
Astre chevelu imprévisible :
On ne s’ennuie pas en observant la comète 220P/McNaught (paramètres sur Astro.Vanbuitenen). Elle vient de connaître une seconde éruption (entre le 4 et le 5 août), qui a multiplié sa luminosité par environ 650. La fois précédente, fin mai, la luminosité avait été multipliée par 7000 ! Bien connu, le responsable de ces sursauts d’éclat est le cryovolcanisme. Lorsque la surface gelée de l’astre chevelu devient hermétique à tout dégazage, elle finit par céder sous la pression. Le noyau se fracture, laissant échapper de la glace et des poussières. On observe alors une brutale augmentation d’éclat et l’expansion d’un halo de particules glacées. C’est bien ce qu’a photographié Nirmal Paul :
Visible actuellement dans la constellation de la Baleine (non loin de Saturne), l’astre chevelu est désormais observable avec une simple paire de jumelles. Son découvreur n’est autre que Robert H. McNaught. Cet astronome scotto-australien n’en est pas à son coup d’essai, puisqu’on lui doit notamment la Grande comète C2006/P1.