Tous les articles par Jean-Baptiste FELDMANN

Le télescope Inouye dévoile l’incroyable surface du Soleil

Sur l’île hawaïenne de Maui, le télescope solaire Daniel K. Inouye vient de saisir de stupéfiants détails à la surface du Soleil.

Le plus grand télescope solaire :

Le Advanced Technology Solar Telescope (ATST) se trouve sur l’île hawaïenne de Maui. Construit à 3.000 mètres d’altitude au sommet du volcan Haleakalā, il révolutionne l’astronomie solaire depuis sa mise en service fin 2019. Doté d’un miroir primaire de 4,24 mètres de diamètre, cet instrument porte le nom de Daniel Ken Inouye (1924-2012). Ce dernier fut sénateur de l’État d’Hawaï au Congrès des États-Unis. Le télescope a été conçu pour fournir des images d’une résolution deux fois plus élevée que ses prédécesseurs :

La coupole du Daniel K. Inouye Solar Telescope (DKIST) à Hawaï. © Ruth Kneale, DKIST

Pour y parvenir, les ingénieurs l’ont doté d’une optique adaptative. Grâce à l’emploi de 142 vérins hydrauliques, le miroir ne se déforme pas, quelle que soit son orientation ou sa température. Il garde ainsi la même forme avec une précision de l’ordre du micron. Continuer la lecture de Le télescope Inouye dévoile l’incroyable surface du Soleil

Éclipse du 12 août : un avion de la NASA dans l’ombre de la Lune

À l’occasion de l’éclipse solaire du 12 août 2026, la NASA a prévu de faire voler un de ses avions dans l’ombre de la Lune.

Au sol et dans les airs :

Le 12 août, vous serez des millions à admirer l’éclipse de Soleil. Les plus chanceux, installés dans la bande de centralité, verront le Soleil disparaître totalement. Pour l’occasion, la NASA a prévu d’étudier le phénomène à bord d’un avion. Observer une éclipse depuis le ciel présente des avantages indiscutables. Tout d’abord, on est certain d’échapper aux éventuels nuages. Ensuite, voler dans l’ombre de la Lune permet d’allonger le temps d’observation de la couronne solaire :

La couronne solaire ne se dévoile qu’au moment de la totalité d’une éclipse. G. Cannat  

Cette couronne, observable uniquement durant les éclipses totales, atteint une température de deux millions de degrés. Une valeur inexplicable, au regard des six mille degrés de la surface du Soleil. Deux bonnes raisons qui ont poussé les astronomes à prendre de l’altitude. Le 12 août, la NASA a prévu de faire voler un WB-57, un avion de reconnaissance construit au début des années 1960 :

Un avion WB-57 permet d’étudier la couronne solaire à l’occasion des éclipses. © NASA

L’appareil est régulièrement utilisé pour étudier la couronne solaire, comme ce fut le cas à l’occasion de l’éclipse du 8 avril 2024. Mais ce n’est pas la première fois qu’on fait appel à des avions à l’occasion d’éclipses solaires. Tout a commencé lors de l’éclipse du 8 juin 1937, quand un major de l’US Army, A. W. Stevens, observa le phénomène à bord d’un Douglas DC-2 volant à 9.000 mètres d’altitude. Plus récemment, un vol du Concorde le 30 juin 1973 a permis aux astronomes de profiter d’un Soleil noir pendant 80 minutes. Un record jamais égalé depuis !

Images réalisées à bord d’un avion WB-57 lors de l’éclipse du 8 avril 2024. © NASA

Pour en savoir plus, lire le communiqué de la NASA.

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Éphémérides : le ciel du mois d’août 2026

Ce mois d’août 2026 sera exceptionnel avec deux éclipses (de Soleil et de Lune) et un excellent cru des Perséides (étoiles filantes).

Deux éclipses en 15 jours :

Avouons-le, août 2026 a de quoi faire rêver les observateurs du ciel ! D’abord le 12, avec une éclipse de Soleil remarquable, puisque totale au nord de l’Espagne. Je vous rappelle que j’y ai consacré un article, tout savoir sur l’éclipse solaire du 12 août 2026. Si ce n’est déjà fait, je vous invite à le lire. Vous y trouverez toutes les informations utiles pour profiter de ce spectacle dans les meilleures conditions :

Mais ce n’est pas tout ! Deux semaines plus tard, le 28, la Pleine Lune plongera presque totalement dans le cône d’ombre terrestre. En fin de nuit, nous assisterons alors à une très belle éclipse avec 92% de Lune éclipsée aux alentours de 6 heures du matin. Les conditions d’observation de ce phénomène sont détaillées sur la page de l’IMCCE.

Lever de Lune éclipsée le 7 septembre 2025. © Jean-Baptiste Feldmann
Le ciel en août 2026 :
  • Le 4, la Lune gibbeuse décroissante accompagne Saturne avant le lever du jour.

  • Le 5, l’étage supérieur d’une fusée Falcon 9 devrait percuter la Lune à plus de 8000 km/h (lire ici).
  • Le 6, Dernier Quartier de Lune.
  • Le 7 avant l’aube, la Lune glisse au-dessus de l’amas d’étoiles des Pléiades.

  • Le 9 en fin de nuit, le croissant de Lune surplombe la planète Mars.

  • Le 11 avant le lever du Soleil, cherchez le très fin croissant de Lune qui surplombe Mercure. Une paire de jumelles peut s’avérer nécessaire.

  • Le 12, Nouvelle Lune et éclipse de Soleil.

  • La nuit du 12 au 13, maximum d’activité de l’essaim d’étoiles filantes des Perséides. Cette année, l’absence de Lune permettra de profiter des météores les moins lumineux.
  • Le 15 à l’aube, Mercure et Jupiter sont très proches, un spectacle magnifié dans une petit télescope.

  • Les 15 et 16 août en soirée, retrouvez le croissant de Lune et Vénus.

Les captures d’écran qui illustrent ces éphémérides ont été réalisées à l’aide du logiciel Stellarium, indispensable pour vos soirées d’astronomie.

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Le Soleil se lève, rougi par les fumées des incendies

Ce matin, l’atmosphère opacifiée par les fumées des incendies a filtré le lever de Soleil, lui donnant une belle coloration rouge.

Ciels laiteux :

Les incendies de forêts se poursuivent, comme on peut le constater sur la carte des feux en cours. Actifs depuis plusieurs jours pour certains, ils sont une source importante de pollution atmosphérique. Comme l’explique AtmoSud, les fumées contiennent des particules fines, du monoxyde de carbone, des oxydes d’azote, ainsi que des composés organiques volatils. Portées par les vents sur plusieurs centaines, voire plusieurs milliers de kilomètres, ces fumées subissent des transformations chimiques à l’origine de nouveaux polluants, comme l’ozone ou des aérosols secondaires. Visuellement, ces fumées opacifient l’atmosphère, surtout en direction de l’horizon, là où la couche d’air est la plus épaisse :

Pour s’en rendre compte, il suffit d’observer les levers et couchers de Soleil. La lumière de l’astre est fortement atténuée, et subit une importante coloration rouge. On le voit bien sur ces deux images, la première réalisée à l’aube du 30 juillet, la seconde le lendemain. D’habitude, à cette époque de l’année, le Soleil est éblouissant dès son lever…

  • Image 1 (30 juillet) : boîtier Nikon D3200, objectif 55-200 mm (focale maxi), addition de huit images avec le logiciel StarMax.
  • Image 2 (31 juillet) : boîtier Panasonic FZ82.
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L’étoile compagnon de Bételgeuse se dévoile un peu plus

Grâce au VLT, les astronomes disposent d’une nouvelle image du compagnon de Bételgeuse, la célèbre étoile supergéante rouge.

Vedette imprévisible :

S’il y a une étoile que tout le monde connaît, c’est bien Bételgeuse. Celle qui symbolise l’épaule du chasseur Orion fait en effet régulièrement parler d’elle. On pense en particulier à son grand obscurcissement en 2019-2020. Le phénomène a depuis été expliqué par les astrophysiciens Éric Lagadec et Miguel Montargès :

https://www.youtube.com/watch?v=lE5zQsGUXbI

Cet astre intriguant devrait même finir par exploser en supernova, devenant alors visible en plein jour ! Quand ? Cela, personne ne peut le prévoir. Peut-être la nuit prochaine, ou dans cent mille ans… Une chose est sûre, c’est que les sautes d’humeur de cette supergéante rouge sont connues depuis longtemps. On en trouve par exemple la trace dans les récits des Aborigènes d’Australie (à lire sur arXiv) :

Bételgeuse est l’une des principales étoiles de la constellation d’Orion. © CIELMANIA

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Sur la Lune, les mystères du fascinant plateau d’Aristarque

C’est l’une des régions lunaires les plus étonnantes : visite guidée du plateau d’Aristarque, déjà observable dans un petit télescope.

Un cratère à la jeunesse toute relative :

Pour explorer le célèbre plateau d’Aristarque, je vous invite à regarder l’hémisphère Nord-Ouest de la Lune. C’est là, au milieu de l’océan des Tempêtes (Oceanus Procellarum), que nous attend Aristarque. Il fait partie des plus jeunes grands cratères lunaires (450 millions d’années quand même !) :

Observé pour la première fois en 1645 par Johannes Hevelius, il a été nommé en l’honneur de Aristarque de Samos. Ce cratère s’est formé suite à la chute d’une comète ou un d’un astéroïde. L’impact a creusé une excavation de 40 kilomètres de diamètre, profonde de 3.500 mètres. Continuer la lecture de Sur la Lune, les mystères du fascinant plateau d’Aristarque

À Céron, un grand gîte accueille les astronomes amateurs

Les astronomes amateurs sont à la recherche de gîtes pour se retrouver et observer. À Céron, un lieu répond parfaitement à leurs besoins.

Point central et ciel noir :

Céron (site internet) possède des atouts pour attirer les observateurs du ciel. Située au centre de la France, cette commune de Saône-et-Loire est éloignée des grosses sources de pollution lumineuse. En outre, elle offre une infrastructure d’accueil idéale : le gîte Le Bois Rond. J’ai eu la possibilité de le découvrir, invité par le club AstroAspach que je remercie. Chaque année depuis une décennie, un groupe d’astronomes amateurs alsaciens y prend ses quartiers d’été. Une semaine pour admirer et photographier le ciel étoilé :

Au gîte Le Bois Rond, seule la Lune est source de pollution lumineuse.

Le gîte, pouvant accueillir jusqu’à vingt personnes, est idéal pour cela. Un grand terrain dégagé vers le Sud, pas d’éclairages malvenus, et d’excellentes conditions d’accueil. On peut notamment citer la piscine, très appréciée en période estivale ! En outre, de grandes salles offrent la possibilité de faire des “manips” diurnes : traitement d’images, réglages du matériel… et discussions interminables ! Le lieu devrait dont retenir l’attention des clubs  et des groupes de passionnés à la recherche d’un endroit pour se retrouver et observer ensemble :

Le gîte Le Bois Rond sous les étoiles. Les astres et les déplacements des observateurs ont laissé des traces lumineuses durant les deux heures qu’a duré le cliché.
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Le télescope James Webb nous dévoile la galaxie Centaurus A

En pointant la galaxie Centaurus A, le télescope spatial James Webb nous révèle une scène de cannibalisme cosmique.

Une galaxie intrigante :

Centaurus A s’appelle également NGC 5128 ou encore Cadwell 77. l’appellation NGC nous renvoie à l’imposant New General Catalogue of Nebulae and Clusters of Stars qui regroupe près de 8.000 objets du ciel profond. Quant à Caldwell, c’est le nom du catalogue produit par un célèbre vulgarisateur britannique, Patrick Moore. Située dans la constellation australe du Centaure, NGC 5128 est une cible de choix depuis l’hémisphère Sud. Découverte en 1826 par l’écossais James Dunlop, elle est théoriquement perceptible dans une paire de jumelles (magnitude 7) :

La galaxie NGC 5128 dans la constellation du Centaure. © Wolfgang Promper

Centaurus A est rangée dans la famille des galaxies lenticulaires, des sortes de galaxies spirales privées de bras. Une large bande irrégulière composée de poussières obscurcit son centre où se cache un trou noir supermassif. De ce trou noir s’échappent des jets de rayons X dont le plus long s’étire sur plusieurs milliers d’années-lumière. Continuer la lecture de Le télescope James Webb nous dévoile la galaxie Centaurus A

L’inquiétant miroir Eärendil-1 bientôt en orbite ?

Éclairer la nuit avec un miroir en orbite ? C’est ce que devrait être capable de faire Eärendil-1, le pionnier d’une inquiétante flottille. 

La nuit en sursis :

Eärendil-1 emprunte son nom à l’un des personnages imaginaires de J. R. R. Tolkien. Si, dans les textes de l’écrivain britannique, il devient une étoile, il pourrait bien les faire disparaître. Car c’est le nom qu’a choisi Reflect Orbital pour désigner le premier de ses miroirs placés en orbite (à 625 km d’altitude). Objectif : éclairer temporairement des zones terrestres d’environ 5 kilomètres de diamètre avec l’intensité de la Pleine Lune. Sur son site, la société vente les mérites de ce projet : éclairer la nuit des équipes de secours (séismes, incendies…), des chantiers ou encore des centrales solaires. Un éclairage d’appoint payant, bien entendu.

Reflect Orbital prévoit la mise en service de miroirs en orbite. © Montage Cielmania

La FCC (Federal Communications Commission) vient de donner son feu vert pour la mise en orbite du premier miroir (un film réfléchissant de 18 mètres de diamètre). Il devrait être testé dans l’espace d’ici la fin de l’année. Si le premier essai est concluant, Reflect Orbital prévoit la mise en service de 50.000 miroirs d’ici 2035 ! La société assure qu’elle prendra soin d’éviter les “zones d’astronomie“. Pas de quoi rassurer les amoureux des étoiles, déjà inquiets par la prolifération des constellations de satellites

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Insolite : la Station spatiale du côté de Saturne

L’astrophotographe Quentin Gineys a immortalisé le passage de la Station spatiale à proximité de Saturne depuis l’Île de la Réunion.

Des anneaux et des Hommes :

Il y a quelques semaines, Saturne a pris place dans le ciel du matin. Cela n’a pas échappé aux astrophotographes, qui nous ont offert les premières images de l’ouverture des anneaux. Pour Quentin Gineys (voir son site internet et son compte Instagram), installé sur l’Île de la Réunion, une autre opportunité s’est présentée : celle de saisir le passage de la Station spatiale à proximité de la planète aux anneaux. Et la chose est loin d’être évidente, quand on sait que l’ISS met en moyenne moins d’une seconde pour passer devant la Lune ou le Soleil ! Une vitesse dont on peut avoir idée en regardant cette vidéo.  Quant à l’image finale, la voici :

À savoir :

La Station spatiale internationale (ISS en anglais pour International Space Station) circule à environ 400 kilomètres au-dessus de nos têtes. Elle est le fruit d’une coopération entre les agences spatiales américaine, européenne, japonaise et canadienne. L’assemblage de cette structure de plus de 300 tonnes grande comme un terrain de football a commencé en 1998. Elle est occupée en permanence par des astronautes qui la rejoignent désormais avec la capsule Crew Dragon. Rappelons que la spationaute française Sophie Adenot est à bord de la Station depuis le 14 février 2026.

Dernières nouvelles de la planète :

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Découverte de deux curieuses exoplanètes “cotonneuses”

Le bestiaire des exoplanètes vient de s’enrichir de deux étranges planètes géantes moins denses que de la barbe à papa.

Des mondes intrigants :

Les exoplanètes sont de plus en plus nombreuses. En effet, depuis la découverte de 51 Pegasi b en 1995, les astronomes en ont recensé des milliers. Et c’est peu dire qu’elles sont d’une grande diversité ! Il y a par exemple des géantes gazeuses brûlantes (Jupiter chaudes), des planètes rocheuses (super-terres), et même des astres recouverts d’un immense océan liquide. Constitués de gaz, de roche, ou de glace, ces corps ont une température de surface qui peut varier de +4000° à -223° selon la distance qui les sépare de leur étoile !

Vue d’artiste de la diversité des exoplanètes. © Martin Vargic

La découverte récente de deux planètes géantes poids plume vient enrichir un peu plus cet inventaire à la Prévert. Il s’agit de deux astres qui orbitent autour de TOI-791, une étoile de la constellation australe du Poisson volant située à un peu plus de 1000 années-lumière. TOI-791 b et TOI-791 c, c’est leur nom, ont pu être caractérisées grâce à l’instrument ASTEP, un télescope installé en Antarctique dans la station Concordia. Les mesures obtenues révèlent que les deux planètes, à peu près de la taille de Jupiter, sont particulièrement légères. Elles ont des densités comprises entre 0,04 et 0,05 gramme par centimètre cube, inférieures à celle de la barbe à papa ! À titre de comparaison, la densité de la Terre est 130 fois plus élevée, celle de Jupiter 30 fois plus élevée. Reste à comprendre comment de telles planètes “cotonneuses” ont pu se former…

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La sonde Hayabusa2 tire le portrait de l’astéroïde Torifune

Le 5 juillet 2026, la sonde Hayabusa2 a survolé en rase-motte l’astéroïde (98943) Torifune, dévoilant sa forme en cacahuète.

Prouesse technique :

(98943) Torifune est un astéroïde découvert en 2001 par le réseau de surveillance LINEAR. Son nom dérive de Ame no Torifune no Kami, une divinité de la mythologie japonaise. Membre de la famille des géocroiseurs, il a reçu ce 5 juillet la visite de la sonde japonaise Hayabusa2. Les techniciens de la JAXA ont réussi à faire passer leur sonde à seulement un kilomètre de l’astéroïde :

Un rase-motte qui a permis de découvrir la forme en cacahuète de l’astéroïde (probablement deux petits astéroïdes accolés). Mais ce survol est surtout la preuve que les ingénieurs japonais maîtrisent parfaitement ces délicates manœuvres. Un savoir-faire qui marque une nouvelle étape dans la défense planétaire, après le succès de la mission DART. Continuer la lecture de La sonde Hayabusa2 tire le portrait de l’astéroïde Torifune

Éphémérides : le ciel du mois de juillet 2026

En juillet 2026, la Lune a rendez-vous avec quelques planètes ou étoiles brillantes, des rapprochements apparents à savourer aux jumelles.

Vision amplifiée :

La plupart des amoureux du ciel nocturne ont fait leur premiers pas avec une paire de jumelles. Grâce à sa simplicité d’utilisation, c’est l’instrument idéal pour commencer à scruter le ciel nocturne. Il peut même devenir l’instrument principal de l’observateur, tant il est polyvalent. Il suffit pour s’en convaincre de feuilleter “Le ciel aux jumelles“, un excellent guide pour optimiser ses observations :

En juillet 2026, vous pouvez dépoussiérer les jumelles qui dorment dans un tiroir ! Elles vont vous permettre de belles découvertes, la Lune servant de guide. Une application comme Stellarium pourra vous être utile pour repérer les astres les plus discrets aux côtés de notre satellite naturel. Continuer la lecture de Éphémérides : le ciel du mois de juillet 2026

Premières images de l’ouverture des anneaux de Saturne

Après avoir assisté à leur fermeture en 2025, les astronomes vont pouvoir suivre la lente ouverture des anneaux de Saturne jusqu’en 2032.

Fascinants anneaux :

En raison de l’inclinaison du plan équatorial de Saturne, l’aspect de ses anneaux change au cours d’une révolution autour du Soleil (en un peu moins de 30 ans). Lors des solstices saturniens (comme en octobre 2017), nous les voyons avec un angle maximal de 26° 44′. Au moment des équinoxes saturniens (le dernier s’est produit en 2025), ils sont visibles par la tranche. Ils vont maintenant s’ouvrir progressivement et atteindront un angle de 27° en 2032.

Saturne a été inobservable durant les semaines qui entouraient sa conjonction avec le Soleil le 26 mars 2026. On a pu recommencer à la repérer fin avril, très basse sur l’horizon Est à l’aube. Le 25 avril, elle faisait un timide retour aux côtés de Vénus et la Lune. Voilà qu’en cette fin de mois de juin, elle est désormais assez haute pour en réaliser de bonnes images télescopiques. Une occasion que n’ont pas laissé passer Simon Labergère, Martin Bernier, Hafedh Driss ou encore Moisés Portillo :

Si vous souhaitez repérer la planète la plus fascinante du Système solaire, guettez ses prochains rapprochements avec la Lune le 7 juillet, le 3 août ou encore le 26 septembre, quelques jours avant l’opposition du 4 octobre. Des rendez-vous que je ne manquerai pas de vous présenter dans les éphémérides.

Dernières nouvelles de la planète :

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Fabrice Morin, le photographe qui apprivoise la Lune

Vous pensiez tout connaître de la Lune ? Découvrez l’incroyable résolution des clichés lunaires de Fabrice Morin.

La Lune revisitée :

Avec Fabrice Morin, la Lune montre un nouveau visage. Car cet astrophotographe a choisi de lui consacrer ses meilleures nuits pour en réaliser des portraits saisissants. Finesse des détails, étonnants jeux d’ombre et de lumière, contrastes accentués, tout concourt à nous faire redécouvrir notre satellite naturel. Depuis les premiers clichés des frères Henry en 1893, les astronomes n’ont en effet jamais cessé d’immortaliser les paysages lunaires, un spectacle toujours renouvelé en raison des variations d’éclairage.

Passion de jeunesse :

Armé d’un télescope de 400 millimètres de diamètre, Fabrice Morin (voir son site photo) s’inscrit dans cette longue lignée d’admirateurs. Laissons-lui nous parler de sa passion : “J’ai 53 ans et je pratique l’astrophotographie depuis maintenant plus de 35 ans. J’ai commencé par l’imagerie du ciel profond à l’époque de l’argentique. J’utilisais pour cela un télescope Newton de 250mm entièrement construit par mon père.

Avec l’avènement des premières caméras dédiées, je me suis orienté progressivement vers l’imagerie planétaire. J’ai ainsi réalisé des images de la Lune et des planètes avec différents instruments. Depuis quelques mois, je suis l’heureux possesseur d’un DocTelescope de 400mm (f/4,5). Cet instrument, construit par l’artisan italien Marco Guidi, m’a permis de faire, en conditions optimales, de superbes observations de la Lune.”

On peut également retrouver les images de ce photographe sur sa page Facebook.

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La route poussiéreuse de la comète Tempel 2

Deux astrophotographes ont mis en évidence la fine traînée de poussières abandonnées sur son orbite par la comète Tempel 2.

Poussières de comète :

Tempel 2 est l’un des nombreux astres chevelus dénichés par l’astronome allemand Ernst Wilhelm Tempel. Cette comète, connue également sous l’appellation 10P/Tempel, fut découverte le 4 juillet 1873. Les astronomes guetteront son prochain passage au périhélie le 2 août 2026. Il sera alors possible de la suivre aux jumelles, mais depuis l’hémisphère Sud. Comme toutes les comètes, 10P/Tempel abandonne de la poussière dans son sillage. Cette poussière cométaire, nous pouvons tous la visualiser lors d’une belle nuit du mois d’août par exemple. À cette époque, la Terre coupe l’orbite de la comète 109P/Swift-Tuttle. Les grains de poussière abandonnés par l’astre chevelu deviennent alors des étoiles filantes, les célèbres Perséides :

Une brillante Perséide apparaît brièvement en fin de nuit. © Jean-Baptiste Feldmann

À chacun de ses passages (tous les 5,4 ans environ), 10P/Tempel alimente donc son propre sillage poussiéreux. Une trace que les progrès de l’astrophotographie permettent désormais de visualiser, comme le montre ce remarquable cliché réalisé par le tandem Julien De Winter/Landon Boehm :

Spectaculaire mise en évidence de la traînée de poussières déposées le long de son orbite par la comète périodique 10P/Tempel. © Julien De Winter/Landon Boehm

Comme nous l’explique Julien De Winter, “le phénomène est surtout visible autour du périhélie, le moment où la comète (le halo vert au centre de l’image) perd le plus de poussières. Les particules les plus grosses restent dans son sillage car la pression de radiation n’est pas suffisante pour les éjecter. Ce sont elles qui forment la trace rectiligne visible sur ce cliché. Les particules plus petites constitueront la queue de poussière de la comète.”

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Spectacle céleste : Vénus aux côtés du croissant de Lune

Le rapprochement apparent entre Vénus et le croissant de Lune dans la soirée du 17 juin 2026 a tenu toutes ses promesses.

Rendez-vous céleste :

C’est un croissant de Lune bien accompagné qui nous a ravi hier soir. Ce spectacle, je vous l’avais d’ailleurs annoncé dans les éphémérides. Un rapprochement très serré entre deux astres particulièrement brillants. D’un côté, la planète Vénus. Après sa conjonction avec Jupiter il y a quelques jours, la planète la plus chaude du Système solaire continue de briller dans le ciel du soir. De l’autre, le croissant de Lune, qui est venu lui tenir compagnie quelques heures. Un peu partout, le beau temps a permis d’immortaliser ce très beau rendez-vous céleste. Pour ma part, j’ai choisi de montrer le mouvement apparent des deux astres durant la soirée :

J’ai donc réalisé 14 images espacées de trois minutes, que j’ai ensuite superposées avec le logiciel StarMax. J’utilisais pour l’occasion un boîtier Nikon D3200 et un zoom 70-400 millimètres réglé sur la focale la plus courte. Les poses étaient de 1 seconde à 100 iso. Les deux astres se retrouveront dans une configuration à peu près similaire durant la soirée du 17 juillet. Ce sera alors l’occasion de les admirer de nouveau ensemble.

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La planète Mars est de retour à l’aube

Très discrètement, la planète Mars revient nous rendre visite. Mais patience, elle n’est pas encore accessible avec un télescope. 

Fascinante planète Mars :

C’est un petit point orangé qui captive les hommes depuis l’Antiquité. Lisez à ce sujet “De Lowell à Perseverance, la planète Mars nous a toujours fait rêver” . Sa couleur, Mars la doit à la poussière riche en oxyde de fer qui recouvre sa surface. Une teinte qui lui a valu le surnom de Planète rouge. Tous les vingt-cinq mois environ, elle passe à l’opposition, la meilleure période pour l’observer. La dernière s’est produite le 16 janvier 2025, la prochaine est fixée au 19 février 2027. Mais toutes les oppositions ne se valent pas. En 2003, la distance qui nous séparait de Mars était passée sous la barre des 60 millions de kilomètres, et il faudra attendre 2035 pour retrouver une situation aussi favorable.

Pour l’instant, Mars n’est qu’un astre de magnitude 1,3 situé à plus de 320 millions de kilomètres ! Un petit confetti noyé dans les lueurs de l’aube, comme sur ce cliché réalisé le 13 juin au lever du jour. Le dernier croissant de Lune était également présent. Image réalisée avec un boîtier Nikon D7100 et un zoom 80-400 mm (réglé sur 80 mm de focale), 2 sec de pose à 2000 iso.

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Les belles images de la conjonction Jupiter-Vénus

Les photographes ont immortalisé la belle conjonction Jupiter-Vénus facilement observable au-dessus de l’horizon Ouest.

Rapprochement apparent :

Conjonction : le dictionnaire nous apprend qu’il s’agit d’un rapprochement entre deux astres. Pendant quelques temps, vus depuis la Terre, ils nous semblent très proches. Mais attention, ces rapprochements ne sont qu’apparents. Prenez par exemple le cas de Jupiter et Vénus, qui se frôlent actuellement en soirée :

Alors que Vénus est à un peu plus de 150 millions de kilomètres de nous, Jupiter est six fois plus éloignée ! Il arrive, dans de rares cas, que l’un des deux astres passe devant l’autre : ce sera le cas le 12 août 2026, quand la Lune cachera le Soleil. On parle alors d’occultation ou d’éclipse.

Désormais, Jupiter et Vénus vont s’éloigner dans le ciel. Jupiter va se rapprocher de l’horizon, puis devenir inobservable début juillet. On retrouvera la planète gazeuse géante à l’aube (côté Est) dans la seconde quinzaine du mois d’août. Elle frôlera la planète Mars entre le 14 et le 18 novembre, nous offrant une autre très belle conjonction planétaire (nous en reparlerons dans les éphémérides). Quant à Vénus, la voilà bien installée pour l’été côté Ouest au crépuscule. Elle glissera ensuite vers le Soleil fin septembre pour revenir à l’aube (à l’Est) en novembre.

Images de Paolo Palma, Nathalie Roy, Jean-François Graffand, Benjamin van Jaarsveldt, Nasser Kaveh, François Quesnel, Heiko Ulbricht.

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Co-découvreur de la comète Hale-Bopp, Alan Hale est décédé

Alan Hale est décédé le 6 juin 2026. Avec Thomas Bopp, ils avaient découvert la célèbre comète Hale-Bopp en juillet 1995.

Une comète pour l’éternité :

Si le nom de Alan Hale est bien connu des astronomes, c’est parce que cet américain a co-découvert l’une des plus brillantes comètes du XXe siècle, C/1995 O1, la nuit du 22 au 23 juillet 1995. À l’époque, il est déjà un passionné de comètes : il en a observé près de deux cents, la première en 1970. C’est pour assouvir sa passion qu’il s’est installé à Cloudcroft, au Nouveau-Mexique. Perché à 2.500 mètres d’altitude, l’endroit est réputé pour son ciel particulièrement noir. Le soir du 22 juillet 1995, il a décidé d’observer 6P/d’Arrest. Il s’agit d’une comète périodique découverte en 1851 par l’astronome prussien Heinrich Louis d’Arrest. En attendant que l’astre chevelu se lève, l’astronome décide de pointer son télescope en direction de la constellation du Sagittaire :

Alan Hale aux côtés du télescope avec lequel il a découvert C/1995 O1. Crédit Karen Lowe

On dit que le hasard n’existe pas. Qu’est ce qui l’a poussé à viser l’amas globulaire Messier 70 ? On ne le saura jamais. Dans cette portion du Sagittaire, les objets nébuleux ne manquent pas. Mais l’homme connait le ciel sur le bout du doigt, et la consultation de ses atlas célestes n’y change rien. Il y a bel et bien une petite tache floue inconnue à proximité de cet amas ! Continuer la lecture de Co-découvreur de la comète Hale-Bopp, Alan Hale est décédé