Tous les articles par Jean-Baptiste FELDMANN

Premières images de l’ouverture des anneaux de Saturne

Après avoir assisté à leur fermeture en 2025, les astronomes vont pouvoir suivre la lente ouverture des anneaux de Saturne jusqu’en 2032.

Fascinants anneaux :

En raison de l’inclinaison du plan équatorial de Saturne, l’aspect de ses anneaux change au cours d’une révolution autour du Soleil (en un peu moins de 30 ans). Lors des solstices saturniens (comme en octobre 2017), nous les voyons avec un angle maximal de 26° 44′. Au moment des équinoxes saturniens (le dernier s’est produit en 2025), ils sont visibles par la tranche. Ils vont maintenant s’ouvrir progressivement et atteindront un angle de 27° en 2032.

Saturne a été inobservable durant les semaines qui entouraient sa conjonction avec le Soleil le 26 mars 2026. On a pu recommencer à la repérer fin avril, très basse sur l’horizon Est à l’aube. Le 25 avril, elle faisait un timide retour aux côtés de Vénus et la Lune. Voilà qu’en cette fin de mois de juin, elle est désormais assez haute pour en réaliser de bonnes images télescopiques. Une occasion que n’ont pas laissé passer Simon Labergère, Martin Bernier, Hafedh Driss ou encore Moisés Portillo :

Si vous souhaitez repérer la planète la plus fascinante du Système solaire, guettez ses prochains rapprochements avec la Lune le 7 juillet, le 3 août ou encore le 26 septembre, quelques jours avant l’opposition du 4 octobre. Des rendez-vous que je ne manquerai pas de vous présenter dans les éphémérides.

Dernières nouvelles de la planète :

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Fabrice Morin, le photographe qui apprivoise la Lune

Vous pensiez tout connaître de la Lune ? Découvrez l’incroyable résolution des clichés lunaires de Fabrice Morin.

La Lune revisitée :

Avec Fabrice Morin, la Lune montre un nouveau visage. Car cet astrophotographe a choisi de lui consacrer ses meilleures nuits pour en réaliser des portraits saisissants. Finesse des détails, étonnants jeux d’ombre et de lumière, contrastes accentués, tout concourt à nous faire redécouvrir notre satellite naturel. Depuis les premiers clichés des frères Henry en 1893, les astronomes n’ont en effet jamais cessé d’immortaliser les paysages lunaires, un spectacle toujours renouvelé en raison des variations d’éclairage.

Passion de jeunesse :

Armé d’un télescope de 400 millimètres de diamètre, Fabrice Morin (voir son site photo) s’inscrit dans cette longue lignée d’admirateurs. Laissons-lui nous parler de sa passion : “J’ai 53 ans et je pratique l’astrophotographie depuis maintenant plus de 35 ans. J’ai commencé par l’imagerie du ciel profond à l’époque de l’argentique. J’utilisais pour cela un télescope Newton de 250mm entièrement construit par mon père.

Avec l’avènement des premières caméras dédiées, je me suis orienté progressivement vers l’imagerie planétaire. J’ai ainsi réalisé des images de la Lune et des planètes avec différents instruments. Depuis quelques mois, je suis l’heureux possesseur d’un DocTelescope de 400mm (f/4,5). Cet instrument, construit par l’artisan italien Marco Guidi, m’a permis de faire, en conditions optimales, de superbes observations de la Lune.”

On peut également retrouver les images de ce photographe sur sa page Facebook.

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La route poussiéreuse de la comète Tempel 2

Deux astrophotographes ont mis en évidence la fine traînée de poussières abandonnées sur son orbite par la comète Tempel 2.

Poussières de comète :

Tempel 2 est l’un des nombreux astres chevelus dénichés par l’astronome allemand Ernst Wilhelm Tempel. Cette comète, connue également sous l’appellation 10P/Tempel, fut découverte le 4 juillet 1873. Les astronomes guetteront son prochain passage au périhélie le 2 août 2026. Il sera alors possible de la suivre aux jumelles, mais depuis l’hémisphère Sud. Comme toutes les comètes, 10P/Tempel abandonne de la poussière dans son sillage. Cette poussière cométaire, nous pouvons tous la visualiser lors d’une belle nuit du mois d’août par exemple. À cette époque, la Terre coupe l’orbite de la comète 109P/Swift-Tuttle. Les grains de poussière abandonnés par l’astre chevelu deviennent alors des étoiles filantes, les célèbres Perséides :

Une brillante Perséide apparaît brièvement en fin de nuit. © Jean-Baptiste Feldmann

À chacun de ses passages (tous les 5,4 ans environ), 10P/Tempel alimente donc son propre sillage poussiéreux. Une trace que les progrès de l’astrophotographie permettent désormais de visualiser, comme le montre ce remarquable cliché réalisé par le tandem Julien De Winter/Landon Boehm :

Spectaculaire mise en évidence de la traînée de poussières déposées le long de son orbite par la comète périodique 10P/Tempel. © Julien De Winter/Landon Boehm

Comme nous l’explique Julien De Winter, “le phénomène est surtout visible autour du périhélie, le moment où la comète (le halo vert au centre de l’image) perd le plus de poussières. Les particules les plus grosses restent dans son sillage car la pression de radiation n’est pas suffisante pour les éjecter. Ce sont elles qui forment la trace rectiligne visible sur ce cliché. Les particules plus petites constitueront la queue de poussière de la comète.”

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Spectacle céleste : Vénus aux côtés du croissant de Lune

Le rapprochement apparent entre Vénus et le croissant de Lune dans la soirée du 17 juin 2026 a tenu toutes ses promesses.

Rendez-vous céleste :

C’est un croissant de Lune bien accompagné qui nous a ravi hier soir. Ce spectacle, je vous l’avais d’ailleurs annoncé dans les éphémérides. Un rapprochement très serré entre deux astres particulièrement brillants. D’un côté, la planète Vénus. Après sa conjonction avec Jupiter il y a quelques jours, la planète la plus chaude du Système solaire continue de briller dans le ciel du soir. De l’autre, le croissant de Lune, qui est venu lui tenir compagnie quelques heures. Un peu partout, le beau temps a permis d’immortaliser ce très beau rendez-vous céleste. Pour ma part, j’ai choisi de montrer le mouvement apparent des deux astres durant la soirée :

J’ai donc réalisé 14 images espacées de trois minutes, que j’ai ensuite superposées avec le logiciel StarMax. J’utilisais pour l’occasion un boîtier Nikon D3200 et un zoom 70-400 millimètres réglé sur la focale la plus courte. Les poses étaient de 1 seconde à 100 iso. Les deux astres se retrouveront dans une configuration à peu près similaire durant la soirée du 17 juillet. Ce sera alors l’occasion de les admirer de nouveau ensemble.

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La planète Mars est de retour à l’aube

Très discrètement, la planète Mars revient nous rendre visite. Mais patience, elle n’est pas encore accessible avec un télescope. 

Fascinante planète Mars :

C’est un petit point orangé qui captive les hommes depuis l’Antiquité. Lisez à ce sujet “De Lowell à Perseverance, la planète Mars nous a toujours fait rêver” . Sa couleur, Mars la doit à la poussière riche en oxyde de fer qui recouvre sa surface. Une teinte qui lui a valu le surnom de Planète rouge. Tous les vingt-cinq mois environ, elle passe à l’opposition, la meilleure période pour l’observer. La dernière s’est produite le 16 janvier 2025, la prochaine est fixée au 19 février 2027. Mais toutes les oppositions ne se valent pas. En 2003, la distance qui nous séparait de Mars était passée sous la barre des 60 millions de kilomètres, et il faudra attendre 2035 pour retrouver une situation aussi favorable.

Pour l’instant, Mars n’est qu’un astre de magnitude 1,3 situé à plus de 320 millions de kilomètres ! Un petit confetti noyé dans les lueurs de l’aube, comme sur ce cliché réalisé le 13 juin au lever du jour. Le dernier croissant de Lune était également présent. Image réalisée avec un boîtier Nikon D7100 et un zoom 80-400 mm (réglé sur 80 mm de focale), 2 sec de pose à 2000 iso.

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Les belles images de la conjonction Jupiter-Vénus

Les photographes ont immortalisé la belle conjonction Jupiter-Vénus facilement observable au-dessus de l’horizon Ouest.

Rapprochement apparent :

Conjonction : le dictionnaire nous apprend qu’il s’agit d’un rapprochement entre deux astres. Pendant quelques temps, vus depuis la Terre, ils nous semblent très proches. Mais attention, ces rapprochements ne sont qu’apparents. Prenez par exemple le cas de Jupiter et Vénus, qui se frôlent actuellement en soirée :

Alors que Vénus est à un peu plus de 150 millions de kilomètres de nous, Jupiter est six fois plus éloignée ! Il arrive, dans de rares cas, que l’un des deux astres passe devant l’autre : ce sera le cas le 12 août 2026, quand la Lune cachera le Soleil. On parle alors d’occultation ou d’éclipse.

Désormais, Jupiter et Vénus vont s’éloigner dans le ciel. Jupiter va se rapprocher de l’horizon, puis devenir inobservable début juillet. On retrouvera la planète gazeuse géante à l’aube (côté Est) dans la seconde quinzaine du mois d’août. Elle frôlera la planète Mars entre le 14 et le 18 novembre, nous offrant une autre très belle conjonction planétaire (nous en reparlerons dans les éphémérides). Quant à Vénus, la voilà bien installée pour l’été côté Ouest au crépuscule. Elle glissera ensuite vers le Soleil fin septembre pour revenir à l’aube (à l’Est) en novembre.

Images de Paolo Palma, Nathalie Roy, Jean-François Graffand, Benjamin van Jaarsveldt, Nasser Kaveh, François Quesnel, Heiko Ulbricht.

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Co-découvreur de la comète Hale-Bopp, Alan Hale est décédé

Alan Hale est décédé le 6 juin 2026. Avec Thomas Bopp, ils avaient découvert la célèbre comète Hale-Bopp en juillet 1995.

Une comète pour l’éternité :

Si le nom de Alan Hale est bien connu des astronomes, c’est parce que cet américain a co-découvert l’une des plus brillantes comètes du XXe siècle, C/1995 O1, la nuit du 22 au 23 juillet 1995. À l’époque, il est déjà un passionné de comètes : il en a observé près de deux cents, la première en 1970. C’est pour assouvir sa passion qu’il s’est installé à Cloudcroft, au Nouveau-Mexique. Perché à 2.500 mètres d’altitude, l’endroit est réputé pour son ciel particulièrement noir. Le soir du 22 juillet 1995, il a décidé d’observer 6P/d’Arrest. Il s’agit d’une comète périodique découverte en 1851 par l’astronome prussien Heinrich Louis d’Arrest. En attendant que l’astre chevelu se lève, l’astronome décide de pointer son télescope en direction de la constellation du Sagittaire :

Alan Hale aux côtés du télescope avec lequel il a découvert C/1995 O1. Crédit Karen Lowe

On dit que le hasard n’existe pas. Qu’est ce qui l’a poussé à viser l’amas globulaire Messier 70 ? On ne le saura jamais. Dans cette portion du Sagittaire, les objets nébuleux ne manquent pas. Mais l’homme connait le ciel sur le bout du doigt, et la consultation de ses atlas célestes n’y change rien. Il y a bel et bien une petite tache floue inconnue à proximité de cet amas ! Continuer la lecture de Co-découvreur de la comète Hale-Bopp, Alan Hale est décédé

Jupiter et Vénus se rapprochent, Mercure s’invite discrètement

Alors que Jupiter et Vénus préparent leur baiser du 9 juin, la fugace Mercure fait son retour sur l’horizon Ouest.

Messager des Dieux :

Plus proche planète du Soleil, Mercure est toujours délicate à observer. Elle est perdue dans les lueurs de l’aube ou du crépuscule. Les premiers Égyptiens ont d’ailleurs longtemps cru qu’il s’agissait de deux astres différents : un le soir, un autre le matin. Mais si vous savez à quel moment et dans quelle direction regarder, vous la trouverez facilement en raison de son éclat assez élevé. C’est d’ailleurs sa luminosité qui avait permis aux Sumériens de la repérer dès l’Antiquité :

Mercure saisie au-dessus de la cité médiévale de Chauvigny en 2019. © CIELMANIA

En raison de son déplacement très rapide (la planète met seulement 88 jours pour faire le tour du Soleil), les Romains lui avaient donné le nom du dieu du commerce. Chez les Grecs, cet astre était assimilé à Hermès, le Messager des Dieux, et actuellement, on peut l’admirer au crépuscule, mais peu de gens la remarquent. Car un peu plus haut, Jupiter et Vénus lui volent la vedette. Les deux planètes les plus brillantes ne cessent en effet de se rapprocher :

Trio planétaire observable dans la soirée du 5 juin 2026. © CIELMANIA

l’image ci-dessus a été réalisée dans la soirée du 5 juin. L’écart entre les deux va continuer de se réduire, et dans quatre jours, Jupiter et Vénus seront espacés d’environ 1,5° seulement. Un spectacle que l’on peut désormais suivre également dans une paire de jumelles.

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Éphémérides : le ciel du mois de juin 2026

Au cours de ce mois de juin 2026, il faudra guetter les nuages noctiluques et admirer le baiser de Jupiter à Vénus.

Pas de nuit noire :

Qu’observer en juin 2026, alors que les nuits sont les plus courtes de l’année ? Rassurez-vous, il n’est pas toujours nécessaire d’attendre que le ciel soit noir. Outre l’étude des taches solaires (voir comment observer l’activité solaire en toute sécurité), nous entrons dans la bonne période pour guetter les fugaces nuages noctiluques (noctilucent clouds, NLC en anglais). Ces nuages polaires mésosphériques se forment à 80 kilomètres d’altitude. Dans un environnement glacé (-130° C), des traînées de vapeur d’eau se condensent autour des poussières d’étoiles filantes ou d’éruptions volcaniques pour former des cristaux de glace. Ce sont ces cristaux qui renvoient la lumière des derniers (le soir) ou premiers (le matin) rayons solaires :

Festival de nuages noctiluques à l’aube durant l’été 2024. © Jean-Baptiste Feldmann

Mais ce mois de juin sera surtout l’occasion d’admirer un très beau rapprochement apparent entre Jupiter et Vénus. Continuer la lecture de Éphémérides : le ciel du mois de juin 2026

Zoom sur l’étrange nébuleuse planétaire NGC 5189

Même si elle est classée dans la catégorie des nébuleuses planétaires, NGC 5189 ne leur ressemble vraiment pas.

Une curieuse nébuleuse :

Située dans la constellation australe de la Mouche, NGC 5189 est l’une des 1500 nébuleuses planétaires (NP) recensées dans notre galaxie. La première NP observée fut la nébuleuse de l’Haltère en 1764 par l’infatigable Charles Messier:

Messier 27, nébuleuse de l’Haltère, Dumbbell : trois noms pour une même nébuleuse planétaire dans la constellation du Petit Renard. © P. Renauld

Dans les petits télescopes, ces nébuleuses ressemblent à de lointaines planètes, d’où leur appellation. Mais il s’agit en réalité d’une étape dans la mort des étoiles. Lorsqu’une étoile passe du stade de géante rouge à celui de naine blanche, elle expulse son enveloppe externe. Cette matière éjectée s’éloigne à des vitesses très rapides, de l’ordre de 20 à 30 kilomètres/seconde.  Certaines NP comme la nébuleuse du Hibou ont un aspect circulaire. Pour d’autres, comme Hubble 12, le gaz éjecté s’écoule par les pôles de l’étoile, donnant naissance à une nébuleuse bipolaire. Mais dans le cas de NGC 5189, quel processus est en œuvre ?

Les astronomes ont bien du mal à expliquer les mécanismes à l’origine de cet aspect inhabituel.  Faute de réponse, ils lui tirent le portrait. C’est le cas de Wolfgang Promper, l’auteur de cette belle image. En 2004, Bertrand Laville avait réalisé plusieurs dessins de cette curieuse NP lors d’un séjour en Namibie. Le télescope spatial Hubble a également été mis à contribution pour l’immortaliser.

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Jupiter et Vénus préparent leur rendez-vous du 9 juin

Prenez note : dans la soirée du 9 juin 2026, Jupiter et Vénus ont rendez-vous au crépuscule. Un rapprochement planétaire à ne pas manquer.

Rencontre céleste :

Ce 9 juin, tous les regards seront tournés vers l’horizon Ouest en début de nuit. C’est là que Jupiter et Vénus se croiseront, pour notre plus grand plaisir. Ce soir-là, les deux planètes seront espacées de 1,5° apparent environ. C’est trois fois le diamètre de la Pleine Lune seulement :

Ne manquez pas le rendez-vous planétaire dans la soirée 9 juin. © Stellarium

Un très joli spectacle céleste, sorte de mise en bouche avant le 12 août. À cette date, vous le savez sans doute, c’est la Lune qui aura rendez-vous avec le Soleil. Une très belle éclipse, dont vous trouverez tous les détails ici. Mais revenons à ce fameux 9 juin. Imaginez : dans un petit télescope, vous pourrez distinguer Jupiter (accompagné de ses quatre principaux satellites) et Vénus dans le même champ. Bien entendu, il sera également possible d’admirer ce spectacle à l’œil nu, car les deux astres sont très brillants. On peut déjà le constater sur ce cliché, réalisé dans la soirée du 21 mai depuis le Beaujolais :

Ce soir-là, la Lune était un peu plus haut, formant un alignement avec Jupiter et Vénus. L’écart entre les deux planètes est encore important, mais il va considérablement se réduire au fil des soirs. Après le 9 juin, Jupiter plongera dans les lueurs solaires, pendant que Vénus poursuivra sa remontée le long de l’écliptique.

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Plongée au cœur de l’amas globulaire NGC 6723

NGC 6723, l’un des nombreux amas globulaires qui peuplent le Sagittaire, a été immortalisé par l’astrophotographe Adam Block. 

Vestiges cosmiques :

Les amas globulaires comme NGC 6723 intéressent beaucoup les astrophysiciens. Avec des âges compris entre 10 et 14 milliards d’années, ils font office de fossiles des galaxies dont ils occupent la périphérie. On en compte environ 200 en orbite autour de notre Voie lactée. Le plus célèbre d’entre eux est Messier 13, visible dans la modeste constellation d’Hercule, à l’ouest du Triangle d’été. Si les nébuleuses restent ternes même dans un gros télescope, la vision d’un amas globulaire est toujours incroyable. Imaginez un poudroiement d’étoiles, avec une vertigineuse impression de relief.

Aujourd’hui, je vous entraîne dans le Sagittaire : c’est là que nous attend NGC 6723. Cet amas, découvert par James Dunlop en 1826, se situe à environ 28.000 années-lumière. De magnitude 7, il a un diamètre apparent de 10 minutes d’arc, le tiers de la Pleine Lune. Pour réaliser cette image, Adam Block a posé plus d’une heure avec un télescope de 60 centimètres de diamètre. Son cliché peut être comparé à celui réalisé par le télescope VISTA, dont le miroir principal a un diamètre de 4,1 mètres.

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Spectacle : la comète C/2025 R3 (PANSTARRS) du côté d’Orion

La comète C/2025 R3 (PANSTARRS) vient de passer non loin de la célèbre nébuleuse d’Orion, un spectacle immortalisé depuis l’hémisphère Sud. 

Rencontre céleste :

C/2025 R3 (PANSTARRS) a été découverte le 8 septembre 2025 par le réseau de surveillance Pan-Starrs (Panoramic Survey Telescope and Rapid Response System). Il s’agit d’une comète non périodique, tout comme la célèbre C/1995 O1 (Hale-Bopp). Dans cette famille, on range tous les astres chevelus dont la période orbitale est supérieure à 200 ans. Comme le prouvent ces images, elle a été bien suivie par les astronomes européens à la fin de l’hiver. Après son passage au périhélie le 19 avril, elle est devenue observable sous l’Équateur. Pour les astrophotographes de l’hémisphère boréal, restait alors la possibilité de la photographier à distance :

Cliché réalisé le 10 mai 2026 depuis la Namibie. © Gerald Rhemann/Michael Jäger

C’est par exemple ce qu’ont fait Benoit de Mulder, Julien De Winter, Alessandro Ravagnin ou encore le célèbre tandem Gerald Rhemann/Michael Jäger. Bien leur en a pris, puisque l’astre chevelu a traversé la constellation d’Orion, à proximité de la célèbre nébuleuse Messier 42. Mais vous l’aurez compris, la comète est en réalité bien plus proche de nous que la nébuleuse.

À savoir :

La nébuleuse d’Orion est distante d’environ 1.400 années-lumière. Surnommée Messier 42 (M42) ou encore NGC 1976, est l’une des plus brillantes nébuleuses en émission. C’est sans conteste le plus bel objet céleste du ciel hivernal :

La constellation d’Orion abrite la plus belle nébuleuse. © Jean-Baptiste Feldmann

Je vous recommande de l’admirer avec une simple paire de jumelles, loin des lumières urbaines. Curieusement, elle ne semble pas avoir attiré l’attention des astronomes de l’Antiquité. Il faut donc attendre le début du XVIIe siècle pour en trouver mention. Elle sera ultérieurement incluse par Charles Messier dans son célèbre catalogue.

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1860, 1900, 2026 : éclipses au pays de Don Quichotte

Le 12 août 2026, l’Espagne vivra au rythme d’une éclipse totale de Soleil. Un phénomène qui en rappelle d’autres, survenus au XIXe siècle.

Soleils noirs en Espagne :

Le 12 août 2026, il y aura sans doute beaucoup de monde en Espagne. Admirer le Soleil noir en pleine période de vacances d’été, voilà qui a de quoi mobiliser les passionnés ! De nombreux séjours sont déjà proposés sur le Web pour faire vivre aux voyageurs un peu plus d’une minute d’obscurité en plein jour :

J’ai rassemblé dans cet article toutes les informations concernant cette éclipse. Mais l’Espagne en a connu d’autres dans le passé. Deux ont retenu mon attention, celles du 18 juillet 1860 et du 28 mai 1900 :

Plongeons-nous quelques instants dans l’ambiance de ces deux éclipses totales de Soleil du dix-neuvième siècle qui se déroulent (en partie) dans le pays de Don Quichotte

Continuer la lecture de 1860, 1900, 2026 : éclipses au pays de Don Quichotte

Curiosité : des dunes alignées au fond d’une vallée martienne

L’orbiteur martien MRO a photographié de curieuses dunes alignées selon un axe Nord-Sud dans le fond d’une vallée.

Mars vue d’orbite :

Chaque mission spatiale en direction de Mars nous apporte son lot de magnifiques images. Il y a bien sûr les clichés obtenus par les rovers comme Curiosity ou Perseverance. Mais les engins en orbite nous offrent également des visions saisissantes. C’est le cas par exemple de MRO (Mars Reconnaissance Orbiter). Depuis 2006, ce satellite est installé sur une orbite polaire basse autour de la Planète rouge :

Sa caméra HiRIZE est constituée d’un télescope de 0,5 mètre de diamètre pour une longueur focale de 12 mètres. C’est à ce jour la plus grosse caméra jamais embarquée sur une sonde spatiale. Le 7 octobre 2025, HiRIZE réalisait sa cent millième image depuis l’orbite martienne. Continuer la lecture de Curiosité : des dunes alignées au fond d’une vallée martienne

Un étage de fusée Falcon va s’écraser sur la Lune

Selon le spécialiste Bill Gray, l’étage supérieur d’une fusée Falcon 9 devrait percuter la Lune à plus de 8000 km/h le 5 août 2026.

Une fusée polyvalente :

Depuis son vol inaugural en 2010, Falcon 9 est devenu le lanceur de référence. Il est particulièrement fiable, avec plus de 600 lancements et seulement 3 échecs.  Sa particularité : être partiellement réutilisable. En effet, le premier étage, une fois la poussée fournie, revient se poser sur une barge :

Le lanceur Falcon 9 est doté d’un premier étage réutilisable. © SpaceX

Si le lanceur Falcon 9 sert principalement à mettre en orbite terrestre des grappes de satellites, il peut aussi emmener sa charge utile beaucoup plus loin. C’est par exemple le cas du lanceur 2025-010. Lancé le 15 janvier 2025, le dixième lancement de l’année a propulsé vers la Lune Blue Ghost et Hakuto-R. Les deux atterrisseurs lunaires on fait le voyage à bord du second étage du lanceur. C’est justement cet étage qui doit s’écraser sur la Lune le 5 août 2026 (une semaine avant la grande éclipse solaire), comme l’explique Bill Gray sur Project Pluto :

Point d’impact du second étage d’un lanceur Falcon 9 le 5 août 2026. Pour toute précision sur ce phénomène (horaires, conditions de visibilité…), consultez Project Pluto.

L’impact, qui devrait se produire sur le limbe lunaire, ne sera probablement pas observable directement. Mais l’orbiteur LRO pourra ultérieurement photographier le point de chute de ce morceau de lanceur. Et, qui sait, peut-être y découvrir un nouveau cratère.

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Éphémérides : le ciel du mois de mai 2026

Au cours de ce mois de mai 2026, traditionnellement riche en rencontres astronomiques, Saturne sera de retour à l’aube. 

Rencontres entre passionnés :

Comme les années précédentes, mai 2026 sera l’occasion pour les astronomes amateurs de se rencontrer. En effet, le pont de l’Ascension offre quatre jours et trois nuits sans Lune, une aubaine si la météo est clémente. Les astronomes amateurs se retrouveront durant les Rencontres Astronomiques de Printemps (RAP, 28ème édition) ou les Nuits Astronomiques de Touraine (NAT, 14ème édition). Notez également que dans le Sud de la France se déroulera la seconde édition des Nuits Astronomiques du Verdon (NAV) :

En mai, les astronomes se retrouvent pour observer ensemble. © Jean-Baptiste Feldmann

Ces rencontres seront une belle occasion pour observer et échanger entre passionnés. En outre, de nombreux ateliers et conférences permettront de s’initier ou de se perfectionner dans différents domaines comme le dessin ou encore l’astrophoto. Quant aux observations solaires, elles auront une saveur toute particulière, à trois mois de la grande éclipse solaire du 12 aoûtContinuer la lecture de Éphémérides : le ciel du mois de mai 2026

RISTRETTO, un outil pour sonder l’atmosphère des exoplanètes

Le spectrographe à haute précision RISTRETTO sera dédié à l’étude d’exoplanètes proches, comme Proxima b.

Une exoplanète prometteuse :

À un peu plus de 4 années-lumière, Proxima b est à ce jour l’exoplanète la plus proche du Système solaire. Sa découverte a été annoncée en 2016 par l’ESO (lire ici). Elle orbite dans la zone habitable d’une naine rouge, Proxima, située dans la constellation australe du Centaure. Les astronomes pensent que cette exoplanète (d’une masse légèrement supérieure à celle de la Terre) est probablement tellurique. Ils aimeraient donc beaucoup en étudier l’atmosphère. Problème : l’exoplanète est noyée dans l’éclat de son étoile, un million de fois plus lumineuse ! Des chercheurs de l’Université de Genève ont donc mis au point un spectrographe à haute précision, RISTRETTO. L’instrument est actuellement en test à l’observatoire de Haute-Provence :

Tout un symbole, puisque c’est là que les astronomes suisses Michel Mayor et Didier Queloz découvraient la première exoplanète en 1995. une fois testé, RISTRETTO prendra la direction du Chili. Installé derrière l’un des Very Large Telescope, il pourra alors tenter de caractériser l’atmosphère de quelques exoplanètes proches.

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1900 : la Grande lunette, une folie parisienne

La Grande lunette du Palais de l’Optique fut l’une des attractions proposées aux visiteurs de l’Exposition universelle de 1900 à Paris. 

Une nouvelle Exposition à Paris :

En 1900, c’est la cinquième fois que Paris accueille l’Exposition universelle. Onze ans plus tôt, l’édition de 1889 a été marquée par une remarquable réalisation, la Tour Eiffel. Il faut donc frapper fort pour éblouir à nouveau les cinquante millions de visiteurs attendus. L’architecte René Binet se voit confier la construction d’une porte monumentale haute de 45 mètres pour accéder à l’Exposition. Une fois à l’intérieur du site, tapis roulant et train électrique permettent de sillonner facilement les deux cents hectares qui accueillent les différents pavillons :

Plan d’ensemble de l’Exposition universelle de 1900 à Paris. © Gallica
Un pavillon dédié à l’optique :

À l’époque, la société Parra-Mantois, entreprise familiale de renommée mondiale, fabrique des lentilles et des miroirs de très haute qualité. Ils sont ensuite taillés et polis par les frères Henry, dotés d’une habileté prodigieuse. Autant d’atouts qui font rayonner la France dans le domaine de l’optique. Pour symboliser cette réussite, on construit donc un Palais de l’Optique qui s’étend sur 8500 m². Il est situé entre la Tour Eiffel et l’avenue de Suffren. C’est là qu’est installé le Grand globe céleste, ancêtre du planétarium. On vient y admirer le ciel étoilé dans une sphère métallique de 45 mètres de diamètre :

Représentation du Grand globe céleste. © Musée Carnavalet

Mais l’attraction principale du pavillon reste sans conteste la Grande lunette.  Le projet, soutenu par le député François Deloncle, est destiné à montrer aux visiteurs “la Lune à un mètre”. Continuer la lecture de 1900 : la Grande lunette, une folie parisienne

Quand la Lune croise l’amas des Pléiades

Le 19 avril en début de soirée, le fin croissant de Lune semblait délicatement posé sur le célèbre amas d’étoiles des Pléiades.

Célèbre amas :

L’amas des Pléiades est également appelé Messier 45, la référence de cet objet céleste dans le catalogue qu’a établi au XVIIIe siècle l’astronome français Charles Messier. Ce bel amas d’étoiles se situe à 444 années-lumière de nous dans la constellation du Taureau. À l’œil nu, il ressemble à une petite tache laiteuse constituée de sept étoiles relativement brillantes. Alcyone, Atlas, Mérope, Électre, Maïa, Taygète et Pléioné ont en effet des magnitudes comprises entre 3 et 5. Comme l’amas s’étend sur une superficie apparente de deux degrés, seules les jumelles ont un champ assez large pour l’englober en totalité.

Rendez-vous entre la Lune et l’amas d’étoiles Messier 45. © CIELMANIA

C’est dans la soirée du 19 avril que le fin croissant de Lune avait rendez-vous avec Messier 45. J’en ai profité pour immortaliser la scène (ci-dessus). J’ai utilisé un boîtier Nikon D7100 muni d’un objectif 55-200 réglé sur 135 millimètres de focale. Une pose de 2 secondes à 1000 iso avec un ciel encore clair a également permis de mettre en valeur une belle lumière cendrée. Pour ne pas manquer les prochains rendez-vous célestes, n’oubliez pas de consulter régulièrement les éphémérides.

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