Tous les articles par Jean-Baptiste FELDMANN

RISTRETTO, un outil pour sonder l’atmosphère des exoplanètes

Le spectrographe à haute précision RISTRETTO sera dédié à l’étude d’exoplanètes proches, comme Proxima b.

Une exoplanète prometteuse :

À un peu plus de 4 années-lumière, Proxima b est à ce jour l’exoplanète la plus proche du Système solaire. Sa découverte a été annoncée en 2016 par l’ESO (lire ici). Elle orbite dans la zone habitable d’une naine rouge, Proxima, située dans la constellation australe du Centaure. Les astronomes pensent que cette exoplanète (d’une masse légèrement supérieure à celle de la Terre) est probablement tellurique. Ils aimeraient donc beaucoup en étudier l’atmosphère. Problème : l’exoplanète est noyée dans l’éclat de son étoile, un million de fois plus lumineuse ! Des chercheurs de l’Université de Genève ont donc mis au point un spectrographe à haute précision, RISTRETTO. L’instrument est actuellement en test à l’observatoire de Haute-Provence :

Tout un symbole, puisque c’est là que les astronomes suisses Michel Mayor et Didier Queloz découvraient la première exoplanète en 1995. une fois testé, RISTRETTO prendra la direction du Chili. Installé derrière l’un des Very Large Telescope, il pourra alors tenter de caractériser l’atmosphère de quelques exoplanètes proches.

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1900 : la Grande lunette, une folie parisienne

La Grande lunette du Palais de l’Optique fut l’une des attractions proposées aux visiteurs de l’Exposition universelle de 1900 à Paris. 

Une nouvelle Exposition à Paris :

En 1900, c’est la cinquième fois que Paris accueille l’Exposition universelle. Onze ans plus tôt, l’édition de 1889 a été marquée par une remarquable réalisation, la Tour Eiffel. Il faut donc frapper fort pour éblouir à nouveau les cinquante millions de visiteurs attendus. L’architecte René Binet se voit confier la construction d’une porte monumentale haute de 45 mètres pour accéder à l’Exposition. Une fois à l’intérieur du site, tapis roulant et train électrique permettent de sillonner facilement les deux cents hectares qui accueillent les différents pavillons :

Plan d’ensemble de l’Exposition universelle de 1900 à Paris. © Gallica
Un pavillon dédié à l’optique :

À l’époque, la société Parra-Mantois, entreprise familiale de renommée mondiale, fabrique des lentilles et des miroirs de très haute qualité. Ils sont ensuite taillés et polis par les frères Henry, dotés d’une habileté prodigieuse. Autant d’atouts qui font rayonner la France dans le domaine de l’optique. Pour symboliser cette réussite, on construit donc un Palais de l’Optique qui s’étend sur 8500 m². Il est situé entre la Tour Eiffel et l’avenue de Suffren. C’est là qu’est installé le Grand globe céleste, ancêtre du planétarium. On vient y admirer le ciel étoilé dans une sphère métallique de 45 mètres de diamètre :

Représentation du Grand globe céleste. © Musée Carnavalet

Mais l’attraction principale du pavillon reste sans conteste la Grande lunette.  Le projet, soutenu par le député François Deloncle, est destiné à montrer aux visiteurs “la Lune à un mètre”. Continuer la lecture de 1900 : la Grande lunette, une folie parisienne

Quand la Lune croise l’amas des Pléiades

Le 19 avril en début de soirée, le fin croissant de Lune semblait délicatement posé sur le célèbre amas d’étoiles des Pléiades.

Célèbre amas :

L’amas des Pléiades est également appelé Messier 45, la référence de cet objet céleste dans le catalogue qu’a établi au XVIIIe siècle l’astronome français Charles Messier. Ce bel amas d’étoiles se situe à 444 années-lumière de nous dans la constellation du Taureau. À l’œil nu, il ressemble à une petite tache laiteuse constituée de sept étoiles relativement brillantes. Alcyone, Atlas, Mérope, Électre, Maïa, Taygète et Pléioné ont en effet des magnitudes comprises entre 3 et 5. Comme l’amas s’étend sur une superficie apparente de deux degrés, seules les jumelles ont un champ assez large pour l’englober en totalité.

Rendez-vous entre la Lune et l’amas d’étoiles Messier 45. © CIELMANIA

C’est dans la soirée du 19 avril que le fin croissant de Lune avait rendez-vous avec Messier 45. J’en ai profité pour immortaliser la scène (ci-dessus). J’ai utilisé un boîtier Nikon D7100 muni d’un objectif 55-200 réglé sur 135 millimètres de focale. Une pose de 2 secondes à 1000 iso avec un ciel encore clair a également permis de mettre en valeur une belle lumière cendrée. Pour ne pas manquer les prochains rendez-vous célestes, n’oubliez pas de consulter régulièrement les éphémérides.

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La comète C/2025 R3 (PANSTARRS) en images

Blottie en fin de nuit au-dessus de l’horizon Est, la comète C/2025 R3 (PANSTARRS) ne se dévoile qu’aux astrophotographes aguerris.

Un astre chevelu discret :

La comète C/2025 R3 (PANSTARRS) ne restera pas dans les annales. Contrairement à ce qu’écrivent certains médias, elle n’est pas visible à l’œil nu. Elle pourrait l’être théoriquement, puisqu’elle affiche une magnitude de 4,4 (prévisions de G. van Buitenen). Mais ne vous y fiez pas. Très basse sur l’horizon Est, perdue dans les premières lueurs de l’aube, elle n’est pas vraiment à son avantage ! Même à plus de 2.000 mètres d’altitude, loin de toute pollution lumineuse, elle reste très discrète. Seuls les astrophotographes peuvent nous en révéler toute la beauté.

Certains ont décidé de se lever tôt pour aller l’immortaliser depuis un site exceptionnel, souvent en altitude. La comète était invisible à l’œil nu, mais les boîtiers numériques performants ont pu la capter. D’autres ont fait le choix de la photographier à distance. Tous ont ensuite passé beaucoup de temps derrière leur ordinateur pour mettre l’astre chevelu en valeur. Avec, au final, des clichés uniques. Car, si les nébuleuses et les galaxies sont immuables, les comètes, elles, ne font que passer.

Il faudra donc attendre la prochaine, en l’espérant un peu plus brillante, pour que le spectacle soit complet. Les images qui illustrent cet article sont signées Michael Jäger, Luc Perrot, Dario Giannobile, James David Paton, Dominique Dierick, Yann Sty, Stéphane Vetter, Jakub Kuřák ou encore Julien De Winter.

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Dernier croissant de Lune sur la ville

Une nouvelle lunaison s’achève, avec un joli croissant visible au-dessus de l’horizon Est à l’aube de ce mercredi 15 avril 2026.

Croissant du matin :

Toute lunaison qui s’achève se traduit par une vieille Lune, observable en fin de nuit. L’image que je vous présente aujourd’hui a été réalisée depuis les hauteurs du Beaujolais. Sous mes pieds, les lumières de Villefranche-sur-Saône. Avec moi, mon fidèle boîtier Nikon D3200 muni d’un objectif Nikon 55-200 mm réglé sur 200 mm de focale. Une pose de 3 secondes à 400 iso m’a permis d’immortaliser cet instant :

Après la Nouvelle Lune du 17, notre satellite naturel fera un retour remarqué dans le ciel du soir. Le 19 au crépuscule, il flirtera avec l’amas d’étoiles des Pléiades. Plus bas, l’éclatante Vénus et Uranus (difficile à voir à l’œil nu) complèteront la scène. Assurément l’un des plus beaux spectacles célestes de cette première moitié de l’année :

Après le médiatique voyage des astronautes d’Artemis II, la Lune a un autre rendez-vous avec le grand public. Ce sera dans le cadre d’une nouvelle édition de On the Moon Again, du 19 au 21 juin. Sans oublier la grande éclipse du 12 août 2026. D’ici là, consultez régulièrement les éphémérides, pour ne manquer aucun joli croissant !

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Vénus : les prochains rendez-vous à ne pas manquer

Éclatante, Vénus est de retour dans le ciel du soir, avec quelques belles rencontres célestes dans les semaines à venir.

Éclatante planète :

Si certains objets astronomiques nécessitent l’usage d’un télescope, ce n’est vraiment pas le cas de Vénus.  Avec une magnitude toujours négative (entre -3 et -4), la seconde planète du Système solaire est immanquable. Vous allez pouvoir en profiter pendant plusieurs mois, puisque l’astre en question (appelé improprement Étoile du berger) est de nouveau installé dans le ciel du soir. Pas besoin d’attendre la nuit pour la voir. Avec un peu d’entraînement, on la trouve facilement moins de trente minutes après le coucher du Soleil :

Ce qui rend la présence de Vénus très intéressante, ce sont les rapprochements apparents qui se produisent avec d’autres astres. Pour ne pas les manquer, je vous invite à consulter régulièrement les éphémérides. Mais sans plus attendre, en voici quelques-uns qui devraient vous ravir d’ici l’été, à rechercher en soirée côté Ouest. Continuer la lecture de Vénus : les prochains rendez-vous à ne pas manquer

Admirez NGC 2170, la splendide nébuleuse de l’Ange

Certaines images astronomiques ont le don de nous émerveiller. Exemple avec NGC 2170, la somptueuse nébuleuse de l’Ange.

Féérique Licorne :

NGC 2170 se cache dans la Licorne, une discrète constellation située sur l’équateur céleste. À l’ombre d’Orion, sa célèbre voisine, on pourrait presque l’oublier. Mais la Licorne recèle quelques trésors, le plus connu étant la nébuleuse de la Rosette. En 2022, deux amateurs talentueux y avaient même retrouvé les restes d’une supernova. Une autre cible astronomique mérite l’attention des astrophotographes : NGC 2170, la nébuleuse de l’Ange. l’équipe de Ciel Austral vient d’en réaliser un portrait exceptionnel :

Pour parvenir à ce résultat, les huit membres du groupe n’ont pas lésiné sur les moyens. Ils ont cumulé (à distance) plus de 43 heures de poses avec un télescope de 45 centimètres de diamètre situé au Chili. Une façon d’opérer que je vous avais décrite dans l’article l’astrophoto à distance, comment ça marche ? Sur cette image, qui évoque la palette d’un peintre, on distingue les trois types de nébuleuses. La partie rouge est caractéristique des nébuleuses en émission. Les nébuleuses par réflexion, quant à elles, se concentrent autour de jeunes étoiles bleutées. Enfin, de délicats rubans sombres correspondent aux nébuleuses obscures. Je vous recommande vivement d’aller explorer l’image plein format.

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Les astronomes ont immortalisé Artemis II au milieu des étoiles

Des astronomes, amateurs ou professionnels, sont parvenus à capter la lumière du vaisseau Orion, durant la mission Artemis II.   

Retour vers la Lune :

Avec Artemis II, les Terriens repartent vers la Lune, 54 ans après la dernière mission du programme Apollo. À bord du véhicule Orion, les quatre astronautes devraient amerrir vendredi 10 avril. Partis le 1er avril, ils sont allés plus loin qu’aucun être humain et ont fait le tour de la Lune. Une expérience qu’ils ont qualifiée “d’absolument spectaculaire et magnifique”. Depuis la Terre, les passionnés ont suivi cette aventure sur leurs écrans. Certains ont même tenté de capter la faible lumière renvoyée par les panneaux solaires du véhicule Orion. Un petit point faiblement lumineux au milieu des étoiles :

Avoir un instrument astronomique était indispensable, encore fallait-il savoir où viser. Au Mont Palomar, on a mis à contribution le célèbre télescope de 5 mètres inauguré en 1948. Surnommé télescope Hale (en hommage à l’astronome George Ellery Hale), il resta le plus grand du monde jusqu’en 1976 :

Les astronomes de l’observatoire ont réalisé une vidéo montrant le véhicule Orion, point immobile au milieu des étoiles en mouvement. Sans disposer d’un télescope aussi imposant, quelques astrophotographes amateurs sont également parvenus à immortaliser la scène :

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La comète C/2025 R3 (PANSTARRS) entre en scène

Actuellement dans la constellation de Pégase, C/2025 R3 (PANSTARRS) est la nouvelle coqueluche des chasseurs de comètes.

Une comète en chasse une autre :

C/2025 R3 (PANSTARRS) a vite fait oublier C/2026 A1 (MAPS), qui s’est volatilisée le 4 avril en frôlant le Soleil. Place donc à un nouvel astre chevelu, découvert le 8 septembre 2025 par le réseau de surveillance Pan-Starrs (Panoramic Survey Telescope and Rapid Response System). Il s’agit de deux télescopes robotisés installés à Hawaii. Depuis leur mise en service (en 2014 et 2018), ils ont découvert plusieurs centaines de milliers d’astéroïdes. Mais ils ont également déniché de nombreuses comètes :

C/2025 R3 est une comète non périodique, tout comme la célèbre C/1995 O1 (Hale-Bopp). Dans cette famille, on range tous les astres chevelus dont la période orbitale est supérieure à 200 ans. Continuer la lecture de La comète C/2025 R3 (PANSTARRS) entre en scène

Fin de l’aventure pour la comète C/2026 A1 (MAPS)

En frôlant le Soleil, la comète C/2026 A1 (MAPS) s’est désintégrée le 4 avril, mettant fin à plusieurs semaines de folles spéculations.

Prometteuse comète :

C/2026 A1 (MAPS) aura tenu les astronomes en haleine pendant presque trois mois. Cette comète avait été découverte le 13 janvier 2026 par quatre amateurs, Alain Maury, Georges Attard, Florian Signoret et Daniel Parrott. Je vous avais d’ailleurs présenté cette découverte ici, alors que l’astre chevelu n’avait pas encore reçu sa désignation officielle :

Les premiers calculs ont révélé que la comète faisait partie du groupe de Kreutz. Ce groupe compte quelques membres célèbres, comme C/2011 W3 Lovejoy, et surtout C/1965 S1 (Ikeya-Seki), qui fut visible en plein jour. Une parenté qui, vous l’imaginez bien, a enflammé les imaginations ! Au cours d’un webinaire organisé par la SAF le 14 mars, les astronomes ont fait le point sur cette découverte. Il ne restait plus qu’à attendre le passage au périhélie, pour savoir si la comète y survivrait :

Le 4 avril, chacun a pu voir C/2026 A1 (MAPS)  foncer en direction du Soleil, masqué par le cache du coronographe LASCO (Large Angle and Spectrometric COronagraph). La suite nous restera cachée à jamais, mais on peut aisément l’imaginer. À moins de 200.000 kilomètres de la surface de notre étoile, C/2026 A1 (MAPS) s’est littéralement vaporisée. Quelques heures plus tard, on a identifié ce qui pourrait être un nuage de débris cométaires s’éloignant du Soleil :

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Éphémérides : le ciel du mois d’avril 2026

Une comète qui contourne le Soleil, le rendez-vous des Pléiades avec la Lune et l’éclatante Vénus sont au menu de ce mois d’avril 2026.

C/2026 A1 (MAPS), la grande inconnue :

Ce mois d’avril 2026 sera-t-il celui de la comète MAPS ? Impossible à dire au moment de la rédaction de ces éphémérides. L’astre chevelu, découvert le 13 janvier par des amateurs, semble bien prometteur. L’évolution de sa luminosité laisse penser qu’il pourrait être assez brillant autour du périhélie (à suivre ici). Mais les comètes, c’est bien connu, n’en font qu’à leur tête. Et personne ne peut dire si C/2026 A1 (MAPS) résistera à son passage au plus près du Soleil le 4 avril. Un spectacle que tout le monde pourra vivre sans danger sur son ordinateur (voir plus bas).

Autre comète à surveiller, C/2025 R3 (PanSTARRS), à suivre ici. Elle aussi pourrait nous réserver une belle surprise durant ce mois d’avril, son périhélie ayant lieu le 19 :

Continuer la lecture de Éphémérides : le ciel du mois d’avril 2026

Mars 1996 : la comète Hyakutake illumine le ciel nocturne

Le mois de mars 1996 fut marqué par l’arrivée rapide de la somptueuse comète Hyakutake qui fit un passage remarqué.

Découverte inattendue :

Les plus anciens s’en souviennent : au début de l’année 1996, les astronomes surveillaient l’arrivée de la comète Hale-Bopp, repérée six mois plus tôt par deux observateurs américains. Les calculs laissaient présager d’un beau spectacle au printemps 1997, ce qui fut bien le cas. Mais le 30 janvier 1996, un astronome amateur japonais, Yuji Hyakutake, repère une nouvelle comète avec une paire de jumelles Fujinon 25X150. La comète prend son nom et fait un passage aussi rapide que remarqué :

comet

Voici l’image que j’avais réalisée à l’époque. C’est en réalité l’assemblage de deux clichés. Sur l’un, la comète prise avec un objectif de 50 millimètres de focale. La pose (sur diapo)  était de 5 minutes, le boîtier étant installé sur une monture équatoriale. Sur l’autre, un observateur à l’oculaire du télescope de 1 mètre de diamètre de Puimichel. Continuer la lecture de Mars 1996 : la comète Hyakutake illumine le ciel nocturne

Tango cosmique pour les galaxies NGC 2207 et IC 2163

Dans le Grand Chien, les galaxies spirales NGC 2207 et IC 2163 s’enlacent délicatement, dans un tango cosmique envoûtant. 

Galaxies en interaction :

Si vous aimez la douceur, vous ne manquerez pas d’admirer la tendre union entre NGC 2207 et IC 2163. Les deux galaxies que vous voyez sont blotties dans la constellation du Grand Chien. Quand vous pointerez votre télescope dans cette direction, attention quand même à l’éblouissante Sirius, située à proximité :

Vous remarquerez d’abord NGC 2207 (magnitude 11), découverte par John Herschel en 1835. Elle a naturellement pris place dans le New General Catalogue of Nebulae and Clusters of Stars (NGC) publié en 1888 par John Dreyer. En insistant un peu, vous détecterez ensuite la seconde galaxie, IC 2163, moins lumineuse (magnitude 12). Elle ne fut découverte qu’en 1898 par Herbert Alonzo Howe. Voilà qui explique son référencement ultérieur dans l’Index Catalogue (IC). Ces deux galaxies se situent à environ 135 millions d’années-lumière. L’astrophotographe Adam Block en a réalisé ce superbe portrait :

Il aura fallu 19 heures de poses avec un télescope de 61 centimètres de diamètre pour obtenir un cliché aussi détaillé. Comme vous pouvez le voir ici, ce séduisant couple galactique n’a pas échappé non plus aux télescopes spatiaux Hubble et JWST. Vous le savez peut-être, mais lorsque des galaxies interagissent, les forces de marée gravitationnelles étirent les belligérants. La collision déclenche également des flambées de naissances stellaires. Avec à la clé une profusion de jeunes étoiles bleutées et de nuages ​​de gaz. Des indices qui ne manqueront pas d’attirer votre attention en scrutant ce tango cosmique.

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La lumière cendrée salue l’arrivée du printemps

Ce 20 mars 2026 marquait le début du printemps dans l’hémisphère Nord, accompagné d’une belle lumière cendrée en soirée.

Mécanique céleste :

L’arrivée du printemps n’a rien d’arbitraire. Ce changement de saison est dicté par le mouvement apparent du Soleil. Le jour de l’équinoxe, il surplombe exactement l’équateur terrestre, éclairant à parts égales le Nord et le Sud de notre planète. Ce franchissement de l’équateur céleste s’effectue dans le sens Sud-Nord le 20 mars (c’est la même date depuis 2008 et ça le restera jusqu’en 2043). Le Soleil effectuera le franchissement inverse (dans le sens Nord-Sud) à l’occasion de l’équinoxe d’automne. Ce 20 mars, la durée du jour est égale à la durée de la nuit. Cette égalité est à l’origine du mot équinoxe, du latin æquus (égal) et noxnoctis (nuit).

La Nouvelle Lune ayant eu lieu le 19 mars, le jeune croissant était visible durant cette première soirée de printemps. Lorsque le ciel a été assez sombre, on pouvait de plus admirer une superbe lumière cendrée. Un spectacle que je n’ai pas manqué d’immortaliser. Pour l’occasion, j’ai fixé un boîtier Nikon D3200 au foyer d’une lunette Bresser 102/460. Et voici le résultat, obtenu avec une seconde de pose à 800 iso :

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Regardez passer l’ISS, avec à son bord Sophie Adenot

La seconde quinzaine du mois de mars nous offre la possibilité d’observer en soirée la Station spatiale (ISS) avec à son bord Sophie Adenot.

Meccano géant :

l’ISS (International Space Station) est un assemblage de modules et de panneaux solaires de la taille d’un terrain de football. Elle passe régulièrement au-dessus de nos têtes à plus de 300 kilomètres d’altitude. La première mission de longue durée, Expédition 1, s’est déroulée il y a vingt-cinq ans. Depuis, la Station est occupée sans interruption. Le spationaute français Thomas Pesquet y séjournait en 2021. C’est désormais au tour de Sophie Adenot. Elle est à bord de la Station depuis le mois de février dans le cadre de la Mission Epsilon.

L’ISS au-dessus du château des Carbonnières dans le Beaujolais. © Jean-Baptiste Feldmann

Il est possible de voir passer la Station spatiale dans le ciel lorsqu’elle nous survole en début ou en fin de nuit. C’est à ce moment que le Soleil (sous l’horizon) éclaire toute la structure. La Station peut alors briller aussi fort que Vénus.

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Comète C/2026 A1 (MAPS) : à quoi s’attendre ?

Découverte il y a quelques semaines, la comète C/2026 A1 (MAPS) est l’objet de nombreuses spéculations. Que peut-on réellement espérer voir ?

Lointaine mais déjà célèbre :

C/2026 A1 (MAPS) a beau être encore bien faible (magnitude 10 au moment de la rédaction de cet article), elle a déjà fait couler beaucoup d’encre. Les spéculations vont bon train, certains sites annonçant une magnitude de -20 au moment du périhélie le 4 avril 2026 ! Le 14 mars, la SAF a organisé un webinaire en présence des découvreurs de la comète. Une cinquantaine de personnes ont suivi cette cession, animée par Thierry Midavaine et Denis Huber, Vice-Président du GAPRA. L’occasion de faire le point sur cette découverte et sur ce qui devrait se passer dans les jours à venir.

La comète photographiée le 12 mars 2026. © Gerald Rhemann/Michael Jäger
Un engouement justifié :

Rappelons que C/2026 A1 (MAPS) a été détectée le 13 janvier par une équipe d’astronomes amateurs. Le récit de cette découverte est à retrouver sur le blog d’Alain Maury :

Rapidement, les calculs ont montré que cette comète faisait partie du groupe de Kreutz. Il s’agit d’un ensemble de petits astres chevelus (rattachés à la dislocation de la comète d’Aristote, observée en -371), qui s’aventurent régulièrement à proximité du Soleil. Ce groupe compte quelques membres célèbres, comme C/2011 W3 Lovejoy, et surtout C/1965 S1 (Ikeya-Seki), qui fut visible en plein jour. Une parenté qui a enflammé les imaginations, et, fait rarissime, a poussé les astronomes à chambouler le programme du JWST pour photographier ce nouvel astre chevelu :

À quoi s’attendre :

Précisons tout d’abord que la trajectoire de cette comète est malheureusement défavorable aux observateurs de l’hémisphère Nord. Ces derniers auront sans doute beaucoup de mal à l’observer au-dessus de l’horizon Ouest, dans les lueurs du couchant. Le spectacle profitera aux observateurs situés au niveau de l’Équateur et plus au Sud :

Dans un récent article, l’astrophotographe Nicolas Lefaudeux propose plusieurs scénarios d’évolution de la comète. Les spécialistes s’accordent actuellement sur la troisième option :

L’un des temps forts est fixé au 4 avril. Ce jour-là, la comète contournera le Soleil. Un spectacle étonnant que chacun pourra suivre grâce à SOHO (Solar and Heliospheric Observatory), un observatoire solaire américain :

Il suffira alors de se rendre sur la page des instruments LASCO (Large Angle and Spectrometric COronagraph). En temps normal, C2 (champ étroit) et C3 (grand champ) permettent d’étudier la couronne solaire. Mais pendant quelques heures, la comète C/2026 A1 s’invitera dans le champ de ces coronographes.

Je remercie vivement Denis Huber pour la mise à disposition des visuels qui illustrent cet article, visuels présentés durant le webinaire du 14 mars. Vous retrouverez un article de Denis au sujet de cette comète dans le numéro d’avril de la revue L’Astronomie.

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La sonde Giotto survolait la comète de Halley il y a 40 ans

C’est au mois de mars 1986 que la sonde européenne Giotto s’approcha à moins de 600 km du noyau de la célèbre comète de Halley.

La plus célèbre des comètes :

Certains d’entre vous se souviennent sans aucun doute du mois de mars 1986 et du dernier passage de la comète de Halley. Elle était devenue célèbre à partir du XVIIIème siècle grâce à Edmond Halley. Cet astronome britannique avait reconnu la périodicité de l’astre chevelu (76 ans) dont les hommes consignaient les passages depuis 611 avant J.-C. Jusqu’à récemment, les comètes inspiraient la peur. D’ailleurs, lors du dernier passage de 1910, on annonça la fin du monde. Il se trouve que les scientifiques avaient calculé que la Terre devait traverser la queue de la comète de Halley (calculs faux d’ailleurs). Et justement, on y avait détecté un gaz mortel, le cyanogène ! En réalité la proportion de ce gaz était beaucoup trop faible pour être inquiétante.

Représentation de la sonde Giotto et de la comète de Halley en 1986. © ESA

En 1986, tous les scientifiques attendaient donc avec impatience le retour de la plus célèbre des comètes. Son passage fut peu spectaculaire, mais pas moins de cinq sondes furent envoyées à sa rencontre. Outre les soviétiques Vega 1 et 2, il y eu Suisei et Sakigake pour les Japonais, ainsi que Giotto pour les Européens. Continuer la lecture de La sonde Giotto survolait la comète de Halley il y a 40 ans

L’atmosphère de Jupiter dévoile lentement ses secrets

Les observations de Jupiter ne cessent de révéler la complexité des phénomènes météorologiques qui agitent son atmosphère.

Météo de l’extrême :

L’atmosphère de Jupiter est un sujet d’étude depuis plus de 4 siècles. De Galilée jusqu’aux dernières images capturées par la sonde Juno, vortex et tempêtes joviennes intriguent les observateurs. Poussés par des vents à près de 400 km/h et sans relief pour les stopper, certains cyclones sont visibles pendant des années. Record absolu pour la Grande tache rouge (GTR), cette célèbre formation observée depuis le XIXe siècle :

Visible depuis 1831, la Grande tache rouge, est un cyclone deux fois plus grand que la Terre. C’est la plus ancienne formation météorologique connue sur Jupiter. © NASA/ESA

À l’aide des mesures fournies par les sondes interplanétaires (Pioneer 10, Voyager, Galileo et Juno, en attendant celles de Juice) les scientifiques ont commencé à dresser le portrait de cette turbulente couche nuageuse. Et progressent peu à peu dans leur compréhension des phénomènes qui s’y déroulent. Continuer la lecture de L’atmosphère de Jupiter dévoile lentement ses secrets

Le Soleil filtré par le nuage de sable venu du Sahara

Le nuage de sable du Sahara qui recouvre actuellement la France joue très efficacement le rôle d’un filtre pour observer le Soleil.

Ciel voilé :

Vous l’avez remarqué, le ciel s’est teinté d’ocre depuis quelques jours. En cause, un nuage de sable qui nous arrive tout droit du Sahara. Le phénomène est également bien visible sur nos voitures ! Pour les astronomes, ce filtre atténue considérablement les images nocturnes. Mais pour l’observation du Soleil, il a un effet positif. En temps habituel, comme je vous l’ai déjà expliqué, il est indispensable d’utiliser un filtre (comme par exemple le ASTF 80). C’est seulement à cette condition que vous allez pouvoir observer sans danger la surface de notre étoile. Mais actuellement, c’est ce nuage de particules qui joue ce rôle :

La preuve avec cette image réalisée ce matin avec mon boîtier Panasonic FZ 82. On y voit notamment quelques taches solaires, encore mieux sur le cliché réalisé quelques minutes plus tard :

Mais attention, c’est seulement lorsque le Soleil apparaît au ras de l’horizon que l’on peut réaliser ce genre d’images !  Car rapidement, notre étoile devient trop lumineuse pour être observée sans danger. Il faut alors impérativement protéger vos yeux… et le capteur de votre boîtier photo !

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L’éruption de la comète 29P/S-W se confirme

L’éruption récente de la comète 29P/S- W (Schwassmann-Wachmann) a bien provoqué l’apparition d’un halo de particules glacées.

Une comète à sursauts :

Il se passe toujours quelque chose sur la comète 29P/Schwassmann-Wachmann. Comme je vous le racontais dans mon billet du 14 février 2026, une nouvelle éruption s’est produite. Il faut dire que l’on en observe régulièrement sur cet astre chevelu découvert il y a un siècle. Ces éruptions sont causées par le cryovolcanisme. Lorsque la surface gelée du noyau de la comète se fracture, elle laisse échapper de la glace et des poussières. Chaque éruption s’annonce par une baisse d’éclat de la comète. C’est le signe que la croûte du noyau est devenue hermétique à tout dégazage. Quand la pression devient trop forte, la surface finit par céder. Dans les semaines qui suivent, on doit alors observer autour du noyau de la comète l’expansion d’un halo de particules glacées. C’est bien ce qu’a photographié Akihiro Yamazaki le 22 février dans la constellation du Lion :

30 minutes de poses avec un télescope Epsilon 180 ED permettent de visualiser ce halo. Remarquez la couleur verdâtre du carbone diatomique présent dans la comète, excité par le rayonnement solaire. L’étoile la plus brillante du champ est HD 99005 (magnitude 8,8). Notez aussi la présence d’une lointaine galaxie de magnitude 16, PGC 104111.

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