Tous les articles par Jean-Baptiste FELDMANN

En vidéo : l’incroyable survol de Jupiter et Ganymède par Juno

Les images du dernier survol de Jupiter et de Ganymède par la sonde Juno sont saisissantes. La NASA les a réunies dans une superbe vidéo. 

Ganymède cache un océan :

En partant de Jupiter, Ganymède est le troisième satellite galiléen. Il fut observé pour la première fois (avec Io) le 7 janvier 1610 à Padoue par Galilée à l’aide d’une lunette astronomique. Cette lune fut ensuite étudiée de près par les sondes Pioneer 10 (décembre 1973), puis Voyager (1979) et Galileo (1995-2002). Quand on scrute la surface de Ganymède, on constate que cette lune est recouverte pour un tiers par des régions sombres très anciennes fortement cratérisées. Le reste est constitué de régions plus claires et plus jeunes traversées par de profonds sillons que les scientifiques ont du mal à expliquer.

Ganymède, l’un des satellites galiléens de Jupiter, photographié par la sonde Juno. © NASA

En observant les anomalies dans l’oscillation des aurores polaires autour des pôles de Ganymède, des scientifiques en ont conclu qu’il devait exister sous la surface de cette lune un océan salé de 100 km de profondeur, une quantité d’eau supérieure à celle des océans terrestres !

Survol en accéléré :

En orbite autour de Jupiter depuis l’été 2016, la sonde Juno a effectué le 8 juin 2021 son 34e survol rapproché de la planète géante. Un passage qui lui a donné la possibilité de photographier Ganymède à une distance d’un peu plus de 1.000 kilomètres. Aucune sonde ne s’était aventurée aussi près depuis le survol de Galileo il y a vingt ans. Dans l’animation réalisée par la NASA, on découvre les différentes régions claires et sombres à la surface de Ganymède, ainsi que plusieurs cratères d’impact très brillants.

Le spectateur est ensuite transporté 3.400 kilomètres au-dessus de la surface nuageuse de Jupiter. Au milieu d’un magnifique maelstrom de volutes gazeuses, plusieurs cyclones sont visibles sous la forme d’ovales blancs ainsi que de nombreux éclairs.

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La Pleine Lune de juillet se lève depuis la chapelle de Chevennes

À l’occasion de la Pleine Lune de ce mois de juillet 2021, je vous emmène à la chapelle de Chevennes dans le Beaujolais.

Sur le chemin de Compostelle :

Rattachée au village de Denicé en Beaujolais, la chapelle de Chevennes date du XIIe siècle. Elle a été reconstruite au XVe siècle par le curé Jacques Sornet. Le saint homme s’y est d’ailleurs fait enterrer. La chapelle fut une étape sur la route du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. Puis elle fut fermée à la Révolution et tomba à l’abandon. Heureusement, elle a fait l’objet d’une récente restauration. Les portes de la chapelle s’ouvrent lors des Journées européennes du patrimoine, dévoilant un décor de style gothique flamboyant. Les spécialistes apprécieront la présence d’arcs brisés moulurés en faisceaux et en berceau.

La chapelle de Chevennes en Beaujolais date du XIIe siècle. © Christine Sasiad

La chapelle domine toute la plaine de la Saône, Villefranche et les localités autour. Par temps clair, le regard porte jusqu’au massif du Mont-Blanc.

Rendez-vous romantique :

C’est là que nous nous sommes rendus, ma compagne et moi, pour admirer le lever de la Pleine Lune de juillet. Cette septième Pleine Lune de l’année avait la particularité de se produite une semaine après une nouvelle édition de On The Moon Again. C’est en été que la Pleine Lune atteint sa position la plus basse sur l’horizon Sud. En langage astronomique, on dit que sa déclinaison est fortement négative. Notre satellite naturel passe devant les constellations basses pour les observateurs français (comme le Sagittaire).

Rendez-vous romantique au pied de la chapelle de Chevennes dans le Beaujolais pour voir se lever la Pleine Lune du mois de juillet 2021. © Jean-Baptiste Feldmann

Ce cliché a été réalisé avec un objectif Samyang de 12 millimètres de focale. Boîtier Nikon D7100, pose de 1 seconde à 1600 iso.

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Vera Rubin, l’astronome qui a découvert la matière noire

Rare femme astronome dans un monde d’hommes, Vera Rubin soupçonna la première l’existence de la matière noire dans l’Univers.

La tête dans les étoiles :

Vera Rubin est née le 23 juillet 1928 à Philadelphie. Sa passion pour l’observation des étoiles débute à l’âge de 12 ans. Son père lui construit alors un petit télescope avec lequel elle prend ses premières photos astronomiques. Vera Rubin poursuit ses études au Vassar College à New York, seule université qui accueille des femmes à l’époque. Sa thèse, sous la direction de George Gamow, porte sur la distribution des galaxies dans l’Univers. Elle obtient son diplôme d’astronomie en 1954.

Vera Rubin s’intéressa toute jeune à l’astronomie. © American Institute of Physics

Tout au long de ses années d’études, elle côtoie de nombreuses personnalités. On peut citer Richard Feynman (l’un des physiciens les plus influents de la seconde moitié du XXᵉ siècle) ou encore Hans Bethe. Continuer la lecture

“On The Moon Again” est de retour, observez la Lune !

Du 16 au 18 juillet, observez et faites observer la Lune dans le cadre d’une nouvelle édition de “On The Moon Again“.

50 ans après Apollo 15 :

Vous vous souvenez de “On The Moon Again” ? C’était en juillet 2019, à l’occasion du cinquantième anniversaire du Premier Homme sur la Lune. Plusieurs milliers de points d’observation avaient permis d’observer la Lune, comme au château de Brochon ou en Bresse. Un peu partout sur Terre, des yeux émerveillés avaient découvert la froide beauté de la Mer de la Tranquillité, là même où Neil Armstrong avait posé le pied.

Sous la Lune le 12 juillet 2019 au château de Brochon. © Jean-Baptiste Feldmann

En 2020, la seconde édition de cette manifestation s’est déroulée à huit clos en raison de l’épidémie de coronavirus. Cette année, les organisateurs espèrent retrouver l’ambiance de 2019. Continuer la lecture

Dans la Dombes, La Lune et Vénus échappent à la grisaille

Un séjour dans la Dombes, une éclaircie inespérée, et voici le jeune croissant de Lune qui fait une brève apparition, tout comme Vénus.

Le pays des mille étangs :

Au Nord-Est de Lyon, la Dombes est un territoire marqué par une forte densité de plans d’eau. Première région française de pisciculture en eau douce, on la surnomme le pays aux mille étangs. Je ne les ai pas dénombré, mais je dois avouer qu’ils sont très nombreux à se dévoiler au cours des promenades. Leur présence est à l’origine d’une faune et d’une flore d’exception.

Dans la soirée du 13 juillet 2021, dans la Dombes, les nuages ont fait place au jeune croissant de Lune. La planète Vénus est visible à droite. © Jean-Baptiste Feldmann

Mais ce paradis pour les oiseaux est aussi celui des moustiques ! Faire de la photographie en soirée au bord d’un plan d’eau nécessite donc de bien se protéger. Continuer la lecture

Un pilote de ligne filme la danse des aurores boréales

Un pilote de ligne a immortalisé les beautés du ciel nocturne nordique. Aurores polaires et nuages noctiluques étaient au rendez-vous. 

Astrophotographe dans le cockpit :

Ralf Rohner est pilote de ligne. Un métier qui le rapproche des étoiles. La page Instagram (Skypointer) de cet astrophotographe regorge de belles images nocturnes réalisées aux quatre coins du monde. Il parcourt ainsi la planète et pose son appareil photo dans des sites exotiques qu’il immortalise sous les étoiles. Mais c’est à une altitude de 10 kilomètres qu’il a réalisé ses images le 5 juillet 2021. Cette nuit-là, il était aux commandes d’un avion de ligne reliant Los Angeles à Zurich. Le courant-jet polaire qu’il suivait l’a emmené jusqu’à 62° Nord, au-dessus du Canada.

Aurore boréale et nuages noctiluques au-dessus du Canada. © Ralf Rohner/Skypointer

À cette époque de l’année, il ne fait jamais complètement nuit à ces latitudes. Et comme l’activité aurorale était annoncée comme très faible, Ralf Rohner a pensé que le vol serait calme. Ce ne fut pas le cas…  Continuer la lecture

L’objet de Mayall, un combat de Titans dans la Grande Ourse

La constellation de la Grande Ourse abrite un spectaculaire choc de galaxies connu sous le nom de Arp 148, l’objet de Mayall.

Carte d’identité :

N’espérez pas observer Arp 148 avec votre télescope. Cette collision de galaxies de magnitude 15 ne révèle sa beauté qu’à travers un cliché pris par le télescope spatial Hubble. Mais pourquoi Arp ? Parce que l’objet est référencé dans l’Atlas of Peculiar Galaxies, un catalogue de 338 galaxies particulières publié en 1966 par Halton Arp. Cette collision titanesque a été découverte en 1940 par l’astronome américain Nicholas Mayall (1906-1993). Ce qui vaut à Arp 148 de s’appeler également l’objet de Mayall. La collision s’est produite à 500 millions d’années-lumière de notre Soleil.

L’objet de Mayall est une collision de galaxies dans la Grande Ourse. © ESA/NASA/HHT

Que sont devenues les deux galaxies initiales ? On observe actuellement une galaxie à anneau constituée de jeunes étoiles bleues très brillantes et une galaxie irrégulière allongée. De la poussière sombre et des étoiles plus âgées composent la seconde. Continuer la lecture

Des nuages noctiluques se dessinent juste avant l’aube

Voici mes premiers nuages noctiluques, immortalisés à l’aube du 4 juillet 2021 dans le ciel de Bourgogne. Un vrai bonheur !

La surprise du 4 juillet :

On ne sait jamais ce que le ciel nous réserve quand on part à sa découverte. Un joli halo lunaire, un brillant météore ou une spectaculaire colonne solaire sont autant de phénomènes imprévisibles. Ce 4 juillet 2021, peu après 4 heures du matin, une insomnie m’a poussé à mettre le nez dehors. Les étoiles commençaient déjà à légèrement pâlir. Il faut dire les nuits qui entourent le solstice d’été sont particulièrement courtes.

Nuages noctiluques en Bourgogne à l’aube du 4 juillet 2021. © Jean-Baptiste Feldmann

Mon regard a très rapidement été attiré par de curieux nuages lumineux en direction du Nord-Est. Des nuages noctiluques, mes premiers ! J’ai immortalisé le spectacle avec un boîtier Nikon D7100 équipé d’un objectif de 50 millimètres de focale. Pose de 2 secondes à 1000 iso.

À savoir :

Les nuages noctiluques sont de curieuses dentelles lumineuses que l’on observe du début du mois de mai jusqu’en août. Leur intensité augmente au moment du solstice d’été. Les nuages noctiluques (noctilucent clouds ou NLC en anglais) ou nuages polaires mésosphériques se forment à 80 km d’altitude. Dans un environnement glacé (-130° C) la vapeur d’eau se condense autour des poussières d’étoiles filantes ou d’éruptions volcaniques pour former des cristaux de glace. Ce sont ces cristaux qui renvoient la lumière des derniers rayons solaires (le soir) ou des premiers rayons (le matin).

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Qu’allez-vous observer dans le ciel nocturne en juillet 2021 ?

Premier mois de vacances pour certains, juillet sera surtout l’occasion d’admirer quelques rapprochements entre Lune et planètes.

Les nuits s’allongent lentement :

En juillet nous allons progressivement nous éloigner du solstice et les nuits vont rallonger. Pour autant, la période n’est guère propice à l’observation des objets du ciel profond. Il faudra attendre les derniers jours du mois pour retrouver la Voie lactée à la nuit tombée.

Il faudra attendre la fin du mois pour retrouver la Voie lactée. © Jean-Baptiste Feldmann

Ce mois de juillet 2021 va surtout vous donner l’occasion d’admirer quelques jolis rapprochements entre la Lune et les principales planètes du Système solaire. Continuer la lecture

Les activités de Thomas Pesquet vues par un astronome amateur

L’installation des nouveaux panneaux solaires sur la Station spatiale par Thomas Pesquet a été immortalisée par un astronome amateur. 

Une Station gourmande en électricité :

Vendredi 25 juin, l’astronaute français Thomas Pesquet a effectué sa troisième sortie dans l’espace. Comme les deux précédentes, ces sorties sont destinées à l’installation de nouveaux panneaux solaires sur l’ISS. Il faut en effet plus de 100 kilowatts d’électricité pour alimenter la Station et l’ensemble des expériences qui y sont menées. En service depuis 20 ans, les panneaux solaires existants (2.500 m²) sont vieillissants.

De nouveaux panneaux, surnommés iROSA (ISS Roll-Out Solar Array), se déroulent sur 19 mètres de long (vidéo ci-dessus). Chacun d’eux apporte un supplément d’énergie de 20 kilowatts. Ces panneaux sont mis en place par Thomas Pesquet, accompagné par l’astronaute américain Shane Kimbrough. Continuer la lecture

Alan Bean, Monsieur Malchance de la mission Apollo 12

S’il faut désigner un Monsieur Malchance dans la conquête spatiale, le titre revient à Alan Bean, quatrième homme à avoir marché sur la Lune. 

Un peintre astronaute :

Né le 15 mars 1932 au Texas, Alan Bean entre dans le corps des astronautes en octobre 1963. Dans le petit monde des pilotes de chasse, il est connu pour son abstinence totale envers l’alcool. Il est également passionné de peinture à l’huile qu’il pratique assidument, ce qui lui vaudra plus tard le surnom de peintre astronaute. Comme tous les novices à la NASA, il commence par jouer les doublures. Celle de John Young sur Gemini 10 en juillet 1966, puis de Russell Schweickart sur Apollo 9 en mars 1969. La consécration arrive en novembre 1969. Quatre mois après le Premier pas de l’homme sur la Lune, le voilà nommé pilote du module lunaire d’Apollo 12.

L’équipage d’Apollo 12 se compose de Pete Conrad, Richard Gordon et Alan Bean. © NASA

Le 14 novembre 1969, la fusée Saturne V s’arrache de son pas de tir, avec à son bord les trois membres de la mission Apollo 12. Le président américain Richard Nixon est venu en personne assister au départ. Continuer la lecture

Le 24 juin, admirez la Pleine Lune de la Saint-Jean

La sixième Pleine Lune de l’année se produit le 24 juin 2021, date de la Saint-Jean et des traditionnels feux de joie qui l’accompagnent.

Un nom à chaque Pleine Lune :

En raison de son importance dans la vie quotidienne de nos ancêtres, la Pleine Lune porte des noms différents depuis très longtemps. Les noms encore utilisés aujourd’hui nous viennent d’Amérique du Nord. On les trouve dans l’Almanach du fermier du Maine, une publication annuelle qui existe depuis 1818. Il y a un nom pour chaque Pleine Lune de l’année, en lien avec la météo, les récoltes ou les animaux.

Lever de Pleine Lune à la fin d’une chaude journée d’été. © Jean-Baptiste Feldmann

Cette sixième Pleine Lune de l’année devrait être celle des fraises, en raison de sa couleur rouge quand elle se lève à la fin d’une chaude journée. Je vous propose de la renommer Pleine Lune de la Saint-Jean !

Une tradition religieuse :

Le 24 juin, on fête la saint Jean-Baptiste. l’Église a choisi ce prophète dès le Ve siècle de notre ère pour en faire le symbole de l’été (cette saison ayant débuté 3 ou 4 jours plus tôt, à l’occasion du solstice). Dans la nuit du 23 au 24, les jeux brillaient un peu partout dans les campagnes. Les cendres étaient censées protéger les cultures des orages à venir. On dansait et on chantait autour des feux, et sauter par-dessus assurait aux amoureux une année de bonheur.

Lever de Pleine Lune estivale  à Rome derrière le Colisée. © Jean-Baptiste Feldmann

Ce 24 juin 2021, la Pleine Lune se lèvera quelques minutes seulement après le coucher du Soleil. Toute la (courte) nuit, vous pourrez suivre sa progression assez basse au-dessus de l’horizon SUD. Dans notre hémisphère en effet, lorsque le Soleil est haut dans le ciel l’été, la Pleine Lune suit une trajectoire basse dans le ciel la nuit. C’est l’inverse qui se produit en hiver.

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L’incroyable time-lapse astro sous-marin de Mark Gee

Le vidéaste Néo-Zélandais Mark Gee a réalisé le premier time-lapse nocturne montrant en même temps le ciel étoilé et la vie sous-marine. 

Le ciel en accéléré :

Mark Gee (The Art of Night) est un vidéaste qui réalise de nombreux time-lapse. Cette technique cinématographique consiste à compiler plusieurs heures de prises de vues en seulement quelques minutes. On peut ainsi accélérer les déplacements des êtres vivants ou le mouvement apparent des astres d’EST en OUEST au cours de la nuit. Avec le développement du matériel photo et des logiciels, de nombreux photographes explorent les nouveaux horizons créatifs qu’ouvre cette technique.

Toujours désireux de relever de nouveaux défis, Mark Gee s’est demandé s’il ne pourrait pas mélanger deux domaines qu’il connaît bien : la vidéo sous-marine et celle des étoiles. Continuer la lecture

Les nuages noctiluques se sont invités dans le ciel de Paris

Le ciel de Paris était en fête dans la soirée du 18 juin : des nuages noctiluques ont fait leur apparition après le coucher du Soleil.

Draperies bleutées :

Ce sont de curieuses dentelles lumineuses que l’on observe du début du mois de mai jusqu’en août. Leur intensité augmente au moment du solstice d’été. Les nuages noctiluques (noctilucent clouds ou NLC en anglais) ou nuages polaires mésosphériques se forment à 80 km d’altitude. Dans un environnement glacé (-130° C) la vapeur d’eau se condense autour des poussières d’étoiles filantes ou d’éruptions volcaniques pour former des cristaux de glace. Ce sont ces cristaux qui renvoient la lumière des derniers rayons solaires.

Les draperies lumineuses des nuages noctiluques au-dessus de Paris. © Bertrand Kulik

C’est ce beau spectacle qu’a immortalisé Bertrand Kulik à Paris dans la soirée du 18 juin. Ce photographe est également bien connu pour un cliché d’un coup de foudre sur la tour Eiffel qui a fait le tour du monde. Continuer la lecture

NGC 2626, une nébuleuse bleue dans la constellation des Voiles

Bien que le rouge semble dominer dans les nuages cosmiques, on trouve parfois une touche de bleu. Exemple avec la nébuleuse NGC 2626.

Cap au sud :

Si vous souhaitez un jour admirer NGC 2626, il faudra vous rendre dans l’hémisphère sud. Cette nébuleuse se situe en effet dans la constellation australe des Voiles, non loin de la Carène. Vous profiterez sans aucun doute de ce voyage pour découvrir d’autres merveilles célestes australes, comme les Nuages de Magellan.

Les Nuages de Magellan sont visibles depuis l’hémisphère sud. © ESO/J. Colosimo

Située à plus de 3.000 années-lumière, NGC 2626 a été découverte en 1835 par John Herschel, fils de William Herschel et neveu de Caroline Herschel. La nébuleuse a ensuite été enregistrée dans l’imposant New General Catalogue of Nebulae and Clusters of Stars (NGC) qui regroupe près de 8.000 objets du ciel profond. Continuer la lecture

Aurore australe au-dessus de la base scientifique Concordia

Moins souvent photographiées que les aurores boréales, les aurores australes illuminent aussi le ciel de l’hémisphère sud, comme à Concordia.

Science extrême :

Concordia est la base scientifique la plus isolée du monde. Située en Antarctique, elle dépend des instituts polaires français et italien. On y  accueille des scientifiques depuis un quart de siècle. Ils viennent y étudier la glaciologie, la physique de l’atmosphère, la sismologie, la biologie humaine, etc… C’est aussi l’endroit idéal pour faire des observations astronomiques de grande qualité (pas de pollution lumineuse, une longue nuit de 3 mois et un très faible taux d’humidité).

Cyprien Verseux lors de son hivernage à Concordia en 2018. © Cyprien Verseux

En 2018, l’astrobiologiste français Cyprien Verseux s’y était rendu pour un long séjour. Il avait partagé ses impressions sur son blog Mars la blanche.

Aurore australe :

Les aurores australes et boréales proviennent de l’excitation des atomes d’oxygène et d’azote présents dans l’atmosphère terrestre lorsque le vent solaire chargé en particules énergétiques vient balayer notre planète. La plupart des photographies d’aurores polaires montrent des aurores boréales : il est en effet plus facile pour les photographes de se rendre à proximité du pôle Nord, que ce soit en Islande comme le français Stéphane Vetter, en Alaska comme le coréen Sangku Kim ou encore en Norvège comme l’espagnol  Horacio Llorens.

Aurore australe au-dessus de la station Concordia. © Marco Buttu

Mais les aurores polaires se développent également au-dessus du pôle Sud, même si les observateurs sont moins nombreux à les signaler. Les chercheurs en hivernage à Concordia admirent régulièrement ces magnifiques draperies célestes depuis le Plateau antarctique. La preuve avec ce très beau cliché réalisé par Marco Buttu. Notez la présence de la constellation d’Orion derrière la Station. L’étoile brillante à droite est Sirius.

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Superbe partie de cache-cache entre la Lune et le donjon

La Lune est de retour dans le ciel du soir. Le 12 juin 2021, elle glissait derrière le donjon du château de Montmelas dans le Beaujolais.

La Lune après l’éclipse :

Les conditions étaient réunies dans la soirée du 12 juin 2021 pour retrouver le jeune croissant de Lune. Une soixantaine d’heures après l’éclipse de Soleil, notre satellite naturel était de retour au crépuscule. Dessinant un bel arc lumineux au-dessus du point brillant de la planète Vénus, il avait rendez-vous avec le donjon d’un beau château, celui de Montmelas. L’occasion était trop belle pour ne pas immortaliser cette rencontre. Armé de mon boîtier Panasonic FZ82, son zoom réglé sur 800 millimètres de focale, j’ai réalisé sept images (des poses de 1/4 de seconde à 100 iso) espacées chacune d’une minute.

Croissant de Lune derrière le donjon du château de Montmelas. Addition de sept images réalisées avec un boîtier Panasonic FZ82. © Jean-Baptiste Feldmann/CIELMANIA

Puis j’ai additionné ces clichés avec l’excellent logiciel StarMax. Je vous le recommande également pour réaliser de belles rotations d’étoiles. Seule condition indispensable pour que les images s’empilent parfaitement : disposer d’un excellent trépied pour une stabilité parfaite du boîtier. Pour ma part, j’utilise le trépied Baader Astro-Nature.

À savoir :

Le château de Montmelas se situe dans le Beaujolais, à cheval sur les communes de Montmelas-Saint-Sorlin et Saint-Julien. Construit sur un promontoire d’où la vue s’étend jusqu’au Mont-Blanc, cet ancien château fort datant du Xe siècle a été restauré dans une esthétique néo-gothique au XIXe siècle. La forteresse a fière allure depuis les vignes en contrebas et sa silhouette majestueuse se découpe sur le fond du ciel. Une opportunité pour un rendez-vous avec la Lune.

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C/2021 J1 Maury-Attard, la comète française inespérée

Des astronomes amateurs français viennent de découvrir une nouvelle comète, C/2021 J1 Maury-Attard, grâce à un procédé ingénieux.

Grand bonheur pour une lointaine comète :

Ne vous faites aucune illusion : vous ne verrez pas la comète C/2021 J1 Maury-Attard. L’astre chevelu, de magnitude 19 lors de sa découverte le 9 mai, est incomparablement plus faible que la belle Neowise. Mais ses découvreurs, Alain Maury et Georges Attard, sont des astronomes amateurs comblés. Le premier a monté son observatoire dans le désert d’Atacama au Chili. Au milieu d’une forêt de coupoles qu’il met à la disposition des astronomes, il utilise deux télescopes (bientôt quatre) pour traquer astéroïdes et comètes. Le second prend le relais à distance quand il se réveille en France et analyse les données recueillies.

Actuellement deux télescopes installés au Chili sont impliqués dans le projet MAP de recherche de comètes et d’astéroïdes mené par des amateurs. © SpaceObs/MAP

Un troisième compère, Daniel Parrott, est l’auteur du logiciel qui permet de repérer d’éventuels astres mobiles au milieu des étoiles. À eux trois, ils constituent le noyau dur du projet MAP. Continuer la lecture

Spectaculaire jeu d’ombres de deux satellites sur Jupiter

La danse des satellites autour de Jupiter offre parfois un spectacle insolite. Exemple avec les ombres de Io et Ganymède le 5 juin. 

Vous avez dit PHEMUS :

Cette année, les satellites galiléens de Jupiter (Io, Europe, Ganymède et Callisto) s’occultent ou s’éclipsent mutuellement. Les astronomes appellent cela les phénomènes mutuels ou PHEMUS. Ces parties de cache-cache se produisent quand le Soleil est dans le plan équatorial jovien, une configuration qu’on retrouve tous les six ans. On assiste à une occultation lorsqu’un satellite passe derrière un autre. Dans le cas d’une éclipse, on voit s’éteindre quelques instants un satellite qui traverse le cône d’ombre d’un autre satellite. En 2021, la mécanique céleste est à l’origine de 242 phénomènes mutuels entre le 3 janvier et le 16 novembre.

Les ombres des satellites Ganymède (le plus à gauche de l’image) et Io (juste à côté de Jupiter) se projettent sur la surface nuageuse de la planète gazeuse géante le 5 juin. Ganymède, le plus grand des deux satellites, a logiquement l’ombre la plus grosse. © Quentin Gineys

Comme Jupiter a une déclinaison négative, les observateurs situés dans l’hémisphère Sud sont mieux placés pour assister aux différents PHEMUS. C’est le cas de l’astronome amateur Quentin Gineys installé sur l’Île de la Réunion.    Continuer la lecture

7P/Pons-Winnecke, la comète franco-allemande, est de retour

Découverte en 1819 par le Français Jean-Louis Pons, la comète périodique 7P/Pons-Winnecke traverse actuellement le ciel nocturne.

Pons, le concierge chasseur de comètes :

7P/Pons–Winnecke est l’une des nombreuses comètes découvertes par Jean-Louis Pons. Arrêtons-nous un moment sur la vie de cet astronome qui mérite d’être évoquée. Né en 1761, Pons grandit dans une modeste famille au milieu de ses dix frères et sœurs. En 1789, il devient le concierge de l’Observatoire de Marseille. Analphabète mais passionné d’astronomie, il déniche sa première comète en 1801 avec une lunette de sa fabrication. Il suit parallèlement des cours d’astronomie à l’observatoire. Son excellente vue et sa ténacité vont lui permettre de découvrir 37 astres chevelus en 26 ans !

Jean-Louis Pons, prolifique découvreur de comètes. © CNRS

Plus grand découvreur de comètes, Jean-Louis Pons restera pourtant toujours dans l’ombre de Charles Messier. Ce dernier, qu’on surnomma le furet des comètes, n’en découvrit pourtant que 20, ce qui est quand même un score très honorable ! Continuer la lecture