Tous les articles par Jean-Baptiste FELDMANN

Un système stellaire triple se cache dans la nébuleuse du Crâne

Nichée dans la constellation de la Baleine, la mystérieuse nébuleuse du Crâne a la particularité d’héberger un système stellaire triple.

Carte d’identité :

C’est à l’infatigable William Herschell que l’on doit la découverte le 27 novembre 1785 de la nébuleuse du Crâne. Cette nébuleuse planétaire est enregistrée en 246e position dans l’imposant New General Catalogue of Nebulae and Clusters of Stars qui regroupe près de 8.000 objets du ciel profond. Patrick Moore, le gentleman de l’astronomie britannique, lui a également fait une place dans son catalogue sous l’appellation Caldwell 56.

La constellation de la Baleine héberge notamment la célèbre étoile variable Mira Ceti.

NGC 246 est à rechercher dans la Baleine (Cetus), une discrète constellation rendue célèbre par la présence d’une étoile variable étonnante, Mira Ceti. La nébuleuse, de magnitude 10, se situe à 1.600 années-lumière de la Terre.

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Portrait : Swati Mohan, responsable du guidage de Perseverance

L’ingénieure Swati Mohan dirigeait les opérations de guidage du rover Perseverance au moment de son arrivée sur Mars le 18 février.

Une femme aux commandes :

Touchdown confirmed !” : l’annonce a provoqué une explosion de joie dans la salle de contrôle du JPL le jeudi 18 février. C’est l’ingénieure Swati Mohan qui a prononcé cette phrase historique peu avant 22 heures. Le rover Perseverance venait de se poser avec succès sur la planète Mars. L’aboutissement d’un vol interplanétaire de plusieurs mois et de sept minutes d’une descente infernale.

Swati Mohan est responsable des opérations de guidage du rover Perseverance. © NASA

Dans la salle de contrôle, les caméras se sont souvent attardées sur Swati Mohan. Après l’atterrissage, de nombreux commentateurs ont salué son calme tout au long de la périlleuse descente du rover. Continuer la lecture

De Lowell à Perseverance, la planète Mars nous a toujours fait rêver

Des étranges visions de Percival Lowell à l’atterrissage du rover Perseverance, retour sur plus d’un siècle de passion pour la planète Mars.

Une planète intrigante :

Mars est sans conteste la planète qui nous fascine le plus. Sa couleur ocre (en raison de la présence d’oxyde de fer à sa surface) et ses variations de luminosité (sa distance peut varier de 50 à 400 millions de kilomètres) avaient été remarquées depuis l’Antiquité. Les premières observations télescopiques débutèrent avec Galilée. L’amélioration des instruments apporta de nouveaux indices troublants. La Planète rouge tournait sur elle-même à la même vitesse que la Terre, et on y observait des calottes polaires ainsi que des changements d’aspect saisonniers.

Mars photographiée à l’aide d’un télescope de 1 mètre de diamètre. © Damian Peach

Dans les années 1880, on cru même détecter la présence d’eau dans l’atmosphère martienne. Il ne manquait plus que l’entrée en scène de Percival Lowell pour asseoir le mythe de la Planète rouge.  Continuer la lecture

Arrivée de Perseverance : où se trouve Mars dans le ciel ce soir ?

Ce soir, vous pourrez suivre l’arrivée du rover Perseverance. C’est l’occasion de repérer la planète Mars à l’œil nu depuis vos fenêtres.

C’est le grand soir :

S’il résiste aux sept minutes de terreur qui l’attendent à son arrivée, le rover américain Perseverance devrait toucher ce soir le sol martien aux alentours de 22 heures. De nombreux passionnés attendront avec anxiété que le Green Bank Telescope reçoive le signal indiquant que tout s’est bien passé. Vous pourrez suivre en direct cette aventure sur Futura LIVE.

Cette carte montre le ciel tel que nous le verrons vers 22 heures ce 18 février. © Stelvision

En attendant l’heureux dénouement, vous aurez peut-être envie de repérer la planète Mars à l’œil nu. Ça tombe bien, la Lune n’est pas loin et elle va nous servir de guide !  Continuer la lecture

Coup de jeune pour le télescope qui a découvert Pluton

Un moment menacé, le télescope qui permit à Clyde William Tombaugh de découvrir la planète naine Pluton en 1930 a été restauré.  

Une planète devenue naine :

Le 18 février 1930, l’astronome américain Clyde William Tombaugh, âgé de 24 ans, découvre Pluton. Elle devient alors la neuvième planète du Système solaire. Pluton sera reclassée en 2006 dans le groupe des planètes naines par l’Union Astronomique Internationale (IAU). La découverte de Pluton fut réalisée en comparant des plaques photographiques. Elles avaient été obtenues avec un nouveau télescope de 13 pouces (environ 32,5 cm de diamètre). Un instrument installé à l’Observatoire Lowell près de Flagstaff en Arizona.

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Clyde William Tombaugh compara des images prises les 23 et 29 janvier 1930. Il remarqua alors qu’un point lumineux s’était déplacé par rapport au fond du ciel étoilé. Sa découverte fut confirmée le 13 mars par une équipe de l’Observatoire Lowell. Cet observatoire avait été fondé en 1894 par un riche astronome amateur, Percival Lowell, fervent défenseur de la théorie des canaux martiens.

Un télescope désormais protégé :

Le télescope utilisé par Clyde William Tombaugh fut employé jusqu’en 1996. Cette année-là, il servit à photographier les comètes Hyakutake et Hale-Bopp. Puis on referma sa coupole pendant 20 ans. Une coupole en bois sérieusement entamée par la pourriture qui avait bien besoin d’une cure de rajeunissement.

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En 2016, un an après le survol de Pluton par la sonde New Horizons, l’Observatoire Lowell lança une campagne de crowdfunding. Il était urgent de financer la restauration du télescope et de sa coupole.  L’opération a été un succès, et l’instrument peut de nouveau pointer le ciel nocturne à travers une coupole restaurée. Les clichés nous montrent l’installation avant restauration (ci-dessus), et après réfection de la coupole et du tube (ci-dessous).

Gageons que les visiteurs nocturnes éprouveront sans aucun doute le grand frisson en mettant l’œil derrière l’oculaire de ce télescope. Une émotion qu’on peut ressentir également plus près de chez nous en observant avec un autre instrument mythique, la grande lunette de Camille Flammarion.

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Le GBT va guetter le premier signal de Perseverance sur Mars

Ce jeudi 18 février, c’est le Green Bank Telescope qui permettra de savoir si le rover Perseverance a réussi sa folle descente sur Mars. 

Descente infernale :

“Sept minutes de terreur” : c’est ce qui attend Perseverance jeudi 18 février avant de se poser en douceur sur la Planète rouge, si chère à Percival Lowell. Le dernier des rovers américains, qui abordera l’atmosphère martienne à la vitesse de 20.000 km/h, devra terminer sa descente sept minutes plus tard à seulement 30 km/h. Une cinquantaine de kilomètres pour un freinage d’urgence qui va chauffer son bouclier thermique à plus de 1.300°.

Perseverance est le cinquième rover américain à rejoindre Mars. © ITU Rover Team

Ces sept minutes, nous ne les vivrons pas en direct : plongé dans un brouillard de particules ionisées pendant sa descente, le rover sera muet. Si tout se passe bien, il donnera de ses nouvelles une fois posé. Et c’est le Green Bank Telescope qui pourra recueillir le signal tant attendu. Continuer la lecture

En février, partez à la découverte de l’Hexagone d’hiver

Ses sept étoiles sont visibles si l’on s’éloigne un peu des lumières parasites. Découvrez les astres qui jalonnent l’Hexagone d’hiver.

Ciel d’hiver :

Pour la première fois cette année, l’AFA (Association Française d’Astronomie) propose des Nuits des étoiles d’hiver. Elles font écho aux traditionnelles Nuits des étoiles du mois d’août (par exemple à Dijon). Pour l’occasion, je vous propose de découvrir l’Hexagone d’hiver en début de nuit. Nul besoin d’instrument, vos deux yeux suffisent pour ce voyage cosmique, si possible sans trop de pollution lumineuse. Vous avez plusieurs soirées pour en profiter avant que la Lune ne devienne gênante. Le 21 février, deux jours après le Premier Quartier, notre satellite naturel sera au beau milieu de cet Hexagone.

Dans la soirée du 21 février, la Lune brillera au milieu de l’Hexagone d’hiver. © Stelvision

Pour profiter de cet astérisme (c’est ainsi que l’on nomme une figure remarquable dessinée par des étoiles particulièrement brillantes), vous aurez besoin de pouvoir observer en direction du SUD. Derrière une fenêtre, sur un balcon ou dans votre jardin, prenez le temps d’identifier les sept astres que je vais vous présenter.  Continuer la lecture

Composition céleste en l’honneur du Nouvel An chinois

Pour fêter le Nouvel An chinois ce vendredi 12 février, début de l’Année du Buffle, un astrophotographe nous propose un clin d’œil céleste.

Ruminant cosmique :

Sur sa page Facebook, Jeff Dai (voir sa galerie Flickr) a posté une belle composition céleste pour saluer le Nouvel An chinois. Cet astrophotographe est le plus jeune membre du collectif TWAN (The World At Night). Comme ses collègues, il passe de nombreuses nuits dehors à immortaliser les paysages célestes. Sur ce cliché, nous voyons au centre la belle constellation d’Orion. L’étoile géante Bételgeuse, de couleur orangée, en marque la limite supérieure.

Le Nouvel An chinois est symbolisé dans cette composition céleste. © Jeff Day

À gauche d’Orion, brille l’éclatante Sirius, la plus brillante étoile du ciel. À droite, se trouve la constellation du Taureau. Jeff Dai y a superposé une représentation du mammifère domestique ruminant. Un clin d’œil du photographe pour marquer le premier jour de l’Année du Buffle. Continuer la lecture

La belle histoire de EGB 9, la nébuleuse retrouvée par des amateurs

Découverte il y a 36 ans, EGB 9 devrait être reclassée comme nébuleuse planétaire grâce à la persévérance d’un groupe d’astronomes amateurs.

Une beauté oubliée :

EGB 9 : voilà un nom bien ingrat pour une aussi jolie nébuleuse ! Cet objet céleste situé dans la constellation du Petit Chien a été déniché en 1984. Il a fait son entrée à la neuvième place dans le catalogue de ses découvreurs : Glen L. Ellis, Earl T. Grayson et Howard E. Bond. À l’époque de sa découverte, EGB 9 semblait un bon candidat au statut de nébuleuse planétaire (NP). Rappelons au passage que ces nébuleuses doivent leur nom uniquement à leur aspect circulaire. Dans leurs télescopes imparfaits, nos aïeux les prenaient pour des planètes. Il s’agit en réalité d’enveloppes gazeuses éjectées par des étoiles très chaudes devenues instables en fin de vie, lorsqu’elles atteignent le stade de naines blanches.

En étudiant EGB 9, des astronomes amateurs ont découvert une naine blanche qui pourrait confirmer son statut de nébuleuse planétaire. © Markus Blauensteiner/ Marcel Drechsler

Mais les analyses qui ont été réalisées après sa découverte ont montré que EGB 9 n’était pas une NP. Redevenue une banale nébuleuse cosmique, elle est alors retombée dans l’oubli. Jusqu’en 2020, date à laquelle des astronomes amateurs se sont penchés sur la Belle endormie.  Continuer la lecture

Zoom sur la Grande procession de météores du 9 février 1913

Le 9 février 1913, des observateurs virent défiler une succession de boules de feu que l’on surnomma la Grande procession de météores.

Inquiétant spectacle dans le ciel :

Certains phénomènes célestes marquent les esprits à tout jamais. On pense bien sûr aux éclipses totales de Soleil (celle par exemple du 11 août 1999 en France) ou aux brillantes comètes comme Neowise en 2020. Ce qui s’est passé le 9 février 1913 dans le ciel du Canada est bien différent. Plusieurs centaines d’observateurs médusés assistèrent au passage de nombreuses boules de feu. Elles se déplaçaient en groupes par vagues successives. Cette Grande procession de météores comme on la surnomma traversa le ciel nocturne du Canada jusqu’au Brésil. L’événement fut immortalisé par une gravure de l’artiste canadien Gustav Hahn.

L’artiste Gustav Hahn immortalisa la Grande procession de météores du 9 février 1913.

L’astronome canadien Clarence Chant (1865-1956) s’intéressa au phénomène et collecta plus d’une centaine de témoignages. Il en arriva à la conclusion qu’on avait observé les morceaux d’une petite lune temporaire de la Terre qui s’était désintégrée.

Dangereuses rencontres cosmiques :

Ce phénomène en rappelle deux autres, encore plus spectaculaires. Le 30 juin 1908, c’est probablement le rebond sur l’atmosphère d’un petit astéroïde qui provoqua l’événement de la Toungouska. Les rares témoins présents dans cette région du nord de la Sibérie assistèrent à une formidable explosion dans le ciel. Les arbres furent couchés sur une superficie de 2.000 km². Plus récemment, le 15 février 2013, c’est une météorite de 12.000 tonnes qui se désintégra dans le ciel de l’Oural, au-dessus de la ville de Tcheliabinsk, occasionnant d’importants dégâts.

On a enregistré en vingt ans l’arrivée dans notre atmosphère de 556 météorites d’une taille supérieure à 1 mètre de diamètre, soit en moyenne deux impacts chaque mois (graphique ci-dessus). Fort heureusement ces nombreuses rencontres se sont soldées à chaque fois par la désintégration de la météorite.

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Ce fuseau argenté, IC 2233, est une galaxie spirale ultra-mince

Encore une galaxie spirale, me direz-vous ? Mais celle que je vous propose aujourd’hui, IC 2233, est exceptionnellement fine. Voyez plutôt. 

Aiguille argentée dans une botte de foin cosmique :

Le bestiaire galactique est d’une richesse inouïe. La moindre constellation en révèle un nombre impressionnant de spécimens, pourvu que l’on dispose du télescope nécessaire pour les dénicher. Prenez le Lynx, un astérisme très pauvre en étoiles brillantes. On se tournerait facilement vers sa célèbre voisine, la Grande Ourse. Et pourtant c’est dans le Lynx que se trouve la galaxie la plus fine que nous puissions observer.

IC 2233 est une galaxie très fine dans la constellation du Lynx. © KPNO/NOIRLab/NSF

IC 2233 a été découverte en 1894 par l’astronome britannique Isaac Roberts, l’un des pionniers de la photographie des nébuleuses. Roberts est passé à la postérité pour avoir été le premier à photographier la galaxie d’Andromède le 29 décembre 1888.
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Spectaculaire cliché du lanceur Falcon 9 passant devant la Lune

Un nouveau vol de la fusée Falcon 9 a eu lieu le 4 février. L’occasion d’immortaliser le lanceur passant devant le Dernier Quartier de Lune.  

Un lancement de plus :

C’est devenu la routine : le 4 février une fusée Falcon 9 s’est envolée avec à son bord une soixantaine de satellites. Une étape de plus dans la création de la mégaconstellation de satellites Starlink. Ce projet inquiète beaucoup les astronomes, même si Elon Musk se veut rassurant. Le Falcon 9 est un lanceur dont la taille varie entre 53 et 70 mètres selon les versions. Cette fusée en partie réutilisable peut placer plus de 22 tonnes en orbite basse.

Le photographe Michael Cain (Coldlife Photography), qui s’est spécialisé dans la photographie des lancements spatiaux, était au rendez-vous. Il a saisi le Falcon 9 au moment où il passait devant le Dernier Quartier de Lune. Continuer la lecture

Orage sur l’Observatoire de Kitt Peak, l’histoire d’un célèbre cliché

Certaines photographies traversent le temps en gardant tout leur impact visuel. Exemple avec cet orage sur l’Observatoire de Kitt Peak.

Un observatoire dans le désert :

Situé en Arizona, le désert de Sonora est la plus grande zone aride de l’Amérique du Nord. On y trouve de magnifiques cactus Saguaro (Carnegiea gigantea) dont certains atteignent 15 mètres de haut. En raison de son climat, la région a été choisie en 1958 pour y créer un observatoire astronomique. L’Observatoire de Kitt Peak (KPNO) accueille actuellement 24 télescopes. 22 sont des télescopes optiques (dont le télescope Mayall de 4 mètres de diamètre) et 2 sont des radiotélescopes. Ce regroupement d’instruments est unique au monde.

Le télescope Mayall de 4 mètres de diamètre est le plus grand du Kitt Peak National Observatory. Il accueille l’instrument DESI, un multi-spectrographes chargé de traquer la matière noire. © Marilyn Chung/Lawrence Berkeley National Laboratory

Lorsque l’observatoire est sorti de terre il y a une soixantaine d’année, la pollution lumineuse était inexistante. Mais la ville de Tucson, située à une cinquantaine de kilomètres, s’est beaucoup développée. Elle a fait le choix d’un éclairage raisonné pour ne pas pénaliser les installations astronomiques. Lire à ce sujet Tucson, la ville qui fait baisser la pollution lumineuseContinuer la lecture

Portrait : Caroline Herschel, astronome de l’ombre à la lumière

Elle fut la première femme astronome de l’Histoire. Portrait de Caroline Herschel qui vécut dans l’ombre de son célèbre frère, William.

La musique pour conjurer le sort :

D’elle, nous n’avons que des portraits peu flatteurs, excepté celui que reproduit Camille Flammarion dans son “Astronomie populaire“. Il faut dire que Caroline Herschel est sévèrement marquée dans sa jeunesse par la variole et le typhus. Née en 1750 à Hanovre dans une famille de musiciens, cette petite femme (1 mètre 40) au physique ingrat est destinée aux taches ménagères, ce qui ne l’empêche pas de très bien chanter. En 1772 son frère aîné William la fait venir en Grande-Bretagne, où il est installé comme organiste.

Caroline Herschel en train de retranscrire les observations astronomiques de son frère William. Gravure extraite de “l’Astronomie populaire”, ouvrage de Camille Flammarion.

Caroline y apprend l’anglais et commence une belle carrière de soprano, se produisant régulièrement à Bath où elle réside avec son frère et dans la ville voisine de Bristol. Mais William s’est découvert une autre passion dans laquelle il va entraîner sa sœur : l’astronomie. Continuer la lecture

Que voir dans le ciel nocturne au mois de février 2021

Si les planètes ont déserté le ciel en février, la Lune reste fidèle. Et quand elle se fait discrète, c’est pour laisser la place à Orion.

Un début d’année calme :

En 2020, le ciel nocturne nous avait offert une succession d’événements rarissimes. Un passage de Vénus à proximité des Pléiades qu’on ne peut observer qu’une fois tous les huit ans, la Grande conjonction (c’est tous les 20 ans), ou encore la belle comète Neowise. Dans ce dernier cas, la fréquence est aléatoire, la dernière grande comète étant Hale-Bopp en 1997. Ce début d’année est beaucoup plus calme et ce mois de février le confirme.

Le passage de la comète Neowise en 2020 (ici depuis le Parc Naturel Régional du Morvan). © Jean-Baptiste Feldmann

Pour autant, il est toujours possible d’admirer notre satellite naturel. Si ce n’est déjà fait, je vous encourage à lire ma chronique sur les Rendez-vous à ne pas manquer avec la Lune en 2021.

En attendant, c’est avec la chaîne YouTube Astroculus que je vous propose de faire le point sur le ciel de ce mois de février :

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Steeven Chapados, l’artiste qui dessine la Lune en (très) grand

Steeven Chapados a réalisé un immense dessin du Premier Quartier de Lune. Rencontre avec cet artiste québécois.

Dessine-moi la Lune :

En 1985, l’astronome amateur français Georges Viscardy publiait son Atlas-guide photographique de la Lune. L’ouvrage, monumental, était accompagné d’un magnifique dessin de la Pleine Lune réalisé par Jacqueline Ciffreo. Cette astronome française, qui a découvert la comète 108P/Ciffreo, était parvenue à restituer une multitude de formations lunaires sur un disque de 50 centimètres de diamètre. Un travail monumental qui alliait rigueur cartographique et esthétisme indéniable.

L’artiste Steeven Chapados aux côtés de son Premier Quartier de Lune. © S. Chapados

Trente-cinq ans plus tard, Steeven Chapados (voir sa page Facebook) fait encore mieux : un Premier Quartier de Lune de 2,30 mètres de haut ! Continuer la lecture

En Suède, une aurore boréale danse derrière un halo lunaire

Coup double pour le photographe suédois Magnus Emlén qui a saisi une aurore boréale en train de se déployer derrière un halo lunaire.

Froide nuit suédoise :

La scène se déroule la nuit du 25 janvier dans la région de Gällivare, à l’extrême nord de la Suède. Il fait -29°, une température qui ne rebute pas pour autant le photographe Magnus Emlén (voir son compte Instagram). Ce photographe aime traquer les aurores boréales, assez courantes à cette latitude. La reprise de l’activité solaire depuis quelques mois ne peut que favoriser l’apparition de ces belles draperies célestes. Mais cette nuit-là, le photographe sait qu’il faudra composer avec la clarté lunaire, trois jours avant la Pleine Lune.

En Suède, une aurore boréale danse derrière un halo lunaire. © Magnus Emlén

Il faut croire que la chance sourit aux audacieux. Alors qu’un halo lunaire ceinture notre satellite naturel, Magnus Emlén voit se former une aurore. Il décide d’aligner les deux phénomènes et de les immortaliser avec un objectif grand angle (14 millimètres de focale) pour les intégrer dans un paysage enneigé. Continuer la lecture

Exoplanètes : des indices sur un spectre stellaire de 1917

En examinant un spectre de l’étoile de van Maanen pris en 1917, un chercheur a découvert des indices en faveur de l’existence d’exoplanètes. 

Des exoplanètes par milliers :

La recherche d’exoplanètes est un sujet qui mobilise de nombreux instruments astronomiques depuis un peu plus d’un quart de siècle. C’est en effet le 6 octobre 1995 que les chercheurs suisses Michel Mayor et Didier Queloz ouvraient le bal avec la détection de la première planète extrasolaire. En utilisant le télescope de 1,93 m de l’Observatoire de Haute-Provence, ils révélèrent l’existence de 51 Pegasi b. Il s’agit de la toute première exoplanète repérée à proximité d’une étoile comparable à notre Soleil.

Représentation des sept exoplanètes détectées autour de l’étoile Trappist-1. Trois d’entre elles ont des conditions compatibles avec la présence d’eau.  © NASA/R. Hurt/T. Pyle

Au 1er janvier 2021, plus de 4.300 exoplanètes ont été confirmées dans 3.242 systèmes planétaires. 720 d’entre eux sont des systèmes planétaires multiples. Mais la première preuve de l’existence d’exoplanètes est peut-être beaucoup plus ancienne. Continuer la lecture

Avec LASCO, suivez Jupiter et Saturne qui glissent derrière le Soleil

Après leur conjonction, les planètes Jupiter et Saturne sont désormais derrière le Soleil. On peut les suivre grâce au coronographe LASCO.

Un rapprochement rare :

Souvenez-vous ! Le 21 décembre dernier, nous avions rendez-vous avec la Grande conjonction. Un événement exceptionnel, au cours duquel Jupiter et Saturne étaient collées l’une à l’autre. Les plus belles images de ce rapprochement planétaire sont à revoir ici. Chacun a pu suivre au cours des mois précédents le lent rapprochement entre les deux astres.

La Grande conjonction du 21 décembre photographiée pendant une brève éclaircie :  la planète Jupiter (la plus brillante) est à côté de Saturne. © Jean-Baptiste Feldmann

Depuis leur rencontre dans la soirée du 21 décembre, les deux géantes gazeuses ont plongé derrière l’horizon OUEST. Vues de la Terre, elles sont en train de rejoindre le Soleil et de passer derrière. On dit qu’elles sont en conjonction avec notre étoile. Saturne était en conjonction avec le Soleil ce dimanche 24 janvier. Pour Jupiter, la conjonction se produira le 29 janvier. Continuer la lecture

Le Cerro Tololo, un observatoire dans la Cordillère des Andes

L’Observatoire du Cerro Tololo au Chili fait partie du National Optical Astronomy Observatory. Il dispose d’un télescope de quatre mètres. 

Sommet chilien :

Le CTIO (Cerro Tololo Inter-American Observatory) est installé à 2.200 mètres d’altitude sur le Cerro Tololo. C’est l’un des sommets qui encadrent la vallée de l’Elqui au Chili. L’air y est très sec et la pollution lumineuse absente. C’est ce qui explique la présence d’autres installations astronomiques dans la région. Le Gemini sud et le LSST (Large Synoptic Survey Telescope) sont construits sur un autre sommet, le Cerro Pachón. Le Cerro Tololo Inter-American Observatory est l’un des quatre observatoires rassemblés au sein du NOAO, une institution dont le siège est à Tucson, en Arizona.

L’Observatoire interaméricain du Cerro Tololo domine la Cordillère des Andes. © KPNO

Le CTIO compte une dizaine de coupoles qui abritent des instruments entre 50 centimètres et 1,5 mètre de diamètre. Mais le fleuron de cet observatoire est le télescope Blanco dont on voit la grande coupole sur ce cliché. Continuer la lecture