Pour ce mois de mars 2026, je vous propose de tenter un joli marathon nocturne et d’admirer le retour de Vénus en soirée.
Un marathon un peu particulier :
Et si vous profitiez de ce mois de mars 2026 pour tenter le marathon Messier ? Cet amical défi consiste à observer avec un télescope tous les objets Messier (dont voici la liste) en une seule nuit. La meilleure période se situe autour de l’équinoxe de printemps. Pour cette année cochez les weekends (sans Lune) des 14-15 et 21-22 mars. Petit retour sur l’édition 2023 :
Depuis le début de la guerre en Ukraine, l’Observatoire d’Odessa tente de préserver ses activités, ainsi qu’un riche patrimoine.
Riche passé :
Odessa, ville portuaire sur la Mer Noire, accueille un observatoire astronomique depuis plus de 150 ans. Dans ce reportage, on apprend qu’il a ouvert ses portes le 15 août 1871, six ans après la fondation dans la ville (alors russe) d’une université voulue par le tsar Alexandre II. À la fin du XIXe siècle, l’observatoire a été équipé d’un réfracteur de 165 millimètres de diamètre réalisé par l’entreprise T. Cooke et Fils. Restaurée il y a quelques années, cette belle lunette sert désormais pour les observations publiques :
Plusieurs télescopes ont ensuite été mis en service durant le XXe siècle. L’observatoire a connu un essor important, sous la houlette de son directeur Volodymyr Tsesevitch (1907-1983), spécialiste des étoiles variables. À tel point que l’institution employait jusqu’à 150 personnes dans les années 1970. Mais surtout, l’observatoire a accumulé plus de cent mille clichés célestes durant un siècle. Des trésors, dont un certain nombre sous forme de plaques en verre recouvertes d’une émulsion photosensible. Continuer la lecture de À l’Observatoire d’Odessa, la science face à la guerre→
L’auteur scientifique Guillaume Cannat prend sa retraite, mettant fin à plusieurs décennies de publications, dont le fameux Guide du ciel.
De la belle vulgarisation :
En trois décennies, le Guide du ciel était devenu un ouvrage incontournable pour tous les amoureux du ciel. Accompagnant chaque sortie nocturne, il fourmillait d’idées d’observations. Riche en conseils, il était également orné de très nombreux schémas simulant les différents événements célestes. J’en ai moi-même conservé un certain nombre d’exemplaires. Une fois “périmés”, ils se sont retrouvés sagement rangés dans ma bibliothèque.
Cette aventure a débuté en 1994 pour son auteur, Guillaume Cannat. Passionné d’astronomie, il décide alors d’en vivre. Entre écriture d’ouvrages, animations et sensibilisation du public, Guillaume Cannat s’impose peu à peu comme une personnalité incontournable de la vulgarisation scientifique en France. Une action qui lui vaut d’avoir désormais son nom accroché au firmament, avec l’astéroïde (22512) Cannat. Parallèlement, il observe et photographie inlassablement le ciel nocturne. Pour assouvir sa passion, il n’hésite pas à construire ou faire construire différents instruments d’observation. Dernier en date, un impressionnant télescope de 76 centimètres de diamètre :
Aujourd’hui, après 88 livres publiés (dont 31 éditions pour le Guide du ciel) et de très nombreux billets sur son blog Autour du ciel, Guillaume a décidé de tourner la page. Il veut désormais pouvoir se consacrer entièrement à l’observation des astres et de la nature, au cœur des Cévennes, région qu’il affectionne tant. Souhaitons-lui encore de très nombreuses nuits étoilées !
Plusieurs télescopes scrutent la Lune en permanence pour enregistrer les flashs d’impacts provoqués par la chute de météorites.
La Lune bombardée :
Sur la Lune, les impacts de météorites sont loin d’être négligeables. On estime même qu’il pourrait y en avoir une dizaine par heure ! C’est un nombre impressionnant, mais somme toute assez normal. Car, contrairement à la Terre, la Lune ne dispose pas d’une atmosphère protectrice pour échauffer et désintégrer la plupart des météorites. Les impacts y sont donc fréquents :
La chute la plus spectaculaire est certainement celle du 25 juin 1178. Elle fut consignée par cinq moines anglais. Ce soir là, ils virent “une torche embrasée qui vomissait des flammes” sur le bord du croissant lunaire. Les astronomes y ont depuis localisé un cratère de 22 kilomètres de diamètre. La “jeunesse” de cet impact est confirmée par une série de rayons clairs tout autour. Hormis cet événement, seuls les impacts les plus lumineux ont été détectés pendant longtemps, un peu par hasard. Mais cette situation est en train de changer. Continuer la lecture de Les astronomes traquent d’étonnants flashs lunaires→
Ils viennent de rejoindre le désert de l’Utah aux Etats-Unis, plus exactement la Mars Desert Research Station. Construite au début des années 2000, la MDRS est un laboratoire de recherche. Géré par la Mars Society, il accueille chaque année des étudiants de l’ISAE-SUPAERO, mais pas seulement. Ce sont en effet plus de 270 équipages qui s’y sont succédés en un quart de siècle. Au cours de missions qui durent quelques semaines, les participants peuvent s’entraîner à simuler les conditions de vie sur la Planète rouge :
Durant leur séjour, les sept étudiants de l’ISAE-SUPAERO vont pouvoir effectuer différentes recherches. Quinze expériences scientifiques et démonstrations technologiques sont programmées, à découvrir ici. Leur séjour (partagé dans des rapports de mission) sera aussi l’occasion de tester la cohésion de leur groupe dans un espace confiné. Le tout dans les paysages ocres de l’Utah, rappelant irrésistiblement ceux de la planète Mars :
Des amateurs viennent à nouveau d’enregistrer un spectaculaire sursaut d’éclat sur l’étonnante comète 29P/Schwassmann-Wachmann.
Imprévisible comète :
L’histoire de la comète 29P/Schwassmann-Wachmann (éphémérides ici) débute le 15 novembre 1927. Cette nuit-là, deux astronomes allemands, F. Schwassmann et A. Wachmann découvrent un astre chevelu à l’Observatoire de Hambourg. Les calculs révèlent qu’il s’agit d’une grosse comète d’environ 60 kilomètres de diamètre qui orbite un peu au delà de Jupiter, avec une période de 14,7 ans. Mais rapidement, l’astre chevelu intrigue : il montre de spectaculaires sursauts d’éclat, gagnant jusqu’à cinq ou six magnitudes en quelques semaines. En 2013, le phénomène a été clairement mis en évidence par Damian Peach :
Beaucoup plus discrète que certains objets célestes du Sagittaire, la nébuleuse planétaire NGC 6445 nous dévoile (un peu) ses secrets.
Une nébuleuse discrète mais belle :
À première vue, NGC 6445 a peu de chances de figurer dans le top dix des objets célestes incontournables du Sagittaire. Elle est aussi petite (moins de deux minutes d’arc) que faible (magnitude 11). Autant dire que les observateurs lui préfèrent de brillantes nébuleuses comme la Trifide. Mais l’astrophotographe Wolfgang Promper (Astro-Pics) aime bien les défis. Il faut dire qu’il ne lésine pas sur les moyens, puisqu’il photographie le ciel nocturne avec un télescope de 60 centimètres de diamètre sous le ciel noir de la Namibie ! Après la galaxie Centaurus A, il nous offre cette très belle image réalisée avec près de 23 heures de poses :
Cette nébuleuse, découverte par William Herschel en 1786, porte également le nom de nébuleuse de la Boîte. Vous vous demandez pourquoi ? La réponse se trouve dans le dessin qu’en a fait Bertrand Laville, lui aussi depuis la Namibie. L’astrodessinateur la surnomme même “le pâté en croûte” ! Des études récentes ont montré que NGC 6445 faisait partie des nébuleuses bipolaires, dont le plus bel exemple est Hubble 12. Comme toutes les nébuleuses planétaires, elle a été créée par l’explosion d’une étoile géante rouge. Cette dernière, en fin de vie, a violemment expulsé les couches externes de son atmosphère. Il ne reste plus qu’un noyau stellaire extrêmement dense et chaud, appelé naine blanche. Le rayonnement ultraviolet (UV) de cette naine blanche centrale continue d’exciter le gaz expulsé, le faisant briller.
Depuis Hawaii, le télescope Gemini Nord a suivi la désintégration de la comète C/2025 K1 (ATLAS) durant l’automne 2025.
Télescopes jumeaux :
Doté d’un miroir de huit mètres de diamètre, le télescope Gemini Nord est situé sur le Mauna Kea, à plus de 4000 mètres d’altitude. Il scrute le ciel de l’hémisphère Nord, pendant que son frère jumeau étudie le ciel austral depuis le Cerro Pachón. Les deux instruments, opérationnels depuis 25 ans, sont gérés par l’AURA (Association of Universities for Research in Astronomy). C’est avec l’instrument situé à Hawaii que les astronomes ont pu suivre la fragmentation de la comète C/2025 K1 (ATLAS) :
On se souvient que cet astre chevelu avait été découvert en mai 2025 grâce au programme ATLAS. Puis la comète était passée début octobre à seulement 49 millions de kilomètres du Soleil. Un rapprochement qui s’était finalement soldé par une fragmentation prévisible du noyau. Le phénomène avait été enregistré entre autres par le télescope spatial Hubble et un instrument de l’Inaf. Il n’avait pas non plus échappé à certains astronomes amateurs, comme le français Denis Huber. Prises entre novembre et décembre 2025, les images du Gemini Nord ont alors permis de suivre l’évolution de cette fragmentation :
Rappelons quand même que le phénomène n’est pas rare. Dans le passé, d’autres comètes ont connu le même sort. On pourrait citer le cas de C/2019 Y4 par exemple, ou encore celui de C/2025 F2. Un destin qui sera peut-être aussi celui de C/2026 A1 (MAPS), la comète découverte en janvier 2026 par des amateurs.
L’éclipse de Soleil du 12 août 2026 sera l’événement astronomique majeur de l’année. Voici tout ce qu’il faut savoir à son sujet.
Grandiose spectacle :
Le 12 août 2026, l’Europe, et plus particulièrement la France et l’Espagne, connaîtront une éclipse solaire exceptionnelle. Il faut remonter au 11 août 1999 pour retrouver un tel événement. Ce jour-là, le nord de la France avait bénéficié de quelques minutes d’obscurité en plein jour :
Un spectacle extraordinaire qui va se reproduire durant l’été 2026 à nos portes. Bien entendu, d’autres éclipses totales de Soleil ont eu lieu entre temps, puisqu’on en compte en moyenne deux par an dans le monde. Pourtant, jamais depuis 1999 le phénomène ne s’était reproduit aussi près de la France. Mais de quoi parle t-on exactement ? C’est ce que nous explique Jean-Marc Lecleire, auteur du livre Les soleils noirs de 2026 et 2027 :
Puis, dans une seconde vidéo, il détaille le déroulement de l’éclipse solaire du 12 août 2026 :
Dans le troisième épisode, vous allez découvrir comment se déroulera la phase totale de l’éclipse en Espagne :
L’épisode 4 vous propose une autre alternative à l’Espagne : l’Islande, l’autre pays où l’éclipse sera totale :
En complément, vous pouvez également consulter les pages de Stelvision, la SAF, ou encore la Cité de l’espace. Quant à l’Observatoire de Paris, il vous propose une astucieuse carte interactive vous permettant de visualiser l’éclipse depuis n’importe quel site d’observation. Mais n’oubliez pas : où que vous soyez le 12 août 2026, il vous faudra impérativement des lunettes de protection, disponibles par exemple chez Stelvision. C’est l’objet de l’épisode 5 :
Pas encore persuadé de l’intérêt d’assister à un tel spectacle ? L’épisode n°6 devrait convaincre les derniers septiques :
C’est l’une des plus belles et des plus discrètes galaxies spirales. L’astrophotographe Franck Leroy nous entraîne au cœur de Messier 33.
Une tache floue très étendue :
À moins de 3 millions d’années-lumière, Messier 33 est une galaxie spirale que nous voyons de face. Elle est perceptible à l’œil nu comme une petite tache floue, à condition de fuir toute pollution lumineuse. Sa brillance est cependant assez faible, car sa luminosité s’étale sur une surface apparente équivalente à quatre fois celle de la Pleine Lune. Avec Messier 31 et la Voie lactée, elle constitue le trio galactique le plus imposant du Groupe local :
Coincée entre Persée et Andromède, la petite constellation du Triangle ne compte que 25 étoiles visibles à l’œil nu. Et encore, la plus brillante n’est que de magnitude 3 ! Mais le seul objet Messier qu’elle héberge vaut largement le détour. C’est l’astrophotographe Franck Leroy qui nous fait découvrir cette galaxie, après 17 heures de poses cumulées. Elles ont été réalisées avec une caméra ZWO ASI533MM Pro placée au foyer d’une lunette apochromatique Sharpstar 61EDPH III :
Surprise de ce début de mois de février, AR 4366, une grande tache solaire particulièrement active, a fait une apparition remarquée.
Notre étoile est (encore) très active :
AR 4366 vient tout juste d’apparaître, et elle fait déjà beaucoup parler d’elle. Cette immense tache, qui s’étire sur plus de 170 000 kilomètres, est déjà considérée comme la plus active de ce cycle solaire. Il s’agit du vingt-cinquième, qui avait débuté fin 2019, atteignant son maximum cinq ans plus tard, fin 2024. Depuis, l’activité solaire décroît, logiquement. Concrètement, cela signifie que les taches, ces zones sombres moins chaudes où règne une intense activité magnétique, sont de moins en moins nombreuses. Pourtant, un sursaut d’activité est toujours possible, comme le prouve AR 4366 :
Depuis son apparition le 31 janvier, cette tache est à l’origine de plusieurs puissantes éruptions solaires. Jusqu’à présent, la tache n’était pas orientée vers nous, et les particules énergétiques libérées se sont dispersées dans l’espace. Mais avec la rotation du Soleil sur lui-même, AR 4366 va bientôt nous faire face. Et une fois encore, nous pourrions connaître de superbes aurores boréales. En attendant, vous pouvez suivre l’évolution de cette tache sur Spaceweather.com. Il est également possible de l’observer à l’œil nu avec des lunettes de protection. Ce sont les mêmes dont vous aurez besoin pour admirer sans danger l’éclipse du 12 août 2026.
En ce mois de février 2026, calme en événements astronomiques, profitons-en pour partir à la découverte de l’Hexagone d’hiver.
Astérisme hivernal :
En février 2026, je vous propose d’arpenter l’Hexagone d’hiver, une fois la nuit tombée. Vous n’aurez pas besoin d’instrument, vos deux yeux suffisent pour ce voyage cosmique. Évitez cependant les zones de forte pollution lumineuse. Vous avez plusieurs soirées pour réaliser cette observation, de préférence quand la Lune est absente. Cette année, Jupiter s’est même invité à l’intérieur de cet astérisme hivernal :
L’Hexagone est délimité par sept étoiles. Commençons par Capella et poursuivons dans le sens horaire :
Sirius : principale étoile de la constellation du Grand Chien, la plus brillante du ciel (magnitude -1,5).
Procyon : la plus brillante étoile de la constellation du Petit Chien (magnitude 0,4), située à 11,4 années-lumière.
Castor et Pollux : ces deux étoiles ont donné leur nom à la constellation des Gémeaux mais ce sont de fausses jumelles. Sachez que Castor est distante de 50 années-lumière (magnitude 1,3) et Pollux de seulement 38 années-lumière (magnitude 1,1).
Le ciel en février 2026 :
Le 1er, c’est la Pleine Lune. Ne manquez pas son lever au-dessus de l’horizon Est, un peu avant le coucher du Soleil à l’opposé.
Le 3, à l’aube, remarquez la présence de Régulus juste à côté du globe lunaire. La plus brillante étoile de la constellation du Lion est occultée un peu plus tard, mais le phénomène est invisible en France.
Le 7 avant l’aube, c’est Spica de la Vierge qui se trouve au-dessus de la Lune décroissante.
Le 9, c’est le Dernier Quartier de Lune.
Le 11 avant l’aube, c’est au tour d’Antarès du Scorpion d’accompagner le fin croissant de Lune.
Le 17, c’est la Nouvelle Lune. Elle est à l’origine d’une éclipse annulaire de Soleil visible uniquement en Antarctique.
Le 18 au crépuscule, tentez de repérer Vénus, le croissant de Lune, Mercure et Saturne au-dessus de l’horizon Ouest.
Le 19 au crépuscule, le croissant de Lune est remonté aux côtés de Saturne.
Le 24, c’est le Premier Quartier de Lune. Dans un petit télescope, admirez les nombreux cratères situés le long du terminateur.
du 26 au 27, la Lune gibbeuse se déplace entre Jupiter et les jumeaux Castor et Pollux.
Le 28 au crépuscule enfin, cherchez Mercure à moins de 5° de Vénus sur l’horizon Ouest.
Les captures d’écran qui illustrent ces éphémérides ont été réalisées à l’aide du logiciel Stellarium. Je vous le recommande, il est indispensable pour vos soirées d’astronomie.
En 2025, les planètes Mars et Vénus sont passées à proximité de l’amas d’étoiles de la Crèche, dans la constellation du Cancer.
L’amas d’Aratos de Soles :
On attribue généralement la découverte de l’amas de la Crèche au poète grec Aratos de Soles vers 260 avant J-C. Heureuse époque où l’on ne connaissait pas la pollution lumineuse ! Chacun pouvait alors admirer les merveilles du ciel nocturne depuis le pas de sa porte… Si vous avez envie d’observer ce bel amas d’étoiles (appelé M 44 dans le catalogue de Charles Messier), cherchez-le dans la constellation du Cancer :
Les astrophotographes amateurs ont été nombreux à immortaliser la planète gazeuse géante Jupiter au plus près de la Terre.
Une approche remarquée :
Tous les treize mois environ, Jupiter s’approche de la Terre. C’est l’époque où la planète se trouve à l’opposé du Soleil . Les astronomes parlent alors de son opposition. La dernière s’est produite le 9 janvier 2026. La planète gazeuse géante se trouvait alors à 633 millions de kilomètres. Compte tenu de sa taille imposante (son diamètre est onze fois plus important que celui de la Terre), l’astre présentait un diamètre apparent de 46,5 secondes d’arc. Un atout pour l’imager, surtout lors de son passage au méridien. C’est le moment où les astres sont le plus haut dans le ciel, au-dessus de la turbulence atmosphérique qui brouille les images. De nombreux astrophotographes amateurs ont donc bravé les conditions météorologiques hivernales pour photographier la planète :
Outre la stabilité des images, le diamètre du télescope conditionne la finesse des détails. Mais tout cela n’est rien sans un traitement adapté. Un domaine où certains sont passés maîtres, à l’instar de Jean-Paul Oger qui nous a donné ses conseils en imagerie planétaire. Rassurez-vous : la planète reste observable encore plusieurs mois. Se levant chaque soir un peu plus tôt, vous pourrez la suivre jusqu’à l’été. Et, à défaut de réaliser des clichés mémorables, ne manquez pas la danse des satellites galiléens, ou encore le passage de la Grande tache rouge.
Depuis 2024, l’astrophotographe Pierre-Olivier Castille traque les aurores boréales dans le ciel des Hauts-de-France.
Au plus près des aurores boréales :
À première vue, la région des Hauts-de-France (composée du Nord-Pas-de-Calais et de la Picardie) n’est pas forcément la meilleure pour les amoureux des étoiles. Ceux qui recherchent des ciels clairs pour assouvir leur passion vont naturellement privilégier le sud du pays. Mais vivre dans le Nord-Pas-de-Calais présente un intérêt certain pour celui qui chasse les aurores boréales. Rappelons que ces draperies lumineuses se forment lorsque des particules solaires entrent dans la haute atmosphère. Ces particules pénétrant par les pôles magnétiques, on les admire logiquement depuis les régions polaires. Le Nord de la France devient donc un belvédère idéal, pour peu que les aurores descendent un peu en latitude :
Les années 2024 et 2025 viennent de connaître un maximum d’activité solaire, ce qui a favorisé l’apparition de ces aurores. Et 2026 a bien démarré, puisqu’une nouvelle tempête solaire s’est produite le 19 janvier. L’astrophotographe Pierre-Olivier Castille (Astropassion) a regroupé dans une vidéo ses plus belles images, preuve que le ciel des Hauts-de-France n’est pas toujours envahi par les nuages ! Continuer la lecture de En vidéo : aurores boréales depuis les Hauts-de-France→
Spectacle d’une délicate beauté, la lumière cendrée s’offre à nos yeux émerveillés quelques jours chaque mois.
Ciel pour tous :
Avez-vous déjà entendu parler de la lumière cendrée ? Cette douce clarté, environ 10.000 fois plus faible que la Pleine Lune, permet de distinguer le reste du disque lunaire. On peut l’admirer deux ou trois jours avant ou après la Nouvelle Lune, quand le croissant n’est pas trop éblouissant. La lumière solaire renvoyée par la Terre donne au reste du disque lunaire un aspect gris clair comme de la cendre, d’où son nom. On doit à Léonard de Vinci la première explication du phénomène. Voici par exemple ce qu’on voyait dans la soirée du 21 janvier :
Ce spectacle, appelé aussi clair de Terre, est observable très facilement. Pas besoin de télescope pour l’admirer (comme pour les planètes) ni de se déplacer (cas d’une éclipse de Soleil). Les yeux suffisent pour s’en délecter avec l’appui éventuel d’une paire de jumelles :
Je ne peux que vous encourager à savourer cette féérie. Pour cela, consultez régulièrement les éphémérides pour y repérer l’époque de chaque Nouvelle Lune. À l’aube un peu avant, ou au crépuscule juste après, vous pourrez en profiter, pour peu que votre ciel soit dégagé. Certains astrophotographes, comme le regretté Fred Espenak, on même filmé cet instant de grâce, ici en 2015 :
On croyait tout savoir sur la nébuleuse de la Lyre. De nouvelles observations révèlent la présence d’un mystérieux nuage de fer.
Célèbre nébuleuse :
La nébuleuse de la Lyre est l’un des objets astronomiques les plus connus. Découverte en 1779 par Charles Messier, elle est depuis l’une des cibles favorites des astronomes. Il faut dire que cette nébuleuse planétaire est assez brillante (magnitude 9,4), et surtout facile à pointer. Stelvision lui consacre d’ailleurs une fiche d’observation qui vous donnera toutes les informations utiles pour l’admirer. Une telle vedette ne pouvait bien sûr pas échapper aux télescopes spatiaux. Le JWST n’a pas manqué de l’immortaliser, dix ans après le télescope Hubble :
Comme toutes les nébuleuses planétaires, Messier 57 (NGC 6720) a été créée par l’explosion d’une étoile géante rouge. Cette dernière, en fin de vie, a violemment expulsé les couches externes de son atmosphère. Il ne reste plus qu’un noyau stellaire extrêmement dense et chaud, appelé naine blanche. Le rayonnement ultraviolet (UV) de cette naine blanche centrale excite le gaz expulsé, le rendant lumineux. Continuer la lecture de Curieuse découverte dans la célèbre nébuleuse de la Lyre→
Une équipe d’amateurs vient de découvrir une nouvelle comète, 6AC4721. Elle pourrait nous offrir un joli spectacle au printemps.
Travail d’équipe :
De toute évidence, la découverte de 6AC4721 [nom définitif C/2026 A1 (MAPS)] ne doit rien au hasard. C’est en effet la huitième comète à mettre au crédit du programme MAPS. Sans parler des astéroïdes : plus d’une centaine en 2025, de quoi faire rêver bien des professionnels. Mais qui sont donc les quatre mousquetaires de MAPS (initiales de Maury, Attard, Parrott et Signoret), tous amateurs ? Alain Maury a monté son observatoire (SpaceObs) dans le désert d’Atacama au Chili, où il accueille les amoureux des étoiles. Pendant qu’il leur fait admirer les beautés du ciel nocturne austral, quatre télescopes de Schmidt de 28 centimètres de diamètre (f/2,2) entièrement automatisés traquent astéroïdes et comètes :
De forme atypique suite à une collision, la galaxie NGC 7727 présente également la particularité de posséder deux trous noirs supermassifs.
Une galaxie très particulière :
Quand on regarde les images de NGC 7727 (Arp 222), on est surpris par son aspect déroutant. C’est probablement une rencontre avec une autre galaxie spirale, il y a un milliard d’années, qui est à l’origine de son apparence. Une forme si curieuse qu’elle lui vaut une entrée dans le catalogue des galaxies particulières élaboré par l’astronome Halton Arp. Découverte en 1785 par le célèbre astronome William Herschel, NGC 7727 est située à plus de 70 millions d’années-lumière dans la constellation du Verseau. Sa magnitude de 11,5 la réserve aux astrophotographes bien équipés. Mike Selby et Mark Hanson en ont réalisé un très beau portrait en utilisant un télescope de un mètre de diamètre :
Mais l’aspect de Arp 222 n’est pas la seule particularité de cette galaxie. En l’observant avec le Very Large Telescope en 2021, les astronomes y ont découvert deux trous noirs supermassifs. L’un “pèse” la bagatelle de 154 millions de masses solaires, l’autre se contente de seulement 6,3 millions de masses solaires. D’où viennent-ils ? Du cœur de chacune des deux galaxies qui se sont croisées il y a un milliard d’années. Le plus petit orbitant autour du plus gros, les deux trous noirs devraient fusionner dans 250 millions d’années.
L’orbiteur européen Mars Express a photographié la sombre lune Phobos en train de survoler les volcans de la Planète rouge.
Petite lune martienne :
Phobos est un satellite naturel de moins de 30 kilomètres de diamètre. Tout comme son petit frère Deimos, il a été découvert en 1877 par l’astronome américain Asaph Hall. Orbitant à 6000 kilomètres de la surface, il met un peu plus de sept heures à effectuer une révolution autour de Mars. Recouvert d’une épaisse couche de régolithe, c’est le satellite le plus sombre de tout le Système solaire. À sa surface, la gravité y est si faible qu’une balle lancée devant vous reviendrait dans votre dos ! Avec son orbite décroissante, il finira par s’écraser sur la planète dans une dizaine de millions d’années. Mais en attendant, il intéresse beaucoup les planétologues. Au point qu’ils envisagent d’y envoyer un rover, surnommé IDEFIX :
Cette image a été réalisée par Mars Express le 17 juin 2025. Bien que lancée en 2003, la sonde européenne est toujours opérationnelle. Elle cartographie les reliefs, étudie l’évolution des calottes polaires et mesure les effets du vent solaire. Si Phobos, très sombre, se détache nettement sur ce cliché, on remarque également la présence de plusieurs formations géologiques célèbres. On retrouve par exemple les trois volcans de Tharsis Montes ou encore le célèbre canyon de Valles Marineris :