Que voir dans le ciel nocturne en Mars 2020

Ce mois de mars sera celui des rapprochements planétaires avec les duos Vénus-Uranus, Jupiter-Mars et Saturne-Mars, sans oublier de suivre Bételgeuse.

L’hiver s’éloigne doucement au cours de ce mois de mars. La période est propice aux observations du ciel profond avec encore de longues nuits noires. Profitez-en pour admirer aux jumelles la nébuleuse d’Orion ou encore les amas des Hyades et des Pléiades. Les plus chevronnés pourront même partir à la chasse de quelques objets plus exotiques en s’armant par exemple de l’excellent guide le ciel aux jumelles. Observez également Bételgeuse, l’étoile d’Orion dont l’éclat remonte lentement (lire à ce sujet Bételgeuse : sa luminosité repart à la hausse).

Un autre regard sur la constellation d’Orion (Bételgeuse est l’étoile en haut à gauche). © Jean-Baptiste Feldmann

Côté planètes de très jolis rapprochements apparents vont jalonner le mois, je vous propose de les découvrir maintenant. N’oubliez pas de consulter la carte du ciel de Stelvision pour vous orienter sous la voûte céleste.  Continuer la lecture

Vénus-Lune : alignement céleste au crépuscule depuis Thionville

Ce 26 février Vénus et le jeune croissant de Lune étaient alignés verticalement, un spectacle photographié pour l’occasion depuis Thionville.

Au cœur du Grand Est :

En Moselle, Thionville est la petite sœur de Metz.  C’est la seconde ville du département en nombre d’habitants (50.000). On apprécie de flâner dans ses rues piétonnes qui mènent au beffroi dont la construction remonte au XIVeme siècle. Haut de 45 mètres, l’édifice dépasse les bâtiments qui l’entourent.

Alignement Vénus-Lune depuis Thionville. © Jean-Baptiste Feldmann

On le repère sur la gauche de cette image réalisée dans la soirée du 26 février avec un boîtier Panasonic Lumix DC-FZ82. Continuer la lecture

L’instrument SPHERE dévoile la surface de l’astéroïde Pallas

Avec l’instrument SPHERE, le Very Large Telescope vient de fournir l’image la plus précise jamais obtenue du troisième plus gros astéroïde, Pallas.

Un instrument à tout SPHERE :

L’instrument SPHERE (Spectro Polarimetric High contrast Exoplanet REsearch) est installé depuis mai 2014 sur le Very Large telescope de l’ESO. Il est conçu pour fournir directement des images des planètes extrasolaires ainsi que leurs caractéristiques spectrales et colorimétriques. C’est sous la responsabilité de l’Institut de Planétologie et d’Astrophysique de Grenoble que cet instrument a été conçu par un consortium d’astronomes et d’ingénieurs européens.

Il y a quelques jours SPHERE nous offrait une surprenante nouvelle image de l’étoile Bételgeuse. Cette fois l’instrument lève (un peu) le voile sur la surface de l’astéroïde Pallas (voir l’article de l’ESO). Continuer la lecture

De rares aurores boréales bleues photographiées en Norvège

Toujours aussi belles et imprévisibles, des aurores boréales d’une rare couleur bleue sont apparues le 18 février au-dessus de la Norvège.

Paradis pour chasseur d’aurores :

L’archipel des îles Lofoten au nord de la Norvège est un endroit très prisé des astrophotographes. C’est là qu’ils viennent admirer les aurores boréales. Ces draperies qui ondulent dans le ciel trahissent l’arrivée de particules solaires énergétiques. Ces dernières, après s’être frayées un passage entre les lignes du champ magnétique qui protège notre planète, viennent ioniser la haute atmosphère au niveau des pôles terrestres.

Rares aurores bleues photographiées le 18 février 2020 en Norvège. © Matthew Steinberg

Les aurores s’observent depuis les régions polaires et seules les plus intenses peuvent devenir visibles à de plus basses latitudes. On peut aussi observer des aurores australes (par exemple en Nouvelle-Zélande). Les astronomes en étudient également sur d’autres planètes (voir ici sur Jupiter ou Saturne) et même sur des naines brunes. Continuer la lecture

En vidéo : dans le Briançonnais, le lac Laramon sous les étoiles

Deux astrophotographes ont uni leurs images dans un très beau time-lapse qui dévoile le ciel étoilé en été depuis le lac Laramon dans le Briançonnais. 

Randonnée dans les Hautes-Alpes :

Le lac Laramon (2.359 m) se situe dans la vallée de la Clarée au-dessus de Fontcouverte (Briançonnais, Hautes-Alpes). Il est le but d’une jolie randonnée d’un peu moins de 4 heures en partant de Névache. C’est là que les photographes Dominique Joubert et Jean-Philippe Kornmann (membres du GAD, le Groupe d’Astronomie du Dauphiné) se sont installés pendant une nuit de l’été 2019.

Profitant du beau temps et de l’absence de pollution lumineuse, ils ont réalisé cette vidéo. Concrètement ils ont utilisé 4 boîtiers dont 3 défiltrés (2 Canon 6D / 2 Nikon D610), 3 focales différentes (24mm, 50mm, 85mm), 2 montures équatoriales (Star Adventurer Mini) ainsi que 2 équipements pour assurer les mouvements (Rail Syrp Genie II, et 2 Platines Genie Mini). 10 séquences ont été tournées pour un total de 4.700 photos. Au final ce sont 8 séquences et 2.250 images qui ont été retenues pour le montage final. Continuer la lecture

C’est le moment d’admirer Sirius, la plus brillante étoile du ciel

Au sud-est de la constellation d’Orion, Sirius resplendit actuellement de mille feux chaque début de nuit. Zoom sur la plus brillante étoile du ciel.

Une déesse égyptienne :

Les étoiles sont source d’émerveillement lorsqu’on arrive à s’éloigner de la pollution lumineuse. La plus brillante d’entre elles est Sirius qui semble courir après la constellation d’Orion. Dans l’Égypte ancienne elle incarnait la déesse Isis. Son apparition en fin de nuit l’été coïncidait avec les crues du Nil. On la surnommait canicula (Sirius se situe dans la constellation du Grand Chien) ce qui a donné le mot canicule.

Située au sud et à l’est de la célèbre constellation d’Orion, Sirius est la plus brillante étoile du ciel (visible entre l’église de Corton en Bourgogne et l’arbre) . © Jean-Baptiste Feldmann

Si depuis plusieurs semaines on parle beaucoup de la baisse de luminosité de Bételgeuse (va-t-elle exploser en supernova ?), regardons plus au sud-est vers Sirius. Continuer la lecture

Une petite cueilleuse pour la Pleine Lune de février

Deuxième Pleine Lune de l’année, celle de ce 9 février n’est pas encore une Super Lune, ce qui n’a pas empêché une petite cueilleuse de s’y intéresser. 

Ce 9 février se produisait la Pleine Lune de l’amour, alors que notre satellite naturel se trouvait à un peu plus de 362.000 kilomètres de nous. Une petite cueilleuse avait pour mission d’essayer de s’en saisir délicatement un peu après son lever dans la soirée du 8. Certains médias parlaient déjà de Super Lune pour l’occasion, mais il faudra attendre la Pleine Lune du 8 avril pour que Séléné soit au plus près de nous avec 357.000 kilomètres. Mais au fait, c’est quoi une Super Lune ?

En raison de son orbite elliptique, la Lune n’est pas toujours à la même distance de la Terre. Au plus près, le périgée, cette distance est de 356.700 km ; au plus loin, l’apogée, la Lune se trouve à 406.300 km. Continuer la lecture

La nova observée en Chine il y a 2000 ans retrouvée par le VLT

2000 ans séparent les astronomes qui observaient en Chine une nova en 48 avant J.-C. et ceux qui en ont retrouvé les restes avec le Very Large Telescope.

L’âge d’or de l’astronomie chinoise :

La contribution majeure de la Chine ne cesse de se révéler au fil de la publication d’études en archéoastronomie. Il semble que les astronomes de l’Empire du Milieu étaient déjà particulièrement actifs il y a plus de 4.000 ans. Prédiction des éclipses, observation de phénomènes célestes marquants (comètes, novae…), création d’un calendrier luni-solaire, découpage du ciel en constellations, autant d’avancées à mettre à l’actif des astronomes impériaux. Un patrimoine scientifique qui a traversé le temps grâce à la manie qu’avaient les Chinois de consigner toutes leurs observations. On en retrouve la trace au fil des découvertes d’anciens parchemins comme l’atlas astronomique de Dunhuang.

L’atlas astronomique de Dunhuang fut réalisé en Chine à la fin du VIIe siècle.

Nous allons nous intéresser aujourd’hui à l’observation d’une explosion d’étoile consignée en 48 avant Jésus-Christ. Le Very Large Telescope a permis d’en retrouver les restes un peu plus de 2.000 ans après.  Continuer la lecture