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Découverte : le réfracteur géant de Serge Deconihout

Serge Deconihout possède l’un des plus grands réfracteurs amateurs au monde. Rencontre avec un passionné.

Aventure provençale :

Serge Deconihout a posé ses valises au pied du petit village de Puimichel en 1991. Délaissant la région parisienne où il travaillait dans le secteur “études et prototypes” en aéronautique militaire, il est venu s’installer avec femme et enfants dans ce joli coin de Provence pour lancer son entreprise de mécanique astronomique. Pendant vingt-sept ans, sa société Valmeca a conçu des montures pour télescopes.

Le télescope de 0,6 mètre de l’Observatoire des Makes sur l’Île de La Réunion est l’une des nombreuses réalisations de la société Valmeca.© JohanneA974

Difficile de tous les énumérer, mais on en retrouve à La Réunion (un télescope de 1,2 mètre et deux de 0,6 mètre pour l’Observatoire des Makes), au Maroc (0,6 mètre pour l’OUCA), en Allemagne (0,6 mètre pour l’Université de Tübingen), en France (0,6 mètre pour le Centre d’Astronomie de Saint-Michel-l’Observatoire)… Signalons également deux télescopes de 0,6 mètre en Suisse, l’un pour l’OFXB (ainsi qu’un coronographe de 150 millimètres), et l’autre (utilisé par Michel Ory) à l’Observatoire Astronomique Jurassien. Il a enfin réalisé les instruments TAROT et ROSACE, ainsi que de nombreuses pièces mécaniques pour de prestigieux observatoires professionnels comme le VLT, le CFHT ou encore le KPNO.

L’observatoire de Serge Deconihout comporte deux coupoles. La première abrite un réfracteur de 43,5 cm, la seconde un télescope de 75 cm. © Jean-Baptiste Feldmann

En 2011, Serge Deconihout s’est lancé dans une autre aventure : réaliser son propre observatoire et l’équiper d’instruments exceptionnels. Continuer la lecture

Les grains de Baily, magnifiques perles d’éclipse

L’éclipse de Soleil du 8 avril 2024 a permis d’observer des perles de lumière, les grains de Baily, ainsi que de belles protubérances.  

Reliefs lunaires :

Les grains de Baily font partie des différents phénomènes qui accompagnent une éclipse de Soleil. Le 15 mai 1836, Francis Baily observe depuis le Nord de l’Angleterre une éclipse. Il remarque la présence de perles lumineuses sur le limbe lunaire. L’astronome anglais propose alors une explication pour ce phénomène. Ce sont les rayons de Soleil qui passent dans les vallées lunaires situées sur le limbe (le bord du disque lunaire). Ces perles lumineuses ont pris depuis le nom de grains de Baily. Bryon Wiley a saisi ce spectacle au cours de l’éclipse nord-américaine du 8 avril 2024 :

L’image du photographe américain montre également de belles protubérances. Ces “flammes rouges” sont des filaments de plasma associés au champ magnétique du Soleil.

L’aide de la photographie :

Avec le développement de la photographie astronomique, les grains de Baily ont été immortalisés quelques décennies après leur découverte. Ce fut le cas par exemple lors de l’éclipse du 18 juillet 1860, éclipse qui a par ailleurs servi de trame à un roman de Jules Verne, “Le pays des fourrures” :

L’éclipse totale de Soleil du 18 juillet 1860 photographiée en Espagne par l’astronome britannique Warren De La Rue.

Un demi-siècle plus tard, de nombreux clichés ont été obtenus lors de l’éclipse hybride du 17 avril 1912, surnommée l’éclipse du Titanic (le navire avait fait naufrage trois jours plus tôt).

La position des grains de Baily peut désormais être simulée pour chaque éclipse : c’est une des nombreuses fonctionnalités du logiciel Solar Eclipse Maestro. Les protubérances, quant à elles, sont imprévisibles. Mais on se doutait qu’elles seraient nombreuses ce 8 avril 2024, à l’approche du maximum d’activité solaire.

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Un nouveau filament géant observable sur le Soleil

Astronomes amateurs et observatoires professionnels suivent depuis quelques jours le développement d’un très grand filament solaire.

Les  filaments se composent de matière solaire (hydrogène, calcium et quelques métaux sous forme gazeuse), environ 100 fois plus froide et plus dense que le reste de la couronne solaire, cette dernière n’étant visible qu’au moment d’une éclipse totale.

Ces filaments sont maintenus en suspension par de puissants champs magnétiques, de telle sorte qu’un hypothétique observateur placé à la surface du Soleil verrait ces filaments comme un mur.

En vidéo : de superbes images du Soleil pour fêter les 5 ans du satellite SDO

On ne peut observer les filaments solaires que dans certaines longueurs d’onde, comme la célèbre raie H alpha (centrée sur 656,3 nanomètres), caractéristique de l’hydrogène ionisé. C’est ce que fait en continu l’observatoire spatial SDO (Solar Dynamics Observatory) qui photographie notre étoile dans différentes longueurs d’onde depuis qu’il a été placé en février 2010 sur une orbite géosynchrone (36.000 km au-dessus de la Terre).

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Il existe des lunettes équipées de filtres H alpha qui permettent aux astronomes de suivre ces filaments. Celui qu’a photographié  Mike Taormina le 3 septembre dernier mesure 450.000 kilomètres de long, bien plus que la distance qui nous sépare de la Lune.   Continuer la lecture

RAP 2016 : retour sur une belle manifestation

Les RAP (Rencontres Astronomiques de Printemps) se sont tenues du 5 au 8 mai. Plus de 200 passionnés d’astronomie s’y sont retrouvés sous un bon ciel.  

Les dix-huitièmes Rencontres Astronomiques de Printemps (RAP) ont eu lieu dans la petite commune de Craponne sur Arzon en Haute-Loire (900 m d’altitude) à l’occasion du pont de l’Ascension. Cette édition restera comme un bon cru en raison d’une météo clémente qui aura permis aux astronomes amateurs présents de faire de nombreuses et belles observations.

Les journées ont été consacrées à l’observation du Soleil grâce aux multiples instruments permettant d’admirer les taches solaires en lumière blanche ainsi que de nombreux filaments et protubérances dans la longueur d’onde de l’H-alpha.

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En images : l’éclipse solaire du 9 mars 2016

Grâce aux images réalisées par les photographes du ciel, revivez la première éclipse solaire de l’année 2016 observable en Indonésie.

Ils y étaient et ils l’ont vue : de nombreux astrophotographes avaient fait le déplacement en Indonésie le 9 mars 2016 pour assister à la disparition temporaire de notre étoile en plein jour à l’occasion de la première éclipse solaire de l’année (la prochaine, une éclipse annulaire, se déroulera le 1er septembre 2016 au-dessus des îles de Madagascar et de la Réunion).

Dans une étroite bande traversant les îles de Sumatra, Bornéo et Célèbes on pouvait profiter aux premières heures du 9 mars 2016 de quelques minutes d’éclipse totale pour découvrir les perles de Baily (un bref diamant lumineux provoqué par un rayon de Soleil qui se glisse dans une plaine entre deux montagnes sur le bord du disque lunaire juste avant et après la totalité), les protubérances (sortes de flammes roses qui trahissent la présence de filaments de plasma) et la couronne solaire (une enveloppe autour de notre étoile dont la température oscille entre 1 et 3 millions de degrés).

En dehors de la bande terrestre balayée par l’ombre lunaire les observateurs ont assisté à une éclipse partielle de Soleil qui ressemblait à celle du 20 mars 2015 en France.

En vidéo : l’éclipse totale de Soleil du 9 mars 2016

Grâce à la NASA, il est possible de revivre dans une vidéo d’un peu plus de 5 minutes l’éclipse totale de Soleil du 9 mars 2016 filmée depuis l’Indonésie. 

C’est dans les premières heures de la journée, alors que l’on dormait en France, qu’a eu lieu la 52ème éclipse du Saros n° 130 (constitué de 43 éclipses totales et de 30 éclipses partielles) qui a débuté en 1096 et s’achèvera en 2394. Il s’agissait d’une éclipse totale de Soleil observable en Indonésie depuis les îles de Sumatra, Bornéo et Célèbes.

La vidéo de la NASA commence quelques instants avant la phase totale, alors qu’il ne reste qu’un infime croissant solaire, le reste du disque de notre étoile étant masqué par la Lune.

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Un filament circulaire géant s’est formé sur le Soleil

Les astronomes suivent depuis le 11 novembre le développement d’un immense filament en arc de cercle à la surface du Soleil. 

Le premier à avoir donné l’alerte est le satellite solaire SDO (Solar Dynamics Observatory) qui observe le Soleil sans interruption dans différentes longueurs d’onde depuis 2010.

En vidéo : de superbes images du Soleil pour fêter les 5 ans du satellite SDO

Les images prises le 11 novembre par SDO en H-alpha (une raie centrée sur 656,3 nanomètres caractéristique de l’hydrogène ionisé) ont révélé la présence sur le bord solaire d’un filament (voir photo ci-dessous réalisée le 12 novembre) inscrit dans un cercle dont la circonférence approche actuellement 1 million de km.

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Un filament solaire est un “mur” de matière solaire incandescente (un plasma d’hydrogène et de calcium) maintenu en suspension dans la chromosphère par de puissants champs magnétiques.

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11 août 1999 : en France, le Soleil avait rendez-vous avec la Lune

Le 11 août 1999 s’est produite la dernière éclipse totale de Soleil observable en France, visible de la Normandie à l’Alsace.

Rendez-vous céleste :

Les éclipses de Soleil sont des événements très rares pour un lieu géographique donné. Nous avons pu en observer en France le 15 février 1961 et le 11 août 1999. La prochaine aura lieu le 3 septembre 2081. Une éclipse de Soleil a lieu lorsque l’alignement Soleil-Lune-Terre est parfait. La Lune projette alors son ombre sur notre planète. Par une heureuse coïncidence, le Soleil, environ 400 fois plus grand que la Lune, est aussi 400 fois plus éloigné de nous. En conséquence, le Soleil et la Lune ont sensiblement le même diamètre apparent dans le ciel.

En vidéo : l’éclipse solaire du 20 mars 2015 filmée depuis l’espace

Au cours d’une éclipse totale, la Lune masque exactement le Soleil. Nous pouvons alors brièvement admirer la couronne solaire et les protubérances sur le bord de notre étoile. Pour les observateurs placés dans l’ombre lunaire, l’éclipse est totale. Ceux installés en dehors du cône d’ombre assistent à une éclipse partielle.

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Le filament solaire géant du 27 avril

Le 27 avril le Soleil semblait très calme : visuellement on ne voyait que quelques petites taches, comme le confirme l’image réalisée par le satellite solaire SDO (Solar Dynamics Observatory).

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La situation était pourtant bien différente en observant notre étoile en H-alpha, une raie d’émission particulière de l’atome d’hydrogène située dans le spectre visible à 656,3 nanomètres.

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Un filament géant (sa taille était comparable à la distance Terre-Lune, soit près de 400 000 km) se développait dans l’hémisphère nord.

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