Archives pour l'étiquette naine blanche

Fournaise au cœur de la nébuleuse planétaire NGC 2440

Dans la nébuleuse planétaire NGC 2440, les astronomes ont déniché l’un des astres les plus chauds de notre galaxie.

Une étoile brûlante :

170.000°C pour la naine blanche cachée dans la nébuleuse NGC 2440 ! Voilà qui dépasse allègrement les 130.000°C mesurés au centre de la nébuleuse du Masque. Sans détrôner WR 102 et ses 210 000°C, l’astre au cœur de NGC 2440 est donc l’un des plus chauds connus à ce jour. On doit la découverte de la nébuleuse à l’astronome germano-britannique William Herschel en 1790. L’ensemble, de magnitude 9, se situe à 3.600 années-lumière dans la constellation de la Poupe, à l’Est de Sirius. Voici la nébuleuse photographiée par l’un des télescopes du KPNO (Kitt Peak National Observatory) :

On peut également la retrouver dans les archives du Télescope spatial Hubble, ou en dessin sur le blog de Bertrand Laville. Continuer la lecture

Une étoile torride fait briller la nébuleuse du Masque

Les astronomes ont mesuré la température impressionnante de l’étoile centrale dans la nébuleuse du Masque : plus de 130.000°C !

Nébuleuse planétaire australe :

La nébuleuse du Masque (CVMP 1) est une nébuleuse planétaire (NP) située à environ 6.500 années-lumière. Elle s’est formée il y a plus de 12.000 ans dans la constellation australe du Compas. Lorsqu’une étoile géante rouge arrive en fin de vie, elle explose. En projetant dans l’espace ses couches externes,  elle crée une bulle gazeuse en expansion. Le gaz de la nébuleuse se met à briller sous l’action du puissant rayonnement ultraviolet émis par l’astre géniteur. C’est le spectacle que nous observons actuellement dans la nébuleuse du Masque :

CVMP 1, la nébuleuse planétaire du Masque dans la constellation du Compas. © Gemini Observatory / NSF’s National Optical-Infrared Astronomy Research Laboratory / AURA

Au fil du temps, l’étoile centrale se refroidit et le gaz de la NP se dilue dans l’espace. C’est ce qui explique l’existence éphémère (à l’échelle de l’Univers) des nébuleuses planétaires : quelques dizaines de milliers d’années tout au plus. Continuer la lecture

Hen 2-437, une libellule cosmique au milieu des étoiles

La nébuleuse planétaire Hen 2-437 déploie délicatement ses ailes dans la constellation du Petit Renard, telle une libellule cosmique. 

Deux astronomes pour une nébuleuse : 

La modeste constellation du Petit Renard se situe sur le bord Est du Triangle d’été. Bien que cet astérisme ne compte aucune étoile brillante, il est très connu des astronomes pour héberger Dumbbell. Sa petite sœur Hen 2-437 est une autre nébuleuse planétaire, une catégorie d’objets célestes qui intéresse beaucoup les astronomes (lire à ce sujet Moisson de nébuleuses planétaires pour deux amateurs).

Dumbbell, la plus célèbre des nébuleuses planétaires, est située dans la constellation du Petit Renard, tout comme sa petite sœur beaucoup plus discrète, Hen 2-437. © P. Renauld

Cependant, Hen 2-437 est beaucoup plus discrète que Dumbbell. Avec une magnitude de 15, elle est indécelable dans un télescope d’amateur ! Un éclat aussi faible explique sa découverte assez récente, en 1946, par l’astronome germano-américain Rudolph Minkowski. Vingt ans plus tard, elle prenait place dans le catalogue créé par Karl Gordon Henize. Cet astronome américain touche-à-tout fut également astronaute à bord de la navette Challenger en 1985. Il mourut en 1993 (à l’âge de 66 ans) au cours d’une ascension du mont Everest. Continuer la lecture

Exoplanètes : des indices sur un spectre stellaire de 1917

En examinant un spectre de l’étoile de van Maanen pris en 1917, un chercheur a découvert des indices en faveur de l’existence d’exoplanètes. 

Des exoplanètes par milliers :

La recherche d’exoplanètes est un sujet qui mobilise de nombreux instruments astronomiques depuis un peu plus d’un quart de siècle. C’est en effet le 6 octobre 1995 que les chercheurs suisses Michel Mayor et Didier Queloz ouvraient le bal avec la détection de la première planète extrasolaire. En utilisant le télescope de 1,93 m de l’Observatoire de Haute-Provence, ils révélèrent l’existence de 51 Pegasi b. Il s’agit de la toute première exoplanète repérée à proximité d’une étoile comparable à notre Soleil.

Représentation des sept exoplanètes détectées autour de l’étoile Trappist-1. Trois d’entre elles ont des conditions compatibles avec la présence d’eau.  © NASA/R. Hurt/T. Pyle

Au 1er janvier 2021, plus de 4.300 exoplanètes ont été confirmées dans 3.242 systèmes planétaires. 720 d’entre eux sont des systèmes planétaires multiples. Mais la première preuve de l’existence d’exoplanètes est peut-être beaucoup plus ancienne. Continuer la lecture

Spectaculaire vision de la nébuleuse du Hibou

Parmi les curiosités célestes à découvrir dans la constellation de la Grande Ourse, la nébuleuse planétaire du Hibou mérite le détour.

Un Hibou dans la Grande Ourse :

La troisième plus grande constellation du ciel est celle de la Grande Ourse. Souvent réduite à ses sept étoiles les plus brillantes (Alkaïd, Mizar, Alioth, Megrez, Phecda, Merak et Dubhe), elle fait partie des 48 constellations identifiées par l’astronome grec Claude Ptolémée au 2ème siècle après J.-C. Cette constellation est circumpolaire depuis nos latitudes, ce qui signifie qu’elle ne se couche jamais. C’est au fond de la casserole que se cache Messier 97 (la nébuleuse du Hibou), l’un des objets les  plus faibles du catalogue Messier :

Située à 2.600 années-lumière, la nébuleuse du Hibou a été photographiée par Lefteris Velissaratos.  Les “yeux” du rapace nocturne sont deux régions circulaires (pauvres en matière éjectée) au milieu de sa bouille ronde. La taille de cette NP est de deux années-lumière, ce qui à cette distance équivaut environ à 2.000 fois la taille de notre Système solaire.
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SNR 0519, un rémanent de supernova tout en finesse

La constellation de la Dorade abrite le rémanent de supernova SNR 0519. Ce sont les restes d’une explosion stellaire qui s’est produite il y a 600 ans.

C’est au cours d’une expédition hollandaise vers les Indes orientales à la fin du XVIe siècle que les explorateurs  Pieter Dirkszoon Keyser et Frederick de Houtman découvrirent le ciel de l’hémisphère sud et nommèrent 11 nouvelles constellations. L’une d’entre elles fut baptisée la Dorade en raison de sa forme très allongée qui fait penser à un poisson.

supernova

Si la constellation de la Dorade est réputée, ce n’est pas pour ses étoiles (dont aucune n’est plus brillante que la quatrième magnitude) mais parce qu’elle abrite le Grand Nuage de Magellan (Large Magellanic Cloud ou LMC pour les anglo-saxons), une galaxie naine parfaitement visible à l’œil nu, étendue sur une surface 20 fois plus grande que la Pleine Lune et distante de 170 000 années-lumière.

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Explosion d’une étoile dans la constellation du Sagittaire

Une nouvelle étoile serait-elle née dans le Sagittaire ? C’est ce que pourrait laisser penser l’observation de cette constellation où brille un astre de magnitude 4,4 qui n’y était pas avant.

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Il s’agit en réalité d’une nova, une étoile qui augmente brutalement d’éclat pendant quelques jours. Elle a été remarquée pour la première fois par l’astronome amateur australien John Seach le 15 mars.

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