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L’Hypertélescope, un instrument pour voir grand et loin

Une équipe de passionnés installe depuis quelques années dans une vallée des Alpes de Haute-Provence un instrument étonnant, l’Hypertélescope.

Ils sont 24 (scientifiques, enseignants, chercheurs, ingénieurs, astronomes amateurs, étudiants…) réunis autour d’un projet un peu fou, l’Hypertélescope, sous la direction d’Antoine Labeyrie et Denis Mourard.

Le premier, professeur émérite au Collège de France aujourd’hui à la retraite, est un spécialiste des techniques d’interférométrie optique qu’il a développées au CERGA (Centre d’Étude et de Recherches en Géodynamique et Astronomie) dans les années 1970. Il a reçu de nombreuses distinctions et un astéroïde, (8788) Labeyrie, porte son nom.

Le second est astronome à l’Observatoire de la Côte d’Azur et a développé l’instrument VEGA (Visible spEctroGraph and polArimeter) qui équipe le grand interféromètre CHARA (Center for High Angular Resolution Astronomy) à l’Observatoire du mont Wilson en Californie.

hypertelescope

On sait depuis longtemps que c’est le diamètre d’un télescope qui conditionne son pouvoir séparateur (les plus fins détails qu’il permet de discerner) et sa capacité à détecter des objets très faiblement lumineux. C’est pour cette raison que l’on imagine des télescopes de plus en plus grands comme l’E-ELT (European Extremely Large Telescope). Cet instrument dont le miroir segmenté aura 39 m de diamètre est actuellement en construction pour le compte de l’ESO au sommet du Cerro Armazones, une montagne qui culmine à 3.000 mètres d’altitude dans le désert d’Atacama au nord du Chili. Continuer la lecture

Exoplanètes : des indices sur un spectre stellaire de 1917

En examinant un spectre de l’étoile de van Maanen pris en 1917, un chercheur a découvert des indices en faveur de l’existence d’exoplanètes. 

Le 6 octobre 1995 les chercheurs suisses Michel Mayor et Didier Queloz découvraient la première planète extrasolaire, 51 Pegasi b, à l’aide du télescope de 1,93 m de l’Observatoire de Haute-Provence. Mais la première preuve de l’existence d’exoplanètes est peut-être beaucoup plus ancienne.

En vidéo : qu’est-ce qu’une exoplanète ?

En 1917 l’astronome néerlando-américain Adriaan van Maanen (1884 – 1946) découvre dans la constellation des Poissons une naine blanche située à un peu plus de 14 années-lumière du Soleil. Le spectre de cet astre, qui prend le nom d’étoile de van Maanen, est enregistré sur une plaque de verre peu après à l’Observatoire du mont Wilson par Walter Adams (1876 – 1956), l’astronome qui en deviendra le directeur quelques années plus tard.

Ce spectre est archivé comme 250.000 autres plaques et ne revoit le jour que dernièrement à la demande de Jay Farihi (University College of London), un chercheur qui conduit une étude sur les exoplanètes autour des naines blanches (voir sa publication sur Arxiv).

spectre

En examinant le spectre de l’étoile de van Maanen réalisé en 1917, Jay Farihi a la surprise de découvrir deux raies d’absorption (voir ci-dessus) comme on en observe dans les spectres des naines blanches dites « polluées », des astres entourés de vastes anneaux composés de débris planétaires mais également d’astéroïdes (voir par exemple les observations de la naine blanche WD 1145+017 réalisées en 2014 par le télescope spatial Kepler), de comètes et même de planètes. Continuer la lecture