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Coup de jeune pour le télescope qui a découvert Pluton

Un moment menacé, le télescope qui permit à Clyde William Tombaugh de découvrir la planète naine Pluton en 1930 a été restauré.  

Une planète devenue naine :

Le 18 février 1930, l’astronome américain Clyde William Tombaugh, âgé de 24 ans, découvre Pluton. Elle devient alors la neuvième planète du Système solaire. Pluton sera reclassée en 2006 dans le groupe des planètes naines par l’Union Astronomique Internationale (IAU). La découverte de Pluton fut réalisée en comparant des plaques photographiques. Elles avaient été obtenues avec un nouveau télescope de 13 pouces (environ 32,5 cm de diamètre). Un instrument installé à l’Observatoire Lowell près de Flagstaff en Arizona.

pluton

Clyde William Tombaugh compara des images prises les 23 et 29 janvier 1930. Il remarqua alors qu’un point lumineux s’était déplacé par rapport au fond du ciel étoilé. Sa découverte fut confirmée le 13 mars par une équipe de l’Observatoire Lowell. Cet observatoire avait été fondé en 1894 par un riche astronome amateur, Percival Lowell, fervent défenseur de la théorie des canaux martiens.

Un télescope désormais protégé :

Le télescope utilisé par Clyde William Tombaugh fut employé jusqu’en 1996. Cette année-là, il servit à photographier les comètes Hyakutake et Hale-Bopp. Puis on referma sa coupole pendant 20 ans. Une coupole en bois sérieusement entamée par la pourriture qui avait bien besoin d’une cure de rajeunissement.

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En 2016, un an après le survol de Pluton par la sonde New Horizons, l’Observatoire Lowell lança une campagne de crowdfunding. Il était urgent de financer la restauration du télescope et de sa coupole.  L’opération a été un succès, et l’instrument peut de nouveau pointer le ciel nocturne à travers une coupole restaurée. Les clichés nous montrent l’installation avant restauration (ci-dessus), et après réfection de la coupole et du tube (ci-dessous).

Gageons que les visiteurs nocturnes éprouveront sans aucun doute le grand frisson en mettant l’œil derrière l’oculaire de ce télescope. Une émotion qu’on peut ressentir également plus près de chez nous en observant avec un autre instrument mythique, la grande lunette de Camille Flammarion.

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L’Hypertélescope, un instrument pour voir grand et loin

Une équipe de passionnés installe depuis quelques années dans une vallée des Alpes de Haute-Provence un instrument étonnant, l’Hypertélescope.

Ils sont 24 (scientifiques, enseignants, chercheurs, ingénieurs, astronomes amateurs, étudiants…) réunis autour d’un projet un peu fou, l’Hypertélescope, sous la direction d’Antoine Labeyrie et Denis Mourard.

Le premier, professeur émérite au Collège de France aujourd’hui à la retraite, est un spécialiste des techniques d’interférométrie optique qu’il a développées au CERGA (Centre d’Étude et de Recherches en Géodynamique et Astronomie) dans les années 1970. Il a reçu de nombreuses distinctions et un astéroïde, (8788) Labeyrie, porte son nom.

Le second est astronome à l’Observatoire de la Côte d’Azur et a développé l’instrument VEGA (Visible spEctroGraph and polArimeter) qui équipe le grand interféromètre CHARA (Center for High Angular Resolution Astronomy) à l’Observatoire du mont Wilson en Californie.

hypertelescope

On sait depuis longtemps que c’est le diamètre d’un télescope qui conditionne son pouvoir séparateur (les plus fins détails qu’il permet de discerner) et sa capacité à détecter des objets très faiblement lumineux. C’est pour cette raison que l’on imagine des télescopes de plus en plus grands comme l’E-ELT (European Extremely Large Telescope). Cet instrument dont le miroir segmenté aura 39 m de diamètre est actuellement en construction pour le compte de l’ESO au sommet du Cerro Armazones, une montagne qui culmine à 3.000 mètres d’altitude dans le désert d’Atacama au nord du Chili. Continuer la lecture