Zoom sur l’étonnante nébuleuse planétaire Dumbbell

Le vingt-septième objet du catalogue Messier, la nébuleuse planétaire Dumbbell, est une merveille à découvrir dans la constellation du Petit Renard.

Au cours des 3 superbes nuits des Rencontres Astronomiques de Printemps, de très nombreux instruments, allant de la petite lunette astronomique au télescope de 600 mm de diamètre, pointaient la constellation du Petit Renard. C’est là, à 1.300 années-lumière de la Terre, que se trouve la plus belle nébuleuse planétaire.  On l’appelle Messier 27, Dumbbell ou encore l’Haltère et visuellement son aspect quand on l’observe dans un grand instrument rappelle un trognon de pomme.

Il aura fallu toute l’expérience de José Mtanous et de ses collègues pour nous offrir ce stupéfiant cliché de la nébuleuse.

Lorsque l’astronome français Charles Messier découvre pour la première fois cette nébuleuse le 12 juillet 1764, il en fait la description suivante : « J’ai découvert une nébuleuse dans la constellation du Petit Renard (Vulpecula), entre les deux pattes avant, très près d’une étoile de cinquième magnitude. Je l’ai examinée avec un télescope grégorien qui grossissait 104 fois : cette nébuleuse a une forme ovale, ne contient aucune étoile et son diamètre est d’environ 4 minutes d’arc ». Quelques années plus tard, c’est William Herschel qui en parle : « 1782, le 30 septembre. Ma soeur a découvert cette nébuleuse ce soir alors qu’elle cherchait des comètes. En comparant sa place avec les nébuleuses de Messier, on trouve que c’est sa vingt-septième découverte. Cette nébuleuse est très curieuse avec une forme ovale plutôt divisée en deux sans étoile visible à l’intérieur ».

Messier a déjà observé 26 objets célestes qu’il a classé dans son catalogue des objets nébuleux entrepris pour éviter les confusions avec de nouvelles comètes. Mais cette fois ce qu’il voit n’est ni une nébuleuse diffuse, ni un amas d’étoiles ou une galaxie. C’est trop flou pour être une planète et trop géométrique pour être une nébuleuse. L’astronome décide alors de créer une nouvelle famille d’objets célestes, les nébuleuses planétaires.

La nébuleuse a une taille apparente d’environ le tiers de la Pleine Lune et une magnitude visuelle de 7,4 qui permet de la repérer avec une simple paire de jumelles. En utilisant un très bon télescope d’amateur on peut découvrir l’étoile à l’origine de cette curiosité céleste : il s’agit d’une naine très chaude qui a expulsé son enveloppe gazeuse il y a près de 50.000 ans, donnant naissance à la nébuleuse que nous observons actuellement. L’énergie de cet astre moribond qui brille à la magnitude 13,5 est responsable de l’ionisation du gaz de la nébuleuse, lui donnant au passage cette couleur verte caractéristique (oxygène ionisé) avec des touches de rouge (hydrogène ionisé). Outre du gaz, la nébuleuse se compose de silicates et de poussières riches en carbone.

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