Archives pour la catégorie Actualités

Le cratère Gale, sur Mars, est un ancien lac

Si Curiosity arpente depuis l’été 2012 le fond du grand cratère martien Gale (155 kilomètres de diamètre), c’est parce que cette région est particulièrement intéressante aux yeux des scientifiques.

En 30 mois d’exploration, le rover américain a croisé de nombreux affleurements rocheux et lits de cours d’eau asséchés ; mais l’objectif prioritaire était le mont Sharp, une montagne au centre du cratère haute de 5500 mètres, trop grande pour jouer le rôle d’un piton central comme on en observe dans les cratères lunaires (voir Copernic par exemple).

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Au pied du mont Sharp, Curiosity a découvert la vrai nature de l’édifice : il s’agit d’un empilement de couches sédimentaires qui se sont accumulées pendant des dizaines de millions d’années.

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Feu vert pour le télescope géant E-ELT

l’E-ELT, pour European Extremely Large Telescope, est un télescope géant de 39 mètres de diamètre que l’Europe doit réaliser au cours de la prochaine décennie. Cet instrument gigantesque (qui pourra observer l’Univers en lumière visible et dans l’infrarouge) sera installé au sommet du Cerro Armazones.

Cette montagne culmine à 3000 mètres d’altitude dans le désert d’Atacama au nord du Chili et se situe à une vingtaine de kilomètres du VLT européen, le Very Large Telescope.

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Le miroir principal de l’E-ELT sera constitué de 798 éléments hexagonaux de 1,45 mètre de diamètre, le tout permettant d’atteindre une surface totale de 1 116 mètres carrés pour une masse de 150 tonnes.

Le 4 décembre le conseil de l’ESO (European Southern Observatory) a approuvé la première phase de construction du télescope portant sur la coupole et la structure principale de l’instrument (les travaux d’arasement du Cerro Amazones ont déjà débuté depuis quelques mois).

L’ESO doit encore trouver des partenaires pour financer l’optique adaptative du télescope (indispensable pour annuler les effets néfastes de la turbulence atmosphérique) et 210 des 798 miroirs hexagonaux.

Une image fascinante du satellite Europe

Comme Io, Ganymède et Callisto, Europe est l’un des 4 satellites de Jupiter découverts par le savant italien Galilée en 1610 à l’aide de sa lunette astronomique.

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Ce satellite galiléen (le second après Io en partant de la planète géante) est recouvert d’une couche de glace parcourue de longues fractures, sous laquelle se trouve sans doute un océan. Mais quelle source de chaleur peut donc permettre l’existence de cet océan souterrain ?

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On a réveillé la sonde New Horizons

Souvenez-vous : en août 2006, au cours d’une réunion à Prague, l’Union Astronomique Internationale (IAU) décidait de reclasser Pluton dans le groupe des planètes naines (un stade intermédiaire entre planète et petit corps), qui compte à ce jour cinq membres : Cérès, Pluton, Hauméa, Makémaké et Éris.

Cette décision n’avait sans doute pas beaucoup ému la sonde américaine New Horizons partie quelques mois plus tôt (en janvier 2006) pour un long voyage qui va l’amener à survoler Pluton (et son très gros satellite Charon) pendant l’été 2015.

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Après 1873 jours d’hibernation (la sonde étant mise hors tension pour ménager ses composants), elle vient d’être réveillée. Elle se trouve actuellement à plus de  4,6 milliards de kilomètres de la Terre et il lui reste 257 millions de kilomètres à parcourir avant de survoler Pluton le 14 juillet 2015 à une distance de 10.000 kilomètres et à une vitesse de 11 km/sec.

Après son survol de Pluton, la sonde poursuivra son voyage en direction d’un groupe de planétésimaux qui orbitent à 1,5 milliard de kilomètres de Pluton dans une zone appelée la ceinture de Kuiper. La NASA annoncera en 2016 les cibles choisies pour cette exploration.

Saturne dans l’ombre des anneaux

Saturne est la sixième planète du Système solaire en partant du Soleil, la seconde par la taille après Jupiter (ces deux planètes sont des géantes gazeuses). Mais ce sont ses anneaux qui rendent la planète Saturne fascinante.

Galilée les découvre en 1610 à l’aide de sa petite lunette astronomique mais ne comprend pas ce dont il s’agit. Christian Huygens suppose le premier en 1654 que Saturne est une planète entourée par des anneaux, et 20 ans plus tard Jean Dominique Cassini imagine que ces anneaux sont constitués d’une multitude de petits corps en orbite autour de la planète.

En hommage à ces deux scientifiques, on a surnommé Cassini l’orbiteur qui survole Saturne et ses satellites depuis 2004, et Huygens la sonde qui s’est posée sur le satellite Titan en janvier 2005.

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La sonde Cassini a réalisé cette image au mois d’août dernier, alors qu’elle se trouvait à 1,7 million de kilomètres de Saturne (la résolution est de 102 km par pixel). Le satellite Téthys est visible en bas à droite.

Contrairement à ce que pourrait laisser penser ce cliché, la région du pôle sud de Saturne (en bas à gauche) n’est pas entourée de bandes. Il s’agit seulement de l’ombre des anneaux éclairés par le Soleil qui se projette sur cet hémisphère. Quant aux anneaux eux-même, ils sont visibles de profil sous la forme d’une mince bande lumineuse au niveau de l’équateur de Saturne.

La comète 67P est-elle vraiment rouge ?

L’American Geophysical Union vient de publier la première image en couleurs de la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko. Il s’agit d’un compositage de 3 clichés noir et blanc pris à l’aide de différents filtres par la caméra Osiris qui se trouve à bord de l’orbiteur Rosetta. Ce dernier poursuit en effet sa mission autour de la comète, sur laquelle l’atterrisseur Philae (toujours pas localisé) s’est endormi.

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Cette image présente une étonnante couleur rouge, bien loin de ce que nous avons l’habitude de voir : les comètes, mélange de glace et de poussière, sont des astres dont la surface est d’un gris très sombre. Alors d’où vient cette teinte ?

Pour les scientifiques, cette couleur a deux origines :

  • un décalage vers le rouge du spectre de la lumière solaire renvoyée par la surface de 67P. Ce décalage est provoqué par la forte altération de la couche de matériau qui compose la surface de la comète, couche qui subit le bombardement incessant des particules énergétiques transportées par le vent solaire
  • le traitement numérique destiné à accentuer les contrastes des images prises par la caméra Osiris

Il est fort probable qu’un hypothétique observateur placé à bord de la sonde Rosetta verrait la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko aussi noire qu’un morceau de charbon !

La machine d’Anticythère aurait plus de 2200 ans !

On a encore reculé la date de conception du plus vieux calculateur astronomique, une incroyable machinerie bourrée d’engrenages métalliques et repêchée en 1902 au large de l’île grecque d’Anticythère.

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Depuis plus d’un siècle les chercheurs sont fascinés par ce calendrier permettant de reproduire les mouvements du Soleil, de la Lune, et de prédire les éclipses dès l’Antiquité, comme sauront le faire les horloges astronomiques …15 siècles plus tard !

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Mascot, prochain robot sur un astéroïde

Après Philae, l’atterrisseur actuellement sur la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko, voici Mascot (acronyme de Mobile Asteroid Surface Scout).

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Mascot, logé dans le ventre de la sonde  spatiale Hayabusa-2 avec trois petits rover Minerva,  sera lancé si tout va bien mercredi 3 décembre par le Japon. La mission devrait atteindre en juin 2018 l’astéroïde géocroiseur 1999 JU3, un caillou d’un kilomètre qui pourrait abriter des composés organiques.

Une fois sur place, la sonde Hayabusa-2 larguera Mascot, un parallélépipède de 30 cm de côté pesant 10 kilos, qui devrait rebondir plusieurs fois avant de s’immobiliser. Mascot, fruit d’une coopération franco-allemande, disposera alors de 12 heures (le temps de vider sa batterie) pour étudier la surface de l’astéroïde sur lequel il pourra même se déplacer.

De son côté la sonde Hayabusa-2 tentera de toucher le sol de l’astéroïde 1999 JU3 à différents endroits pour ramener des échantillons sur Terre enfermés dans une capsule à la fin de l’année 2020.

Quand Callisto occulte Io

Tous les 6 ans en moyenne, les positions relatives du Soleil, de la Terre et de Jupiter offrent la possibilité d’observer les phénomènes mutuels des satellites de Jupiter(on parle de phémus).

On distingue deux grands types de phénomènes : les éclipses (un satellite passe dans l’ombre d’un autre satellite) et les occultations (un satellite passe devant un autre satellite). Le 02 novembre dernier Callisto a occulté Io, comme le montre ce montage réalisé par l’astronome amateur Marco Guidi qui utilisait un télescope de Dobson de 50 centimètres de diamètre (20 inch).

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Callisto (quatrième satellite en partant de Jupiter) est le plus grand (4820 kilomètres) et le plus sombre (sa surface, un mélange de roche et de glace, est très ancienne). Io mesure 3640 kilomètres et la brillance de sa surface s’explique par sa position : premier satellite en partant de Jupiter, Io (déformé par les formes de marée engendrées par la planète gazeuse géante) compte plus de 400 volcans en activité qui remodèlent en permanence sa surface.

L’observation de telles occultations permet de suivre l’activité volcanique sur Io : la disparition du flux infrarouge émis par un volcan lorsqu’il est occulté par un satellite permet de localiser sa position sur Io.

Des îles mystérieuses sur Titan

Titan, le plus grand satellite de Saturne avec un peu plus de 5000 kilomètres de diamètre, a été découvert par l’astronome Christian Huygens en 1655.

Entouré d’une épaisse atmosphère, Titan n’a révélé sa surface que depuis une dizaine d’années grâce à la mission américano-européenne Cassini-Huygens (Cassini est l’orbiteur qui survole Saturne et ses satellites depuis 2004, Huygens est la sonde qui s’est posée sur Titan en janvier 2005). On a alors découvert sur ce satellite de grands lacs d’hydrocarbures (éthane et méthane).

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C’est sur ces vastes étendues liquides et glacées (il fait en moyenne -180° C à la surface de Titan) que les chercheurs ont repéré ces dernières années deux formes inconnues. D’après les données fournies par le spectromètre Vims (Visible and Infrared Mapping Spectrometer) de l’orbiteur Cassini, il pourrait s’agir de vagues ou d’îlots de débris.

En attendant une nouvelle campagne d’observations début 2015, les scientifiques ont déjà baptisé ces zones Magic Island, les îles magiques.

Gaz et poussière autour de la comète 67P

Alors que l’ESA cherche toujours à localiser l’atterrisseur Philae sur la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko, l’orbiteur Rosetta poursuit ses investigations.

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Une mosaïque réalisée à partir de 4 images prises le 20 novembre par la caméra de navigation NavCam de Rosetta révèle une augmentation du niveau d’activité de la comète (qui se rapproche du Soleil), d’où s’échappent des petits jets de gaz et de poussière.

Des indices laissent également penser qu’une fine « atmosphère » de gaz et de poussière entoure la comète mais les scientifiques restent prudents pour le moment (il pourrait s’agir d’un phénomène de diffusion de la lumière provoquée par les optiques de la caméra NavCam).

Les images qui composent la mosaïque, d’une résolution d’environ 2,6 mètres/pixel, on été prises à une trentaine de kilomètres de distance.

Zoom sur le sol de Mercure

Première planète du Système solaire en partant du Soleil, Mercure est cartographiée par l’orbiteur américain Messenger depuis le mois de mars 2011.

Maintenant à court de carburant, la sonde se rapproche de la planète à chaque orbite et s’y écrasera au mois de mars 2015. Les scientifiques mettent à profit cette lente descente pour photographier le sol de Mercure avec une résolution inégalée.

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L’image ci-dessus présente une zone de 5,3 kilomètres de large. Acquise le 15 septembre dernier, cette photographie révèle les détails de la paroi sud du cratère Bechet, nommé en hommage au musicien et compositeur américain de jazz Sidney Bechet.

Remarquez la différence de texture de la paroi ainsi que les nombreux petits cratères provoqués par des impacts de météorites. Le cratère Bechet, d’un diamètre de 17,6 kilomètres, se situe dans les plaines volcaniques proches du pôle nord de Mercure.

Une éclipse solaire vue de l’espace

L’observatoire solaire SDO (Solar Dynamics Observatory) a été le seul a pouvoir photographier une éclipse partielle de Soleil le 22 novembre dernier, le phénomène n’étant observable que depuis l’orbite terrestre.

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L’image ci-dessus, prise dans l’ultraviolet extrême, nous montre le disque noir de la Nouvelle Lune mordant sur le disque solaire où l’on distingue certaines régions très actives.

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Les grosses météorites inquiètent les scientifiques

En février 2013, l’explosion d’un bolide au-dessus de la ville russe de Tcheliabinsk (image ci-dessous) était venue nous rappeler que la Terre n’est pas à l’abri d’une rencontre avec de grosses météorites.

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La NASA le confirme avec la publication d’une étude menée entre 1994 et 2013.

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L’astéroïde Vesta cartographié

Lancée en 2007, la sonde américaine Dawn atteindra l’astéroïde Cérès en mars 2015. En 2012 elle s’était longuement attardée autour de Vesta, permettant d’en réaliser la première carte géologique qui vient d’être publiée (ci-dessous), fruit du travail d’une équipe de 14 scientifiques pendant 30 mois.

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Avec un diamètre moyen de 530 km, Vesta (qui fut découvert le 29 mars 1807 par l’astronome Heinrich Olbers), est le second membre (derrière Cérès) de la ceinture d’astéroïdes qui circulent entre les planètes Mars et Jupiter.

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Tempêtes géantes sur Uranus

Depuis sa découverte en 1781 par William Herschel, Uranus fait peu parler d’elle. Il faut dire que la septième planète du Système solaire est une géante glacée (dont le diamètre dépasse 50.000 kilomètres) qui vogue à près de 3 milliards de kilomètres de nous et présente donc peu d’intérêt à priori.

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D’ailleurs les seules images de la surface réalisées par une sonde (Voyager en 1986) avaient convaincu les astronomes de classer Uranus comme un astre sans caractéristique particulière en lumière visible, où l’on ne trouvait aucune des perturbations atmosphériques connues sur les autres planètes gazeuses (comme Jupiter et Saturne).

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Sous Philae, la poussière cache la glace

On en sait désormais un peu plus sur le forage que Philae a tenté sans succès après s’être posé sur la comète  67P/Churyumov-Gerasimenko.

Lorsque l’atterrisseur a mis en marche sa foreuse Mupus, celle-ci n’a en effet pu s’enfoncer que de quelques millimètres dans le sol, même à pleine puissance.

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Pour Tilman Spohn, l’un des responsables de l’instrument  Mupus (Multi-Purpose Sensors for Surface and Subsurface Science), les données recueillies par Philae, si on les compare à des mesures réalisées en laboratoire, suggèrent que la foreuse a rencontré de la glace solide sous une couche de poussière de 10 à 20 centimètres d’épaisseur.

Incroyables images de Philae au-dessus de sa comète

Alors que l’atterrisseur Philae s’est endormi sur la comète  67P/Churyumov-Gerasimenko après avoir épuisé sa pile, les ingénieurs de l’ESA continuent de dépouiller les informations scientifiques collectées ces derniers jours. Ils nous proposent aujourd’hui une mosaïque d’incroyables images montrant la descente et le premier rebond de l’atterrisseur.

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Il s’agit de clichés pris par la caméra Osiris depuis l’orbiteur Rosetta à une distance de la comète d’environ 15 kilomètres avec une résolution de 28 centimètres par pixel. Les heures sont en GMT (Greenwich Mean Time), il faut ajouter 1 heure pour avoir l’heure de Paris. Pendant sa descente l’atterrisseur se déplace d’ouest en est à une vitesse d’environ 0,5m/sec. Deux images permettent de voir la zone du premier rebond (touchdown point) avant et après.

La position définitive de Philae n’est toujours pas connue mais les ingénieurs de l’ESA sont confiants : l’analyse en cours d’autres images prises par Rosetta et Philae pendant ses rebonds devraient permettre de localiser l’atterrisseur.

Philae : son premier atterrissage en image

L’aventure de l’atterrisseur Philae sur la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko se poursuit. Après la journée du 14 novembre pleine de surprises et d’incertitudes, la nuit qui a suivi a livré son lot de bonnes nouvelles.

L’ESA a d’abord présenté des images prises le 12 novembre par l’orbiteur Rosetta sur lesquelles on distingue le premier contact de l’atterrisseur Philae avec le sol de la comète. Rosetta se trouvait alors à 15 kilomètres de 67P et la résolution est d’environ 1 mètre par pixel.

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L’image ci-dessus a été faite 3 min 34 sec avant l’atterrissage de Philae, alors que l’atterrisseur était environ 250 mètres au-dessus de la surface.

L’image ci-dessous a été prise 1 min 26 secondes après le premier contact de Philae avec le sol de la comète. La marque sombre correspond très probablement au nuage de poussière soulevé par l’atterrisseur, dont le point théorique de contact a été matérialisé par un carré vert.

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Alors que Philae avait interrompu ses communications hier en fin de journée, il a redonné signe de vie vers 23h30 heure française, confirmant qu’il avait bien réussi son forage, le premier jamais réalisé sur une comète. Les instruments Cosac et Ptolémée ont commencé la recherche de gaz et de molécules organiques dans l’échantillon collecté.

Ayant épuisé toute son énergie, Philae s’est mis ensuite en mode « veille », éteignant la quasi-totalité de ses instruments. Avant cela les ingénieurs de l’ESA étaient parvenus à faire légèrement pivoter l’atterrisseur, un mouvement destiné à mieux orienter les panneaux solaires, seule source d’énergie possible désormais (la pile de Philae est entièrement déchargée).

Il faudra attendre les prochains créneaux d’ensoleillement pour voir si Philae reçoit assez d’énergie pour émettre à nouveau et donner de ses nouvelles. En attendant l’équipe du CNES a souhaité bonne nuit à l’atterrisseur !

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Philae : surprises et incertitudes

Voici le point sur la situation 48 heures après l’arrivée mouvementée de l’atterrisseur Philae à la surface de la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko.

Tout d’abord personne ne peut dire actuellement où se trouve exactement Philae à la surface de 67P, il faudra donc se contenter de la zone proposée lors de la conférence de presse du 13 novembre. Seule certitude : l’atterrisseur, qui a terminé ses rebonds dans un secteur au relief tourmenté, ne reçoit pas assez de lumière car il est à l’ombre d’un rempart naturel (les scientifiques parlent d’une « falaise ») qui lui cache régulièrement le Soleil. Si on y ajoute le fait qu’une partie des panneaux solaires est mal orientée en raison de l’inclinaison de l’atterrisseur (lequel ne repose que sur 2 de ses 3 pieds), on peut craindre que Philae ne cesse ses activités dans les prochaines heures, quand il aura épuisé l’énergie de sa pile principale.

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Malgré cet avenir incertain, la collecte des données scientifiques se poursuit : analyse de la structure interne de la comète à l’aide du radar Consert, mesure de la dureté du sol avec l’instrument Mupus, étude de la géométrie fine des grains à la surface avec les caméras Rolis et Civa sont quelques-unes des expériences en cours. 67P a déjà offert une très grosse surprise aux scientifiques : avec une surface où alternent des zones relativement lisses qui semblent recouvertes d’un gravier grossier et des régions rocheuses très dégradées, Tchouri ne ressemble pas du tout aux autres noyaux cométaires qui ont reçu la visite de sondes dans le passé.

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Quel avenir pour Philae ? Il existe à ce jour deux options : soit les techniciens tentent de faire bouger l’atterrisseur pour qu’il reçoive plus de lumière solaire, soit ils le font hiberner en attendant des jours meilleurs. En théorie les moyens pour faire bouger Philae ne manquent pas : le propulseur de gaz froid, les harpons, la foreuse ou encore les bras des instruments Mupus ou Apxs pourraient être utilisés à cette fin. Mais la prudence guidera peut-être les ingénieurs : la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko se rapproche du Soleil et dans quelques mois les panneaux solaires de Philae recevront une quantité de lumière beaucoup plus importante. L’ESA va donc devoir trancher rapidement, à moins que Philae ne cesse de communiquer avec la Terre plus tôt que prévu…