C’est avec le très joli village de Oingt en Beaujolais au premier plan que nous fêtons le retour du croissant de Lune en soirée.
Village médiéval :
Oingt, l’un des plus beaux villages de France, est situé à une trentaine de kilomètres de Lyon. C’est l’emblème du Pays des Pierres Dorées, amusant surnom que l’on doit aux façades jaune ocre des maisons. Juché sur sa colline, Oingt a longtemps eu pour rôle de surveiller le passage entre Saône et Loire. Il ne reste plus aucune trace de la motte féodale édifiée par les premiers seigneurs d’Oingt, mais le village a gardé son caractère médiéval. Parcourir ses ruelles aux noms imagés – rues “Tyre-laine”, “Coupe-jarret” ou “Traine-cul” – permet d’admirer les hautes façades aux teintes chaudes, les voûtes en plein cintre et autres linteaux en double accolade.
La partie haute du village est occupée par le donjon (XIIIème siècle) et l’église Saint-Mathieu. Ces édifices apparaissent clairement sur ce cliché réalisé dans la soirée du 18 août 2023. Le croissant de Lune est alors âgé d’une soixantaine d’heures. L’image a été réalisée avec un boîtier Nikon D3200 et un objectif de 50 millimètres de focale. Elle a nécessité une pose de deux secondes à 100 iso. La Lune va désormais prendre de l’embonpoint jusqu’à la prochaine Pleine Lune le 31, la seconde du mois d’août.
Découverte il y a quelques jours par un amateur, la comète Nishimura pourrait nous offrir un joli spectacle à la mi-septembre.
Comète surprise :
Le 12 août, l’astronome amateur japonais Hideo Nishimura découvrait une nouvelle comète de magnitude 10,4. Il en avait déniché une autre il y a deux ans, C/2021 O1. Enregistré sous le matricule C/2023 P1 (Nishimura), le nouvel astre chevelu se trouvait dans la direction du Soleil. C’est la raison pour laquelle il n’a pas été repéré par les réseaux de télescopes automatisés. Preuve que l’on peut encore découvrir des comètes… C/2023 P1 est visible comme une tache diffuse verdâtre sur cette image prise le 15 août par Dan Bartlett :
L’installation est située dans la Cordillère des Andes, non loin de l’Observatoire du Cerro Tololo et du Gemini sud. L’observatoire est équipé d’un télescope de 8,4 mètres de diamètre. Les astronomes l’ont surnommé télescope Charles Simonyi, du nom de son mécène, le créateur du logiciel Word :
L’astrophotographe Wolfgang Promper nous propose un superbe cliché de NGC 3628, l’étonnante galaxie spirale du Hamburger.
Sandwich céleste :
Connaissez-vous la galaxie du Hamburger ? Si vous observez régulièrement le ciel avec un télescope, son nom ne vous est pas inconnu. Elle fait en effet partie du célèbre triplet du Lion. Niché dans les pattes du Lion, il se compose des galaxies Messier 65, Messier 66 et NGC 3628. C’est cette dernière, découverte en 1784 par l’astronome germano-britannique William Herschel, qui nous intéresse aujourd’hui :
Le 2 août avant l’aube, un morceau de comète s’est désintégré au-dessus des États-Unis. Le spectacle a été filmé par un amateur.
Impressionnant bolide :
Après la pluie de bolides fin juillet, un nouveau phénomène lumineux s’est produit dans le ciel des USA. Comme le rapporte le site Spaceweather, un morceau de comète s’est désintégré. Le spectacle a eu lieu le 2 août en fin de nuit. Par chance, malgré la présence de la Pleine Lune, l’astronome amateur Bill Stewart était dans son observatoire. Il a filmé accidentellement le phénomène :
En traversant l’atmosphère, le bolide s’est brisé en plusieurs fragments, le tout accompagné de deux bangs supersoniques qui ont réveillé les habitants. Plusieurs dizaines d’entre eux ont signalé l’événement à l’American Meteor Society. Au maximum d’éclat, l’objet était bien plus brillant que la Pleine Lune que l’on voit au-dessus. Continuer la lecture de En vidéo : un morceau de comète se désintègre→
La nuit du 25 au 26 juillet 2023, un astronome californien a filmé sept bolides, la plupart issus de l’essaim des Alpha Capricornides.
Étoiles filantes et bolides :
Par une douce nuit d’été, vous avez peut-être déjà assisté au passage d’une étoile filante. Ce phénomène lumineux, appelé météore, est provoqué par la combustion d’un petit météoroïde. Ce minuscule fragment d’astéroïde (ou de comète) se consume en traversant très rapidement l’atmosphère terrestre. Les météoroïdes un peu plus gros qu’un grain de sable produisent des météores plus brillants que Vénus, appelés bolides :
Les Nuits des étoiles, deux Pleines Lunes, des étoiles filantes et Saturne au plus près. Ce mois d’août 2023 est exceptionnel !
Saturne au plus près :
Planète gazeuse géante neuf fois plus grande que la Terre, Saturne passe le 27 août 2023 à l’opposition (elle est à l’opposé du Soleil par rapport à notre planète) à 1,31 milliard de km. Depuis l’été 2009, date du dernier passage de la Terre dans le plan des anneaux, nous observons le pôle nord de la planète et donc la face nord des anneaux. C’est ce que nous montre l’image ci-dessous réalisée le 18 mars 2017 par l’astronome amateur Damian Peach :
Les anneaux sont déjà perceptibles dans une simple paire de jumelles. Leur visibilité était maximale en 2017 et décroît progressivement jusqu’en 2025, année au cours de laquelle notre planète passera dans le plan des anneaux que nous verrons alors par la tranche (comme en 2009). Continuer la lecture de Éphémérides : le ciel du mois d’août 2023→
Attendue au printemps 2024, la comète 12P/Pons-Brooks est devenue beaucoup plus brillante le temps d’une forte éruption.
Une comète à moitié française :
La comète 12P/Pons- Brooks a été repérée le 12 juillet 1812 par Jean-Louis Pons. Cet astronome français est célèbre pour ses découvertes cométaires. Né en 1761, Pons grandit dans une modeste famille au milieu de ses dix frères et sœurs. En 1789, il devient le concierge de l’Observatoire de Marseille. Analphabète mais passionné d’astronomie, il déniche sa première comète en 1801 avec une lunette de sa fabrication. Il suit parallèlement des cours d’astronomie à l’observatoire. Son excellente vue et sa ténacité vont lui permettre de découvrir 37 astres chevelus en 26 ans !
La comète de Pons a été redécouverte en 1883 par l’astronome américain William Robert Brooks, d’où son double nom. Il s’agit d’une comète périodique qui revient nous voir tous les 71 ans environ. Certains de ses précédents passages on été observés depuis l’an 1385, mais sa périodicité n’a été établie qu’au XIXe siècle. Continuer la lecture de Éruption surprise de la comète 12P/Pons-Brooks→
Dans la constellation du Centaure, l’interaction gravitationnelle ne montre pas les mêmes effets sur les galaxies NGC 4373 et IC 3290.
Une célèbre constellation :
Le Centaure, l’une des plus vastes constellations de l’hémisphère Sud, est aussi l’une des plus anciennes. On la trouve déjà répertoriée par l’astronome Claudius Ptolémée dans son Almageste. Elle compte de nombreuses étoiles brillantes, dont dix qui dépassent la magnitude 3. Cette constellation doit surtout sa célébrité à Proxima du Centaure, l’étoile la plus proche de la Terre située à 4,22 années-lumière. Mais notre voyage d’aujourd’hui va nous entraîner beaucoup plus loin, à environ 180 millions d’années-lumière :
Ce 20 juillet, date anniversaire des premiers pas sur la Lune avec Apollo 11, un joli croissant de Lune âgé de trois jours s’offrait à nous.
Un petit pas historique :
C’est un anniversaire qu’on ne peut oublier. La nuit du 20 au 21 juillet 1969 Neil Armstrong était le premier homme à marcher sur la Lune. Cinquante-quatre ans après cet exploit, les images (et les dialogues !) sont toujours là. Cette nuit-là, les télés du monde entier nous montraient deux hommes se déplaçant maladroitement à la surface d’un astre mort et poussiéreux, la Lune. L’aboutissement d’une course de prestige entre Américains et Soviétiques qui avait débuté le 4 octobre 1957 avec l’envoi du premier satellite artificiel soviétique, Spoutnik.
Cette étonnante image du globule cométaire CG 4 et de la galaxie PGC 21338 pourrait faire craindre le pire. Rassurez-vous, il n’en est rien.
Perspective trompeuse :
CG 4 est-il un nouvel exemple de cannibalisme cosmique ? Les astronomes ont déjà surpris des galaxies en pleine séance d’anthropophagie, comme par exemple NGC 2798-2799. Mais dans la constellation de la Poupe, le spectacle est différent. On y voit un globule cométaire, CG 4, qui semble littéralement se précipiter sur la galaxie PGC 21338. Le tout capturé à distance par Massimo Di Fusco (voir sa galerie Astrobin) en dix heures de poses avec un télescope de un mètre de diamètre :
Voici les constellations de la Grande Ourse et de la Petite Ourse au-dessus des tournesols chers à l’artiste peintre Vincent van Gogh.
Les fleurs du peintre :
Si les tournesols sont devenus célèbres sous les pinceaux de Vincent van Gogh, l’artiste peintre était également amoureux des ciels étoilés. Et à ce sujet je ne peux que vous recommander le dernier livre de Jean-Pierre Luminet, Les nuits étoilées de Vincent van Gogh. L’astrophysicien consacre ce bel ouvrage à “l’analyse astronomique, épistolaire et picturale de la demi-douzaine de tableaux où Vincent van Gogh a représenté des nuits étoilées“. J’ai choisi de rassembler tournesols et nuit étoilée sur cette nouvelle image :
Ce cliché a été réalisé dans la soirée du 10 juillet 2023 avec un boîtier Nikon D7100. J’ai réalisé une pose unique de 30 secondes à 3200 iso avec une focale de 24 millimètres. Continuer la lecture de Les deux Ourses et les tournesols→
Savez-vous que le mince croissant de Vénus est actuellement visible dans un petit instrument ? Suivez le guide !
Une planète qui se rapproche :
Vénus est installée depuis des mois dans le ciel du soir. La seconde planète du Système solaire se rapproche du Soleil et en sera au plus près le 13 août prochain. La planète se trouvera entre nous et notre étoile et passera 7,7° au Sud du disque solaire. C’est ce qu’on appelle une conjonction inférieure. Sans l’inclinaison de son orbite, Vénus transiterait devant le Soleil comme en 2012 :
C’est lors des conjonctions inférieures que cette planète se rapproche le plus de la Terre. Le 13 août 2023, elle sera à un peu plus de 43 millions de kilomètres de nous. Son diamètre apparent sera de 58 secondes d’arc et sa magnitude proche de -4. Dans les semaines qui précèdent (et celles qui suivent), on peut l’observer en croissant. Car tout comme la Lune, Vénus présente des phases. Suivant la configuration Soleil-Vénus-Terre, on peut la voir en croissant, en quartier ou même gibbeuse :
Il n’a que 21 ans, mais l’astrophotographe anglais Tom Williams réalise déjà de magnifiques clichés du Système solaire.
Jeune talent :
Il semble qu’une bonne fée se soit penchée sur le berceau de Tom Williams, lui donnant un indéniable talent. En effet, ce jeune anglais réalise de saisissants clichés du Système solaire. Pour cela, il utilise une caméra derrière une lunette de 120 millimètres ou un télescope de 400 millimètres. Il n’a pourtant pas choisi un domaine facile : tributaire de la turbulence atmosphérique, l’imagerie planétaire est particulièrement exigeante. Mais il faut croire que ni la jeunesse du photographe ni le climat de l’Angleterre n’empêchent Tom Williams de parvenir à ses fins :
Nichée dans la constellation d’Orion, la nébuleuse de la Framboise, LBN 867, se compose en réalité de trois objets célestes distincts.
Gourmandise cosmique :
Avec la nébuleuse de la Framboise, la cuisine céleste prend une saveur délicate. Il faut dire que l’appellation lui convient mieux que LBN 867. Mais les astronomes étant méthodiques, ils l’ont rangée dans le Lynds’ Catalog of Bright Nebulae. Ce catalogue d’un peu moins de 1.800 nébuleuses brillantes a été compilé par l’astronome américain Beverly Lynds. Notre framboise céleste se cache dans la célèbre constellation d’Orion :
En juillet 2023 nous admirerons la plus basse Pleine Lune de l’année ainsi que plusieurs rapprochements entre la Lune et les planètes.
Rase-motte lunaire :
La Pleine Lune la plus basse de l’année sera observable le 3 juillet 2023. Cette nuit-là, le globe lunaire se traînera au-dessus de l’horizon Sud. Ce sera peut-être pour vous l’occasion de l’immortaliser au-dessus d’un joli paysage ou d’une construction originale. Les meilleures images seront réalisables dans un ciel clair à l’aube ou au crépuscule :
Le 30 juin 1973, une équipe d’astronomes assista à la plus longue éclipse totale de Soleil à bord d’un des premiers prototypes du Concorde.
Un projet fou :
Les magnifiques éclipses totales de Soleil ont la fâcheuse tendance d’être assez brèves. Quelques minutes seulement de Soleil noir, et uniquement si le ciel est dégagé. L’une des plus longues se déroula le samedi 30 juin 1973 : jusqu’à sept minutes d’obscurité à l’intérieur d’une bande courant de la Mauritanie à la Somalie.
Quelques mois plus tôt, Pierre Léna eut une idée un peu folle : suivre l’éclipse à bord d’un Concorde pour multiplier sa durée par dix ! Le futur avion de ligne, qui volait depuis 1969, achevait alors son programme d’essai. Jeune astrophysicien français, Pierre Léna rencontra le commandant de bord André Turcat en mai 1972. Il lui exposa son plan dans un restaurant de l’aéroport de Toulouse et le pilote du supersonique fut conquis.
S’étirant actuellement sur plus de 70.000 kilomètres, la tache géante AR 3354 est suivie avec intérêt par tous les observateurs du Soleil.
Un nouveau cycle riche en taches :
Les taches sont des zones sombres moins chaudes qui trahissent une intense activité magnétique à la surface du Soleil. Elles sont numérotées dans l’ordre d’apparition, le numéro étant précédé par les lettres AR qui signifient Active Region. Depuis fin 2019, date à laquelle on a assisté au changement de polarité du magnétisme du Soleil, nous sommes dans un nouveau cycle solaire, le vingt-cinquième. L’activité de ce nouveau cycle se révèle beaucoup plus élevée que ce que les simulations prévoyaient. La preuve avec la tache géante AR 3354 qui balafre actuellement le Soleil :
Comme le précise Futura, le maximum de l’activité solaire devait arriver un peu plus tôt que prévu, d’ici fin 2024. Il y a donc fort à parier que la période estivale sera riche en nouvelles grosses taches.
Telle une méduse céleste, la galaxie JW100 se pare de tentacules lumineux en traversant l’atmosphère gazeuse d’un amas galactique.
Océan cosmique :
Il semble que la méduse ne peuple pas seulement les fonds marins. Le télescope spatial Hubble vient d’en photographier un bel exemplaire dans la constellation de Pégase. La scène se déroule à plus de 800 millions d’années-lumière. De quoi s’agit-il ? Les astronomes ont découvert que l’intérieur d’un amas de galaxies, appelé aussi Milieu Intra-Amas (MIA), n’est pas vide. On y trouve un gaz très chaud (plusieurs millions de degrés). Ce gaz chaud exerce une pression sur le gaz et la poussière de la galaxie qui le traverse. C’est pour cette raison que JW 100, la galaxie méduse, abandonne des filaments en traversant rapidement un amas de galaxies (dont on voit quelques-uns des membres tout autour) :
Dans ces filaments, les astronomes ont trouvé du gaz moléculaire froid, mais également des grumeaux contenant des pouponnières d’étoiles. L’opportunité pour eux d’étudier la formation d’étoiles dans un environnement très particulier. Continuer la lecture de Hubble photographie une galaxie méduse→
La cinquième édition de “On The Moon Again” se déroulera les 23, 24 et 25 juin. Une belle occasion pour (re) découvrir la Lune.
La Lune pour tous :
Vous souvenez-vous de la première édition de “On The Moon Again” ? C’était en juillet 2019, à l’occasion du cinquantième anniversaire du Premier Homme sur la Lune. Des astronomes amateurs avaient installé leurs télescopes dans les rues pour offrir la Lune aux passants. Un peu partout sur Terre, des yeux émerveillés avaient découvert la froide beauté de la Mer de la Tranquillité, là même où Neil Armstrong avait posé le pied :
Le rendez-vous est désormais incontournable. Chaque année, plusieurs milliers de points d’observation permettent d’admirer notre satellite naturel. L’édition 2023 se déroulera les 23, 24 et 25 juin. Le site de “On The Moon Again” (voir ici) vous permettra de trouver un point d’observation près de chez vous.