Archives pour l'étiquette supernova

SNR 0103-72.6, un rémanent de supernova riche en oxygène

De grandes quantités d’oxygène ont été détectées dans SNR 0103-72.6, un rémanent de supernova situé dans la galaxie naine du Petit Nuage de Magellan.

On sait depuis plusieurs années que les éléments nécessaires à la vie se forment au sein des étoiles massives et sont dispersés dans l’espace lorsqu’elles explosent en supernova, mais le processus a rarement été photographié. Cette image réalisée par l’observatoire spatial Chandra révèle que la coquille de gaz de SNR 0103-72.6 (dont le diamètre avoisine 150 années-lumière) est principalement constituée d’oxygène ainsi que de néon et de quelques autres éléments chimiques.

L’oxygène est synthétisé par des réactions nucléaires à l’intérieur des étoiles au moins dix fois plus massives que le Soleil. Lorsqu’une telle étoile explose, son noyau s’effondre pour former soit une étoile à neutrons, soit, si elle est assez massive, un trou noir, et le matériau entourant le noyau est propulsé dans l’espace interstellaire. Continuer la lecture

Des Dentelles dans la constellation du Cygne

La constellation du Cygne héberge un immense rémanent de supernova particulièrement photogénique. Plongée au cœur des Dentelles du Cygne. 

Il y a environ dix mille ans, la constellation du Cygne a connu un cataclysme. Une étoile à l’agonie a littéralement volé en éclats dans un violent soubresaut, devenant particulièrement lumineuse (c’est ce qu’on appelle une supernova) en même temps qu’elle projetait sa matière dans l’espace.

Cette matière continue de s’étendre en se diluant dans l’espace et forme aujourd’hui un réseau complexe de filaments d’oxygène et d’hydrogène illuminés par le passage de l’onde de choc issue de la supernova (tout comme SNR 0519 dans la constellation de la Dorade).

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Le rémanent de supernova du Cygne représente actuellement une coquille gazeuse située à 1.500 années-lumière de nous, dont les différentes parties s’étendent sur une surface apparente d’une dizaine de degrés carrés (pour mémoire la Pleine Lune représente 1/2 degré carré). On distingue principalement la Grande Dentelle (NGC 6992, NGC 6995 et IC 1340) et la Petite Dentelle (NGC 6960). Continuer la lecture

Un récit médiéval décrit l’explosion de SN 1006

Trois chercheurs allemands se sont penchés sur un texte du célèbre savant Avicenne concernant la plus puissante supernova jamais observée, SN 1006.

Le 1er mai 1006 une étoile explosa dans la constellation australe du Loup, atteignant un éclat qu’aucune autre supernova ne dépassa (magnitude d’environ -7, l’équivalent lumineux  d’un gros croissant de Lune), ce qui explique que son apparition soit mentionnée dans des textes européens, chinois, japonais, égyptiens et irakiens. La supernova SN 1006 resta visible sans instrument pendant des mois puis son éclat faiblit et on l’oublia.

Les restes de cette gigantesque explosion cosmique (visibles sur l’image ci-dessous réalisée par le télescope Chandra) furent retrouvés dans le milieu des années 1960 par les radioastronomes (puis en 1976 dans le domaine visible avec un télescope) sous la forme d’un rémanent situé à une distance d’un peu plus de 7.000 années-lumière.

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Trois scientifiques allemands viennent de publier sur arXiv l’analyse d’un texte d’Avicenne (980-1037).  Philosophe, écrivain, médecin et scientifique médiéval persan, Avicenne, connu également sous le nom d’Ibn Sina, s’intéressa à de nombreuses sciences comme l’astronomie, l’alchimie, la chimie ou encore la psychologie. Continuer la lecture

SNR 0519, un rémanent de supernova tout en finesse

La constellation de la Dorade abrite le rémanent de supernova SNR 0519. Ce sont les restes d’une explosion stellaire qui s’est produite il y a 600 ans.

C’est au cours d’une expédition hollandaise vers les Indes orientales à la fin du XVIe siècle que les explorateurs  Pieter Dirkszoon Keyser et Frederick de Houtman découvrirent le ciel de l’hémisphère sud et nommèrent 11 nouvelles constellations. L’une d’entre elles fut baptisée la Dorade en raison de sa forme très allongée qui fait penser à un poisson.

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Si la constellation de la Dorade est réputée, ce n’est pas pour ses étoiles (dont aucune n’est plus brillante que la quatrième magnitude) mais parce qu’elle abrite le Grand Nuage de Magellan (Large Magellanic Cloud ou LMC pour les anglo-saxons), une galaxie naine parfaitement visible à l’œil nu, étendue sur une surface 20 fois plus grande que la Pleine Lune et distante de 170 000 années-lumière.

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L’écharpe cosmique laissée par la supernova SN 1006

La constellation australe du Loup héberge les restes d’une étoile qui explosa il y a plus de 1000 ans (SN 1006). Elle fut la plus brillante des supernovae.  

Le 1er mai 1006, une étoile explosa dans la Voie lactée, atteignant un éclat qu’aucune autre supernova ne dépassa (magnitude d’environ -7, l’équivalent lumineux  d’un gros croissant de Lune), ce qui explique que son apparition soit mentionnée dans des textes européens, chinois, japonais, égyptiens et irakiens.

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Elle resta visible sans instrument pendant des mois puis son éclat faiblit et on l’oublia.

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Simeis 147, un rémanent de supernova dans le Taureau

Il y a environ 40 000 ans que s’est produite une explosion stellaire dans la constellation du Taureau (qui abrite également la nébuleuse du Crabe) à environ 3000 années-lumière de nous. Une étoile à l’agonie a littéralement volé en éclats dans un violent soubresaut, devenant particulièrement lumineuse en même temps qu’elle projetait sa matière dans l’espace.

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400 siècles plus tard il ne reste de cet astre qu’un pulsar, petit corps très dense en rotation rapide sur lui-même qui balaie l’espace de son rayonnement comme le fait un phare côtier.

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La nébuleuse du Crabe, premier objet Messier

En l’an 1054 une étoile nouvelle s’invita dans la constellation du Taureau (connue pour abriter le célèbre amas d’étoiles des Pléiades). Visible pendant des mois sans instrument, son apparition fut mentionnée par des observateurs chinois et arabes. Il s’agissait de l’explosion d’une étoile agonisante, une supernova qui entra dans l’histoire sous l’appellation SN 1054. Cette supernova a ensuite fait place à un pulsar et surtout à une nébuleuse en perpétuelle expansion, la nébuleuse du Crabe.

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700 ans plus tard, l’astronome français Charles Messier redécouvrit la nébuleuse par hasard, alors qu’il était à la recherche de la comète de Halley, dont on avait prédit le retour. Pour éviter de confondre les objets nébuleux avec la comète, Messier décida de faire la liste de ces objets. Ainsi naquit le célèbre catalogue Messier dont le premier objet est la nébuleuse du Crabe (M 1).

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3 amateurs découvrent une nébuleuse planétaire

Thierry Demange, Richard Galli et Thomas Petit sont trois astronomes amateurs alsaciens qui sont  devenus célèbres depuis quelques jours. Ils ont en effet découvert une nouvelle nébuleuse planétaire dans le ciel de l’hémisphère sud (image ci-dessous).

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Accrocher son nom au firmament est le rêve de tout astronome amateur, que ce soit en découvrant une comète (on pense à Terry Lovejoy, cet australien qui a déniché il y a quelques mois son cinquième astre chevelu, C/2014 Q2) ou une nouvelle nébuleuse planétaire, comme le fit le français Pascal Le Dû en 2011 depuis son observatoire breton.

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Comme Pascal Le Dû, les 3 astronomes alsaciens, membres de la Fédération des Associations des Astronomes Amateurs d’Alsace (F4A), ont découvert une nébuleuse planétaire qui a été baptisée en leur honneur DeGaPe 1 (Demange, Galli, Petit).

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Les Antennes, une paire de galaxies en interaction

En 1785 l’astronome germano-britannique William Herschel découvrit depuis l’hémisphère sud un objet nébuleux faisant penser aux antennes d’un insecte. Situées dans la constellation du Corbeau à un peu plus de 60 millions d’années-lumière de la Terre, les Antennes sont le résultat d’une collision entre deux galaxies (NGC 4038 et 4039) ayant débuté il y a 100 millions d’années environ et qui se poursuit toujours.

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Ce genre de rencontre cosmique pourrait bien concerner un jour lointain notre Voie lactée et sa plus proche voisine, la grande galaxie d’Andromède.

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Le télescope Chandra fête l’Année de la Lumière

Nommé en l’honneur de Subrahmanyan Chandrasekhar, l’un des pionniers de l’astrophysique du XXe siècle, l’observatoire spatial Chandra a été lancé en 1999 par la navette spatiale Columbia. Son télescope est dédié à l’étude des émissions de rayons X émises par quelques-unes des sources célestes les plus énergétiques (trous noirs, supernovae, étoiles à neutrons…).

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Pour fêter à sa manière le lancement de l’Année internationale de la lumière par les Nations Unies, les chercheurs de la NASA on choisi de présenter la lumière émise par SNR 0519-69.0, SNR pour SuperNova Remnants ou rémanents de supernovae.

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Une supernova dans la galaxie NGC 4666

Le 9 décembre 2014 le télescope automatisé du ASAS-SN a découvert une supernova dans NGC 4666 (sa nomination dans le New General Catalogue of Nebulae and Clusters of Stars), une galaxie spirale située à environ 80 millions d’années-lumière de nous, dans la constellation de la Vierge.

Cette galaxie est connue pour son fort taux de production de nouvelles étoiles, qui s’allument au passage d’un puissant courant de gaz prenant naissance au centre de la galaxie.

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Mais ce qu’a photographié l’astronome Gregor Krannich ci-dessus n’est pas la naissance, mais la mort spectaculaire d’une étoile. Une supernova est en effet l’explosion phénoménale d’un soleil mourant qui va d’un seul coup multiplier son éclat de plusieurs millions de fois, rendant l’astre moribond aussi brillant que la galaxie qui l’héberge.

Les astronomes attendent avec impatience l’explosion d’une supernova dans notre propre galaxie, la Voie lactée, un spectacle qui ne s’est pas produit depuis 1604, donc avant l’invention des lunettes et télescopes.

Le 24 décembre, date de la photographie réalisée par Gregor Krannich, la supernova avait une magnitude de 12. Comme toutes les supernovae, celle de la galaxie NGC 4666 a vu ensuite son éclat diminuer progressivement. L’explosion a projeté dans l’espace des gaz et de la matière stellaire qui donneront naissance à une nébuleuse

La constellation de Cassiopée

La constellation de Cassiopée a la forme caractéristique d’un « W ». Elle est actuellement haute dans le ciel en début de nuit en direction du nord, mais on peut l’observer toute l’année puisqu’elle est circumpolaire sous nos latitudes (elle ne passe jamais sous l’horizon).

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En prolongeant l’axe Schedar-Navi on tombe sur l’étoile polaire, et si l’on décide de descendre sous l’axe Sagin-Ruchbach on trouve le radiant de l’essaim d’étoiles filantes des Perséides.

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