Un récit médiéval décrit l’explosion de SN 1006

Trois chercheurs allemands se sont penchés sur un texte du célèbre savant Avicenne concernant la plus puissante supernova jamais observée, SN 1006.

Le 1er mai 1006 une étoile explosa dans la constellation australe du Loup, atteignant un éclat qu’aucune autre supernova ne dépassa (magnitude d’environ -7, l’équivalent lumineux  d’un gros croissant de Lune), ce qui explique que son apparition soit mentionnée dans des textes européens, chinois, japonais, égyptiens et irakiens. La supernova SN 1006 resta visible sans instrument pendant des mois puis son éclat faiblit et on l’oublia.

Les restes de cette gigantesque explosion cosmique (visibles sur l’image ci-dessous réalisée par le télescope Chandra) furent retrouvés dans le milieu des années 1960 par les radioastronomes (puis en 1976 dans le domaine visible avec un télescope) sous la forme d’un rémanent situé à une distance d’un peu plus de 7.000 années-lumière.

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Trois scientifiques allemands viennent de publier sur arXiv l’analyse d’un texte d’Avicenne (980-1037).  Philosophe, écrivain, médecin et scientifique médiéval persan, Avicenne, connu également sous le nom d’Ibn Sina, s’intéressa à de nombreuses sciences comme l’astronomie, l’alchimie, la chimie ou encore la psychologie.

Dans un texte arabe extrait du Kitâb al-Shifâ, un ouvrage traitant de philosophie, de physique, d’astronomie et de météorologie, Avicenne décrit la supernova SC 1006 comme un objet céleste temporaire immobile dans le ciel (« une étoile parmi les étoiles ») qui fut visible à l’œil nu pendant près de trois mois, faiblissant progressivement avant de disparaître. Les trois chercheurs allemands ont également trouvé dans ce texte des indications de coloration de la supernova : apparue avec une teinte jaune-verdâtre, elle « jetait des étincelles » au maximum de son éclat avant de prendre une couleur crème.

L’explosion de SN 1006 nous a laissé un rémanent de supernova sous la forme d’une bulle d’hydrogène dont le diamètre apparent équivaut à celui de la Pleine Lune et qui continue de s’étendre à la vitesse de 10 millions de km/h.

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