Archives de catégorie : Actualités

Curieuse découverte dans la célèbre nébuleuse de la Lyre

On croyait tout savoir sur la nébuleuse de la Lyre. De nouvelles observations révèlent la présence d’un mystérieux nuage de fer.   

Célèbre nébuleuse :

La nébuleuse de la Lyre est l’un des objets astronomiques les plus connus. Découverte en 1779 par Charles Messier, elle est depuis l’une des cibles favorites des astronomes. Il faut dire que cette nébuleuse planétaire est assez brillante (magnitude 9,4), et surtout facile à pointer. Stelvision lui consacre d’ailleurs une fiche d’observation qui vous donnera toutes les informations utiles pour l’admirer. Une telle vedette ne pouvait bien sûr pas échapper aux télescopes spatiaux. Le JWST n’a pas manqué de l’immortaliser, dix ans après le  télescope Hubble :

Comme toutes les nébuleuses planétaires, Messier 57 (NGC 6720) a été créée par l’explosion d’une étoile géante rouge. Cette dernière, en fin de vie, a violemment expulsé les couches externes de son atmosphère. Il ne reste plus qu’un noyau stellaire extrêmement dense et chaud, appelé naine blanche. Le rayonnement ultraviolet (UV) de cette naine blanche centrale excite le gaz expulsé, le rendant lumineux. Continuer la lecture de Curieuse découverte dans la célèbre nébuleuse de la Lyre

6AC4721, une comète découverte par des amateurs

Une équipe d’amateurs vient de découvrir une nouvelle comète, 6AC4721. Elle pourrait  nous offrir un joli spectacle au printemps.

Travail d’équipe :

De toute évidence, la découverte de 6AC4721 [nom définitif C/2026 A1 (MAPS)] ne doit rien au hasard. C’est en effet la huitième comète à mettre au crédit du programme MAPS. Sans parler des astéroïdes : plus d’une centaine en 2025, de quoi faire rêver bien des professionnels. Mais qui sont donc les quatre mousquetaires de MAPS (initiales de Maury, Attard, Parrott et Signoret), tous amateurs ? Alain Maury a monté son observatoire (SpaceObs) dans le désert d’Atacama au Chili, où il accueille les amoureux des étoiles. Pendant qu’il leur fait admirer les beautés du ciel nocturne austral, quatre télescopes de Schmidt de 28 centimètres de diamètre (f/2,2) entièrement automatisés traquent astéroïdes et comètes :

Les quatre télescopes qui servent à détecter comètes et astéroïdes. © SpaceObs/MAPS

Lorsqu’Alain va se coucher, Georges Attard et Florian Signoret (tous trois sont membres du GAPRA) prennent le relais quand ils se réveillent en France. Informaticiens, ils ont développé des programmes pour optimiser la recherche de nouveaux corps célestes sur les images astronomiques. Tout comme Daniel Parrott, auteur du logiciel Tycho Tracker. Continuer la lecture de 6AC4721, une comète découverte par des amateurs

Des mécènes vont financer le télescope spatial Lazuli

La fondation Schmidt Sciences, qui soutient déjà différents projets scientifiques, va financer le prochain télescope spatial Lazuli.  

Mécénat scientifique :

Le projet Lazuli pourrait bientôt faire rêver les astronomes. D’abord, parce qu’avec son miroir de 3 mètres de diamètre, ce télescope spatial apporterait une contribution majeure à l’astronomie. Rappelons quand même que le télescope Hubble, dont les images nous enchantent depuis 35 ans, a un miroir de 2,4 mètres de diamètre. Ensuite, parce que Lazuli symboliserait le grand retour du mécénat dans le domaine de l’astronomie :

Maquette du projet de télescope spatial financé par la fondation Schmidt Sciences.

La pratique, très en vogue à la fin du XIXe siècle (lunettes de Yerkes, de Lick, de Nice…), était un peu tombée en désuétude. Comme l’explique Admiral, la recherche scientifique est en effet le domaine mal-aimé du mécénat. Mais Wendy et Eric Schmidt (la femme d’affaires et l’ancien PDG de Google qui se sont connus sur les bancs de l’université) ont une autre façon de voir les choses. Depuis deux décennies, ils ont choisi de soutenir la science par le biais de leur fondation Schmidt Sciences :

Wendy et Eric Schmidt accompagnent les chercheurs avec leur fondation Schmidt Sciences.

Doté de différents équipements, le nouveau télescope spatial aurait la particularité de pouvoir pointer en moins de 4 heures toute nouvelle cible. Un atout pour scruter les phénomènes inattendus : supernova, objet interstellaire… Le reste du temps, il se consacrerait à des recherches dans des domaines comme la détection et la caractérisation des exoplanètes :

Présentation des différents instruments qui équiperont le télescope spatial Lazuli.

Si tout se passe bien, ce télescope pourrait s’envoler d’ici la fin de la décennie. L’annonce du financement de ce projet par la fondation Schmidt Sciences a donc ravi les astronomes. Mais le renouveau du mécénat ne risque-t-il pas d’accélérer le désengagement financier des USA dans le domaine de la science ? C’est une crainte que certains chercheurs expriment déjà.

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Sursaut d’une étoile moribonde dans la nébuleuse Abell 78

Au sein de la nébuleuse planétaire Abell 78, la renaissance d’une étoile moribonde a provoqué une seconde éjection de matière.

Linceuls célestes :

Abell 78 fait partie du catalogue publié en 1958 par l’astronome américain George Ogden Abell.  Elle est située à environ 5.000 années-lumière (AL) dans la constellation du Cygne. Toute petite (moins de deux minutes d’arc, le quinzième du diamètre apparent de la Lune), cette nébuleuse planétaire a une magnitude de 13. Elle symbolise une étape dans la vieillesse des étoiles de moins de huit masses solaires. En devenant des naines blanches, ces étoiles expulsent une coquille de gaz en expansion, comme dans le cas de la nébuleuse ESO 378-1 :

Pour d’autres NP, l’expansion du gaz est contrariée, ce qui leur donne un aspect beaucoup plus tourmenté.  Il suffit de regarder par exemple un cliché de l’étrange nébuleuse planétaire NGC 5189 pour s’en convaincre. Continuer la lecture de Sursaut d’une étoile moribonde dans la nébuleuse Abell 78

Collisions entre planétésimaux autour de l’étoile Fomalhaut

Les astronomes pensent avoir observé des collisions de planétésimaux dans le disque qui entoure l’étoile Fomalhaut.

Astre sur l’horizon :

Si vous cherchez Fomalhaut (α Piscis Austrini), regardez en direction de l’horizon Sud-Ouest en début de nuit. Comme nous le montre la carte de Stelvision, cette brillante étoile (magnitude 1,2) se situe à la verticale du Grand carré de Pégase :

Située à environ 25 années-lumière, elle est deux fois plus grande, deux fois plus massive et seize fois plus lumineuse que le Soleil.  On raconte qu’il y a 3.000 ans, en Perse (l’actuel Iran), α Piscis Austrini était l’une des quatre étoiles royales. Elle trônait dans l’une des quatre régions célestes, les autres étant gouvernées par Aldébaran, Régulus et Antarès.

l’Oeil de Sauron :

Il y a quelques années, on a découvert un anneau composé de glace et de poussières autour de α Piscis Austrini. Cet anneau, qui fait penser à un œil gigantesque, a été surnommé l’Oeil de Sauron, référence au Seigneur des anneaux :

Un anneau de glace et de poussière entoure l’étoile Fomalhaut. © ALMA/NASA/Hubble

On imagine qu’il doit se produire de temps à autre dans cet anneau des collisions entre planétésimaux. Les astronomes en ont même calculé la fréquence : en moyenne une tous les cent mille ans. Et c’est sans doute l’une de ces collisions que vient de photographier le bon vieux télescope spatial Hubble :

La lumière émise par cette collision a été surnommée cs2 (“circumstellar source 2”). Problème : les astronomes avaient observé un événement identique (cs1) il y a seulement quelques années. À l’époque, on avait pris cs1 pour une exoplanète. On sait désormais qu’il s’agissait (tout comme cs2), du nuage de débris résultant d’un choc entre planétésimaux. Ces deux collisions soulèvent des interrogations. Pourquoi se sont-elles produites dans le même secteur de l’anneau ? Et pourquoi dans un délai aussi court ? Des questions qui justifient de mobiliser régulièrement le télescope Hubble dans les années à venir pour suivre l’évolution de cs1 et cs2.

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Éphémérides : le ciel du mois de janvier 2026

En ce mois de janvier 2026, les regards seront tournés vers la planète gazeuse géante Jupiter, au plus près de la Terre.

Une planète haute dans le ciel :

La prochaine opposition de Jupiter se produit le 9 janvier 2026. À cette date, la planète sera à l’opposé du Soleil : elle se lèvera donc quand il se couchera. Ce sera alors la meilleure période pour l’admirer, au plus près de la Terre, à 633 millions de kilomètres. À cette distance, l’astre aura un diamètre apparent de 46,5 secondes d’arc. Mais plus que sa taille, c’est sa hauteur dans le ciel qui détermine la qualité des observations. Et cette année encore, la planète gazeuse géante est idéalement placée, dans la constellation des Gémeaux.

Superbe dessin de Jupiter réalisé le 28 août 2011 à l’aide d’un télescope de 406 mm de diamètre (les satellites sont Ganymède en haut et Europe). © Frédéric Burgeot

Astrophotographes et astrodessinateurs pourront profiter de cette opposition très favorable pour immortaliser la planète géante. Voyons maintenant les autres rendez-vous célestes du mois.

Phénomènes à observer :
  • le 3, c’est la Pleine Lune, à quelques degrés de Jupiter. Une petite lunette vous montrera les quatre lunes galiléennes alignées à l’Est de la planète. Durant la nuit, vous pourrez observer les plus brillantes étoiles filantes de l’essaim des Quadrantides, à son maximum.

  •  Le 7 à partir de 2 heures du matin, la Lune gibbeuse décroissante occulte 45 Leo, une étoile de magnitude 6.

  • Le 7, la comète 24P/Schaumasse passe au périhélie à 177 millions de kilomètres du Soleil. L’astre chevelu se trouve alors entre les constellations de la Vierge et du Lion, avec une magnitude proche de 9.

  • Le 10, opposition de Jupiter et Dernier quartier de Lune.

  • Le 18, c’est la Nouvelle Lune. Le 20 au crépuscule, le fin croissant lunaire est posé sur l’horizon Sud-Ouest.

  • Le 23, le croissant de Lune accompagne Saturne.
  • Le 26, c’est le Premier quartier de Lune.
  • Le 27 en première partie de nuit, une paire de jumelles vous dévoilera les étoiles de l’amas des Pléiades, juste à côté de la Lune.

Pour finir, je vous recommande le logiciel Stellarium, utilisé pour réaliser les captures d’écran ci-dessus. C’est un outil indispensable pour connaître ce que le ciel nous réserve.

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L’Observatoire Lick touché par la tempête de Noël

Le 25 décembre, des vents violents ont endommagé la coupole qui abrite la célèbre Grande lunette de l’Observatoire Lick en Californie.

Riche mécène :

L’Observatoire Lick est installé à 1200 mètres d’altitude au sommet du Mont Hamilton en Californie. Construit dans les années 1870, il est toujours considéré comme le premier observatoire de montagne. On verra apparaître par la suite d’autres réalisations de ce type, comme par exemple l’Observatoire du Pic du Midi. Si celui du Mont Hamilton a vu le jour, c’est grâce à James Lick. En effet, ce riche entrepreneur lui consacra sa fortune, amassée durant la ruée vers l’or. Sa dépouille repose d’ailleurs sous le plancher d’une coupole. Celle-là même qui accueillera quelques années plus tard une Grande lunette :

L’instrument en question est un réfracteur de 91 centimètres de diamètre. Il était, au moment de son inauguration en 1888, le plus grand du monde. Et c’est justement la coupole de cette mythique lunette qui a été endommagée le 25 décembre.

Noël dévastateur :

Le matin de Noël, des vents soufflant à plus de 180 kilomètres/heure ont balayé le Mont Hamilton. Comme on pouvait le craindre, ils ont arraché la trappe de la coupole. Il s’agit de la partie mobile qui s’ouvrait pour permettre les observations nocturnes depuis près de 150 ans. Autant dire que l’instrument s’est retrouvé immédiatement exposé aux intempéries  :

Rapidement, le personnel a emmailloté le grand réfracteur, en attendant une évaluation chiffrée des travaux. Sage précaution, pour un instrument d’une telle importance. Il est bon de rappeler que cette lunette est toujours la seconde plus grande du monde. Elle a seulement été détrônée en 1897 par celle de l’Observatoire Yerkes. Gageons que les amoureux de ce site historique vont se mobiliser pour le sauver, par exemple en faisant un don. C’est d’ailleurs de cette façon qu’on a restauré le télescope qui a découvert Pluton :

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En vidéo : le premier Hubble Deep Field fête ses trente ans

C’est en décembre 1995 que le télescope spatial Hubble réalisa son premier Deep Field, une plongée vertigineuse dans l’univers lointain. 

Plongée cosmique :

Le premier Deep Field (ou champ profond) réalisé par le télescope Hubble a bouleversé notre compréhension de l’univers. Pourtant, quand le télescope a été lancé en 1990, beaucoup de spécialistes doutaient de sa capacité à photographier les galaxies lointaines. À l’époque, le célèbre astrophysicien John Bahcall écrivit même dans la revue Science que l’instrument ne montrerait aucune galaxie qui ne soit déjà visible depuis le sol. Mais la suite allait lui donner tort :

Le télescope spatial porte le nom de l’astronome Edwin Hubble. © M. Bourke-White

Rapidement, les images acquises par la caméra WFPC2 (Wide Field and Planetary Camera) révélèrent un véritable zoo cosmique. Dès lors, pourquoi na pas envisager de sonder des portions de ciel inconnues en effectuant de longues poses ? C’est l’idée que suggéra Robert Williams en 1994, alors qu’il avait été nommé à la tête du STScI (Space Telescope Science Institute) un an plus tôt. Continuer la lecture de En vidéo : le premier Hubble Deep Field fête ses trente ans

La comète 24P/Schaumasse dans un champ de galaxies

Pour Noël, la comète périodique 24P/Schaumasse est passée devant les galaxies de la Chevelure de Bérénice.

Comète française :

La comète 24P/Schaumasse a été repérée le 1er décembre 1911 par Alexandre Schaumasse. Travaillant à l’Observatoire de Nice, cet astronome français (1882-1958) a également découvert deux autres comètes et deux astéroïdes. 24P/Schaumasse, dont le noyau mesure un peu moins de 3 kilomètres, nous rend visite environ tous les huit ans. C’est le cas en cette fin d’année, où l’astre chevelu (magnitude 10) se déplace dans la Chevelure de Bérénice :

Discrète constellation située entre le Lion et le Bouvier, elle est l’une des rares à porter le nom d’un personnage ayant existé. Il s’agit de Bérénice II d’Égypte, femme de Ptolémée III, qui sacrifia sa longue chevelure comme offrande à Aphrodite. Pour les astronomes, la constellation compte de nombreuses galaxies très photogéniques. Une aubaine pour Rolando Ligustri qui a pu immortaliser la comète au milieu de ces dernières :

Pour l’occasion, il a utilisé un télescope à distance (lire : l’astrophoto à distance, comment ça marche ?). Sur son cliché, la plus belle galaxie est Messier 100. Cette spirale vue de face, découverte par Pierre Méchain en 1781, a une magnitude de 10. Si l’envie vous prend de pointer la Chevelure de Bérénice avec un télescope, sachez que d’autres galaxies méritent le détour. Les plus intéressantes sont M 64, M 85 ou encore NGC 4565.

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La comète interstellaire 3I/ATLAS au plus près de la Terre

Objet céleste particulièrement fascinant, la comète interstellaire 3I/ATLAS est au plus près de la Terre ce vendredi 19 décembre.

Un astre chevelu venu d’ailleurs :

Depuis sa découverte le 1er juillet 2025 par le Asteroid Terrestrial-impact Last Alert System, la comète 3I/ATLAS fait l’objet de toutes les attentions. Un engouement que nous expliquait le Docteur en astrophysique et journaliste scientifique Adrien Coffinet il y a quelques semaines (lire ici). Il faut dire que ce n’est pas n’importe quelle comète. Il s’agit en effet du troisième objet interstellaire repéré dans le Système solaire, après 1I/ʻOumuamua en 2017 et 2I/Borissov en 2019. Outre de très nombreux télescopes terrestres, ce sont plus d’une quinzaine de sondes spatiales qui ont été sollicitées pour espionner cette lointaine visiteuse, un record ! Même les amateurs s’y sont mis, comme le montre cette récente (et magnifique) image réalisée par Gerald Rhemann :

Ce 19 décembre, l’astre chevelu est au plus près de la Terre, à 270 millions de kilomètres. On peut l’observer en seconde partie de nuit, entre les pattes du Lion. Mais avec une magnitude proche de 13, n’espérez pas l’apercevoir dans un petit télescope ! Le 29 octobre dernier, lors du passage au périhélie, l’astre chevelu avait tout de même atteint une magnitude de 9. Mais depuis, son éclat ne cesse de décroître. Il faut donc faire vite pour collecter un maximum d’informations sur 3I/ATLAS. Bientôt, cet objet fascinant quittera définitivement le Système solaire.

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Dernière image (exceptionnelle) de la comète Lemmon

Deux astrophotographes viennent de présenter une incroyable image de la comète C/2025 A6 (Lemmon) réalisée il y a plusieurs semaines.

Minutieux travail :

On croyait en avoir terminé avec la comète Lemmon. Après avoir enchanté les nuits du mois d’octobre, l’astre chevelu n’est plus qu’un lointain souvenir. Non seulement il ne cesse de s’éloigner, mais en plus il se situe loin derrière le Soleil, ce qui le rend inobservable. Ce sont désormais d’autres cibles que pointent les astrophotographes, comme par exemple M42, la grande nébuleuse d’Orion. Mais Michael Jäger et Gerald Rhemann n’avaient pas dit leur dernier mot. Patiemment, ils ont assemblé plusieurs clichés de la comète réalisés le 26 octobre dernier avec une courte focale. En ne gardant que les images prises dans le bleu, ils nous dévoilent l’impressionnante queue ionique de C/2025 A6 :

Rappelons que cette queue bleutée est composée de molécules de gaz qui se sont échappées de l’astre chevelu. Repoussées par la pression de radiation exercée par le vent solaire, elles émettent à cette occasion une lumière bleutée (par fluorescence). Cette queue ionique, qui s’étire très loin derrière le noyau de la comète, subit les effets du champ magnétique solaire qui en modifie l’aspect en permanence. Le champ de l’image est de 11X4 degrés, ce qui à cette distance représente une queue de plusieurs millions de kilomètres. une valeur impressionnante, certes, mais encore bien loin des records en la matière : 500 millions de kilomètres pour la comète Hyakutake et plus d’un milliard pour 153P/Ikeya-Zhang !

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2025 SC79, l’étrange astéroïde qui orbite très près du Soleil

Découvert le 27 septembre à proximité du Soleil, l’astéroïde 2025 SC79 présente des caractéristiques assez originales.

Un astéroïde intriguant :

2025 SC79 est venu mettre un peu de piment dans le quotidien des chasseurs de petits corps célestes. Car si l’on découvre quotidiennement des astéroïdes, grâce aux programmes de détection automatisés, on peut dire que celui-ci sort du lot. Ce petit corps (700 mètres quand même) a été découvert le 27 septembre 2025 par Scott Sheppard depuis le CTIO (Cerro Tololo Inter-American Observatory). L’astronome utilisait la Dark-Energy Camera installée sur le télescope Blanco, un instrument doté d’un miroir de quatre mètres de diamètre. Ce télescope a été nommé en hommage à l’astronome portoricain Victor Manuel Blanco :

L’Observatoire du Cerro Tololo se situe au Chili, à 2200 mètres d’altitude. © KPNO

Très vite, l’astéroïde découvert par Scott Sheppard s’est révélé particulièrement intéressant. D’abord son orbite, presque entièrement circonscrite dans celle de Vénus, alors que la plupart de ces petits corps orbitent entre Mars et Jupiter. Le premier astéroïde de ce type, (594913) ꞌAylóꞌchaxnim, avait été découvert en 2020 :

Comme tous les astéroïdes Vatira, (594913) ꞌAylóꞌchaxnim et 2025 SC79 orbitent très près du Soleil, ce qui les rend difficilement repérables. © Tony Dunn/Orbit Simulator

Ensuite sa vitesse : il met 128 jours seulement à parcourir son orbite. Voilà qui en fait le quatrième astéroïde le plus rapide connu. Scott Sheppard s’est spécialisé dans la découverte de ces petits corps célestes orbitant très près du Soleil. On ne sait pas combien d’entre eux se cachent dans cette zone, où leur détection est si délicate. Une lacune que les astronomes vont devoir combler, car, comme le rappelle Scott Sheppard, “les astéroïdes les plus dangereux restent ceux qu’on voit le moins“.

À savoir :

Parmi ces astéroïdes si particuliers, les astronomes distinguent deux famille. La première, celle des Vatira, regroupe les astéroïdes dont l’orbite est entièrement circonscrite dans celle de Vénus. À ce jour, seul (594913) ꞌAylóꞌchaxnim en fait partie. La seconde, celle des Atira, regroupe les astéroïdes dont l’orbite peut dépasser celle de Vénus mais reste intérieure à celle de la Terre. C’est dans cette catégorie qu’on trouve par exemple 2021 PH27 (le plus rapide à ce jour), 2025 GN1 ainsi que 2025 SC79.

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Le TMT va-t-il finalement être construit aux Canaries ?

Alors que les obstacles s’accumulent pour le Thirty Meters Telescope (TMT), l’Espagne se propose de l’accueillir aux Canaries.

Télescopes géants :

Le Thirty Meters Telescope (TMT) représente la prochaine génération de grands télescopes terrestres. Équipé d’un miroir segmenté de 30 mètres de diamètre, il est pensé pour observer l’Univers depuis le proche ultraviolet jusqu’à l’infrarouge moyen. Cet ambitieux projet, soutenu principalement par les USA, vient s’ajouter au Télescope Géant Magellan (GMT) et aux projet européen E-ELT. Mais si l’implantation de ces deux derniers doit avoir lieu au Chili (hémisphère sud), le Thirty Meters Telescope a sa place dans l’hémisphère nord, sur l’île d’Hawaii :

Pourtant, le projet ne cesse de prendre du retard en raison de fortes oppositions locales. D’une part, les écologistes s’inquiètent des retombées environnementales. D’autre part, les peuples autochtones rappellent que le Mauna Kea est une montagne sacrée. Résultat, les procédures judiciaires s’enchaînent depuis une décennie, empêchant tout lancement des travaux :

Coup de grâce, les coupes budgétaires annoncées par l’administration Trump ces derniers mois. L’Espagne propose donc d’accueillir le télescope aux Canaries, et apporte un soutien financier à hauteur de 460 millions de dollars. Une proposition que doit maintenant étudier le conseil d’administration du TMT. Bien qu’un peu moins bon que celui d’Hawaii, le ciel des Canaries est l’un des meilleurs de l’hémisphère nord. Les îles espagnoles accueillent déjà l’ Observatoire du Roque de los Muchachos (ou se trouve le Gran Tecan) et l’Observatoire du Teide.

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Un immense groupe de taches solaires a fait son apparition

L’un des plus grands groupes de taches solaires depuis une décennie est actuellement observable avec certaines précautions.

Un Soleil toujours actif :

Les taches solaires AR 4294-4296 (photographiées hier par Dimitris Kolovos) viennent nous rappeler que le cycle solaire en cours n’a pas dit son dernier mot :

Ce cycle, le vingt-cinquième, avait débuté fin 2019, atteignant son maximum cinq ans plus tard, fin 2024. Logiquement, l’activité solaire est donc en train de décroître. Ce qui signifie que les taches, ces zones sombres moins chaudes où règne une intense activité magnétique, vont être moins nombreuses. Mais un sursaut d’activité peut toujours se produire. La preuve avec AR 4294-4296 :

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Éphémérides : le ciel du mois de décembre 2025

Le maximum d’activité de l’essaim d’étoiles filantes des Géminides sera le principal événement astronomique de ce mois de décembre 2025. 

Un jeune essaim météoritique :

C’est le 14 décembre 2025 qu’aura lieu le traditionnel pic d’activité des Géminides. Bien qu’étant l’un des essaims d’étoiles filantes les plus actifs, il n’est mentionné que depuis 150 ans. Au moment du maximum, le taux horaire atteint 75 météores. Curieusement, cet essaim n’est pas associé à une comète mais à un astéroïde. Il s’agit de (3200) Phaéton, découvert le 11 octobre 1983 par le télescope spatial infrarouge IRAS. Comme les météores semblent jaillir de la constellation des Gémeaux, non loin des étoiles Castor et Pollux, on leur a donné le nom de Géminides :

Admirez cette image, réalisée en décembre 2023 par Rob Sparks depuis l’Observatoire de Kitt Peak.  En décembre 2025, le pic d’activité de l’essaim se produira après le Dernier quartier de Lune, donc dans d’excellentes conditions. Je vous propose maintenant de découvrir les autres observations possibles. Continuer la lecture de Éphémérides : le ciel du mois de décembre 2025

La comète C/2025 K1 (ATLAS) est en train de se briser

Plusieurs observations montrent que la comète C/2025 K1 (ATLAS) est en train de se désintégrer après son passage à proximité du Soleil.

Trop près du Soleil  :

En cet automne riche en comètes, C/2025 K1 (ATLAS) aurait presque pu passer inaperçue. Elle n’est pas vraiment brillante, par rapport à C/2025 R2 (SWAN) et surtout C/2025 A6 (Lemmon). Quant à son nom, il est déjà pris par une autre célébrité, la comète interstellaire 3I/ATLAS. Malgré tout, les astronomes ont consciencieusement suivi le passage de cet astre chevelu :

Découverte en mai 2025 grâce au programme ATLAS, C/2025 K1 est passée début octobre à seulement 49 millions de kilomètres du Soleil. Des conditions qui laissaient craindre une fragmentation du noyau, ce que l’on observe actuellement. Continuer la lecture de La comète C/2025 K1 (ATLAS) est en train de se briser

La France une nouvelle fois sous les aurores boréales

En France, les astrophotographes prévenus ont pu passer la deuxième moitié de la nuit sous les aurores boréales. 

Ciel en feu :

Même si l’activité solaire est en baisse, la Terre continue de recevoir régulièrement des bouffées de particules solaires. En pénétrant dans la haute atmosphère, ces particules entrent en collision avec les atomes d’oxygène et les molécules d’azote, produisant l’émission de lueurs colorées : les aurores polaires. Parfois, ces lueurs deviennent visibles à de plus basses latitudes. C’est le spectacle auquel nous avons eu droit en seconde partie de nuit, suite à une violente tempête géomagnétique (de niveau G4 sur une échelle de 1 à 5). Elle faisait suite à l’arrivée sur Terre de deux éjections de masse coronale (CME) qui se sont additionnées :

Voici donc les images de Jean-Marc Lecleire, Alain Herrault, Emmanuel Paoly, AstroGuigeek, Nicolas Schneider ou encore Simon Labergère. Du Nord au Sud de la France, en passant par les Alpes, ils ont immortalisé ce spectacle. Le phénomène pourrait d’ailleurs se reproduire ce soir, à surveiller sur SpaceWeatherLive.

Un guide pour chasser les aurores :

Je vous recommande le dernier ouvrage écrit par Emmanuel Beaudoin : À la découverte des aurores boréales en France, tout pour se préparer, les observer et les photographier, aux éditions Dunod :

Illustré de plus d’une centaine de très beaux clichés, l’ouvrage guide le lecteur pas à pas pour comprendre, observer et photographier ces superbes draperies lumineuses. Un livre à mettre dans toutes les bibliothèques !

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En vidéo : quand le vent solaire rencontre la comète Lemmon

À proximité du Soleil, la longue queue de plasma de la comète Lemmon (C/2025 A6) a subi les assauts du vent solaire.

Comète en mouvement :

Après son passage au périhélie le 8 novembre, la comète Lemmon (C/2025 A6) s’éloigne désormais. Pour certains astrophotographes, c’est l’heure de dépouiller les images réalisées au cours des semaines passées. C’est le cas par exemple de Julien De Winter qui a immortalisé l’astre chevelu à plusieurs reprises depuis Starfront Observatories au Texas. Il vient de créer une animation à partir des clichés qu’il a réalisés le 28 octobre dernier :

À cette époque, la comète s’approchait du Soleil et voyait sa surface se sublimer. Elle abandonnait alors dans son sillage des poussières et du gaz, donnant naissance à deux queues. D’un côté, une queue de poussière (blanche) repoussée par la pression de radiation solaire. De l’autre, une queue ionique (bleutée) composée de molécules de gaz. Cette queue ionique est très sensible à l’action du vent solaire, un flux de particules chargées qui s’échappe en permanence de notre étoile. Dans cette animation vidéo, qui a demandé plus de vingt heures de travail à son auteur, on voit bien les modifications de la queue ionique en seulement 30 minutes.

À savoir :

C/2025 A6 (Lemmon) a été découverte le 3 janvier 2025 à l’Observatoire du Mont Lemmon avec une magnitude de 21,6. Nommée CCNG6P2 dans un premier temps, elle a reçu sa désignation définitive une fois sa nature cométaire confirmée. Les astronomes ont calculé que sa période orbitale est d’environ 1350 ans.

La comète dans le ciel du Beaujolais le 23 octobre 2025. © Jean-Baptiste Feldmann

Son passage au plus près de la Terre (0,68 UA) a eu lieu le 21 octobre, et le périhélie le 8 novembre. Initialement, la luminosité maximale de la comète devait avoisiner la magnitude 10. Mais elle s’est révélée beaucoup plus lumineuse que prévu, pour le plus grand bonheur des astronomes et des photographes !

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Éphémérides : le ciel du mois de novembre 2025

Une prometteuse comète et deux belles planètes vont nous offrir quelques occasions de sortir la nuit durant ce mois de novembre 2025.

Une comète au périhélie :

Le 8 novembre 2025, la comète Lemmon (C/2025 A6) atteindra son périhélie, soit sa plus courte distance au Soleil (79 millions de kilomètres). Nous avons été nombreux durant le mois d’octobre à essayer d’observer et de photographier cette belle voyageuse. Pour ma part, j’ai pu l’observer depuis le Beaujolais. et sur Cielmania, je vous ai présenté les images de Christian Bertincourt, Pierre-Paul Feyte ou encore Gerald Rhemann et Michael Jäger. Il faudra rechercher l’astre chevelu au-dessus de l’horizon Ouest à la tombée de la nuit :

Outre la comète, Saturne et Jupiter seront également des cibles de choix. Ces deux planètes sont en effet idéalement placées pour les observateurs munis d’un télescope. Voyons maintenant cela en détail.    Continuer la lecture de Éphémérides : le ciel du mois de novembre 2025

Depuis le Beaujolais, la comète Lemmon se dévoile enfin

Malgré la météo capricieuse de cette fin de mois d’octobre, la comète Lemmon a fini par se montrer dans le ciel du Beaujolais.

Un astre chevelu assez discret :

La comète Lemmon (C/2025 A6) est la vedette du mois d’octobre, tout comme C/2023 A3 Tsuchinshan-ATLAS il y a un an. Mais l’astre chevelu de 2025 a été victime d’une météo désastreuse. Comme beaucoup, j’ai guetté depuis plusieurs soirs la moindre éclaircie pour espérer lui tirer le portrait depuis ma campagne beaujolaise. Le 23 octobre, j’ai pu rapidement la dessiner comme elle se présentait dans mes jumelles 12X80 :

Enfin, hier soir, j’ai réussi à la photographier entre les nuages. Comme toujours, j’utilise mon vieux boîtier Nikon D7100 avec son objectif Nikkor de 50 millimètres de focale. L’astre chevelu est apparu alors que le ciel était encore clair :

Puis j’ai eu  un peu de temps pour composer une image plus élaborée, en profitant du paysage légèrement éclairé. le temps de pose est de 15 secondes à 3200 iso. Notez que visuellement, la comète est à peine perceptible, beaucoup moins en tout cas que sur mes images :

Il faudra désormais composer avec la Lune, dont le Premier quartier est prévu le 29.  La comète atteindra son périhélie le 8 novembre prochain. Son éclat pourrait donc légèrement augmenter dans les jours à venir, à la faveur de son rapprochement avec le Soleil :

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