La mer des Crises

Trois jours après la Nouvelle Lune, le fin croissant de Séléné nous dévoile la première grande mer, la mer des Crises.

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Ce bassin ovale d’environ 600 km de diamètre s’est formé à la suite de l’impact d’un astéroïde il y a un peu moins de 4 milliards d’années. La sonde russe Luna 15 s’y est écrasée le 21 juillet 1969, pendant que de leur côté les membres de la mission américaine Apollo 11 foulaient le sol de la mer de la Tranquillité.

L’image ci-dessus a été réalisée en plaçant un boîtier photographique derrière un télescope de 125 mm de diamètre qui a joué le rôle d’un très puissant téléobjectif.

Vous pourrez retrouver d’autres formations lunaires dans l’article consacré à la sélénographie.

Philae : son premier atterrissage en image

L’aventure de l’atterrisseur Philae sur la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko se poursuit. Après la journée du 14 novembre pleine de surprises et d’incertitudes, la nuit qui a suivi a livré son lot de bonnes nouvelles.

L’ESA a d’abord présenté des images prises le 12 novembre par l’orbiteur Rosetta sur lesquelles on distingue le premier contact de l’atterrisseur Philae avec le sol de la comète. Rosetta se trouvait alors à 15 kilomètres de 67P et la résolution est d’environ 1 mètre par pixel.

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L’image ci-dessus a été faite 3 min 34 sec avant l’atterrissage de Philae, alors que l’atterrisseur était environ 250 mètres au-dessus de la surface.

L’image ci-dessous a été prise 1 min 26 secondes après le premier contact de Philae avec le sol de la comète. La marque sombre correspond très probablement au nuage de poussière soulevé par l’atterrisseur, dont le point théorique de contact a été matérialisé par un carré vert.

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Alors que Philae avait interrompu ses communications hier en fin de journée, il a redonné signe de vie vers 23h30 heure française, confirmant qu’il avait bien réussi son forage, le premier jamais réalisé sur une comète. Les instruments Cosac et Ptolémée ont commencé la recherche de gaz et de molécules organiques dans l’échantillon collecté.

Ayant épuisé toute son énergie, Philae s’est mis ensuite en mode « veille », éteignant la quasi-totalité de ses instruments. Avant cela les ingénieurs de l’ESA étaient parvenus à faire légèrement pivoter l’atterrisseur, un mouvement destiné à mieux orienter les panneaux solaires, seule source d’énergie possible désormais (la pile de Philae est entièrement déchargée).

Il faudra attendre les prochains créneaux d’ensoleillement pour voir si Philae reçoit assez d’énergie pour émettre à nouveau et donner de ses nouvelles. En attendant l’équipe du CNES a souhaité bonne nuit à l’atterrisseur !

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Philae : surprises et incertitudes

Voici le point sur la situation 48 heures après l’arrivée mouvementée de l’atterrisseur Philae à la surface de la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko.

Tout d’abord personne ne peut dire actuellement où se trouve exactement Philae à la surface de 67P, il faudra donc se contenter de la zone proposée lors de la conférence de presse du 13 novembre. Seule certitude : l’atterrisseur, qui a terminé ses rebonds dans un secteur au relief tourmenté, ne reçoit pas assez de lumière car il est à l’ombre d’un rempart naturel (les scientifiques parlent d’une « falaise ») qui lui cache régulièrement le Soleil. Si on y ajoute le fait qu’une partie des panneaux solaires est mal orientée en raison de l’inclinaison de l’atterrisseur (lequel ne repose que sur 2 de ses 3 pieds), on peut craindre que Philae ne cesse ses activités dans les prochaines heures, quand il aura épuisé l’énergie de sa pile principale.

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Malgré cet avenir incertain, la collecte des données scientifiques se poursuit : analyse de la structure interne de la comète à l’aide du radar Consert, mesure de la dureté du sol avec l’instrument Mupus, étude de la géométrie fine des grains à la surface avec les caméras Rolis et Civa sont quelques-unes des expériences en cours. 67P a déjà offert une très grosse surprise aux scientifiques : avec une surface où alternent des zones relativement lisses qui semblent recouvertes d’un gravier grossier et des régions rocheuses très dégradées, Tchouri ne ressemble pas du tout aux autres noyaux cométaires qui ont reçu la visite de sondes dans le passé.

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Quel avenir pour Philae ? Il existe à ce jour deux options : soit les techniciens tentent de faire bouger l’atterrisseur pour qu’il reçoive plus de lumière solaire, soit ils le font hiberner en attendant des jours meilleurs. En théorie les moyens pour faire bouger Philae ne manquent pas : le propulseur de gaz froid, les harpons, la foreuse ou encore les bras des instruments Mupus ou Apxs pourraient être utilisés à cette fin. Mais la prudence guidera peut-être les ingénieurs : la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko se rapproche du Soleil et dans quelques mois les panneaux solaires de Philae recevront une quantité de lumière beaucoup plus importante. L’ESA va donc devoir trancher rapidement, à moins que Philae ne cesse de communiquer avec la Terre plus tôt que prévu…

Philae envoie ses premières images

Les 12 et 13 novembre resteront célèbres dans l’histoire de la conquête du Système solaire.

Après un voyage d’une décennie, l’atterrisseur Philae s’est en effet séparé de la sonde Rosetta le 12 novembre pour rejoindre la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko (du nom des deux astronomes soviétiques qui ont découvert cet astre chevelu en 1969 et qui étaient présents au siège de l’ESA pour suivre l’événement).

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Le 6 novembre la sonde Rosetta avait photographié la comète 67P à une distance de 30 kilomètres (image ci-dessus). Cet astre chevelu parcourt son orbite en un peu plus de 6 ans et tourne sur lui-même en 12h30.

12 novembre : Philae a envoyé sa première image (ci-dessous) juste après sa séparation de Rosetta en milieu de matinée (9h35 heure de Paris). On distingue en haut de l’image un panneau solaire et une partie de Rosetta à droite.

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Un peu plus tard Rosetta a photographié Philae (images ci-dessous), confirmant que les pieds de l’atterrisseur s’étaient correctement déployés et que les instruments scientifiques fonctionnaient. La sonde a poursuivi sa trajectoire de façon à assurer les futures liaisons entre l’atterrisseur et la Terre.

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Image suivante : la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko vue par la camera ROLIS (ROsetta Lander Imaging Systemde Philae alors que l’atterrisseur est à 3 kilomètres de sa cible. La zone d’atterrissage prévue a été surnommée Agilkia (Agilkia est le nom d’une île sur le Nil, en Egypte, où les ruines antiques de l’île de Philae ont été déplacées suite à la construction du barrage d’Assouan dans les années 1970). La résolution de l’image est de 3 mètres par pixel.

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Image suivante : dernière image reçue avant que l’atterrisseur ne touche le sol après une descente de 7 heures à environ 3 km/h.

La surface à cet endroit semble recouverte d’une couche de poussière et de quelques rares cailloux, une information rassurante pour les scientifiques de la mission.

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Le montage ci-dessous permet de voir la zone d’Agilkia photographiée au cours de la descente de l’atterrisseur.

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12 novembre, 20h30 : selon les informations communiquées par Stephan Ulamec, responsable de Philae au Centre européen d’opérations spatiales (ESOC) à Darmstadt (Allemagne) au cours du dernier point de presse de la journée, les deux harpons n’ont pas permis d’ancrer l’atterrisseur qui a peut-être rebondi sur la comète pour y retomber deux heures plus tard, un délai qui s’explique par la faible gravité à sa surface.

Mise à jour du 13 novembre

10h30 : selon l’astrophysicien Francis Rocard l’atterrisseur a bien mis deux heures à se stabiliser après s’être posé sur la comète 67P vers 16 h30 (heure de Paris) le 12 novembre, comme le confirment les images floues obtenues à ce moment-là par Philae. L’atterrisseur s’est enfoncé de 4 centimètres, confirmant que le sol d’Agilkia est assez mou. Pour le moment les scientifiques de l’ESA ne savent toujours pas si les harpons ont fonctionné mais ils sont optimistes car Philae et Rosetta communiquent entre eux et l’orbiteur peut donc continuer à nous envoyer des informations.

11h15 : voici la première image prise par l’atterrisseur Philae à la surface de la comète  67P/Churyumov-Gerasimenko ! Cette image qui est un assemblage de 2 clichés montre le sol environnant et l’un des pieds de Philae. Il semble que l’atterrisseur, après plusieurs rebonds, se soit finalement posé incliné à 1 kilomètre du premier point de contact avec la surface de la comète.

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15h30 : au cours d’une conférence de presse au siège de l’ESA, les scientifiques ont présenté la zone (B) dans laquelle devait se trouver l’atterrisseur Philae après son rebond au point A.

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Ci-dessous gros plan sur la zone A, premier point d’impact de Philae sur la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko le 12 novembre en milieu d’après-midi avant son rebond.

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La mosaïque de 5 images (prises par la sonde Rosetta à une distance de 18 kilomètres) présentée ci-dessous montre la zone dans laquelle devrait désormais se trouver l’atterrisseur Philae.

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Pour clore cette journée riche en émotions voici le premier panorama pris depuis le sol de la comète 67P. Il s’agit d’un assemblage des images transmises par Philae avec d’un côté le sol rocheux et de l’autre le ciel, l’atterrisseur (qui a été dessiné pour mieux comprendre l’orientation) étant penché (il a 2 pieds sur 3 en contact avec le sol).

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Un grand bravo à tous les ingénieurs, techniciens et scientifiques qui ont « porté » cette mission depuis 21 ans. Ci-dessous les membres de l’ESA réunis au Centre européen d’opérations spatiales (ESOC) à Darmstadt (Allemagne) pour la photo-souvenir (© ESA/J. Mai).

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La mise à jour du 14 novembre est ici.

En direct : Philae va se poser sur la comète Tchouri

Communiqué de Futura-Sciences :

La journée du 12 novembre sera celle de Rosetta. La vaillante sonde de l’Agence spatiale européenne, qui a atteint « sa » comète (67P/Churyumov-Gerasimenko, que l’on peut appeler Tchouri) en août dernier, lancera ce jour-là vers elle l’atterrisseur Philae. Cet engin d’une centaine de kilogrammes (mais sur une balance installée sur ce petit corps céleste, l’instrument n’indiquerait qu’à peu près un gramme) s’approchera à quelques kilomètres par heure de la zone visée, baptisée Agilkia.

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C’est une grande première en astronautique et assurément un événement à ne pas manquer. La réussite est loin d’être garantie. Le léger Philae, dans cette gravité si faible, devra se harponner à la surface et peut tout aussi bien toucher un gros caillou et basculer sur le dos. On peut même craindre qu’il s’enfonce dans un sol de poussière.

Futura-Sciences vous fera vivre en direct cette aventure sur une page spéciale à partir de 15 h 30 avec les premières images du site d’atterrissage saisies avec la caméra Rolis (Rosetta Lander Imaging System). Rendez-vous, donc, à l’adresse suivante : http://www.futura-sciences.com/live/.

Le cratère lunaire Copernic

Après Tycho et Clavius, je vous propose de découvrir aujourd’hui Sa Majesté Copernic. Ce cratère lunaire porte le nom de Nicolas Copernic, un chanoine polonais (mort en 1543) connu pour sa théorie de l’héliocentrisme qui place le Soleil au centre de l’Univers et non la Terre comme on le croyait alors.

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Le cratère Copernic est un cratère d’impact (93 km de diamètre pour 3800 m de profondeur) qui s’est formé il y a moins d’un milliard d’années dans l’océan des Tempêtes. Comme pour Tycho, Copernic est entouré de rayons lumineux, restes de matériaux éjectés lors de l’impact. Copernic est typique d’un grand nombre de cratères d’impact lunaires avec un rempart intérieur en terrasses et un piton central constitué de plusieurs montagnes.

L’image ci-dessus a été réalisée en plaçant un boîtier photographique derrière un télescope de 125 mm de diamètre qui a joué le rôle d’un très puissant téléobjectif. Au-dessus et à gauche de Copernic on remarque la présence de petites montagnes, les Carpates lunaires. Plus haut à droite le cratère Eratosthènes ressemble à Copernic en plus petit (58 km de diamètre).

Vous pourrez retrouver d’autres formations lunaires dans l’article consacré à la sélénographie. Ci-dessous localisation du cratère Copernic un peu avant le Dernier Quartier.

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Roverandom

C’est en 1927 que J. R. R. Tolkien écrit Roverandom, l’histoire d’un chiot transformé en jouet après avoir mordu un sorcier. Ce jouet va connaître mille et une aventures sur la Lune avant de retrouver son apparence initiale.

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C’est ce récit qui a guidé Eloïse Scherrer, illustratrice, à qui j’avais donné carte blanche pour mettre en valeur l’une de mes images célestes.

Je laisse la parole à Eloïse :

illustratrice après 5 années d’études à l’Esag-Penninghen, je dessine des mondes fantastiques, décors de contes et légendes. L’imaginaire possède cet étrange et fascinant pouvoir, de nous aider à affronter le réel. Et il est bon de raconter encore et encore ces récits fabuleux et véridiques, parce qu’ils nous murmurent comme une lointaine musique de mystère, d’esprit d’émerveillement et de sagesses oubliées, pour apprendre à traverser la nuit en chantant dans le noir, comme nos héros préférés, dans la belle aventure de nos propres vies. 

Ici, je me suis inspirée de Roverandom, un conte écrit par Tolkien, et qui met en scène le Vieil Homme de la Lune, son chien ailé Rover ainsi que la haute tour depuis laquelle ils observent les étoiles.

J’ai pensé mon image comme une enluminure, qui vient enchâsser la magnifique lumière cendrée « capturée » par Jean-Baptiste Feldmann. Le dessin initial a été réalisé au crayon, puis scanné et la couleur rajoutée sur Photoshop, à l’aide d’une tablette graphique !

Pour découvrir mon univers, vous pouvez me retrouver sur Facebook et sur mon site internet :
www.facebook.com/eloiseillustration
www.eloisescherrer.com

Retour sur la Pleine Lune du castor

La Pleine Lune du castor avait lieu hier soir. Il s’agissait de la dernière Pleine Lune de l’année dont le diamètre apparent était supérieur à 32 minutes d’arc.

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Voici deux images réalisées depuis Nuits-Saint-Georges peu après le lever de Séléné à l’aide d’un boîtier Finepix HS20 réglé sur 100 iso, avec son zoom de 720 mm de focale ouvert à 5,6.

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La prochaine Pleine Lune vous donne rendez-vous le 6 décembre.

Les Rencontres du Ciel et de l’Espace

Tous les deux ans depuis 1998, à l’initiative de l’Association Française d’Astronomie (AFA), se déroulent les Rencontres du Ciel et de l’Espace (RCE) à la Cité des Sciences et de l’Industrie (Paris).

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Alors que les Rencontres Astronomiques de Printemps privilégient l’observation du ciel, les RCE (qui cette année se tiendront du 8 au 12 novembre) servent de lieu de rencontres et d’échanges.

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Conférences, forums, expositions photographiques, salon de l’astronomie, autant d’animations qui vont attirer des milliers de passionnés pendant quelques jours.

Avec la présence de constructeurs venus des quatre coins du monde, on pourra découvrir les tous derniers télescopes et lunettes astronomiques disponibles sur le marché.

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Les RCE s’achèveront le 12 novembre avec l’arrivée de la sonde Rosetta sur la comète Churyumov-Gerasimenko, un événement qu’on pourra vivre en direct dans l’auditorium de la Cité des Sciences.

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Les images présentées dans cet article ont été prises au cours des RCE 2010.

Lune gibbeuse du 2 novembre

Hier soir le coq d’une girouette se présentait en ombre chinoise devant la Lune, 48 heures après le Premier Quartier.

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Le petit cratère parfaitement circulaire vers le pôle sud lunaire (le long du cou du coq) est le célèbre Tycho.

La prochaine Pleine Lune se produira jeudi 6 novembre. Ce sera la dernière Super Lune avec un diamètre apparent légèrement supérieur à 32 minutes d’arc.

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Une nuit à la chapelle Saint-Claude

La chapelle Saint-Claude se situe dans les Hautes-Alpes, à proximité du hameau des Salettes, à quelques kilomètres d’Embrun. Dominant le vallon des Vachères, ce petit édifice religieux date sans doute du 16 ème siècle.

Je m’y suis rendu en fin de nuit le dimanche 19 octobre. J’ai d’abord profité de la nuit noir pour immortaliser la constellation d’Orion au-dessus de la chapelle (pose courte de 15 sec. puis pose longue de 5 min).

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La façade de l’édifice étant éclairée depuis le sol, une couverture placée sur le projecteur m’a permis d’en réduire l’éclat pour réaliser une photo de la Grande Ourse.

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Puis j’ai réalisé plusieurs images alors que la Lune en croissant s’élevait lentement au-dessous de Jupiter pendant que le ciel s’éclaircissait.

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Toutes les images ont été réalisées avec un boîtier Nikon D 3200 et son objectif 18-105 mm.

Premier Quartier pour Halloween

Curieusement, nous avons eu droit à un Premier Quartier le premier et le dernier jour du mois d’octobre.

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Si le Premier Quartier du premier octobre s’est produit à Nuits-Saint-Georges dans un ciel dégagé, ce n’était pas le cas hier soir : le brouillard s’était invité pour Halloween.

L’occasion d’auréoler de lumière la girouette placée au sommet du clocher de l’église Saint-Symphorien.