Philae : surprises et incertitudes

Voici le point sur la situation 48 heures après l’arrivée mouvementée de l’atterrisseur Philae à la surface de la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko.

Tout d’abord personne ne peut dire actuellement où se trouve exactement Philae à la surface de 67P, il faudra donc se contenter de la zone proposée lors de la conférence de presse du 13 novembre. Seule certitude : l’atterrisseur, qui a terminé ses rebonds dans un secteur au relief tourmenté, ne reçoit pas assez de lumière car il est à l’ombre d’un rempart naturel (les scientifiques parlent d’une « falaise ») qui lui cache régulièrement le Soleil. Si on y ajoute le fait qu’une partie des panneaux solaires est mal orientée en raison de l’inclinaison de l’atterrisseur (lequel ne repose que sur 2 de ses 3 pieds), on peut craindre que Philae ne cesse ses activités dans les prochaines heures, quand il aura épuisé l’énergie de sa pile principale.

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Malgré cet avenir incertain, la collecte des données scientifiques se poursuit : analyse de la structure interne de la comète à l’aide du radar Consert, mesure de la dureté du sol avec l’instrument Mupus, étude de la géométrie fine des grains à la surface avec les caméras Rolis et Civa sont quelques-unes des expériences en cours. 67P a déjà offert une très grosse surprise aux scientifiques : avec une surface où alternent des zones relativement lisses qui semblent recouvertes d’un gravier grossier et des régions rocheuses très dégradées, Tchouri ne ressemble pas du tout aux autres noyaux cométaires qui ont reçu la visite de sondes dans le passé.

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Quel avenir pour Philae ? Il existe à ce jour deux options : soit les techniciens tentent de faire bouger l’atterrisseur pour qu’il reçoive plus de lumière solaire, soit ils le font hiberner en attendant des jours meilleurs. En théorie les moyens pour faire bouger Philae ne manquent pas : le propulseur de gaz froid, les harpons, la foreuse ou encore les bras des instruments Mupus ou Apxs pourraient être utilisés à cette fin. Mais la prudence guidera peut-être les ingénieurs : la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko se rapproche du Soleil et dans quelques mois les panneaux solaires de Philae recevront une quantité de lumière beaucoup plus importante. L’ESA va donc devoir trancher rapidement, à moins que Philae ne cesse de communiquer avec la Terre plus tôt que prévu…