Les observations de Jupiter ne cessent de révéler la complexité des phénomènes météorologiques qui agitent son atmosphère.
Météo de l’extrême :
L’atmosphère de Jupiter est un sujet d’étude depuis plus de 4 siècles. De Galilée jusqu’aux dernières images capturées par la sonde Juno, vortex et tempêtes joviennes intriguent les observateurs. Poussés par des vents à près de 400 km/h et sans relief pour les stopper, certains cyclones sont visibles pendant des années. Record absolu pour la Grande tache rouge (GTR), cette célèbre formation observée depuis le XIXe siècle :
Le nuage de sable du Sahara qui recouvre actuellement la France joue très efficacement le rôle d’un filtre pour observer le Soleil.
Ciel voilé :
Vous l’avez remarqué, le ciel s’est teinté d’ocre depuis quelques jours. En cause, un nuage de sable qui nous arrive tout droit du Sahara. Le phénomène est également bien visible sur nos voitures ! Pour les astronomes, ce filtre atténue considérablement les images nocturnes. Mais pour l’observation du Soleil, il a un effet positif. En temps habituel, comme je vous l’ai déjà expliqué, il est indispensable d’utiliser un filtre (comme par exemple le ASTF 80). C’est seulement à cette condition que vous allez pouvoir observer sans danger la surface de notre étoile. Mais actuellement, c’est ce nuage de particules qui joue ce rôle :
La preuve avec cette image réalisée ce matin avec mon boîtier Panasonic FZ 82. On y voit notamment quelques taches solaires, encore mieux sur le cliché réalisé quelques minutes plus tard :
Mais attention, c’est seulement lorsque le Soleil apparaît au ras de l’horizon que l’on peut réaliser ce genre d’images ! Car rapidement, notre étoile devient trop lumineuse pour être observée sans danger. Il faut alors impérativement protéger vos yeux… et le capteur de votre boîtier photo !
Les astrophotographes amateurs ont été nombreux à immortaliser la planète gazeuse géante Jupiter au plus près de la Terre.
Une approche remarquée :
Tous les treize mois environ, Jupiter s’approche de la Terre. C’est l’époque où la planète se trouve à l’opposé du Soleil . Les astronomes parlent alors de son opposition. La dernière s’est produite le 9 janvier 2026. La planète gazeuse géante se trouvait alors à 633 millions de kilomètres. Compte tenu de sa taille imposante (son diamètre est onze fois plus important que celui de la Terre), l’astre présentait un diamètre apparent de 46,5 secondes d’arc. Un atout pour l’imager, surtout lors de son passage au méridien. C’est le moment où les astres sont le plus haut dans le ciel, au-dessus de la turbulence atmosphérique qui brouille les images. De nombreux astrophotographes amateurs ont donc bravé les conditions météorologiques hivernales pour photographier la planète :
Outre la stabilité des images, le diamètre du télescope conditionne la finesse des détails. Mais tout cela n’est rien sans un traitement adapté. Un domaine où certains sont passés maîtres, à l’instar de Jean-Paul Oger qui nous a donné ses conseils en imagerie planétaire. Rassurez-vous : la planète reste observable encore plusieurs mois. Se levant chaque soir un peu plus tôt, vous pourrez la suivre jusqu’à l’été. Et, à défaut de réaliser des clichés mémorables, ne manquez pas la danse des satellites galiléens, ou encore le passage de la Grande tache rouge.
L’orbiteur européen Mars Express a photographié la sombre lune Phobos en train de survoler les volcans de la Planète rouge.
Petite lune martienne :
Phobos est un satellite naturel de moins de 30 kilomètres de diamètre. Tout comme son petit frère Deimos, il a été découvert en 1877 par l’astronome américain Asaph Hall. Orbitant à 6000 kilomètres de la surface, il met un peu plus de sept heures à effectuer une révolution autour de Mars. Recouvert d’une épaisse couche de régolithe, c’est le satellite le plus sombre de tout le Système solaire. À sa surface, la gravité y est si faible qu’une balle lancée devant vous reviendrait dans votre dos ! Avec son orbite décroissante, il finira par s’écraser sur la planète dans une dizaine de millions d’années. Mais en attendant, il intéresse beaucoup les planétologues. Au point qu’ils envisagent d’y envoyer un rover, surnommé IDEFIX :
Cette image a été réalisée par Mars Express le 17 juin 2025. Bien que lancée en 2003, la sonde européenne est toujours opérationnelle. Elle cartographie les reliefs, étudie l’évolution des calottes polaires et mesure les effets du vent solaire. Si Phobos, très sombre, se détache nettement sur ce cliché, on remarque également la présence de plusieurs formations géologiques célèbres. On retrouve par exemple les trois volcans de Tharsis Montes ou encore le célèbre canyon de Valles Marineris :
L’astrophotographe Christopher Go a réalisé une incroyable image de Jupiter, alors que la planète géante continue de se rapprocher.
Une planète haute dans le ciel :
La prochaine opposition de Jupiter aura lieu le 9 janvier 2026. À cette date, la planète sera à l’opposé du Soleil : elle se lèvera donc quand il se couchera. Ce sera alors la meilleure période pour l’admirer, au plus près de la Terre, à 633 millions de kilomètres. À cette distance, l’astre aura un diamètre apparent de 46,5 secondes d’arc. Mais plus que sa taille, c’est sa hauteur dans le ciel qui détermine la qualité des observations. Et cette année encore, la planète gazeuse géante est idéalement placée, dans la constellation des Gémeaux. De quoi franchir le méridien très haut dans le ciel, condition indispensable pour échapper à une bonne partie de la turbulence atmosphérique qui brouille les images. Commencée cet été, la campagne d’observation de cette planète s’intensifie. C’est ainsi que le 9 décembre, un mois avant l’opposition, Christopher Go a pu l’immortaliser :
Opérant depuis les Philippines avec un télescope Celestron 14, Christopher Go a bénéficié d’une atmosphère particulièrement stable. Outre de très nombreux détails dans les bandes gazeuses de la planète (dont la Grande tache rouge), cet extraordinaire cliché nous dévoile également la surface de Ganymède. Il s’agit de la plus grande lune du Système solaire, qui, dans les années à venir, devrait recevoir la visite des sondes Juice (ESA) et Europa Clipper (NASA).
L’orbiteur martien MRO vient de passer le cap des cent mille images réalisées depuis sa mise en orbite au printemps 2006.
Caméra haute résolution :
En 2026, la NASA fêtera les vingt ans d’observations de la sonde Mars Reconnaissance Orbiter (MRO). D’elle, le grand public connaît surtout les incroyables images délivrées par sa caméra HiRISE. Elle doit ses performances à un détecteur de 14 CCD associé à un télescope de 0,5 mètre de diamètre. D’ailleurs, c’est la plus grosse caméra embarquée sur une sonde, avec une résolution au sol qui peut atteindre 0,3 mètre depuis une altitude de 300 kilomètres :
Le 7 octobre dernier, cette caméra a réalisé sa cent millième image depuis l’orbite martienne. Un bel exploit pour l’orbiteur qui accumule les mesures scientifiques depuis bientôt deux décennies. Le cliché en question, présenté en fausses couleurs pour augmenter les contrastes, montre une petite portion de Syrtis Major, à 85 kilomètres du rover Perseverance :
L’astrophotographe Andrew McCarthy a réalisé une stupéfiante image du Soleil avec la complicité d’un parachutiste dans le rôle d’Icare.
chute mythologique :
Icare, dans la mythologie grecque, c’est ce jeune homme qui se fabrique des ailes de plumes et de cire pour s’échapper du labyrinthe. Mais n’écoutant pas les conseils de son père Dédale, il s’approche trop près du Soleil. La sanction est immédiate : Icare voit fondre ses ailes et chute tragiquement. Morale de l’histoire, on doit toujours écouter son père ! Il faut croire que cette légende a inspiré l’astrophotographe Andrew McCarthy. Le 8 novembre, en effet, il a réussi une extraordinaire image depuis l’Arizona :
Cet exploit, il le doit en grande partie à Gabriel C. Brown, pilote de paramoteur et vidéaste Web. Six tentatives de saut en parachute ont été nécessaires pour saisir l’instant où Gabriel C. Brown “tombe” devant la surface solaire photographiée en H-alpha. Pour les septiques, une vidéo raconte les coulisses de cet exploit, résumé en quelques captures d’écran :
C’est un spectacle à suivre avec un petit télescope ou une lunette : une, deux et parfois trois ombres se déplacent sur le disque de Jupiter.
Jupiter se rapproche :
Savez-vous que Jupiter sera au plus près de la Terre le 9 janvier 2026 ? À cette date, la planète gazeuse géante, qui se trouvera à 920 millions de kilomètres, présentera un diamètre apparent de 46 secondes d’arc. Autant dire que son observation sera passionnante dans une lunette ou un télescope. D’autant qu’elle se trouve dans les Gémeaux, donc dans d’excellentes conditions de visibilité pour les observateurs européens. Les astrophotographes n’ont d’ailleurs pas attendu l’opposition de janvier. Depuis quelques semaines, ils ont pris l’habitude de se lever très tôt pour l’immortaliser avant l’aube :
Si les différentes ceintures du système nuageux de Jupiter et la Grande Tache rouge sont des sujets d’intérêt, c’est aussi le cas des quatre satellites galiléens (Io, Europe, Ganymède et Callisto). Leurs passages et leurs ombres offrent un fascinant spectacle, comme le montre le cliché de Pierre Gilet réalisé le 13 octobre 2025.
Jeux d’ombres :
Avec une lunette ou un télescope, on peut s’amuser à suivre les ombres des satellites qui se projettent sur la planète. Pour connaître à l’avance ces phénomènes, utilisez un simulateur comme Shallowsky ou une application comme Stellarium :
Vous constaterez que le transit d’une ombre sur le globe se produit assez régulièrement. Moins fréquents sont les transits de deux ombres. Ce fut le cas le 13 octobre (voir plus haut), ce sera le cas la nuit du 29 octobre ainsi que les 5 et 21 novembre. D’ailleurs, pour ne pas les manquer, il vous suffit de consulter régulièrement les éphémérides. Et qu’en est-il de trois ombres ? Et bien sachez que le dernier transit triple d’ombres s’est produit le 24 janvier 2015, et qu’il a même été immortalisé par le télescope spatial Hubble. Quant au prochain, il aura lieu en 2032 par deux fois, le 20 mars et le 30 décembre !
Moins célèbre qu’Olympus Mons, le volcan martien Ceraunius Tholus présente une morphologie qui intrigue les planétologues.
Géants endormis :
Les volcans martiens sont gigantesques, et ce n’est pas Ceraunius Tholus qui nous contredira. Situé dans le prolongement de Tharsis Montes, il culmine à plus de 8.000 mètres au-dessus du niveau de référence. Certes, nous sommes très loin du record d’Olympus Mons (22 kilomètres d’altitude), mais déjà plus de mille mètres au-dessus du Nevado Ojos del Salado, le plus grand volcan terrestre :
Le gigantisme des volcans martiens s’explique par l’absence de tectonique des plaques. Sur Terre, la dérive des plaques provoque un déplacement des points chauds, ce qui donne naissance à des chaînes de volcans. Sur Mars, les points chauds ne bougent pas et s’épanchent toujours par le même orifice, créant des volcans beaucoup plus volumineux. Des géants endormis depuis peu à l’échelle géologique. En effet, les traces de volcanisme martien les plus récentes (dans Cerberus fossae) remontent à environ 53.000 ans. Continuer la lecture de Mars : découvrez l’étrange déversoir de Ceraunius Tholus→
Les astrophotographes ont parfois des intrus sur leurs images. Exemple avec ce planeur passant devant le Soleil.
Le planeur et le Soleil :
Astrophotographe citadin, Grégory Boutry s’est mis à la photographie solaire il y a six mois. Il réalise ses images avec une lunette Lunt LS50T H-Alpha BF600 qui fournit des images de notre étoile en lumière H-alpha :
Habitant à proximité de l’aérodrome du Polygone à Strasbourg, il observe régulièrement des planeurs traverser le ciel et caressait l’espoir d’en voir passer un dans le champ de sa caméra. C’est ce qui s’est produit le 17 septembre à 17h27 précisément :
Renseignements pris auprès de l’aérodrome, il s’agit d’un remorqueur ULM unique, l’AK-3 d’André Kieger. Il tractait un planeur ASK-21 de l’école du club, utilisé principalement pour la formation des futurs pilotes :
Comme le rappelle Grégory Boutry (qui propose des soirées découverte du ciel sur son site), l’imagerie du Soleil est une activité passionnante, pleine de surprises. Outre les changements d’aspect quotidiens de notre étoile, on a parfois des invités surprises…
Vous pouvez découvrir l’ensemble des clichés astronomiques réalisées par Grégory Boutry dans sa galerie d’images.
Retour sur une incroyable image réalisée en 1977 par l’orbiteur Viking 1 qui survola le satellite Phobos sur fond de cratère martien.
Un astronome soutenu par son épouse :
Les deux satellites naturels de Mars, Phobos et Deimos, ont été découverts en 1877. Cette année-là, l’opposition de la Planète rouge était particulièrement favorable. Le 5 septembre, elle n’était qu’à 56,2 millions de kilomètres de nous et de nombreux télescopes la pointèrent. Avec l’espoir de découvrir d’éventuels satellites, l’astronome Asaph Hall avait décidé de l’étudier à partir du mois d’août à l’Observatoire de Washington. Ne voyant rien, il était prêt à abandonner son projet, quand sa femme Angelina Stickney l’exhorta à ne pas renoncer. Une bonne idée, puisque Hall découvrit Deimos le 12 août 1877 et Phobos cinq jours plus tard !
L’image ci-dessus a été prise presque un siècle plus tard, le 26 septembre 1977, par Viking Orbiter 1. Elle a été ultérieurement colorisée (en 2003) par l’artiste Michael Benson. On y voit la lune (sombre) survoler le cratère d’impact Herschel, qui se situe dans Mare Tyrrhenum.
En orbite autour de Mars depuis dix-neuf ans, MRO a repéré le rover Curiosity et ses traces dans Gediz Vallis Ridge.
Caméra haute résolution :
En 2026, la NASA fêtera les vingt ans d’observations de la sonde Mars Reconnaissance Orbiter (MRO). D’elle, le grand public connaît surtout les incroyables images délivrées par sa caméra HiRISE. Elle doit ses performances à un détecteur de 14 CCD associé à un télescope de 0,5 mètre de diamètre. D’ailleurs, c’est la plus grosse caméra embarquée sur une sonde, avec une résolution au sol qui peut atteindre 0,3 mètre depuis une altitude de 300 kilomètres :
En voici la preuve avec cette image obtenue le 28 février 2025. Premièrement, on y voit l’astromobile Curiosity. Deuxièmement, et c’est plus insolite, on distingue très bien la trace laissée par ses roues. Ces traces devraient être progressivement effacées par les vents martiens. Actuellement, le rover explore Gediz Vallis Ridge sur les pentes du Mont Sharp. En effet, cette zone riche en débris rocheux intéresse beaucoup les planétologues. Car ces débris ont probablement été amenés par un torrent de boue il y a trois milliards d’années. Continuer la lecture de Le rover Curiosity photographié depuis l’orbite martienne→
Le nouveau télescope de l’Observatoire de Kitt Peak a immortalisé un étonnant cache-cache céleste entre la Lune et la planète Mars.
Un observatoire dans le désert :
Situé en Arizona, le désert de Sonora est la plus grande zone aride de l’Amérique du Nord. On y trouve de magnifiques cactus Saguaro (Carnegiea gigantea) dont certains atteignent 15 mètres de haut. En raison de son climat, la région a été choisie en 1958 pour y créer un observatoire astronomique :
Alors qu’en France nous assistions à un rapprochement serré entre les deux astres (voir ici), le spectacle était bien plus intéressant depuis l’Arizona. De plus, l’occultation intervenait alors que la Planète rouge se trouvait au plus près de la Terre. Depuis, la quatrième planète du Système solaire s’éloigne de nous. Il faudra attendre la prochaine opposition en février 2027 pour qu’elle retrouve un diamètre apparent convenable.
Il est encore trop tôt pour en être certain, mais 2024 aura peut-être été l’année du maximum d’activité solaire de ce 25e cycle.
Un nouveau cycle riche en taches :
L’activité solaire n’a cessé de s’intensifier depuis 2019. Cette année-là, les scientifiques ont assisté au changement de polarité du magnétisme du Soleil. C’était le signal de départ d’un nouveau cycle solaire, le vingt-cinquième. Ces cycles, d’une durée moyenne de onze ans, ont été découverts au XIXe siècle par Heinrich Schwabe. L’astronome allemand avait remarqué la périodicité de l’apparition des taches solaires :
Ces dernières sont des zones sombres moins chaudes qui trahissent une intense activité magnétique à la surface de notre étoile. Elles sont numérotées dans l’ordre d’apparition, le numéro étant précédé par les lettres AR qui signifient Active Region. Continuer la lecture de Visualisez l’intense activité solaire de l’année 2024→
Vous avez quelques soirées pour repérer Mercure, mais faites vite, cette planète n’est jamais observable très longtemps.
Messager des Dieux :
Plus proche planète du Soleil, Mercure est toujours délicate à observer. Elle est perdue dans les lueurs de l’aube ou du crépuscule. Les premiers Égyptiens ont d’ailleurs longtemps cru qu’il s’agissait de deux astres différents : un le soir, un autre le matin. Mais si vous savez à quel moment et dans quelle direction regarder, vous la trouverez facilement en raison de son éclat assez élevé. C’est d’ailleurs sa luminosité qui avait permis aux Sumériens de la repérer dès l’Antiquité :
En raison de son déplacement très rapide (la planète met seulement 88 jours pour faire le tour du Soleil), les Romains lui avaient donné le nom du dieu du commerce. Chez les Grecs cet astre était assimilé à Hermès, le Messager des Dieux. Continuer la lecture de Suivez le retour de Mercure au crépuscule→
En orbite autour de Jupiter, la sonde Juno a enregistré une nouvelle éruption volcanique sur Io, la plus puissante à ce jour.
Planète sous surveillance :
La sonde Juno étudie la planète géante gazeuse Jupiter depuis 2016. Chaque survol rapproché lui permet de photographier le sommet de la couche nuageuse avec un luxe de détails. Aucune sonde ne s’était aventurée aussi près depuis le passage de Galileo il y a une vingtaine d’années. Les images récoltées à chaque perijove (survol rapproché de Jupiter) de la sonde nous laissent sans voix :
Mais Juno pointe également ses instruments vers les lunes galiléennes chaque fois qu’elle s’en rapproche. Comme le rapporte la BAA, les planétologues ont noté l’apparition d’une nouvelle éruption volcanique sur le satellite Io durant le perijove 68 :
Les données acquises au cours de ce survol sont époustouflantes. Selon Scott Bolton, chercheur principal de la mission, « il s’agit de l’événement volcanique le plus puissant jamais enregistré sur le monde le plus volcanique de notre Système solaire, ce qui n’est pas peu dire. »
Sur l’île hawaïenne de Maui, le télescope solaire Daniel K. Inouye capture d’incroyables détails à la surface du Soleil.
Le plus grand télescope solaire :
Le Advanced Technology Solar Telescope (ATST) se trouve sur l’île hawaïenne de Maui. Construit à 3.000 mètres d’altitude au sommet du volcan Haleakalā, il révolutionne l’astronomie solaire. Cet instrument est doté d’un miroir primaire de 4,24 mètres de diamètre. Il porte le nom de Daniel Ken Inouye (1924-2012). Ce dernier fut sénateur de l’État d’Hawaï au Congrès des États-Unis de 1963 à sa mort. Le télescope a été conçu pour fournir des images d’une résolution deux fois plus élevée que ses prédécesseurs :
Pour y parvenir les ingénieurs l’ont doté d’une optique adaptative. Elle permet au miroir de garder exactement la même forme avec une précision de l’ordre du micron. Grâce à l’emploi de 142 vérins hydrauliques, le miroir ne se déforme pas quelle que soit son orientation ou sa température.
Alors que l’opposition martienne approche, les astrophotographes tentent d’immortaliser la Planète rouge et ses deux lunes, Phobos et Deimos.
Mars au plus près :
Le 16 janvier 2025, c’est l’opposition de la Planète rouge. Cela signifie que Mars, au plus près de la Terre, sera à l’opposé du Soleil. Depuis quelques mois, les astrophotographes amateurs observent et photographient l’astre si cher à Percival Lowell.
C’est ainsi qu’ils ont pu repérer une première tempête à sa surface l’été dernier. Au mois de novembre 2024, le diamètre apparent de la Planète rouge a franchi le cap symbolique des dix secondes d’arc. Il dépassera les quatorze secondes d’arc le 16 janvier :
C’est peu, comparé au diamètre apparent de Jupiter. Mais Mars se trouve cette année dans la constellation des Gémeaux (après son demi-tour dans le Cancer), très haute dans le ciel en milieu de nuit. Voilà de quoi fournir de belles images, dont quelques-unes illustrent cet article :
Le diamètre apparent de Mars vient de dépasser dix secondes d’arc, un cap symbolique qui lance la campagne d’observations.
Mars, la planète qui fait rêver :
Tous les vingt-cinq mois environ, les astronomes entament une nouvelle campagne d’observations martiennes. Un scénario qui se reproduit depuis 150 ans. C’est en effet à la fin du XIXe siècle que les observateurs se prirent de passion pour la quatrième planète du Système solaire. Il avait suffit que Percival Lowell imagine l’astre recouvert de canaux artificiels (une idée qui séduisait Camille Flammarion) pour que tous les regards se portent en direction de cet astre :
L’astronome américain Percival Lowell (1855-1916) fut un grand promoteur des canaux martiens, formations artificielles qu’il croyait déceler en observant la planète Mars avec la lunette de son observatoire personnel situé en Arizona. Dessin Christine Sasiad
Vous avez envie de réaliser de belles images planétaires ? Nous avons demandé à Jean-Paul Oger de nous donner quelques conseils.
Semestre planétaire :
Cela ne vous a sans doute pas échappé, mais nous sommes entrés dans une période faste pour les amoureux des planètes. Les oppositions vont se succéder : Saturne le 8 septembre, Jupiter le 7 décembre et Mars le 16 janvier 2025. Une suite de rapprochements très favorables qui pourraient vous donner envie d’immortaliser ces astres. Pour mettre toutes les chances de votre côté, voici les conseils de l’astrophotographe Jean-Paul Oger (à suivre sur Instagram), dont les superbes images illustrent cet article :
Bien choisir son matériel :
L’instrument : privilégiez les télescopes plutôt que les lunettes. Un modèle du type Cassegrain ou Dall-Kirkham est parfait, mais on peut opter pour un Newton de gros diamètre ou un Schmidt-Cassegrain. Bien que de qualité, le Maksutov est limité en diamètre. Quant au Ritchey-Chrétien, il a une obstruction centrale trop importante à l’origine d’une perte de contraste.
La caméra : les capteurs couleurs permettent aujourd’hui de réaliser de très bonnes images. Mais si le seeing est excellent, une caméra N et B avec des filtres sera encore plus performante.
L’indispensable ADC : apparu depuis quelques années, le correcteur de dispersion atmosphérique ou ADC est un petit accessoire indispensable sous nos latitudes. Plus les planètes sont basses et plus l’atmosphère agit comme un prisme en créant des liserés colorés sur le bord des astres. L’ADC permet d’éliminer la plus grande partie de ces défauts qui affectent la résolution finale des images.