Comment la tempête de sable a transformé la planète Mars

Il aura suffit d’un mois pour que la tempête de sable apparue fin mai sur Mars se répande sur toute la surface de la Planète rouge.

Comment naissent les tempêtes de sable sur Mars ? C’est pendant le printemps martien (qui a débuté le 22 mai), quand la Planète rouge se rapproche du Soleil (plus courte distance fin juillet), que le réchauffement de la calotte polaire Sud provoque une sublimation rapide du dioxyde de carbone dont elle est constituée. Des courants thermiques se forment entre les régions recouvertes de givre et celles qui dégèlent, donnant parfois naissance à de puissantes tempêtes : les poussières de sable sont alors soulevées sur plusieurs milliers de mètres d’altitude et emportées dans toutes les directions par des vents dont la vitesse peut dépasser 100 km/h.

Changements d’aspect à la surface de Mars en raison d’une tempête de sable qui s’est généralisée en un mois. Le cliché de référence à gauche a été pris dans le passé par Mars Global Surveyor, celui de droite le 28 juin par Damian Peach. © NASA/Damian Peach

Le 30 mai l’orbiteur MRO a enregistré les premiers signes d’une tempête qui a mis un mois pour recouvrir tout le paysage.

L’image de gauche a été acquise dans le passé par un autre orbiteur, Mars Global Surveyor, celle de droite par l’astrophotographe Damian Peach le 28 juin. Les deux cliché sont centrés sur la région du plateau de Tharsis, un vaste soulèvement volcanique d’environ 5.500 km de diamètre qui supporte les quatre plus gros édifices volcaniques martiens — Olympus Mons (le plus grand volcan du Système solaire) et les trois volcans formant Tharsis Montes (alignés du nord au sud : Ascraeus Mons (18.225 m), Pavonis Mons (14.058 m) et Arsia Mons (17.761 m). On repère les sommets de ces quatre édifices comme des points noirs sur le cliché de Damian Peach (ceux de Tharsis Montes au centre dans la moitié supérieure et Olympus Mons en haut à droite).

Le reste du paysage est masqué par le sable en suspension dans l’atmosphère martienne et il n’est pas certain que les astronomes pourront admirer les reliefs de la Planète rouge dans les semaines à venir, eux qui attendaient avec impatience l’opposition du 27 juillet prochain, la plus favorable depuis 15 ans…

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