6AC4721, une comète découverte par des amateurs

Une équipe d’amateurs vient de découvrir une nouvelle comète, 6AC4721. Elle pourrait  nous offrir un joli spectacle au printemps.

Travail d’équipe :

De toute évidence, la découverte de 6AC4721 [nom définitif C/2026 A1 (MAPS)] ne doit rien au hasard. C’est en effet la huitième comète à mettre au crédit du programme MAPS. Sans parler des astéroïdes : plus d’une centaine en 2025, de quoi faire rêver bien des professionnels. Mais qui sont donc les quatre mousquetaires de MAPS (initiales de Maury, Attard, Parrott et Signoret), tous amateurs ? Alain Maury a monté son observatoire (SpaceObs) dans le désert d’Atacama au Chili, où il accueille les amoureux des étoiles. Pendant qu’il leur fait admirer les beautés du ciel nocturne austral, quatre télescopes de Schmidt de 28 centimètres de diamètre (f/2,2) entièrement automatisés traquent astéroïdes et comètes :

Les quatre télescopes qui servent à détecter comètes et astéroïdes. © SpaceObs/MAPS

Lorsqu’Alain va se coucher, Georges Attard et Florian Signoret (tous trois sont membres du GAPRA) prennent le relais quand ils se réveillent en France. Informaticiens, ils ont développé des programmes pour optimiser la recherche de nouveaux corps célestes sur les images astronomiques. Tout comme Daniel Parrott, auteur du logiciel Tycho Tracker. Continuer la lecture de 6AC4721, une comète découverte par des amateurs

L’étrange galaxie NGC 7727 abrite deux trous noirs supermassifs

De forme atypique suite à une collision, la galaxie NGC 7727 présente également la particularité de posséder deux trous noirs supermassifs.

Une galaxie très particulière :

Quand on regarde les images de NGC 7727 (Arp 222), on est surpris par son aspect déroutant. C’est probablement une rencontre avec une autre galaxie spirale, il y a un milliard d’années, qui est à l’origine de son apparence. Une forme si curieuse qu’elle lui vaut une entrée dans le catalogue des galaxies particulières élaboré par l’astronome Halton Arp. Découverte en 1785 par le célèbre astronome William Herschel, NGC 7727 est située à plus de 70 millions d’années-lumière dans la constellation du Verseau. Sa magnitude de 11,5 la réserve aux astrophotographes bien équipés. Mike Selby et Mark Hanson en ont réalisé un très beau portrait en utilisant un télescope de un mètre de diamètre :

Mais l’aspect de Arp 222 n’est pas la seule particularité de cette galaxie. En l’observant avec le Very Large Telescope en 2021, les astronomes y ont découvert deux trous noirs supermassifs. L’un “pèse” la bagatelle de 154 millions de masses solaires, l’autre se contente de seulement 6,3 millions de masses solaires. D’où viennent-ils ? Du cœur de chacune des deux galaxies qui se sont croisées il y a un milliard d’années. Le plus petit orbitant autour du plus gros, les deux trous noirs devraient fusionner dans 250 millions d’années.

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La lune Phobos au-dessus des grands volcans martiens

L’orbiteur européen Mars Express a photographié la sombre lune Phobos en train de survoler les volcans de la Planète rouge.

Petite lune martienne :

Phobos est un satellite naturel de moins de 30 kilomètres de diamètre. Tout comme son petit frère Deimos, il a été découvert en 1877 par l’astronome américain Asaph Hall. Orbitant à 6000 kilomètres de la surface, il met un peu plus de sept heures à effectuer une révolution autour de Mars. Recouvert d’une épaisse couche de régolithe, c’est le satellite le plus sombre de tout le Système solaire. À sa surface, la gravité y est si faible qu’une balle lancée devant vous reviendrait dans votre dos ! Avec son orbite décroissante, il finira par s’écraser sur la planète dans une dizaine de millions d’années. Mais en attendant, il intéresse beaucoup les planétologues. Au point qu’ils envisagent d’y envoyer un rover, surnommé IDEFIX :

Cette image a été réalisée par Mars Express le 17 juin 2025. Bien que lancée en 2003, la sonde européenne est toujours opérationnelle. Elle cartographie les reliefs, étudie l’évolution des calottes polaires et mesure les effets du vent solaire. Si Phobos, très sombre, se détache nettement sur ce cliché, on remarque également la présence de plusieurs formations géologiques célèbres. On retrouve par exemple les trois volcans de Tharsis Montes ou encore le célèbre canyon de Valles Marineris :

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Des mécènes vont financer le télescope spatial Lazuli

La fondation Schmidt Sciences, qui soutient déjà différents projets scientifiques, va financer le prochain télescope spatial Lazuli.  

Mécénat scientifique :

Le projet Lazuli pourrait bientôt faire rêver les astronomes. D’abord, parce qu’avec son miroir de 3 mètres de diamètre, ce télescope spatial apporterait une contribution majeure à l’astronomie. Rappelons quand même que le télescope Hubble, dont les images nous enchantent depuis 35 ans, a un miroir de 2,4 mètres de diamètre. Ensuite, parce que Lazuli symboliserait le grand retour du mécénat dans le domaine de l’astronomie :

Maquette du projet de télescope spatial financé par la fondation Schmidt Sciences.

La pratique, très en vogue à la fin du XIXe siècle (lunettes de Yerkes, de Lick, de Nice…), était un peu tombée en désuétude. Comme l’explique Admiral, la recherche scientifique est en effet le domaine mal-aimé du mécénat. Mais Wendy et Eric Schmidt (la femme d’affaires et l’ancien PDG de Google qui se sont connus sur les bancs de l’université) ont une autre façon de voir les choses. Depuis deux décennies, ils ont choisi de soutenir la science par le biais de leur fondation Schmidt Sciences :

Wendy et Eric Schmidt accompagnent les chercheurs avec leur fondation Schmidt Sciences.

Doté de différents équipements, le nouveau télescope spatial aurait la particularité de pouvoir pointer en moins de 4 heures toute nouvelle cible. Un atout pour scruter les phénomènes inattendus : supernova, objet interstellaire… Le reste du temps, il se consacrerait à des recherches dans des domaines comme la détection et la caractérisation des exoplanètes :

Présentation des différents instruments qui équiperont le télescope spatial Lazuli.

Si tout se passe bien, ce télescope pourrait s’envoler d’ici la fin de la décennie. L’annonce du financement de ce projet par la fondation Schmidt Sciences a donc ravi les astronomes. Mais le renouveau du mécénat ne risque-t-il pas d’accélérer le désengagement financier des USA dans le domaine de la science ? C’est une crainte que certains chercheurs expriment déjà.

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Sursaut d’une étoile moribonde dans la nébuleuse Abell 78

Au sein de la nébuleuse planétaire Abell 78, la renaissance d’une étoile moribonde a provoqué une seconde éjection de matière.

Linceuls célestes :

Abell 78 fait partie du catalogue publié en 1958 par l’astronome américain George Ogden Abell.  Elle est située à environ 5.000 années-lumière (AL) dans la constellation du Cygne. Toute petite (moins de deux minutes d’arc, le quinzième du diamètre apparent de la Lune), cette nébuleuse planétaire a une magnitude de 13. Elle symbolise une étape dans la vieillesse des étoiles de moins de huit masses solaires. En devenant des naines blanches, ces étoiles expulsent une coquille de gaz en expansion, comme dans le cas de la nébuleuse ESO 378-1 :

Pour d’autres NP, l’expansion du gaz est contrariée, ce qui leur donne un aspect beaucoup plus tourmenté.  Il suffit de regarder par exemple un cliché de l’étrange nébuleuse planétaire NGC 5189 pour s’en convaincre. Continuer la lecture de Sursaut d’une étoile moribonde dans la nébuleuse Abell 78

Collisions entre planétésimaux autour de l’étoile Fomalhaut

Les astronomes pensent avoir observé des collisions de planétésimaux dans le disque qui entoure l’étoile Fomalhaut.

Astre sur l’horizon :

Si vous cherchez Fomalhaut (α Piscis Austrini), regardez en direction de l’horizon Sud-Ouest en début de nuit. Comme nous le montre la carte de Stelvision, cette brillante étoile (magnitude 1,2) se situe à la verticale du Grand carré de Pégase :

Située à environ 25 années-lumière, elle est deux fois plus grande, deux fois plus massive et seize fois plus lumineuse que le Soleil.  On raconte qu’il y a 3.000 ans, en Perse (l’actuel Iran), α Piscis Austrini était l’une des quatre étoiles royales. Elle trônait dans l’une des quatre régions célestes, les autres étant gouvernées par Aldébaran, Régulus et Antarès.

l’Oeil de Sauron :

Il y a quelques années, on a découvert un anneau composé de glace et de poussières autour de α Piscis Austrini. Cet anneau, qui fait penser à un œil gigantesque, a été surnommé l’Oeil de Sauron, référence au Seigneur des anneaux :

Un anneau de glace et de poussière entoure l’étoile Fomalhaut. © ALMA/NASA/Hubble

On imagine qu’il doit se produire de temps à autre dans cet anneau des collisions entre planétésimaux. Les astronomes en ont même calculé la fréquence : en moyenne une tous les cent mille ans. Et c’est sans doute l’une de ces collisions que vient de photographier le bon vieux télescope spatial Hubble :

La lumière émise par cette collision a été surnommée cs2 (“circumstellar source 2”). Problème : les astronomes avaient observé un événement identique (cs1) il y a seulement quelques années. À l’époque, on avait pris cs1 pour une exoplanète. On sait désormais qu’il s’agissait (tout comme cs2), du nuage de débris résultant d’un choc entre planétésimaux. Ces deux collisions soulèvent des interrogations. Pourquoi se sont-elles produites dans le même secteur de l’anneau ? Et pourquoi dans un délai aussi court ? Des questions qui justifient de mobiliser régulièrement le télescope Hubble dans les années à venir pour suivre l’évolution de cs1 et cs2.

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Première Pleine Lune de l’année 2026

Ce 3 janvier, c’est la première Pleine Lune d’une année qui en compte douze. Avec un rendez-vous tout particulier le 12 août 2026.

Rendez-vous avec la Lune :

Pour la Lune, l’année 2026 a débuté ce matin avec la première Pleine Lune. C’est un joli spectacle que j’ai pu immortaliser à l’aube depuis les Monts du Beaujolais. Au Nord-Ouest, le globe sélène s’est glissé lentement derrière un bosquet d’arbres au sommet d’une colline. Quelques instants plus tard, le Soleil faisait son apparition à l’opposé. Sur le cliché que j’ai pris avec mon boîtier Panasonic FZ82, on devine la présence d’un oiseau sur une branche :

Cette année, la Lune nous offre un incontournable rendez-vous, le 12 août. À cette date, la nouvelle Lune passera devant le Soleil, offrant l’incroyable spectacle d’une éclipse totale de Soleil. Le phénomène en lui-même n’est pas exceptionnel : il se produit en moyenne deux éclipses de Soleil chaque année. Mais pour en profiter, il faut être à l’intérieur ou au plus près du cône d’ombre de la Lune. Ce sera le cas le 12 août 2026, comme nous le montre cette carte interactive proposée par l’Observatoire de Paris :

Depuis une bande qui traverse l’Espagne, l’éclipse sera totale. Elle sera partielle tout autour. En France, le Soleil sera occulté à plus ou moins 97%, ce qu’on n’avait pas observé depuis l’éclipse du 11 août 1999. Nous aurons l’occasion de reparler de cet événement ; en attendant, admirez la Lune !

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Éphémérides : le ciel du mois de janvier 2026

En ce mois de janvier 2026, les regards seront tournés vers la planète gazeuse géante Jupiter, au plus près de la Terre.

Une planète haute dans le ciel :

La prochaine opposition de Jupiter se produit le 9 janvier 2026. À cette date, la planète sera à l’opposé du Soleil : elle se lèvera donc quand il se couchera. Ce sera alors la meilleure période pour l’admirer, au plus près de la Terre, à 633 millions de kilomètres. À cette distance, l’astre aura un diamètre apparent de 46,5 secondes d’arc. Mais plus que sa taille, c’est sa hauteur dans le ciel qui détermine la qualité des observations. Et cette année encore, la planète gazeuse géante est idéalement placée, dans la constellation des Gémeaux.

Superbe dessin de Jupiter réalisé le 28 août 2011 à l’aide d’un télescope de 406 mm de diamètre (les satellites sont Ganymède en haut et Europe). © Frédéric Burgeot

Astrophotographes et astrodessinateurs pourront profiter de cette opposition très favorable pour immortaliser la planète géante. Voyons maintenant les autres rendez-vous célestes du mois.

Phénomènes à observer :
  • le 3, c’est la Pleine Lune, à quelques degrés de Jupiter. Une petite lunette vous montrera les quatre lunes galiléennes alignées à l’Est de la planète. Durant la nuit, vous pourrez observer les plus brillantes étoiles filantes de l’essaim des Quadrantides, à son maximum.

  •  Le 7 à partir de 2 heures du matin, la Lune gibbeuse décroissante occulte 45 Leo, une étoile de magnitude 6.

  • Le 7, la comète 24P/Schaumasse passe au périhélie à 177 millions de kilomètres du Soleil. L’astre chevelu se trouve alors entre les constellations de la Vierge et du Lion, avec une magnitude proche de 9.

  • Le 10, opposition de Jupiter et Dernier quartier de Lune.

  • Le 18, c’est la Nouvelle Lune. Le 20 au crépuscule, le fin croissant lunaire est posé sur l’horizon Sud-Ouest.

  • Le 23, le croissant de Lune accompagne Saturne.
  • Le 26, c’est le Premier quartier de Lune.
  • Le 27 en première partie de nuit, une paire de jumelles vous dévoilera les étoiles de l’amas des Pléiades, juste à côté de la Lune.

Pour finir, je vous recommande le logiciel Stellarium, utilisé pour réaliser les captures d’écran ci-dessus. C’est un outil indispensable pour connaître ce que le ciel nous réserve.

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