En 2025, les planètes Mars et Vénus sont passées à proximité de l’amas d’étoiles de la Crèche, dans la constellation du Cancer.
L’amas d’Aratos de Soles :
On attribue généralement la découverte de l’amas de la Crèche au poète grec Aratos de Soles vers 260 avant J-C. Heureuse époque où l’on ne connaissait pas la pollution lumineuse ! Chacun pouvait alors admirer les merveilles du ciel nocturne depuis le pas de sa porte… Si vous avez envie d’observer ce bel amas d’étoiles (appelé M 44 dans le catalogue de Charles Messier), cherchez-le dans la constellation du Cancer :
Les astrophotographes amateurs ont été nombreux à immortaliser la planète gazeuse géante Jupiter au plus près de la Terre.
Une approche remarquée :
Tous les treize mois environ, Jupiter s’approche de la Terre. C’est l’époque où la planète se trouve à l’opposé du Soleil . Les astronomes parlent alors de son opposition. La dernière s’est produite le 9 janvier 2026. La planète gazeuse géante se trouvait alors à 633 millions de kilomètres. Compte tenu de sa taille imposante (son diamètre est onze fois plus important que celui de la Terre), l’astre présentait un diamètre apparent de 46,5 secondes d’arc. Un atout pour l’imager, surtout lors de son passage au méridien. C’est le moment où les astres sont le plus haut dans le ciel, au-dessus de la turbulence atmosphérique qui brouille les images. De nombreux astrophotographes amateurs ont donc bravé les conditions météorologiques hivernales pour photographier la planète :
Outre la stabilité des images, le diamètre du télescope conditionne la finesse des détails. Mais tout cela n’est rien sans un traitement adapté. Un domaine où certains sont passés maîtres, à l’instar de Jean-Paul Oger qui nous a donné ses conseils en imagerie planétaire. Rassurez-vous : la planète reste observable encore plusieurs mois. Se levant chaque soir un peu plus tôt, vous pourrez la suivre jusqu’à l’été. Et, à défaut de réaliser des clichés mémorables, ne manquez pas la danse des satellites galiléens, ou encore le passage de la Grande tache rouge.
Depuis 2024, l’astrophotographe Pierre-Olivier Castille traque les aurores boréales dans le ciel des Hauts-de-France.
Au plus près des aurores boréales :
À première vue, la région des Hauts-de-France (composée du Nord-Pas-de-Calais et de la Picardie) n’est pas forcément la meilleure pour les amoureux des étoiles. Ceux qui recherchent des ciels clairs pour assouvir leur passion vont naturellement privilégier le sud du pays. Mais vivre dans le Nord-Pas-de-Calais présente un intérêt certain pour celui qui chasse les aurores boréales. Rappelons que ces draperies lumineuses se forment lorsque des particules solaires entrent dans la haute atmosphère. Ces particules pénétrant par les pôles magnétiques, on les admire logiquement depuis les régions polaires. Le Nord de la France devient donc un belvédère idéal, pour peu que les aurores descendent un peu en latitude :
Les années 2024 et 2025 viennent de connaître un maximum d’activité solaire, ce qui a favorisé l’apparition de ces aurores. Et 2026 a bien démarré, puisqu’une nouvelle tempête solaire s’est produite le 19 janvier. L’astrophotographe Pierre-Olivier Castille (Astropassion) a regroupé dans une vidéo ses plus belles images, preuve que le ciel des Hauts-de-France n’est pas toujours envahi par les nuages ! Continuer la lecture de En vidéo : aurores boréales depuis les Hauts-de-France→
Spectacle d’une délicate beauté, la lumière cendrée s’offre à nos yeux émerveillés quelques jours chaque mois.
Ciel pour tous :
Avez-vous déjà entendu parler de la lumière cendrée ? Cette douce clarté, environ 10.000 fois plus faible que la Pleine Lune, permet de distinguer le reste du disque lunaire. On peut l’admirer deux ou trois jours avant ou après la Nouvelle Lune, quand le croissant n’est pas trop éblouissant. La lumière solaire renvoyée par la Terre donne au reste du disque lunaire un aspect gris clair comme de la cendre, d’où son nom. On doit à Léonard de Vinci la première explication du phénomène. Voici par exemple ce qu’on voyait dans la soirée du 21 janvier :
Ce spectacle, appelé aussi clair de Terre, est observable très facilement. Pas besoin de télescope pour l’admirer (comme pour les planètes) ni de se déplacer (cas d’une éclipse de Soleil). Les yeux suffisent pour s’en délecter avec l’appui éventuel d’une paire de jumelles :
Je ne peux que vous encourager à savourer cette féérie. Pour cela, consultez régulièrement les éphémérides pour y repérer l’époque de chaque Nouvelle Lune. À l’aube un peu avant, ou au crépuscule juste après, vous pourrez en profiter, pour peu que votre ciel soit dégagé. Certains astrophotographes, comme le regretté Fred Espenak, on même filmé cet instant de grâce, ici en 2015 :
On croyait tout savoir sur la nébuleuse de la Lyre. De nouvelles observations révèlent la présence d’un mystérieux nuage de fer.
Célèbre nébuleuse :
La nébuleuse de la Lyre est l’un des objets astronomiques les plus connus. Découverte en 1779 par Charles Messier, elle est depuis l’une des cibles favorites des astronomes. Il faut dire que cette nébuleuse planétaire est assez brillante (magnitude 9,4), et surtout facile à pointer. Stelvision lui consacre d’ailleurs une fiche d’observation qui vous donnera toutes les informations utiles pour l’admirer. Une telle vedette ne pouvait bien sûr pas échapper aux télescopes spatiaux. Le JWST n’a pas manqué de l’immortaliser, dix ans après le télescope Hubble :
Comme toutes les nébuleuses planétaires, Messier 57 (NGC 6720) a été créée par l’explosion d’une étoile géante rouge. Cette dernière, en fin de vie, a violemment expulsé les couches externes de son atmosphère. Il ne reste plus qu’un noyau stellaire extrêmement dense et chaud, appelé naine blanche. Le rayonnement ultraviolet (UV) de cette naine blanche centrale excite le gaz expulsé, le rendant lumineux. Continuer la lecture de Curieuse découverte dans la célèbre nébuleuse de la Lyre→
Une équipe d’amateurs vient de découvrir une nouvelle comète, 6AC4721. Elle pourrait nous offrir un joli spectacle au printemps.
Travail d’équipe :
De toute évidence, la découverte de 6AC4721 [nom définitif C/2026 A1 (MAPS)] ne doit rien au hasard. C’est en effet la huitième comète à mettre au crédit du programme MAPS. Sans parler des astéroïdes : plus d’une centaine en 2025, de quoi faire rêver bien des professionnels. Mais qui sont donc les quatre mousquetaires de MAPS (initiales de Maury, Attard, Parrott et Signoret), tous amateurs ? Alain Maury a monté son observatoire (SpaceObs) dans le désert d’Atacama au Chili, où il accueille les amoureux des étoiles. Pendant qu’il leur fait admirer les beautés du ciel nocturne austral, quatre télescopes de Schmidt de 28 centimètres de diamètre (f/2,2) entièrement automatisés traquent astéroïdes et comètes :
De forme atypique suite à une collision, la galaxie NGC 7727 présente également la particularité de posséder deux trous noirs supermassifs.
Une galaxie très particulière :
Quand on regarde les images de NGC 7727 (Arp 222), on est surpris par son aspect déroutant. C’est probablement une rencontre avec une autre galaxie spirale, il y a un milliard d’années, qui est à l’origine de son apparence. Une forme si curieuse qu’elle lui vaut une entrée dans le catalogue des galaxies particulières élaboré par l’astronome Halton Arp. Découverte en 1785 par le célèbre astronome William Herschel, NGC 7727 est située à plus de 70 millions d’années-lumière dans la constellation du Verseau. Sa magnitude de 11,5 la réserve aux astrophotographes bien équipés. Mike Selby et Mark Hanson en ont réalisé un très beau portrait en utilisant un télescope de un mètre de diamètre :
Mais l’aspect de Arp 222 n’est pas la seule particularité de cette galaxie. En l’observant avec le Very Large Telescope en 2021, les astronomes y ont découvert deux trous noirs supermassifs. L’un “pèse” la bagatelle de 154 millions de masses solaires, l’autre se contente de seulement 6,3 millions de masses solaires. D’où viennent-ils ? Du cœur de chacune des deux galaxies qui se sont croisées il y a un milliard d’années. Le plus petit orbitant autour du plus gros, les deux trous noirs devraient fusionner dans 250 millions d’années.
L’orbiteur européen Mars Express a photographié la sombre lune Phobos en train de survoler les volcans de la Planète rouge.
Petite lune martienne :
Phobos est un satellite naturel de moins de 30 kilomètres de diamètre. Tout comme son petit frère Deimos, il a été découvert en 1877 par l’astronome américain Asaph Hall. Orbitant à 6000 kilomètres de la surface, il met un peu plus de sept heures à effectuer une révolution autour de Mars. Recouvert d’une épaisse couche de régolithe, c’est le satellite le plus sombre de tout le Système solaire. À sa surface, la gravité y est si faible qu’une balle lancée devant vous reviendrait dans votre dos ! Avec son orbite décroissante, il finira par s’écraser sur la planète dans une dizaine de millions d’années. Mais en attendant, il intéresse beaucoup les planétologues. Au point qu’ils envisagent d’y envoyer un rover, surnommé IDEFIX :
Cette image a été réalisée par Mars Express le 17 juin 2025. Bien que lancée en 2003, la sonde européenne est toujours opérationnelle. Elle cartographie les reliefs, étudie l’évolution des calottes polaires et mesure les effets du vent solaire. Si Phobos, très sombre, se détache nettement sur ce cliché, on remarque également la présence de plusieurs formations géologiques célèbres. On retrouve par exemple les trois volcans de Tharsis Montes ou encore le célèbre canyon de Valles Marineris :
La fondation Schmidt Sciences, qui soutient déjà différents projets scientifiques, va financer le prochain télescope spatial Lazuli.
Mécénat scientifique :
Le projet Lazuli pourrait bientôt faire rêver les astronomes. D’abord, parce qu’avec son miroir de 3 mètres de diamètre, ce télescope spatial apporterait une contribution majeure à l’astronomie. Rappelons quand même que le télescope Hubble, dont les images nous enchantent depuis 35 ans, a un miroir de 2,4 mètres de diamètre. Ensuite, parce que Lazuli symboliserait le grand retour du mécénat dans le domaine de l’astronomie :
Maquette du projet de télescope spatial financé par la fondation Schmidt Sciences.
La pratique, très en vogue à la fin du XIXe siècle (lunettes de Yerkes, de Lick, de Nice…), était un peu tombée en désuétude. Comme l’explique Admiral, la recherche scientifique est en effet le domaine mal-aimé du mécénat. Mais Wendy et Eric Schmidt (la femme d’affaires et l’ancien PDG de Google qui se sont connus sur les bancs de l’université) ont une autre façon de voir les choses. Depuis deux décennies, ils ont choisi de soutenir la science par le biais de leur fondation Schmidt Sciences :
Wendy et Eric Schmidt accompagnent les chercheurs avec leur fondation Schmidt Sciences.
Doté de différents équipements, le nouveau télescope spatial aurait la particularité de pouvoir pointer en moins de 4 heures toute nouvelle cible. Un atout pour scruter les phénomènes inattendus : supernova, objet interstellaire… Le reste du temps, il se consacrerait à des recherches dans des domaines comme la détection et la caractérisation des exoplanètes :
Présentation des différents instruments qui équiperont le télescope spatial Lazuli.
Si tout se passe bien, ce télescope pourrait s’envoler d’ici la fin de la décennie. L’annonce du financement de ce projet par la fondation Schmidt Sciences a donc ravi les astronomes. Mais le renouveau du mécénat ne risque-t-il pas d’accélérer le désengagement financier des USA dans le domaine de la science ? C’est une crainte que certains chercheurs expriment déjà.
Au sein de la nébuleuse planétaire Abell 78, la renaissance d’une étoile moribonde a provoqué une seconde éjection de matière.
Linceuls célestes :
Abell 78 fait partie du catalogue publié en 1958 par l’astronome américain George Ogden Abell. Elle est située à environ 5.000 années-lumière (AL) dans la constellation du Cygne. Toute petite (moins de deux minutes d’arc, le quinzième du diamètre apparent de la Lune), cette nébuleuse planétaire a une magnitude de 13. Elle symbolise une étape dans la vieillesse des étoiles de moins de huit masses solaires. En devenant des naines blanches, ces étoiles expulsent une coquille de gaz en expansion, comme dans le cas de la nébuleuse ESO 378-1 :
Les astronomes pensent avoir observé des collisions de planétésimaux dans le disque qui entoure l’étoile Fomalhaut.
Astre sur l’horizon :
Si vous cherchez Fomalhaut (α Piscis Austrini), regardez en direction de l’horizon Sud-Ouest en début de nuit. Comme nous le montre la carte de Stelvision, cette brillante étoile (magnitude 1,2) se situe à la verticale du Grand carré de Pégase :
Située à environ 25 années-lumière, elle est deux fois plus grande, deux fois plus massive et seize fois plus lumineuse que le Soleil. On raconte qu’il y a 3.000 ans, en Perse (l’actuel Iran), α Piscis Austrini était l’une des quatre étoiles royales. Elle trônait dans l’une des quatre régions célestes, les autres étant gouvernées par Aldébaran, Régulus et Antarès.
l’Oeil de Sauron :
Il y a quelques années, on a découvert un anneau composé de glace et de poussières autour de α Piscis Austrini. Cet anneau, qui fait penser à un œil gigantesque, a été surnommé l’Oeil de Sauron, référence au Seigneur des anneaux :
On imagine qu’il doit se produire de temps à autre dans cet anneau des collisions entre planétésimaux. Les astronomes en ont même calculé la fréquence : en moyenne une tous les cent mille ans. Et c’est sans doute l’une de ces collisions que vient de photographier le bon vieux télescope spatial Hubble :
La lumière émise par cette collision a été surnommée cs2 (“circumstellar source 2”). Problème : les astronomes avaient observé un événement identique (cs1) il y a seulement quelques années. À l’époque, on avait pris cs1 pour une exoplanète. On sait désormais qu’il s’agissait (tout comme cs2), du nuage de débris résultant d’un choc entre planétésimaux. Ces deux collisions soulèvent des interrogations. Pourquoi se sont-elles produites dans le même secteur de l’anneau ? Et pourquoi dans un délai aussi court ? Des questions qui justifient de mobiliser régulièrement le télescope Hubble dans les années à venir pour suivre l’évolution de cs1 et cs2.
Ce 3 janvier, c’est la première Pleine Lune d’une année qui en compte douze. Avec un rendez-vous tout particulier le 12 août 2026.
Rendez-vous avec la Lune :
Pour la Lune, l’année 2026 a débuté ce matin avec la première Pleine Lune. C’est un joli spectacle que j’ai pu immortaliser à l’aube depuis les Monts du Beaujolais. Au Nord-Ouest, le globe sélène s’est glissé lentement derrière un bosquet d’arbres au sommet d’une colline. Quelques instants plus tard, le Soleil faisait son apparition à l’opposé. Sur le cliché que j’ai pris avec mon boîtier Panasonic FZ82, on devine la présence d’un oiseau sur une branche :
Cette année, la Lune nous offre un incontournable rendez-vous, le 12 août. À cette date, la nouvelle Lune passera devant le Soleil, offrant l’incroyable spectacle d’une éclipse totale de Soleil. Le phénomène en lui-même n’est pas exceptionnel : il se produit en moyenne deux éclipses de Soleil chaque année. Mais pour en profiter, il faut être à l’intérieur ou au plus près du cône d’ombre de la Lune. Ce sera le cas le 12 août 2026, comme nous le montre cette carte interactive proposée par l’Observatoire de Paris :
Depuis une bande qui traverse l’Espagne, l’éclipse sera totale. Elle sera partielle tout autour. En France, le Soleil sera occulté à plus ou moins 97%, ce qu’on n’avait pas observé depuis l’éclipse du 11 août 1999. Nous aurons l’occasion de reparler de cet événement ; en attendant, admirez la Lune !
En ce mois de janvier 2026, les regards seront tournés vers la planète gazeuse géante Jupiter, au plus près de la Terre.
Une planète haute dans le ciel :
La prochaine opposition de Jupiter se produit le 9 janvier 2026. À cette date, la planète sera à l’opposé du Soleil : elle se lèvera donc quand il se couchera. Ce sera alors la meilleure période pour l’admirer, au plus près de la Terre, à 633 millions de kilomètres. À cette distance, l’astre aura un diamètre apparent de 46,5 secondes d’arc. Mais plus que sa taille, c’est sa hauteur dans le ciel qui détermine la qualité des observations. Et cette année encore, la planète gazeuse géante est idéalement placée, dans la constellation des Gémeaux.
Astrophotographes et astrodessinateurs pourront profiter de cette opposition très favorable pour immortaliser la planète géante. Voyons maintenant les autres rendez-vous célestes du mois.
Phénomènes à observer :
le 3, c’est la Pleine Lune, à quelques degrés de Jupiter. Une petite lunette vous montrera les quatre lunes galiléennes alignées à l’Est de la planète. Durant la nuit, vous pourrez observer les plus brillantes étoiles filantes de l’essaim des Quadrantides, à son maximum.
Le 7 à partir de 2 heures du matin, la Lune gibbeuse décroissante occulte 45 Leo, une étoile de magnitude 6.
Le 7, la comète 24P/Schaumasse passe au périhélie à 177 millions de kilomètres du Soleil. L’astre chevelu se trouve alors entre les constellations de la Vierge et du Lion, avec une magnitude proche de 9.
Le 10, opposition de Jupiter et Dernier quartier de Lune.
Le 18, c’est la Nouvelle Lune. Le 20 au crépuscule, le fin croissant lunaire est posé sur l’horizon Sud-Ouest.
Le 27 en première partie de nuit, une paire de jumelles vous dévoilera les étoiles de l’amas des Pléiades, juste à côté de la Lune.
Pour finir, je vous recommande le logiciel Stellarium, utilisé pour réaliser les captures d’écran ci-dessus. C’est un outil indispensable pour connaître ce que le ciel nous réserve.