En Haute-Provence, un télescope traque les exoplanètes

L’Observatoire de Haute-Provence continue sa quête des exoplanètes grâce à son spectrographe SOPHIE installé sur le télescope de 193 centimètres.

Un télescope célèbre :

La transparence du ciel de Haute-Provence semble avoir attiré les astronomes depuis longtemps. En 1605 un précepteur belge nommé Wendelin y aurait créé le premier site d’observation au-dessus du village de Lardiers. L’Observatoire de Haute-Provence (à quelques kilomètres de Forcalquier) est le seul observatoire en activité dont on peut visiter les installations. C’est donc avec grand plaisir que je m’y suis rendu pour découvrir son célèbre télescope de 193 centimètres. Cet instrument, opérationnel depuis 1958, était à l’origine doté de trois foyers différents : Newton (f/5), Cassegrain (f/15) et Coudé (f/32), mais seul le foyer Cassegrain est encore utilisé.

Le télescope de 193 centimètres en Haute-Provence. © Jean-Baptiste Feldmann

L’instrument a connu son heure de gloire il y a 24 ans. En 1995 il a en effet permis aux astronomes suisses Michel Mayor et Didier Queloz de détecter la première planète extrasolaire, 51 Pegasi b

Bienvenue sur 51 Pegasi b :

C’est le 6 octobre 1995 qu’ils annoncèrent leur découverte à l’occasion de la Ninth Cambridge Workshop on Cool Stars, Stellar Systems and the Sun qui se tenait à Florence (Italie). Les chercheurs suisses avaient utilisé pendant un an le spectrographe ELODIE pour observer les variations de la vitesse radiale de 51 Pegasi. c’est une étoile de type solaire de magnitude 5,5 située à un peu plus de 50 années-lumière dans la constellation de Pégase. La courbe obtenue révéla des fluctuations régulières d’une période légèrement supérieure à 4 jours. Elles étaient produites par un objet dont la masse était équivalente à la moitié de celle de Jupiter et qui fut baptisé 51 Pegasi b.

Une plaque rappelle la découverte de la première exoplanète. © Jean-Baptiste Feldmann
Après ELODIE, place à SOPHIE :

Depuis octobre 2006 le spectrographe SOPHIE a remplacé ELODIE. Plus performant, il est destiné à détecter des exoplanètes dont la taille se rapprocherait de celle de la Terre. Dernièrement, une équipe internationale a découvert à l’aide de cet instrument une super-Terre. D’une masse trois fois supérieure à notre planète, GJ411b tourne en 13 jours autour d’une étoile située à 8 années-lumière. Avec ses deux spectrographes, le T193 a permis la détection d’environ 200 exoplanètes depuis 1995.

La coupole du T193 au milieu des chênes pubescents. © Jean-Baptiste Feldmann

Outre le T193, l’Observatoire de Haute-Provence dispose de différentes installations dédiées à l’astronomie, l’environnement et l’étude de l’atmosphère. C’est également une zone d’observation de la biodiversité. Une plateforme instrumentée permet d’étudier la forêt de chêne pubescent présente sur le site et d’observer son évolution sous l’impact du changement climatique.

4 réflexions sur “ En Haute-Provence, un télescope traque les exoplanètes ”

  1. GJ 411 B Très poétique ! j’aime ces noms qu’on leur donne !
    8 années lumière! , mais c’est la porte à côté !
    mais elle s’apparente plus à Vénus , invivable donc!
    Mais nous trouverons celle qui abrite la vie, j’en suis persuadé !

    Louis

  2. l’OHP, le seul observatoire en activité dont on peut visiter les installations, oui, si on oublie le plateau de Calern, et le Pic du Midi. Je ne sais pas trop en ce qui concerne Nançay ou le plateau de Bure.

    1. Merci Alain pour ces précisions. Dans le cas de l’OHP on peut visiter la coupole d’un instrument encore en activité, le T193. Pour Calern et le Pic, les visiteurs peuvent visiter l’observatoire mais ont-ils accès aux instruments encore en service ?

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