C’est au mois de mars 1986 que la sonde européenne Giotto s’approcha à moins de 600 km du noyau de la célèbre comète de Halley.
La plus célèbre des comètes :
Certains d’entre vous se souviennent sans aucun doute du mois de mars 1986 et du dernier passage de la comète de Halley. Elle était devenue célèbre à partir du XVIIIème siècle grâce à Edmond Halley. Cet astronome britannique avait reconnu la périodicité de l’astre chevelu (76 ans) dont les hommes consignaient les passages depuis 611 avant J.-C. Jusqu’à récemment, les comètes inspiraient la peur. D’ailleurs, lors du dernier passage de 1910, on annonça la fin du monde. Il se trouve que les scientifiques avaient calculé que la Terre devait traverser la queue de la comète de Halley (calculs faux d’ailleurs). Et justement, on y avait détecté un gaz mortel, le cyanogène ! En réalité la proportion de ce gaz était beaucoup trop faible pour être inquiétante.
Depuis le début de la guerre en Ukraine, l’Observatoire d’Odessa tente de préserver ses activités, ainsi qu’un riche patrimoine.
Riche passé :
Odessa, ville portuaire sur la Mer Noire, accueille un observatoire astronomique depuis plus de 150 ans. Dans ce reportage, on apprend qu’il a ouvert ses portes le 15 août 1871, six ans après la fondation dans la ville (alors russe) d’une université voulue par le tsar Alexandre II. À la fin du XIXe siècle, l’observatoire a été équipé d’un réfracteur de 165 millimètres de diamètre réalisé par l’entreprise T. Cooke et Fils. Restaurée il y a quelques années, cette belle lunette sert désormais pour les observations publiques :
Plusieurs télescopes ont ensuite été mis en service durant le XXe siècle. L’observatoire a connu un essor important, sous la houlette de son directeur Volodymyr Tsesevitch (1907-1983), spécialiste des étoiles variables. À tel point que l’institution employait jusqu’à 150 personnes dans les années 1970. Mais surtout, l’observatoire a accumulé plus de cent mille clichés célestes durant un siècle. Des trésors, dont un certain nombre sous forme de plaques en verre recouvertes d’une émulsion photosensible. Continuer la lecture de À l’Observatoire d’Odessa, la science face à la guerre→
L’auteur scientifique Guillaume Cannat prend sa retraite, mettant fin à plusieurs décennies de publications, dont le fameux Guide du ciel.
De la belle vulgarisation :
En trois décennies, le Guide du ciel était devenu un ouvrage incontournable pour tous les amoureux du ciel. Accompagnant chaque sortie nocturne, il fourmillait d’idées d’observations. Riche en conseils, il était également orné de très nombreux schémas simulant les différents événements célestes. J’en ai moi-même conservé un certain nombre d’exemplaires. Une fois “périmés”, ils se sont retrouvés sagement rangés dans ma bibliothèque.
Cette aventure a débuté en 1994 pour son auteur, Guillaume Cannat. Passionné d’astronomie, il décide alors d’en vivre. Entre écriture d’ouvrages, animations et sensibilisation du public, Guillaume Cannat s’impose peu à peu comme une personnalité incontournable de la vulgarisation scientifique en France. Une action qui lui vaut d’avoir désormais son nom accroché au firmament, avec l’astéroïde (22512) Cannat. Parallèlement, il observe et photographie inlassablement le ciel nocturne. Pour assouvir sa passion, il n’hésite pas à construire ou faire construire différents instruments d’observation. Dernier en date, un impressionnant télescope de 76 centimètres de diamètre :
Aujourd’hui, après 88 livres publiés (dont 31 éditions pour le Guide du ciel) et de très nombreux billets sur son blog Autour du ciel, Guillaume a décidé de tourner la page. Il veut désormais pouvoir se consacrer entièrement à l’observation des astres et de la nature, au cœur des Cévennes, région qu’il affectionne tant. Souhaitons-lui encore de très nombreuses nuits étoilées !
Ils viennent de rejoindre le désert de l’Utah aux Etats-Unis, plus exactement la Mars Desert Research Station. Construite au début des années 2000, la MDRS est un laboratoire de recherche. Géré par la Mars Society, il accueille chaque année des étudiants de l’ISAE-SUPAERO, mais pas seulement. Ce sont en effet plus de 270 équipages qui s’y sont succédés en un quart de siècle. Au cours de missions qui durent quelques semaines, les participants peuvent s’entraîner à simuler les conditions de vie sur la Planète rouge :
Durant leur séjour, les sept étudiants de l’ISAE-SUPAERO vont pouvoir effectuer différentes recherches. Quinze expériences scientifiques et démonstrations technologiques sont programmées, à découvrir ici. Leur séjour (partagé dans des rapports de mission) sera aussi l’occasion de tester la cohésion de leur groupe dans un espace confiné. Le tout dans les paysages ocres de l’Utah, rappelant irrésistiblement ceux de la planète Mars :
L’année qui s’achève a été pour moi l’occasion de réaliser de nombreux astrodessins avec différents instruments.
Une technique peu coûteuse :
Vous le savez sans doute, je suis un grand adepte des astrodessins. J’ai d’ailleurs eu plusieurs fois l’occasion de vous en présenter dans ces colonnes. Il y a ceux d’illustres prédécesseurs, comme par exemple Lucien Rudaux ou Hugh Percy Wilkins. D’autres sont des contemporains : Steeven Chapados, Michel Deconinck, Laurent Oumar ou encore Laurent Ferrero. Ils sortent régulièrement crayons ou pinceaux pour croquer les spectacles célestes. Les comètes sont souvent leur sujet de prédilection, tant ces astres sont fascinants et changeants. Regardez par exemple ce que certains ont fait à l’occasion du passage de C/2023 A3 Tsuchinshan-ATLAS :
Je me suis amusé à feuilleter mes différents carnets de croquis pour l’année qui s’achève. L’occasion de découvrir que j’avais tout de même réalisé plus de 130 astrodessins ! Taches solaires, cratères lunaires, comètes, objets du catalogue Messier, les sujets étaient nombreux et variés. Il faut dire que la technique est rapide à mettre en œuvre, idéale pour de courtes séquences d’observations. Sans parler de son coût, dérisoire comparé à celui de l’astrophoto ! Petit aperçu de l’année écoulée, obtenu aux jumelles ou avec un télescope :
Après des essais au crayon à papier et à la craie, j’utilise désormais des feutres à dessin noirs, pointes O,4 et 0,8 millimètre.
Nichée dans la constellation du Taureau, la célèbre nébuleuse du Crabe n’en finit pas d’être revisitée par les astronomes.
Spectacle dans le Taureau :
La nébuleuse du Crabe, premier objet du catalogue Messier, déploie ses filaments de gaz depuis près de mille ans. Elle est presque aussi célèbre que ses voisins les Hyades et des Pléiades. Mais à la différence de ces deux amas d’étoiles visibles à l’œil nu, il faut un télescope pour admirer la nébuleuse. En voici une photographie réalisée par l’astronome amateur Bernard Lesourd :
L’histoire de cette nébuleuse débute dans les années 1920. C’est à cette époque que l’astronome suédois Knut Lundmark en découvre la trace dans un traité d’astronomie chinoise. L’ astrologue impérial Yang Wei-Te y a méticuleusement consigné l’apparition d’une “étoile invitée” durant l’été 1054. On y apprend que l’astre était particulièrement brillant, au point de rester visible la journée pendant presque un mois! Continuer la lecture de La nébuleuse du Crabe nous fascine depuis un millénaire→
Le centre de numérisation NAROO révèle la richesse des anciennes plaques photographiques qui dorment dans les observatoires.
Scanner les vieux clichés pour les faire parler :
Grâce à NAROO, les anciennes astrophotographies réalisées dans les observatoires vont enfin dévoiler tous leurs secrets. Ce centre de numérisation (New Astrometric Reduction of Old Observations) a vu le jour à l’Observatoire de Paris-Meudon. On peut y scanner en haute résolution les anciens clichés du ciel nocturne, des plaques en verre recouvertes d’une émulsion photo-sensible. C’est en effet le procédé qui a été utilisé dans les observatoires pendant plus d’un siècle avant l’arrivée des récepteurs électroniques. Ces plaques, une fois scannées, révèlent toute leur richesse :
De plus en plus d’astronomes amateurs se tournent vers l’astrophoto à distance. Cédric Humbert nous explique ce choix.
À la recherche du ciel perdu :
L’astrophoto à distance a le vent en poupe. Il suffit pour s’en convaincre d’observer le développement des fermes de télescopes. Ces structures accueillent plusieurs dizaines de télescopes automatisés. Des instruments que leurs propriétaires pilotent depuis chez eux, parfois à plusieurs milliers de kilomètres. La plus grande de ces fermes, Starfront Observatories, se trouve au Texas. Là-bas, près de 400 instruments sont opérationnels dans une dizaine de hangars. Sur place, des techniciens résolvent toutes les petites et grosses avaries que leurs clients rencontrent au cours de leurs séances d’imagerie. C’est là que Cédric Humbert, alias AstroBerto54, a décidé d’installer sa lunette. Un choix imposé par une météo capricieuse et une pollution lumineuse qui mettent à rude épreuve les nerfs de ce Lorrain passionné d’astrophoto. Après une année d’imagerie au Starfront Observatories, il dresse un premier bilan :
C’est une évolution de l’astronomie amateur qui répond à un engouement certain pour l’astrophoto. Engouement qui n’empêche pas de passer quelques belles nuits sous les étoiles dans des lieux encore préservés, comme la Réserve internationale de ciel étoilé du Morvan.
Les Soleils noirs de 2026 et 2027 s’annoncent comme des rendez-vous incontournables pour tous les amoureux du ciel et de ses spectacles.
Spectacles inoubliables :
Les Soleils noirs, ce sont ces quelques minutes indescriptibles où le Soleil disparaît entièrement lors d’une éclipse totale. C’est également le titre du dernier livre de Jean-Marc Lecleire, expert en optique et astronome amateur. Un ouvrage spécialement rédigé à l’intention de tous ceux qui voudront profiter des deux prochaines éclipses de Soleil, le 12 août 2026 et le 2 août 2027. Des éclipses, qui, par chance, seront totales en Espagne ou en Afrique du Nord. Pour les habitants de la métropole, il y aura donc deux excellentes raisons de faire le déplacement, qui plus est en pleine période estivale ! Et si vous choisissez de rester en France, l’auteur vous donne toutes les informations pour profiter du spectacle sans danger :
À Montréal, l’astronome amateur Gino Caporicci possède un magnifique télescope qu’il a construit dans les années 1970.
Astronome au Québec :
Gino Caporicci fait partie des astronomes amateurs du Québec. Cette communauté francophone est particulièrement active, comme on peut le constater sur sa page Facebook. C’est d’ailleurs sur cette page que j’ai découvert la photo d’un superbe télescope réalisé par Gino il y a presque cinquante ans :
Admiratif devant cet instrument, je lui ai donc proposé de nous le présenter, ce qu’il a bien voulu faire. Je l’en remercie et je lui laisse donc la parole.
Passion de jeunesse :
“Dès ma jeunesse, dans les années 60, l’astronomie a capté mon attention. Stimulé par l’environnement médiatique qui nous informait de l’émergence de l’astronautique, l’idée de construire mon télescope s’installait peu à peu.
Par chance, le club de la Société d’astronomie de Montréal était situé à proximité de ma résidence au Jardin Botanique de Montréal. Il s’y trouvait un magasin qui offrait des pièces usinées par Monsieur Rousseau permettant de construire un instrument au complet. Après avoir observé les membres du club et suivi les cours afin d’acquérir les principes mécaniques du télescope de Newton au début des années 1970, le télescope de mes rêves se dessinait enfin.
Un télescope unique :
En premier lieu, j’ai effectué le creusage par abrasion et le polissage du miroir principal de 30 centimètres de diamètre pour atteindre 1800 millimètres de distance focale.
Ensuite, j’ai fabriqué la structure métallique à l’usine où je travaillais à l’époque. J’ai dû faire des “patrons” en bois pour mouler l’aluminium des étriers devant supporter les roulements à billes des axes de déclinaison et d’ascension droite. L’axe polaire de 9 centimètres de diamètre est en acier usiné. Le poids total de l’ensemble est de 250 kilos !
Ce fut une passion qui s’est maintenue jusqu’à aujourd’hui, et que je partage lors de présentations publiques et sur le site Facebook des Astronomes amateurs du Québec.”
Le ciel nocturne se charge inexorablement de la lumière des satellites et la comète Lemmon n’y a malheureusement pas échappé.
Rayures lumineuses disgracieuses :
Si les images de la comète Lemmon rivalisent de beauté, celle de Oscar Martín Mesonero publiée sur Sky a de quoi inquiéter. Prise depuis la province de Salamanque (Espagne) le 27 octobre 2025, elle révéle l’augmentation exponentielle du nombre de satellites artificiels. Depuis quelques années déjà, les astronomes et les astrophotographes avaient choisi de fuir la pollution lumineuse des villes pour pratiquer leur passion :
Mais les satellites artificiels sont partout. Et même dans les endroits les plus reculés, force est de constater que le ciel nocturne perd peu à peu de sa noirceur. Le prix à payer pour connecter le monde ?
Un symposium consacré à Camille Flammarion s’est déroulé le samedi 18 octobre 2025 à Montigny-le-Roi, son village natal.
Enfant du Val-de-Meuse :
Camille Flammarion a vu le jour le 26 février 1842 à Montigny-le-Roi. Tout comme, d’ailleurs, son petit frère Ernest (fondateur des éditions éponymes) quatre ans plus tard. C’est donc dans ce village du Val-de-Meuse que la SAF a organisé un symposium le 18 octobre. Pour mémoire, rappelons que l’année 2025 marque le centième anniversaire de la mort du célèbre astronome.
Après avoir ouvert ce symposium, Patrick Baradeau, secrétaire général de la SAF, a retracé les grandes étapes de la vie de l’astronome et écrivain. De sa jeunesse au séminaire de Langres jusqu’à sa mort dans son observatoire de Juvisy, il consacra sa vie à vulgariser l’astronomie. Puis c’est Gilles Dawidowicz, vice-président, qui a évoqué l’évolution de la planétologie depuis cette époque. La Lune et Mars, les deux corps célestes les plus proches, furent l’objet de controverses passionnées.
Jean Guérard, directeur de l’observatoire de Juvisy, a ensuite présenté le Fonds qui rassemble et préserve une multitude de traces de cette époque. Correspondances, ouvrages, instruments, globes, ce riche patrimoine est la mémoire vivante de l’astronomie de la fin du XIXe siècle et de la première partie du XXe siècle.
Jonathan Giné a évoqué les rapports méconnus entre l’astronome de Juvisy et la Relativité générale d’Albert Einstein. Enfin, Alain Joets (Laboratoire de physique des solides), a retracé les avancées de l’optique à cette époque, synonyme d’âge d’or pour la construction et la mise en service des grands réfracteurs.
Vendre des étoiles est une nouvelle tendance que proposent un certain nombre de sites internet. Attention arnaque !
Pratique commerciale douteuse :
C’est une arnaque qui profite de l’intérêt grandissant du public pour l’astronomie. Vous l’avez peut-être remarqué, certains sites internet vous proposent désormais d’acheter ou d’offrir une étoile. Une fois l’achat acquitté, vous recevez un soi-disant certificat attestant que vous êtes désormais l’heureux propriétaire de l’astre en question. Il s’agit d’une pratique commerciale malhonnête, puisqu’il est impossible de devenir propriétaire d’une étoile :
Le ciel étoilé n’appartient à personne mais tout le monde peut en profiter, c’est un patrimoine commun. Ce qui n’interdit pas d’attribuer des noms aux étoiles, comme l’explique l’UAI. Les plus brillantes ont été nommées dans l’Antiquité, en s’inspirant de la culture arabe ou de la mythologie gréco-romaine. Celles qui sont plus discrètes portent un numéro et les initiales du catalogue dans lequel elles sont référencées (par exemple SAO pour le catalogue d’étoiles réalisé par le Smithsonian Astrophysical Observatory) :
Si vous souhaitez laisser votre nom au firmament, lancez-vous plutôt dans la chasse aux comètes ou aux astéroïdes comme le fait Michel Ory par exemple. Ou plus simplement, offrez-vous une parenthèse sous les étoiles et admirez-les gratuitement, elles seront à vous le temps d’une nuit !
L’été s’achève doucement, Orion est de retour, Jupiter et Vénus scintillent à l’aube et la Lune leur rend visite.
Brillantes planètes :
Il ne vous a pas échappé que Jupiter et Vénus occupent le ciel en fin de nuit. La première ne cesse de gagner en visibilité (elle se lève de plus en plus tôt) avant son opposition le 10 janvier 2026. La seconde se dirige tranquillement vers l’horizon, avant sa conjonction solaire le 6 janvier prochain. Quant à la Lune, après son éclipse totale il y a quelques jours, elle sera nouvelle le 21 septembre. Mais attention, deux jours plus tôt, le 19 en milieu de journée, elle occultera Vénus !
En attendant ce rendez-vous céleste, on pouvait observer ces astres en fin de nuit, alors que la célèbre constellation d’Orion est de retour. À l’horizon, la brillante Sirius attire l’œil, tandis que plus haut, les inséparables Castor et Pollux surplombent la Lune. l’image ci-dessous a été réalisée avec un boîtier Nikon D3200 équipé d’un objectif Samyang de 12 millimètres de focale. La pose a été de 4 secondes à 800 iso :
Si le beau temps persiste, vous pourrez suivre la descente du croissant de Lune en direction de Vénus les deux prochains matins.
La société Mirro-Sphère conçoit des optiques de précision depuis vingt ans. Rencontre avec son créateur, Franck Grière.
Cielmania : Franck, pourquoi ce nom de Mirro-Sphère ?
Franck Grière :c’est la contraction de miroirs sphériques, le nom des optiques que j’ai commencé à réaliser il y a plus de vingt ans, lorsque j’ai attrapé le virus. À l’époque, j’avais quitté ma Picardie natale pour suivre mon amie dans la Nièvre. En redécouvrant un beau ciel étoilé, je me suis souvenu de mon ancienne passion pour les instruments d’astronomie. Je me suis alors lancé dans la taille de miroirs sphériques.
F. G. :non, pas tout à fait. D’abord, j’avais pratiqué deux métiers qui allaient bien m’aider dans mon nouveau projet : électricien et électromécanicien. Ensuite, je me suis appuyé sur les travaux d’opticiens renommés comme Jean Texereau, Jean-Marc Becker ou encore Roger Mosser. J’ai aussi compris tout l’intérêt de posséder une machine à polir pour effectuer des taches répétitives, et j’en ai donc construit une. Ne restait plus qu’à créer une société pour commercialiser mes miroirs, ce qui fut fait le 12 septembre 2005.
Cielmania : à partir de ce moment-là, tu as donc pu te consacrer entièrement à la réalisation de miroirs :
F. G. :c’est ça. Grâce au test en autocollimation proposé par Jean Texereau, j’ai été capable de produire des miroirs de haute qualité en continu. Je répondais à toutes les demandes (amateurs, institutions) jusqu’à ce que je fasse un burn-out. Il m’a fallu du temps pour remonter la pente, mais Mirro-Sphère (site internet) a survécu à ce passage difficile… En 20 ans, je pense que j’ai réalisé ou repoli un peu plus de 800 miroirs, de 200 à 600 mm de diamètre.
Cielmania : tu avais la passion pour les instruments, il n’y a pas une certaine frustration à ne faire que des optiques ?
F. G. : c’est vrai, mais j’ai quand même réalisé quelques télescopes comme le ART 16 ,ou le Stronglight en partenariat avec un mécanicien de génie, Philippe Coudray. Et puis récemment, j’ai croisé la route d’un remarquable concepteur de télescopes, Laurent Bourasseau. J’ai flashé sur son concept de télescope ultra transportable. C’est ainsi qu’est né le T3 (Thin Travel Telescope), un 250 millimètres de moins de 8 kg, f/d 4 tout en carbone, qui tient dans une sacoche d’ordinateur portable. Pour ses 20 ans, Mirro-Sphère renoue donc avec son projet initial : fabriquer des télescopes !
Emmener un télescope Vespera Pro sur le toit de l’Europe, c’est le projet fou de l’astronome amateur Cyril Dupuy, fondateur de Vaonis.
Télescopes intelligents :
Vespera Pro (à découvrir ici) est l’un des derniers télescopes intelligents développés par la société Vaonis. Combinant une caméra avec une lunette d’observation, ces instruments révolutionnent la pratique de l’astronomie depuis quelques années. Associés à une application installée sur smartphone ou tablette, ils fournissent des images célestes sur écran en quelques minutes :
Au point qu’il n’a jamais été aussi facile d’obtenir des clichés du cosmos et de les partager, sans aucune formation préliminaire de l’utilisateur. Ce concept révolutionnaire, on le doit à Cyril Dupuy. Astronome amateur, il a fondé il y a quelques années la société Vaonis pour développer l’audacieux concept qu’il avait en tête :
Après la commercialisation de Stellina, première station d’observation, différents modèles ont vu le jour. Tous répondent à une demande croissante des simples curieux du ciel, mais également des astronomes amateurs et des clubs d’astronomie. Avec son dernier modèle, le Vespera Pro, Cyril Dupuy a réalisé un rêve un peu fou : près de 150 ans après la création d’un observatoire au sommet du Mont-Blanc, il a décidé d’emporter son télescope intelligent sur les traces de l’astronome Jules Janssen. Une étonnante aventure qu’il nous raconte dans cette vidéo :
Retour sur la dix-septième édition du festival d’astronomie vendéen Astrolys, qui faisait cette année honneur aux animaux du ciel.
La Chapelle-Aux-Lys, village étoilé :
Astrolys (site de l’association), c’est l’astronomie à la Chapelle-Aux-Lys. Dans ce petit village vendéen, on tutoie les étoiles depuis bien longtemps. Planétarium, chemin aux étoiles, cadrans solaires et photographies astronomiques dans les rues, ainsi qu’un festival dont la dix-septième édition se déroulait les 16 et 17 août 2025. La faute à Olivier Sauzereau, un astrophotographe qui partage sa passion avec une énergie débordante :
Quand il n’est pas en train d’observer une éclipse totale de Soleil (comme par exemple le 21 août 2017 aux USA), Olivier se consacre à la diffusion de l’astronomie. Au point d’avoir fait de son village (le plus petit du monde à posséder un planétarium) un lieu incontournable pour les amoureux du ciel étoilé, avec le soutien bienveillant du maire, Philippe Boisson :
Depuis 1960, la société Celestron fabrique des télescopes, surfant sur un modèle emblématique imaginé dans les années 1970.
Concept révolutionnaire :
l’histoire de Celestron (à découvrir ici) débute à la fin des années 1950 en Californie. Tom Johnson, le directeur de Valor Electronics, une entreprise de composants, cherche un télescope pour initier ses garçons. Ne trouvant rien qui lui convienne, il construit alors un réfracteur de 15 centimètres de diamètre. Se prenant de passion pour ces instruments, Johnson fonde en 1960 Celestron-Pacific (le deuxième nom sera supprimé ultérieurement), une filiale de Valor Electronics. La nouvelle société fabrique et commercialise des télescopes de type Schmidt-Cassegrain.
La conception optique de ces télescopes les rend particulièrement compacts, mais la taille de leur lame de fermeture en verre reste coûteuse. Les choses changent en 1970, lorsque Tom Johnson trouve le moyen de produire ces fameuses lames à un prix raisonnable. La marque lance alors un instrument mythique : un télescope au miroir de 20 centimètres logé dans un célèbre tube orange. Installé sur une monture à fourche motorisée, il est proposé pour moins de mille dollars :
Le célèbre tube orange du SC 8 va révolutionner l’astronomie dans les années 1970.
Cet instrument et ses déclinaisons dans différents diamètres vont connaître un succès foudroyant. Cinquante ans plus tard, un certain nombre sont toujours en service, preuve de la qualité du produit ! Aujourd’hui encore, la société Celestron poursuit la production et le développement de ses célèbres tubes, devenus noirs depuis 1980. Preuve que Tom Johnson, décédé en 2012, était un visionnaire !
C’est le 28 juillet 1851 que l’astronome prussien Julius Berkowski réalisa la première image (un daguerréotype) d’une éclipse de Soleil.
Spectacle céleste :
Une éclipse de Soleil est sans doute le plus beau spectacle astronomique qui soit. Mais ce fut aussi pendant longtemps la seule occasion de pouvoir brièvement étudier la couronne solaire. Il n’est donc pas étonnant que les astronomes se soient mobilisés à l’occasion de chaque rendez-vous entre le Soleil et la Lune. En raison de la rareté des phénomènes, la science des éclipses est assez récente :
Bien sûr, la couronne solaire est observée depuis longtemps. Mais pour les protubérances, il faut attendre l’éclipse du 8 juillet 1842. À cette occasion, elles sont signalées pour la première fois par Francis Baily, l’astronome anglais qui a déjà découvert les grains de Baily en 1836. Mais comment immortaliser ces phénomènes de façon plus objective que le dessin ? Continuer la lecture de 28 juillet 1851, première image d’une éclipse de Soleil→
Faire des croquis de ses observations astronomiques, voilà une activité facile à mettre en œuvre et peu onéreuse.
Des croquis, plus simples que des dessins :
Le dessin astronomique connaît un regain d’intérêt depuis quelques années, porté par quelques passionnés. On consultera avec plaisir les sites de Bertrand Laville, Serge Vieillard, Michel Deconinck ou encore Laurent Oumar. Mais tout le monde n’a pas la fibre artistique. Parlons plutôt de croquis astronomiques, une formule qui ne fera pas reculer les néophytes. Ce sont de simples représentations sur carnet réalisées l’œil à l’oculaire, puis mises au propre :