Sur Mars aussi, on observe de nouveaux cratères d’impact

L’une des caméras de la sonde spatiale Mars Reconnaissance Orbiter (MRO) a photographié un très jeune cratère sur la Planète rouge.

Impact récent :

Pour scruter le sol de Mars, l’orbiteur MRO dispose de trois caméras. On connaît surtout HiRISE, la caméra à très haute résolution qui a déjà collecté cent mille images. Mais MRO dispose aussi de MARCI et de CTX. C’est cette dernière caméra qui nous intéresse aujourd’hui. Elle a pris récemment un cliché révélant l’existence d’un très jeune cratère d’impact. Ce dernier est en effet absent des images acquises avant l’année 2022. Soixante fois moins dense que l’atmosphère terrestre, l’atmosphère martienne laisse passer de nombreuses météorites. On estime qu’il y en a environ 200 chaque année qui s’écrasent sur la Planète rouge :

Sur cette image, les éjectas ont été traités en fausses couleurs pour renforcer les contrastes. Remarquez que les débris ne sont pas répartis symétriquement autour du cratère. Ce sont les vents martiens qui sont responsables de cette dissymétrie. Mais, me direz-vous, Mars n’est pas le seul endroit du Système solaire où de jeunes cratères se forment. Effectivement, le phénomène est également observable sur la Lune, je vous en ai déjà parlé :

Sur notre satellite naturel, ces impacts s’accompagnent de brefs flashs lumineux que traquent les astronomes. Encore faut-il qu’ils aient lieu dans une zone plongée dans la nuit. Un spectacle étrange auquel ont d’ailleurs assisté les astronautes de la mission Artemis II.

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Dernière nuit d’été aux côtés des planètes Mars et Jupiter

La dernière nuit de l’été était particulièrement belle en Beaujolais, avec les planètes Mars et Jupiter encadrant l’amas de la Crèche.

Des planètes pour terminer l’été :

Le ciel était parfaitement dégagé pour profiter de la dernière nuit d’été. C’est en effet aujourd’hui qu’a lieu l’équinoxe de septembre. Depuis le solstice du 21 juin, les nuits n’ont cessé de rallonger, pour le plus grand plaisir des astronomes. La période septembre-octobre est d’ailleurs particulièrement appréciée des amoureux des étoiles, pour ses nuits tempérées et sombres. Pour ceux qui se lèvent tôt, il y a bien sûr la célèbre constellation d’Orion. Impossible de ne pas y chercher aux jumelles sa célèbre nébuleuse, Messier 42. N’hésitez pas à aller l’admirer sous un beau ciel, en vous laissant guider par la fiche d’observation proposée par Stelvision. Une application comme Stellarium vous permettra également de repérer les planètes les plus brillantes. En fin de nuit, alors que Saturne descend lentement vers l’Ouest, Jupiter et Mars escaladent la voûte céleste côté Est :

Entre les deux planètes, se devine l’amas d’étoiles de la Crèche, niché dans la discrète constellation du Cancer. L’écart entre Mars et Jupiter va se réduire jusqu’à ce qu’elles se croisent, le 16 novembre. Quant à Saturne, invisible sur ce cliché, elle sera au plus près de la Terre le 4 octobre, un événement que je ne manquerai pas de détailler dans les prochaines éphémérides. L’image ci-dessus a été réalisée avec un boîtier Nikon D7100 et un objectif Samyang de 12 millimètres de focale. Pose de 15 secondes à 2000 iso.

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Dans NGC 7331, une supernova brille de plus en plus fort

La physionomie de la galaxie NGC 7331 est bouleversée par l’apparition de la supernova SN 2026 aaiv, de plus en plus lumineuse. 

Explosion dans une galaxie jumelle :

NGC 7331 est parfois surnommée “le jumeau de la Voie lactée“, tant elle lui ressemble. Elle a été découverte le 6 septembre 1785 par l’astronome germano-britannique William Herschel. Cette belle galaxie spirale de magnitude 10 est l’un des innombrables objets célestes référencés dans l’imposant New General Catalogue of Nebulae and Clusters of Stars. Initié par l’astronome irlando-danois John Dreyer, ce catalogue fit l’objet d’une première édition en 1888. La galaxie est également enregistrée comme Caldwell 30 dans le catalogue de Patrick Moore :

Si elle défraie la chronique, c’est parce qu’une supernova y brille actuellement autant que plusieurs milliards d’étoiles. SN 2026 aaiv, c’est son nom, a été détectée le 1er septembre dernier par le système de surveillance automatisé ATLAS (Asteroid Terrestrial-impact Last Alert System). Il s’agit de l’explosion d’une naine blanche au sein d’un système binaire, ce que les astronomes appellent une supernova thermonucléaire. L’astrophotographe Bernard Lesourd et son fils Guillaume ont réalisé un comparatif avant/après l’explosion à partir de leurs clichés :

Lorsqu’elle a été découverte, cette supernova avait une magnitude de 17. Mais depuis, son éclat n’a cessé d’augmenter. Le 18 septembre, l’astronome amateur Jean-Claude Merlin estimait sa magnitude à 11,5 (données centralisées sur ASRAS). On peut donc théoriquement la repérer visuellement dans un télescope de 20 centimètres de diamètre. Cependant, la Lune, de plus en plus brillante, va compliquer la tache des observateurs les nuits prochaines.

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Que nous révèlent les couleurs des étoiles ?

Elles brillent de mille couleurs durant les nuits dégagées. Pour qui sait les regarder, les étoiles nous dévoilent leur température.

Couleurs célestes :

Les étoiles sont d’énormes boules de gaz, composées principalement d’hydrogène et d’hélium. Dans leur cœur, températures et pressions sont particulièrement élevées, au point de déclencher des réactions nucléaires. En se transformant en hélium, les atomes d’hydrogène libèrent de l’énergie qui s’évacue sous forme de chaleur et de lumière. C’est cette lumière qui nous parvient la nuit quand nous tournons nos regards en direction de la voûte céleste. Beaucoup plus proche et plus intense, elle nous est également dispensée la journée par notre étoile, le Soleil. Bien que les étoiles soient à des distances phénoménales, leur lumière nous fournit de précieuses informations. Même sans matériel spécial, on peut déjà étudier leur couleur, qui nous révèle leur température de surface :

Prenons par exemple le cas de la célèbre constellation d’Orion, représentée en partie sur ce cliché. En défocalisant volontairement la mise au point, on étale la tache lumineuse de chaque astre. Cette technique nous permet alors d’apprécier l’orangé de la supergéante rouge Bételgeuse, ou encore l’azur de la géante bleue Bellatrix. La température de surface de la première est d’environ 3000°, alors qu’elle dépasse 20000° pour la seconde ! Quant à Rigel, moins bleue, elle affiche une température intermédiaire, de l’ordre de 11000°. L’emploi d’une paire de jumelles (défocalisées) vous permettra également d’observer ces différences de couleurs. Vous cherchez une étoile vraiment rouge ? Visez donc l’étoile Grenat, dont la robe rouge éblouissante fut remarquée pour la première fois par William Herschel. Et pour le bleu, Spica de la Vierge devrait vous ravir.

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Vue de Mars, la lune Phobos devant le Soleil

Le 12 août dernier, le rover martien Perseverance a photographié un nouveau transit de la lune Phobos devant le Soleil.

Petite lune martienne :

Phobos est un satellite naturel de moins de 30 kilomètres de diamètre. Tout comme son petit frère Deimos, il a été découvert en 1877 par l’astronome américain Asaph Hall. Orbitant à 6000 kilomètres de la surface, il met un peu plus de sept heures à effectuer une révolution autour de Mars. À sa surface, la gravité est si faible qu’une balle lancée devant vous reviendrait dans votre dos ! Avec son orbite décroissante, il finira par s’écraser sur la planète dans une dizaine de millions d’années. Depuis Opportunity en 2004, les rovers martiens photographient régulièrement le transit des deux lunes devant le Soleil. Cette fois-ci, c’est Perseverance, depuis le cratère Jezero, qui a saisi la scène le 12 août 2026 :

Souvenez-vous qu’à cette même date, de nombreux Terriens assistaient de leur côté à une remarquable éclipse solaire. Et comme les Terriens, Perseverance s’est protégé avec un filtre spécifique pour ne pas endommager le capteur de sa caméra Mastcam-Z. Mais si les rovers photographient ces transits, ce n’est pas une lubie de scientifique. Les infimes variations de trajectoire mesurées trahissent les effets de marée qui s’exercent entre les lunes et la planète. In fine, ces transits permettent de sonder indirectement l’intérieur de Phobos, en attendant d’y poser le petit rover franco-allemand IDEFIX.

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Que fait la comète de Halley sur la Tapisserie de Bayeux ?

Parmi les multiples détails qui ornent la Tapisserie de Bayeux, figure la comète de Halley, dont le passage à cette époque marqua les esprits.

Frise historique inestimable : 

Vous avez dit Tapisserie de Bayeux ? Les puristes vous répondront qu’il s’agit en réalité d’une broderie (que l’on peut désormais explorer en ligne). En effet, elle a été cousue sur un tissu préexistant. Pour justifier du qualificatif de tapisserie, il aurait fallu que l’œuvre soit entièrement réalisée sur un métier à tisser. Mais de quoi parle-t-on exactement ? D’une toile de lin longue de 70 mètres et large de 50 centimètres, brodée par on ne sait qui à la fin du XIe siècle. Elle nous raconte les événements qui se sont déroulés entre Normands et Anglais de 1064 à 1066. Une fresque historique inestimable, qui s’achève par la bataille d’Hastings, remportée par le Normand Guillaume le Conquérant sur Harold II d’Angleterre :

Extrait de la Tapisserie de Bayeux , sur lequel la comète de Halley a été représentée comme un mauvais présage pour Harold II d’Angleterre. © Ville de Bayeux, DRAC Normandie, Université de Caen, CNRS, Ensicaen, La Fabrique de patrimoines en Normandie.

En parcourant la Tapisserie, vous croiserez pas moins de 623 personnages, 994 animaux, un grand nombre de végétaux … et une comète ! Continuer la lecture de Que fait la comète de Halley sur la Tapisserie de Bayeux ? →

Dans le Dragon, l’alignement parfait de trois galaxies

Dans la constellation du Dragon, le groupe de NGC 5985, un alignement de trois galaxies, est particulièrement photogénique. 

Entre les deux Ourses :

Si vous cherchez le Dragon dans le ciel, sachez qu’il serpente entre la Petite Ourse et la Grande Ourse. Mais je vous préviens, la constellation compte peu d’étoiles brillantes. La plus lumineuse est Gamma Draconis avec une magnitude de 2,24. Curieusement, on ne lui a pas attribué la première lettre de l’alphabet grec qui lui revenait de droit. Mais pour quelle raison ? Parce qu’il y a cinq mille ans, l’appellation Alpha Draconis a été donnée à une modeste étoile de magnitude 3,7. Mais qu’avait-elle donc de si particulier pour mériter cet honneur ?  Et bien, sachez qu’à cette époque, l’astre en question indiquait tout simplement le pôle céleste, en raison de la précession des équinoxes :

La constellation du Dragon serpente entre les deux Ourses. © Jean-Baptiste Feldmann

La légende la plus répandue au sujet de cette constellation fait référence à Ladon. Dans la mythologie grecque, ce reptile était chargé de surveiller les pommes d’or offertes à Héra pour ses noces avec Zeus. L’animal fut finalement fut tué par Hercule.

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