28 octobre : la Lune passe devant l’amas des Pléiades

Durant les premières heures du 28 octobre, une Lune presque pleine passera devant le célèbre amas d’étoiles des Pléiades.

Spectacle céleste :

L’amas des Pléiades est également appelé Messier 45, la référence de cet objet céleste dans le catalogue qu’a établi au XVIIIe siècle l’astronome français Charles Messier. Ce bel amas d’étoiles se situe à 444 années-lumière de nous dans la constellation du Taureau :

L’ISS, Vénus et l’amas des Pléiades dans la soirée du 2 avril 2020. © CIELMANIA

À l’œil nu, il ressemble à une petite tache laiteuse constituée de sept étoiles relativement brillantes. Alcyone, Atlas, Mérope, Électre, Maïa, Taygète et Pléioné ont en effet des magnitudes comprises entre 3 et 5. Elles sont donc parfaitement identifiables sans instrument. Et quand la Lune décide de s’inviter devant l’amas, c’est toujours un spectacle étonnant. Ce sera le cas dans la nuit du 27 au 28 octobre à partir de 1 heure du matin :

Mais deux jours seulement après la Pleine Lune, notre satellite naturel sera éblouissant. Autant dire que l’observation des étoiles de l’amas sera délicate, et nécessitera l’emploi d’un instrument. Verra-t-on la scène dans une paire de jumelles ? Ou l’emploi d’un télescope sera-t-il plus concluant ? À chacun de se faire son opinion, en tentant d’observer la disparition des plus brillantes étoiles de l’amas. On pourra préalablement simuler l’événement sur Stellarium pour connaître les instants précis des différentes occultations. Je vous invite enfin à visualiser l’ensemble du phénomène sur cette animation.

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Rarissime double explosion cosmique dans la galaxie UGC 242

Phénomène rarissime, deux supernovae sont actuellement observables simultanément dans la lointaine galaxie UGC 242. 

Une faible galaxie dans les Poissons :

En temps ordinaire, la galaxie spirale barrée UGC 242 a peu de chances d’attirer l’attention. Située à 188 millions d’années-lumière, sa magnitude n’est que de 14 ! Autant dire qu’elle n’est pas à la portée du premier télescope venu. Sachez qu’elle se cache dans la constellation des Poissons, sous le célèbre Carré de Pégase. Quant à son nom (UGC), elle le doit au Uppsala General Catalogue of Galaxies. Ce catalogue astronomique, qui recense près de 20.000 galaxies, a été publié en 1973 par l’astronome suédois Peter Nilson. Si UGC 242 est actuellement sous le feu des projecteurs, c’est parce qu’on peut y observer deux supernovae simultanément. La preuve avec cette image réalisée par l’astrophotographe allemand Manfred Mrotzek :

Dans les deux cas, il s’agit de supernovae de type II (SN 2026yum, découverte le 13 août, et SN 2026afqd, découverte le 17 octobre), appelées également supernovae à effondrement de cœur. Ce que l’on observe, c’est l’explosion cataclysmique de deux étoiles massives agonisantes (leur masse est au moins 8 fois plus élevée que celle du Soleil). Les astrophotographes les mieux équipés pourront tenter d’immortaliser cette double explosion cosmique, en s’aidant avec Stellarium pour localiser la galaxie. Quant aux autres, ils suivront l’évolution de la situation en consultant la page de Rochester Astronomy.

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Perseverance bat le record de distance parcourue sur Mars


Depuis le 11 octobre 2026, Perseverance a parcouru le plus long trajet martien. Un record détenu jusqu’à présent par Opportunity.

Toujours plus vite, toujours plus loin :

Perseverance s’est posé sur la planète Mars le 18 février 2021. Depuis, le rover explore le cratère Jezero (un ancien lac) à la recherche de traces de vie microbienne passée. Comme ses quatre prédécesseurs (Sojourner, Curiosity, Spirit et Opportunity), il est motorisé pour pouvoir se déplacer. Il lui aura donc suffit d’un peu plus de 2000 jours martiens pour couvrir la distance qu’Opportunity avait mis 15 ans à franchir. Et pour battre, du même coup, le record de distance parcourue sur un autre astre que la Terre :

Cet exploit, on le doit surtout  à sa capacité de conduite autonome. Grâce à son système de navigation (AutoNav), il photographie le terrain en roulant. Ensuite, il construit une carte en 3D des obstacles qui l’attendent. Et à partir de là, il établit un itinéraire sécurisé pour relier les points de passage sélectionnés par les géologues de la NASA. Cette capacité à analyser la situation tout en avançant lui permet alors de parcourir plus de 400 mètres par jour (au maximum) en toute sécurité :

En 25 ans, les logiciels de conduite autonome des rovers martiens ont fait des progrès spectaculaires. Imaginez que Sojourner réalisait 20 mesures pour se déplacer, là ou Perseverance en effectue 600.000 ! Conséquence, la navigation autonome est devenue prépondérante. Alors qu’elle représentait seulement 5% des déplacements de Spirit et Opportunity, c’est désormais 90% des mouvements de Perseverance qu’elle prend en charge.

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Plus de 2000 galaxies découvertes dans la Vierge

Mené depuis une décennie à Hawaï, un sondage profond de l’amas de la Vierge a révélé l’existence de plus de 2000 nouvelles galaxies. 

Une constellation difficile à visualiser :

Coincée entre le Lion à l’Ouest et la Balance à l’Est, la Vierge a une forme peu évocatrice. Avouez que cette grande constellation ne rappelle guère les déesses de l’Antiquité qui y sont associées. Heureusement pour elle, sa plus brillante étoile, Spica (Alpha Virginis), est assez facilement repérable :

La constellation de la Vierge en début de nuit au printemps. © CIELMANIA/J. François

L’astronome Charles Messier fut le premier à y découvrir des galaxies en 1781, qu’il consigna dans son célèbre catalogue. À la fin du XXe siècle, on en dénombrait environ 1.500, regroupées dans un amas situé à une distance d’environ 50 millions d’années-lumière :

Une multitude de galaxies sont visibles dans l’amas de la Vierge. © Rogelio Bernal Andreo

Depuis une décennie, les astronomes ont entrepris de sonder en profondeur cet amas de galaxies. Pour cela, ils ont utilisé le Canada-France-Hawaï Télescope et MegaCam, une caméra grand champ de 380 mégapixels. Leur sondage, le NGVS (Next Generation Virgo Cluster Survey), vient de s’achever. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il a été fructueux, puisqu’il a révélé l’existence de plus de 2000 nouvelles galaxies. Désormais, l’amas de la Vierge compte officiellement 3680 membres, augmentant ainsi la population de galaxies d’un facteur 2,3. Ce sondage profond va offrir aux astronomes l’opportunité d’étudier la formation, l’évolution et les interactions au sein d’un amas de galaxies.

Représentation de l’empreinte du NGVS (qui couvre une superficie apparente 500 fois plus grande que la Pleine Lune) au-dessus du CFHT. NGVS/CFHT/Jean-Charles Cuillandre
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IC 1396 nous en fait voir de toutes les couleurs

Dans Céphée, l’immense nébuleuse en émission IC 1396 dévoile ses multiples richesses aux astrophotographes aguerris.

Trompe d’éléphant céleste :

IC 1396 est une nébuleuse en émission située à environ 3 000 années-lumière, dans Céphée. Il s’agit d’une vaste région de formation stellaire qui s’étale sur une surface apparente équivalente à quatre fois la Pleine Lune. De la nébuleuse, on connaît surtout la Trompe de l’éléphant, au centre. Vdb 142, c’est son nom, fut découverte par l’astronome américain Edward Barnard en 1893 :

Mais si vous souhaitez photographier IC 1396 dans son ensemble, une courte focale est indispensable. C’est donc tout naturellement que Landon Boehm et Julien De Winter, ont utilisé un télescope Takahashi Epsilon-180ED. L’instrument, d’une focale de 500 millimètres, est installé au Starfront Observatories (Texas). Continuer la lecture de IC 1396 nous en fait voir de toutes les couleurs →

L’éclipse solaire du 1er avril 1764, une affaire de femmes

Trois femmes sont à l’origine de la carte décrivant la trajectoire de l’ombre lunaire à l’occasion de l’éclipse du 1er avril 1764.

Femmes de l’ombre :

Au XVIIIe siècle, la science en général, et l’astronomie en particulier, restent l’apanage des hommes. Ces derniers sont convaincus de leur supériorité, et Giacomo Casanova peut écrire sans être contredit : “Dans une femme, la science est déplacée”. Un déni des compétences féminines qui n’a jamais totalement disparu, et qui depuis 1993 porte un nom : l’effet Matilda. Malgré cela, le XVIIIe compte quelques mathématiciennes qui vont passer à la postérité. En France, on peut citer par exemple Émilie du Châtelet ou encore Nicole-Reine Lepaute :

Nicole-Reine Lepaute (1723-1788), mathématicienne française.

La première est surtout connue pour sa traduction en français des Philosophiæ naturalis principia mathematica d’Isaac Newton. Mais intéressons-nous à la seconde. Aux côtés de Alexis Clairaut et Jérôme de Lalande, Nicole-Reine Lepaute réalise les calculs concernant le retour en avril 1759 de la comète de Halley. Si Edmond Halley est surtout connu pour sa comète, l’illustre astronome britannique s’est également intéressé aux éclipses. Depuis Claude Ptolémée, on connaissait la périodicité de ces phénomènes. Mais on ne savait pas calculer précisément de quel endroit elles seraient visibles :

L’astronome britannique Edmond Halley réalisa la première carte de la trajectoire d’une éclipse solaire, celle du 3 mai 1715.

À l’occasion de l’éclipse du 3 mai 1715, Edmond Halley réalisa la première carte prévisionnelle (ci-dessus). La trajectoire réelle ne différa que d’une trentaine de kilomètres, une précision remarquable pour l’époque. Halley admira le phénomène depuis les terrasses de la Royal Society à Londres (la totalité dura 3 minutes 30). En France, le roi Louis XIV l’observa depuis son château de Marly en compagnie de l’astronome Jacques Cassini. Continuer la lecture de L’éclipse solaire du 1er avril 1764, une affaire de femmes →

Gros plan sur Saturne, au plus près de la Terre

Retour en images sur le passage de Saturne au plus près de la Terre le 4 octobre 2026, en compagnie des meilleurs astrophotographes.

Des anneaux qui s’ouvrent :

L’opposition de Saturne s’est produite le 4 octobre 2026. En effet, tous les 378 jours environ, la planète se trouve à l’opposé du Soleil, se levant quand notre étoile se couche. C’est la meilleure période pour l’observer, puisqu’elle est alors au plus près de la Terre. Cette année, elle se situait à 1,26 milliard de kilomètres. Sa magnitude était de 0,3 et son diamètre apparent de 19,7 secondes d’arc.

Depuis quelques mois, les anneaux (visibles par la tranche en 2025) commencent à s’ouvrir. Les meilleurs astrophotographes ont donc profité de cette nouvelle opposition pour immortaliser la célèbre planète. Des clichés signés Fabrice Morin, Pierre Gilet ou encore Simon Labergère (en fin d’article).

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La grande lunette de Lowell fait toujours rêver

130 ans après sa mise en service, la grande lunette de Percival Lowell sert régulièrement à observer les planètes.

Instrument légendaire :

C’est en 1896 que la grande lunette de Lowell entre en service. Deux ans plus tôt, son riche propriétaire a lancé la construction d’un observatoire dans les montagnes de l’Arizona. Après avoir fait fortune dans l’industrie textile aux côtés de son grand-père, Percival Lowell s’est en effet pris de passion pour l’astronomie. À la lecture des ouvrages de Camille Flammarion, il décide de se consacrer à l’étude de la planète Mars.

Percival Lowell observant Mars avec sa grande lunette. Dessin Christine Sasiad

Avec un objectif de 60 centimètres de diamètre, la lunette qu’il a fait construire est alors l’une des plus grandes du monde. C’est avec cet instrument que son propriétaire étudiera les mystérieux canaux de Mars. 130 ans plus tard, l’instrument est toujours en parfait état. Et il est régulièrement utilisé pour faire observer le ciel nocturne aux nombreux visiteurs, curieux de le découvrir.

La qualité optique de cette grande lunette n’est plus à démontrer. L’optique fut en effet réalisée par l’entreprise américaine Alvan Clark & Sons, l’un des plus grands fabricants de réfracteurs du XIXe siècle.  Autant dire qu’il est toujours possible d’observer et de photographier les astres avec. Et ce sont surtout les planètes qui ont la faveur de cet instrument de très longue focale (environ dix mètres). Nul doute que la vision des anneaux de Saturne, des bandes gazeuses de Jupiter ou de la surface changeante de Mars a de quoi ravir les visiteurs !

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L’occultation de Jupiter, vue de l’Amérique du Nord

Le 6 octobre à l’aube, l’Amérique du Nord était l’emplacement idéal pour admirer Jupiter et ses satellites glisser derrière la Lune.

Spectacle rare :

L’Amérique du Nord a profité d’un beau spectacle céleste le 6 octobre 2026, comme le rappelle le site Astronomy. C’est en effet depuis l’Est des États-Unis et le Sud du Canada que l’on pouvait admirer l’occultation de Jupiter par la Lune. Un phénomène rare, puisque là-bas, le dernier événement de ce type avait eu lieu en 2004. En France, quelques heures plus tôt, les deux astres étaient encore assez distants :

Sur la côte nord-américaine, alors qu’il faisait jour chez nous, les astronomes ont vu le disque de la planète gazeuse “avalé” en quelques dizaines de secondes. Mais rassurez-vous, Jupiter était de retour moins d’une heure plus tard ! Compte tenu du mouvement propre de la Lune, la disparition de la planète s’est produite côté croissant, et la réapparition côté lumière cendrée. Spectacle assuré, avec les images de Antonio Zaurrini, Gino Caporicci et Jonathan Reeves :

Rares, les occultations de planètes par la Lune sont particulièrement photogéniques. Encore faut-il aller les cueillir depuis les quatre coins du monde. En voici quelques exemples, comme en 2019, où il fallait être en Afrique du Sud pour voir Saturne disparaître :

Saturne disparaît derrière la Lune le 29 mars 2019. © Grant Petersen

Puis, en 2022, c’est depuis l’Île de la Réunion qu’on pouvait admirer une partie de cache-cache avec Vénus. La brillante étoile du Berger (qui doit son surnom à son éclat et à sa position sur l’horizon) était alors gibbeuse :

Occultation de Vénus par la Lune le 27 mai 2022. © Quentin Gineys

Enfin, en 2025, la planète Mars s’éclipsait depuis l’Observatoire de Kitt Peak en Arizona. Un timing parfait, puisque l’occultation avait lieu au moment où la quatrième planète du Système solaire était au plus près de la Terre :

Occultation de la planète Mars par la Lune le 13 janvier 2025. © KPNO/NOIRLab/NSF
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L’optique adaptative booste le télescope Keck

Grâce aux progrès de l’optique adaptative, les télescopes terrestres ne cessent d’améliorer leurs performances. 

S’affranchir de la turbulence atmosphérique :

Depuis plus de trente ans, l’optique adaptative (OA) révolutionne l’astronomie terrestre. On doit à Horace W. Babcock d’en avoir imaginé le principe en 1953. Mais la technologie de l’époque ne permettait pas de la mettre en pratique. Développée à partir des années 1970 pour les besoins militaires, l’OA fait son entrée dans le monde de l’astronomie vingt ans plus tard. Mais de quoi parle-t-on exactement ? Pour en savoir plus, je vous invite à regarder cette vidéo proposée par AstroGuigeek :

Aujourd’hui, tous les grands télescopes sont équipés d’une OA, leur permettant de rivaliser avec les télescopes en orbite. Dernière démonstration en date, celle du télescope Keck II. Ce géant, dont le miroir mesure dix mètres de diamètre, est installé avec son jumeau au sommet du Mauna Kea, un volcan endormi sur l’île Hawaii. Le télescope a visé la région du cratère Klaproth, non loin du pôle Sud lunaire. Ce dernier attise les convoitises, en raison de la glace d’eau piégée au fond de ses cratères :

Les deux clichés ont été pris à quelques minutes d’intervalle seulement, illustrant parfaitement la puissance de l’optique adaptative. Grâce à son usage, le Keck II a pu distinguer des détails d’environ 135 mètres de large. Cette performance rivalise avec la résolution du télescope spatial Hubble, ou encore de la caméra grand angle de la sonde LRO. Ce cliché fait désormais partie des images infrarouges de la Lune les plus précises jamais obtenues depuis le sol.

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