Parmi les multiples détails qui ornent la Tapisserie de Bayeux, figure la comète de Halley, dont le passage à cette époque marqua les esprits.
Frise historique inestimable :
Vous avez dit Tapisserie de Bayeux ? Les puristes vous répondront qu’il s’agit en réalité d’une broderie (que l’on peut désormais explorer en ligne). En effet, elle a été cousue sur un tissu préexistant. Pour justifier du qualificatif de tapisserie, il aurait fallu que l’œuvre soit entièrement réalisée sur un métier à tisser. Mais de quoi parle-t-on exactement ? D’une toile de lin longue de 70 mètres et large de 50 centimètres, brodée par on ne sait qui à la fin du XIe siècle. Elle nous raconte les événements qui se sont déroulés entre Normands et Anglais de 1064 à 1066. Une fresque historique inestimable, qui s’achève par la bataille d’Hastings, remportée par le Normand Guillaume le Conquérant sur Harold II d’Angleterre :
C’est au mois de mars 1986 que la sonde européenne Giotto s’approcha à moins de 600 km du noyau de la célèbre comète de Halley.
La plus célèbre des comètes :
Certains d’entre vous se souviennent sans aucun doute du mois de mars 1986 et du dernier passage de la comète de Halley. Elle était devenue célèbre à partir du XVIIIème siècle grâce à Edmond Halley. Cet astronome britannique avait reconnu la périodicité de l’astre chevelu (76 ans) dont les hommes consignaient les passages depuis 611 avant J.-C. Jusqu’à récemment, les comètes inspiraient la peur. D’ailleurs, lors du dernier passage de 1910, on annonça la fin du monde. Il se trouve que les scientifiques avaient calculé que la Terre devait traverser la queue de la comète de Halley (calculs faux d’ailleurs). Et justement, on y avait détecté un gaz mortel, le cyanogène ! En réalité la proportion de ce gaz était beaucoup trop faible pour être inquiétante.
Au printemps 1066, la comète de Halley illumina le ciel nocturne. Ce fut l’un des plus beaux passages de cet astre chevelu.
Des conditions exceptionnelles :
En 1066, elle ne s’appelait pas encore comète de Halley. Il faudra attendre la fin du XVIIe siècle pour qu’elle prenne le nom de l’astronome britannique Edmond Halley. C’est lui qui déterminera sa périodicité (76 ans environ) grâce à ses calculs. Au Moyen Âge, personne ne sait encore ce qu’est une comète et ne peut en imaginer la trajectoire dans le Système solaire. Lorsqu’elle s’approche au cours du printemps 1066, la future comète de Halley se trouve dans des conditions idéales. Elle va passer à seulement 15 millions de kilomètres de la Terre. Par comparaison, lors de son passage en 1986, elle était à 63 millions de kilomètres.
Pendant quelques nuits, son noyau va briller autant que Jupiter. Quant à sa queue de gaz et de poussière, elle s’étire sur un quart de la voûte céleste ! C’est un spectacle qui fascine et impressionne les hommes. À une époque où la pollution lumineuse est inexistante, impossible de ne pas la remarquer.
La comète immortalisée :
Le passage de l’astre chevelu sera consigné aux quatre coins du globe. La comète apparaît sur la tapisserie de Bayeux, une broderie qui raconte les exploits de Guillaume le Conquérant :
En Italie, les archives de la cathédrale de Viterbe mentionnent son observation tout au long du mois d’avril. Dans le Koryo-sa, un traité historique officiel relatant l’histoire de la péninsule coréenne, elle est décrite comme étant aussi grande que la Lune. Son passage est également évoqué dans les Annales du royaume d’Irlande par les quatre maîtres, récits de l’histoire médiévale irlandaise :
Page d’introduction de l’une des versions de la Chronique anglo-saxonne.
Les moines anglais y font allusion dans leur Chronique anglo-saxonne, un manuel d’histoire du royaume diffusé dans les monastères. L’astre chevelu est même dessiné sur les parois rocheuses de Chaco Canyon au Nouveau-Mexique :
Le 22 octobre avant l’aube, l’essaim d’étoiles filantes des Orionides (des poussières abandonnées par la comète de Halley) sera à son maximum d’activité.
De célèbres poussières :
Quand on observe le passage de quelques étoiles filantes, c’est toujours un grand moment. Il suffit pour cela de constater l’engouement que suscitent les Perséides. Imaginez en plus le spectacle si ces flèches lumineuses semblent s’échapper de la plus belle constellation ! C’est le cas chaque année fin octobre avec les Orionides. Car c’est à cette époque que la Terre coupe le nuage de débris abandonnés sur son orbite par Halley.
Il y a 300 ans, le vendredi matin 3 mai 1715, une éclipse totale de Soleil plongeait Londres dans le noir. elle fut nommée éclipse de Halley en hommage à l’astronome britannique Edmond Halley qui en calcula avec précision le déroulement.
Edmond Halley (1656-1742) est surtout connu pour la comète de 1682 dont il détermina la périodicité de 76 ans. Même si Halley ne vit jamais le retour de sa comète en 1758, elle porte désormais son nom. Halley , qui se passionna pour l’étude des astres dès son plus jeune âge, consacra sa vie à l’observation du ciel et calcula un grand nombre d’événements astronomiques.
La sonde européenne Rosetta continue de nous faire découvrir les étonnantes particularités de la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko (Tchouri pour les intimes) sur laquelle on espère toujours voir se réveiller le module Philae.
Après avoir découvert que l’eau de cette comète est très différente de l’eau terrestre, Rosetta vient de révéler une autre singularité de cet astre chevelu : la formation d’un bouclier, équivalent à la magnétosphère terrestre, autour du noyau de la comète.