Tous les articles par Jean-Baptiste FELDMANN

Fin de l’aventure pour la comète C/2026 A1 (MAPS)

En frôlant le Soleil, la comète C/2026 A1 (MAPS) s’est désintégrée le 4 avril, mettant fin à plusieurs semaines de folles spéculations.

Prometteuse comète :

C/2026 A1 (MAPS) aura tenu les astronomes en haleine pendant presque trois mois. Cette comète avait été découverte le 13 janvier 2026 par quatre amateurs, Alain Maury, Georges Attard, Florian Signoret et Daniel Parrott. Je vous avais d’ailleurs présenté cette découverte ici, alors que l’astre chevelu n’avait pas encore reçu sa désignation officielle :

Les premiers calculs ont révélé que la comète faisait partie du groupe de Kreutz. Ce groupe compte quelques membres célèbres, comme C/2011 W3 Lovejoy, et surtout C/1965 S1 (Ikeya-Seki), qui fut visible en plein jour. Une parenté qui, vous l’imaginez bien, a enflammé les imaginations ! Au cours d’un webinaire organisé par la SAF le 14 mars, les astronomes ont fait le point sur cette découverte. Il ne restait plus qu’à attendre le passage au périhélie, pour savoir si la comète y survivrait :

Le 4 avril, chacun a pu voir C/2026 A1 (MAPS)  foncer en direction du Soleil, masqué par le cache du coronographe LASCO (Large Angle and Spectrometric COronagraph). La suite nous restera cachée à jamais, mais on peut aisément l’imaginer. À moins de 200.000 kilomètres de la surface de notre étoile, C/2026 A1 (MAPS) s’est littéralement vaporisée. Quelques heures plus tard, on a identifié ce qui pourrait être un nuage de débris cométaires s’éloignant du Soleil :

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Éphémérides : le ciel du mois d’avril 2026

Une comète qui contourne le Soleil, le rendez-vous des Pléiades avec la Lune et l’éclatante Vénus sont au menu de ce mois d’avril 2026.

C/2026 A1 (MAPS), la grande inconnue :

Ce mois d’avril 2026 sera-t-il celui de la comète MAPS ? Impossible à dire au moment de la rédaction de ces éphémérides. L’astre chevelu, découvert le 13 janvier par des amateurs, semble bien prometteur. L’évolution de sa luminosité laisse penser qu’il pourrait être assez brillant autour du périhélie (à suivre ici). Mais les comètes, c’est bien connu, n’en font qu’à leur tête. Et personne ne peut dire si C/2026 A1 (MAPS) résistera à son passage au plus près du Soleil le 4 avril. Un spectacle que tout le monde pourra vivre sans danger sur son ordinateur (voir plus bas).

Autre comète à surveiller, C/2025 R3 (PanSTARRS), à suivre ici. Elle aussi pourrait nous réserver une belle surprise durant ce mois d’avril, son périhélie ayant lieu le 19 :

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Mars 1996 : la comète Hyakutake illumine le ciel nocturne

Le mois de mars 1996 fut marqué par l’arrivée rapide de la somptueuse comète Hyakutake qui fit un passage remarqué.

Découverte inattendue :

Les plus anciens s’en souviennent : au début de l’année 1996, les astronomes surveillaient l’arrivée de la comète Hale-Bopp, repérée six mois plus tôt par deux observateurs américains. Les calculs laissaient présager d’un beau spectacle au printemps 1997, ce qui fut bien le cas. Mais le 30 janvier 1996, un astronome amateur japonais, Yuji Hyakutake, repère une nouvelle comète avec une paire de jumelles Fujinon 25X150. La comète prend son nom et fait un passage aussi rapide que remarqué :

comet

Voici l’image que j’avais réalisée à l’époque. C’est en réalité l’assemblage de deux clichés. Sur l’un, la comète prise avec un objectif de 50 millimètres de focale. La pose (sur diapo)  était de 5 minutes, le boîtier étant installé sur une monture équatoriale. Sur l’autre, un observateur à l’oculaire du télescope de 1 mètre de diamètre de Puimichel. Continuer la lecture de Mars 1996 : la comète Hyakutake illumine le ciel nocturne

Tango cosmique pour les galaxies NGC 2207 et IC 2163

Dans le Grand Chien, les galaxies spirales NGC 2207 et IC 2163 s’enlacent délicatement, dans un tango cosmique envoûtant. 

Galaxies en interaction :

Si vous aimez la douceur, vous ne manquerez pas d’admirer la tendre union entre NGC 2207 et IC 2163. Les deux galaxies que vous voyez sont blotties dans la constellation du Grand Chien. Quand vous pointerez votre télescope dans cette direction, attention quand même à l’éblouissante Sirius, située à proximité :

Vous remarquerez d’abord NGC 2207 (magnitude 11), découverte par John Herschel en 1835. Elle a naturellement pris place dans le New General Catalogue of Nebulae and Clusters of Stars (NGC) publié en 1888 par John Dreyer. En insistant un peu, vous détecterez ensuite la seconde galaxie, IC 2163, moins lumineuse (magnitude 12). Elle ne fut découverte qu’en 1898 par Herbert Alonzo Howe. Voilà qui explique son référencement ultérieur dans l’Index Catalogue (IC). Ces deux galaxies se situent à environ 135 millions d’années-lumière. L’astrophotographe Adam Block en a réalisé ce superbe portrait :

Il aura fallu 19 heures de poses avec un télescope de 61 centimètres de diamètre pour obtenir un cliché aussi détaillé. Comme vous pouvez le voir ici, ce séduisant couple galactique n’a pas échappé non plus aux télescopes spatiaux Hubble et JWST. Vous le savez peut-être, mais lorsque des galaxies interagissent, les forces de marée gravitationnelles étirent les belligérants. La collision déclenche également des flambées de naissances stellaires. Avec à la clé une profusion de jeunes étoiles bleutées et de nuages ​​de gaz. Des indices qui ne manqueront pas d’attirer votre attention en scrutant ce tango cosmique.

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La lumière cendrée salue l’arrivée du printemps

Ce 20 mars 2026 marquait le début du printemps dans l’hémisphère Nord, accompagné d’une belle lumière cendrée en soirée.

Mécanique céleste :

L’arrivée du printemps n’a rien d’arbitraire. Ce changement de saison est dicté par le mouvement apparent du Soleil. Le jour de l’équinoxe, il surplombe exactement l’équateur terrestre, éclairant à parts égales le Nord et le Sud de notre planète. Ce franchissement de l’équateur céleste s’effectue dans le sens Sud-Nord le 20 mars (c’est la même date depuis 2008 et ça le restera jusqu’en 2043). Le Soleil effectuera le franchissement inverse (dans le sens Nord-Sud) à l’occasion de l’équinoxe d’automne. Ce 20 mars, la durée du jour est égale à la durée de la nuit. Cette égalité est à l’origine du mot équinoxe, du latin æquus (égal) et noxnoctis (nuit).

La Nouvelle Lune ayant eu lieu le 19 mars, le jeune croissant était visible durant cette première soirée de printemps. Lorsque le ciel a été assez sombre, on pouvait de plus admirer une superbe lumière cendrée. Un spectacle que je n’ai pas manqué d’immortaliser. Pour l’occasion, j’ai fixé un boîtier Nikon D3200 au foyer d’une lunette Bresser 102/460. Et voici le résultat, obtenu avec une seconde de pose à 800 iso :

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Regardez passer l’ISS, avec à son bord Sophie Adenot

La seconde quinzaine du mois de mars nous offre la possibilité d’observer en soirée la Station spatiale (ISS) avec à son bord Sophie Adenot.

Meccano géant :

l’ISS (International Space Station) est un assemblage de modules et de panneaux solaires de la taille d’un terrain de football. Elle passe régulièrement au-dessus de nos têtes à plus de 300 kilomètres d’altitude. La première mission de longue durée, Expédition 1, s’est déroulée il y a vingt-cinq ans. Depuis, la Station est occupée sans interruption. Le spationaute français Thomas Pesquet y séjournait en 2021. C’est désormais au tour de Sophie Adenot. Elle est à bord de la Station depuis le mois de février dans le cadre de la Mission Epsilon.

L’ISS au-dessus du château des Carbonnières dans le Beaujolais. © Jean-Baptiste Feldmann

Il est possible de voir passer la Station spatiale dans le ciel lorsqu’elle nous survole en début ou en fin de nuit. C’est à ce moment que le Soleil (sous l’horizon) éclaire toute la structure. La Station peut alors briller aussi fort que Vénus.

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Comète C/2026 A1 (MAPS) : à quoi s’attendre ?

Découverte il y a quelques semaines, la comète C/2026 A1 (MAPS) est l’objet de nombreuses spéculations. Que peut-on réellement espérer voir ?

Lointaine mais déjà célèbre :

C/2026 A1 (MAPS) a beau être encore bien faible (magnitude 10 au moment de la rédaction de cet article), elle a déjà fait couler beaucoup d’encre. Les spéculations vont bon train, certains sites annonçant une magnitude de -20 au moment du périhélie le 4 avril 2026 ! Le 14 mars, la SAF a organisé un webinaire en présence des découvreurs de la comète. Une cinquantaine de personnes ont suivi cette cession, animée par Thierry Midavaine et Denis Huber, Vice-Président du GAPRA. L’occasion de faire le point sur cette découverte et sur ce qui devrait se passer dans les jours à venir.

La comète photographiée le 12 mars 2026. © Gerald Rhemann/Michael Jäger
Un engouement justifié :

Rappelons que C/2026 A1 (MAPS) a été détectée le 13 janvier par une équipe d’astronomes amateurs. Le récit de cette découverte est à retrouver sur le blog d’Alain Maury :

Rapidement, les calculs ont montré que cette comète faisait partie du groupe de Kreutz. Il s’agit d’un ensemble de petits astres chevelus (rattachés à la dislocation de la comète d’Aristote, observée en -371), qui s’aventurent régulièrement à proximité du Soleil. Ce groupe compte quelques membres célèbres, comme C/2011 W3 Lovejoy, et surtout C/1965 S1 (Ikeya-Seki), qui fut visible en plein jour. Une parenté qui a enflammé les imaginations, et, fait rarissime, a poussé les astronomes à chambouler le programme du JWST pour photographier ce nouvel astre chevelu :

À quoi s’attendre :

Précisons tout d’abord que la trajectoire de cette comète est malheureusement défavorable aux observateurs de l’hémisphère Nord. Ces derniers auront sans doute beaucoup de mal à l’observer au-dessus de l’horizon Ouest, dans les lueurs du couchant. Le spectacle profitera aux observateurs situés au niveau de l’Équateur et plus au Sud :

Dans un récent article, l’astrophotographe Nicolas Lefaudeux propose plusieurs scénarios d’évolution de la comète. Les spécialistes s’accordent actuellement sur la troisième option :

L’un des temps forts est fixé au 4 avril. Ce jour-là, la comète contournera le Soleil. Un spectacle étonnant que chacun pourra suivre grâce à SOHO (Solar and Heliospheric Observatory), un observatoire solaire américain :

Il suffira alors de se rendre sur la page des instruments LASCO (Large Angle and Spectrometric COronagraph). En temps normal, C2 (champ étroit) et C3 (grand champ) permettent d’étudier la couronne solaire. Mais pendant quelques heures, la comète C/2026 A1 s’invitera dans le champ de ces coronographes.

Je remercie vivement Denis Huber pour la mise à disposition des visuels qui illustrent cet article, visuels présentés durant le webinaire du 14 mars. Vous retrouverez un article de Denis au sujet de cette comète dans le numéro d’avril de la revue L’Astronomie.

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La sonde Giotto survolait la comète de Halley il y a 40 ans

C’est au mois de mars 1986 que la sonde européenne Giotto s’approcha à moins de 600 km du noyau de la célèbre comète de Halley.

La plus célèbre des comètes :

Certains d’entre vous se souviennent sans aucun doute du mois de mars 1986 et du dernier passage de la comète de Halley. Elle était devenue célèbre à partir du XVIIIème siècle grâce à Edmond Halley. Cet astronome britannique avait reconnu la périodicité de l’astre chevelu (76 ans) dont les hommes consignaient les passages depuis 611 avant J.-C. Jusqu’à récemment, les comètes inspiraient la peur. D’ailleurs, lors du dernier passage de 1910, on annonça la fin du monde. Il se trouve que les scientifiques avaient calculé que la Terre devait traverser la queue de la comète de Halley (calculs faux d’ailleurs). Et justement, on y avait détecté un gaz mortel, le cyanogène ! En réalité la proportion de ce gaz était beaucoup trop faible pour être inquiétante.

Représentation de la sonde Giotto et de la comète de Halley en 1986. © ESA

En 1986, tous les scientifiques attendaient donc avec impatience le retour de la plus célèbre des comètes. Son passage fut peu spectaculaire, mais pas moins de cinq sondes furent envoyées à sa rencontre. Outre les soviétiques Vega 1 et 2, il y eu Suisei et Sakigake pour les Japonais, ainsi que Giotto pour les Européens. Continuer la lecture de La sonde Giotto survolait la comète de Halley il y a 40 ans

L’atmosphère de Jupiter dévoile lentement ses secrets

Les observations de Jupiter ne cessent de révéler la complexité des phénomènes météorologiques qui agitent son atmosphère.

Météo de l’extrême :

L’atmosphère de Jupiter est un sujet d’étude depuis plus de 4 siècles. De Galilée jusqu’aux dernières images capturées par la sonde Juno, vortex et tempêtes joviennes intriguent les observateurs. Poussés par des vents à près de 400 km/h et sans relief pour les stopper, certains cyclones sont visibles pendant des années. Record absolu pour la Grande tache rouge (GTR), cette célèbre formation observée depuis le XIXe siècle :

Visible depuis 1831, la Grande tache rouge, est un cyclone deux fois plus grand que la Terre. C’est la plus ancienne formation météorologique connue sur Jupiter. © NASA/ESA

À l’aide des mesures fournies par les sondes interplanétaires (Pioneer 10, Voyager, Galileo et Juno, en attendant celles de Juice) les scientifiques ont commencé à dresser le portrait de cette turbulente couche nuageuse. Et progressent peu à peu dans leur compréhension des phénomènes qui s’y déroulent. Continuer la lecture de L’atmosphère de Jupiter dévoile lentement ses secrets

Le Soleil filtré par le nuage de sable venu du Sahara

Le nuage de sable du Sahara qui recouvre actuellement la France joue très efficacement le rôle d’un filtre pour observer le Soleil.

Ciel voilé :

Vous l’avez remarqué, le ciel s’est teinté d’ocre depuis quelques jours. En cause, un nuage de sable qui nous arrive tout droit du Sahara. Le phénomène est également bien visible sur nos voitures ! Pour les astronomes, ce filtre atténue considérablement les images nocturnes. Mais pour l’observation du Soleil, il a un effet positif. En temps habituel, comme je vous l’ai déjà expliqué, il est indispensable d’utiliser un filtre (comme par exemple le ASTF 80). C’est seulement à cette condition que vous allez pouvoir observer sans danger la surface de notre étoile. Mais actuellement, c’est ce nuage de particules qui joue ce rôle :

La preuve avec cette image réalisée ce matin avec mon boîtier Panasonic FZ 82. On y voit notamment quelques taches solaires, encore mieux sur le cliché réalisé quelques minutes plus tard :

Mais attention, c’est seulement lorsque le Soleil apparaît au ras de l’horizon que l’on peut réaliser ce genre d’images !  Car rapidement, notre étoile devient trop lumineuse pour être observée sans danger. Il faut alors impérativement protéger vos yeux… et le capteur de votre boîtier photo !

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L’éruption de la comète 29P/S-W se confirme

L’éruption récente de la comète 29P/S- W (Schwassmann-Wachmann) a bien provoqué l’apparition d’un halo de particules glacées.

Une comète à sursauts :

Il se passe toujours quelque chose sur la comète 29P/Schwassmann-Wachmann. Comme je vous le racontais dans mon billet du 14 février 2026, une nouvelle éruption s’est produite. Il faut dire que l’on en observe régulièrement sur cet astre chevelu découvert il y a un siècle. Ces éruptions sont causées par le cryovolcanisme. Lorsque la surface gelée du noyau de la comète se fracture, elle laisse échapper de la glace et des poussières. Chaque éruption s’annonce par une baisse d’éclat de la comète. C’est le signe que la croûte du noyau est devenue hermétique à tout dégazage. Quand la pression devient trop forte, la surface finit par céder. Dans les semaines qui suivent, on doit alors observer autour du noyau de la comète l’expansion d’un halo de particules glacées. C’est bien ce qu’a photographié Akihiro Yamazaki le 22 février dans la constellation du Lion :

30 minutes de poses avec un télescope Epsilon 180 ED permettent de visualiser ce halo. Remarquez la couleur verdâtre du carbone diatomique présent dans la comète, excité par le rayonnement solaire. L’étoile la plus brillante du champ est HD 99005 (magnitude 8,8). Notez aussi la présence d’une lointaine galaxie de magnitude 16, PGC 104111.

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Éphémérides : le ciel du mois de mars 2026

Pour ce mois de mars 2026, je vous propose de tenter un joli marathon nocturne et d’admirer le retour de Vénus en soirée. 

Un marathon un peu particulier :

Et si vous profitiez de ce mois de mars 2026 pour tenter le marathon Messier ? Cet amical défi consiste à observer avec un télescope tous les objets Messier (dont voici la liste) en une seule nuit. La meilleure période se situe autour de l’équinoxe de printemps. Pour cette année cochez les weekends (sans Lune) des 14-15 et 21-22 mars. Petit retour sur l’édition 2023 :

Rappelons que le catalogue Messier a été compilé par l’astronome français Charles Messier à la fin du XVIIIe siècle. Il se compose de 110 objets du ciel profond relativement brillants. On peut pointer au choix des galaxies comme celle d’Andromède, des nébuleuses (diffuses ou planétaires) ainsi que des amas d’étoiles (amas ouverts ou amas globulaires). Continuer la lecture de Éphémérides : le ciel du mois de mars 2026

À l’Observatoire d’Odessa, la science face à la guerre

Depuis le début de la guerre en Ukraine, l’Observatoire d’Odessa tente de préserver ses activités, ainsi qu’un riche patrimoine.

Riche passé :

Odessa, ville portuaire sur la Mer Noire, accueille un observatoire astronomique depuis plus de 150 ans. Dans ce reportage, on apprend qu’il a ouvert ses portes le 15 août 1871, six ans après la fondation dans la ville (alors russe) d’une université voulue par le tsar Alexandre II. À la fin du XIXe siècle, l’observatoire a été équipé d’un réfracteur de 165 millimètres de diamètre réalisé par l’entreprise T. Cooke et Fils. Restaurée il y a quelques années, cette belle lunette sert désormais pour les observations publiques :

Mykola Koshkin, le directeur actuel, derrière la lunette de 165 millimètres. © O. Naselenko

Plusieurs télescopes ont ensuite été mis en service durant le XXe siècle. L’observatoire a connu un essor important, sous la houlette de son directeur Volodymyr Tsesevitch (1907-1983), spécialiste des étoiles variables. À tel point que l’institution employait jusqu’à 150 personnes dans les années 1970. Mais surtout, l’observatoire a accumulé plus de cent mille clichés célestes durant un siècle. Des trésors, dont un certain nombre sous forme de plaques en verre recouvertes d’une émulsion photosensible. Continuer la lecture de À l’Observatoire d’Odessa, la science face à la guerre

Clap de fin pour le célèbre “Guide du ciel”

L’auteur scientifique Guillaume Cannat prend sa retraite, mettant fin à plusieurs décennies de publications, dont le fameux Guide du ciel.

De la belle vulgarisation :

En trois décennies, le Guide du ciel était devenu un ouvrage incontournable pour tous les amoureux du ciel. Accompagnant chaque sortie nocturne, il fourmillait d’idées d’observations. Riche en conseils, il était également orné de très nombreux schémas simulant les différents événements célestes. J’en ai moi-même conservé un certain nombre d’exemplaires. Une fois “périmés”, ils se sont retrouvés sagement rangés dans ma bibliothèque.

Depuis plus de 30 ans, les ouvrages de Guillaume Cannat accompagnent les astronomes amateurs et les curieux du ciel, en particulier son incontournable Guide. © CIELMANIA

Cette aventure a débuté en 1994 pour son auteur, Guillaume Cannat. Passionné d’astronomie, il décide alors d’en vivre. Entre écriture d’ouvrages, animations et sensibilisation du public, Guillaume Cannat s’impose peu à peu comme une personnalité incontournable de la vulgarisation scientifique en France.  Une action qui lui vaut d’avoir désormais son nom accroché au firmament, avec l’astéroïde (22512) Cannat. Parallèlement, il observe et photographie inlassablement le ciel nocturne. Pour assouvir sa passion, il n’hésite pas à construire ou faire construire différents instruments d’observation. Dernier en date, un impressionnant télescope de 76 centimètres de diamètre :

Guillaume Cannat explore le ciel avec un télescope géant. © Guillaume Cannat

Aujourd’hui, après 88 livres publiés (dont 31 éditions pour le Guide du ciel) et de très nombreux billets sur son blog Autour du ciel, Guillaume a décidé de tourner la page. Il veut désormais pouvoir se consacrer entièrement à l’observation des astres et de la nature, au cœur des Cévennes, région qu’il affectionne tant. Souhaitons-lui encore de très nombreuses nuits étoilées !

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Les astronomes traquent d’étonnants flashs lunaires

Plusieurs télescopes scrutent la Lune en permanence pour enregistrer les flashs d’impacts provoqués par la chute de météorites.

La Lune bombardée :

Sur la Lune, les impacts de météorites sont loin d’être négligeables. On estime même qu’il pourrait y en avoir une dizaine par heure ! C’est un nombre impressionnant, mais somme toute assez normal. Car, contrairement à la Terre, la Lune ne dispose pas d’une atmosphère protectrice pour échauffer et désintégrer la plupart des météorites. Les impacts y sont donc fréquents :

Impact lunaire (point rouge) enregistré durant l’éclipse du 21 janvier 2019. © Zuluaga

La chute la plus spectaculaire est certainement celle du 25 juin 1178. Elle fut consignée par cinq moines anglais. Ce soir là, ils virent “une torche embrasée qui vomissait des flammes” sur le bord du croissant lunaire. Les astronomes y ont depuis localisé un cratère de 22 kilomètres de diamètre. La “jeunesse” de cet impact est confirmée par une série de rayons clairs tout autour. Hormis cet événement, seuls les impacts les plus lumineux ont été détectés pendant longtemps, un peu par hasard. Mais cette situation est en train de changer. Continuer la lecture de Les astronomes traquent d’étonnants flashs lunaires

Ces étudiants français vivent (presque) sur la planète Mars

Un groupe d’étudiants de l’ISAE-SUPAERO a rejoint la Mars Desert Research Station dans l’Utah pour y simuler un séjour martien.

Comme sur la Planète rouge :

Ils sont sept étudiants de l‘Institut Supérieur de l’Aéronautique et de l’Espace. Leur école d’ingénieurs, installée à Toulouse, a notamment formé l’astronaute française Sophie Adenot, actuellement en mission à bord de l’ISS. Les sept chanceux sélectionnés constituent désormais l’équipage 330 :

Ils viennent de rejoindre le désert de l’Utah aux Etats-Unis, plus exactement la Mars Desert Research Station. Construite au début des années 2000, la MDRS est un laboratoire de recherche. Géré par la Mars Society, il accueille chaque année des étudiants de l’ISAE-SUPAERO, mais pas seulement. Ce sont en effet plus de 270 équipages qui s’y sont succédés en un quart de siècle. Au cours de missions qui durent quelques semaines, les participants peuvent s’entraîner à simuler les conditions de vie sur la Planète rouge :

Durant leur séjour, les sept étudiants de l’ISAE-SUPAERO vont pouvoir effectuer différentes recherches. Quinze expériences scientifiques  et démonstrations technologiques sont programmées, à découvrir ici. Leur séjour (partagé dans des rapports de mission) sera aussi l’occasion de tester la cohésion de leur groupe dans un espace confiné. Le tout dans les paysages ocres de l’Utah, rappelant irrésistiblement ceux de la planète Mars :

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Nouvelle éruption sur la comète 29P/Schwassmann-Wachmann

Des amateurs viennent à nouveau d’enregistrer un spectaculaire sursaut d’éclat sur l’étonnante comète 29P/Schwassmann-Wachmann.

Imprévisible comète :

L’histoire de la comète 29P/Schwassmann-Wachmann (éphémérides ici) débute le 15 novembre 1927. Cette nuit-là, deux astronomes allemands, F. Schwassmann et A. Wachmann découvrent un astre chevelu à l’Observatoire de Hambourg. Les calculs révèlent qu’il s’agit d’une grosse comète d’environ 60 kilomètres de diamètre qui orbite un peu au delà de Jupiter, avec une période de 14,7 ans. Mais rapidement, l’astre chevelu intrigue : il montre de spectaculaires sursauts d’éclat, gagnant jusqu’à cinq ou six magnitudes en quelques semaines. En 2013, le phénomène a été clairement mis en évidence par Damian Peach :

Évolution de l’aspect de la comète 29P/S-W après une éruption en 2013. Un halo de particules glacées s’étend autour du noyau entre le 16/06 et le 28/07. © Damian Peach

Pour expliquer ces sursauts d’éclat, les astronomes évoquent le cryovolcanisme. Lorsque la surface gelée du noyau de la comète se fracture, elle laisse échapper de la glace et des poussières. Un phénomène qui s’observe également sur diverses lunes glacées comme Ganymède ou Encelade. Continuer la lecture de Nouvelle éruption sur la comète 29P/Schwassmann-Wachmann

Zoom sur la nébuleuse planétaire NGC 6445

Beaucoup plus discrète que certains objets célestes du Sagittaire, la nébuleuse planétaire NGC 6445 nous dévoile (un peu) ses secrets.

Une nébuleuse discrète mais belle :

À première vue, NGC 6445 a peu de chances de figurer dans le top dix des objets célestes incontournables du Sagittaire. Elle est aussi petite (moins de deux minutes d’arc) que faible (magnitude 11). Autant dire que les observateurs lui préfèrent de brillantes nébuleuses comme la Trifide. Mais l’astrophotographe Wolfgang Promper (Astro-Pics) aime bien les défis. Il faut dire qu’il ne lésine pas sur les moyens, puisqu’il photographie le ciel nocturne avec un télescope de 60 centimètres de diamètre sous le ciel noir de la Namibie ! Après la galaxie Centaurus A, il nous offre cette très belle image réalisée avec près de 23 heures de poses :

La nébuleuse planétaire NGC 6445 dans le Sagittaire. © Wolfgang Promper

Cette nébuleuse, découverte par William Herschel en 1786, porte également le nom de nébuleuse de la Boîte. Vous vous demandez pourquoi ? La réponse se trouve dans le dessin qu’en a fait Bertrand Laville, lui aussi depuis la Namibie. L’astrodessinateur la surnomme même “le pâté en croûte” ! Des études récentes ont montré que NGC 6445 faisait partie des nébuleuses bipolaires, dont le plus bel exemple est Hubble 12. Comme toutes les nébuleuses planétaires, elle a été créée par l’explosion d’une étoile géante rouge. Cette dernière, en fin de vie, a violemment expulsé les couches externes de son atmosphère. Il ne reste plus qu’un noyau stellaire extrêmement dense et chaud, appelé naine blanche. Le rayonnement ultraviolet (UV) de cette naine blanche centrale continue d’exciter le gaz expulsé, le faisant briller.

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La mort d’une comète saisie par le télescope Gemini Nord

Depuis Hawaii, le télescope Gemini Nord a suivi la désintégration de la comète C/2025 K1 (ATLAS) durant l’automne 2025.

Télescopes jumeaux :

Doté d’un miroir de huit mètres de diamètre, le télescope Gemini Nord est situé sur le Mauna Kea, à plus de 4000 mètres d’altitude. Il scrute le ciel de l’hémisphère Nord, pendant que son frère jumeau étudie le ciel austral depuis le Cerro Pachón. Les deux instruments, opérationnels depuis 25 ans, sont gérés par l’AURA (Association of Universities for Research in Astronomy). C’est avec l’instrument situé à Hawaii que les astronomes ont pu suivre la fragmentation de la comète C/2025 K1 (ATLAS) :

On se souvient que cet astre chevelu avait été découvert en mai 2025 grâce au programme ATLAS. Puis la comète était passée début octobre à seulement 49 millions de kilomètres du Soleil. Un rapprochement qui s’était finalement soldé par une fragmentation prévisible du noyau. Le phénomène avait été enregistré entre autres par le télescope spatial Hubble et un instrument de l’Inaf. Il n’avait pas non plus échappé à certains astronomes amateurs, comme le français Denis Huber. Prises entre novembre et décembre 2025, les images du Gemini Nord ont alors permis de suivre l’évolution de cette fragmentation :

Rappelons quand même que le phénomène n’est pas rare. Dans le passé, d’autres comètes ont connu le même sort. On pourrait citer le cas de C/2019 Y4 par exemple, ou encore celui de C/2025 F2. Un destin qui sera peut-être aussi celui de C/2026 A1 (MAPS), la comète découverte en janvier 2026 par des amateurs.

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Tout savoir sur l’éclipse solaire du 12 août 2026

L’éclipse de Soleil du 12 août 2026 sera l’événement astronomique majeur de l’année. Voici tout ce qu’il faut savoir à son sujet.

Grandiose spectacle :

Le 12 août 2026, l’Europe, et plus particulièrement la France et l’Espagne, connaîtront une éclipse solaire exceptionnelle. Il faut remonter au 11 août 1999 pour retrouver un tel événement. Ce jour-là, le nord de la France avait bénéficié de quelques minutes d’obscurité en plein jour :

Un spectacle extraordinaire qui va se reproduire durant l’été 2026 à nos portes. Bien entendu, d’autres éclipses totales de Soleil ont eu lieu entre temps, puisqu’on en compte en moyenne deux par an dans le monde. Pourtant, jamais depuis 1999 le phénomène ne s’était reproduit aussi près de la France. Mais de quoi parle t-on exactement ? C’est ce que nous explique Jean-Marc Lecleire, auteur du livre Les soleils noirs de 2026 et 2027 :

Puis, dans une seconde vidéo, il détaille le déroulement de l’éclipse solaire du 12 août 2026 :

Dans le troisième épisode, vous allez découvrir comment se déroulera la phase totale de l’éclipse en Espagne :

L’épisode 4 vous propose une autre alternative à l’Espagne : l’Islande, l’autre pays où l’éclipse sera totale :

En complément, vous pouvez également consulter les pages de Stelvision, la SAF, la Cité de l’espace ou encore l’IMCCE. Et n’oubliez pas : où que vous soyez en le 12 août 2026, il vous faudra impérativement des lunettes de protection, disponibles par exemple chez Stelvision. C’est l’objet de l’épisode 5 :

Pas encore persuadé de l’intérêt d’assister à un tel spectacle ? L’épisode n°6 devrait convaincre les derniers septiques :

À propos des éclipses de Soleil :

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