Tous les articles par Jean-Baptiste FELDMANN

En vidéo : aurores boréales depuis les Hauts-de-France

Depuis 2024, l’astrophotographe Pierre-Olivier Castille traque les aurores boréales dans le ciel des Hauts-de-France.

Au plus près des aurores boréales :

À première vue, la région des Hauts-de-France (composée du Nord-Pas-de-Calais et de la Picardie) n’est pas forcément la meilleure pour les amoureux des étoiles. Ceux qui recherchent des ciels clairs pour assouvir leur passion vont naturellement privilégier le sud du pays. Mais vivre dans le Nord-Pas-de-Calais présente un intérêt certain pour celui qui chasse les aurores boréales. Rappelons que ces draperies lumineuses se forment lorsque des particules solaires entrent dans la haute atmosphère. Ces particules pénétrant par les pôles magnétiques, on les admire logiquement depuis les régions polaires. Le Nord de la France devient donc un belvédère idéal, pour peu que les aurores descendent un peu en latitude :

Les années 2024 et 2025 viennent de connaître un maximum d’activité solaire, ce qui a favorisé l’apparition de ces aurores. Et 2026 a bien démarré, puisqu’une nouvelle tempête solaire s’est produite le 19 janvier. L’astrophotographe Pierre-Olivier Castille (Astropassion) a regroupé dans une vidéo ses plus belles images, preuve que le ciel des Hauts-de-France n’est pas toujours envahi par les nuages ! Continuer la lecture de En vidéo : aurores boréales depuis les Hauts-de-France

Prenez le temps de contempler la lumière cendrée

Spectacle d’une délicate beauté, la lumière cendrée s’offre à nos yeux émerveillés quelques jours chaque mois.

Ciel pour tous :

Avez-vous déjà entendu parler de la lumière cendrée ? Cette douce clarté, environ 10.000 fois plus faible que la Pleine Lune, permet de distinguer le reste du disque lunaire. On peut l’admirer deux ou trois jours avant ou après la Nouvelle Lune, quand le croissant n’est pas trop éblouissant. La lumière solaire renvoyée par la Terre donne au reste du disque lunaire un aspect gris clair comme de la cendre, d’où son nom. On doit à Léonard de Vinci la première explication du phénomène. Voici par exemple ce qu’on voyait dans la soirée du 21 janvier :

Ce spectacle, appelé aussi clair de Terre, est observable très facilement. Pas besoin de télescope pour l’admirer (comme pour les planètes) ni de se déplacer (cas d’une éclipse de Soleil). Les yeux suffisent pour s’en délecter avec l’appui éventuel d’une paire de jumelles :

Je ne peux que vous encourager à savourer cette féérie. Pour cela, consultez régulièrement les éphémérides pour y repérer l’époque de chaque Nouvelle Lune. À l’aube un peu avant, ou au crépuscule juste après, vous pourrez en profiter, pour peu que votre ciel soit dégagé. Certains astrophotographes, comme le regretté Fred Espenak, on même filmé cet instant de grâce, ici en 2015 :

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Curieuse découverte dans la célèbre nébuleuse de la Lyre

On croyait tout savoir sur la nébuleuse de la Lyre. De nouvelles observations révèlent la présence d’un mystérieux nuage de fer.   

Célèbre nébuleuse :

La nébuleuse de la Lyre est l’un des objets astronomiques les plus connus. Découverte en 1779 par Charles Messier, elle est depuis l’une des cibles favorites des astronomes. Il faut dire que cette nébuleuse planétaire est assez brillante (magnitude 9,4), et surtout facile à pointer. Stelvision lui consacre d’ailleurs une fiche d’observation qui vous donnera toutes les informations utiles pour l’admirer. Une telle vedette ne pouvait bien sûr pas échapper aux télescopes spatiaux. Le JWST n’a pas manqué de l’immortaliser, dix ans après le  télescope Hubble :

Comme toutes les nébuleuses planétaires, Messier 57 (NGC 6720) a été créée par l’explosion d’une étoile géante rouge. Cette dernière, en fin de vie, a violemment expulsé les couches externes de son atmosphère. Il ne reste plus qu’un noyau stellaire extrêmement dense et chaud, appelé naine blanche. Le rayonnement ultraviolet (UV) de cette naine blanche centrale excite le gaz expulsé, le rendant lumineux. Continuer la lecture de Curieuse découverte dans la célèbre nébuleuse de la Lyre

6AC4721, une comète découverte par des amateurs

Une équipe d’amateurs vient de découvrir une nouvelle comète, 6AC4721. Elle pourrait  nous offrir un joli spectacle au printemps.

Travail d’équipe :

De toute évidence, la découverte de 6AC4721 [nom définitif C/2026 A1 (MAPS)] ne doit rien au hasard. C’est en effet la huitième comète à mettre au crédit du programme MAPS. Sans parler des astéroïdes : plus d’une centaine en 2025, de quoi faire rêver bien des professionnels. Mais qui sont donc les quatre mousquetaires de MAPS (initiales de Maury, Attard, Parrott et Signoret), tous amateurs ? Alain Maury a monté son observatoire (SpaceObs) dans le désert d’Atacama au Chili, où il accueille les amoureux des étoiles. Pendant qu’il leur fait admirer les beautés du ciel nocturne austral, quatre télescopes de Schmidt de 28 centimètres de diamètre (f/2,2) entièrement automatisés traquent astéroïdes et comètes :

Les quatre télescopes qui servent à détecter comètes et astéroïdes. © SpaceObs/MAPS

Lorsqu’Alain va se coucher, Georges Attard et Florian Signoret (tous trois sont membres du GAPRA) prennent le relais quand ils se réveillent en France. Informaticiens, ils ont développé des programmes pour optimiser la recherche de nouveaux corps célestes sur les images astronomiques. Tout comme Daniel Parrott, auteur du logiciel Tycho Tracker. Continuer la lecture de 6AC4721, une comète découverte par des amateurs

L’étrange galaxie NGC 7727 abrite deux trous noirs supermassifs

De forme atypique suite à une collision, la galaxie NGC 7727 présente également la particularité de posséder deux trous noirs supermassifs.

Une galaxie très particulière :

Quand on regarde les images de NGC 7727 (Arp 222), on est surpris par son aspect déroutant. C’est probablement une rencontre avec une autre galaxie spirale, il y a un milliard d’années, qui est à l’origine de son apparence. Une forme si curieuse qu’elle lui vaut une entrée dans le catalogue des galaxies particulières élaboré par l’astronome Halton Arp. Découverte en 1785 par le célèbre astronome William Herschel, NGC 7727 est située à plus de 70 millions d’années-lumière dans la constellation du Verseau. Sa magnitude de 11,5 la réserve aux astrophotographes bien équipés. Mike Selby et Mark Hanson en ont réalisé un très beau portrait en utilisant un télescope de un mètre de diamètre :

Mais l’aspect de Arp 222 n’est pas la seule particularité de cette galaxie. En l’observant avec le Very Large Telescope en 2021, les astronomes y ont découvert deux trous noirs supermassifs. L’un “pèse” la bagatelle de 154 millions de masses solaires, l’autre se contente de seulement 6,3 millions de masses solaires. D’où viennent-ils ? Du cœur de chacune des deux galaxies qui se sont croisées il y a un milliard d’années. Le plus petit orbitant autour du plus gros, les deux trous noirs devraient fusionner dans 250 millions d’années.

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La lune Phobos au-dessus des grands volcans martiens

L’orbiteur européen Mars Express a photographié la sombre lune Phobos en train de survoler les volcans de la Planète rouge.

Petite lune martienne :

Phobos est un satellite naturel de moins de 30 kilomètres de diamètre. Tout comme son petit frère Deimos, il a été découvert en 1877 par l’astronome américain Asaph Hall. Orbitant à 6000 kilomètres de la surface, il met un peu plus de sept heures à effectuer une révolution autour de Mars. Recouvert d’une épaisse couche de régolithe, c’est le satellite le plus sombre de tout le Système solaire. À sa surface, la gravité y est si faible qu’une balle lancée devant vous reviendrait dans votre dos ! Avec son orbite décroissante, il finira par s’écraser sur la planète dans une dizaine de millions d’années. Mais en attendant, il intéresse beaucoup les planétologues. Au point qu’ils envisagent d’y envoyer un rover, surnommé IDEFIX :

Cette image a été réalisée par Mars Express le 17 juin 2025. Bien que lancée en 2003, la sonde européenne est toujours opérationnelle. Elle cartographie les reliefs, étudie l’évolution des calottes polaires et mesure les effets du vent solaire. Si Phobos, très sombre, se détache nettement sur ce cliché, on remarque également la présence de plusieurs formations géologiques célèbres. On retrouve par exemple les trois volcans de Tharsis Montes ou encore le célèbre canyon de Valles Marineris :

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Des mécènes vont financer le télescope spatial Lazuli

La fondation Schmidt Sciences, qui soutient déjà différents projets scientifiques, va financer le prochain télescope spatial Lazuli.  

Mécénat scientifique :

Le projet Lazuli pourrait bientôt faire rêver les astronomes. D’abord, parce qu’avec son miroir de 3 mètres de diamètre, ce télescope spatial apporterait une contribution majeure à l’astronomie. Rappelons quand même que le télescope Hubble, dont les images nous enchantent depuis 35 ans, a un miroir de 2,4 mètres de diamètre. Ensuite, parce que Lazuli symboliserait le grand retour du mécénat dans le domaine de l’astronomie :

Maquette du projet de télescope spatial financé par la fondation Schmidt Sciences.

La pratique, très en vogue à la fin du XIXe siècle (lunettes de Yerkes, de Lick, de Nice…), était un peu tombée en désuétude. Comme l’explique Admiral, la recherche scientifique est en effet le domaine mal-aimé du mécénat. Mais Wendy et Eric Schmidt (la femme d’affaires et l’ancien PDG de Google qui se sont connus sur les bancs de l’université) ont une autre façon de voir les choses. Depuis deux décennies, ils ont choisi de soutenir la science par le biais de leur fondation Schmidt Sciences :

Wendy et Eric Schmidt accompagnent les chercheurs avec leur fondation Schmidt Sciences.

Doté de différents équipements, le nouveau télescope spatial aurait la particularité de pouvoir pointer en moins de 4 heures toute nouvelle cible. Un atout pour scruter les phénomènes inattendus : supernova, objet interstellaire… Le reste du temps, il se consacrerait à des recherches dans des domaines comme la détection et la caractérisation des exoplanètes :

Présentation des différents instruments qui équiperont le télescope spatial Lazuli.

Si tout se passe bien, ce télescope pourrait s’envoler d’ici la fin de la décennie. L’annonce du financement de ce projet par la fondation Schmidt Sciences a donc ravi les astronomes. Mais le renouveau du mécénat ne risque-t-il pas d’accélérer le désengagement financier des USA dans le domaine de la science ? C’est une crainte que certains chercheurs expriment déjà.

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Sursaut d’une étoile moribonde dans la nébuleuse Abell 78

Au sein de la nébuleuse planétaire Abell 78, la renaissance d’une étoile moribonde a provoqué une seconde éjection de matière.

Linceuls célestes :

Abell 78 fait partie du catalogue publié en 1958 par l’astronome américain George Ogden Abell.  Elle est située à environ 5.000 années-lumière (AL) dans la constellation du Cygne. Toute petite (moins de deux minutes d’arc, le quinzième du diamètre apparent de la Lune), cette nébuleuse planétaire a une magnitude de 13. Elle symbolise une étape dans la vieillesse des étoiles de moins de huit masses solaires. En devenant des naines blanches, ces étoiles expulsent une coquille de gaz en expansion, comme dans le cas de la nébuleuse ESO 378-1 :

Pour d’autres NP, l’expansion du gaz est contrariée, ce qui leur donne un aspect beaucoup plus tourmenté.  Il suffit de regarder par exemple un cliché de l’étrange nébuleuse planétaire NGC 5189 pour s’en convaincre. Continuer la lecture de Sursaut d’une étoile moribonde dans la nébuleuse Abell 78

Collisions entre planétésimaux autour de l’étoile Fomalhaut

Les astronomes pensent avoir observé des collisions de planétésimaux dans le disque qui entoure l’étoile Fomalhaut.

Astre sur l’horizon :

Si vous cherchez Fomalhaut (α Piscis Austrini), regardez en direction de l’horizon Sud-Ouest en début de nuit. Comme nous le montre la carte de Stelvision, cette brillante étoile (magnitude 1,2) se situe à la verticale du Grand carré de Pégase :

Située à environ 25 années-lumière, elle est deux fois plus grande, deux fois plus massive et seize fois plus lumineuse que le Soleil.  On raconte qu’il y a 3.000 ans, en Perse (l’actuel Iran), α Piscis Austrini était l’une des quatre étoiles royales. Elle trônait dans l’une des quatre régions célestes, les autres étant gouvernées par Aldébaran, Régulus et Antarès.

l’Oeil de Sauron :

Il y a quelques années, on a découvert un anneau composé de glace et de poussières autour de α Piscis Austrini. Cet anneau, qui fait penser à un œil gigantesque, a été surnommé l’Oeil de Sauron, référence au Seigneur des anneaux :

Un anneau de glace et de poussière entoure l’étoile Fomalhaut. © ALMA/NASA/Hubble

On imagine qu’il doit se produire de temps à autre dans cet anneau des collisions entre planétésimaux. Les astronomes en ont même calculé la fréquence : en moyenne une tous les cent mille ans. Et c’est sans doute l’une de ces collisions que vient de photographier le bon vieux télescope spatial Hubble :

La lumière émise par cette collision a été surnommée cs2 (“circumstellar source 2”). Problème : les astronomes avaient observé un événement identique (cs1) il y a seulement quelques années. À l’époque, on avait pris cs1 pour une exoplanète. On sait désormais qu’il s’agissait (tout comme cs2), du nuage de débris résultant d’un choc entre planétésimaux. Ces deux collisions soulèvent des interrogations. Pourquoi se sont-elles produites dans le même secteur de l’anneau ? Et pourquoi dans un délai aussi court ? Des questions qui justifient de mobiliser régulièrement le télescope Hubble dans les années à venir pour suivre l’évolution de cs1 et cs2.

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Première Pleine Lune de l’année 2026

Ce 3 janvier, c’est la première Pleine Lune d’une année qui en compte douze. Avec un rendez-vous tout particulier le 12 août 2026.

Rendez-vous avec la Lune :

Pour la Lune, l’année 2026 a débuté ce matin avec la première Pleine Lune. C’est un joli spectacle que j’ai pu immortaliser à l’aube depuis les Monts du Beaujolais. Au Nord-Ouest, le globe sélène s’est glissé lentement derrière un bosquet d’arbres au sommet d’une colline. Quelques instants plus tard, le Soleil faisait son apparition à l’opposé. Sur le cliché que j’ai pris avec mon boîtier Panasonic FZ82, on devine la présence d’un oiseau sur une branche :

Cette année, la Lune nous offre un incontournable rendez-vous, le 12 août. À cette date, la nouvelle Lune passera devant le Soleil, offrant l’incroyable spectacle d’une éclipse totale de Soleil. Le phénomène en lui-même n’est pas exceptionnel : il se produit en moyenne deux éclipses de Soleil chaque année. Mais pour en profiter, il faut être à l’intérieur ou au plus près du cône d’ombre de la Lune. Ce sera le cas le 12 août 2026, comme nous le montre cette carte interactive proposée par l’Observatoire de Paris :

Depuis une bande qui traverse l’Espagne, l’éclipse sera totale. Elle sera partielle tout autour. En France, le Soleil sera occulté à plus ou moins 97%, ce qu’on n’avait pas observé depuis l’éclipse du 11 août 1999. Nous aurons l’occasion de reparler de cet événement ; en attendant, admirez la Lune !

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Éphémérides : le ciel du mois de janvier 2026

En ce mois de janvier 2026, les regards seront tournés vers la planète gazeuse géante Jupiter, au plus près de la Terre.

Une planète haute dans le ciel :

La prochaine opposition de Jupiter se produit le 9 janvier 2026. À cette date, la planète sera à l’opposé du Soleil : elle se lèvera donc quand il se couchera. Ce sera alors la meilleure période pour l’admirer, au plus près de la Terre, à 633 millions de kilomètres. À cette distance, l’astre aura un diamètre apparent de 46,5 secondes d’arc. Mais plus que sa taille, c’est sa hauteur dans le ciel qui détermine la qualité des observations. Et cette année encore, la planète gazeuse géante est idéalement placée, dans la constellation des Gémeaux.

Superbe dessin de Jupiter réalisé le 28 août 2011 à l’aide d’un télescope de 406 mm de diamètre (les satellites sont Ganymède en haut et Europe). © Frédéric Burgeot

Astrophotographes et astrodessinateurs pourront profiter de cette opposition très favorable pour immortaliser la planète géante. Voyons maintenant les autres rendez-vous célestes du mois.

Phénomènes à observer :
  • le 3, c’est la Pleine Lune, à quelques degrés de Jupiter. Une petite lunette vous montrera les quatre lunes galiléennes alignées à l’Est de la planète. Durant la nuit, vous pourrez observer les plus brillantes étoiles filantes de l’essaim des Quadrantides, à son maximum.

  •  Le 7 à partir de 2 heures du matin, la Lune gibbeuse décroissante occulte 45 Leo, une étoile de magnitude 6.

  • Le 7, la comète 24P/Schaumasse passe au périhélie à 177 millions de kilomètres du Soleil. L’astre chevelu se trouve alors entre les constellations de la Vierge et du Lion, avec une magnitude proche de 9.

  • Le 10, opposition de Jupiter et Dernier quartier de Lune.

  • Le 18, c’est la Nouvelle Lune. Le 20 au crépuscule, le fin croissant lunaire est posé sur l’horizon Sud-Ouest.

  • Le 23, le croissant de Lune accompagne Saturne.
  • Le 26, c’est le Premier quartier de Lune.
  • Le 27 en première partie de nuit, une paire de jumelles vous dévoilera les étoiles de l’amas des Pléiades, juste à côté de la Lune.

Pour finir, je vous recommande le logiciel Stellarium, utilisé pour réaliser les captures d’écran ci-dessus. C’est un outil indispensable pour connaître ce que le ciel nous réserve.

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L’Observatoire Lick touché par la tempête de Noël

Le 25 décembre, des vents violents ont endommagé la coupole qui abrite la célèbre Grande lunette de l’Observatoire Lick en Californie.

Riche mécène :

L’Observatoire Lick est installé à 1200 mètres d’altitude au sommet du Mont Hamilton en Californie. Construit dans les années 1870, il est toujours considéré comme le premier observatoire de montagne. On verra apparaître par la suite d’autres réalisations de ce type, comme par exemple l’Observatoire du Pic du Midi. Si celui du Mont Hamilton a vu le jour, c’est grâce à James Lick. En effet, ce riche entrepreneur lui consacra sa fortune, amassée durant la ruée vers l’or. Sa dépouille repose d’ailleurs sous le plancher d’une coupole. Celle-là même qui accueillera quelques années plus tard une Grande lunette :

L’instrument en question est un réfracteur de 91 centimètres de diamètre. Il était, au moment de son inauguration en 1888, le plus grand du monde. Et c’est justement la coupole de cette mythique lunette qui a été endommagée le 25 décembre.

Noël dévastateur :

Le matin de Noël, des vents soufflant à plus de 180 kilomètres/heure ont balayé le Mont Hamilton. Comme on pouvait le craindre, ils ont arraché la trappe de la coupole. Il s’agit de la partie mobile qui s’ouvrait pour permettre les observations nocturnes depuis près de 150 ans. Autant dire que l’instrument s’est retrouvé immédiatement exposé aux intempéries  :

Rapidement, le personnel a emmailloté le grand réfracteur, en attendant une évaluation chiffrée des travaux. Sage précaution, pour un instrument d’une telle importance. Il est bon de rappeler que cette lunette est toujours la seconde plus grande du monde. Elle a seulement été détrônée en 1897 par celle de l’Observatoire Yerkes. Gageons que les amoureux de ce site historique vont se mobiliser pour le sauver, par exemple en faisant un don. C’est d’ailleurs de cette façon qu’on a restauré le télescope qui a découvert Pluton :

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En vidéo : le premier Hubble Deep Field fête ses trente ans

C’est en décembre 1995 que le télescope spatial Hubble réalisa son premier Deep Field, une plongée vertigineuse dans l’univers lointain. 

Plongée cosmique :

Le premier Deep Field (ou champ profond) réalisé par le télescope Hubble a bouleversé notre compréhension de l’univers. Pourtant, quand le télescope a été lancé en 1990, beaucoup de spécialistes doutaient de sa capacité à photographier les galaxies lointaines. À l’époque, le célèbre astrophysicien John Bahcall écrivit même dans la revue Science que l’instrument ne montrerait aucune galaxie qui ne soit déjà visible depuis le sol. Mais la suite allait lui donner tort :

Le télescope spatial porte le nom de l’astronome Edwin Hubble. © M. Bourke-White

Rapidement, les images acquises par la caméra WFPC2 (Wide Field and Planetary Camera) révélèrent un véritable zoo cosmique. Dès lors, pourquoi na pas envisager de sonder des portions de ciel inconnues en effectuant de longues poses ? C’est l’idée que suggéra Robert Williams en 1994, alors qu’il avait été nommé à la tête du STScI (Space Telescope Science Institute) un an plus tôt. Continuer la lecture de En vidéo : le premier Hubble Deep Field fête ses trente ans

2025, une année riche en astrodessins

L’année qui s’achève a été pour moi l’occasion de réaliser de nombreux astrodessins avec différents instruments.

Une technique peu coûteuse :

Vous le savez sans doute, je suis un grand adepte des astrodessins. J’ai d’ailleurs eu plusieurs fois l’occasion de vous en présenter dans ces colonnes. Il y a ceux d’illustres prédécesseurs, comme par exemple Lucien Rudaux ou Hugh Percy Wilkins. D’autres sont des contemporains : Steeven Chapados, Michel DeconinckLaurent Oumar ou encore Laurent Ferrero. Ils sortent régulièrement crayons ou pinceaux pour croquer les spectacles célestes. Les comètes sont souvent leur sujet de prédilection, tant ces astres sont fascinants et changeants. Regardez par exemple ce que certains ont fait à l’occasion du passage de C/2023 A3 Tsuchinshan-ATLAS :

Observation aux jumelles 12X80 de la comète C/2023 A3. © Jean-Baptiste Feldmann

Je me suis amusé à feuilleter mes différents carnets de croquis pour l’année qui s’achève. L’occasion de découvrir que j’avais tout de même réalisé plus de 130 astrodessins ! Taches solaires, cratères lunaires, comètes, objets du catalogue Messier, les sujets étaient nombreux et variés. Il faut dire que la technique est rapide à mettre en œuvre, idéale pour de courtes séquences d’observations. Sans parler de son coût, dérisoire comparé à celui de l’astrophoto ! Petit aperçu de l’année écoulée, obtenu aux jumelles ou avec un télescope   :

Après des essais au crayon à papier et à la craie, j’utilise désormais des feutres à dessin noirs, pointes O,4 et 0,8 millimètre.

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La comète 24P/Schaumasse dans un champ de galaxies

Pour Noël, la comète périodique 24P/Schaumasse est passée devant les galaxies de la Chevelure de Bérénice.

Comète française :

La comète 24P/Schaumasse a été repérée le 1er décembre 1911 par Alexandre Schaumasse. Travaillant à l’Observatoire de Nice, cet astronome français (1882-1958) a également découvert deux autres comètes et deux astéroïdes. 24P/Schaumasse, dont le noyau mesure un peu moins de 3 kilomètres, nous rend visite environ tous les huit ans. C’est le cas en cette fin d’année, où l’astre chevelu (magnitude 10) se déplace dans la Chevelure de Bérénice :

Discrète constellation située entre le Lion et le Bouvier, elle est l’une des rares à porter le nom d’un personnage ayant existé. Il s’agit de Bérénice II d’Égypte, femme de Ptolémée III, qui sacrifia sa longue chevelure comme offrande à Aphrodite. Pour les astronomes, la constellation compte de nombreuses galaxies très photogéniques. Une aubaine pour Rolando Ligustri qui a pu immortaliser la comète au milieu de ces dernières :

Pour l’occasion, il a utilisé un télescope à distance (lire : l’astrophoto à distance, comment ça marche ?). Sur son cliché, la plus belle galaxie est Messier 100. Cette spirale vue de face, découverte par Pierre Méchain en 1781, a une magnitude de 10. Si l’envie vous prend de pointer la Chevelure de Bérénice avec un télescope, sachez que d’autres galaxies méritent le détour. Les plus intéressantes sont M 64, M 85 ou encore NGC 4565.

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La nébuleuse du Crabe nous fascine depuis un millénaire

Nichée dans la constellation du Taureau, la célèbre nébuleuse du Crabe n’en finit pas d’être revisitée par les astronomes.

Spectacle dans le Taureau :

La nébuleuse du Crabe, premier objet du catalogue Messier, déploie ses filaments de gaz depuis près de mille ans. Elle est presque aussi célèbre que ses voisins les Hyades et des Pléiades. Mais à la différence de ces deux amas d’étoiles visibles à l’œil nu, il faut un télescope pour admirer la nébuleuse. En voici une photographie réalisée par l’astronome amateur Bernard Lesourd :

L’histoire de cette nébuleuse débute dans les années 1920. C’est à cette époque que l’astronome suédois Knut Lundmark en découvre la trace dans un traité d’astronomie chinoise. L’ astrologue impérial Yang Wei-Te y a méticuleusement consigné l’apparition d’une “étoile invitée” durant l’été 1054. On y apprend que l’astre était particulièrement brillant, au point de rester visible la journée pendant presque un mois! Continuer la lecture de La nébuleuse du Crabe nous fascine depuis un millénaire

Somptueux cliché de Jupiter, bientôt au plus près de la Terre

L’astrophotographe Christopher Go a réalisé une incroyable image de Jupiter, alors que la planète géante continue de se rapprocher. 

Une planète haute dans le ciel :

La prochaine opposition de Jupiter aura lieu le 9 janvier 2026. À cette date, la planète sera à l’opposé du Soleil : elle se lèvera donc quand il se couchera. Ce sera alors la meilleure période pour l’admirer, au plus près de la Terre, à 633 millions de kilomètres. À cette distance, l’astre aura un diamètre apparent de 46,5 secondes d’arc. Mais plus que sa taille, c’est sa hauteur dans le ciel qui détermine la qualité des observations. Et cette année encore, la planète gazeuse géante est idéalement placée, dans la constellation des Gémeaux. De quoi franchir le méridien très haut dans le ciel, condition indispensable pour échapper à une bonne partie de la turbulence atmosphérique qui brouille les images. Commencée cet été, la campagne d’observation de cette planète s’intensifie. C’est ainsi que le 9 décembre, un mois avant l’opposition, Christopher Go a pu l’immortaliser :

Opérant depuis les Philippines avec un télescope Celestron 14, Christopher Go a bénéficié d’une atmosphère particulièrement stable. Outre de très nombreux détails dans les bandes gazeuses de la planète (dont la Grande tache rouge), cet extraordinaire cliché nous dévoile également la surface de Ganymède. Il s’agit de la plus grande lune du Système solaire, qui, dans les années à venir, devrait recevoir la visite des sondes Juice (ESA) et Europa Clipper (NASA).

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La comète interstellaire 3I/ATLAS au plus près de la Terre

Objet céleste particulièrement fascinant, la comète interstellaire 3I/ATLAS est au plus près de la Terre ce vendredi 19 décembre.

Un astre chevelu venu d’ailleurs :

Depuis sa découverte le 1er juillet 2025 par le Asteroid Terrestrial-impact Last Alert System, la comète 3I/ATLAS fait l’objet de toutes les attentions. Un engouement que nous expliquait le Docteur en astrophysique et journaliste scientifique Adrien Coffinet il y a quelques semaines (lire ici). Il faut dire que ce n’est pas n’importe quelle comète. Il s’agit en effet du troisième objet interstellaire repéré dans le Système solaire, après 1I/ʻOumuamua en 2017 et 2I/Borissov en 2019. Outre de très nombreux télescopes terrestres, ce sont plus d’une quinzaine de sondes spatiales qui ont été sollicitées pour espionner cette lointaine visiteuse, un record ! Même les amateurs s’y sont mis, comme le montre cette récente (et magnifique) image réalisée par Gerald Rhemann :

Ce 19 décembre, l’astre chevelu est au plus près de la Terre, à 270 millions de kilomètres. On peut l’observer en seconde partie de nuit, entre les pattes du Lion. Mais avec une magnitude proche de 13, n’espérez pas l’apercevoir dans un petit télescope ! Le 29 octobre dernier, lors du passage au périhélie, l’astre chevelu avait tout de même atteint une magnitude de 9. Mais depuis, son éclat ne cesse de décroître. Il faut donc faire vite pour collecter un maximum d’informations sur 3I/ATLAS. Bientôt, cet objet fascinant quittera définitivement le Système solaire.

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Planète Mars : cent mille images pour l’orbiteur MRO !

L’orbiteur martien MRO vient de passer le cap des cent mille images réalisées depuis sa mise en orbite au printemps 2006.  

Caméra haute résolution :

En 2026, la NASA fêtera les vingt ans d’observations de la sonde Mars Reconnaissance Orbiter (MRO). D’elle, le grand public connaît surtout les incroyables images délivrées par sa caméra HiRISE. Elle doit ses performances à un détecteur de 14 CCD associé à un télescope de 0,5 mètre de diamètre. D’ailleurs, c’est la plus grosse caméra embarquée sur une sonde, avec une résolution au sol qui peut atteindre 0,3 mètre depuis une altitude de 300 kilomètres :

Le 7 octobre dernier, cette caméra a réalisé sa cent millième image depuis l’orbite martienne. Un bel exploit pour l’orbiteur qui accumule les mesures scientifiques depuis bientôt deux décennies. Le cliché en question, présenté en fausses couleurs pour augmenter les contrastes, montre une petite portion de Syrtis Major, à 85 kilomètres du rover Perseverance :

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Au cœur d’Orion, plongée dans l’amas du Trapèze

Blotti au creux de la plus célèbre des nébuleuses, celle d’Orion, l’amas du Trapèze se dévoile dans un petit télescope d’amateur.

L’aile d’un papillon céleste :

Savez-vous que Messier 42, la nébuleuse d’Orion, est considérée comme la plus belle des nébuleuses ? Le spectacle qu’elle offre est certainement à l’origine de nombreuses vocations dans le petit monde de l’astronomie. Amusez-vous déjà à la localiser à l’œil nu loin de toute pollution lumineuse. Ensuite, pointez-la avec une paire de jumelles, vous trouverez qu’elle ressemble à une aile de papillon. Mais attention, n’espérez pas y voir de chatoyantes couleurs ! Elles ne se révèlent que sur les photographies. On peut penser que la nébuleuse est connue depuis fort longtemps, bien qu’on attribue sa découverte en 1610 à Nicolas-Claude Fabri de Peiresc :

La nébuleuse Messier 42 photographiée avec une courte focale. © Alain Brodin

Ce vaste complexe nébuleux diffus se situe à une distance d’environ 1.350 années-lumière (AL). Les astronomes ont eut l’idée de sonder la nébuleuse en infrarouge. En effet, le cœur de celle-ci est caché par de la poussière. Bien leur en a pris, puisqu’ils ont ainsi découvert plusieurs centaines d’étoiles en train de naître. Pour conclure cette présentation, j’ajouterai que le diamètre de Messier 42 est estimé à 24 AL. Quant à sa masse, elle est environ 2.000 fois plus importante que celle du Soleil. Continuer la lecture de Au cœur d’Orion, plongée dans l’amas du Trapèze